EN L’ABSENCE DE VACCIN CONTRE LE VIH/SIDA, LA PRÉVENTION RESTE LA MEILLEURE STRATÉGIE CONTRE CE FLEAU

25 juin 2001
AG/1167

EN L’ABSENCE DE VACCIN CONTRE LE VIH/SIDA, LA PRÉVENTION RESTE LA MEILLEURE STRATÉGIE CONTRE CE FLEAU

25/06/2001
Communiqué de presseAG/1167

Assemblée générale

26e session extraordinaire

2e et 3e séances plénières – après-midi & soir

EN L’ABSENCE DE VACCIN CONTRE LE VIH/SIDA, LA PRÉVENTION RESTE

LA MEILLEURE STRATÉGIE CONTRE CE FLEAU

Le VIH/sida est plus qu’un problème de santé, c’est un problème humanitaire qui a des conséquences sur l’économie, le développement et même la sécurité mondiale, tel est le message lancé, cet après-midi, par les participants à la session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée à l’examen du problème du virus de l’immunodéficience humaine et du syndrome d’immunodéficience acquise sous tous ses aspects.

En l’absence de vaccin contre le VIH/sida, la prévention reste la meilleure stratégie contre ce virus, ont souligné l’ensemble des participants.  Ils ont appelé à briser le silence concernant cette maladie et à oser aborder avec franchise les questions touchant à la sexualité.  Il est également indispensable que la situation des femmes et leur liberté de choix en matière de sexualité soient améliorées, a-t-il été souligné.  Mais, avec plus de 36 millions de personnes infectées en Afrique subsaharienne, la prévention doit absolument être complétée par un accès de tous, et particulièrement des plus démunis, aux thérapeutiques existantes.  De nombreux représentants ont suggéré que les médicaments génériques soient fabriqués localement et à bas prix ou commercialisés à des prix abordables dans les pays les plus pauvres.  La pauvreté et les conflits ont été identifiés comme facteurs favorisant l’épidémie, ainsi que l’inadaptation des systèmes de santé.  La lutte contre l’analphabétisme, une des conséquences les plus graves de la pauvreté, est une priorité, ont souligné les représentants, de même que les politiques d'éducation sexuelle et relative aux droits de l'homme ainsi que le renforcement des capacités, grâce à la formation du personnel de santé.  Pour déployer des efforts dans tous ces domaines, les gouvernements doivent disposer de ressources très importantes, ce qui a amené les représentants à appeler à la constitution d’une coalition de partenaires nationaux et internationaux contre le sida.  Au niveau national, de nombreux ministres – notamment de l’Allemagne et de la France – ont souligné l’importance de la participation de la société civile et, en  particulier, des organisations représentant des groupes à risques, à savoir les femmes et les fillettes, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, des migrants, des « professionnels du sexe » ou encore des toxicomanes consommant des drogues injectables.

Les représentants de plusieurs pays africains ont fait part des ravages causés par le VIH/sida dans leur société, en premier lieu en raison de la désintégration des familles à la suite du décès de l’un ou des deux parents, dont le corollaire est la forte augmentation du nombre des orphelins.  Une fois seuls et privés de tout soutien, beaucoup de ces enfants tombent dans la criminalité. 

(à suivre – 1a)

Par ailleurs, l’augmentation des taux de mortalité chez les nouveau-nés, les enfants, les femmes et les adultes en général a entraîné une diminution de la population active qui, à son tour, entrave la croissance économique de nombreux pays en développement.  Ainsi, la pandémie entraîne une réduction de 2% du produit intérieur brut de la Zambie, a expliqué le Ministre de la santé de ce pays, et ces pertes pourraient passer à 20% d’ici à 2010 si des mesures particulièrement énergiques ne sont pas prises pour l’enrayer.  Si le sida a des conséquences dévastatrices en Afrique, ce n’est pas une malédiction ou une fatalité, a cependant fait remarquer le Premier Ministre du Burkina Faso.  Il a expliqué que ce désastre est avant tout un drame de la pauvreté et s’est dit fermement convaincu que la lutte contre le VIH/sida est intimement liée à celle contre l’éradication de la pauvreté et au développement pour tous.  Le Président de la République du Mali a, pour sa part, estimé que l’engagement à lutter contre le sida commande notamment l'exigence morale de mettre fin aux conflits.  La lutte contre le sida n'en demeure pas moins un combat universel et la situation en Afrique exige un engagement exceptionnel de la communauté internationale pour arrêter cette pandémie, a-t-il ajouté. 

L’ensemble des participants ont exprimé leur soutien à l’idée de créer un Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida et pour la santé lancée par le Secrétaire général des Nations Unies.  Le Secrétaire d’Etat à la coopération au développement de la Belgique a ainsi estimé que ce sont les acteurs du secteur public, démocratiquement responsabilisés, et les représentants des bénéficiaires qui doivent définir la direction à suivre.  Cette initiative doit aussi permettre un regroupement des forces en rassemblant différents fonds spéciaux existants, a-t-il ajouté en suggérant que le Fonds s’inscrive dans une stratégie globale de santé et de renforcement des capacités existantes et des structures de base tant dans le domaine de la santé que dans d’autres domaines.  Il a également estimé que l’acquisition de produits médicaux doit se fonder sur un système de prix différenciés et que les conditions d’accès, d’utilisation et d’évaluation qualitative et quantitative doivent être précisées en fonction de critères de participation et d’équité.

Les Présidents du Mali et de Guinée-Bissau ont pris la parole, ainsi que les ministres et représentants des pays suivants: Lesotho, Burundi, Pays-Bas, Thaïlande, Costa Rica, Suède, Chili, Australie, Roumanie, Chine, Honduras, Canada, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Nicaragua, Trinité-et-Tobago, Zimbabwe, Guatemala, Maurice, Tonga, Bélarus, Colombie, Arménie, Koweït, Jordanie, Burkina Faso, Barbade, France, Suriname, Zambie, Espagne, Italie, Mexique, Tunisie, République dominicaine, Allemagne, Angola, Iran, Belgique et Suisse. 

La session extraordinaire de l'Assemblée générale poursuivra son débat général, demain, mardi 26 juin à 9 heures. 

EXAMEN DU PROBLÈME DU VIRUS DE L’IMMUNODÉFICIENCE HUMAINE ET DU SYNDROME D’IMMUNODÉFICIENCE ACQUISE SOUS TOUS SES ASPECTS

Déclarations

M. PAKALITHA MOSISILI, Premier Ministre du Royaume du Lesotho : Reconnaissant les défis qu’il constitue pour notre sous-continent, le Gouvernement du Lesotho a déclaré que le VIH/sida constitue une catastrophe naturelle.  Une autorité de coordination des programmes de lutte contre le VIH/sida a été créée au sein du cabinet du Premier ministre pour superviser les actions multisectorielles menées dans ce domaine.  Le Lesotho souscrit pleinement à l’objectif de réduire de 25% la prévalence du virus chez les 15-24 ans d’ici à 2003 et les efforts qu’il a déployés dans ce sens commencent peu à peu à porter leurs fruits, en particulier dans la prise de conscience et la diffusion des informations concernant le VIH/sida.  Outre les mesures d’informations visant à décourager les comportements à risque, en premier lieu, chez les jeunes, nous contrôlons toutes les transfusions sanguines et nous étudions la possibilité de conseil et de tests ainsi que la prévention de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant.  Nous fournissons des traitements contre les infections opportunistes et nous parviendrons sous peu à une décision sur la disponibilité et l’accès des thérapeutiques anti-rétrovirus.  Nous avons cependant besoin d’aide dans le renforcement de nos infrastructures, de l’accès aux traitements et des capacités des ressources humaines.  Des maisons et des communautés de qualité sont également essentielles.  Nous faisons notre possible pour que les droits humains des personnes contaminées et souffrant de la maladie soient respectés en nous concentrant sur l’élimination des préjugés liés à la maladie ainsi que sur les mesures législatives qui empêchent les femmes et les filles de contrôler leur santé sexuelle.  Nous reconnaissons cependant que, pour que la vie quotidienne des femmes s’améliore, il faudra que leur statut au sein de la famille et de la communauté s’améliore aussi.  La rapide augmentation du nombre d’orphelins nous a amenés à concentrer nos efforts sur la protection et le maintien de leur accès à la santé, l’éducation, la nourriture et au logement. 

Dans tous ces domaines, il est indispensable de disposer de ressources et le Gouvernement du Lesotho a décrété que tous les secteurs du gouvernement devront allouer au minimum 2% de son budget aux activités de lutte contre le VIH/sida.  Nous devrons tous être conscients que les changements désirés en ce qui concerne le VIH/sida ne pourront se réaliser si les contraintes et les problèmes liés aux facteurs sous-jacents tels que la pauvreté, l’accès à la nourriture, l’infrastructure, les ressources humaines et les traitements ne sont pas résolus. 

M. ALPHA OUMAR KONARE, Président du Mali : Il n'y a pas de futur de l'humanité conçu sans l'Afrique ou même en dehors d'elle.  Il n'y a pas non plus de lutte contre le sida qui ne s'appuie précisément et principalement sur l'Afrique, sur son expérience douloureuse, mais combien constructive.  Cette rencontre est celle de la responsabilité et celle de l'espoir.  C'est le rôle et la vocation de l'ONU d'indiquer la voie et de coordonner les efforts nécessaires avec les Etats concernés.  En outre, nous devons faire progresser le droit et la jurisprudence internationale en adoptant la notion de ¨"bien public global".  L'Afrique est en situation d'urgence absolue. Si la maladie se développe d'une façon aussi fulgurante en Afrique, c'est parce qu'il y a un terreau africain particulièrement favorable à son développement plus que partout ailleurs. 

L'engagement à lutter contre le sida commande notamment l'exigence morale de mettre fin aux conflits.  Abuja est une étape importante et significative de notre action, mais l'engagement de l'Afrique au plus haut niveau dans le combat contre le VIH/sida est fort ancien.

Au Mali, ensemble le Gouvernement et la société civile jouent un rôle de premier plan dans la réponse locale à l'épidémie.  Les associations de personnes vivant avec le VIH/sida contribuent actuellement de façon déterminante à briser le silence autour de l'épidémie.  Il est aussi noté la participation des médias dans la diffusion de l'information et des Imams, des Ulémas et des organisations chrétiennes dans la prévention et la prise en charge des personnes infectées et affectées par le virus.  Les jeunes sont également mobilisés, notamment par un réseau appelé "pairs éducateurs". La lutte contre le sida n'en demeure pas moins un combat universel et la situation en Afrique exige un engagement exceptionnel de la communauté internationale pour arrêter cette pandémie.  Le Mali souhaite vivement que l'ONU participe à la recherche africaine.  De plus, il faut dès maintenant constituer une coalition de partenaires nationaux et internationaux contre le sida.  Le Mali soutient l'initiative de créer un Fonds mondial pour le sida et la santé dont la gestion doit être rigoureuse et transparente.  S'agissant du coût des médicaments, le Mali se félicite des résultats encourageants obtenus par certains pays, mais lance un appel pour que des négociations avec les firmes pharmaceutiques soient entreprises par les autres.  Le choix du Mali est clair : vivre et se battre ensemble pour vaincre le fléau.

M. MATHIAS SINAMENYE, Deuxième Vice-Président du Burundi : Au Burundi, le taux de «séroprévalence» est passé de moins de 1% en 1983 à environ 15% aujourd’hui en zone urbaine et à 7,5% en zone rurale.  Face à cette situation, le Gouvernement a mis sur pied un plan stratégique national en recherchant une réponse à la maladie qui ne soit pas seulement médicale mais aussi sociale.  De plus, le Gouvernement a intensifié la mobilisation de la population avec l’appui des leaders politiques et religieux, des associations de lutte antisida, des associations féminines et d’autres acteurs privés.  A cet effet, la création du Conseil national de lutte contre le Sida est venu compléter le dispositif existant.  Afin d’améliorer l’accès à la prise en charge des malades, le Gouvernement a également mis sur pied un Fonds national de solidarité thérapeutique et a supprimé les taxes douanières et fiscales sur les médicaments y compris les antirétroviraux.  Il vient enfin de conclure récemment avec quelques firmes pharmaceutiques des accords de réduction des prix des antirétroviraux.

Vu le prix de ces antirétroviraux, leur disponibilité sous forme de générique semble être la seule chance de faire face  à l’épidémie pour les malades des pays pauvres.  La guerre contribuant à la propagation du Sida, le Burundi appelle la communauté internationale et les pays de la région à se montrer plus sévères à l’égard de ceux qui refusent la paix et qui ont intensifié leurs attaques en particulier contre des populations et des objectifs civils.  Le Burundi remercie tous ceux qui ont fait des annonces de contributions en décembre 2000 à Paris, en particulier dans la lutte contre la pauvreté et contre le Sida.  Il les invite à poursuivre leur engagement notamment par la participation à la consultation thématique sur la lutte contre le Sida prévue pour septembre 2001.

M. ELF BORST-EILERS, Vice-Premier Ministre, Ministre du bien-être, de la santé et des sports des Pays-Bas : La lutte contre le VIH/sida doit s'accompagner d'une lutte contre la pauvreté, du respect de la personne humaine, de l’égalité des sexes afin d'amoindrir la vulnérabilité de la femme et du principe de non-discrimination des personnes infectées par le virus.  C'est pourquoi une volonté politique accompagnée d'une implication de la société civile sont des éléments indispensables au processus de lutte contre le VIH/sida.  Les Pays-Bas sont convaincus que la prévention et l'amélioration du système de santé sont au coeur de la lutte contre la propagation du virus.  Il faut cependant s'assurer que ces mesures seront adaptées aux besoins des pays en développement.  La prévention, l'éducation, l'information doivent être développées plus avant sur des bases professionnelles et à grande échelle.  On peut noter que les Pays-Bas sont un des plus importants donateurs à "l'Initiative Internationale en faveur d'un vaccin contre le sida" (International Aids Vaccine Initiative) et soutiennent l'idée selon laquelle les pays en développement doivent être en mesure d'importer et/ou produire des médicaments dont le coût peut être assumé par leurs populations.  En outre, des ressources financières supplémentaires sont nécessaires et la question qui se pose est de savoir si un Fonds mondial pour le sida et la santé est le bon moyen de trouver ces ressources.  Se pose également la question de savoir comment sera administré ce Fonds et si les pays en développement y participeront activement.  Le Fonds devra chercher à établir une synergie avec les initiatives déjà existantes et ne pas entrer en compétition.  Une fois ces garanties acquises, le gouvernement des Pays-Bas sera prêt à contribuer et, comme d'usage, cette contribution sera substantielle et additionnelle.  Enfin, il faut souligner que le sida ne connaît pas de frontières, tous les pays sont touchés, y compris le nôtre. Depuis 1985, nous menons une bataille tenace et nos armes sont l'ouverture, la reconnaissance du problème et l'information.  Une des clés du problème réside aussi dans l'implication de personnes infectées, de consommateurs de drogues, d'homosexuels, de travailleurs du sexe et de jeunes.

M. PITAK INTRAWITYANUNT, Vice-Premier Ministre de la Thaïlande : Le VIH a coûté plus de vies que n’importe quelle arme de destruction de masse.  Cette menace silencieuse de portée mondiale pèse non seulement sur le développement de la société mais aussi sur la sécurité de la communauté internationale.  Cette crise exige que l’on agisse au niveau national mais aussi aux niveaux régional et international.  Nous devons partager les responsabilités dans ce domaine.  Dans notre région, la CESAP a adopté une résolution appelant les pays de la région à agir en faveur de la lutte contre le virus.  La Thaïlande a mené une campagne de lutte contre le VIH/sida dont les résultats démontrent que l’épidémie peut être enrayée.  Elle met son expérience à la disposition des autres pays.  Les dirigeants doivent reconnaître la dimension destructrice du virus et en discuter franchement.  Le problème doit être abordé du point de vue de la prévention et il faut traiter de tous les aspects humains, sociaux ou économiques de l’épidémie.  Ces efforts doivent englober tous les secteurs de la société.  Pour les pays en développement, les prix prohibitifs des traitements limitent le traitement des malades.  Le sida n’est pas seulement un problème médical ou de santé mais aussi un problème humanitaire.  Nous demandons à tous les acteurs nationaux, régionaux et internationaux, en particulier les entreprises pharmaceutiques, à ce qu’ils participent à l’élaboration de traitements et d’un vaccin, dans un esprit humanitaire plutôt que commercial.  Les 7 milliards que coûte la lutte contre le VIH/sida représentent moins que la fortune individuelle des personnes les plus riches au monde. 

M. ROGELIO PARDO, Ministre de la santé publique du Costa Rica : Dans la région des Caraïbes et en Amérique Latine, presque 2 millions de personnes sont infectées par le virus du VIH/sida.  D'ici à 2010, les pertes en matière économiques devraient se chiffrer à 22 milliards de dollars en Afrique uniquement.  L'épidémie, qui croit lentement au Costa Rica, touche surtout les hommes (88% des personnes infectées), particulièrement dans la tranche d'âge située entre 25 et 39 ans.  Si la contamination des hémophiles par transfusions sanguine a été arrêtée, la propagation du sida est toujours importante par la voie sexuelle, notamment dans le groupe des homosexuels.  Un nouveau plan stratégique national a été mis en place au Costa Rica pour la période 2001-2004, qui met l'accent sur la prévention, la communication sociale et l'éducation, ainsi que sur l'information donnée aux groupes vulnérables.  Des objectifs concrets ont ainsi été adoptés.  Un traitement est actuellement fourni à toutes les personnes qui vivent avec le sida, ainsi qu'un soutient pour leurs familles.

Le Costa Rica est favorable au projet de déclaration qui doit être adopté à l'issue de la présente session.  Ses principales préoccupations sont d'abord le renforcement de la gouvernance et de l'organisation dans la lutte contre le sida, tout en laissant aux Etats le soin de mettre en place les plans de financement appropriés.  La prévention est le plus grand défi, surtout en ce qui concerne la transmission sexuelle et celle de la femme enceinte à son enfant.  Le Costa Rica s'est engagé à promouvoir l'éducation sexuelle dans les écoles primaires et secondaires, ainsi qu'aux jeunes en dehors du système scolaire, aux immigrants, aux personnes qui font le commerce du sexe et aux hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes.  Il soutient les initiatives visant à éliminer les discriminations à l'égard des personnes séropositives ou vivant avec le sida et s'est aussi engagé à mettre au point de nouvelles technologies et stratégies.  Nous voulons mettre en commun notre expérience dans le domaine des traitements médicaux et sommes certains que l'ONU et les pays donateurs fourniront les conditions nécessaires au soutien de la coopération horizontale.

M. LARS ENGQUIST, Ministre de la santé et des affaires sociales de la Suède, au nom de l’Union européenne et des pays associés : Nous sommes ici aujourd’hui pour écrire l’histoire et, pour ce faire, adopter la première déclaration d’engagement sur le VIH/sida.  Mais écrire l’histoire ne se limite pas à l’adoption d’une déclaration.  Ecrire l’histoire, c’est traduire les engagements en actions concrètes et ce, aux niveaux local, national, régional et mondial.  Le sens de l’initiative, la mobilisation des ressources et la détermination à faire participer tous les groupes de la société dans la lutte contre le VIH/sida sont la clé du succès.  Le VIH/sida étant, pour une large part, une maladie sexuellement transmissible, il est absolument nécessaire que dans, cette lutte, les questions de sexualité soient abordées de manière ouverte et directe.  De même, l’égalité des sexes et la promotion de la femme sont des éléments fondamentaux de la réduction de la vulnérabilité des femmes et des filles par rapport au VIH/sida. 

La prévention et le traitement sont les piliers complémentaires de la réponse à apporter au VIH/sida; les soins et les services d’accompagnement étant inextricablement liés à la prévention.  La prévention demeure le fondement de la réponse et ce, dans toutes les régions du monde.  En matière de traitement, n’oublions pas non plus que les médicaments ne sont qu’une partie de la solution.  Il est essentiel de renforcer les systèmes de santé de manière à les rendre capable d’administrer les traitements de manière adéquate et équitable.  Ainsi, l’Union européenne a adopté un programme pour une action accélérée contre le VIH/sida, la malaria et la tuberculose.  Le nouveau programme s’appuie sur trois piliers; l’augmentation de l’impact des interventions en matière de prévention et de traitement des maladies transmissibles; l’amélioration du caractère abordable des principaux produits pharmaceutqiues; et l’appui à la recherchet et au développement des médicaments et des vaccins.

Les défis en la matière ne peuvent être relevés en l’absence de ressources nouvelles, additionnelles et prévisibles.  L’Union européenne a accueilli avec satisfaction la proposition du Secrétaire général de l’ONU de créer un Fonds mondial sur la santé et la lutte contre le Sida.  Pour l’Union européenne, les activités de ce Fonds doivent porter essentiellement sur la mise à disposition de services liés à la prévention, à l’accès aux soins et aux traitements.  Le Fonds doit aussi compléter les efforts déployés pour renforcer les systèmes de santé et partir des stratégies de réduction de la pauvreté.

Mme MICHELLE BACHELET, Ministre de la santé du Chili : Le Gouvernement du Chili appuie les efforts déployés en vue de la création du Fonds mondial pour le sida et la santé, car ce Fonds permettra de réduire le fossé économique qui existe entre le monde industrialisé et les pays dont les ressources sont limitées.  Une telle initiative exprime la solidarité et la compréhension envers les difficultés auxquelles beaucoup de pays se heurtent dans la mise en oeuvre des politiques appropriées.  Le respect des droits des personnes infectées est aujourd’hui non seulement un devoir de l’Etat, mais également une nécessité pour contrôler l’épidémie et un impératif de sociétés de plus en plus démocratiques.  Nous sommes convaincus que les facteurs économiques, politiques, juridiques et socioculturels déterminent la vulnérabilité des personnes au VIH/sida.  Conscient de ses responsabilités, et en dépit de restrictions essentiellement économiques, le Chili a augmenté de manière progressive les budgets consacrés à la lutte contre le sida, en accordant une attention médicale directe et en formant du personnel à travers le pays entier.  En conséquence, la couverture de traitement atteint les 80 %.  Face à l’épidémie, le rôle de la coopération internationale a été et restera crucial pour atteindre les objectifs nationaux et mondiaux.  Ainsi, en plus de la collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé et l’ONUSIDA, le Chili participe au Groupe de coopération technique horizontale au niveau de l’Amérique latine et des Caraïbes, proposition qui s’est transformée en moteur de collaboration entre les pays du Sud.  Par ailleurs, le Chili fait partie d’ONUSIDA et bénéficie à ce titre d’un accès privilégié aux médicaments, ce qui améliorera la couverture thérapeutique; par ailleurs, l’accord récemment conclu entre le Gouvernement chilien et des entreprises multinationales se solde par une baisse moyenne de 70 % du prix des médicaments et met les traitements à la disposition de ceux qui en ont besoin. 

M. MICHAEL WOOLDRIDGE, Ministre de la santé et des personnes âgées de l’Australie : La Déclaration d’engagement sur le VIH/sida qui est en cours de négociation a le potentiel de démontrer que la communauté mondiale est sérieusement déterminée à s’attaquer aux causes de cette maladie, à prévenir sa propagation et à prendre soin des personnes qui vivent avec le virus.  En Australie, les efforts visant la réduction des nouvelles contaminations ont porté fruits et seront appuyés sur deux principes clefs.  Le premier a été de construire et d’entretenir un consensus politique soutenu par tous les membres du système politique et soutenu par la communauté australienne dans son ensemble.  Réaliser un tel consensus n’a pas été facile.  Il s’est notamment traduit par le maintien

de la politique gouvernementale de lutte contre le VIH/sida après un changement de majorité survenu en 1996.  Le second principe a été que le gouvernement a exprimé sa volonté de s’engager et de travailler avec les personnes les plus exposées au virus. 

Le Gouvernement australien est déçu qu’il semble à présent que ces groupes, les plus exposés au virus, à savoir les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les « travailleurs du sexe », les consommateurs de drogues par injection, les populations des institutions et des prisons ainsi que les populations autochtones, ne seront pas explicitement cités dans la Déclaration d’engagement.  En Australie, nous sommes favorables au soutien et à l’engagement de ces groupes et l’action nationale contre le VIH/sida s’est appuyée sur des

partenariats avec ces personnes ainsi que sur leur engagement actif.  Les partenariats dans la prise de décision, le développement de politiques et l’application de programmes permettent de s’assurer que les mesures de lutte contre le VIH/sida seront efficaces et de grande portée. 

Aucun pays ne peut affronter le défi du VIH/sida isolément et aucune décision nationale n’est sans conséquences au-delà des frontières nationales.  En tant que pays de la région Asie-Pacifique, nous avons décidé de concentrer notre action sur notre région.

Mme DANIELA BARTOS, Ministre de la santé et de la famille de Roumanie : En Roumanie, 6894 enfants et 1747 adultes vivent avec le sida, 33% étant traités par la thérapie antirétrovirale.  Les cas d'infection augmentant, la coopération entre les partenaires nationaux, locaux et internationaux, ainsi qu'avec le secteur privé et les donateurs internationaux s'est accrue.  La Roumanie a adopté une stratégie pour la période 2000-2003 qui met l'accent sur la prévention ainsi que sur la contamination des jeunes et des groupes vulnérables.  Les personnes infectées ont accès au système de santé et il existe un bon réseau d'équipement médical de haute technologie.  Neuf hôpitaux universitaires dans le pays constituent des centres de référence pour la lutte contre le sida, où les derniers traitements disponibles sont administrés.  En outre, cette année a vu le début de la couverture sociale intégrale des traitements et soins des personnes vivant avec le sida, basée sur le partenariat des Nations Unies et des sociétés pharmaceutiques.  Parmi les mesures prises par la Roumanie, figurent le renforcement de la prévention de la contamination parmi les jeunes, les groupes vulnérables, les femmes enceintes, l'amélioration de la qualité de l'aide médicale, sociale et psychologique apportée aux personnes vivant avec le sida, le renforcement de la surveillance de l'épidémie, ou encore des tests volontaires.  Pour cela, entre autres mesures, le budget affecté par le Ministère de la santé et de la famille est passé de 13 millions à 20 millions de dollars et la TVA sur les produits de traitement médical a été supprimée.  Enfin, en ce qui concerne le projet de déclaration, il reflète les préoccupations principales de la Roumanie.

M. ZHANG WENKANG, Ministre de la santé de la Chine : En tant que continent le plus peuplé de la planète, l’Asie a connu le taux de propagation le plus rapide du VIH/Sida qui aaujourd’hui affecte plus de 7,5 millions de personnes.  Le Gouvernement chinois a décidé de donner la priorité à la prévention et au contrôle du VIH/sida.  Depuis 1996, plusieurs initiatives ont été prises et elles ont montré qu’en la matière, le contrôle, le sens de l’initiative, la coordination et les ressources sont des éléments étroitement liés.  Un financement inadéquat est

un des principaux facteurs de la propagation du VIH/sida.  Partant, le Chine souligne que la capacité des pays en développement à lutter contre ce fléau a été affaiblie par le caractère irrationnel de l’ordre politique et économique international.  Pour la Chine, en matière de lutte contre le VIH/sida, il convient d’abord de mettre l’accent sur la prévention. 

La priorité doit ensuite être accordée au traitement et la Chine ne peut qu’espérer qu’avec la tendance actuellement à la baisse des prix des produits pharmaceutiques, les Nations Unies coopéreront davantage avec le reste de la communauté internationale pour promouvoir la disponibilité à des prix raisonnables auprès des malades du monde en développement des traitements requis.  Pour la Chine, il est également important que la communauté internationale adopte des stratégies à long terme de contrôle et de prévention et dans toute stratégie mondiale de contrôle, il faut accorder l’attention requise à la recherche d’un vaccin.  Enfin, la coopération internationale doit être davantage renforcée pour faciliter la mobilisation des ressources.  Il est, en effet, de la responsabilité de cette communauté d’aider les pays en développement à mettre en oeuvre leur stratégie de contrôle étant donné qu’il serait impossible de réaliser une stratégie de contrôle, à l’échelle mondiale, sans une amélioration aussi rapide que possible de la situation dans les régions les plus touchées.

M. ROBERTO FLORES BERMUDEZ, Ministre des relations étrangères du Honduras : La propagation du virus du sida a des conséquences d'ordre social, politique et économique et ce problème requiert la concentration de forces aux niveaux national et international.  Les efforts doivent se concentrer sur la question de la prévention, particulièrement au sein des groupes les plus vulnérables.  Un traitement efficace demande un meilleur accès aux services médicaux et la fourniture de médicaments à un coût moins élevé, ceci au sein d'un système de santé publique amélioré.  De même, il est essentiel que les gouvernements prennent en main la question en intégrant les secteurs organisés.  Cependant, il faut s'assurer aussi qu'ils mènent le combat de façon articulée et sur une grande échelle.  Un échange d'expériences entre les différents pays et régions est dans ce contexte indispensable.  Pour sa part, le Honduras a créé à la fin des années 80 au sein du Secrétariat à la santé un Département du HIV/sida présent dans les régions majoritairement affectées par le virus et en 1998 un plan stratégique national contre le HIV/sida qui a permis une ample participation multisectorielle des gouvernements municipaux, des chambres de commerce, d'association de maquiladores et du secteur religieux.  La loi spéciale HIV/sida de 1999 marque le cadre légal de la lutte contre le virus et cette année nous mettons en place la commission nationale du sida qui coordonne et formule les politiques à mener.  Cependant, malgré ces moyens mis en oeuvre, nous devons reconnaître que l'épidémie poursuit son expansion perverse et que les moyens de lutte restent limités.  C'est la raison pour laquelle le concours des pays aux développements scientifique, technologique, humains et économiques plus avancés est indispensable.  En assumant la présidence temporaire du processus d'intégration de l'Amérique centrale, le Honduras affirme la nécessité d'une action régionale qui montre que le compromis et la volonté politique de lutter contre le virus du sida font partie d'une stratégie commune de développement.

Mme MARIA MINNA, Ministre de la coopération internationale du Canada : Nous sommes ici au nom de 40 millions de personnes qui sont atteintes du VIH/sida à l’échelle mondiale.  Nous sommes ici au nom des 15 000 personnes qui ont contracté le VIH aujourd’hui et des 15 000 autres qui le contracteront demain, et tous les jours qui suivront.  Nous nous devons de faire en sorte que chaque citoyen de cette planète que nous partageons puisse espérer un avenir sain et productif.  Il s’agit d’une guerre, une guerre plus dévastatrice que tout autre guerre que nous ayons déjà connue.  La pandémie de sida constitue un obstacle de taille à la réalisation des objectifs de la communauté internationale, notamment celui de réduire de moitié la proportion de gens vivant dans une pauvreté extrême d’ici à 2015.  Elle nuit également à nos efforts pour réduire des deux tiers les taux de mortalité infantile et enfantine d’ici à la même année.  Nous sommes rassemblés ici dans le but de tout mettre en oeuvre pour tenter de prévenir chaque nouveau cas d’infection, pour que chaque personne infectée ou touchée par le VIH/sida ait accès aux soins, aux traitements et aux aides les plus complets possible, pour protéger et faire respecter les droits de toutes les personnes et de tous les groupes, surtout les plus vulnérables au VIH, notamment les femmes et les filles, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les utilisateurs de drogues injectables et les travailleurs du sexe.  A l’échelle nationale, le Canada a mis en place une stratégie de lutte contre le VIH/sida en vue de relever ses propres défis tout en faisant le lien avec les efforts internationaux de lutte contre la pandémie.  A l’échelle internationale, nous avons quadruplé les fonds d’aide au développement que nous consacrons à la lutte contre le VIH/sida. 

M. TOMMY TOMSCOLL, Ministre de la santé de Papouasie-Nouvelle-Guinée : La diversité du pays, en terme de culture et de terrain géographique, rend difficile la communication avec les communautés rurales, et il faut ajouter les 800 langues différentes et le taux bas d'alphabétisation qui aggravent ces difficultés.  Un Acte du Conseil national sur le sida a été adopté en 1997, dont découle ledit Conseil et cinq groupes de travail au niveau national ainsi que vingt comités de provinces.  Ces comités sont transparents et doivent éviter les doubles emplois.  Dans le pays, on estime à 5,2 millions les personnes qui seront atteintes par la maladie dans les cinq prochaines années.  Dans la région du Pacifique-Ouest, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est le pays le plus touché et la priorité est donnée au dépistage.  Nous sommes décidés à lutter contre la violence et contre tout ce qui attise l'épidémie.  Les critères des institutions internationales négligent trop souvent la Papouasie-Nouvelle-Guinée car, si ses ressources sont riches, le pays demeure pauvre.  Il essaye donc de tirer le meilleur parti possible de l'aide fournie par le système des Nations Unies.  Nous allons adopter des normes de lutte contre cette maladie, notamment par le traitement de la mère et de l'enfant.  Actuellement, la thérapie antirétrovirale est pratiquée, mais les ressources sont insuffisantes pour traiter les personnes séropositives.  La création du Fonds mondial pour le sida et la santé est la bienvenue, en espérant que le pays pourra bénéficier de cette aide.

Mme MARIA DE LOS ANGELES ARGUELLO, Ministre de la santé du Nicaragua : Au mois de mai 2001, le nombre de nicaraguéens contaminés par le VIH/sida s’élevait

à 688.  Le pays est donc pour l’instant parmi les pays les moins touchés d’Amérique latine et des Caraïbes.  Toutefois, il ne se voile pas les yeux devant l’augmentation du nombre des cas qui a, en fait, doublé au cours des 15 dernières années.  C’est pourquoi, le Gouvernement a redoublé d’efforts et a organisé une campagne d’éducation, de prévention et d’information sur la pandémie.  Le Nicaragua a, en effet, compris, que chaque dollar investi dans la prévention permet de réduire à long terme les coûts du traitement.  Le Nicaragua a besoin de la générosité des donateurs pour financer la stratégie de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles qu’il a mise en place.  Cette stratégie prévoit une série de mesures prioritaires qui ont été identifiées avec la participation de la société civile, des personnes contaminées et des agences de coopération internationale.  A ce jour, la mise en oeuvre de la stratégie a coûté la somme de 20 millions de dollars. 

Le Nicaragua s’est également distingué par l’adoption de la loi sur la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme devant le VIH/sida qui a eu pour résultat de renforcer la coordination de l’action à l’échelle nationale.  Une autre loi a été adoptée qui porte sur la sécurité de la transfusion sanguine et qui interdit toute transfusion de sang non testé.  Le Nicaragua souligne, par ailleurs, que les prix des médicaments antirétroviraux continuent à être un obstacle.  Il fait donc appel à la solidarité internationale et, insiste, à cet égard, sur l’importance qu’il y a à faciliter la participation de l’ensemble de la communauté internationale dans la lutte contre le VIH/sida.  Dans ce contexte, le Nicaragua ne cache pas sa préoccupation devant le fait que le Gouvernement de Taiwan, qui a accompli des progrès remarqués dans le domaine pharmaceutique et qui poursuit ses activités en matière de coopération internationale, ne soit toujours pas autorisé à participer aux activités des différents organes des Nations Unies.  Pour le Nicaragua, de telles exclusions ne devraient pas exister au XXIème siècle.

M. HAMZA RAFEEQ, Ministre de la santé de Trinité-et-Tobago : Les taux de contamination au VIH/sida dans les Caraïbes sont parmi les plus élevés du monde, à l’exception de l’Afrique subsaharienne.  Dans les Caraïbes, le sida est la cause de décès la plus fréquente pour le groupe des 15-44 ans avec un taux de prévalence d'environ 2,11% parmi la population adulte.  Les plans nationaux ne sont pas suffisants pour répondre à l'ampleur que prend la maladie.  Une aide internationale plus importante et le soutien de tous les secteurs, y compris les organisations non gouvernementales, la société civile et le secteur privé sont nécessaires au succès de la lutte contre ce fléau.  La maladie constitue un obstacle  majeur pour le développement car les groupes de personnes les plus touchées sont les personnes productives et économiquement actives.  Dans mon pays, on estime que 2,5% de la population sexuellement active âgée de 15 à 49 ans vit avec le sida, chiffre qui pourrait être en réalité doublé compte tenu du faible nombre de cas reportés.  Dans ce groupe d’âge, 45% des cas connus sont des femmes et 82% des femmes affectées par le virus sont âgées de 15 à 49 ans.  A la fin de l'année 1999, 7% des cas identifiés étaient des enfants.  Le fait que 50% des nouveaux cas d'infection touchent une population jeune âgée de 15 à 24 ans ne permet d'avoir aucun doute sur la crise économique et sociale dans laquelle Trinité-et-Tobago s'apprête à traverser. 

Avec les taux de contamination actuels, Trinité-et-Tobago devrait connaître une réduction de 4,2% de son PNB, de 10,3% de son épargne et de 15,6% de ses investissements.  Mon pays accueillera en octobre prochain la dixième Conférence internationale pour "Les personnes vivant avec le VIH/sida".  Il participe également à la recherche d'un vaccin contre le sida car un tel vaccin constituerait l'instrument le plus efficace de lutte contre la maladie. L'Initiative stratégique du Groupe de travail des Caraïbes sur le VIH/sida est une démarche régionale qui prévoit un programme global de lutte contre l'épidémie en vue de l'intégration des efforts et de l'utilisation efficace des ressources des pays du de la Communauté des Caraïbes (CARICOM)  qui ont des objectifs communs et des politiques similaires.  Des efforts sont déployés pour renforcer les infrastructures, humaines et physiques, propres à répondre au défi que pose l'épidémie et à apporter les soins appropriés aux personnes vivant avec le sida.  Toutefois, nos ressources et nos capacités ne permettent tout simplement pas d'atteindre cet objectif.  Mon Gouvernement appuie l'appel du Secrétaire général en vue de la création d'un Fonds mondial pour le sida et la santé et recommande qu'une attention particulière soit accordée aux pays de la région des Caraïbes.    

M. TIMOTHY STAMPS, Ministre de la santé et de la protection de l’enfance du Zimbabwe : La croissance démographique du pays devrait stagner d’ici à la fin de 2002.  C’est le premier pays en développement qui sera parvenu à ce résultat dans les temps modernes.  Au Zimbabwe et dans le reste de la SADEC, nous sommes très conscients de la discrimination ethnique active et passive qui s’exerce contre les Africains noirs.  Sinon, comment peut-on expliquer la croissance exponentielle du VIH dans notre région en comparaison avec celle que l’on observe dans des pays où cette maladie est apparue plus tôt ?  Dès les débuts de l’épidémie, en 1985, nous avons assuré le maintien d’un service national de transfusion sanguine sûr.  Nous avons également assuré la fourniture de préservatifs sûrs la plus élevée au monde (18 préservatifs annuels par homme depuis 1994).  En outre, un système d’impôts permet de rassembler 30 millions de dollars par an qui sont gérés par le Conseil national du VIH/sida, un organe autonome.  Nous sommes amenés à répondre à

M. Nazios - le nouveau Directeur d’USAIDS - que, si nous n’avons ni montres ni routes en Afrique, nous savons l’heure qu’il est et nous savons que le temps s’écoule inexorablement pour certains Etats.  A cause de la mondialisation, le manque de routes peut être compensé par la « Coca Colonisation » mondiale.  Nous utilisons des camions Coca Cola pour amener très efficacement vaccins et traitements au peuple.  Nous savons que les antirétroviraux ne constituent qu’une partie de la solution au problème du VIH/sida.  Mais si on nous en prive, le message de la prévention n’aura pas de sens.  Nous avons l’intention de verser 1 million de dollars prélevés sur nos propres ressources au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida. 

M. MARIO RENE BOLANOS DUARTE, Ministre de la santé publique et de l'assistance sociale du Guatemala : Dans le pays, qui est caractérisé par les diversités ethnique, culturelle et linguistique, on estime que la majorité des personnes exposées à la contamination se trouve dans les zones urbaines.  Le premier cas a été constaté en 1984, mais on pense que 50% des cas ne sont pas recensés.  Le Code de la santé publique déclare responsable le ministre de la santé publique de l'évaluation et de la supervision des actions visant le contrôle des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida.  En outre, une loi d'ordre général concerne ce domaine et en a fait une question "d'urgence nationale".  Un plan stratégique national, pour la période 1999-2003, a aussi été adopté, en coordination avec les autres ministères, la société civile et les organisations internationales, dont ONUSIDA.  Le ministère de la santé a établi une institution qui fournit des conseils dans ce domaine.  Une autre commission a pour objectif de déterminer l'ampleur du problème, afin de définir des stratégies et les politiques à prendre en la matière.  L'information et la communication sont également des aspects prioritaires sur lesquels le Gouvernement guatémaltèque met l'accent.  Le Guatemala est déterminé à assumer les principes de la déclaration d’engagement qui sera adoptée à l'issue de la session pour renforcer la motivation des dirigeants à tous les niveaux de la société.

M. ASHOCK KUMAR JUGNAUTH, Ministre de la santé et la qualité de la vie de Maurice : Le faible taux de prévalence du VIH/sida à Maurice est attribuable aux programmes de prévention et à d’autres facteurs tels que l’accès gratuit à l’éducation primaire, secondaire, supérieur et à la santé ainsi qu’à la politique de lutte contre la pauvreté.  Toutefois, le Gouvernement ne perd pas de vue que Maurice peut devenir un pays à haut risque, compte tenu du changement des modes de vie et de la mobilité de la population.  En effet, plus de 700 000 touristes se rendent à Maurice tous les ans et le pays ne peut se servir de son succès en matière de lutte contre le VIH/sida pour négliger les programmes mis en place.  Le Gouvernement a donc proposé la création d’un comité interministériel pour la mise en oeuvre d’une stratégie nationale qui a déjà été élaborée.  En la matière, la volonté politique et le sens de l’initiative de la part des instances dirigeantes sont d’une importance clef pour tout ce qui concerne la prévention. 

Sans le concours des dirigeants politiques, sociaux et religieux, aucun programme, si bien intentionné soit-il, n’aura l’impact voulu.  Il faut noter, dans ce contexte, que Maurice a souhaité que ses programmes soient appuyés par les dirigeants des communautés avant même le premier cas de VIH/sida.  Maurice profite de la session extraordinaire pour lancer un appel urgent à l’industrie pharmaceutique, en particulier, celle qui est impliquée dans la fabrication des antirétroviraux, pour qu’elle change sa mentalité et révise les prix de ces médicaments qui allongent l’espérance de vie des personnes touchées par le VIH/sida, et ce, pour le bien de l’humanité dans son ensemble.

M. VILIAMI TANGI, Ministre de la santé de Tonga : La propagation et les effets du VIH/sida ne respectent pas les frontières régionales ou nationales et n’épargnent aucune communauté.  Même si les cas de sida restent peu élevés dans la région du Pacifique, cela ne suscite aucun sentiment de satisfaction déplacé.  La prévalence du VIH/sida est en augmentation.  Les mesures de prévention et de contrôle sont, de notre point de vue, de la plus haute importance dans la lutte contre cette maladie.  C’est dans ce contexte qu’une stratégie nationale a été mise en place pour réagir contre le HIV/sida à Tonga.  Les domaines prioritaires comprennent le renforcement de la prise de conscience communautaire, l’information sur la façon dont se transmet la maladie et les méthodes de prévention.  Il ne s’agit pas seulement d’un problème de santé.  Son impact social et économique a un potentiel dévastateur dans une petite communauté comme la nôtre et dont la population d’environ 100 000 personnes est disséminée dans plus de 170 îles.  La coordination des activités des différentes institutions concernées est, à cet égard, essentielle.

Nous nous félicitons de la création d’un Fonds mondial destiné à combattre le VIH/sida.  Une nation insulaire du Pacifique comme Tonga ne peut combattre le sida dans la limite de ses seules ressources.  Je souhaite remercier USAID et l’ONUSIDA pour leurs efforts visant à combattre le sida dans la région du Pacifique.  Nous attendons avec impatience de participer à la réunion ministérielle sur le VIH/sida qui se tiendra, en octobre prochain à Melbourne.  Nous considérons cette session extraordinaire comme une opportunité de renforcer les efforts actuels dans leur recherche d’une bonne approche. 

M. VALERY FILONOV, Vice-Ministre de la santé du Bélarus : Jusqu’en 1996, la propagation du VIH/sida au Belarus a été lente, avec entre 5 et 20 nouveaux cas par an, la plupart du temps dus à une contamination par voie sexuelle.  En 1996, du fait de la propagation du virus parmi les consommateurs de drogues injectables, on a enregistré neuf fois plus de nouveaux cas que de 1987 à 1995.  Au 1er juin 2001, 3 587 cas d’infection au VIH/sida avaient été enregistrés dans le pays.  Le mode de contamination le plus répandu est l’utilisation de seringues.  On estime à 80,8% des séropositifs sont des jeunes en âge de se reproduire et 16,59 % d’entre eux ont moins de 20 ans.  Le Programme national pour la prévention du VIH/sida est axé sur la prévention, en premier lieu chez les jeunes.  Les besoins des personnes vivant avec le sida reçoivent une grande attention et des thérapeutiques avancées sont mises à la disposition des malades.  Les activités de lutte contre la propagation du VIH/sida requièrent des dépenses économiques considérables et, étant donné que la mondialisation joue également un rôle dans sa propagation, la coopération internationale est absolument indispensable. 

M. DAVID DE BERSH, Vice-Ministre de la santé de Colombie : Le nombre de personnes infectées par le VIH/sida dans le monde dépassera bientôt le nombre des décès pendant la deuxième guerre mondiale.  Leur nombre en Colombie a été multiplié par trois en seulement deux ans et le pays est conscient des conséquences dévastatrices que cause la maladie sur les plans humain, économique et social.  La politique ferme qui est adoptée en la matière est exprimée dans le plan stratégique national de lutte contre l'épidémie du VIH/sida, qui poursuit notamment les objectifs suivants : consolidation de la coordination intersectorielle et institutionnelle, promotion de la participation sociale, mobilisation du secteur privé, enquêtes, évaluation et surveillance.  Toutefois, l’absence de ressources financières adéquates fait obstacle à l'exécution efficace des programmes.  Celles-ci peuvent être obtenues grâce à la coopération internationale, mais elles peuvent aussi être trouvées grâce à une meilleure rationalisation des coûts qui sont encore très élevés, notamment pour les médicaments.  A titre d'exemple, ce que coûte le traitement d'un seul cas de sida en Colombie, pendant un an, pourrait payer l'affiliation à la sécurité sociale de 200 personnes pour la même durée.  Enfin, les décisions qui seront prises par l'Assemblée générale auront des répercussions sur la survie de l'espèce humaine.

M. HAIK DARBINIAN, Vice-Ministre de la santé de l’Arménie : Dans le pays, 153 personnes touchées par le VIH/sida ont été enregistrées.  Il est néanmoins clair que, dans la réalité, les chiffres sont de 10 à 15 fois supérieur.  Partant, des mécanismes interinstitutions ont été créés, accompagnés de programmes d’éducation pour différents groupes de population.  Des mesures médicales, comme la prophylaxie ou des lois, ont été adoptées et le Gouvernement continue de consacrer d’énormes moyens à la recherche, en coopération du Programme ONUSIDA, de l’OMS et d’autres structures internationales.  Parmi les obstacles, il faut citer l’insuffisance des ressources financières qui ne permet pas l’application de toutes les mesures.  Le Plan du ministère de la santé comprend d’ailleurs un volet “mobilisation de ressources” du secteur public, du secteur privé et aussi de certains acteurs internationaux.

M. MOHAMMAD ABULHASAN (Koweït) : Il faut espérer que le Fonds mondial proposé par le Secrétaire général pourra jouer un rôle de pionnier dans la lutte contre la pandémie du VIH/sida.  Cette pandémie est l’un des plus grands défis au développement.  Tous les Etats du monde ont ressentí les dangers que représente le virus.  Il faut donc saluer la tenue de cette session extraordinaire et tout mettre en oeuvre pour mettre à la disposition de chacun les moyens de se prémunir et de se soigner.  Pour le Koweït, l’un des éléments de la prévention est le respect des préceptes moraux et l’interdiction de certains comportements qui, comme on l’a montré aujourd’hui, sont une des causes essentielles de la pandémie.  En respectant les préceptes de sa religion, le Koweït a permis de limiter l’épidémie.  Mais conscient de la gravité de ce fléau, le Koweït a pris les mesures qui s’imposent au niveau gouvernemental.  A cet égard, le pays appelle les sociétés pharmaceutiques à fournir l’assistance nécessaire aux pays en développement, en particulier aux pays africains.

M. ZAID RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) : La pandémie de VIH/sida a entravé les efforts consacrés à l’amélioration de la qualité de la vie et a provoqué la résurgence de maladies que l’on croyait éradiquées.  L’augmentation du nombre d’orphelins a également intensifié les problèmes de criminalité.  Les droits de l’homme des séropositifs devraient être protégés par les gouvernements et la société civile.  Il faut également lutter contre la honte et la discrimination liées à cette maladie.

M. PARAMANGA ERREST YONLI, Premier Ministre du Burkina Faso : Nous apprécions positivement l’ensemble du contenu du projet de déclaration d’engagement, qui prend largement en compte nos préoccupations dans les divers domaines de la lutte contre le VIH/sida.  Les engagements pris lors du 36ème Sommet de l’OUA et la décision de consacrer 15% des budgets des Etats Membres à la lutte contre le VIH/sida et les infections sexuellement transmissibles s’inscrivent dans cette dynamique.  Au total, le bilan qui peut être fait de la situation est le suivant : de nombreux engagements ont été pris, beaucoup de bonnes intentions ont été exprimées, de multiples promesses ont été faites, aux plus hauts niveaux de l’Etat.  Force est de constater aujourd’hui que les paroles et les déclarations d’intention n’ont pas été suivies de mesures concrètes, d’actes qui viendraient traduire la volonté manifestée par nos gouvernements et combler les espoirs qu’elles suscitaient.  Depuis l’apparition des premiers cas de sida, le Gouvernement du Burkina Faso a mis en place un Comité national de lutte contre le sida doté d’un secrétariat permanent chargé de mener à bien le programme de lutte contre la maladie.  Le 9 mai 2001, le Comité a été érigé en Conseil national de lutte contre le sida et les autres infections sexuellement transmissibles directement rattaché à la Présidence du Burkina Faso, ce qui a confirmé l’engagement du Chef de l’Etat dans cette lutte.  Le Burkina Faso mène cette lutte avec l’appui renouvelé de nos partenaires de développement.  C’est le lieu pour moi de rappeler que Taiwan, acteur important de l’aide au développement, ne saurait continuer à être victime de marginalisation et d’ostracisme.  La République de Chine doit retrouver très rapidement sa place au sein de notre Organisation pour assumer sa part de responsabilité internationale. 

Le Burkina Faso lance un appel pressant pour que, face à cette crise majeure qui frappe l’humanité tout entière, la communauté internationale fasse un effort pour assurer un accès à tous les malades du sida, sans discrimination aucune, aux traitements par les antirétroviraux et autres types de soins appropriés; que les médicaments antirétroviraux soient rendus plus accessibles financièrement mais aussi géographiquement; et que la recherche sur les vaccins et les médicaments se poursuive dans tous les domaines, tant de la médecine moderne que de la médecine traditionnelle.  En outre, mon pays souhaite vivement l’annulation des dettes publiques bilatérales des pays très endettés, notamment ceux qui sont les plus touchés par le sida, et appuie la création d’un Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida et pour la santé.  Il est temps que l’injuste fracture qui sépare les millions de malades et de séropositifs du Sud de ceux du Nord dans les domaines des traitements et des soins soit réduite. A défaut de satisfaire cette exigence minimale de solidarité, pourrions-nous continuer à louer les bienfaits du village planétaire, du monde à géographie zéro ?

Si le sida cause tant de ravages en Afrique, ce n’est pas une malédiction ou une fatalité.  Ce désastre est avant tout un drame de la pauvreté qui conduit à la négation absolue des droits humains les plus élémentaires.  Dans un tel contexte, les seules actions de sensibilisation ne sont pas suffisantes pour prévenir le développement du fléau.  Le Burkina Faso reste fermement convaincu que la lutte contre le VIH/sida est intimement liée à la lutte contre l’éradication de la pauvreté et le développement pour tous.  Cette pandémie vient nous interroger brutalement sur nos devoirs de solidarité, de justice sociale et de progrès partagé. 

M. OWEN ARTHUR, Premier Ministre de la Barbade : La propagation du HIV/sida n'est pas juste une crise sanitaire, c'est aussi une menace économique et sociale qui pourrait provoquer une catastrophe planétaire sans précédent.  Les Caraïbes ont le nombre le plus important de cas de sida enregistrés et nous devons faire face au risque de perdre les générations les plus créatives et éduquées de notre histoire.  Il est à noter cependant que le problème du sida est un problème mondial.  La réponse à donner doit se situer à la même échelle et doit soutenir les plans régionaux et nationaux de lutte contre la pandémie.  Les actions en la matière sont de trois ordres : assurer une information et une éducation efficaces sur la manière d'éviter l'infection, en particulier à l’intention des jeunes, les pauvres et les autres groupes vulnérables; améliorer les traitements et les soins à apporter aux malades sans stigmatisation ni blocage religieux; intensifier la recherche sur les traitements et le vaccin.  Les Caraïbes se sont déjà engagées sur la voie de cette lutte par le biais d'un partenariat Pan caribéen contre le VIH/sida qui s'est tenu, à la Barbade en février dernier, en présence de malades du sida notamment et dont l'objectif était de procurer une approche multisectorielle.  Au niveau national, la Barbade ont désigné leur  programme de gestion, de traitement et d'assistance aux personnes infectées.  Le Gouvernement a également mis en place ce mois-ci une Commission nationale sur le VIH/sida destinée à donner des avis d'ordre politique et à coordonner l'amélioration du programme national.  Cependant, ces efforts doivent être accompagnés par une aide de la communauté internationale et nous soutenons, dans ce cadre, la création du Fonds mondial pour la santé et le sida. 

M. KUMBA YALA, Président de Guinée-Bissau : Le but de la présente session est de rappeler les engagements pris précédemment par les dirigeants du monde en vue d'une prise de conscience mondiale et de la mobilisation de ressources nationales et extérieures nécessaires à la prévention, la prise en charge et le traitement du fléau du VIH/sida.  L'épidémie du VIH/sida représente l'un des défis majeurs pour la survie et pour le développement de l'humanité.  En Afrique, le virus a provoqué une situation d'urgence qui met en péril notre développement, le tissu social et l'espérance de vie des populations.  La Déclaration et le Plan d'action adoptés par les chefs d'Etat africains ont mis en évidence la nécessité d’affecter une partie substantielle des budgets nationaux (au moins 15%) à la lutte contre cette épidémie.  Pour des pays aux moyens limités tels que la Guinée-Bissau, il faut cependant recourir à la solidarité internationale afin de rendre possible leur participation à cette lutte commune.  La Guinée-Bissau s'est engagée à renforcer le processus interne tendant à un diagnostic adéquat de la situation et à la mise sur pied de programmes de prévention et de lutte contre le VIH/sida.  Il est urgent d'intervenir de manière efficiente et coordonnée à l'échelle nationale, régionale et planétaire afin de renverser les tendances.  Une éducation sexuelle adéquate, l'utilisation de préservatifs, l'accès aux structures de santé publique et la mise à disposition de médicaments efficaces sont nécessaires dans la lutte pour combattre cette épidémie.

M. CHARLES JOSSELIN, Ministre délégué à la coopération et à la francophonie de la France : Une victoire attend la communauté internationale à la fin de cette session, c’est celle qui consiste à reconnaître que l’articulation entre prévention et accès aux soins est indispensable et qu’il ne peut y avoir de prévention efficace sans accès aux soins, à tous les soins, y compris aux antirétroviraux.  Mais il reste beaucoup à faire.  La France, avec plusieurs autres pays européens, propose une initiative de solidarité thérapeutique hospitalière.  Par le jumelage entre hôpitaux d’Europe et de pays qui le souhaitent, notamment en Afrique, les professionnels de la santé des pays du Nord aideront leurs collègues du Sud à combattre le fléau.  Il faut aussi que les fabricants de médicaments s’engagent résolument dans une politique de prix différenciés.  L’Europe est prête à les y aider.  De plus, il devrait être possible d’autoriser la fabrication de génériques dans un pays tiers et de donner ainsi une vraie portée aux souplesses offertes par les accords sur les droits de propriété intellectuelle. 

Il y a quelques jours, la France a annoncé un effort supplémentaire.  En effet, elle a décidé que 10% de l’annulation de la dette des pays les plus pauvres seront consacrés à la lutte contre le sida, ce qui représentera un milliard d’euros sur les dix prochaines années.  La France contribuera en outre à hauteur de 150 millions d’euros, sur trois ans, à la constitution du Fonds mondial pour la santé et pour la lutte contre le sida, proposé par le Secrétaire général.  La France veut que ce Fonds puisse financer des actions de prévention et l’accès aux soins des personnes malades.  Enfin, elle plaide pour qu’une partie de l’aide publique au développement (APD) soit consacrée à la lutte contre le sida sous forme de don.  Aujourd’hui, tous les éléments sont donc en place pour que la lutte entre dans une nouvelle phase : la mobilisation politique, la baisse des prix des médicaments, les financements nécessaires au renforcement des politiques de prévention et de traitement. 

Avec tout l’arsenal dont la communauté internationale dispose pour contenir la maladie, elle ne sait pas comment traiter plusieurs milliers de personnes, comment prendre en charge plusieurs centaines de milliers de femmes enceintes, comment atteindre les zones rurales des pays les moins avancés.  C’est pourquoi, le Gouvernement français propose la tenue d’une réunion internationale “de l’engagement à l’action” à Dakar, le 30 novembre et le 1er décembre 2001.  Le but est de dégager un consensus politique sur les méthodes à utiliser.  Rien ne serait plus désespérant pour des millions de personnes malades de savoir que l’argent est disponible et de constater en même temps que rien ne change. 

La France tient aussi à souligner que les droits de certaines catégories de personnes telles que les femmes, les enfants, les homosexuels, les prostituées, les migrants sont encore ignorés.  Or, même dans les pays où la maladie est contenue, ces populations continuent d’être contaminées, en dépit des politiques de prévention.  Ne pas reconnaître aujourd’hui cette réalité est inacceptable sur un plan de santé publique.

M. MOHAMED RAKIEB KHUDABUX, Ministre de la santé du Suriname : Actuellement le taux de contamination par le sida de l'ensemble de la population est relativement bas.  Les mesures préventives prises alors que le taux de prévalence est encore faible sont d'autant plus efficaces en termes économiques et de sécurité humaine.  Sur la période allant de 1997 à 1999, le sida est la deuxième cause de décès chez les hommes de 15 à 44 ans et la troisième chez les femmes du même groupe.  Le taux d'infection est également plus important chez les jeunes, et en particulier chez les jeunes adolescentes.  Ces tendances indiquent que les changements comportementaux ne sont pas assez rapides pour entraîner une réduction du sida.  Afin de contrôler l'épidémie et de promouvoir la prévention, le Suriname a récemment élaboré, en collaboration avec ONUSIDA, l'OMS et d'autres organisations, en particulier des ONG japonaises et néerlandaises, un Plan stratégique pour la période 2003-2007 qui prévoit la participation de tous les secteurs de la société.  Une des pierres angulaires de ce Plan est la plus grande implication des personnes touchées par le Sida.  Grâce à ce Plan, le Suriname s'efforcera également d'atteindre l'objectif de permettre à au moins 90% de la population âgée de 15 à 24 ans d'ici à 2005 et 95% d'ici à 2010 d'avoir accès à l'information, à l'éducation et aux services permettant de réduire leur vulnérabilité à l'infection du sida.

M. LEVISON MUMBA, Ministre de la santé de la Zambie : La pandémie de VIH/sida ravage la Zambie et les Etats membres de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe.  Elle menace l’ensemble du continent africain.  Des trois défis que doit relever notre continent, à savoir le fardeau de la dette, la pauvreté et le VIH/sida, le troisième est le plus ravageur.  Il provoque un recul profond des progrès de développement réalisés depuis 30 ans.  En Zambie, le nombre élevé de personnes infectées par le sida et le coût élevé des traitements et des soins médicaux pèsent lourdement sur le système de santé et sur les ressources nationales.  Les taux de mortalité infantile, maternelle et des personnes d’âge adulte ravagent le groupe des personnes en âge de travailler, ce qui nuit à la croissance économique.  Le VIH/sida crée une immense population d’orphelins.  On estime que la pandémie entraîne une réduction annuelle de 2% de notre produit intérieur brut.  Sans des efforts supplémentaires dans la lutte contre le VIH/sida, ces pertes pourraient s’élever à 20% d’ici à 2010.  En tant que nation, nous avons observé une synergie entre la pauvreté et le VIH/sida.  Le VIH/sida aggrave la pauvreté.  Selon des statistiques récentes, les femmes seraient deux à quatre fois sensibles à l’infection au VIH que les hommes, principalement parce qu’elles ont peu de pouvoir économique et manquent de contrôle sur leur propre vie, en particulier pour ce qui est de leur sexualité.  En Zambie, la féminisation de la pauvreté exige un renforcement des efforts de prévention, de soins et de soutien.  Nous avons intégré la problématique du VIH/sida dans tous nos programmes et politiques.  Des partenariats actifs ont été mis en place entre le Gouvernement zambien et la société civile.  La Zambie commence à récolter les fruits de ses efforts et le taux de prévalence du VIH/sida commence à se stabiliser chez les jeunes et dans les populations rurales et urbaines.  La Zambie salue les initiatives telles que la création du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, auquel elle contribuera financièrement. 

Mme CELIA VILLALOBOS, Ministre de la santé et des affaires du consommateur de l’Espagne : En Europe et, notamment en Espagne, le sida constitue davantage une maladie chronique qu'une menace humaine et sociale.  Cependant, l'Espagne se sent concernée par la façon alarmante dont se propage l'épidémie dans le monde, particulièrement en Amérique latine et dans les Caraïbes.  La lutte contre l'analphabétisme est une priorité, de même que les politiques d'éducation sexuelle et relative aux droits de l'homme.  Il apparaît aussi que la prévention est un élément clef et, dans ce domaine, il faut s'attacher spécialement à la prévention de la contamination des toxicomanes.  Des programmes à cet effet ont été très tôt mis en oeuvre en Espagne, permettant de limiter la propagation du sida.  Leur stratégie requiert un réseau d'assistance aux toxicomanes puissant.  Cet effort de prévention et les avancées thérapeutiques ont permis au pays de modifier radicalement le cours de l'évolution de l'épidémie.  Cependant, dans certaines parties du monde, la situation est très inégale.  Il faut renforcer les capacités locales pour permettre l'accès aux médicaments essentiels et à la thérapie antirétrovirale.  Cela est pourtant insuffisant car il est aussi nécessaire d'améliorer la formation du personnel de santé.  L'Espagne est prête à collaborer au développement et à la mise en oeuvre du Fonds mondial pour le sida et la santé.

M. GIANDOMENICO MAGLIANO, Directeur général de la coopération pour le développement au Ministère des affaires étrangères de l’Italie : Il y a plus de 20 ans, notre objectif était «la santé pour tous d’ici à l’an 2000 » et la promotion d’un système de santé de base, approuvée à Alma Ata, avait été désignée comme la meilleure stratégie pour atteindre cet objectif et sa mise en oeuvre aurait dû aboutir à une transformation en profondeur des systèmes de santé et du processus de développement dans leur ensemble.  Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une crise mondiale, l’épidémie de VIH/sida, inimaginable 20 ans plus tôt.  Des systèmes de santé inadéquats et surtout l’incapacité à gérer les questions sociales sous-jacentes ont contribué à la propagation de la maladie. A ces facteurs s’ajoutent les conflits armés et la pauvreté, et particulièrement l’une de ses plus tragiques manifestations : le manque d’éducation.  Plutôt qu’une « santé pour tous », nous avons aujourd’hui 880 millions de personnes dont l’accès aux soins de santé de base est nié.  Le nombre tragiquement élevé de victimes du sida, en particulier chez les plus pauvres et les plus vulnérables, exige une réponse mondiale.  L’expérience de ces deux dernières décennies nous a enseigné que sans amélioration structurelle des systèmes de soins de santé, et sans projets destinés à améliorer les conditions de vie, on ne peut espérer promouvoir durablement la santé de tous.  Une planification secteur par secteur dans le cadre de laquelle les partenaires publics et privés travaillent de concert en vue d’identifier et de promouvoir les priorités et les besoins ainsi que les ressources internes et externes est importante.  Il faut lancer un processus similaire à tous les niveaux en assurant une coordination forte entre les donateurs bilatéraux et multilatéraux ainsi qu’entre les organes des Nations Unies.  Consciente de la nécessité d’assurer une distribution et un accès équitable des soins de santé, l’Italie fait tout son possible pour faire baisser les prix et encourager la fabrication locale des médicaments.  Nous ne devons pas oublier que la pauvreté, le sous-développement et l’analphabétisme contribuent grandement à la propagation du VIH/sida et que la seule manière de lutter efficacement contre cette maladie est donc de suivre des politiques de développement cohérentes et de favoriser le respect des droits de l’homme, un respect crucial dans la réduction de la vulnérabilité au sida. 

M. JULIO FRENK, Ministre de la santé du Mexique : La pandémie de VIH/sida exige une action qui s’appuie à la fois sur les efforts nationaux et sur les efforts internationaux.  Il faut aussi une démarche intégrée entre prévention, traitement et appui.  Il faut aussi fournir un accès aux stratégies permettant de réduire la transmission périnatale du VIH/sida.  Au Mexique, le sida est intimement lié à la sexualité, ce qui exige un débat ouvert et clair sur cette maladie et les moyens de s’en protéger, notamment les préservatifs.  Des soins intégrés sont proposés aux personnes séropositives dans tout le pays.  La stigmatisation des malades fait l’objet d’une lutte intense afin d’assurer la protection de leurs droits fondamentaux.  L’épidémie est concentrée au sein des groupes à risques et le Mexique veille à renforcer ses efforts de prévention les visant, avec la participation de la société civile.  La coopération multisectorielle régionale et internationale est la meilleure façon d’améliorer la capacité de réaction face à l’épidémie.  Le Mexique approuve la création d’un fonds mondial de lutte contre le VIH/sida.  Il soutient également l’action que mène ONUSIDA. 

M. HEDI M'HENNI, Ministre des affaires sociales de la Tunisie : Les pays africains du Sud du Sahara, en particulier, sont confrontés à d'énormes difficultés pour venir à bout de la pandémie du VIH/sida et pour endiguer la propagation du virus, du fait du manque de ressources économiques.  La Tunisie se félicite de la noblesse des objectifs et des orientations contenus dans le projet de déclaration soumis à l'approbation de cette session.  Elle-même n'a ménagé aucun effort en vue de promouvoir le secteur de la santé en général et de lutter contre les épidémies et les maladies transmissibles.  Pour faire face au VIH/sida, nous nous sommes empressés, dès la parution des premiers cas de contamination, de mettre sur pied un programme national de lutte contre cette maladie et de renforcer notre action en matière d'information, d'éducation et de communication, ainsi qu'en matière de contrôle épidémiologique et pour la prise en charge médicale, psychique et sociale des personnes atteintes et de leurs familles.  La Tunisie a conjugué ses efforts avec ceux des autres partenaires concernés, en particulier les ONG, et a oeuvré depuis 1987 pour assurer la « sécurité transfusionnelle », pour garantir la gratuité des analyses et le traitement des personnes contaminées.  Ainsi, le nombre de cas de contamination a pu être maîtrisé.  La Tunisie a aussi affirmé son engagement à oeuvrer avec la communauté mondiale, par exemple en prenant l'initiative d'organiser une conférence des ministres de la santé des pays de l'Union du Maghreb arabe et des pays du Sud du bassin méditerranéen sur les moyens de prévention et de lutte contre la maladie.  Enfin, elle a appelé à la création d'un Fonds mondial de solidarité et, aujourd'hui, appuie le projet de déclaration d’engagement soumis à l'approbation de cette session extraordinaire.

M. JOSE ROGRIGUEZ SOLDEVILA, Secrétaire d’Etat à la santé publique et à l’aide sociale de la République dominicaine : Le taux de prévalence étant de 2,2% au sein de la population adulte, le pays fait partie des pays les plus touchés par le VIH/sida du continent américain.  Le programme mis en place dans le pays a pour principal objectif de mettre fin à l’épidémie en tenant compte du contexte de pauvreté, des inégalités entre les sexes, d’une migration transnationale et d’un tourisme croissant.  Les prévisions établissent que bientôt, le taux de prévalence passera à 5% dans la population adulte.  Le pays est conscient des zones vulnérables que sont les plantations de canne à sucre, les prisons ou encore les quartiers de prostitution.  Il est également prouvé que la pauvreté absolue facilite la propagation, étant donné que le taux de prévalence est passé de 15 à 20% dans la population pauvre.  Ceci est d’autant plus grave que le pays partage une frontière avec Haïti qui a un taux de prévalence de 5%.  Les économies d’Haïti et de la République dominicaine dépendent de plus en plus des liens transnationaux, de la migration et du tourisme.  Or, ce sont là les éléments responsables de la propagation de la maladie.  

Partant, la vision pandémiologique doit permettre de surmonter les réticences nationales et d’envisager une perspective interrégionale.  Il s’agit d’améliorer les conditions de vie des travailleurs migrants et des autres groupes vulnérables.  Il s’agit de cristalliser les efforts dans une nouvelle conception de la pandémie et d’adapter les mesures aux cultures.  Il faut, selon la République dominicaine, développer un concept d’herméneutique de la solidarité.  Seule une vision selon laquelle le problème est un problème commun permettra les efforts coordonnés nécessaires.  Les efforts dominicains ont connu un certain succès grâce à une coalition entre le Gouvernement et la société civile.  Ainsi, le pays a pu mettre au point des mesures de prévention novatrices à l’intention des groupes vulnérables.  Un des points forts a été l’adoption d’une loi sur le sida et la création d’un Conseil.  Mais les mesures ne veulent pas dire que la menace est écartée.  De nombreux défis se dressent à l’horizon qui imposent l’imagination et la transparence pour renforcer les activités de prévention et de contrôle. 

Dans ce contexte, il convient de protéger les droits des malades, de mobiliser les ressources financières et de palier au manque d’éducation sexuelle au sein de la population.  Dans ce contexte, le pays demande la révision la notion de sécurité qui, jusqu’ici, s’est limitée aux investissements dans l’armement.  Il est temps que les investissements se dirigent vers la santé et que l’on rejette, dans ce cadre, la politique des sociétés  pharmaceutiques qui font  obstacle à la reproduction d’antirétroviraux.  Le pays a d’ailleurs créé des alliances avec les industries pharmaceutiques nationales pour produire des génériques d’antirétroviraux, généraliser dans le système de santé publique les mesures de prévention pharmacologique et assurer une offre de conseils à la suite des tests de dépistage.

Mme ULLA SCHMIDT, Ministre fédéral de la santé de l’Allemagne : Dans la bataille contre le VIH/sida dans le cadre de la politique internationale, le monde entame ces jours-ci une nouvelle forme de partenariat.  Ce n’est devenu possible que lorsqu’il a été largement compris que le VIH/sida est plus qu’un problème de santé et concerne les politiques économiques, de développement et même de sécurité.  Nous espérons que les négociations portant sur la création d’un fonds unique de lutte contre le VIH/sida aboutiront bientôt.  Il faut cependant noter que si un tel fonds peut contribuer à résoudre les problèmes liés au VIH/sida, il n’en sera certainement pas la solution.  En plus de toute la volonté internationale en matière d’aide, les gouvernements des pays affectés et à risques ont également des responsabilités en matière de lutte contre le VIH/sida.  Il faut cependant rendre ces problèmes publics, en les appelant par leur nom.  Cela implique par exemple de lever le tabou lié à l’homosexualité ou de reconnaître les droits fondamentaux des femmes et des fillettes, y compris dans les choix en matière de sexualité.  Nommer et exposer les pratiques à risques est la condition préalable à tout contrôle efficace de l’épidémie de VIH/sida.  En l’absence de vaccin efficace, la prévention reste la meilleure stratégie contre ce virus.  Une prévention efficace et un contrôle de la propagation de l’épidémie de VIH/sida ont une condition préalable incontournable : la solidarité avec les personnes touchées par la maladie.  Les responsables de la lutte contre le VIH/sida doivent aussi relier entre eux  tous les acteurs concernés, par exemple les organisations non gouvernementales, les communautés, les partenaires expérimentés tels qu’ONUSIDA et les sources de soutien dans le cadre du système des Nations Unies.  C’est en grande partie grâce à ONUSIDA que de nombreux pays se sont dotés de plans de contrôle du VIH/sida.  L’Allemagne continuera à apporter tout son soutien au Fonds. 

M. JOAO BERNARDO DE MIRANDA, Ministre des relations extérieures de

l'Angola : L'impact de la maladie du VIH/sida est catastrophique, particulièrement en Afrique, et il en résulte une diminution de la population active, la désintégration des familles et l'aggravation de la pauvreté.  Les pays africains ne sont pas en mesure de faire face seuls aux défis qu'impose la maladie et les Nations Unies, ainsi que la communauté internationale, doivent continuer à apporter une attention particulière au continent africain.  Dans le même temps, il faut mettre en oeuvre des politiques nationales adaptées, avec la participation de la société civile, des ONG, des églises et du secteur privé, en tant que partenaires sociaux de l'Etat.  En Angola, il y a 160 000 personnes infectées et près d'un million devrait l'être d'ici neuf ans.  Le Plan de stratégie nationale, qui vise à prévenir la propagation de VIH/sida, s'est vu allouer 33 millions de dollars.  La campagne en Angola pourrait être plus efficace si cessaient les actes terroristes perpétrés par les groupes armés dirigés par Jonas Savimbi.  Ce dernier doit déclarer un cessez-le-feu unilatéral sans délai, engager le désarmement et coopérer avec les Nations Unies afin de relancer le Protocole de Lusaka.  La stabilisation économique et sociale qui en résulterait, avec le retour des réfugiés et des populations déplacées, renforcerait l'efficacité de la campagne de lutte contre le VIH/sida menée par le Gouvernement.  Enfin, s'agissant de la création du Fonds mondial pour le sida et la santé, l'Angola se félicite de cette initiative et invite la communauté internationale à y contribuer.

M. ALI-AKBAR SAYARI, Vice-Ministre de la santé et de l’éducation de l’Iran : L’assistance internationale peut aider l’Iran comme les autres pays en développement à poursuivre les mesures prises dans le renforcement des plans de stratégie nationaux, le lancement de programes de formation et la création d’un système d’informations liées aux comportements.  Le succès de tout programme dépend d’un examen sérieux des situations nationales et du respect des normes et des valeurs particulières de chaque société.  Dans ce contexte, le rôle des familles et des chefs religieux et de communautés doit être mis en avant.  Les programmes d’assistance internationaux efficaces et adaptés à l’ampleur de la pandémie ne peuvent être surestimés.  Mais il ne fait pas négliger le phénomène de la transmission par injection dans d’autres régions.  Les soins octroyés aux personnes infectées est un impératif.  Cependant, la prévention, dans le sens le plus général du mot, qui se fonderait sur les choix moraux, les comportements sexuels responsables et la promotion et la protection de la famille constitue le bouclier le plus efficace contre la propagation de la pandémie.

M. EDDY BOUTMANS, Secrétaire d’Etat à la coopération au développement de la Belgique : La lutte contre la pauvreté et le développement durable constituent l’enjeu global dans lequel s’inscrit n’importe quel autre défi.  Tous ceux qui connaissent le terrain confirmeront que le “business as usual” ne suffira pas.  Il faut être prêt à revoir les relations socioéconomiques internationales d’une manière fondamentale pour permettre aux pays les plus pauvres de sortir de l’impasse.  Personne n’échappera à la nécessité d’envisager, à un moment ou à un autre, la redistribution des ressources même si cela implique des sacrifices.  L’attention accrue vis-à-vis du problème est, en soi, positive et nécessaire.  Il y a toutefois de grands risques de voir des sommes importantes consacrées à des programmes verticaux de prestige et à des priorités contestables.  La situation actuelle de développement de l’épidémie et, particulièrement l’impact des facteurs sociaux sur sa propagation, implique des réponses et des stratégies multiples, c’est-à-dire à la fois des démarches de prévention et d’action sur les comportements par le biais de l’éducation; d’intervention sur l’environnement social et politique; et d’action thérapeutique.

En ce qui concerne la Belgique, l’un des ses objectifs est de mettre en oeuvre une politique dans le cadre d’une action internationale coordonnée.  Cela est facilité aujourd’hui par l’“International Partnership against Aids in Africa” d’ONUSIDA.  De manière globale, le soutien de la Belgique à la lutte contre le VIH/sida a doublé entre 1999 et 2000.  A ces efforts, s’ajoutent ceux des communautés néerlandophone, francophone et germanophone de la Belgique.  En ce qui concerne le Fonds proposé par le Secrétaire général, la Belgique estime que ce sont les acteurs du secteur public, démocratiquement responsabilisés et les représentants des bénéficiaires qui doivent définir la direction à suivre.  Cette initiative doit aussi permettre un regroupement des forces en rassemblant différents fonds spéciaux existants.  Le Fonds doit en outre s’inscrire dans une stratégie globale de santé et toute activité doit viser le renforcement des capacités existantes et des structures de base tant dans le domaine de la santé que dans d’autres domaines.  La Belgique estime enfin que l’acquisition de produits médicaux doit se fonder sur un système de prix différenciés.

Mme RUTH DREIFUSS, Ministre de la santé, des affaires sociales, de l'éducation, de la science et de la culture de la Suisse : Pour le Gouvernement suisse, la lutte contre le VIH/sida commence en premier lieu par une bonne coordination au niveau national permettant au gouvernement de collaborer avec les autres acteurs de la société, notamment les organisations internationales, les ONG, le secteur économique et celui de la recherche, ainsi que les personnes vivant avec le VIH/sida et leurs familles.  La prévention est d'autant plus importante qu'il n'existe actuellement pas de médicament permettant de guérir cette maladie.  La société civile joue un rôle prépondérant dans ce domaine.  Il est aussi important que les actions de lutte contre le VIH/sida reposent clairement sur les principes de l'interdiction des discriminations et du respect des droits humains.  En outre, il est impératif d'utiliser une partie des moyens financiers supplémentaires pour aider les orphelins du sida.  S'agissant des soins, des traitements et du soutien, ils sont inséparables d'une réaction efficace.  La prise en charge d'un grand nombre de personnes affectées par la maladie nécessite un renforcement des systèmes de santé dans beaucoup de pays en développement et la Suisse soutient l'octroi de moyens financiers supplémentaires à l'appui de programmes multisectoriels et horizontaux.  Finalement, nous devons accroître nos efforts de recherche et de développement d'un vaccin contre le VIH/sida, de microbicides et de médicaments destinés à lutter contre les diverses maladies opportunistes liées au VIH/sida, notamment la tuberculose.  En ce qui concerne les ressources supplémentaires nécessaires, le Gouvernement suisse a notamment décidé de pratiquement doubler sa contribution multilatérale destinée au VIH/sida en 2001, portant sa contribution à ONUSIDA à 4 millions de francs suisses.  Enfin, la Suisse félicite les Nations Unies pour la promotion de l'idée d'un "Fonds mondial pour le sida et la santé".

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