ASSEMBLEE GENERALE: LE PRESIDENT OUGANDAIS PLAIDE POUR LE DEVELOPPEMENT D’ECONOMIES DE TRANSFORMATION DANS LES PAYS DU SUD

3 novembre 2003
AG/1450

ASSEMBLEE GENERALE: LE PRESIDENT OUGANDAIS PLAIDE POUR LE DEVELOPPEMENT D’ECONOMIES DE TRANSFORMATION DANS LES PAYS DU SUD

03/11/2003
Communiqué de presseAG/1450

Assemblée générale

52e et 53e séances plénières – matin & après-midi

ASSEMBLEE GENERALE: LE PRESIDENT OUGANDAIS PLAIDE POUR LE DEVELOPPEMENT D’ECONOMIES DE TRANSFORMATION DANS LES PAYS DU SUD

Le Directeur général de l’AIEA présente son rapport annuel devant l’Assemblée

L’Assemblée générale a abordé ce soir la question des produits de base dans le cadre d’une table ronde présidée par M. Julian Robert Hunte (Sainte-Lucie) et en présence du Président de l’Ouganda, M. Yoweri Kaguta Museveni et de la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Louise Fréchette.  Mme Fréchette a rappelé à cet égard que 95 pays en développement sur 141 dépendent des exportations des produits de base et que 70 d’entre eux ne tirent leurs recettes d’exportation que de trois produits.  Ces pays doivent faire face au fait, qu’entre 1980 et 2002, les prix des produits agricoles ont chuté de 47% par rapport aux produits manufacturés, et que les prix des métaux et des minerais ont chuté de 35%, a ajouté la Vice-Secrétaire générale, prenant par ailleurs l’exemple du café dont les producteurs ont vu leurs revenus diminuer des deux tiers par rapport aux années 1990.  Pourtant, a constaté, à la suite, le Président Museveni, la détérioration des termes de l’échange dans le domaine du café n’est pas imputable à la diminution de la demande de consommation et le prix d’un café dans la ville de New York n’a pas diminué.  En effet, a-t-il poursuivi, alors qu’en 1998, le marché du café représentait un total de 55 milliards de dollars, pour huit milliards reversés aux producteurs, aujourd’hui, ce marché représente 71 milliards de dollars tandis que les producteurs ne touchent que cinq milliards de dollars. 

Les pays du Sud doivent par conséquent investir dans des économies de transformation, a insisté le Président ougandais, prenant l’exemple de la production cotonnière qui, à l’état brut, rapporte l’équivalent de 1,20 dollar le kilo au producteur.  Une fois transformé en fil, le coton triple de valeur, et s’il est tissé, sa valeur est six fois supérieure, a-t-il indiqué ensuite, tandis qu’une fois confectionné ce coton revient à 12 dollars le kilo.  En ne transformant pas leurs produits de base, ou produits bruts, les pays africains producteurs de coton deviennent eux-mêmes les donateurs des pays industrialisés puisqu’ils leurs offrent les 10 dollars gagnés dans le processus de transformation et leurs permettent de créer des emplois au Nord.  Les matières premières brutes vont continuer de baisser, qu’on le veuille ou non, a insisté le Président ougandais, prônant par conséquent un effort de diversification de la production des pays du Sud, couplé à l’abandon des subventions et des mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne.  En effet, a-t-il indiqué, si les prix des produits de base ont chuté, c’est probablement en raison de l’offre abondante, mais c’est aussi parce que les pays industrialisés n’ouvrent pas leurs marchés à la concurrence des pays du Sud sur des produits tels que la viande de bœuf, le lait, les légumes ou les produits manufacturés. 

Présentant dans la matinée le rapport d’activités de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour 2002 et 2003 devant l’Assemblée générale, son Directeur général, M. Mohamed ElBaradei, a déploré, à propos des activités de vérification de la prévention de la prolifération nucléaire, que 46 Etats n’aient toujours pas rempli leurs obligations au titre des accords de sauvegarde découlant du Traité de non-prolifération.  Par ailleurs, a-t-il poursuivi, 150 Etats n’ont toujours pas adopté de modèle de protocole additionnel, contrairement à ce qui leur a été demandé il y a six ans par le Conseil des Gouverneurs de l’AIEA.  M. ElBaradei a abordé ensuite certaines situations spécifiques, notamment en République populaire démocratique de Corée et en Iraq, avant d’indiquer que la République islamique d’Iran avait récemment transmis une déclaration complète et actualisée sur ses activités nucléaires et manifesté sa volonté de signer un protocole additionnel sur les accords de sauvegarde, accord régissant les visites des inspecteurs de l’AIEA sur les sites. 

Cette réaction faisait suite à une résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs de l’Agence, réuni du 15 au 19 septembre, qui invitait la République islamique d’Iran à clarifier sa position quant à la mise en œuvre des accords de sauvegarde, a rappelé M. ElBaradei.  Pour lever tous les soupçons pesant au sein de la communauté internationale sur nos intentions dans le domaine du nucléaire, la République islamique d’Iran a fourni, le 23 octobre dernier, un tableau très complet de toutes ses activités dans le domaine du nucléaire par le passé, a indiqué son représentant.  Ce tableau devrait permettre à l’AIEA de faire la preuve que les activités de la République islamique d’Iran dans le domaine nucléaire ont toujours été motivées par des ambitions pacifiques et développées à des fins civiles a-t-il dit.  Les représentants des pays suivants sont également intervenus sur ce point: Espagne, Italie (au nom de l’Union européenne et des pays candidats et associés), Pérou, Egypte, République de Corée, Fédération de Russie, Pakistan, Japon et Kenya. 

Par ailleurs, au titre de son point de l’ordre du jour relatif au sport au service de la paix et du développement, l’Assemblée générale a adopté aujourd’hui sans vote deux résolutions intitulées respectivement «le sport en tant que moyen de promouvoir l’éducation, la santé, le développement et la paix» et «pour l’édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique».  Présentée par le Ministre des affaires étrangères de la Grèce, M. George Papandreou, cette dernière résolution prie les Etats Membres d’observer la Trêve olympique, tant individuellement que collectivement, pendant les Jeux de la XXVIIIe Olympiade, qui se tiendra à Athènes du 13 au 29 août 2004.  Au cours du débat sur ce point, le Ministre des sports de la Tunisie, M. Abderrahim Zouari, le Prince héréditaire Albert de Monaco, et les représentants des pays suivants se sont également exprimés: Suisse, Chine, Israël, Chypre, Cuba, Egypte et Etats-Unis. 

L’Assemblée se réunira de nouveau demain, mardi 4 novembre, à 10 heures. 

LE SPORT AU SERVICE DE LA PAIX ET DU DÉVELOPPEMENT

Le sport en tant que moyen de promouvoir l’éducation, la santé, le développement et la paix

Projet de résolution (A/58/L.2)

Aux termes de ce projet de résolution -présenté au nom de ses coauteurs par le Ministre des sports de la Tunisie,- l’Assemblée générale, considérant le rôle du sport et de l’éducation physique en tant que moyen de promouvoir l’éducation, la santé, le développement et la paix, et consciente également de la nécessité de coordonner davantage les efforts déployés au niveau international pour lutter plus efficacement contre le dopage, invite les gouvernements, l’Organisation des Nations Unies, ses fonds et programmes, les institutions spécialisées selon qu’il convient et les institutions s’occupant du sport à promouvoir le rôle du sport et de l’éducation physique; encourager l’esprit de réussite; combler les fossés culturels; et inculquer les valeurs collectives.

L’Assemblée générale encourage par ailleurs les gouvernements, les organismes sportifs internationaux et les organisations apparentées à collaborer et mettre en œuvre des initiatives de partenariat et des projets de développement compatibles avec l’enseignement dispensé à tous les niveaux de l’éducation afin d’aider à réaliser les Objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire.  Elle invite les gouvernements à accélérer l’élaboration d’une convention internationale contre le dopage dans toutes les activités sportives et prie l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture de coordonner, en coopération avec d’autres organisations internationales et régionales compétentes, l’élaboration de cette convention.

Enfin, l’Assemblée décide de proclamer 2005 «Année internationale du sport et de l’éducation physique», en tant que moyen de promouvoir l’éducation, la santé, le développement et la paix, et invite les gouvernements à organiser des manifestations pour marquer leur engagement et rechercher l’aide des personnalités sportives à cet égard. 

Pour l’édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique

Projet de résolution (A/58/L.9)

Présentée au nom de ses coauteurs par le Ministre des affaire étrangères de la Grèce, la résolution adoptée ce matin par l’Assemblée générale prie les Etats Membres d’observer, dans le cadre de la Charte des Nations Unies, la trêve olympique, tant individuellement que collectivement, pendant les Jeux de la XXVIIIe Olympiade, qui se tiendra à Athènes du 13 au 29 août 2004.  L’Assemblée demande également à tous les Etats Membres de coopérer avec le Comité international olympique dans ses efforts visant à utiliser la trêve olympique comme un instrument pouvant promouvoir la paix, le dialogue et la réconciliation dans les zones de conflit pendant et après la période des Jeux olympiques.  Elle demande enfin au Secrétaire général de promouvoir l’observation de la trêve olympique parmi les Etats Membres ainsi que l’appui apporté aux initiatives de développement humain grâce au sport, et de coopérer avec le Comité international olympique à la réalisation de ces objectifs. 

Déclarations

M. ABDERRAHIM ZOUARI, Ministre des sports de Tunisie, lisant l’allocution du Président de la république tunisienne, M. Zine El Abidine Ben Ali, qui présente le projet de résolution A/58/L.2, a fait valoir que le sport était devenu une école de la vie, dont l’effet bénéfique ne se limitait pas à la promotion de la santé et à l’épanouissement du corps, mais consistait aussi en l’acquisition des valeurs nécessaires à l’interdépendance sociale, à l’établissement des relations, au renforcement des amitiés, à l’enrichissement du dialogue et au maintien du contact entre les races, les cultures et les civilisations.  C’est dans ce contexte, a-t-il poursuivi, que se situe l’initiative de la Tunisie consistant à présenter le projet de résolution soumis aujourd’hui à l’Assemblée.  Soulignant que cette résolution constituait un instrument de travail à même de contribuer à la réalisation des objectifs de développement et faisant valoir ses dimensions éducatives, il s’est dit convaincu que les principes et les nobles objectifs contenus dans ce projet trouveraient auprès de tous les Etats appui et soutien, en vue de la consolidation de la place du sport et de l’éducation physique dans tous les pays et du renforcement de son rôle au service du développement et de la paix, afin de donner à la jeunesse du monde des raisons d’espérer.

M. GEORGE PAPANDREOU, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, s’est félicité de la tenue des Jeux olympiques l’an prochain à Athènes, qui constitue l’occasion de restaurer l’ancienne tradition grecque de la Trêve olympique.  Il a rappelé, à ce propos, qu’à l’origine, la promotion de la paix fut la raison pour laquelle les Jeux Olympiques avaient été créés, puisqu’ils marquaient la cessation de toutes les hostilités pour permettre aux milliers d’athlètes, de pèlerins et de spectateurs, de participer à cette célébration sacrée.  Saluant les Nations Unies pour leur soutien à la coopération pacifique à travers le sport, il a rappelé que depuis 1993, l'Assemblée générale avait adopté à l’unanimité six résolutions soutenant cette cause.  Le projet de résolution aujourd’hui présenté appelle, comme les précédents, tous les Etats Membres à observer la Trêve olympique, a ajouté le ministre, qui a déclaré par ailleurs que ce message ne pouvait être plus pertinent dans le climat récurrent d’insécurité mondiale.  Même si elle reste limitée dans le temps, la Trêve olympique peut offrir une opportunité inestimable pour la réconciliation, a-t-il conclu.

Le Prince ALBERT DE MONACO, Prince héréditaire de la Principauté de Monaco, rappelant qu’il avait eu le privilège de participer à cinq reprises aux Jeux olympiques d’hiver, a estimé qu’à l’heure de la société de l’information, les Jeux olympiques constituaient une vitrine exposée en direct au monde entier.  En effet, a-t-il ajouté, le souvenir des athlètes coréens défilant sous le seul drapeau de la péninsule coréenne lors des Jeux de Sydney, en l’an 2000, est porteur d’espoir pour tout un peuple et pour les défenseurs de la paix.  Saluant ensuite l’Equipe de travail interinstitutions mise en place en 2002 par le Secrétaire général, le Prince Albert de Monaco s’est félicité du fait que son rapport souligne l’importance du sport en tant que droit humain et met en exergue le sport comme vecteur du développement et de la paix et comme élément indispensable à la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire.  Essentielle au développement de l’individu, la pratique du sport efface les barrières sociales et fait se rapprocher les êtres humains par-delà leurs langues et leurs cultures, a-t-il indiqué.  Aussi, l’éducation physique doit-elle trouver sa juste place dans les systèmes éducatifs, a estimé le Prince Albert, ajoutant que la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant doit s’appliquer aux jeunes sportifs dont la fragilité physique et psychologique doit être dûment prise en considération.  La Fondation internationale pour la Trêve olympique et le Centre international pour la Trêve olympique, récemment constitués, peuvent et doivent apporter leur contribution à la dissémination de ces valeurs, a-t-il dit, en particulier à l’heure où les conflits perdurent et où le monde est désorienté par le terrorisme.  Il faut combattre les attitudes inadmissibles et contraires à l’esprit du sport, a poursuivi le Prince Albert, évoquant le racisme, la discrimination raciale la xénophobie et l’intolérance, ce, avant d’évoquer le fléau du dopage qui mine le sport.  Rappelant que la Principauté de Monaco a signé le 10 septembre 2003 la Convention contre le dopage du Conseil de l’Europe et la Déclaration de Copenhague contre le dopage dans le sport dans laquelle les fédérations sportives de 80 gouvernements ont approuvé le Code mondial antidopage, le 5 mars 2003, il a souhaité que l’UNESCO soit en mesure d’adopter le projet de convention internationale contre le dopage avant les Jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006.

M. JENÖ C. A. STAEHELIN (Suisse) s’est félicité des résultats de la Conférence organisée par son pays en février dernier, où la Déclaration de Macolin a été adoptée par 55 pays.  Il a expliqué que celle-ci appelait les gouvernements, le système des Nations Unies, les fédérations sportives, les ONGS, l’industrie du sport, ainsi que les médias et le grand public à encourager le développement humain, social, politique et économique par le biais du sport.  Il a encore estimé que cette Déclaration avait inspiré l’équipe de travail interinstitutions des Nations Unies, qui a présenté son rapport final au Secrétaire général en septembre dernier sous le titre: «Le sport au service du développement et de la paix: vers la réalisation des Objectifs du Millénaire».  Le rapport fait ressortir notamment que la marginalisation de l’éducation physique est quasi universelle, selon une étude réalisée dans 126 pays, car elle est le plus souvent considérée comme non productive.  Or, on estime qu’aux Etats-Unis 1 dollar consacré à l’activité physique fait économiser 3,20 dollars en frais médicaux, a rapporté le représentant, qui a aussi indiqué que le sport contribuait à éliminer les barrières sociales et pourrait devenir un instrument permettant d’appuyer la prévention des conflits.  La Suisse a appuyé la résolution discutée aujourd’hui, qui vise à mieux intégrer le sport dans les programmes de développement, et à encourager l’ONU à développer des partenariats stratégiques en la matière.

M. ZHANG YISHAN (Chine) a souligné combien le sport était essentiel à la promotion de la paix et du développement, comme le montre l’esprit olympique qui est né il y a plus de 2000 ans.  Les pays du monde doivent continuer à soutenir les principes de la Charte des Nations Unies et l’esprit olympique, a-t-il poursuivi, estimant que le sport enseignait la coopération avec les autres, apprenait l’échec et permettait de tisser des liens entre les peuples notamment.  A cet égard, il a fait valoir que le Gouvernement et le peuple chinois faisaient tout leur possible pour se préparer à la tenue des Jeux olympiques à Beijing en 2008.  Il a également souhaité un plein succès aux Jeux olympiques d’Athènes, qui retourneront ainsi à leur lieu d’origine l’année prochaine.

M. ARYE MEKEL (Israël) a apporté son soutien au projet de résolution soumis à l’adoption de l'Assemblée générale, rappelant que les Jeux olympiques constituent une occasion de paix et de réconciliation.  Pressant les Etats Membres d’assurer la sécurité des Jeux, il a précisé que pour le peuple d’Israël les Jeux oLympiques ne peuvent être malheureusement séparés du souvenir de la tragédie qui avait endeuillé ceux de 1972 à Munich, lorsque des hommes armés du groupe terroriste septembre Noir avaient tué 11 athlètes et personnes de leur personnel.  Il a regretté en conclusion que le Comité international olympique n’ait toujours pas trouvé une façon appropriée de commémorer cet événement.

M. ANDREAS D. MAVROYIANNIS (Chypre) a appuyé l’idée de la Trêve olympique, selon laquelle l’humanité peut créer un environnement libre de conflit au niveau universel, au moins pour un temps limité.  Il a adressé ses remerciements au Premier Ministre grec, M. Papandreou, et au Président du Comité olympique international, M. Rogge, pour les efforts qu’ils ont déployés afin que ce projet prenne forme.  Son gouvernement a soutenu la Trêve olympique, a-t-il expliqué, dans la mesure où celle-ci pourrait être le prélude à un monde libéré de la haine, des conflits armés et des agressions, comme l’a montré le projet de résolution préparé par la Grèce.  Dans le même esprit, le représentant a accueilli favorablement le projet de résolution de la Tunisie, qui a établi un lien pertinent entre le sport, la paix et le développement.  Il a particulièrement apprécié l’importance que celle-ci a accordé au rôle de l’éducation physique dans le bien-être des enfants, à la nécessité d’intensifier la lutte contre le dopage au niveau international, à l’utilisation du sport pour développer la santé publique, ainsi qu’à la construction d’une culture de la paix.

M. MANUEL AGUILERA, Vice-Ministre des relations extérieures de Cuba, a apporté son appui aux deux projets de résolution présentés ce matin par la Tunisie et la Grèce.  La Trêve olympique que la résolution appelle pour les prochains Jeux d’Athènes, en 2004, est essentielle à la promotion de la paix, du développement et des relations d’amitié entre les nations, a-t-il dit.  Il s’est prononcé en faveur d’une convention internationale contre le dopage et a soutenu les dispositions visant à faire de 2005 l’Année internationale du sport et de l’éducation physique. L’équipe nationale de tir à l’arc de Cuba n’a pu participer aux championnats du monde organisés en juillet dernier à New York, a-t-il déploré, car certains compétiteurs n’ont pu obtenir de visas.  Or, cette rencontre était déterminante en prélude aux Jeux olympiques d’Athènes, a indiqué le Vice-Ministre, regrettant que 39 sportifs de haut niveau se soient vus refuser un visa d’entrée aux Etats-Unis au cours des 11 derniers mois.  La confusion entre le sport et la politique est regrettable, a déclaré ensuite M. Aguilera, déplorant que le sport soit également visé par les sanctions américaines contre Cuba. 

M. AHMED ABUL GHEIT (Egypte) a souligné combien, en ce moment, l’humanité avait besoin de conciliation et a estimé que le sport était essentiel à cet égard.  A l’heure où le monde est divisé entre opposants, rongé par des conflits, où le fossé croit entre pauvres et riches, où les maladies déciment les pauvres qui n’ont personne pour les aider, le sport est particulièrement important car il fait disparaître toutes les barrières, unit les peuples et symbolise l’esprit de tolérance, a-t-il poursuivi.  C’est donc la foi dans ces idéaux de paix et de justice portés par le sport qui a conduit l’Egypte à se porter coauteur des deux projets de résolution présentés aujourd’hui devant l’Assemblée, et qui consacrent tous les principes de paix inhérents au sport, a-t-il enfin déclaré.

Exprimant sa satisfaction devant le retour des Jeux olympiques à Athènes, M. BENJAMIN GILMAN (Etats-Unis) a affirmé que le but de l’olympisme était de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme pour encourager l’établissement d’une société pacifique soucieuse de préserver la dignité humaine.  Convaincu de ses bénéfices pour la jeunesse mondiale, il a ajouté que le sport pouvait aider la communauté internationale à rencontrer les objectifs de développement centré sur l’homme proposés par les conférences mondiales des Nations Unies.  Il a salué ensuite le rôle du système des Nations Unies, en partenariat avec le Comité international olympique, dans la promotion du sport en faveur des personnes défavorisées, particulièrement les enfants.  Pour sa part, le Sénat américain a approuvé une résolution soutenant la Trêve olympique dans l’esprit qui animait les créateurs de la Fondation internationale de la Trêve olympique, à Athènes.  Dans ce contexte, le représentant a annoncé que grâce à la philanthropie américaine, une statue de bronze intitulée «Trêve olympique» sera érigée à Athènes, l’an prochain.

Déclaration du Président du Comité international olympique

M. JACQUES ROGGE, Président du Comité international olympique, a salué l’adoption de la résolution qui soutient la trêve olympique.  Il a rappelé par exemple que l’observation de la Trêve avait permis aux athlètes de l’ex-Yougoslavie de participer aux Jeux olympiques de 1994.  Dans les régions défavorisées, le Comité cherche à améliorer la qualité de vie des êtres humains en créant des projets sportifs pour les victimes de conflits en partenariat avec le HCR ou la Croix-Rouge internationale, ou encore œuvre avec les institutions du système des Nations Unies sur le terrain pour mettre en place des activités sportives récréatives.  Le Comité international olympique coopère enfin avec le Programme des Nations Unies pour que les athlètes continuent la dissémination des messages de lutte contre le VIH/sida et la drogue.

RAPPORT DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE

projet de résolution (A/58/L.10)

Ayant reçu le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour l’année 2002 et prenant note de la déclaration du Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique par laquelle il a donné des renseignements supplémentaires sur les principaux faits qui ont marqué l’activité de l’Agence en 2003, l’Assemblée générale a adopté ce matin une résolution par laquelle elle prend acte de ce rapport.  L’Assemblée prend note d’une série de résolutions adoptées par la Conférence générale de l’AIEA, du 15 au 19 septembre 2003, notamment celles relatives aux mesures visant à renforcer la coopération internationale dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la sûreté radiologique, de la sûreté du transport et de la gestion des déchets.  Ces résolutions couvrent également la question du code de conduite sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives, de même que le renforcement des activités de l’Agence concernant les sciences, la technologie et les applications nucléaires, ou celles visant à mettre au point des techniques nucléaires innovantes, notamment sur l’utilisation de l’hydrologie isotopique pour la gestion des ressources en eau.  Ces textes abordent en outre la question de l’application de l’Accord entre l’Agence et la République populaire démocratique de Corée en vue de l’application des garanties dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ou encore l’application des garanties de l’Agence au Moyen-Orient. 

Enfin, l’Assemblée affirme son appui au rôle indispensable de l’Agence pour encourager et soutenir la mise au point et l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques, pour le transfert des technologies aux pays en développement et pour la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires.

Déclarations

M. MOHAMED ELBARADEI, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présentant le rapport d’activités de l’Agence pour 2002-2003, a indiqué que son organisation avait été au cœur de l’action de la communauté internationale en matière de non-prolifération, grâce notamment à un mécanisme de vérification crédible et performant.  En outre, a-t-il ajouté, l’Agence a continué de développer ses programmes de coopération technique en faveur du développement durable grâce à l’utilisation de technologies nucléaires propres.  L’énergie nucléaire demeure la seule source d’énergie capable de fournir de l’électricité à une large échelle avec un impact minimal sur l’environnement, a-t-il dit, soulignant que cette source d’énergie, qui couvre 16% de la production mondiale d’électricité, est appelée à se développer dans les prochaines années.  Sur les 33 réacteurs en construction actuellement, 20 sont en Asie, a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que la capacité de l’industrie nucléaire à se développer dépendra des progrès réalisés dans le retraitement des déchets nucléaires, dans la lutte contre la prolifération, ainsi que dans la sécurité et la sûreté des installations, progrès qu’une vingtaine de pays membres de l’AIEA se sont engagés à réaliser en mettant en place des réacteurs modernes tenant compte de ces critères.  M. ElBaradei a également souligné les implications des technologies nucléaires sur la santé et le rôle de l’Agence dans ce domaine, notamment pour développer les programmes de radiothérapie dans les pays en développement pour faire face aux 10 millions de cas de cancer supplémentaires d’ici à 2015. 

De même, l’AIEA intervient dans le domaine de la gestion des ressources en eau grâce aux techniques isotopes actuellement utilisées dans 80 projets développés par l’Agence, a poursuivi M. ElBaradei, précisant que le programme de coopération technique de l’AIEA est doté annuellement d’un budget de 80 millions de dollars.  Abordant ensuite les activités de l’Agence dans les domaines de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires, le Directeur général a salué les efforts de plus en plus nombreux des États Membres pour améliorer la sûreté de leurs centrales nucléaires et les adapter aux standards internationaux.  Il a évoqué également le statut actuel des conventions internationales, notamment celles relatives à l’alerte rapide et à l’assistance technique, ainsi que la Convention sur la sûreté nucléaire que l’AIEA s’efforce de mettre en œuvre.  La Convention de 1979 sur la protection physique des installations nucléaires a été ratifiée par 20 nouveaux États au cours des deux dernières années, a-t-il dit, ce qui démontre l’importance accordée par les États à l’adoption d’un régime de sûreté nucléaire.  La modernisation des standards internationaux de sûreté nucléaire devrait être achevée d’ici à la fin de 2004, a poursuivi M. ElBaradei, souhaitant qu’ils soient mis en œuvre au niveau mondial.  En outre, l’assistance de l’AIEA aux États Membres dans ce domaine ne cesse de progresser, en particulier pour ce qui est de la protection contre les rayonnements, la gestion des déchets radioactifs et le transport de ces matières, et près de 60 missions ont été effectuées cette année dans 29 États, notamment en Europe centrale et de l’Est. 

Depuis septembre 2001, une quarantaine de missions d’évaluation et une cinquantaine de modules de formation ont été mis en place par l’AIEA dans le domaine de la protection contre le terrorisme nucléaire et radiologique tant en Europe, qu’en Asie, en Amérique latine et en Afrique.  Pour ce qui est de la vérification de la non-prolifération nucléaire, M. ElBaradei a indiqué que 46 États devaient encore remplir leurs obligations au titre du Traité de non-prolifération, consistant à appliquer les accords en matière de garantie, et 150 Etats n’ont toujours pas de protocole additionnel en vigueur conformément à l’adoption, il y a six ans, par le Conseil d’administration de l’AIEA du Modèle de protocole additionnel.  S’agissant de la République populaire démocratique de Corée, le Directeur général de l’AIEA a indiqué qu’il n’était pas en mesure de garantir le non-détournement des technologies nucléaires par les autorités de ce pays dans la mesure où aucune inspection n’a été effectuée depuis décembre 2002, avant de souhaiter que les négociations à six de Beijing permettent à l’Agence de disposer des capacités et des moyens pour s’assurer du respect du régime de non-prolifération en RPDC.  Rappelant ensuite les activités d’inspection menées par l’AIEA en Iraq au cours de l’année écoulée, M. ElBaradei a indiqué que, conformément aux dispositions de la résolution 1483 (2003), il attendait, en coopération avec la CCVINU, de disposer du nouveau mandat que compte assigner le Conseil à l’Agence pour clore définitivement la question des armes en Iraq.  S’agissant de l’Accord sur la mise en œuvre des garanties de sûreté du Traité de non-prolifération, le Directeur général a indiqué, s’agissant de la République islamique d’Iran, qu’à la suite de la résolution adoptée en septembre par le Conseil des gouverneurs de l’Agence, le Gouvernement iranien avait récemment transmis une déclaration complète et actualisée de ses activités nucléaires et fait part de sa volonté de conclure un protocole additionnel sur les arrangements de sûreté.  L’AIEA est actuellement en train d’examiner ces documents et je ferai rapport au Conseil des Gouverneurs dans le courant de ce mois sur l’état de la mise en œuvre des mesures de sûreté en Iran, a dit M. ElBaradei. 

M. NUNEZ(Espagne), président du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présentant le projet de résolution A/58/L.10, a estimé qu’il offrait un grand changement par rapport aux années précédentes, s’agissant notamment de sa longueur, qui a été réduite afin que le texte soit plus efficace.  Ce projet est donc à mi-chemin entre les résolutions de procédure du passé et les résolutions de fond des années plus récentes, a-t-il précisé.  Remerciant par ailleurs tous ceux qui ont largement appuyé le contexte de consensus autour duquel de nombreuses résolutions sur ce thème ont été adoptées, il a espéré que le projet présenté aujourd’hui serait lui aussi unanimement adopté, et, si possible, aussi par consensus.

M. CARLO TREZZA (Italie) s’exprimant au nom de l’Union européenne, a rappelé que le Traité de non-prolifération nucléaire constituait la pierre angulaire du régime de non-prolifération à caractère universel, préalable essentiel à la sécurité collective.  Il a par ailleurs rappelé son soutien au combat contre le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, se félicitant à ce propos qu’au lendemain du 11 septembre, l’AIEA ait renforcé ses activités contre le terrorisme nucléaire.  Le représentant a rappelé ensuite les préoccupations du dernier Conseil de l’Europe en ce qui concerne le programme nucléaire de la République islamique d'Iran et a accordé son plein appui à la résolution du Conseil des gouverneurs de l’AIEA en date du 12 septembre, appelant le Gouvernement iranien à coopérer à sa mise en oeuvre.  L’Union européenne s’est par ailleurs alarmée qu’il n’ait toujours pas été possible à l’AIEA de vérifier l’exactitude du rapport initial de la République populaire démocratique de Corée sur ses activités nucléaires.  Elle appuie la poursuite du dialogue entre les parties intéressées, et salue d’ailleurs pour cette raison la tenue de deux réunions à Beijing pour trouver une solution négociée à ce problème.  L’Union européenne a enfin salué le travail déjà accompli par l’AIEA en Iraq pour y vérifier le matériel nucléaire existant, rappelant qu’en vertu des résolutions du Conseil de sécurité, il y avait obligation pour l’Agence de contrôler le détournement de matériel nucléaire déclaré et placé sous sauvegarde en Iraq.

M. OSVALDO DE RIVERO (Pérou) a exprimé sa préoccupation quant au non-respect par certains États du régime de non-prolifération.  Il s’est dit particulièrement inquiet face à l’absence de progrès en matière de garantie sur le régime de sauvegarde par la République populaire démocratique de Corée.  M. de Rivero a indiqué ensuite qu’avec la ratification par Cuba du Traité de non-prolifération et l’entrée en vigueur du Traité de Tlatelolco, la région d’Amérique latine est devenue la première zone exempte d’armes nucléaires.  Toutefois, a-t-il poursuivi, en dépit de ces progrès, force est de constater aujourd’hui que le régime de non-prolifération est dépassé car le monde compte huit, voire peut-être neuf pays disposant du nucléaire à des fins militaires.  Un nouveau régime devrait, entre autres, interdire la production de matière fissile à des fins militaires, couvrir les questions de combustion et de retraitement des déchets nucléaires.  Aujourd’hui, a-t-il demandé, que peuvent faire les armes nucléaires contre les armes légères, contre la pauvreté, contre les trafics de drogues et d’êtres humains, contre le terrorisme, contre tous ces maux qui menacent la paix et la sécurité internationales, soulignant que la pertinence du concept de dissuasion nucléaire est réellement en question. 

M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a souligné que le droit inaliénable de tous les Etats à posséder la technologie nucléaire à des fins pacifiques était inhérent au traité de non-prolifération (TNP).  Jugeant important d’assurer l’universalité de ce traité, il a cependant souligné que des restrictions arbitraires risquaient d’empêcher l’AIEA de faire efficacement son travail.  Le représentant a donc affirmé que, comme tous les autres membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, son pays estimait que la poursuite et le développement de la technologie nucléaire à des fins pacifistes étaient son droit inaliénable.  Par conséquent, l’Iran a consacré des ressources humaines et matérielles à ce domaine.  En même temps, et comme l’a toujours répété mon pays, les armes nucléaires et les autres armes de destruction massive ne font pas parties de la doctrine de défense de l’Iran, a-t-il poursuivi, et pas seulement à cause de notre engagement à respecter les obligations du TNP, mais aussi parce que cela fait partie de notre calcul stratégique réfléchi.  Le représentant a donc déploré que des sanctions injustifiées aient cependant été imposées, non seulement à l’égard du légitime programme nucléaire de l’Iran, mais aussi envers toute l’industrie du nucléaire et toutes les possibilités de fourniture de matériel et d’équipement.  L’Iran a réussi dans le domaine du nucléaire à des fins pacifistes grâce à l’intelligence et au travail continu des scientifiques du pays, a-t-il poursuivi.  Malheureusement, a-t-il estimé, des soupçons politiquement motivés ont créé une ombre au-dessus de ce programme pacifiste limité, qui n’a pourtant rien à voir avec la question de la non-prolifération.  Il a ensuite affirmé que, pour lever tout soupçon sur les intentions de l’Iran dans le domaine nucléaire, son pays avait fourni, le 23 octobre dernier, un tableau très complet de toutes ses activités passées dans ce domaine, estimant que ce tableau permettrait certainement à l’AIEA d’avoir la preuve que les activités nucléaires de l’Iran n’ont toujours eu que des ambitions pacifiques et espérant qu’il permettrait d’apaiser toutes les attitudes, aussi déplacées qu’elles aient pu être dès le départ.

M. AHMED ABUL GHEIT (Egypte) a salué les efforts réalisés par l’AIEA en faveur des améliorations technologiques au profit des États par le transfert de techniques nucléaires et les programmes de renforcement des capacités et des installations.  Le secrétariat de l’Agence doit disposer de moyens financiers additionnels pour assumer son rôle dans le domaine des garanties de sauvegarde, de la coopération technique, et des transferts de technologie dans le domaine du nucléaire civil et pacifique.  Le représentant a estimé ensuite que le régime intégré de sauvegarde ne peut fonctionner que si les garanties universelles du TNP sont respectées, et que les menaces sont écartées.  Depuis près de 25 ans, l’Egypte demande la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive au Moyen-Orient, a dit M. Abul Gheit, insistant sur le fait qu’Israël n’a jamais fait preuve de sérieux dans l’application des garanties de non-prolifération.  Cette situation nous impose une double responsabilité, a-t-il dit, la première consistant à faire appliquer le régime des garanties internationales à tout le Moyen-Orient.  L’Egypte appuiera toujours les activités de l’AIEA et soutiendra le renforcement de ses capacités pour atteindre les objectifs de non-prolifération. 

M. KIM SAM-HOON (République de Corée) rappelant le rôle essentiel du Traité de non-prolifération pour la paix et la sécurité internationales, a toutefois souligné que la capacité de l’Agence à remplir ses fonctions avait été durement mise à l’épreuve cette année par la République islamique d'Iran et la République populaire démocratique de Corée.  Au sujet de la Corée du Nord, la résolution 47/12, adoptée en septembre dernier lors de la Conférence générale de l’AIEA, exprime clairement le message de la communauté internationale, a affirmé le représentant, qui a déclaré que le programme d’armes nucléaires de Pyongyang n’était acceptable sous aucun prétexte et que rien ne saurait en empêcher le démantèlement.  Il s’est ensuite félicité de la décision de la République islamique d'Iran de coopérer avec l’AIEA et de signer le Protocole additionnel, ainsi que de suspendre toutes les activités d’enrichissement d’uranium.  Il a ajouté cependant que pour regagner la confiance de la communauté internationale, il faudrait peut-être que la République islamique d'Iran fasse davantage que de respecter les obligations qui lui incombent en la matière.  En ce qui concerne le terrorisme nucléaire, la République de Corée préconise une approche globale afin d’empêcher que des matériaux nucléaires ne tombent entre de mauvaises mains.  Enfin sa délégation a déclaré soutenir le travail de l’AIEA en faveur d’une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, rappelant qu’elle était la seule à pouvoir fournir de l’électricité en quantité avec un impact minimum sur l’environnement.

M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) a rappelé que son pays était un membre actif de l’AIEA. Il s’est déclaré satisfait notamment du rôle important que joue cette Agence dans le renforcement du droit international en matière de non-prolifération des armes nucléaires.  Les actes terroristes en Russie, aux Etats-Unis et ailleurs, ainsi que les récents développements au Moyen-Orient et la situation critique en Iraq, ont démontré clairement le danger que représente le terrorisme international pour la communauté tout entière, a poursuivi le délégué, qui a requis les efforts accrus de tous pour mettre en place un système global et ainsi affronter les défis et les menaces, y compris nucléaires.  Il a indiqué que son pays saluait le fait que l’Iran se soit déclaré prêt à signer le protocole additionnel de l’Accord de sécurité de l’AIEA.  «Aujourd’hui, la question du programme nucléaire de l’Iran a pris un tour excessivement politique», a-t-il déclaré, souhaitant qu’il soit possible de retourner à la situation antérieure, dans un cadre relevant des activités régulières de l’Agence.  Il a affirmé qu’il ne voyait aucune raison de réduire sa coopération avec la République islamique d’Iran en matière nucléaire –depuis que cette coopération est pleinement transparente et qu’elle ne viole pas la législation internationale en la matière, d’un côté ou de l’autre.  Concernant le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée, il a mentionné que son pays avait déployé des efforts politiques et diplomatiques en vue de la reprise des pourparlers pour replacer le programme nucléaire nord-coréen à l’intérieur des négociations à six.

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a souligné que le rapport de l’AIEA avait mis en lumière le besoin croissant en énergie nucléaire dans le monde et a estimé que les centrales nucléaires étaient désormais indispensables aux pays en développement, appelant l’Agence à jouer un rôle à cet égard.  S’agissant du renforcement du système de garantie, le représentant a prôné une approche équilibrée entre un aspect promotionnel et la sécurité.  Il a en outre estimé que le système de sauvegarde de l’AIEA ne devait pas être utilisé pour servir des intérêts politiques partisans.  Le régime de vérification ne restera crédible que s’il est fondé sur une politique non discriminatoire, basée sur les statuts de l’Agence, a-t-il insisté.  A cet égard, il a jugé important de renforcer la coopération et la compréhension entre tous les Etats membres de l’Agence afin de renforcer les fondements de son mandat, qui sont l’impartialité, l’équité et le professionnalisme, de manière à ce que la crédibilité et le pouvoir de l’AIEA soient augmentés.  Par ailleurs, il a fait valoir que son gouvernement était attentif à contrer toute possibilité de terrorisme nucléaire et qu’il souhaitait à ce titre renforcer la convention sur la protection physique du matériel nucléaire.

M. YOSHIYUKI MOTOMURA (Japon) a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du Traité de non-prolifération et rappelé que le programme nucléaire du Japon est restreint au domaine civil.  Le Japon, qui a été victime de l’arme nucléaire, ne disposera jamais d’armes nucléaires, a-t-il dit, et les activités de l’AIEA prennent une importance et une pertinence accrues dans le contexte actuel de remise en question des garanties de sauvegarde découlant du TNP.  Il a invité les États Membres à adhérer aux garanties de sauvegarde de l’AIEA et au protocole additionnel avant de défendre le nucléaire civil qui est une source d’énergie peu polluante pour l’environnement.  Insistant ensuite sur les dispositions internationales relatives à la lutte contre le terrorisme nucléaire et radiologique, le représentant a appuyé le rôle de l’AIEA dans la gestion des sources de radioactivité.  Enfin, le représentant a invité la Corée du Nord à démanteler son programme d’armement nucléaire, renouvelant son appui au processus de négociations à six de Beijing, et a insisté sur le rôle de l’AIEA dans la vérification du programme nucléaire nord-coréen. 

M. OYUGI (Kenya) a déclaré attacher une importance particulière à la responsabilité de l’Agence de fournir aux Etats Membres des garanties quant à l’utilisation sécurisée et appropriée de matériaux nucléaires.  Il a toutefois jugé regrettable que quelques Etats poursuivent leurs recherches dans de nouveaux types d’armes nucléaires aussi bien que dans le développement de plans stratégiques qui incluent l’utilisation possible de l’arme nucléaire.  La délégation kényenne a salué ensuite la détermination de l’Agence à promouvoir les applications de l’énergie nucléaire dans des domaines divers, tels que la médecine nucléaire.  Il s’est félicité que les développements de la technique de stérilisation des insectes aient été démontrés dans le cadre de la lutte contre la mouche tsé-tsé en Afrique subsaharienne, notamment au Kenya.  Par ailleurs, le programme sanitaire de l’Agence au Kenya comprend des améliorations significatives dans le domaine de la radiothérapie et du diagnostic, le Kenya étant également engagé aux côtés de l’Agence dans la mise en œuvre d’un projet portant sur l’éradication de la malaria.

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE L’OUGANDA SUR LES PRODUITS DE BASE ET LE DÉVELOPPEMENT

Ouvrant la discussion sur «les produits de base et le développement: l’expérience de l’Ouganda», en présence du Président ougandais, M. Yoweri Kaguta Museveni, le Président de l’Assemblée générale, M. Julian Robert Hunte (Sainte-Lucie) a rappelé que la question des produits de base préoccupe les pays en développement depuis de nombreuses années.  Le déclin et la volatilité des prix des produits de base, associés à des pratiques de subventions agricoles et de barrières tarifaires dans les pays industrialisés, ont profondément affecté les économies des pays en développement.  Rappelant que le Groupe des personnalités éminentes sur les produits de base s’est réuni les 22 et 23 septembre 2003 à Genève, le Président de l’Assemblée a indiqué que le rapport du Groupe avait été examiné lors de la réunion du Groupe d’experts de l’Assemblée générale le 27 octobre et lors du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, les 29 et 30 octobre.  L’Ouganda est l’exemple type des pays en développement tributaires des produits de base qui ont souffert de la dépréciation des cours de ces produits, a poursuivi M. Hunte, insistant sur la contribution du Président Museveni à la valorisation des produits de base dans le développement.

La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Louise Fréchette, saluant la présence du Président ougandais, a estimé qu’en dépit des progrès constatés ces dernières années dans le développement de l’économie mondiale, les pays en développement sont confrontés à la chute des prix des produits de base.  95 pays en développement sur 141 dépendent de ces exportations, a-t-elle observé ensuite, tandis que 70 pays tirent des recettes d’exportation de trois produits.  Pourtant, entre 1980 et 2002, les prix des produits agricoles ont chuté de 47% par rapport aux produits manufacturés, et les prix des métaux et des minerais ont chuté de 35%, a-t-elle dit, prenant l’exemple du café dont les producteurs reçoivent aujourd’hui un tiers des revenus dont ils disposaient dans les années 90.  Pour 81 pays en développement, a-t-elle poursuivi, les échanges commerciaux ont été déficitaires de près de 6 milliards de dollars par an sur la période 1995-2000, soulignant que la faiblesse des recettes d’exportation a une influence directe sur le succès de l’initiative PPTE sur la dette.  Plaidant ensuite pour une application rigoureuse du Consensus de Monterrey et pour une ouverture des marchés des pays développés aux produits du sud, elle a souhaité que le Cycle des négociations de Doha se penche sur les questions des produits de base, et que les institutions de Bretton Woods prévoient des mécanismes de stabilisation des prix des produits de base.  Cette question est étroitement liée à la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire d’ici à 2015, a conclu Mme Fréchette. 

M. SHA ZUKANG (Président du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED) a souligné les difficultés que rencontrent les pays en développement qui dépendent des produits de base.  Ceux-ci ont perdu plus de la moitié de leur pouvoir d’achat par rapport à ceux qui fabriquent des produits manufacturés, a-t-il rappelé.  Or ces produits de base constituent l’épine dorsale de leur économie, a-t-il souligné,  estimant qu’il était urgent de trouver des solutions pour d’atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire d’ici à 2015.

L’an dernier, l'Assemblée générale avait demandé au Secrétaire général de désigner des personnalités éminentes et indépendantes pour établir un rapport, qui devait étudier notamment l’instabilité des prix des produits de base. Ce Groupe a présenté 15 mesures réalistes et pratiques, à court, moyen et long terme, a-t-il précisé.  Il s’agit en particulier du renforcement de l’accès aux marchés pour les produits de base, de l’examen du problème de surapprovisionnement, des programmes de compensation, du renforcement des capacités institutionnelles, et de la création de nouveaux fonds de diversification.  La CNUCED a examiné ce Rapport le 17 octobre 2003, a-t-il indiqué, précisant que l’organisation allait consacrer sa prochaine session à cette question. Il a estimé que celle-ci méritait d’attirer notamment l’attention de l’OMC, en l’encourageant à la reprise des négociations de Doha sur l’élimination des subventions. Tout cela a été examiné par la Deuxième Commission de l’Assemblée générale afin de permettre une plus grande visibilité des produits de base, a-t-il affirmé. Enfin, le représentant a appelé instamment l'Assemblée générale à rompre la conspiration du silence envers les pays qui soufrent de la dépendance aux produits de base.

M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, rappelant son intervention à la fin du mois de septembre dernier à la troisième TICAD, à Tokyo, a estimé que la notion de produit de base recouvre en réalité les produits bruts, c’est-à-dire les produits qui ne sont pas traités.  Cette matière brute est utilisée pour l’industrie manufacturière, a-t-il indiqué ensuite, avant de souligner que l’erreur des 95 pays en développement évoqués par Mme Fréchette ne réside pas dans le fait de produire des matières brutes, mais bien dans le fait de reposer uniquement sur ces produits pour s’assurer des recettes d’exportation.  Le coton, le tabac, le café, les minerais, sont produits en Ouganda, a-t-il dit, évoquant les différentes étapes, dans le cas du coton, de son traitement vers la confection.  Après son indépendance, l’Ouganda exportait uniquement le coton à l’étape brute, ce qui, en termes actuels, revient à 1,20 dollar le kilo.  S’il est transformé en fil, le coton triple de valeur, si le fil est tissé, sa valeur est six fois supérieure, et, avec la même quantité de coton, une fois confectionné, il revient à 12 dollars le kilo.  Ce qui revient à dire que les pays africains producteurs de coton deviennent donateurs vers les pays industrialisés : ils donnent 9 dollars à ces pays industrialisés lorsqu’ils exportent le coton à l’état brut, et leur donnent aussi des emplois puisque la transformation se fait ailleurs.  Il en est de même pour le café, a-t-il ajouté, car la logique des prix des produits de base est que plus on travaille, moins on gagne, sans pour autant que le prix du café à New York baisse, loin de là.  Il y a cinq ans, en 1998, le marché du café était de 55 milliards de dollars au total, mais les producteurs ne touchaient que 8 milliards, et aujourd’hui, pour 71 milliards de dollars au total, les producteurs ne touchent que 5 milliards de dollars. 

Les matières premières brutes vont continuer de baisser, qu’on le veuille ou non, et ce pour trois raisons: avec les nouvelles technologies, on a besoin de certaines matières en moindre quantité, a observé le Président, c’est le cas du cuivre produit en Afrique et qui servait dans le passé dans la fabrication des téléphones.  Les prix des produits de base diminuent en raison de la baisse de la demande, de l’évolution des technologies, ou de l’augmentation de l’offre, a-t-il dit, mais là c’est à nous de nous adapter.  En effet, a indiqué le Président ougandais, il est facile de produire du café du Brésil à la Colombie, de l’Ouganda à l’Ethiopie.  Mais, a-t-il dit, la troisième raison, celle des subventions et des mesures protectionnistes prises par les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne, est aussi l’une des raisons pour lesquelles les produits de base perdent en valeur et sont abondants sur les marchés.  S’il était facile pour les pays du Sud d’exporter de la viande de bœuf vers les marchés développés, la production de ces pays serait diversifiée, a-t-il dit, mais comme elles sont en concurrence avec les produits des pays industrialisés, l’accès aux marchés est limité alors qu’il est ouvert aux produits bruts tels que le café ou le coton. 

Récemment, a-t-il ironisé, nous nous sommes rendu compte que les fleurs étaient exportables et pouvaient nous procurer des devises sur les marchés du Nord.  Alors nous nous sommes adaptés.  Cependant, le Président Museveni a plaidé pour un processus de transformation des produits bruts et estimé que, pour cela, les pays industrialisés devaient aussi consentir à ouvrir leurs marchés pour sortir du cercle vicieux.  Car où est le marché pour ces produits manufacturés, a demandé le Président ougandais, naturellement, dans les pays riches.  Il y a 800 millions d’Africains pour un marché de 500 millions de dollars, ce qui, comparé aux 290 millions d’Américains qui consomment pour 11 000 milliards de dollars, est dérisoire, a-t-il dit, plaidant pour un appui de la communauté internationale afin que les pays du Sud deviennent des économies de transformation.  En effet, a-t-il dit, il n’y a pas de marché en Afrique car il n’y a pas de consommateurs, et il n’y a pas de consommateurs car il n’y a pas de travail, prenant l’exemple de l’Ouganda où, faute de moyens et d’emploi, la consommation annuelle de lait est en moyenne de 30 litres par habitant, contre les 200 litres préconisés par l’OMS, alors que ce pays est en situation de surproduction laitière.  En Afrique, nous en sommes encore au stade des physiocrates dont la théorie a été développée en France il y a trois siècles, a conclu le Président Museveni, exhortant les États africains et les autres pays en développement à s’investir dans un effort de transformation. 

Concluant la séance, le Président de l’Assemblée générale, M. JULIAN ROBERT HUNTE, a déclaré que le Président Yoweri Museveni avait indiqué ce qu’il fallait faire pour améliorer la situation concernant les pays dépendant des produits de base.  «Vous avez souligné que la diversification en tant que telle ne peut aboutir, à moins qu’elle ne réponde à une transformation réelle de l’économie», a-t-il notamment expliqué.  Il a ajouté qu’à la lumière des explications du président ougandais, «il faudrait revoir la façon dont on considère la valeur ajoutée».  Il s’est enfin dit convaincu que les Nations Unies resteraient saisies de cette question.

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