LES NATIONS UNIES PRESENTEES COMME UN PARTENAIRE INCONTOURNABLE POUR FEDERER LES SYNERGIES DE PROMOTION DES TIC AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT

18 juin 2002
AG/1296

LES NATIONS UNIES PRESENTEES COMME UN PARTENAIRE INCONTOURNABLE POUR FEDERER LES SYNERGIES DE PROMOTION DES TIC AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT

18/06/2002
Communiqué de presseAG/1296

Assemblée générale

103e et 104e séances plénières

matin et après-midi

LES NATIONS UNIES PRESENTEES COMME UN PARTENAIRE INCONTOURNABLE POUR FEDERER LES SYNERGIES DE PROMOTION DES TIC AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT

Les pays en développement ont besoin de moyens

pour le développement et l’adaptation des TIC à leurs réalités

Afin de pouvoir bénéficier des opportunités offertes par les technologies de l’information et de la communication (TIC), les pays en développement doivent avoir la capacité de les développer et de les adapter à leurs réalités locales.  Cela ne pourra se faire sans une véritable combinaison des aides internationales et des stratégies nationales.  A cet égard, l’Organisation des Nations Unies, en raison de son caractère universel et représentatif, a été présentée comme un interlocuteur incontournable et déterminant pour fédérer les partenariats et actions nécessaires.  Tel a été le leitmotiv de ces deux journées de débats marqués par la participation de près de 80 représentants, dont un grand nombre de pays en développement, comme un témoignage de leurs attentes à l’égard des opportunités offertes par les TIC.

Les pays en développement, dans leur ensemble, se sont félicités des différentes initiatives prises par les Nations Unies -tout particulièrement la mise en place du Groupe d’études sur les TIC lancé en novembre dernier par le Secrétaire général- les gouvernements et les institutions multilatérales de développement.  A cet égard, ils ont formé le voeu que le futur Sommet mondial sur la société de l’information, qui se tiendra à Genève et Tunis respectivement en 2003 et 2005, saura fédérer les synergies, aux niveaux régional et international, afin de leur permettre de saisir toutes les opportunités des nouvelles technologies de l’information et de la communication.  C’est pourquoi, ils ont souhaité que tous les partenaires compétents, qu’il s’agisse du secteur privé comme des organisations non gouvernementales, soient associés au processus préparatoire de ce sommet.  

Autre condition sine qua non de la réussite présentée par la plupart des délégations, la nécessité pour les gouvernements de mettre en place des conditions favorables à l’expansion d’un secteur privé spécialisé dans les TICS.  Cela passe par la mise en place d’un espace de libertés économiques, sociales et juridiques qui permette aux entreprises de s’épanouir et de se développer.  De nombreuses expériences ont montré que les entreprises et le marché ne disposent pas encore des moyens permettant de promouvoir toutes les opportunités en matière numérique.  Dans ce contexte, l’engagement du Gouvernement et du secteur public a été défini comme essentiel dans une logique de coopération publique-privée qui elle seule sera capable d’apporter les résultats escomptés. 

Donnant un exemple de ce qu’il fallait faire en direction des pays en développement, le représentant de l’Australie a précisé que son pays, en collaboration avec la Banque mondiale, a mis en place un programme international de lutte contre la pauvreté, intitulé «Virtual Colombo Plan», orienté vers le développement des TIC, qui a pour objectif d’améliorer l’accès à l’éducation de base dans les pays en développement.  Fidji et la Papouasie-Nouvelle Guinée bénéficient déjà de ce programme qui a permis la mise en place d’un réseau mondial d’enseignement à distance basé en Chine.  De son côté, l’Italie a pris l’initiative d’une Conférence internationale qui s’est tenue à Palerme les 10 et 11 avril 2002 pour analyser le potentiel des applications des TIC dans l’administration publique et financera des projets dans ce domaine en Albanie, Jordanie, Mozambique, Nigéria et Tunisie. 

Ce débat a également mis en évidence les inégalités entre le Nord et le Sud.  «Nous parlons de l’accès à l’Internet pour tous, alors que seulement 10% de la population mondiale dispose du téléphone, ce chiffre tombant à 0,5% dans l’Afrique subsaharienne» a souligné, pour sa part, le représentant d’Israël.  Il y a 350 ordinateurs pour 1000 habitants dans les pays à revenus élevés, alors que ce chiffre tombe à 40/1000 dans le reste du monde, à moins de 10/1000 dans l’Afrique subsaharienne et 88% des utilisateurs d’Internet vivent dans les pays développés, a-t-il également été rappelé.  Dans ce contexte, l’intervention des Nations Unies et de la communauté internationale pour corriger ces inégalités a été présentée comme urgente et incontournable.  Car étendre les avantages des TIC aux pays en développement est aussi une question de justice, non seulement en termes économiques, mais aussi afin de renforcer la dignité et la créativité de chacun. 

À l’issue des déclarations, M. Abdul Mejid Hussein (Ethiopie) et M. Jean-David Levitte (France) ont présenté les conclusions des deux Tables rondes informelles qu’ils présidaient respectivement et qui se tenaient en parallèle des réunions plénières.  Dans des remarques finales, M. Shobokshi (Arabie Saoudite), qui présidait la réunion de clôture, a exhorté au nom du Président de l’Assemblée générale, M. Han Seung-soo (République de Corée), les parties prenantes à alimenter leurs initiatives des moyens adéquats pour pouvoir réaliser l’opportunité numérique à destination et au service du développement. 

Les représentants des pays suivants, dont plusieurs ministres, ont pris la parole: Croatie, Costa Rica, Myanmar, Guatemala, Australie, République populaire démocratique de Corée, Népal, Maroc, Bangladesh, Suriname, Afrique du Sud, Thaïlande, Slovénie, Burkina Faso, Israël, Belgique, Lettonie, Italie, Zambie, Inde, Jordanie, Indonésie, Mexique, Tunisie, Nigéria, Panama, Brésil et Cuba.  Sont également intervenus les Observateurs permanents de la Suisse, du Saint-Siège et de l’Organisation internationale de la francophonie.

RÉUNION DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSACRÉE AUX TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT

Déclarations

M. NENAD PRELOG, Ministre adjoint des affaires étrangères de la Croatie, a déclaré que les technologies de l'information et de la communication (TIC) étaient génératrices de changement dans tous les domaines de la société, dans tous les secteurs économiques et dans la science et l’éducation.  Elles sont à la base du développement économique et social de la Croatie qu’elles rapprochent des pays développés à travers le monde, tout particulièrement de ceux de l’Union européenne.  Le représentant a néanmoins relevé les risques de ces technologies comme notamment l’atteinte à la vie privée, la criminalité informatique ou encore l’aggravation de la marginalisation de certains à cause du fossé numérique.  Il a également présenté des statistiques illustrant le statut des TIC en Croatie, citant les chiffres de 13 ordinateurs, 41 lignes téléphoniques fixes et 31 téléphones mobiles pour cent habitants dans un pays où 12% de la population est connecté à l’Internet.  Cette année, le Gouvernement croate a adopté une stratégie en matière de TIC qu’il a baptisée «Conduire la Croatie dans le 21ème siècle», conscient du fait que ces technologies vont contribuer au développement de son économie, à la création de nouveaux emplois et à l’ouverture de nouveaux marchés.  De récentes expériences ont néanmoins montré que les entreprises et le marché ne disposent pas encore des moyens permettant de promouvoir toutes les possibilités en matière numérique.  Dans ce contexte, l’engagement du Gouvernement et du secteur public est essentiel dans une logique de coopération publique-privée qui elle seule sera capable d’apporter les résultats escomptés.  Le secteur privé doit s’engager, mais le Gouvernement doit mettre en place un cadre favorable aux nouvelles initiatives et des partenariats «publics-privés» plus efficaces.

M. BERND NIEHAUS (Costa Rica) a déclaré que le développement des communications avait ouvert de nouvelles voies de progrès économique et social.  Le succès des pays aujourd’hui, dépend de la maîtrise des TIC.  La majorité des pays en développement demeure malheureusement en retard dans ce domaine.  La force des TIC et les conditions dans lesquelles elles sont aujourd’hui disséminées ont hélas créé une fracture digitale Nord-Sud chaque jour plus difficile à combler.  La construction de sociétés plus justes dépend de la réduction de cette fracture.  L’utilisation des TIC dans les pays en développement devrait démocratiser la connaissance et permettre la mise en valeur du capital humain.  Le Costa Rica pense qu’il est important d’investir dans les ressources humaines, en vue d’améliorer la compétence des populations, qui sont la principale force de chaque pays.  Le Costa Rica a mis en place un réseau national intégré en vue de satisfaire les besoins de ses populations en matière de TIC.  Nous avons aussi créé un réseau national de recherche avancée, et grâce à notre stabilité politique, nous sommes parvenus à attirer de nombreuses compagnies étrangères.  Notre pays cherche à faire profiter tous ses citoyens des fruits des technologies nouvelles en matière de santé, d’éducation et de courrier électronique.  Nous pensons que le seul moyen de réduire la fracture numérique est de se lancer résolument dans la maîtrise des technologies de pointe.  Chaque Etat doit s’engager dans la société digitale.

M. AUNG HTOO (Myanmar) a déclaré que l’information et la connaissance étaient des éléments clefs pour promouvoir le développement économique et réduire la pauvreté à travers le monde.  Néanmoins, il faut regretter le fait que 4 milliards de personnes sont toujours privées des avantages des nouvelles technologies et que le fossé numérique se soit creusé.  Le défi réside aujourd’hui dans notre capacité de rendre accessibles les technologies de l’information et de la communication aux populations les plus pénalisées.  Dans ce contexte, il s’est félicité de diverses initiatives en matière de promotion des TIC émanant des Nations Unies mais aussi du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.  Il s’est également félicité de la convocation du prochain Sommet mondial sur la société de l’information pour la promotion des TIC dans les pays en développement grâce à la mise en place de partenariats stratégiques entre le Système des Nations Unies, le secteur privée et les autres acteurs internationaux concernés.  En ce qui concerne tout particulièrement le Myanmar, le représentant a cité les initiatives prises au niveau national, insistant sur les initiatives privées ayant bénéficié du soutien du Gouvernement qui a, par exemple, mis en place une Confédération des ordinateurs afin de promouvoir ces technologies auprès de tous.  500 écoles disposent aujourd’hui de classes multimédias et l’éducation à distance est proposée dans les universités et a été renforcée en 2001 grâce à l’utilisation de système électronique de transmission des données et plus de 300 000 étudiants sont aujourd’hui concernés.  Le potentiel des ces technologies doit être dompté dans l’intérêt du plus grand nombre, dans l’intérêt du développement durable, pour lutter contre la faim dans le monde et par conséquent édifier une société mondiale meilleure pour l’avenir. 

M. RODRIGO ROBLES, Coordinateur des affaires internationales de la Division des télécommunications du Guatemala, a souscrit à la déclaration du Groupe des 77 et de la Chine, et a déclaré que les disparités en matière de TIC n’existaient pas seulement entre pays du Nord et du Sud, mais aussi dans les pays du Sud eux-mêmes.  Notre pays espère que la révolution des TIC profitera aux pays en développement, qui ne doivent la manquer comme ils ont manqué la première révolution industrielle.  Le Guatemala a entrepris des réformes importantes en matière de télécommunications, en vue de mettre les bénéfices de la communication au service de sa population.  Cependant, nous aimerions voir une plus grande coopération internationale dans ce domaine.  Les TIC ont un potentiel énorme d’accélération du développement.  Notre pays aimerait en bénéficier dans le secteur de l’éducation, qui est un domaine clef du développement.  Les transferts de technologies dont nous avons besoin doivent se faire sur des bases préférentielles, vu la modicité des moyens de nos populations.  Nous aimerions que la question des TIC figure en bonne place dans l’ordre du jour du prochain Sommet mondial pour le développement durable.

M. DAVID STUART (Australie) a souligné que la révolution dans le domaine des technologies de l’information et des communications présente d’énormes possibilités de développement.  Elle permet d’étendre le marché des communications à l’échelle mondiale et de couvrir chaque recoin de la planète grâce notamment à la faiblesse des coûts.  Les pays en développement ont un potentiel évident pour entrer en compétition à l’échelle mondiale grâce aux TIC qui peuvent leur permettent de se relier à faibles coûts aux pays riches.  Cependant, afin de combler le fossé numérique, les grandes firmes internationales doivent adapter les services dans le domaine des TIC aux réalités et aux besoins des pays en développement, a-t-il jugé.  A cette fin, l’Australie et la Banque mondiale se sont conjointement engagées dans un programme international de lutte contre la pauvreté orienté vers le développement des TIC.  Le «Virtual Colombo Plan» a pour objectif d’améliorer l’accès à l’éducation de base ainsi que les programmes éducatifs dans les pays en développement, a expliqué M. Stuart, qui a ajouté que ce programme comprenait également des modules d’enseignement à distance et de promotion des échanges entre instituts de recherche.  Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée bénéficient déjà de ce programme qui a permis la mise en place d’un Réseau mondial d’enseignement à distance basé en Chine.  En 2002 et 2003, le programme prévoit de dispenser 200 bourses d’études «virtuelles» et un module d’assistance à l’Université virtuelle africaine est également compris dans le «Virtual Colombo Plan».  M. Stuart a précisé que le Gouvernement australien avait alloué 200 millions de dollars australiens au Virtual Colombo Plan et a appelé les autres bailleurs de fonds à s’engager à leur tour aux côtés de la Banque mondiale. 

M. KIM CHANG GUK (République populaire démocratique de Corée) a estimé que le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) ne doit pas être source de marginalisation mais doit pouvoir bénéficier à tous et contribuer à la réalisation des objectifs de la Déclaration du Millénaire.  Afin de faire en sorte que les TIC contribuent au développement durable, il est nécessaire de sensibiliser l’opinion publique et de leur assurer un environnement favorable.  L’attention portée aux TIC s’est accrue dans les pays développés mais également dans les pays en voie de développement.  Cependant, étant donné les obstacles financiers et technologiques rencontrés, ces derniers ont des difficultés à intégrer les TIC aux sphères sociales et économiques.  C’est pourquoi le rôle des institutions des Nations Unies doit être renforcé avec pour objectif l’amélioration de la capacité de développement des pays en voie de développement.  Il faut également, a poursuivi le représentant, favoriser la formation des ressources humaines et renforcer les échanges internationaux et la coopération.  Le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée considère les TIC comme un domaine de grande importance.  Dans ce contexte, un Plan de développement des TIC qui vise à accroître l’investissement et à les introduire dans la sphère économique a été mis en place.  Le Gouvernement a en outre pris des mesures pour étendre et moderniser les TIC dans chaque région du pays en organisant notamment des séminaires et des expositions.

M. DURGA PRASAD BHATTARAI (Népal) a déclaré que son pays se félicite de l’initiative prise par l’Assemblée d’organiser un débat sur la question des TIC.  L’ONU doit jouer un rôle actif pour faire en sorte que la révolution numérique profite à tous et que se réduise le fossé qui sépare les pays dans ce domaine.  La principale question qui se pose est de savoir comment canaliser la force des TIC.  La différence de moyens entre riches et pauvres, qui était déjà grande, s’est encore élargie avec l’apparition de la fracture numérique.  La plupart des pays sont tellement pauvres qu’ils n’ont les moyens de suivre les progrès technologiques en matière numérique.  Il faudrait être prêt à établir un nouveau moule de répartition de la connaissance au niveau mondial en vue de permettre une meilleure répartition des richesses mondiales, de plus en plus liée à la maîtrise du savoir.  Nous demandons aux grands groupes, comme celui du G-7, de déployer plus d’efforts en ce sens.  Nous espérons que les pays les moins avancés recevront une aide substantielle, en vue de pouvoir participer au Sommet mondial sur la société de l’information.  Le Népal a créé un Ministère des technologies de l’information en 1996, et nous avons mis en place un cadre politique et législatif favorable au développement des TIC.  Notre pays souhaiterait mettre les TIC au service du développement du commerce électronique national, et nous avons créé un comité national en la matière.  Notre délégation espère que nos débats et le Sommet mondial sur la société de l’information contribueront à faire des TIC un outil au service de tous les pays.

M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a déclaré que ce débat tombe à un point nommé à un moment où les Nations Unies et la communauté internationale prennent conscience des technologies de l’information et de la communication (TIC) comme principal vecteur du développement.  Le Gouvernement marocain, pour stimuler le mouvement, a ouvert récemment à Casablanca un parc technologique destiné à fournir un accueil à toutes les sociétés liées aux TIC pour les aider à se développer.  Cette révolution, a-t-il ajouté, est un défi et une opportunité à saisir compte tenu de la possibilité que les TIC offrent pour aller plus vite et être en phase avec ce qui se passe dans le monde de plus avancé.  Les gouvernements, par des mesures d’incitation, doivent soutenir les initiatives du secteur privé.  Les TIC ne sont pas une panacée pour tous les problèmes, mais elles peuvent contribuer à l’instauration d’un climat propice pour attirer des investisseurs étrangers, car elles offrent des avantages sérieux en matière de croissance et de développement économique.  Elles peuvent aussi être un promoteur de la démocratie dans le sens où elles peuvent rapprocher les structures locales du pouvoir central, mais aussi contribuer à surveiller le travail des élus.  Concernant l’Afrique, le représentant a regretté que seuls 4 millions d’Africains soient connectés à Internet (dont 2,5 millions dans la seule Afrique du Sud), car seulement 17 pays africains disposent de l’accès Internet dans les grandes villes.  Il a appelé les Nations Unies à corriger ces déséquilibres et à soutenir les pays pour élaborer leur propre stratégie nationale en s’inspirant de ce qui s’est fait ailleurs, car le secteur privé ne peut répondre à lui seul aux problèmes d’infrastructures. Cela passe par l’encouragement de l’investissement étranger, de la réduction du fardeau de la dette et un meilleur accès aux marchés.  Il faut que les Nations Unies accompagnent les plus marginalisés dans leurs efforts et coordonnent les activités de toutes les institutions spécialisées et de toutes les organisations internationales compétentes.  Dans ce contexte, le représentant s’est félicité de la mise ne place en novembre dernier du Groupe d’études des Nations Unies sur les TIC et a fait part des grands espoirs qu’il forme à l’endroit du futur Sommet mondial sur la société de l’information pour formuler des stratégies et un plan d’action répondant aux besoins des pays en développement.

M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURRY (Bangladesh) a déclaré que sans une initiative immédiate pour combler le fossé numérique les pays en développement seront de plus en plus marginalisés.  Car les avancées révolutionnaires en matière de technologies de l’information ont transformé les réalités économiques et sociales dans le monde.  Afin de pouvoir en bénéficier, chaque pays doit avoir la capacité de les adapter à ses réalités locales et pour se faire nous avons besoin d’un soutien international car les initiatives nationales ne sont pas suffisantes pour ce faire.  Le développement technologique est aujourd’hui une composante essentielle du développement durable dans une économie mondiale fondée sur la connaissance.  Les TIC ont aussi le pouvoir de renforcer la société civile, les institutions démocratique, le pluralisme et par-là rendre les gouvernements plus efficaces, plus transparents et plus responsables.  En ce qui concerne tout particulièrement le Bangladesh, il a cité l’exemple du programme téléphonique «Grameen» qui a permis à plus de 10 000 villages ruraux et 15 millions d’habitants d’avoir accès à un téléphone avec tout ce que cela entraîne en terme d’accès à l’information, aux prix des marchés, aux services de santé et à des opportunités professionnelles.  Il a également déclaré que le Bangladesh a formulé un cadre de développement de ces nouvelles technologies pour répondre aux besoins locaux, mais que l’aide de donateurs et de partenaires internationaux était indispensable pour réussir en ce domaine et notamment pour la mise en place d’infrastructures. 

Dans ce contexte, il s’est félicité des différentes initiatives internationales prises par les Nations Unies, les gouvernements et les institutions multilatérales de développement.  Il a également formé le voeu que le futur Sommet mondial sur la société de l’information saura fédérer toutes les synergies en ce domaine, aux niveaux régional et international, afin de permettre aux pays en développement de saisir toutes les opportunités des nouvelles technologies de l’information et de la communication. 

Mme IRMA LOEMBAN TOBING-KLEIN (Suriname) a reconnu qu’il n’aurait pas été possible pour elle d’exercer correctement ses responsabilités de Représentant sans l’utilisation de e-mail, d’Internet et de vidéoconférences.  Le temps est venu, a-t-elle ajouté, pour ceux qui sont en charge du développement des peuples et des nations de créer dans le monde un système de technologies d’information et de communication qui fournisse l’accès nécessaire, les connaissances et les instruments concernant ces techniques à tout individu, tout pays, petit ou grand, développé ou en développement.  Elle a estimé que les technologies de l’information et de la communication doivent être considérées comme essentielles pour le développement durable des peuples et des sociétés, de même qu’il a été reconnu que l’humanité ne peut se développer sans nourriture, logement, eau potable, éducation, soins médicaux.  Il faudrait y inclure le droit à la technologie de l’information et de la communication.  Reconnaissant l’aide importante apportée par le Programme des Nations Unies pour le développement(PNUD), et rappelant que pas plus de 10% des utilisateurs d’Internet vivent dans les pays en développement, elle a jugé urgent de combler immédiatement le fossé numérique avec des projets dans le domaine des TIC ciblés sur l’éradication de la pauvreté, l’éducation, le renforcement des capacités.  La représentante a estimé prometteuses l’Initiative du PNUD et celle du Groupe d’experts du G-8 pour l’opportunité numérique.  Elle a en outre rappelé le succès dans son pays du Centre de formation informatique pour les plus âgés et a indiqué que le Suriname, a besoin d’aide pour développer un tel projet dans l’ensemble du pays.  Elle a enfin annoncé l’intention de son Gouvernement de participer à la conférence sur les technologies de l’information et de la communication en Uruguay du 17 au 21 juillet prochains.

M. PAKAMILE PONGWANE (Afrique du Sud) a rappelé que les TIC constituaient une priorité du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).  En Afrique du Sud, afin de développer les infrastructures, le Président Mbeki a installé la Commission nationale sur l'information et le développement et le Conseil présidentiel international pour l'information et le développement, a-t-il indiqué.  Au centre de leurs travaux, préside l'idée que les TIC sont des outils importants pour le développement de l'Afrique et pour l'élimination de la pauvreté.  Évoquant les poches technologiques à succès, telles Silicon Valley, Bangalore (Inde) ou Ghazala (Tunisie), il a exposé une expérience sud-africaine par le biais de petites, moyennes et microentreprises et le renforcement des communautés locales: dans les secteurs les moins équipés, ces petites sociétés licenciées fournissent des services de télécommunications, ce qui a permis au cours des dernières années le développement des kiosques et cabines téléphoniques dans des communautés désavantagées.  Un partenariat entre le Gouvernement, le secteur privé et des organisations à but non lucratif a permis la création de Centres communautaires polyvalents dans les zones rurales.  Ainsi, le Conseil sud-africain pour la recherche scientifique dispose-t-il désormais de trois centres dans la province du nord-ouest où il développe le projet «les TIC pour le développement rural».  L'objectif de ce projet est de créer une plate-forme de communication régionale à contenu d'intérêt local, avec des applications dans les domaines de la santé et de l'éducation.  Le représentant a également mentionné le projet Lubisi, projet intégré recourant à un grand nombre de technologies pour créer des infrastructures et des emplois dans 23 villages de la province du Cap oriental.  Quant au plan national, a-t-il ajouté, le Président a donné ordre d'accélérer le développement des TIC à l'Université; de restructurer l'audiovisuel et d'étendre le réseau numérique; de garantir un Internet pour tous et l'attribution d'une adresse e-mail à tout enfant de plus de cinq ans dans un délai de 7 ans.

M. CHUCHAI KASEMSARN (Thaïlande)a déclaré que son pays trouve très instructives les remarques faites hier par le Président du Sénégal et par celui du Groupe des 77 et la Chine.  Les TIC sont indispensables au développement durable, l’acquisition et la maîtrise des connaissances n’étant plus un choix mais une obligation en cette période de mondialisation.  Les TIC sont considérées par notre Gouvernement comme un secteur hautement prioritaire.  Nous mettons en place un cadre de développement décennal des TIC en Thaïlande.  Une des mesures que nous préconisons est la vulgarisation des contenus d’information en langue Thaï.  Chaque pays et chaque population devraient pouvoir trouver des contenus pertinents sur l’Internet répondant à ses besoins spécifiques.  La Thaïlande cherche à mettre le maximum de ressources digitales au service de ses populations, notamment au niveau des communautés rurales.  Une loi est en cours de rédaction qui permettra à notre pays de devenir une société en réseau.  Les TIC ont un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des objectifs du Millénaire.  Le Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande a récemment proposé la création d’un forum de mise en oeuvre des TIC au niveau de la région d’Asie.  Nous apprécions le plan proposé au Sommet du G-8 d’Okinawa sur la question des TIC, et nous espérons que les délibérations que nous tenons aujourd’hui nous aideront à préparer les rencontres mondiales de Genève et de Tunisie sur la société mondiale de l’information.  

M. JOZSEF GYÖRKÖS, Ministre délégué auprès du Ministère de la société de l’information de la Slovénie, a fait remarquer que le défi en matière d’adaptation aux TIC est grand dans une économie marquée par une période de transition et des difficultés liées aux objectifs à atteindre dans le cadre du processus d’intégration européen.  Il a proposé que l’expérience acquise par l’adoption du programme «Culture de la société de l’information» pour les pays candidats à l’Union européenne soit partagée avec les autres pays dans le besoin.  Il a fait référence à la récente Conférence ministérielle européenne qui a eu lieu sur les TIC à Ljubljana et qui a montré des différences entre les différents candidats à l’Union et mis en évidence la palette de possibilités en ce domaine.  Les forces du marché et du secteur privé sont fondamentales, mais pas suffisantes et la participation de la société civile est indispensable.  Les TIC représentent à la fois un stimulant de l’économie, mais présente également un risque de voir le fossé numérique s’accroître.  Dans ce contexte, le Ministre a présenté comme essentiel le rôle des gouvernements et des bailleurs de fonds pour contribuer à la réalisation de stratégies nationales de participation et d’inclusion, et permettre au plus grand nombre d’avoir accès à ces technologies.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso), a tout d'abord rappelé que dans les pays en développement et en Afrique notamment, l'informatique demeure un luxe réservé aux seuls nantis.  Comment faire, s'est-il demandé, pour qu'un pays comme le sien et, avec lui, tous les «laissés pour compte» bénéficient des retombées positives des technologies nouvelles et pour ainsi réduire l'écart sans cesse croissant avec les pays développés.  Ces pays doivent certes mettre en place les politiques favorisant l'innovation, le développement des compétences, et l'accès aux TIC.  Mais il faut également des initiatives internationales, une utilisation équitable des règles mondiales du commerce international et des droits de la propriété intellectuelle, a estimé le représentant.  Pour M. Kafando, la communauté internationale devra redoubler d'efforts afin d'améliorer l'insertion des pays les moins avancés dans les réseaux mondiaux de l'information, à travers des projets novateurs et intégrateurs, notamment dans les domaines suivants: modernisation de l'administration par la généralisation de l'usage de la bureautique; appui à l'éducation et à la recherche par la création de points d'accès à Internet; formation des techniciens, des producteurs et des utilisateurs.  Tous ces projets devant être soutenus, a-t-il insisté, par une infrastructure de télécommunications nationale adéquate.  A cet égard, le délégué a expliqué que le Burkina Faso avait élaboré en 1999 un Plan de développement de ses infrastructures nationales d'information et de communications pour la période 2000-2004.  Le pays s'est également doté d'une connexion Internet permettant de relier les ministères entre eux et dispose de plusieurs sites Internet privés et publics.

M. RON ADAM (Israël) a déclaré qu’Israël est fier de participer à cette réunion sur la question des TIC, dont la révolution a transformé le monde.  Il est désormais nécessaire de les mettre au service de toute l’humanité.  Il ne faut pas oublier d’autre part que pour la plupart des habitants de la planète, la possession d’une ligne téléphonique reste encore un luxe réservé à 10% d’entre eux, et est une rareté notamment en Afrique au sud du Sahara, où seulement 0,5% de la population y a accès.  La possession d’ordinateurs personnels est quant à elle une question encore plus délicate à discuter, la plupart des régions du monde disposant de moins de 15 ordinateurs pour 1 000 habitants.  Trop de personnes n’ont donc pas accès aux outils fondamentaux de l’information et de la communication.  Israël estime que la réduction de la fracture numérique est indispensable si l’on veut surmonter  les disparités économiques et sociales.  Cependant, même en Israël, ces disparités existent entre groupes.  C’est pourquoi notre gouvernement a lancé le programme «Un ordinateur pour chaque enfant», qui se révèle couronné de succès grâce aux partenariats publics et privés qui le financent.  Un autre projet, dénommé «Lehava», «flamme» en hébreu, vise à réduire l’écart entre les groupes à l’intérieur d’Israël.  C’est un programme de création de centres communautaires d’accès à l’Internet et au service à haut débit.

M. JEAN DE RUYT (Belgique) a estimé que le principal défi commun à relever est de mettre les technologies de l’information et de la communication (TIC) au service du développement durable.  Nous pouvons et devons en exploiter le potentiel comme outil de transformation de nos sociétés, a-t-il poursuivi, car elles peuvent jouer un rôle de catalyseur de la croissance économique.  En termes de développement, les TIC peuvent être exploitées comme un instrument de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté.  L’enseignement à distance permet de toucher à faible coût des publics autrefois hors de portée.  En multipliant les points d’accès communautaires à Internet, il est possible de désenclaver des communautés coupées du monde extérieur.  Les nouvelles technologies devraient également être un outil de bonne gouvernance.  En effet, une stratégie dynamique d’e-gouvernement peut profondément transformer la gestion des affaires publiques.  A cet égard, le Gouvernement belge a fait de la simplification administrative une de ses priorités qui passe notamment par la mise à disposition de formulaires en ligne.  Les technologies nouvelles sont aussi un outil de protection de l’environnement.  Elles contribuent à accélérer la transition vers une société moins polluante et moins dévoreuse de ressources, plus axée sur les services et moins sur la production industrielle.  M. De Ruyt a ajouté que les gouvernements doivent créer et développer un espace de liberté et de stabilité politique, économique et juridique qui permettent aux entreprises et aux citoyens du monde entier de tirer pleinement profit du potentiel des technologies nouvelles.  L’éducation de base est en outre une condition de base fondamentale.  Les gouvernements devraient aussi libéraliser sans tarder les marchés des télécommunications afin de baisser les coûts d’accès à Internet.  Au niveau multilatéral, nous devons collaborer davantage en ce qui concerne par exemple les questions de droits d’auteur, la sécurité informatique, les normes de commerce électronique, les questions juridictionnelles et fiscales et la lutte contre la délinquance informatique.  Enfin, il faut intégrer la dimension technologique dans les stratégies de développement.

M. GINTS JEGERMANIS (Lettonie) a déclaré que les technologies de l’information et de la communication ont contribué à développer la croissance économique de la Lettonie ces dernières années, grâce au partenariat avec le secteur privé et à l’adoption d’une législation adéquate, notamment en matière de commerce électronique.  Il a évoqué les difficultés que rencontre la plupart de la population mondiale pour avoir accès à ces avantages.  Dans ce contexte, il a exhorté les Nations Unies à traiter cette question en précisant que la responsabilité essentielle incombe aux pays eux-mêmes.  Il s’est félicité de la tenue en 2003 et 2005 du Sommet mondial sur la société de l’information, qu’il a défini comme un évènement de la plus haute importance pour combler la fracture numérique et permettre aux pays en développement de profiter de toutes les possibilités offertes par les TIC.  A cet égard, il a formé le voeu que toutes les parties concernées, le secteur privé comme les organisations non gouvernementales, soient associées à cette démarche dès le processus préparatoire.  Les TIC, a-t-il conclu, sont un instrument de progrès économique et culturel que la communauté internationale doit saisir afin d’atteindre les objectifs de la Déclaration du Millénaire. 

M. PIER BENEDETTO FRANCESE (Italie) a déclaré que les TIC sont une force motrice du 21ème siècle et un instrument irremplaçable de croissance de l’économie mondiale et de démocratisation de la vie publique.  Les TIC peuvent devenir un instrument de promotion de la paix et de la sécurité au niveau mondial.  Notre gouvernement estime que chaque pays doit avoir accès à l’information et qu’il est indispensable de mettre en place une stratégie cohérente de réduction de la fracture numérique.  Les TIC sont une occasion à ne pas manquer pour tous ceux qui veulent s’intégrer dans la nouvelle économie mondialisée.  Il faudrait réduire l’écart entre le monde développé et le monde en développement.  Nous pensons qu’une gouvernance mondiale devrait être élaborée sur la question des TIC et nous soutenons ces technologies comme l’outil par excellence de la promotion de la démocratie et de l’état de droit.  Lors de la Conférence de Palerme, des idées ont été avancées en matière de gouvernance électronique qui pourrait être mises à la disposition des pays en développement.  Concernant la création de partenariats, notre pays collabore avec un certain nombre de pays, dont l’Albanie, et la Tunisie, pour les aider à atteindre des objectifs durables en matière de TIC.

M. MWELWA MUSAMBACHIME (Zambie) s'est félicité de l'existence du Groupe d'études sur les TICS, rappelant que pour le Secrétaire général, ce Groupe devait à la fois définir les cibles et objectifs ainsi que leur calendrier et lancer des campagnes pour mobiliser les gouvernements, le secteur privé, les ONG et les communautés universitaires et locales.  Pour lui, le Groupe d'études doit travailler sur le long terme tout en visant des résultats tangibles et visibles à court terme.  Il a dit partager le point de vue des responsables de ce Groupe selon lesquels les TIC étaient devenues l'un des éléments clefs du développement en Afrique et, pour lui, afin de relever les défis que cela suppose, il faut bâtir de solides partenariats et des mécanismes de partage de l'informations.  L'Afrique doit pouvoir compter sur une volonté politique au plus haut niveau pour défendre toutes ses chances dans ce domaine.  Malgré leurs limites, de nombreux pays africains ont déjà embrassé les nouvelles technologies, a poursuivi le représentant.  Dans certains cas, l'Internet est devenu assez bon marché pour permettre la transmission et l'échange de données importantes, sert dans l'éducation à distance, mais aussi aux agriculteurs ou aux médecins qui y puisent des informations et des conseils.  Chaque semaine, de nouvelles communautés et régions se connectent et ces projets doivent être soutenus et reproduits avec l'aide nationale et internationale.  A cet égard, le représentant a rendu hommage aux Nations Unies pour avoir introduit un programme visant à promouvoir la technologie numérique en Afrique sub-saharienne et à combler ainsi le fossé numérique.  Mais les gouvernements ont aussi un rôle crucial à jouer avec des politiques qui feront la différence, en définissant une stratégie avec les acteurs clefs. 

M. V.K. NAMBIAR (Inde) a déclaré que cette réunion spéciale était d’une grande importance pour les pays en développement qui attendent beaucoup des TIC pour lutter contre la pauvreté et élever leur niveau de vie.  Ces technologies en effet ouvrent de nouvelles perspectives de croissance et de développement et peuvent permettre à des millions de personnes d’avoir accès à de plus grands avantages.  Les progrès rapides dans le domaine des TIC nous montrent la possibilité de sauter des étapes pour parvenir au développement.  Dans ce domaine, les Nations Unies ont un rôle crucial à jouer pour promouvoir les TIC au service du développement et forger un consensus au niveau mondial.  En Inde, l’industrie des TIC a enregistré une croissance annuelle cumulée de plus de 42% ces cinq dernières années et les exportations en ce domaine se sont chiffrées à plus de 6,2 milliards de dollars l’année dernière; l’industrie de l’information en Inde rapporte 400 millions de dollars de bénéfices annuels.  Il y a encore des limites à l’accès aux connaissances et nous estimons qu’il est nécessaire de développer les ressources humaines, notamment par le biais du système d’éducation afin de dépasser les limites actuelles.  Les transformations techniques ont permis d’augmenter les rendements de l’école secondaire et supérieure.  Grâce à ces compétences nouvelles nous pourrons attirer l’investissement étranger et ainsi contribuer à lutter contre la pauvreté.  Ce qui est important, a ajouté le représentant, ce n’est pas seulement d’acquérir les techniques mais de les assimiler et de les adapter aux conditions locales.  En conclusion, il a appelé les dirigeants du monde à tout entreprendre afin de combler le fossé numérique et répondre à l’attente des pauvres des pays en développement.

M. RAMEZ Z. GOUSSOUS (Jordanie) a souscrit à la déclaration du Groupe des 77 et la Chine, et a déclaré que son pays estimait que les TIC sont un outil indispensable à la promotion d’un développement durable.  Les pays en développement font malheureusement face à une pénurie de moyens financiers et techniques qui menace d’aggraver le fossé numérique existant entre les pays développés et les pays du Sud.  Sous la direction du Roi Abdallah, la Jordanie a introduit l’enseignement de l’informatique dans ses programmes scolaires et universitaires, et a décidé de faciliter l’accès à l’Internet à travers le Royaume.  Notre pays veut adopter des stratégies à prix coûtants en vue de renforcer sa coopération avec des partenaires internationaux dans les domaines de l’éducation et du développement des ressources humaines.  La Jordanie a été choisie comme siège des travaux à mener dans les pays arabes pour trouver une réponse aux questions posées par le fossé numérique.

M. MOCHAMAD SLAMET HIDAYAT (Indonésie) a estimé que les technologies de l’information et de la communication posent des défis majeurs et présentent des risques.  Nous sommes encore loin d’une ligne d’action qui garantisse un partage des bénéfices de ces technologies pour tous, a-t-il indiqué.  Tout en reconnaissant l’importance des forces du marché et du rôle du secteur privé, il a estimé qu’elles ne suffisent pas pour combler le fossé numérique et promouvoir les opportunités offertes par les TIC.  Il s’est dit convaincu que des actions concertées aux niveaux national, régional, et international sont impératives.  Il a ajouté que les ressources financières visant à promouvoir les technologies de l’information et de la communication au service du développement sont restées insuffisantes au regard de l’ampleur de la tâche et a indiqué que cette tendance a été aggravée par l’impact de la mondialisation rapide.  Il faut trouver les moyens de transformer les promesses faites à Monterrey par les pays donateurs en mesures efficaces afin de mettre en oeuvre les Objectifs de développement du Millénaire.  Il faut que les technologies de l’information et de la communication pénètrent tous les secteurs de la société et profitent à tous les pays en développement.  Au cours de ces dernières années, a poursuivi le représentant, le Gouvernement indonésien a pris un certain nombre d’initiatives dans le cadre de sa politique relative à ces technologies afin de promouvoir le rôle de chef de file de l’électronique en Indonésie et de réformer le secteur des télécommunications.  En outre, le Gouvernement a élaboré un plan de route pour la mise en place du e-gouvernement.  Parmi les étapes de ce plan de route figurent notamment l’obtention d’avantages socioéconomiques pour les citoyens tels que la réduction de la corruption, une transparence accrue, une augmentation des revenus et/ou une baisse des coûts ou encore le fait de combler le fossé numérique qui existe dans le pays ou l’amélioration de la compétitivité du pays dans l’économie globale.

M. LUIS ALFONSO ALBA (Mexique) a déclaré que le Mexique est pour l’ouverture d’une discussion sur un plan d’action sur la question des TIC qui tiendrait compte des carences qui affectent les pays en développement en matière de technologies.  Les TIC ne sont plus une option, mais un impératif pour toutes les nations.  Il faut donc forger des consensus et concevoir des outils pour réduire la fracture numérique qui s’est créée entre le Nord et le Sud.  Le Mexique veut promouvoir une société interconnectée au sein de laquelle tout Mexicain vit sur un pied d’égalité avec ses compatriotes et les autres citoyens du monde.  C’est une idée du Président Vicente Fox de créer ce modèle de société, qui s’intégrerait dans la société mondiale de l’information.  Il est prévu de couvrir 10 000 communautés mexicaines d’ici à l’an 2006 à travers ce programme fondé  sur le développement des télécommunications.  Dénommé «Système national e-Mexique», ce programme sera,

à la fin de l’actuel mandat du Président Fox, la base d’intégration du Mexique au reste du monde numérique.  Au niveau régional, nous nous sommes engagés dans des initiatives au sein du Groupe de Rio et du Plan de Quito, lancé par les pays d’Amérique centrale et du Sud.  Nous sommes convaincus que le Sommet mondial sur la société de l’information nous donnera les moyens d’avancer vers une société moderne et interconnectée.

M. HATEM BEN SALEM (Tunisie) s’est félicité que cette réunion aborde, outre la mise en valeur des possibilités offertes par les techniques numériques dans la nouvelle société de l’information, le problème du fossé numérique dans le contexte de la mondialisation et du processus de développement.  Il a également déclaré que chacun s’accorde à reconnaître aujourd’hui le rôle crucial des TIC à contribuer à stimuler la croissance, à promouvoir le développement et à atténuer la pauvreté.  Il a présenté l’initiative en quatre axes de la Tunisie pour réduire la fracture numérique à savoir: la consolidation et la modernisation de l’infrastructure, l’aménagement d’un environnement réglementaire du secteur des TIC en rendant possible la libéralisation sectorielle, le développement des ressources humaines tant au niveau de la formation que par la mise en oeuvre d’espaces de production pour les TIC et enfin la définition d’une nouvelle vision de la coopération et du partenariat à l’échelle régionale et internationale.  La Tunisie, a-t-il ajouté, a accepté d’organiser la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information en 2005, car elle demeure convaincue que ce Sommet permettra de développer des schémas de coopération de nature à réduire l’écart numérique  et de transformer cet écart en opportunité pour les pays en développement.  L’Organisation des Nations Unies, en raison de son caractère universel et représentatif, occupe une position privilégiée pour conférer une dimension universelle aux efforts visant à combler le fossé numérique, à exploiter les possibilités offertes par les TIC et à les mettre au service du développement pour tous, pour en faire un vecteur d’élimination de la pauvreté à l’échelle mondiale. 

M. TURNER T. ISOUN, Ministre de la science et de la technologie du Nigeria, a souligné que les technologies de l’information et des communications (TIC) offrent des chances sans précédent en terme d’échanges culturels et de développement dans les domaines social, économique et politique.  Toutefois, le continent africain demeure en marge de cette révolution en raison du manque de ressources humaines, de l’absence d’infrastructures, des catastrophes naturelles, des guerres et de bien d’autres facteurs négatifs encore.  Le Ministre a réaffirmé l’importance des objectifs du Nouvel Ordre du jour des Nations Unies pour le développement de l’Afrique dans les années 90 (NADAF) notamment concernant les questions relatives à l’éradication de la pauvreté et à la lutte contre la pandémie du VIH/sida.  Toutefois, il a mentionné les conclusions récemment publiées du Groupe d’experts sur le NADAF qui ont fait état d’une détérioration, au cours de la dernière décennie, des indicateurs du développement humain en Afrique et les a mis en parallèle avec la faible couverture du continent en lignes téléphoniques.  Le Ministre a déclaré cependant que son Gouvernement avait pour objectif d’inverser la tendance actuelle et qu’il avait déclaré prioritaire la question du développement des TIC.  A cette fin, le Nigeria, qui compte plus de 120 millions d’habitants et qui constitue un marché potentiel pour les grands groupes internationaux, a décidé, entre autres, de libéraliser et de déréguler le secteur des communications, d’accorder des licences à trois opérateurs de téléphonie mobile.  Le Ministre a également mentionné des initiatives innovantes telles qu’une université d’enseignement à distance, des bibliothèques virtuelles,

des centres ruraux de communications ou des centres de télémédecine.  Rappelant que le Nigéria avait créé en 2001 une agence chargée de la mise en oeuvre de la stratégie nationale pour les TIC, M. Isoun a salué les initiatives prises au sein du G-8, au sein des Nations Unies ainsi qu’en appui au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) pour contribuer au développement par le biais des TIC.  Le Ministre a exhorté ses pairs africains à travailler ensemble à la mise en oeuvre de réglementations et de cadres juridiques afin d’assurer la transparence et le respect de la règle de droit, notamment dans les partenariats entre secteurs public et privé. 

M. AZAEL BARRERA (Panama) a déclaré qu’au fur et à mesure que les TIC se développent, les écarts se creusent entre pays riches et pauvres, ces derniers consacrant leurs ressources déjà réduites au remboursement de la dette publique qui grève leurs budgets.  Concernant les TIC, Panama a fait un certain nombre d’efforts pour créer des centres communautaires où les populations n’ayant pas les moyens d’avoir des ordinateurs peuvent cependant bénéficier des fruits de cette technologie.  Nous faisons tout pour connecter les écoles et les centres de recherche à l’Internet, avec l’appui du secteur privé.  Un grand nombre des alliances que nous avons nouées avec des entreprises privées l’ont été sans y inclure de contrat d’exclusivité.  Lieu de passage maritime entre les océans Pacifique et Atlantique, Panama a la chance de se trouver au croisement de plusieurs câbles de communication sous-marins qui facilitent la mise en oeuvre des projets.  Nous avons proposé la création d’un centre régional d’éducation à distance pour la zone panaméricaine.  Un réseau connectant toutes les bibliothèques en ligne des Amériques en ferait partie.  Sachant que les technologies évoluent rapidement dans les pays du Nord, nous lançons un appel aux entreprises et aux communautés pour qu’elles mettent à la disposition des populations qui en ont besoin au Sud, les équipements et ordinateurs jugés obsolètes dans les pays riches, mais qui pourraient servir dans les écoles du Sud.

M. LUIZ TUPY CALDAS DE MOURA (Brésil) a déclaré que les technologies de l’information et de la communication étaient un outil déterminant pour la croissance et le développement économique car elles génèrent de nouvelles opportunités et permettent aux pays en développement de brûler certaines étapes du processus de développement.  D’ici 2005 le monde connaîtra plus de 700 millions d’internautes et le e-commerce représentera plus de 600 milliards de dollars.  L’impact économique des TIC a des conséquences dans différents domaines comme la l’administration, la santé, la réduction de la pauvreté et la culture.  Il est regrettable que ces opportunités ne soient pas mises à la disposition du plus grand nombre et que 4 usagers d’Internet sur 5 vivent dans les pays développés.  Les investissements dans les infrastructures ne peuvent être obtenus que grâce à une combinaison d’aides internationales et de stratégies nationales.  C’est pourquoi, le représentant s’est félicité de la pertinence de cette réunion spéciale qui a pour objectif de répondre aux attentes des pays en développement en ce domaine.  Le Gouvernement brésilien a lancé des initiatives en matière de promotion des TIC dans l’administration.  Depuis 1995, toutes les universités du Brésil ont été connectées.  Aujourd’hui, le Brésil compte 600 000 noms de domaines et plus de 7 millions de connectés grâce à 300 000 hôtes, ce qui place le Brésil au 13ème rang mondial en terme de nombre d’hôtes.  En conclusion, le représentant a estimé que seule une coopération entre toutes les parties concernées pourra réduire la fracture numérique et faire en sorte que ce potentiel offert par les TIC se transforme en une réalité bénéfique pour les pays en développement. 

M. ORLANDO REQUEIJO GUAL (Cuba) a estimé que les asymétries et déséquilibres de la mondialisation sont sources de pauvreté et d’illettrisme dans les pays du Sud.  62% des lignes téléphoniques se trouvent dans 23 pays riches qui comptent moins de 20% de la population du globe.  Ce chiffre et bien d’autres sont inquiétants.  Les pays du Sud ne disposent pas des infrastructures et des ressources humaines qui pourraient leur permettre de réduire la fracture numérique.  2 milliards de personnes dans le monde n’arrivent même pas à se soigner.  Alors que leurs populations meurent de faim et d’analphabétisme, les pays en développement consacrent une part énorme de leur budget au remboursement d’une dette injuste.  Cela doit changer.  La communauté internationale doit mettre en place une collaboration efficace entre tous les acteurs internationaux en vue de mettre les TIC, à des conditions préférentielles, au service des pays en développement.  Malgré l’embargo dont il est victime depuis quatre décennies, Cuba pour sa part a pu s’équiper d’outils informatiques et les a mis à la disposition de ses jeunes et de sa population.  Notre pays se félicite de la prochaine tenue du Sommet mondial de la société de l’information, et nous espérons qu’en sortiront des décisions qui permettront aux pays pauvres d’échapper à leur marginalisation.

Mgr. JOHN FOLEY, Président du Conseil pontifical pour les communications sociales du Saint-Siège, a mentionné une réflexion du Pape Jean-Paul II sur les moyens de communications, dans laquelle il estimait que la «question essentielle» était de savoir si les progrès technologiques rendaient chaque personne «vraiment meilleure»; spirituellement plus mûre, plus ouverte et plus responsable.  A cet égard, Mgr. Foley a espéré que trois fondements moraux puissent gouverner la communication: l'importance de la vérité, la dignité de la personne humaine et la promotion du bien commun.  Ils forment la base des Études sur l'éthique des TIC publiées au cours des cinq dernières années par le Conseil Pontifical.  Étendre les services de télécommunications de base à l'ensemble de la population des pays en développement est une question de justice, a-t-il poursuivi.  Mais la réalité est différente et rend futile tout débat sur l'introduction de nouvelles technologies, selon lui.  Les TIC accélèrent et sous-tendent le processus de mondialisation, libèrent le commerce et les échanges des entraves frontalières.  Ceci peut créer de la richesse et promouvoir le développement, a-t-il souligné en déplorant dans le même temps une répartition inégale des bénéfices.  Tout en reconnaissant que la mondialisation s’accompagne d’effets positifs et négatifs, il a donné raison aux voix critiques qui dénoncent le fait que les nouvelles technologies ont creusé le fossé numérique entre pays en développement et pays développés.  Le transfert de technologie, selon lui, n'est pas qu'une question d'équipement mais requiert aussi la nécessaire diffusion de l'information et de la formation.  Aussi le Saint-Siège pense-t-il que le développement doit être compris non seulement en termes économiques mais aussi afin de renforcer la dignité et la créativité de chacun.

M. ROGER DEHAYBE, Administrateur général de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, a déclaré qu'il est clair que ceux qui entrent le plus rapidement dans cette société de l'information voient croître leurs chances d'en façonner la signification sociale et les spécificités.  L'enjeu est donc fondamental, a ajouté le représentant qui a mentionné la tenue en 2003 à Genève et en 2005 à Tunis du Sommet mondial sur la société de l'information.  Les pays les moins avancés sont quasiment absents des statistiques sur les mouvements de données numériques.  Le fossé numérique est bien moins une question technologique qu'une question sociale.  L'inégalité face aux possibilités d'accéder à l'information, de contribuer à son élaboration, d'accéder à la connaissance et aux réseaux ainsi que de bénéficier des capacités de développement offertes par les technologies ne fait qu'amplifier l'exclusion sociale et économique.  Par ailleurs, l'accès insuffisant des pays les plus pauvres aux technologies de l'information risque d'aggraver leur marginalisation.  Les orientations stratégiques du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique doit à cet égard faire l'objet d'un consensus international fort.  Il est nécessaire d'engager, sans plus tarder des actions permettant la synergie et le partage d'expériences.  Par ses actions de coopération, la francophonie vise notamment à appuyer la mise en place de plans stratégiques nationaux et régionaux dans les pays les moins avancés; de favoriser la participation concertée francophone aux débats internationaux sur les technologies de l'information et animer des réseaux spécialisés; d'organiser des rencontres régionales sur les thématiques relatives aux enjeux stratégiques; de mettre en place des espaces collectifs d'accès à Internet; d’appuyer le développement de communautés francophones autour de logiciels libres et de renforcer l'échange et le partage d'information. 

M. MARC FURRER (Observateur de la Suisse) a formulé l’espoir que le futur Sommet mondial sur la société de l’information permette d’identifier la façon dont les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent contribuer concrètement au règlement de fléaux tels que la faim dans le monde, l’analphabétisme et le terrorisme.  Par le biais de l’utilisation des TIC, les fossés entre les riches et les pauvres, la ville et la campagne, les vieux et les jeunes, les femmes et les hommes, le Nord et le Sud peuvent être réduits.  Il est cependant regrettable qu’au lieu de créer des connections, les TIC créent de nouvelles divisions et le succès du Sommet mondial de la société de l’information dépendra de l’effort coordonné de tous les acteurs.  Il est par conséquent indispensable d’intensifier la coopération internationale à tous les niveaux.  Cependant, les gouvernements et les organisations internationales ne pourront pas remplir leurs objectifs sans la participation active des dirigeants du secteur privé et de la société civile.  Le Sommet mondial de l’année ne doit pas chercher des remèdes universels mais plutôt des solutions adaptées à chaque situation particulière.  Il devra également être l’occasion de promouvoir la diversité culturelle, la protection de la propriété intellectuelle, la prévention des usages illicites d’Internet, la sécurité et la protection des consommateurs.  Cependant, a conclu le représentant, des aspects tels que la liberté de l’information, le pluralisme, la transparence et le respect des droits de l’homme sont également à prendre en compte et les TIC doivent être un moyen de promouvoir ces valeurs démocratiques. 

Le Président de la deuxième Table ronde, M. JEAN DAVID LEVITTE (France), Vice-Président de l’Assemblée générale, présentant la Table ronde sur le rôle des Nations Unies pour promouvoir les possibilités offertes par les techniques numériques, en particulier en Afrique et dans les pays les moins avancés, a rappelé que les participants venaient du monde de l’entreprise.  Ils nous ont fait part de leurs expériences vécues en Afrique grâce auxquelles nous avons pu faire les constats suivants, a précisé le représentant.  Oui, les TIC peuvent et doivent être mises au service du développement.  La mobilisation du Système des Nations Unies est aujourd’hui réelle et les orateurs ont souligné que c’était aussi le cas à travers les institutions spécialisées présentes sur le terrain.  Le premier rôle du Système des Nations Unies est de veiller à ce que des règles équitables soient instaurées et respectées au niveau mondial afin que les pays les moins avancés ne soient pas pénalisés.  Ce qui nous a frappé, en écoutant les différents participants à la Table ronde, est que pour eux l’Afrique et les pays les moins avancés (PMA) ne sont pas un objet de compassion mais des marchés naissant dans lesquels ils sont prêts à investir pour gagner de l’argent.  La question se pose alors de savoir comment créer les conditions qui encouragent les investissements privés: la réponse a été la création de partenariats entre le secteur privé, la société civile, les Nations Unies et les gouvernements et tous les partenaires concernés.  Pour mettre en place ces partenariats, les mots clefs sont: diversité des solutions, flexibilité et souplesse dans la mise en oeuvre, pragmatisme et imagination. 

La première de tâches est de faire rentrer les TIC dans les écoles, mais aussi de former les formateurs afin d’obtenir une jeune génération branchée et ouverte sur la nouvelle société de l’information.  Il a également été souligné que la bonne gouvernance peut faire de grands progrès grâce à l’installation des TIC, et cela est vrai pour les administrations.  Le secteur de la santé peut progresser également de façon très rapide grâce à l’introduction des TIC.  Un seul obstacle demeure, c’est l’obstacle financier, car le coût de la connexion en Afrique est 12 à 20 fois supérieur à ce qu’il est pour les Etats-Unis et l’Europe.  Le principal objectif est donc de réduire ce coût.  Cela passe, tout d’abord, par la dérégulation pour ouvrir au secteur privé les investissements dans les infrastructures, puis de promouvoir une coopération entre le Système des Nations Unies et les Institutions de Bretton Woods, car il faudra toujours une aide publique dans ce domaine.  Le représentant a également fait remarquer que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les Nations Unies étaient mobilisés investissant déjà des milliards de dollars chaque année.

Le Président de la première Table ronde, M. ABDUL MEJID HUSSEIN (Ethiopie), a dit que les participants à cette Table ronde ont discuté de la manière dont les TIC pouvaient soutenir la réalisation des partenariats nécessaires à la mise en oeuvre des objectifs de développement du Millénaire.  Nous avons vu et entendu une présentation vidéo du Secrétaire général, qui a dit que «l’âge de l’information en est à son aube et ne touche pas encore tous les habitants de la planète».  Les participants ont estimé que les questions clefs ne concernaient pas seulement les aspects techniques liés à la question des TIC, mais aussi les aspects touchant aux infrastructures, à la législation et aux politiques nationales.  Comment concilier le besoin d’équiper les pays pauvres du Sud tout en satisfaisant le besoin de rendement financier du secteur privé?  La gouvernance électronique a été appréciée comme un outil qui pourrait aider les pays en développement, et les TIC ont été jugées comme un outil favorable à la promotion de politiques respectueuses de la sexospécificité. 

La Table ronde a estimé que des partenariats multipartites sont nécessaires à la résolution de la fracture numérique, et que des actions philanthropiques pourraient soutenir la mise en oeuvre des TIC dans les pays en développement.  Les TIC pourraient être profitables à tous si les sociétés privées comprennent que l’équipement des pays du Sud se feraient à leur profit en assurant de nouveaux marchés à long terme.  Les TIC ne sont pas un thème qui devrait discuté sur le ton de la charité, mais sous une optique de marché.  Il n’y a pas une seule fracture numérique, mais plusieurs fractures qui existent entre pays riches et pays pauvres, et entre classes sociales à l’intérieur de ces groupes de pays.  Les TIC en elles-mêmes ne sont pas synonymes de développement assuré.  Elles doivent être intégrées dans un schéma plus vaste.  Pour conclure, les gouvernements disent que les TIC sont une nécessité et non plus un luxe. Les Etats doivent encourager les efforts du privé et de la société civile.  Le leadership politique est crucial sur cette question.  Un partenariat croissant entre les Nations Unies et la société civile a été fortement recommandé. 

Intervenant après M. Hussein, M. FAWZI BIN ABDUL MAJEED SHOBOKSHI (Arabie saoudite) a fait, au nom du Président de la 56ème session de l’Assemblée générale, un résumé de la réunion sur les TIC.  Il a dit que le grand nombre de participants témoignaient de l’importance du thème débattu.  Les travaux accomplis par le Groupe d’études des Nations Unies sur les TIC visent à donner à tous les pays des opportunités numériques en vue de réduire la fracture Nord-Sud.  Un consensus a émergé sur la promotion de la croissance durable, de la lutte contre la pauvreté; sur la promotion de l’égalité des sexes; sur la lutte contre le VIH/sida, la malaria et la tuberculose.  La fracture numérique menace d’élargir encore plus le fossé entre riches et pauvres.  L’ONU et les organisations internationales sont reconnues comme des catalyseurs pouvant aider à mettre les TIC au service du développement.  L’Assemblée est reconnue comme tribune pouvant mettre au point une réaction conjuguée de la communauté internationale favorable à la réalisation des objectifs du Millénaire.  La réunion a insisté sur la nécessité de partenariats pour favoriser le développement des TIC.  Le secteur privé a un rôle essentiel à y jouer.  Comme l’a dit le Secrétaire général, toutes les parties doivent apporter ce dont elles sont capables pour atteindre l’objectif final.  La coopération Nord-Sud est indispensable à la réduction de la fracture numérique, mais la coopération Sud-sud ne doit pas être négligée.  Les TIC sont devenus une des priorités essentielles du NEPAD comme l’a dit le Président du Sénégal, et cet objectif doit être soutenu.   

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