LE RISQUE FAIT PARTIE DU METIER, MAIS LE METIER PEUT ETRE MIEUX PROTEGE, DECLARE M. KOFI ANNAN

5 avril 2002
SG/SM/8173

LE RISQUE FAIT PARTIE DU METIER, MAIS LE METIER PEUT ETRE MIEUX PROTEGE, DECLARE M. KOFI ANNAN

05/04/2002
Communiqué de presseSG/SM/8173

LE RISQUE FAIT PARTIE DU METIER, MAIS LE METIER PEUT ETRE MIEUX PROTEGE,

DECLARE M. KOFI ANNAN

On trouvera ci-après le texte du message adressé le 25 mars, par le Secrétaire général Kofi Annan à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec les membres du personnel détenus ou portés disparus :

Je tiens tout d’abord à rendre hommage au syndicat du personnel de l’Organisation des Nations Unies, qui s’emploie sans relâche à alerter l’opinion sur la question essentielle de la sécurité de nos collègues et de nos indispensables alliés, les journalistes et les agents humanitaires.

Les organismes des Nations Unies ont presque tous perdu au moins un des leurs dans des circonstances tragiques. Nos organisations non gouvernementales partenaires déplorent la perte d’hommes et de femmes qui, alors qu’ils voulaient simplement fournir de la nourriture et un toit aux victimes des conflits et des catastrophes, ont payé de leur vie le déchaînement de la violence – souvent délibérément dirigée contre eux. L’assassinat du journaliste Daniel Pearl au début de l’année nous a rappelé une fois de plus les dangers courus par les membres de cette profession, dont la voix est si essentielle pour éveiller les consciences et pousser les gouvernements à agir.

Le risque fait partie du métier, mais le métier peut être mieux protégé.

Moins d’un tiers des États Membres de l’Organisation des Nations Unies ont ratifié la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé. Et l’impunité dont bénéficient des éléments hostiles est encore plus tenace quand les poursuites sont trop rares et que les procès se terminent par des acquittements ou des sentences d’une clémence suspecte. Notre idéal de justice devrait se trouver conforté avec l’entrée en vigueur – distante de cinq ratifications seulement – du Statut de la Cour pénale internationale, qui définit les attaques contre le personnel des missions de la paix ou d’aide humanitaire comme des crimes de guerre. Mais aussi utiles soient-elles, les protections juridiques ne suffisent pas.

Pour l’Organisation des Nations Unies, le financement est une nécessité primordiale. Signe encourageant, l’Assemblée générale vient d’accorder des ressources supplémentaires pour les dépenses de formation, d’équipement, de conseil et de personnel. Mais les gouvernements et les parties aux conflits armés doivent mieux démontrer leur volonté politique de tenir leurs engagements en assurant au personnel des Nations Unies, au personnel humanitaire et aux journalistes la protection et le libre accès dont ils ont besoin (et qu’ils sont en droit d’attendre). Il faut aussi une action plus concertée en faveur de la paix et du développement au sens le plus large, afin de faire reculer cette insécurité qui a motivé en premier lieu la présence de nos collègues sur le terrain.

En ce jour où nos pensées vont à Alec Collett, je tiens à exprimer notre solidarité avec tous les hommes et toutes les femmes de coeur qui partent courageusement sur le terrain secourir les populations en détresse et se retrouvent eux aussi en situation de victimes. Je présente mes sincères condoléances à tous ceux qui ont perdu un être cher, et je m’engage solennellement à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que demain la sécurité et la protection ne soient pas de vains mots.

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