"UN LOGEMENT CONVENABLE POUR TOUS" THEME CENTRAL DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE CONSACRÉE A L'EXAMEN ET L'EVALUATION DE L'APPLICATION DU PROGRAMME POUR L'HABITAT

4 juin 2001
HAB/171

"UN LOGEMENT CONVENABLE POUR TOUS" THEME CENTRAL DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE CONSACRÉE A L'EXAMEN ET L'EVALUATION DE L'APPLICATION DU PROGRAMME POUR L'HABITAT

04/06/2001
Communiqué de presseHAB/171

Communiqué de base

"UN LOGEMENT CONVENABLE POUR TOUS" THEME CENTRAL DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE CONSACRÉE A L'EXAMEN ET L'EVALUATION DE L'APPLICATION DU PROGRAMME POUR L'HABITAT

Afin d'attirer l'attention sur la nécessité d'agir face à la rapidité des changements du monde contemporain, en particulier à la rapidité du rythme de l'exode vers les villes, et afin de réfléchir aux perspectives d'avenir en matière d'urbanisation, l'Assemblée générale tiendra, du 6 au 8 juin 2001, une session extraordinaire consacrée à l'examen et à l'évaluation d'ensemble de la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat dans le monde.  Cinq ans après la Conférence d’Istanbul de 1996 (Habitat II), les Etats Membres et tous ceux qui participent au Programme pour l'habitat, y compris les autorités locales, le secteur privé et les communautés évalueront les résultats qu'ils ont obtenus au moyen d'indicateurs urbains et d'indicateurs du logement comparables et en se référant aux meilleures pratiques établies. 

"Du fait de la mondialisation, le XXIe siècle est le siècle des villes.  Le défi est de trouver une solution pour que les villes deviennent plus vivables pour la majorité de leurs habitants", tel est le constat posé par Mme Anna Tibaijuka, Directrice exécutive du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH-Habitat).  Les villes existent depuis plus de 5 000 ans.  Pourtant, en 1800, seulement 2% de la population mondiale vivaient dans des zones urbaines. 

A l'heure actuelle, la moitié de la population mondiale vit dans des villes dont la population augmente chaque jour de 180 000 personnes.  Sur une population mondiale de 6,1 milliards d'habitants, on estime à 1 milliard le nombre de pauvres et plus de 750 millions d'entre eux vivent dans des zones urbaines sans un logement ni des services de base adéquats.  Dans les pays développés, 75% de la population vit dans les zones urbaines mais, d'ici à 2030, 84% de la population des pays en développement vivra dans les zones urbaines. 

L'Afrique est le continent qui s'urbanise le plus rapidement mais, aujourd'hui, un tiers seulement des habitations dispose d’une source d'eau potable.  Dans la région d’Asie et du Pacifique, à peine 38% des logements urbains sont reliés à un système d'égouts.  En Europe, l'exclusion sociale marginalise de nombreux foyers pauvres et la violence urbaine combinée à une détérioration de l'environnement dans les banlieues sape la cohésion sociale dans de nombreuses communautés.  En Amérique du Nord, les problèmes de ségrégation résidentielle et de discrimination sur le marché immobilier persistent en dépit du récent regain de croissance économique. 

En adoptant le Programme pour l'habitat en 1996, la communauté internationale s'est fixé le double objectif d'assurer un logement convenable pour tous et le développement d'établissements humains écologiquement et socialement durables.  L’Assemblée générale tiendra sa session extraordinaire dans l'esprit des engagements pris par les Etats Membres dans la Déclaration du millénaire en faveur du développement et de l'élimination de la pauvreté, et en particulier celui d'améliorer sensiblement la vie d'au moins 100 millions d'habitants de taudis d'ici à 2020, conformément à l'initiative "Villes sans taudis ni bidonvilles". 

Pendant La session extraordinaire, les gouvernements seront appelés à examiner et à adopter une déclaration concernant l'avenir des villes.  L'un des principaux résultats d'Istanbul+5 sera aussi l'évaluation prospective préparée par les gouvernements et les partenaires.  Ceux-ci fourniront des rapports des progrès réalisés depuis 1995 dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat, notamment en ce qui concerne les changements politiques, les réussites et les échecs ainsi que la contribution de la coopération internationale.  Les Etats Membres des Nations Unies ont été invités à préparer un rapport sur la mise en oeuvre nationale et locale du Programme pour l'habitat incluant les vues des partenaires nationaux.  L'accent est mis sur les questions pertinentes au niveau local grâce à la création de comités nationaux chapeautant des comités locaux crées par les villes et les communautés.  Les outils de suivi et d'évaluation identifiés par Habitat sont les "meilleures pratiques", des initiatives qui contribuent grandement à améliorer la qualité de vie dans nos villes et nos communautés.  Depuis Habitat II, plus de 650 bonnes pratiques ont fait l'objet de rapports diffusés pour favoriser le renforcement de capacités dans le monde.  Les bonnes politiques et les mesures juridiques ont aussi un rôle important à jouer lorsqu'elles sont "facilitatrices, holistiques, durables et socialement inclusives".  Les participants à la session extraordinaire présenteront aussi des exemples de plans d'action nationaux et locaux de mises en oeuvre locales d'Action 21 qui soient participatifs dans la conception et l'exécution, qui aient amélioré la qualité de vie, décentralisé l'autorité et les ressources, qui soient fondés sur des partenariats et qui soient durables. 

Faisant écho au Programme pour l'habitat qui reconnaît qu'il est absolument nécessaire d'améliorer la qualité des établissements humains - qui influe profondément sur la vie quotidienne et le bien-être de leurs peuples - l'idée forte de la session extraordinaire de l'Assemblée générale sera que "chacun a droit à un logement convenable".  Déjà mis en avant en 1996, lors de la Conférence d’Istanbul, cet objectif d'un logement convenable pour tous s'est cependant révélé très difficile à réaliser, ainsi qu'en témoigne l'augmentation du nombre des personnes sans domicile fixe ou vivant dans des logements insalubres.  Au cours de la session extraordinaire, les participants renouvelleront leur réflexion sur les moyens de réussir à "construire un monde nouveau où le développement économique, le développement social et la protection de l'environnement, éléments synergiques et interdépendants de tout développement durable, pourraient devenir réalité grâce la solidarité et la coopération à l'intérieur des pays eux-mêmes et entre pays ainsi qu'à de véritables partenariats à tous les niveaux".  Outre les stratégies en matière de logement et d'élimination de la pauvreté, la session extraordinaire se penchera sur les stratégies en matière de gestion de l'environnement, notamment pour ce qui touche la gestion de l'eau, sur les stratégies de développement économique susceptibles de renforcer les petites entreprises et les

microentreprises et d'encourager les partenariats entre secteur public et secteur privé.  Le thème de la gouvernance occupera également une place importante car, comme le souligne le Programme pour l'habitat, un développement durable ne peut reposer que sur la démocratie, le respect des droits de l'homme et un système où la conduite des affaires publiques et l'administration se caractérisent par la transparence, la représentativité et le respect de l'obligation redditionnelle ainsi que sur une participation effective de la société civile.  L'élargissement de la coopération et des partenariats internationaux sera également examiné.

La Conférence d'Istanbul s'était distinguée par une vaste participation des représentants d'autorités locales et de la société civile.  S'inspirant de cette expérience, l'Assemblée générale a décidé de créer un Commission thématique qui se réunira lors de la Conférence Istanbul+5, auquel participeront à la fois les Etats Membres et les partenaires du Programme pour l'habitat.  Il permettra d’établir un échange de vues et de présenter des études de cas les plus probantes, dans l'objectif d'orienter "la quête de solutions et du progrès dont bénéficieraient tous les citoyens du monde".  Diverses manifestations parallèles sont également prévues en marge de la session pour sensibiliser l'opinion aux questions qui se posent pendant le nouveau "millénaire urbain".

En 1996, reconnaissant déjà la nécessité de faire face à l'explosion urbaine, la communauté internationale avait tenu la deuxième Conférence mondiale sur les établissements humains à Istanbul.  Le "Sommet de la ville", généralement appelé "Habitat II" avait abouti à l'adoption par 171 gouvernements, à la suite d'un vote, du Programme pour l'habitat et de la Déclaration d'Istanbul.  Habitat, l'organisme du système des Nations Unies chargé de coordonner les activités dans le domaine des établissements humains depuis 1978, a axé ses activités sur la sensibilisation et les approches fondées sur les droits.  Ses activités se déroulent essentiellement au niveau local et c'est avec les pouvoirs publics mais aussi avec des représentants des pauvres des zones urbaines que cet organisme s'efforce d'encourager l'adoption de politiques de logement et de sécurité d'occupation en faveur des pauvres, d'encourager une gouvernance urbaine transparente, responsable et favorisant l'intégration, de promouvoir le rôle des femmes dans le développement urbain ainsi que d'élaborer et encourager des politiques nationales susceptibles de réduire la pauvreté urbaine. 

Habitat a lancé deux campagnes mondiales, l'une sur la sécurité d'occupation des logements, l'autre sur la gouvernance urbaine.  Cette dernière campagne favorise la création d'une "ville inclusive" dans laquelle chacun, y compris les pauvres, a la possibilité de participer de façon productive et positive aux opportunités que les villes peuvent offrir.  L'un de ses objectifs est d'établir un mécanisme international qui garantisse les droits des autorités locales face au gouvernement central.  Quant à la campagne mondiale pour la sécurité d'occupation, elle a pour objectif principal de se faire la voix de ceux qui vivent dans les quartiers délabrés et les taudis.  Elle affirme le droit à un logement convenable pour tous, femmes ou hommes.  A l'échelle de la planète, il a été démontré que la sécurité d'occupation est l'un des catalyseurs les plus importants de la stabilité des communautés, nécessaire pour permettre aux villes d'attirer les investisseurs privés et commerciaux qui, en retour, facilitent l'accès aux services et améliorent les conditions de vie des pauvres. 

Les informations sur la session extraordinaire sont accessibles sur le site du CNUEH (www.unchs.org) et sur celui qui lui est spécialement consacré (www.istanbul5.org).

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