DAR ES-SALAM, STOCKHOLM, CHENGDU ET KATOWICE, QUATRE APPROCHES DE GESTION DE L’ENVIRONNEMENT PRESENTEES CE MATIN A LA COMMISSION THEMATIQUE

7 juin 2001
AG/1155

DAR ES-SALAM, STOCKHOLM, CHENGDU ET KATOWICE, QUATRE APPROCHES DE GESTION DE L’ENVIRONNEMENT PRESENTEES CE MATIN A LA COMMISSION THEMATIQUE

07/06/2001
Communiqué de presseAG/1155

Assemblée générale

25e session extraordinaire

Commission thématique

3e séance - matin

DAR ES-SALAM, STOCKHOLM, CHENGDU ET KATOWICE, QUATRE APPROCHES DE GESTION DE L’ENVIRONNEMENT PRESENTEES CE MATIN A LA COMMISSION THEMATIQUE

La gestion de l’environnement était le thème commun aux quatre cas de politique urbaine présentés ce matin devant la Commission thématique d’Istanbul+°5.  C’est ainsi qu’ont été décrites des opérations de réhabilitation et d’assainissement menées à Dar Es-Salaam en République-Unie de Tanzanie et à Chengdu en Chine ainsi que la stratégie de développement urbain de Stockholm en Suède et le réaménagement industriel de la région de Katowice en Pologne.

Il y a cinq ans les habitants de Dar es-Salaam vivaient dans une cité au réseau routier endommagé et à la collecte des ordures pratiquement inexistante.  Une large fraction de sa population était hébergée dans des logements de fortune.  L’initiative d’habitants d’un quartier défavorisé, relayée par les autorités locales, le Gouvernement de Tanzanie, des organisations internationales, en particulier Habitat, a permis de lancer une opération de rénovation des logements insalubres et de création de services, dont la collecte des déchets, qui a servi de point de départ aux autorités tanzaniennes pour leur Programme national de promotion d’un développement urbain écologiquement durable.

De la même façon, Chengdu était, en 1990, l’une des villes les plus polluées du Sud-Ouest de la Chine.  L’industrialisation s’était traduite par le déversement d’effluents industriels et d’eaux d’égouts non traitées dans les fleuves Fu et Nan qui entourent la ville et font partie du système d’irrigation Dujiangyan construit en 256 avant J.C., considéré encore aujourd’hui comme un ouvrage hydraulique exceptionnel  mais qui avait été négligé au cours des années 7O.  Décrite comme un cauchemar environnemental il y a dix ans, la ville a fait l’objet d’un programme de revitalisation générale lancé en 1993 qui en a fait une ville moderne et propre.  Ce projet a obtenu le Prix Habitat 1998 de la meilleure pratique.

Quant à la région de Katowice en Pologne, le niveau de pollution atteint dans les années 80 était tel que deux tiers de ses ressources en eau ne pouvaient même plus être utilisés à des fins industrielles et encore moins pour la consommation humaine.  Le dioxyde de souffre, la poussière et le monoxyde de carbone rejeté par plus de 4000 cheminées ont conduit la région à enregistrer un des taux de naissances prématurées les plus élevés d’Europe.  L’Union pour le développement durable des municipalités de l’agglomération de Katowice a obtenu des résultats positifs qu’ont présentés le maire de Katowice et la directrice du projet.

« L’un des résultats les plus spectaculaires de près de 100 ans de politique de planification urbaine, c’est qu’il est possible de se baigner au milieu même de la ville », a expliqué quant à lui le Directeur du Département stratégique pour la planification et la gestion de la ville de Stockholm.  Adoptant le concept d’expansion intérieure, cette ville a choisi une stratégie urbaine de développement qui a privilégié la réutilisation d’espaces abandonnés ou obsolètes du centre-ville ou encore la reconversion d’anciennes zones portuaires et industrielles en zones périurbaines mixtes d’habitation et de commerce, desservies par des tramways. 

Le Président de la Commission a indiqué que Mme Elena Szolgayova, Ministre de la construction et du développement régional de la Slovaquie, occupera les fonctions de Rapporteur.

La Commission thématique se réunira à nouveau cet après-midi à 15 heures pour la présentation des cas de Santo Andre (Brésil), de Lyon (France), de la politique de développement urbain du Nigéria et de Barcelone (Espagne).

PLANIFICATION ET GESTION DE L’ENVIRONNEMENT A DAR-ES-SALAAM (REPUBLIQUE UNIE DE TANZANIE)

M. TUMSIFU JONAS NNKYA, Professeur à l’université de Dar Es-Salaam (République-Unie de Tanzanie), a expliqué que le projet de gestion environnementale de Dar Es-Salaam avait été élaboré en 92 mais mis en œuvre seulement en 96.  Il a présenté le profil sociodémographique de son pays en indiquant notamment que 30% de l’ensemble de la population tanzanienne qui est légèrement supérieure à 30 millions d’individus, est urbaine.  Il a précisé également que 51% de la population vit avec moins d’un dollar des Etats-Unis par jour.

Décrivant les caractéristiques de la ville de Dar Es-Salaam, il a indiqué que, située sur les bords de l’Océan indien et dans un système d’espace ouvert, des terrains étaient disponibles à la construction et des plages pouvaient être utilisées dans une optique touristique. Dar Es-Saalam n’est pas exempte de risques environnementaux : zones inondables, érosion des plages, déforestation, quartiers surpeuplés.  C’est cette dernière caractéristique qui a été le point de départ du projet concernant la ville. Ce projet a ensuite été intégré dans le programme national de promotion d’un développement urbain écologiquement durable.  Soixante-dix pour cent des 3 millions de personnes vivant à Dar Es-Salaam vivent dans des installations dont ils n’ont pas le droit d’occupation, a-t-il expliqué, il ne s’agit pas seulement de populations pauvres, certaines catégories aisées connaissent le même problème.  Les services : routes, assainissement... y étaient devenus inadéquats, le commerce informel posait un gros problème, les services d’éducation et de santé se détérioraient.

L’une des raisons qui nous a poussés à planifier l’environnement a été les limites de la gestion technocratique de planification urbaine qui ne tenait pas assez compte des relations entre urbanisation et environnement, a-t-il indiqué.  Il y a rappelé que la Tanzanie avait longtemps suivi des politiques socialistes à gestion centralisée et ce n’est qu’au milieu des années 8O que le pays a commencé à s’ouvrir à l’économie de marché. 

Des consultations ont été engagées avec le secteur privé et la population qui ont fait ressortir deux problèmes prédominants : le traitement des déchets solides et des services informels non réglementés ou inexistants.  Il fallait obtenir la participation de la collectivité.  Un groupe de travail constitué de l’Association du quartier Hannah Nassif, le PNUD, le Conseil municipal a été mis en place.  Le système de drainage et les routes ont été améliorés.  Un système de microcrédits a été créé pour aider au lancement d’entreprises.  Nous privilégions les projets créateurs d’emplois.  La communauté a réalisé elle-même les travaux contre rémunération.  Un des bénéfices a été l’amélioration de la situation sanitaire.  Le paludisme notamment est passé de 4 000 à 2 000 cas en 2001.  Le système de ramassage des ordures a été organisé par un groupe de femmes.  La valeur foncière a augmenté, les propriétaires perçoivent des loyers plus élevés. 

La réorganisation du système de ramassage des déchets a bénéficié de l’appui du PNUD, du BIT et de la Fondation Ford.  Nous souhaitions utiliser les ressources du secteur privé.  Des conseils communautaires ont été créés et certaines communautés jouent le rôle de sous-traitants, collectent les ordures, nettoient les routes, ce qui a permis la création d’emplois et la sensibilisation de la population à l’intérêt de la collecte et de l’hygiène.

Aujourd’hui tous les quartiers de la ville sont couverts par ce programme et un partenaire s’occupe du recyclage.  L’expérience a été reprise au niveau national grâce à une collaboration avec d’autres entités telles que le projet Ismaïlia d’Egypte dont il a été question hier.  C’est un projet évolutif, nous n’avons pas atteint l’ensemble des objectifs que nous nous étions fixés mais des progrès importants ont été accomplis.  Nous savons désormais comment travailler avec les différents partenaires.  Le capital institutionnel et social que nous avons créé, la confiance sociale, nous permettent maintenant d’envisager d’autres projets.  

Dialogue

M. REUBEN MUTISO du Kenya qui animait le débat sur le cas présenté par la Tanzanie, a relevé l’importance du partenariat et de l’approche participative et notamment de la participation des femmes et des pauvres.  Il a également souligné les effets du projet sur la pollution urbaine et la prévention de maladies. 

En réponse aux observations et questions posées par le Vice-Président de la Commission, M. Matamoros du Venezuela,et les représentants de la Guinée, de l’Indonésie, du Botswana, du Kenya et du Japon, M. TUMSIFU JONAS NNKYA a précisé que son pays s’était doté d’une législation en matière d’environnement, qu’un conseil chargé de la gestion de l’environnement avait pu mettre en place une politique à cet égard notamment dans le domaine des établissements humains et qu’une révision de la législation avait été lancée pour prendre en compte la dimension environnementale.  A propos des méthodes utilisées pour mobiliser des ressources, il a indiqué que tout était parti d’une démarche des habitants réclamant aux autorités locales l’installation d’un tout-à-l’égout.  Ne pouvant assumer les coûts de cette installation, celles-ci s’étaient tournées vers les organisations internationales déjà mentionnées et c’est en partenariat avec ces organisations que la mobilisation des fonds avait été entreprise.  Le Gouvernement de Tanzanie a également fourni des ressources.  Aux préoccupations quant à l’incidence de l’augmentation des loyers sur les ménages à faible revenu, le délégué a répondu que le problème ne se posait pas car tous les habitants étaient propriétaires mais que, dans le cadre du Programme, un groupe de travail sur le développement des villes étudiait cette question qui se pose inévitablement par ailleurs dans un contexte de développement urbain.

Il n’y a pas eu de conflits entre l’administration et les citoyens probablement en raison de la grande décentralisation des pouvoirs publics, a affirmé le délégué, répondant à une autre question.  Il n’a pas non plus été nécessaire de procéder à des relogements; nous ne nous sommes pas strictement conformés aux normes en vigueur et dans certains cas, même si une partie d’une maison était démolie, les habitants n’ont pas été relogés.  Il est d’ailleurs intéressant de noter que nous n’avons pas eu de demandes d’indemnisation.

Pour plus d’informations sur ce programme, contacter Mme S.T. Sijaona, Ministry of Lands and Human Settlements Development, Dar es Salaam, Tanzania, tel. 255 22 2124576, fax. 255 22 2113165, courrier électronique : makazi@africaonline.co.tz

SUEDE : LE DEVELOPPEMENT DURABLE DE STOCKHOLM

Dans sa présentation M. MATS PEMER, Directeur du Département stratégique pour la planification et la gestion de la ville de Stockholm, a indiqué que la ville intra-muros rassemble 750 000 habitants, mais si l’on considère l’agglomération avoisinante, ce sont quelque 1,5 million de personnes qui y vivent.  Il s’agit d’une ville à la fois très verte et très bleue, en raison de la proximité de la mer Baltique.  Le développement de Stockholm vise à encourager le développement économique et touristique tout en respectant sa structure naturelle et son héritage.  L’un des résultats les plus spectaculaires de près de 100 ans de politique de planification urbaine, c’est qu’il est possible de se baigner au milieu même de la ville. 

Aujourd’hui de nouveaux défis se posent.  Des questions liées à l’environnement ont surgi en raison principalement de l’augmentation de la circulation.  Du fait du grand nombre d’espaces verts protégés, il est assez difficile de trouver de nouveaux sites pour répondre à la croissance de la ville.  Il a donc fallu élaborer un nouveau plan stratégique, qui a rassemblé tous les partenaires, y compris les ONG.  L’un des axes principaux de cette stratégie est de réutiliser les espaces du centre-ville devenus obsolètes ou abandonnés.  Il s’agit du principe de “l’expansion intérieure”.  Une attention particulière a aussi été accordée au système de transports afin d’améliorer les communications entre la périphérie et le centre, rendues complexes par le fait que la ville est en fait un archipel.  Les zones industrielles seront aussi utilisées de manière mixte en tentant de les rendre écologiquement viables.  Actuellement c’est à Hammarby qu’est mis en place ce projet-pilote.  On profitera aussi des possibilités de transports qu’offrent les canaux pour essayer de réduire l’utilisation des automobiles.  Un autre projet-pilote concerne la “ville scientifique” de Kista, anciennement ville à problèmes et ayant une forte population défavorisée.  L’objectif est là d’améliorer tant les transports que les équipements et de construire une cité des sciences pouvant créer des emplois.  Pour encourager le recours aux transports publics, le prix des billets et des abonnements a été fixé à un niveau très raisonnable.  C’est la création d’un réseau qui a permis de développer un véritable lien entre le centre-ville et les banlieues autour de Stockholm.  La Ville de Stockholm est pleinement consciente que la protection de l’environnement permet d’améliorer sensiblement la qualité de vie des habitants.  C’est pour cela aussi qu’une “carte verte” de la ville a été dressée afin que les espaces verts continuent de se multiplier et qu’un nouveau programme environnemental, fondé sur le dialogue entre tous les partenaires, soit mis en place. 

Dialogue

Ouvrant le dialogue en sa qualité d’animateur, M. TOSHIYASU NODA, Conseiller pour la préparation anticatastrophe du Japon, a déclaré que l’on pouvait parler véritablement avec cet exemple de bonnes pratiques et de respect du programme Habitat.  Pour parvenir à une ville compacte, il faut disposer d’une bonne stratégie, non pas pour utiliser de nouvelles terres mais utilisées les terres déjà aménagées.  C’est en réduisant les distances que l’on peut améliorer le futur des banlieues.  M. Noda a aussi souligné l’importance du réseau qui a été créé.  Il a tout particulièrement salué l’attention à la protection de l’environnement qui est apportée en favorisant notamment les transports publics ferroviaires.  La participation des communautés s’avère une fois de plus fondamentale.

Réagissant aux commentaires formulés par les délégations et notamment par le représentant de l’Allemagne sur la difficulté de réaménager les banlieues,

M. PEMER a fait remarquer que le centre-ville de Stockholm est l’endroit le plus peuplé du pays.  L’un des problèmes, c’est que par conséquent, il s’agit de l’un des plus chers.  Il s’est accordé avec le représentant du Venezuela pour reconnaître l’importance d’adopter une stratégie de planification urbaine à long terme.  Suite à une question du représentant de la Belgique, il a indiqué que la ville de Stockholm est propriétaire de plus de 70% des terres de l’agglomération.  Ces terres sont louées sur le très long terme ce qui revient à traiter la question comme si la ville n’en était pas vraiment propriétaire.  Il faut donc négocier avec le secteur privé qui, s’il n’est pas propriétaire du terrain, est cependant propriétaire des immeubles qui sont construits. 

Au représentant du Maroc qui lui demandait quelle est la différence majeure entre la politique des villes-nouvelles des années 50 et 60, où il fallait construire pour le  plus grand nombre et les villes-nouvelles actuelles, M. Pemer a répondu que dans les années 50-60, l’idée principale était d’avoir une zone résidentielle d’un côté et une zone de travail de l’autre, ce qui a engendré d’importants problèmes, comme on s’en est rendu compte au fil des années.  C’est pourquoi, maintenant l’on s’efforce de créer désormais des quartiers mixtes, à la fois résidentiels, commerciaux et lieux de travail.  Pour ce qui est de la reconversion industrielle, ce qui s’est passé c’est que la plupart des entreprises traditionnelles qui étaient autrefois à Stockholm ont quitté la ville.  Désormais, ce sont des entreprises type Internet, soit de la nouvelle économie, qui occupent le centre-ville et n’ont pas besoin d’autant d’espace.  Suite aux commentaires du représentant du Royaume-Uni, il a expliqué qu’à Stockholm, c’est une société publique qui est responsable des transports publics, toutefois de nombreux entrepreneurs privés sont associés au développement des transports.  Aux observations formulées sur le concept “d’expansion intérieure”, M. Pemer a précisé que selon les estimations, il y a suffisamment de terres pour gérer la croissance de Stockholm pour les 30 prochaines années.  Il a reconnu qu’il y a effectivement un risque de voir partir les populations à bas revenus des centres-villes, toutefois la ville lutte contre ce phénomène d’exode des catégories moins favorisées par un contrôle des loyers.

Dans ses observations de conclusion, M. NODA a mis l’accent sur l’importance de l’attachement de la ville de Stockholm au concept du développement humain durable.  Cet exemple devrait être pris en compte par les autres villes où la population continue de croître.

Pour de plus amples informations sur le programme de la ville de Stockholm contacter : M. Mats Pemer à mats.pemer@sbk.stockholm.se

REVITALISATION GENERALE DU MILIEU URBAIN A CHENGDU (CHINE)

M. SHAOXIONG WANG, maire-adjoint de Chengdu, a décrit Chengdu, dans le Sud-Ouest de la Chine, comme une ville aux 2300 ans d’histoire, autrefois point de départ de la route méridionale de la Soie, aujourd’hui centre technologique et commercial important.  Les rivières qui l’entourent font partie du réseau d’irrigation Dujiangyan, commencé avant notre ère, qui lui-même part du système de la rivière Yang Tsé, a-t-il expliqué.  Au fur et à mesure de l’industrialisation de la région, ces rivières s’étaient progressivement transformées en fossés sales et malodorants.

Le contrôle des inondations était un des tout premiers objectifs du projet de revitalisation de Chengdu, le rétablissement de la qualité des eaux constituant un objectif à moyen terme, a-t-il indiqué.  Le projet incluait également la réhabilitation de la vieille ville.  La réinstallation de 30 000 familles, plus de 100 000 personnes au total, en constituait la partie la plus difficile.  Les autorités municipales ont fourni les terrains et des subsventions ont été allouées aux familles et entreprises relogées.  Les femmes et les personnes handicapées ont bénéficié de mesures privilégiées.  Les réinstallations ont été réalisées en 18 mois sans aucun litige.  La rénovation urbaine s’est traduite par la réalisation de 12 docks, 42 km de rives, 18 ponts spécialement conçus pour résister aux inondations. 1600 entreprises ont dû prendre des mesures antipollution.  Les rejets industriels ont diminué de 85%.  Un système de drainage a été installé le long de la rivière.  Un système de traitement des eaux usées a été installé.  Des espaces verts ont été plantés.  Des squares et des pavillons évoquant le passé culturel de la ville ont été installés.  Trente-six kilomètres de routes ont été construits. 

Cette réalisation nous a permis d’élaborer une stratégie de développement durable.  Du plan initial visant à contenir les inondations on est passé à une amélioration de l’infrastructure urbaine impliquant la participation du public.  Le concept de croissance durable et l’amélioration des normes environnementales n’ont jamais été perdus de vue.  Au lieu d’une démarche à objectif unique, c’est un plan d’ensemble qui a été mis en place.  Entre 1994 et 1999, cette opération a coûté 366 millions de dollars qui ont été apportés par le gouvernement central, le gouvernement local de Sichouan, par les sociétés immobilières, des partenaires intéressés et des dons.  Des partenariats ont été établis avec différents investisseurs et des sociétés immobilières.

M. Wang a insisté sur le fait que la clef du succès avait résidé dans l’adhésion du public.  Les comités communautaires ont parlé du projet, mobilisé les fonds et organisé des actions bénévoles, a-t-il expliqué.  Il y a eu par ailleurs combinaison d’une action gouvernementale et d’une démarche marketing.  Nous avons également géré l’opération de façon très stricte dans le respect des normes internationales, en recourant à d’appels d’offres notamment.  Le projet a reçu le Prix Habitat 1998 de la meilleure pratique.

Dialogue

Au cours du débat animé à nouveau par M. Toshiyasu Noda du Japon, le maire-adjoint de Chengdu a répondu aux questions posées par les représentants de la Fédération de Russie, l’Indonésie, le Royaume-Uni et l’Allemagne.  Il a expliqué notamment qu’en matière de mobilisation de fonds, tous les systèmes existants avaient été sollicités, un large éventail d’institutions avait été contacté et que par ailleurs, la plus-value foncière découlant de la réhabilitation avait été utilisée pour dégager des ressources qui avaient servi par exemple à la construction de routes.  Des accords ont été passés avec les investisseurs.  Les entreprises immobilières qui ont pris en charge le relogement des familles, ont bénéficié de taux d’imposition réduits.

Il a indiqué que le suivi du projet était dans certains cas pris en charge par les partenaires du projet.  La Banque mondiale par exemple, qui a consenti un prêt dans le cadre de l’opération de relogement, s’est chargée du suivi de cette opération.  En ce qui concerne le processus de régulation du cours des rivières, il a précisé qu’un réservoir avait été créé en amont ainsi que des installations en aval pour éviter la sédimentation.  Les familles ont été relogées dans un endroit un peu moins central, a-t-il précisé, mais toujours dans les limites de l’agglomération.  Elles ont accepté cet éloignement un peu plus important parce qu’il était compensé par des logements plus grands situés dans des quartiers offrant toutes les infrastructures nécessaires.

Pour plus amples informations sur ce programme, contacter M. Liu Xuegui, courrier électronique : wsxhja@yeah.net

POLOGNE : AMENAGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX A KATOWICE

C’est le maire de Katowice, M. PIOT USZOK, qui a présenté le programme pour le développement durable des municipalités de l’agglomération de Katowice.  Il a expliqué qu’un syndicat de développement de l’agglomération, dénommé Union pour le développement durable des municipalités de l’agglomération de Katowice, a été créé et depuis 1996, il s’attache à remédier aux effets néfastes sur l’environnement et la santé de l’industrie lourde implantée dans la région.  L’agglomération rassemble environ 50 municipalités et compte près de 4 millions d’habitants.  La restructuration de l’industrie associée aux changements politiques ont posé un certain nombre de problèmes nouveaux à Katowice.  La création d’une structure unique de gestion urbaine s’est avérée la solution pour cette région, elle a aussi permis de renforcer les capacités de toute l’agglomération.  L’un des buts de la réforme était aussi de décentraliser l’autorité et de confier davantage de tâches aux pouvoirs locaux.  Ce faisant, les différentes parties prenantes ont été associées au processus.  M. Uszok a ajouté que le projet, qui a été pleinement achevé, a été récemment dissout faute de ressources financières suffisantes.

Mme JUSTINA GORGON, Directrice du Projet, a fait le point des résultats obtenus, expliquant que l’accent était mis sur la qualité de l’environnement et la qualité de la vie.  Il s’agissait de préparer le cadre urbain de la transformation de toute l’agglomération.  Cinq groupes de travail distincts ont permis la réalisation du projet.  Ils mettaient notamment l’accent sur le traitement des zones polluées, la gestion des eaux usées et des déchets et la réutilisation des zones industrielles.  Parmi les activités entreprises, l’accent était mis également sur la formation ainsi que sur la collecte d’informations.  C’est ainsi qu’ont pu être élaborés une liste d’indicateurs urbains et le profil écologique de la région.  Selon le souhait des diverses villes participantes, l’un des objectifs était aussi de répondre au problème du déclin industriel.  Etant donné le grand nombre de zones postindustrielles, les possibilités de répéter ce projet pilote ont été l’un des aspects les plus intéressants. 

Dialogue

Animant de nouveau le dialogue, M. REUBEN MUTISO (Kenya) a salué l’intérêt de l’exemple de l’agglomération de Katowice pour toutes les villes souffrant également des effets néfastes de l’industrie lourde, et particulièrement de l’exploitation minière, et d’une détérioration de l’environnement.  L’expérience présentée montre que des solutions sont possibles si l’on procède notamment à une véritable concertation.  La politique adoptée prévoit une démarche durable et participative et prend soin également de la réplicabilité du projet.  M. Mutiso a demandé à la délégation polonaise de fournir des précisions sur les sources de financement du programme mis en place.

Aux représentants de la Belgique et du Mexique qui s’interrogeaient sur la manière dont Katowice avait utilisé les indicateurs urbains, Mme GORGON a expliqué que Katowice avait coopéré avec quatre grandes autres villes polonaises pour élaborer la liste d’indicateurs.  L’on s’est aussi servi des indicateurs urbains fournis par le programme Habitat.  Deux types d’indicateurs ont été établis, ceux relatifs à l’état de l’environnement et ceux relatifs à la qualité de l’intervention institutionnelle en faveur de l’environnement.  Répondant aussi à une question de la représentante de la Jamaïque, elle a fait remarquer que même si l’industrie lourde était essentiellement une industrie masculine, les membres du Projet de réaménagement étaient en majorité des femmes.

Répondant à la question de l’animateur, le maire de Katowice a indiqué que le projet avait été principalement financé par les autorités centrales et locales ainsi que par la Banque européenne du développement et la Banque mondiale.  L’un des principes de base adopté a été de remettre en état les zones industrielles qui étaient situées proches du centre-ville plutôt que de rechercher de nouveaux espaces de développement dans les zones forestières.  Le budget du projet sur quatre ans était de 200 millions de dollars, a précisé M. Uszok.  Aux nombreux commentaires sur l’organisation administrative et juridique et l’intégration d’entités très diverses en une zone métropolitaine, et notamment aux représentants de l’Allemagne et de la Suède qui se demandaient comment s’était fait le partage des compétences entre les municipalités et entre ces dernières et l’autorité régionale, il a indiqué que le rôle de la ville s’était considérablement accru suite à ce projet.  Si la participation et la coopération entre les différents niveaux de gouvernement ont posé un problème complexe, elle s’est en définitive bien déroulée.  Pour ce qui est du développement des petites villes situées à proximité d’une grande ville, M. Uszok a expliqué que les nombreux emplois créés dans les grands centres urbains rejaillissent souvent sur les petites villes satellites.  Ainsi sur 100 emplois créés, 60% sont occupés par des personnes résidant dans ces villes satellites avoisinantes.  Il a ajouté que, dans la mesure où ces emplois créés sont surtout dans les secteurs des services et du commerce, ce sont les femmes qui en ont le plus largement profité.

En conclusion, M. Mutiso a estimé que l’une des caractéristiques les plus fortes du projet était la coopération verticale et horizontale à laquelle on est parvenu.  Il s’est aussi dit impressionné de voir que l’on avait réussi à passer d’une situation de concurrence entre les villes à celle de collaboration et de coopération.  La réplicabilité du projet lui est apparue comme un élément particulièrement satisfaisant.  Quant aux résultats concrets, il en a identifié trois principaux, à savoir : l’amélioration de l’environnement urbain, la réduction de la pollution urbaine, et le renforcement des capacités pour les stratégies de développement et la gestion de l’environnement.

Pour de plus amples informations sur le programme de l’agglomération de Katowice contacter : M. Piot Uszok à prezydent@um.katowice.pl.

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Des documents détaillés sur les expériences présentées peuvent être consultés sur le site www.istanbul5.org.

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