LES PAYS LES PLUS TOUCHES PAR LE SIDA SONT CEUX QUI SONT LES MOINS EN MESURE DE FAIRE FACE AU COUT DE LA PREVENTION ET DU TRAITEMENT DE LA MALADIE

11 juin 2001
AIDS/18

LES PAYS LES PLUS TOUCHES PAR LE SIDA SONT CEUX QUI SONT LES MOINS EN MESURE DE FAIRE FACE AU COUT DE LA PREVENTION ET DU TRAITEMENT DE LA MALADIE

11/06/2001
Communiqué de presseAIDS/18

                                          POP/804

LES PAYS LES PLUS TOUCHES PAR LE SIDA SONT CEUX QUI SONT LES MOINS EN MESURE DE FAIRE FACE AU COUT DE LA PREVENTION ET DU TRAITEMENT DE LA MALADIE

Dans la perspective de la réunion extraordinaire contre le sida, l’ONU publie un document sur les conséquences de la maladie et les mesures prises par les gouvernements

Plusieurs millions de personnes sont menacées par le virus du sida, dont l’infection a déjà atteint des millions d’individus, entraînant une réduction spectaculaire de l’espérance de vie des populations dans un certain nombre de pays.  Les nombreux enfants orphelins à la suite de la mort des parents, victimes de la maladie, font face à un avenir incertain, et les capacités de lutte contre les effets et les conséquences du VIH/sida sont limitées par l’insuffisance des moyens et des ressources disponibles pour les besoins de santé.  De plus en plus de gouvernements répondent cependant à la crise, en traitant le sida comme un problème majeur et en créant des organes de coordination de haut niveau et des mesures spéciales de prévention, des espoirs commencent néanmoins à naître dans la lutte contre le VIH/sida.  Le défi que doit relever la communauté mondiale est celui de l’intensification des actions internationales de lutte contre la pandémie et celui de la mobilisation des ressources nécessaires. 

Ce sont là quelques-uns des éléments d’un tableau d’ensemble publié par la Division de la population des Nations Unies et intitulé « VIH/sida : Conséquences sur la population et politiques menées en 2001 ».  Ce tableau est un apport opportun à la Session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le VIH/sida qui se réunira à New York du 25 au 27 juin.  Le tableau publie des données sur la population de chaque pays et sur le nombre de cas de sida ainsi que sur le pourcentage d’adultes vivant avec le VIH/sida ; le nombre de décès occasionnés par la maladie et le nombre d’orphelins qu’elle cause.  Des données sur l’espérance de vie à la naissance, avant le VIH/sida, et sans les conséquences de la pandémie y figurent tout comme des statistiques sur l’usage des préservatifs et les dépenses de santé par tête d’habitant.  Les indications d’ordre politique comprennent l’analyse du niveau d’engagement des gouvernements dans la lutte contre le VIH/sida, les mesures prises contre la transmission de la pandémie et les considérations liées à l’existence d’un organe de coordination de la politique du gouvernement concerné contre le VIH/sida.

Concernant les chiffres et les statistiques, plus de 36 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH/sida, et plus des deux tiers de cette population infectée sont en Afrique subsaharienne.  Chacun des pays dont la liste suit compte au moins 2 millions d’adultes infectés : Ethiopie, Inde, Kenya, Nigéria et Afrique du Sud. Dans les cinq pays africains que sont le Botswana, le Lesotho, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe, au moins un adulte sur cinq est infecté par le VIH ou a développé le sida.

L’espérance de vie à la naissance reculera d’au moins 17 ans d’ici à 2005 dans huit pays africains : Botswana, Kenya, Lesotho, Namibie, Afrique du Sud, Swaziland, Zambie et Zimbabwe.  Au Botswana, l’espérance de vie a déjà diminué de 23 années par rapport à ce qu’elle aurait été sans le VIH/sida, et cette chute sera de 34 ans d’ici à 2005.  En dehors du continent africain, la mortalité due au VIH/sida fera reculer l’espérance de vie d’au moins trois années dans les Bahamas, au Cambodge, en République dominicaine, au Guyana, à Haïti et au Myanmar entre 2000 et 2005.

La plupart des morts causées par le sida touchent les jeunes tranches d’âge de la population :  la perte de ces jeunes vies affecte de manière disproportionnée la productivité, la croissance économique et le tissu économique et social des pays touchés.  En 1999, environ 310 000 personnes sont mortes du sida en Inde, tandis que l’Ethiopie et le Nigéria ont chacun perdu au moins 250 000 personnes des suites des conséquences de la pandémie.  L’Inde est le pays où la maladie a fait le plus de morts.

Environ 13 millions d’enfants sont devenus orphelins du fait de la mort de leurs parents par le VIH/sida.  Trois pays, à savoir l’Ethiopie, le Nigéria et l’Ouganda ont chacun plus de 900 000 orphelins du sida, et le nombre d’orphelins dus à la maladie continuera d’augmenter dans les pays où la pandémie couve et prend de l’allure.  Quatre pays –Inde, Kenya, Tanzanie et Zimbabwe- ont au moins un demi-millionn d’orphelins en raison de la pandémie.

En vue de faire face au défi que pose le VIH/sida, les gouvernements ont créé des agences de haut niveau et les actions de prévention de la pandémie se répandent et comprennent des campagnes d’information et d’éducation ainsi que des programmes de détection par analyses sanguines.

L’usage des préservatifs, qui protégeraient les utilisateurs de la contamination par le VIH, est rare dans la plupart des régions.  L’utilisation des condoms est la forme de protection la moins chère et la plus efficace contre la transmission sexuelle du virus du VIH.  Mais dans la plupart des pays, cette utilisation est limitée, et presque tous les pays africains ont un taux d’utilisation des préservatifs inférieur à 5%.  Seuls quatre pays en Asie et quatre en Amérique latine ont un taux d’utilisation de condoms supérieur ou égal à 10%.  L’Europe, notamment les pays d’Europe du Nord, a les taux les plus élevés d’usage de préservatifs.

Les systèmes de santé sont incapables de faire face aux besoins engendrés par la pandémie du VIH/sida, et les pays les plus affectés par la maladie sont aussi généralement ceux qui sont les moins capables de financer les campagnes de prévention et les frais de traitement de la pandémie.  Les 10 pays les plus affectés par le sida ont des dépenses de santé par tête d’habitant qui se situent entre 3 dollars et 246 dollars.  En Afrique, la plupart des pays dépensent moins de 100 dollars par tête d’habitant par an.

Le document « VIH/sida : Conséquences sur la population et politiques menées en 2001 » est disponible sous la cote(E.01.XIII.6) au prix de 5,95 dollars à la Section des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à New York ou à Genève, et est en vente, au niveau international, dans les librairies.  Le document peut aussi être obtenu en écrivant au Directeur de la Division de la population, Département des affaires économiques et sociales, Nations Unies, New York, NY 10017, Etats-Unis.  Ce tableau mondial de la situation du VIH/sida est disponible en version anglaise et française, et ses données seront bientôt accessibles sur l’Internet à l’adresse électronique suivante :

http ://www.un.org/esa/population.  

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