LE SECRETAIRE GENERAL APPELLE A UNE ACTION CONCERTEE DANS SON MESSAGE POUR LA JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ELIMINATION DE LA PAUVRETE

14 octobre 2002
SG/SM/8431

LE SECRETAIRE GENERAL APPELLE A UNE ACTION CONCERTEE DANS SON MESSAGE POUR LA JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ELIMINATION DE LA PAUVRETE

14/10/2002
Communiqué de presse
SG/SM/8431


            OBV/297


LE SECRETAIRE GENERAL APPELLE A UNE ACTION CONCERTEE DANS SON MESSAGE POUR LA JOURNEE INTERNATIONALE POUR L'ELIMINATION DE LA PAUVRETE


On trouvera ci-après le texte intégral du message du Secrétaire général,

M. Kofi Annan, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté, le 17 octobre 2002:


Il y a deux ans, à l’occasion du Sommet du Millénaire, les dirigeants de tous les pays du monde ont reconnu que des progrès avaient été réalisés dans le monde en matière de développement humain, mais ils ont également constaté que des obstacles et menaces graves – le VIH/sida, les conflits et le terrorisme, par exemple – empêchent toujours l’humanité de se libérer du besoin et de la peur comme elle y aspire.  Les dirigeants des pays du monde ont alors adopté la Déclaration du Millénaire, qui énonce clairement les valeurs et les priorités pour le nouveau siècle.


Parmi ces priorités, la plus importante est celle qui se reflète dans l’engagement qu’ils ont pris de «ne ménager aucun effort pour délivrer leurs semblables – hommes, femmes et enfants – de la misère, phénomène abject et déshumanisant».  Plus précisément, ils se sont engagés à réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de la population du monde qui vit dans l’extrême pauvreté, qui souffre de la faim et qui n’a pas accès à l’eau potable; à assurer que tous les enfants seront en mesure d’achever un cycle complet d’études primaires et auront à égalité accès à tous les niveaux d’éducation sans discrimination de sexe; à réduire la mortalité infantile de deux tiers et la mortalité maternelle de trois quarts; à arrêter la propagation du VIH/sida et à maîtriser l’incidence des autres grandes maladies; à intégrer les principes du développement durable à leurs politiques; et à mettre en place un partenariat mondial pour le développement.


La célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté nous offre l’occasion de réaffirmer notre adhésion aux objectifs du millénaire pour le développement et de voir si des progrès ont été ou non réalisés jusqu’ici.


Il ne fait aucun doute que la lutte contre la pauvreté a marqué des points dans le monde.  D’après les données les plus récentes, la proportion de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour dans les pays en développement est passée d’un tiers en 1990 (date à partir de laquelle il est entendu que les progrès seront mesurés) à un quart en 1999.  Cependant, toutes les régions et tous les pays n’ont pas bénéficié de ces avancées.  En Afrique subsaharienne, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi que dans plusieurs pays en transition, le nombre absolu de pauvres a augmenté.


D’une manière générale, le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Millénaire d’ici à 2015. À l’horizon 2000, dernière année pour laquelle on dispose de données – nous aurions dû atteindre un taux de réalisation de 40 %, mais, pour la plupart des objectifs, les données mondiales indiquent que nous avons atteint à peine la moitié de ce taux.


Cela étant, il y a de l’espoir. Ces objectifs peuvent être atteints. Mais la pauvreté est un vieil ennemi qui a plusieurs visages et pour le vaincre, il faut se liguer à plusieurs et agir ensemble.


Les objectifs du Millénaire sont, certes, planétaires, mais ce sont les résultats atteints dans chaque pays qui détermineront s’ils sont ou non réalisés. Malheureusement, il n’existe pas de formule magique que les pays pourraient utiliser pour les atteindre.


Chaque pays doit mettre au point le bon dosage de mesures à prendre, celui qui correspond le mieux à ses conditions locales. Et la population de chaque pays doit revendiquer l’application de ces mesures.


Il ne faudrait pas croire que les pays en développement sont seuls en cause. Les pays développés, eux aussi, doivent veiller à ce qu’aucune partie de leur propre population ne soit exclue. Et ils ont aussi une responsabilité mondiale particulière. Ils doivent tenir leur promesse : ouvrir leurs marchés aux produits des pays en développement, laisser jouer la concurrence sur le marché mondial dans des conditions d’équité et fournir une aide au développement beaucoup plus généreuse. Faute de quoi, de nombreux pays en développement ne pourront pas atteindre les objectifs du Millénaire, quoi qu’ils fassent.


En d’autres termes, ce n’est pas ici, à l’Organisation des Nations Unies, ni grâce au travail de ses fonctionnaires, que ces objectifs pourront être atteints. Ils doivent l’être dans chaque pays, grâce aux efforts du gouvernement et de la population.


C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une Campagne du Millénaire pour mieux faire connaître les objectifs du Millénaire à travers le monde et essayer de mobiliser la force de l’opinion publique en leur faveur.


Je ferai un rapport mondial chaque année. Mais j’espère que chaque pays en développement, avec l’aide de l’Organisation des Nations Unies et d’autres institutions internationales, établira également son propre rapport, afin que la population puisse être pleinement informée de la situation. En cette ère de démocratie, nous espérons que lorsque les gens seront informés, ils exigeront que des mesures soient prises.


En cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, il nous faut reconnaître que la pauvreté extrême, en quelque endroit que ce soit, est une menace pour la sécurité du monde en général. Il faut rappeler que la pauvreté est un déni des droits de l’homme. Pour la première fois dans l’histoire, en cette ère d’opulence et de progrès techniques sans précédent, nous avons les moyens de sauver l’humanité de ce fléau honteux. Trouvons donc la volonté de le faire.


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