SEULE UNE ACTION GLOBALE PERMETTRA DE FAIRE FACE AU DEFI DE L’URBANISATION CROISSANTE ET DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE GALOPANTE DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT

6 juin 2001
AG/1152

SEULE UNE ACTION GLOBALE PERMETTRA DE FAIRE FACE AU DEFI DE L’URBANISATION CROISSANTE ET DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE GALOPANTE DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT

06/06/2001
Communiqué de presseAG/1152

Assemblée générale

25e session extraordinaire

2e séance plénière - après-midi

SEULE UNE ACTION GLOBALE PERMETTRA DE FAIRE FACE AU DEFI DE L’URBANISATION CROISSANTE ET DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE GALOPANTE DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT

Il est difficile de coordonner la mise en œuvre du Programme pour l’habitat depuis la périphérie du système des Nations Unies, déplore la Directrice exécutive d’Habitat

Mme Anna Tibaijuka, Directrice exécutive du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH, Habitat), a rappelé que 25% de l’humanité ne bénéficient pas d’un logement convenable et que, dans certaines villes, 70% de la population sont condamnés à vivre dans des taudis et des bidonvilles où se propagent le VIH/sida et la tuberculose, devant les participants à la session extraordinaire de l’Assemblée générale consacrée à l’examen et à l’évaluation d’ensemble de l’application du Programme pour l’habitat qui se poursuivait cet après-midi.  Il est difficile de coordonner et de surveiller le Programme pour l’habitat depuis la périphérie du système des Nations Unies, a-t-elle ensuite déploré. 

A l’instar de M. Joan Clos, président de l’Assemblée mondiale des villes et autorités locales et maire de Barcelone, la Directrice exécutive a également estimé que, sans renforcer le rôle des autorités locales, nous ne pouvons espérer améliorer les conditions de vie des populations.  Se faisant l’écho des gouvernements locaux du monde entier, M. Clos a estimé que dans un monde global, un gouvernement local est la seule manière de garantir la cohésion sociale et de faire en sorte que la ville soit un facteur de cohésion quotidien.  Nous sommes prêts à tenir le rôle qui nous incombe dans ce contexte mais nous réclamons des Nations Unies une reconnaissance adéquate, a-t-il souligné.  Les représentants de la Belgique, de la Suisse et du Mali ont confirmé le rôle important de la décentralisation dans le domaine des établissements humains, mais le représentant de la Chine a estimé que toute propension à ignorer les conditions nationales et à affaiblir le rôle du gouvernement central en insistant sur « l’autonomie locale » peut avoir des effets négatifs sur la stabilité sociale et le développement économique. 

« Pour les défavorisés du monde, Istanbul est symbole d’espoir et de mieux vivre.  Istanbul+5 ne doit pas décevoir cet espoir et doit devenir le symbole d’un véritable changement vers plus de démocratie, moins d’inégalité sociale et plus de chances pour tous », a déclaré le Directeur général de l’Office fédéral du logement de la Suisse.  Le défi est immense, a estimé, pour sa part, le Ministre de l’équipement, de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’urbanisme du Mali. 

(à suivre - 1a)

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Evoquant les problèmes que pose une urbanisation croissante due à une démographie galopante, il a souligné qu’il s’agit d’un lourd fardeau pour les pays en développement et a appelé la communauté internationale à rechercher la solution aux problèmes d’habitat dans le cadre global du développement par des actions spécifiques de lutte contre la pauvreté.  La solution sera globale ou ne le sera pas, a-t-il prévenu en soulignant que les questions d’environnement, de santé, de sécurité et d’immigration relèvent du village planétaire.

Relevant à son tour l’enjeu que représente le respect des engagements pris à Istanbul et la mise en œuvre des orientations du Programme pour l’habitat à Djibouti, « Cité-Etat » où 80% de la population vivent dans les villes, la représentante de Djibouti a préconisé une politique d’équipements et de logements qui vise à un emploi optimal et équitable des faibles ressources disponibles.  Dans cet esprit, le Ministre du logement de la Malaisie a estimé que compte tenu du coût de la construction des logements, il serait judicieux de créer un fonds pour le développement des infrastructures dans les pays en développement, y compris les logements.  S’il a accueilli avec satisfaction l’initiative visant à créer un fonds mondial de solidarité pour la lutte contre la pauvreté, ce représentant a néanmoins estimé que la pauvreté ne doit pas être traitée de manière disparate mais faire l’objet d’une stratégie intégrée ayant en son centre le développement des infrastructures. 

Le Secrétaire d’Etat chargé du logement de la région Bruxelles-Capitale de la Belgique a, pour sa part, regretté que, 25 ans après la première conférence d’habitat, le sort des plus vulnérables ne se soit pas amélioré et que les bidonvilles n’aient fait que croître, rappelant que la Déclaration de Vancouver adoptée en 1976 proclamait que « disposer d’un logement et de services suffisants est un droit fondamental de l’homme et les gouvernements ont donc le devoir de faire en sorte que tous leurs ressortissants puissent exercer ce droit. »  Il a cependant précisé, citant le Haut Commissaire aux droits de l’homme qu’approuver le droit à un logement décent n’implique pas que tout un chacun peut revendiquer la propriété d’une habitation.  Les gouvernements sont tenus de créer les conditions juridiques et administratives pour chacun d’accéder à la propriété, mais n’ont pas l’obligation de mettre un logement à la disposition de chaque individu.  Et ils ont aussi pour mission de fournir un logement adéquat aux plus vulnérables, lorsque ceux-ci se trouvent dans l’impossibilité de s’en procurer un, a ajouté le Secrétaire d’Etat.  Les représentants de plusieurs pays ont ainsi cité les mesures prises par leurs gouvernements pour assurer un abri aux populations en situation précaire et, dans cet esprit, le représentant du Bangladesh a indiqué que son Gouvernement a adopté une loi interdisant une expulsion si un relogement n’est pas prévu.

Les ministres et représentants des pays suivants ont pris la parole : Luxembourg, Barbade, Swaziland, Brésil, Chine, Bahamas, Norvège, Croatie, Pologne, Inde, Nicaragua, Portugal, Egypte, Pérou, Belize, Autriche, Pakistan, Kazakhstan, Espagne, Colombie, Bangladesh, Danemark et Guatemala. 

La session extraordinaire de l’Assemblée générale se poursuivra demain, jeudi 7 juin à 9 heures. 

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Examen et évaluation des progrès accomplis dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat; autres mesures et initiatives visant à surmonter les obstacles entravant la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat; déclaration sur les villes et autres établissements humains en ce nouveau millénaire

Débat

M. FERNAND BODEN, Ministre des classes moyennes, du tourisme et du logement du Luxembourg : Le développement humain ne peut avoir lieu sans le renforcement des droits fondamentaux de l’homme.  C’est dans ce contexte que, lors de la réunion d’Istanbul, j’avais qualifié cette Conférence de chance réelle pour l’être humain de redécouvrir l’habitat et d’accorder à toutes les populations le propre « droit à un habitat adéquat ».  Sur le plan intérieur, la situation du Luxembourg en terme de logement vis-à-vis des autres pays occidentaux est exceptionnelle.  En effet, il s’agit du seul pays occidental à envisager l’hypothèse d’une augmentation de la population résidente de l’ordre de 30% dans les vingt années à venir.  Or, depuis des années déjà, le Gouvernement constate une stagnation, sinon une réduction dans la production de logements.  Dans un contexte marqué par un manque d’offres en logements par rapport à la demande, ce qui a également un fort impact sur les prix, la politique du logement constitue une priorité pour le Gouvernement. 

Si le droit de chaque individu à un logement constitue une priorité, les moyens mis en œuvre à cette fin sont le Plan national pour le développement durable, le Programme directeur de l’aménagement du territoire, le Carnet d’habitat, le programme quinquennal de construction d’ensembles, les projets d’assainissement de quartiers en déclin et la création de zones de réserves foncières.  Le Gouvernement a également élaboré un programme ambitieux portant sur la reconversion des anciens sites industriels sidérurgiques en zones réservées à de nouveaux établissements humains.  Concernant l’accès au logement, le Gouvernement a mis en œuvre toute une série d’aides à la personne.  En termes de bonne gouvernance administrative, le Gouvernement du Luxembourg désire œuvrer en faveur d’une démocratie plus participative.  Depuis l’an 2000, le Luxembourg a atteint l’objectif visant à consacrer 0,7% de son PNB à l’Aide publique au développement. 

M. GLINE CLARKE, Ministre du logement et des biens fonciers de la Barbade : L'examen quinquennal arrive à un moment approprié car le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH-Habitat) est en pleine réorganisation et la mondialisation s'intensifie.  Le coût croissant de la terre est une préoccupation grandissante.  La disponibilité de la terre dans le "couloir urbain" de la Barbade est sans arrêt revue à la baisse.  La terre et les marchés dans les petits Etats insulaires ne fonctionnent pas aussi bien que dans les pays développés.  L'intervention de l'Etat est souvent nécessaire pour protéger les plus vulnérables.  La Barbade a créé un programme bancaire de la terre par le biais duquel les personnes qui ont des revenus modérés peuvent acheter de la terre à un prix abordable. 

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Le programme du renouveau urbain a connu un grand succès, notamment en ce qui concerne l'aménagement urbain et la fourniture de prêts et le transfert de titres de propriété à des prix subventionnés.  Il faut utiliser les aspects positifs de la mondialisation.  Il faut par exemple utiliser des technologies qui résistent aux ouragans.  Il est surtout nécessaire de protéger les locataires.  La Barbade a mis en place un nouveau code de la construction.  L'impact de la Conférence doit être important et donner un nouvel élan pour atteindre notre objectif qui est de fournir un logement convenable à tous et d’assurer le développement durable des établissements humains.  

M. ALBERT H.N. SHABANGU, Ministre du logement et du développement urbain du Swaziland : Le Gouvernement a mis en place un cadre politique et juridique favorable au développement d’établissements humains durables, initiative qui a été suivie par le lancement de divers programmes et projets.  Dans ce cadre et avec la coopération de la Banque mondiale, le Swaziland est en train de procéder à la réhabilitation des établissements humains informels dans ses deux principales villes qui devrait bénéficier à plus de 15 000 familles.  En juillet 2000, ce projet de réhabilitation a été parmi les 18 projets qui ont reçu le prix du développement social de la Banque mondiale, récompense attribuée aux meilleurs des 380 projets déjà salués par la Banque.

Outre ces efforts, le Conseil national du logement a pris la décision d’offrir à la location ou à l’achat plus de 1 500 unités de logements à l’intention des revenus faibles ou moyens.  Ces succès ont été enregistrés grâce à des partenariats avec les communautés concernées, les institutions publiques, les autorités locales, les conseils immobiliers, les ONG et le secteur privé.  S’agissant de la gouvernance urbaine, le Gouvernement a organisé des élections démocratiques au niveau des autorités locales.  Ainsi, bien que récente, l’Association nationale des autorités locales (SNALA) fait déjà partie des Unions africaine et internationale des autorités locales.  Néanmoins, le Swaziland se heurte à des problèmes liés à la nécessité d’assurer la sécurité d’occupation, de prendre soin des ménages dirigés par les orphelins du VIH/sida et de mobiliser les ressources financières et techniques requises.  L’assistance financière demeure donc cruciale.

M. OVIDIO ANTONIO DE ANGELIS, Secrétaire spécial pour le développement urbain du Brésil : Malgré la situation externe négative, le Gouvernement brésilien a pu respecter la plupart des engagements contractés à Istanbul.  Des mesures ont été prises dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’assainissement de l’emploi et des politiques en faveur des groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes âgées.  Des accords ont été passés entre le Gouvernement fédéral et les municipalités.  Grâce aux partenariats entre les différents acteurs, y compris avec le secteur privé, et grâce au bénévolat, de nombreux progrès sociaux ont été réalisés.  L’alphabétisation a fortement progressé.  Un grand nombre de projets ont été mis en place dans les municipalités les plus vulnérables afin d’utiliser le potentiel local, agricole ou encore artisanal.  Les détails de ces mesures se trouvent dans le rapport présenté par le Brésil au Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH). 

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Pour parvenir à une égalité des chances dans le pays, il faudra parvenir aux régions les plus isolées du Brésil.  Dans ce contexte, le Programme pour l’habitat servira de guide précieux ainsi que les campagnes sur la sécurité d’occupation et sur la gouvernance urbaine.  Il faut absolument mettre en place une coopération technique et financière afin de renforcer les institutions et les capacités des autorités locales.  Lors d’une visite de la Directrice exécutive du CNUEH, un amendement a été fait à la Constitution afin d’y intégrer le droit au logement.  Nous sommes ici pour identifier les nouveaux défis et les manières innovantes par lesquelles nous pouvons y répondre.  Au Brésil, une série d’initiatives ont été lancées et, grâce à la participation de tous, permettront de réaliser une meilleure qualité de vie pour tous.

M. YU ZHENG SHENG, Ministre de la construction de la Chine :  Le Gouvernement de la Chine a fait de grands efforts pour appliquer les recommandations du Programme pour l'habitat.  Ces cinq dernières années, 6,47 milliards de mètres carrés de logements ont été construits, dont 3,1 millions de mètres carrés dans les zones urbaines.  L'espace disponible est de 20 mètres carrés par personne dans les zones urbaines.  Le taux d'urbanisation a atteint 36,9% de la population.  Le développement des infrastructures urbaines s'est fait rapidement.  Le cadre juridique relatif au développement urbain et à l'environnement a été approfondi.  De grands progrès ont été accomplis pour la protection contre les catastrophes naturelles. Des programmes sociaux ont été élaborés pour les plus vulnérables en vue de lutter contre la pauvreté.  La communauté internationale doit travailler de concert en vue d’éliminer la pauvreté, promouvoir la croissance économique et combler le fossé entre le Nord et le Sud.  La mise en valeur des établissements humains doit être durable.  Améliorer la situation des établissements humains dans les pays du Sud est la clef de leur amélioration dans le monde entier.  Les pays du Nord doivent donc respecter leurs engagements en matière de transfert des technologies, d'aide au développement et de coopération.  Les initiatives de tous les partenaires d'Habitat doivent être encouragées et être coordonnées.  Le rôle des autorités locales doit être également encouragé.  La Chine a augmenté sa contribution financière au CNUEH-Habitat.  La communauté internationale doit s'efforcer à l'avenir de réduire l'écart entre les riches et les pauvres du monde. 

M. ALGERNON S.P.B. ALLEN, Ministre du logement et du développement social des Bahamas : La réforme des politiques de l’investissement et la discipline fiscale ont fait chuté le taux de chômage de 16% à 7% au cours de cette dernière décennie.  En conséquence, le pays a connu une augmentation des candidats aux prêts immobiliers, en particulier parmi les bas et moyens revenus. De plus, l’annulation temporaire, décidée par le Gouvernement, des taxes sur les matériaux de construction dans les îles les plus reculées et les moins développées a permis à la population de ces îles et aux personnes qui veulent y retourner à construire des logements à un coût plus faible que celui du marché.  Le Gouvernement a aussi lancé un programme de “renaissance” et de “nouvelle naissance” visant à réhabiliter les communautés traditionnelles et à créer de nouveaux logements communautaires dans les centres urbains, et ce, pour les bas et moyens revenus. 

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Des efforts ont, par ailleurs, été déployés pour assurer un logement aux personnes handicapées et aux personnes âgées.  Pour assurer la sécurité d’occupation, le Gouvernement a, au cours des huit dernières années, cédé plus de 2 000 parcelles de terrain à des familles.  De plus, la Société de prêts immobiliers et le Département du logement ont mis tout oeuvre pour permettre à des personnes ayant des revenus faibles ou moyens et qui ne sont pas éligibles aux crédits à devenir propriétaires.  Néanmoins, le pays demeure confronté à la dégradation urbaine de certaines zones due à un faible taux de propriétaires, à l’abandon des maisons familiales traditionnelles, aux flux des immigrés illégaux plaidant en faveur de valeurs sociales et de normes de vie différentes, et à l’abus de drogues et d’alcool.

M. ALAIN HUTCHINSON, Secrétaire d’Etat chargé du logement de la Région de Bruxelles-Capitale (Belgique) : En 1948, l’Assemblée générale a proclamé la Déclaration universelle des droits de l’homme comme l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations.  Dès 1976, la Déclaration de Vancouver, lors de la première conférence d’Habitat, proclamait que « disposer d’un logement et de services suffisants est un droit fondamental de l’homme et les gouvernements ont donc le devoir de faire en sorte que tous leurs ressortissants puissent exercer ce droit ».  Depuis 1976, toutefois, le sort des plus vulnérables ne s’est pas amélioré, et les bidonvilles n’ont fait que croître.  C’est avec ce défi en toile de fond qu’a été adopté à Istanbul le Programme pour l’habitat.  En ce qui concerne le droit à un logement adéquat pour tous, l’une des deux grandes priorités de ce Programme, ce droit est inscrit dans la Constitution belge depuis 1994.  La Constitution prévoit que chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine, y compris le droit à un logement décent.  Mis à part certains aspects normatifs, la garantie de ce droit incombe essentiellement aux régions dans l’Etat fédéral qu’est la Belgique.  Le texte de la Constitution impose une obligation positive d’action, c’est-à-dire de construire le droit au logement par la mise en œuvre de moyens politiques à la hauteur de l’objectif. 

En vue de développer des « établissements humains durables », conformément à la deuxième grande priorité du Programme pour l’habitat, les gouvernements fédéral et régionaux ont adopté des plans de développement durable à leurs niveaux respectifs.  Le Gouvernement fédéral a créé en 1999 un département de la politique des grandes villes au niveau fédéral.  Depuis Istanbul, la coopération belge au développement s’est aussi attachée à davantage prendre en compte la dimension urbaine du développement.  Cette nouvelle politique globale qui vise à promouvoir un développement urbain durable en conjonction étroite avec celui des campagnes exige des moyens supplémentaires. 

Comme le Haut Commissaire aux droits de l’homme l’a rappelé, approuver le droit à un logement décent n’implique pas que tout un chacun peut revendiquer la propriété d’une habitation.  Les gouvernements ont le devoir de créer la possibilité juridique et administrative pour chacun d’accéder à la propriété, mais non l’obligation de mettre un logement à la disposition de chaque individu.  Et ils ont aussi pour mission de fournir un logement adéquat aux plus vulnérables, lorsque ceux-ci se trouvent dans l’impossibilité de s’en procurer un. 

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Le Gouvernement belge espère que, durant cette session extraordinaire, les Etats Membres vont à tout le moins réaffirmer leur volonté d’assurer progressivement la pleine réalisation du droit à un logement convenable et renouveler leur engagement en faveur d’établissements humains durables.  Ne pas se prononcer dans ce sens équivaudrait à revenir sur nos engagements antérieurs, ce qui serait inacceptable. 

Mme ERNA WITOELAR, Ministre des établissements et des infrastructures régionales de l’Indonésie : La crise politique et économique, aggravée par des catastrophes naturelles qu'a connues l'Indonésie, a entraîné le déplacement à l'intérieur des frontières de plus d'un million de personnes.  Le Gouvernement s'efforce en priorité de fournir des logements, en particulier aux personnes ayant des revenus faibles.  Le Gouvernement a développé des politiques visant à assurer l'accès égal à la terre, à faciliter le crédit et l'accès aux services de base.  L'élimination de la pauvreté est une priorité de l'Indonésie.  A cette fin, le Gouvernement alloue des fonds aux communautés locales pour qu'elles initient des activités pour stimuler l'économie locale et augmenter des opportunités d'emplois et de promotion du développement durable.  Par un décret présidentiel, les femmes et les hommes accèdent désormais de manière égale aux ressources et à la prise de décision.  Une plus grande participation des femmes et des hommes et des communautés ainsi que la promotion des partenariats entre les secteurs public et privé devraient assurer la réalisation des objectifs de la Stratégie "Un logement pour tous".  Le Gouvernement a encouragé la démocratisation et la décentralisation de la prise de décision et a renforcé les autorités locales en encourageant la bonne gouvernance.  Le Gouvernement et la société civile ont pris les mesures appropriées, notamment en termes de fourniture de logements temporaires, de secours d'urgence, de services de base, pour faire face aux conséquences des catastrophes naturelles qu'a connues l'Indonésie.  Toutefois, compte tenu de la complexité de ces problèmes, l'aide internationale et la coopération seraient les bienvenues.  

M. DATO’SERI ONG KA TING, Ministre du logement et de l’administration locale de la Malaisie : Pour mettre en oeuvre le Programme pour l’habitat, la Malaisie a mis au point un Plan d’urbanisation, une politique nationale de logement, des politiques plus globales de planification pour la ville et la campagne, ainsi que plusieurs plans d’action qui sont inclus dans les plans de développement.  Pour offrir aux pauvres des logements à des prix abordables, la Malaisie a créé des facilités de prêts immobiliers et pour encourager les personnes ayant des bas et moyens revenus à devenir propriétaires, elle a renforcé le rôle du Gouvernement, en appui au secteur privé, afin de construire des logements dont l’achat est subventionné par l’Etat.  Dans le cadre de son partenariat secteur public/secteur privé, la Malaisie a procédé à la promotion de l’implication du monde des affaires dans la mise en oeuvre du Programme pour l’habitat.

Des succès ont certes été enregistrés.  Mais compte tenu du coût de la construction des logements, des ressources additionnelles doivent être trouvées.  A cet égard, la Malaisie réitère l’importance qu’il y a à créer un fonds pour le développement des infrastructures dans les pays en développement, y compris les logements. 

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La Malaisie a naturellement accueilli avec satisfaction l’initiative visant à créer un fonds mondial de solidarité pour la lutte contre la pauvreté.  Elle estime néanmoins que la pauvreté ne doit pas être traitée de manière disparate.  La lutte contre la pauvreté doit faire l’objet d’une stratégie intégrée qui doit avoir en son centre le développement des infrastructures.  Il revient donc aux pays développés de fournir les fonds nécessaires à la réalisation des politiques et programmes sociaux du Programme pour l’habitat et aux pays en développement d’assurer la mise en oeuvre effective de ce Programme.

M. SVERRE BUGGE, Secrétaire d’Etat au Ministère de l’administration locale et du développement régional de la Norvège : La communauté internationale doit soutenir les efforts que déploient les pays en développement pour mettre en œuvre le Programme pour l’habitat.  Comme nous l’avons fait savoir à Bruxelles, la Norvège continuera de tenir ses engagements en matière d’Aide publique au développement et a pour but d’atteindre 1% de son produit national brut.  La Norvège maintiendra aussi sa contribution au soutien des pays les moins avancés au-delà de l’objectif établi par la Conférence de Paris.  Mais nous souhaitons insister sur le fait que d’autres facteurs sont essentiels pour parvenir au développement durable.  Comme le souligne la Déclaration du millénaire, les droits de l’homme, la démocratie et la bonne gouvernance – tant au niveau national que mondial – sont essentiels. 

A Istanbul, nous nous sommes engagés à développer des sociétés qui fassent un usage efficace des ressources sans toutefois porter atteinte à la capacité des écosystèmes. Les établissements humains - l’environnement construit - ont un sérieux impact sur l’environnement naturel.  Le développement d’établissements humains viables est la clef du développement durable de toute société.  Nous devons donc nous assurer que la dimension du problème des établissements durables soit entièrement prise en compte dans la préparation du Sommet mondial du développement durable qui doit se tenir à Johannesburg en 2002. 

La déclaration qui sera adoptée à l’issue de cette session doit refléter trois éléments clés, à savoir une description de la situation actuelle des établissements humains, une définition des défis futurs et la direction que nos efforts devront prendre dans l’avenir. 

M. BOZO KOVACEVIC, Ministre de l'environnement et de la planification territoriale de la Croatie : Deux tiers de la population croate vit dans les zones urbaines.   La demande de construction de nouveaux logements augmente rapidement sur la côte Adriatique tandis que les îles croates, les régions et les zones rurales sont menacées par une réduction démographique.  L'objectif principal de la politique croate de planification spatiale est de créer les opportunités équitables et de construire des établissements humains durables sur la base des infrastructures existantes.  Les autorités locales sont, en vertu de la législation en vigueur, chargées de la gestion et de la protection de l'espace.  Une composante "femme et environnement" a été intégrée dans la politique de promotion de la femme et un programme de construction de logements, subventionné par l'Etat, a été lancé.  Ce programme s'adresse aux familles qui n'ont pas les moyens financiers d'acheter un logement au prix du marché. 

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Un projet de loi en ce sens tente de résoudre la question du logement pour les catégories de personnes les plus vulnérables, et ceux qui ont des revenus modérés ou faibles.  Le dernier recensement de la population a révélé une baisse de 2,9% de la population par rapport au précédent recensement.  La coopération internationale a joué et continuera de jouer un rôle important dans la mise en oeuvre du Programme pour l'habitat.  Les partenariats entre les gouvernements, les autorités locales, les organisations non gouvernementales et les autres groupes de la société civile joueront un rôle essentiel dans ce processus.  

M. JERZY KROPIWNICKI, Ministre du développement régional et de la construction de la Pologne : Dans le souci d’assurer un véritable développement de la famille, le Gouvernement a mis au point un programme intitulé “Politique nationale en faveur des familles” qui traite également de l’amélioration des logements.  Le Gouvernement attache, à cet égard, une grande importance au rôle constructif de la famille dans la planification des établissements humains et dans leur gestion.  En conséquence, la Pologne accueille le “Projet de déclaration sur les villes et autres établissements humains en ce nouveau millénaire” comme un document qui peut être traduit en actes concrets pour l’amélioration de la qualité de vie dans les établissements humains.  Le pays salue le paragraphe relatif à l’appui, à la consolidation et à la protection de la famille comme cellule de base de la société et l’importance accordée à la famille dans la planification, le développement et la gestion des établissements humains.  La Pologne apprécie aussi l’importance accordée à la décentralisation dans les processus de prise de décisions et à la transparence dans la prise de décisions par les autorités publiques.  La Pologne apporte enfin son ferme appui aux paragraphes relatifs au rôle du développement durable.

M. SOUMAILA CISSE, Ministre de l’équipement, de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’urbanisme du Mali : La politique sectorielle du Mali en matière de développement urbain constitue le cadre de base pour les programmes et projets identifiés pour la circonstance.  Cette politique vise à renforcer la coordination des actions de tous les partenaires potentiels, à savoir l’Etat, les collectivités décentralisées, les opérateurs privés et les partenaires au développement.  L’histoire de notre pays nous enseigne qu’avant les contacts liés au fait colonial, le réseau d’établissements humains était riche et varié.  Notre pays connaît d’énormes problèmes liés notamment à une urbanisation croissante due à une démographie galopante, à un exode rural prononcé, à l’inexistence de villes moyennes et à un manque de ressources adéquates.  La décentralisation en cours au Mali constitue la plus grande opportunité pour aboutir à une véritable démocratie, condition fondamentale pour mieux répondre aux exigences des populations.  Elle favorise leur implication et leur responsabilisation dans la gestion des affaires les concernant à travers leurs représentants librement élus.  La stratégie malienne de lutte contre la pauvreté retient le manque de logements et de services collectifs de base comme l’une des principales dimensions de son action, notamment en milieu urbain.  Le Mali déploie avec ses modestes moyens des actions concrètes pour assurer au maximum de citoyens un logement décent.  On peut, à ce sujet, rappeler la réalisation par l’Etat d’un programme de 300 logements à loyer modéré.  400 autres logements ont été l’œuvre du secteur privé. 

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Le défi est immense.  Le fardeau est lourd pour les pays en développement.  La communauté peut rechercher la solution aux problèmes d’habitat dans le cadre global du développement par des actions spécifiques de lutte contre la pauvreté.  Il ne s’agit pas de solutions clefs en main mais d’initiatives partagées, régies par de nouveaux critères axés sur la solidarité et le partenariat.  C’est une voie originale, peu évidente pour tous, mais porteuse d’espoir.  Les questions d’environnement, de santé, de sécurité, d’immigration, nous interpellent tous car elles relèvent du village planétaire.  Le problème d’une partie du monde concerne infailliblement l’ensemble de l’humanité.  Ici comme ailleurs, personne ne se sauvera seul sans les autres.  La solution sera globale ou ne le sera pas. 

M. SHRI JAGMOHAN,Ministre du développement urbain et de l'élimination de la pauvreté de l'Inde : Le XXème siècle sera le siècle urbain et notre succès sera déterminé par notre capacité à faire face au défi du logement. L'Inde se félicite du lancement de la campagne sur la sécurité d'occupation du logement à Mumbai et du lancement prochain, en septembre 2001, à New Delhi de la campagne mondiale sur la gouvernance urbaine.  En vertu des amendements à la Constitution, 33% des sièges des autorités locales, dans les zones urbaines et rurales, sont réservés aux femmes.  Un tiers des maires et des présidents des autorités locales élues sont désormais des femmes.  Alors que l'on constate que 25 ans après Vancouver, dix ans après Rio et 5 ans après Istanbul, le nombre des personnes qui sont sans-abri, le nombre de bidonvilles, la pollution de l'eau potable et de l'air, le chômage augmentent et que les autres fléaux comme le sida se répandent, ne faudrait-il pas se pencher sur les résultats de toutes ces années passées à adopter des résolutions et à observer les jours, les décennies tandis que d'un côté se développait un petit groupe d'Etats prospères, avancés sur le plan technologique, dotés d'une population moins nombreuse mais extrêmement consumériste, et que de l'autre un groupe largement plus important d'Etats pauvres, très peuplés, vivent dans des conditions indignes?  Le monde est marqué par plus de disparités.   Les pays donateurs qui s'étaient accordés dans les années 70 à consacrer 0,7% de leur PNB à l'Aide publique au développement arrivent à peine à atteindre un tiers de cet objectif.  Habitat doit être renforcé et devenir le principal instrument de coopération internationale en ce qui concerne les établissements humains. 

M. MOHAMED IBRAHIM SOLIMAN, Ministre du logement, des services et des communautés urbaines de l’Egypte : L’Etat a consolidé le droit au logement de tous les citoyens, notamment ceux à faible revenu, et ce, dans le cadre du  partenariat entre le secteur public et le secteur privé.  Le Gouvernement a également consolidé l’aménagement de 254 bidonvilles, 418 autres zones d’établissements spontanés restant à réhabiliter.  Une politique de prêts immobiliers a, en outre, été mise au point par le Gouvernement.  La législation sur la construction et l’urbanisation est, quant à elle, en cours d’élaboration.  Différentes mesures sont prises dans le cadre plus général de la lutte contre la pauvreté, du développement économique et de l’administration locale qui ont connu un certain succès.  En ce qui concerne la coopération internationale, l’Egypte estime que la Déclaration qui doit être adoptée à l’issue de la session extraordinaire, constitue un atout pour la mise en oeuvre du Programme pour l’habitat et pour la mobilisation de ressources supplémentaires. 

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A ce stade, l’Egypte plaide pour davantage de contributions financières, une assistance effective dans les domaines de la formation et de la recherche et une implication plus avant des institutions des Nations Unies dans la mise en oeuvre du Programme pour l’habitat.  L’Egypte est, par ailleurs, préoccupée par les menaces qui pèsent sur les agglomérations urbaines palestiniennes.  A cet égard, une seule vérité juridique existe : le caractère illégitime de la violence israélienne dans les territoires occupés en violation de la quatrième Convention de Genève.  L’Egypte se sent obligée de rappeler que le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont réaffirmé, à maintes reprises, que cette Convention s’applique à tous les territoires occupés depuis 1967.  La communauté internationale doit donc faire pression sur Israël pour l’amener à respecter les résolutions pertinentes du Conseil d’autant que son implantation dans lesdits territoires constitue la cause même de la violence actuelle et une provocation à la face des véritables propriétaires des terres.

M. MARCO AURELIO SANCHEZ, Ministre et Président de la Banque du logement du Nicaragua : La situation en matière de logement de la population du Nicaragua est extrêmement difficile du point de vue quantitatif et qualitatif, en particulier dans les zones rurales du pays.  Pour résoudre ce problème, le Président Aleman Lacayo a déclaré nécessaire d’élaborer une politique nationale du logement.  L’Institut du logement urbain et rural (INVUR), créé en juin 1998, est un organe étatique décentralisé chargé de programmer le développement urbain et rural en matière de logement au niveau national.  Il a présenté au Gouvernement un projet de loi organique visant la construction de nouveaux logements.  Il doit favoriser la construction de logements par des entreprises privées nationales et des entreprises étrangères.  Des logements déclarés d’intérêt social ont été construits par des entreprises privées bénéficiant de subventions publiques.  La construction d’un établissement humain rural autosuffisant va bientôt commencer.  Ce projet pilote partiellement financé par l’Espagne, a pour objectif de reloger 250 familles paysannes de la région du Pacifique, victimes de l’ouragan Mitch en 1998.  Le développement communautaire constitue la clef de la réussite de ce projet.  Tous les projets sont précédés par une étude de leur impact sur l’environnement. 

Mme LEONOR COUTINHO, Secrétaire d'Etat au logement du Portugal : Un des plus grands succès de la politique visant à fournir un logement convenable à tous est le programme national de relogement.  Ce programme adopte une approche pluridimensionnelle visant la création d'espaces publics afin de promouvoir le sens de la communauté et le respect de tous les aspects de la qualité de vie.  Un programme de réhabilitation urbaine a été élaboré.  Des mesures en faveur des zones délabrées ont été prises, de même que des mesures fiscales et financières visant à rendre les logements abordables à certains groupes de revenus.  Le développement urbain durable est devenu une priorité nationale. La stratégie de planification urbaine et l’aménagement du territoire ont pour objectif de réaliser un réseau urbain polycentrique en prenant en compte des besoins des zones rurales,  de la réhabilitation des banlieues, de la revitalisation des centres villes des vieilles villes, de la fourniture de services de base, ainsi que des ressources et l'écosystème nationaux.  La participation du public et les partenariats entre les secteurs public et privé sont encouragés.  La dimension sociale est prise en compte dans tous les programmes, de même que l'objectif d'élimination de la pauvreté et la promotion de l'intégration sociale.  Le Portugal encourage la décentralisation et le renforcement des autorités locales.   

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M. RAUL FLOREZ GARCIA RADA, Vice-Ministre du logement et de la construction du Pérou : En matière de mise en oeuvre du Programme pour l’habitat, le Gouvernement de transition a pris plusieurs mesures consistant à institutionnaliser le secteur des logements publics et du développement urbain, à renforcer les gouvernements locaux, à créer les conditions nécessaires à la mobilisation des ressources du secteur privé et à la coopération internationale, à resserrer les liens avec les organisations communautaires, et à mettre en place des stratégies pour consolider le secteur urbain.  Le Pérou est convaincu que ses problèmes urbains peuvent être résolus par des initiatives de l’Etat visant à faciliter l’application des programmes par la promotion de l’engagement civique, de la solidarité, de la participation et de la formation, de l’attachement au service public et de la mobilisation, ainsi que de la gestion efficace des ressources disponibles.

Mme AMINA ABDI ADEN (Djibouti) : Ces dernières années auront permis de reconnaître aux villes le rôle moteur qui leur revient dans les processus de développement, tant sur le plan des économies nationales qu’en termes d’économie mondiale, et ceci en dépit des obstacles majeurs qui persistent.  Elles auront également permis de mesurer leur dépendance croissante à un environnement économique mondialisé, la complexité des défis auxquels elles restent confrontées et enfin l’importance considérable que revêt le développement durable des établissements humains.  Ces mêmes préoccupations animent depuis plusieurs années la réflexion et l’action du Gouvernement djiboutien.  Depuis deux décennies, elles ont conduit à la définition d’objectifs prioritaires nationaux concernant principalement le développement de Djibouti comme cité maritime internationale et la création des infrastructures indispensables à son fonctionnement; la correction des déséquilibres économiques et sociaux existant entre les différents secteurs d’activité et entre les régions, ainsi que la lutte contre la pauvreté dans les secteurs urbain et rural. 

En République de Djibouti, où plus de 80% de la population vivent dans les villes et dont l’économie repose principalement sur les activités de services concentrées dans la capitale Djibouti, le fait urbain revêt une importance telle qu’on a souvent avancé pour notre pays le concept de Cité-Etat.  Pour atteindre l’objectif d’un « logement convenable pour tous », l’accent a été mis, dans le cadre de projets appuyés par le Gouvernement et ses partenaires au développement, sur la production de parcelles viabilisées destinées aux populations à faible revenu, la construction de logements économiques cessibles selon le principe de location-vente et la création de lotissements d’urgence comportant des parcelles sommairement viabilisées.  Cette dernière mesure tend à limiter les installations illicites sur les emprises des infrastructures et des équipements nécessaires à la vie urbaine.

  Le respect des engagements pris à Istanbul et la mise en œuvre des orientations du Programme pour l’habitat constituent pour notre pays une priorité.  L’enjeu est de taille, considérant la croissance de nos populations urbaines mais aussi le caractère limité des ressources nationales.  Nous nous devons de répondre à cette réalité en mettant en place une politique d’équipements et de logements qui vise, entre autres, un emploi optimal et équitable des ressources disponibles.  Le développement durable et harmonieux de notre pays est à ce prix. 

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M. STUART W. KESLIE (Belize) : Un plus grand accès à des aliments de meilleure qualité, des logements plus adéquats et à un prix plus compétitif, ainsi qu’une meilleure gestion de l'environnement mondial peuvent devenir des aspects positifs de la mondialisation.  A cette fin, il convient d'établir de nouveaux partenariats, de travailler ensemble pour rendre la mondialisation juste et durable.  La population urbaine de Belize s'est accrue de 62% au cours de ces trente dernières années.  La société souffre du vieillissement de la population, de l'insuffisance des infrastructures de logement et d'éducation et de fléaux comme la drogue et la criminalité.  Il faut améliorer et créer les infrastructures qui permettront de remédier à cette situation, mieux gérer l'espace et adopter les programmes visant à améliorer la qualité de vie des populations.  Les autorités locales jouent un rôle essentiel à cette fin.  Dans un pays où plus de 30% de la population, en particulier les femmes, sont pauvres, le Gouvernement s'attache à mener des politiques visant à éliminer la pauvreté en investissant dans les ressources humaines et en pariant sur la croissance économique.  Le Gouvernement a élaboré un programme de logement, de développement des infrastructures et de nouveaux projets industriels, agricoles et de tourisme ainsi qu'une stratégie sur cinq ans pour l'élimination de la pauvreté.  Cette stratégie vise à assurer une croissance équivalente dans les zones rurales et les zones urbaines.  Parmi les mesures prises, on compte l'élimination de l'impôt sur le revenu pour les personnes dont les revenus ne dépassent pas 10 000 dollars par an et un programme de construction de logements.  Ensemble, le secteur privé, la société civile et les autorités locales sont confiants dans le développement économique de Belize, malgré les conséquences dévastatrices des ouragans Mitch et Keith en 1998 et en 2000 dont le montant des dommages s'élève à 300 millions de dollars.  Dans ce contexte, Belize appelle les pays développés à l'aider à se moderniser, à protéger son environnement et à gérer ses ressources.  Les institutions financières internationales doivent venir en aide aux pays en développement à prévenir les futures crises et leur donner les ressources dont ils ont besoin pour ne plus être en marge du développement économique. 

M. GEORGE LENNKH, Directeur général de la coopération de développement au ministère des affaires étrangères de l’Autriche : L’urbanisation ne doit pas être perçue comme une évolution négative qui doit être ralentie ou arrêtée par un développement rural accéléré ou amélioré.  Bien au contraire, l’urbanisation peut avoir des effets bénéfiques pour l’environnement, l’habilitation des pauvres, le développement humain, la promotion de la femme, le développement durable et surtout, la lutte contre la pauvreté.  Les zones rurales et urbaines doivent se compléter mutuellement.  La lutte contre la pauvreté doit, en effet, être le premier des objectifs mondiaux en matière de développement.  Dans ce cadre, il faut voir les villes comme des engins formidables de croissance et de création de revenus.  Le problème est pourtant que l’urbanisation peut jeter une lumière crue sur le meilleur et le pire des mondes possibles.  Les bénéfices indéniables de la mondialisation se collectent d’abord dans les villes et s’accompagnent malheureusement par une augmentation de la pression sur les populations pauvres comme l’attestent la hausse des prix, la rareté des terres ou encore la réduction des biens publics.

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C’est là, aux yeux de l’Autriche, que les véritables enjeux reposent. Le vrai défi, comme l’a montré l’expérience de l’Autriche dans ses efforts de coopération dans le domaine des établissements humains, n’est pas tant dans la technologie mais dans la capacité de faire accepter les solutions aux populations concernées, en particulier aux populations pauvres.  C’est pourquoi, le schéma simpliste de la privatisation ne peut fonctionner.  C’est aussi pourquoi une participation véritable, un partenariat efficace et une bonne gouvernance par les autorités locales sont si importants.  Ceci, il est vrai, prend du temps et il faut en faire le meilleur usage.  Les questions d’urbanisation doivent devenir partie intégrante de l’ordre du jour du développement et ce développement participatoire, dans son sens le plus large, doit être intégré aux solutions à apporter aux problèmes de l’urbanisation.  La lutte contre la pauvreté doit être menée sur tous les fronts, dans les villes comme dans les campagnes.  Mais si nous ne gagnons pas dans les villes, nous ne gagnerons nulle part.

M. JOHN HODGES, Chef du Département de l’infrastructure et du développement urbain du Département pour le développement international du Royaume-Uni : Le Royaume-Uni est l’un des pays les plus urbanisés au monde.  Bien que son expérience en matière d’urbanisation soit grande, elle doit constamment être remise à jour.  Cette session extraordinaire nous offre la possibilité de réfléchir à notre expérience des cinq dernières années dans ce domaine, et de regarder vers l’avenir.  Le Royaume-Uni pense que la réalisation des objectifs internationaux de développement d’ici à 2015, en ce qu’ils sont liés à la santé, l’éducation, l’égalité entre les sexes, l’environnement, et la réduction de la pauvreté dans tous les domaines – en particulier de la pauvreté urbaine - fournit les conditions préalables à la réalisation du Programme pour l’habitat.  Dans ce domaine, le Royaume-Uni a élaboré une stratégie pour répondre aux défis de la pauvreté dans les zones urbaines. 

Le Royaume-Uni soutient également les travaux du Groupe consultatif du Commonwealth sur les établissements humains et a passé avec lui un accord de travail concernant la mise en œuvre du Programme pour l’habitat dans 50 pays en développement du Commonwealth.  Ces pays se sont engagés à améliorer les vies de 100 millions de personnes habitant dans les bidonvilles au cours des vingt prochaines années, s’inspirant d’un des objectifs contenus dans la Déclaration du millénaire.  Le Gouvernement  s’attache, sur le plan national, à la rénovation urbaine, après des décennies de déclin urbain. 

M. SHAMSHAD AHMAD (Pakistan) : La pauvreté urbaine - maladie des temps modernes - n'a pas été enrayée.  La réalisation de la vision du Programme pour l'habitat est loin d'être atteinte.  La pauvreté engendre la migration vers des terres promises, qui pour la majorité sont les villes.  Les migrations vers les villes engendrent une dégradation des villes et la désolation.  La menace de la désintégration sociale augmente.  La communauté internationale doit rompre ce cercle vicieux.  Le développement est caractérisé par une asymétrie.  Les villes et les zones urbaines occupent 2% de la surface de la terre mais 50% de la population y vivent et y consomment 45% des ressources.  La population urbaine mondiale doublera ces vingt prochaines années passant de 2,5 à 5 milliards.  En 2015, 19 des 23 mégalopoles de plus de 10 millions d'habitants se situeront dans les pays en développement. 

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La contagion fait payer un prix aux établissements humains et à la planète qui ne peuvent se l'offrir.  La mondialisation ne peut être considérée comme bénéfique si elle n'est pas partagée par tous.  Le Gouvernement a alloué des ressources significatives à l'éradication de la pauvreté.  Nous avons donné la priorité au traitement des eaux usées et des déchets.  Une des mesures les plus importantes prises pour renforcer les gouvernements locaux est un plan pour faciliter le transfert de pouvoir et de ressources financières aux autorités locales. 

Le Gouvernement a également encouragé les femmes et les groupes minoritaires à tous les programmes de développement.  Le flux de réfugiés en provenance de pays instables a perturbé la situation démographique des Etats voisins.  Les Nations Unies doivent prendre des décisions courageuses et impartiales pour répondre à ces problèmes.  Le HCR et Habitat devraient définir des stratégies de fourniture de logements et d'autres services de base aux personnes déplacées à l'intérieur des frontières dans les zones qui ne sont pas touchées par le conflit.  Cela permettrait de prévenir l'expansion de la crise du logement dans les villes des pays voisins.  Le Pakistan soutient les efforts de réforme que déploie actuellement Habitat pour tenter de définir une vision stratégique et développer des synergies avec les organisations directement ou indirectement concernées par les mêmes processus.  

Mme MADINA B. JARBUSSYNOVA (Kazakhstan): L’urbanisation de la pauvreté est, pour le pays comme pour le reste du monde, un des plus grands défis du moment.  Dans le cadre de la mise en oeuvre de son Programme de lutte contre la pauvreté, le Gouvernement a très vite compris que l’application effective de ce Programme nécessitait une politique articulée autour d’investissements dans les infrastructures des services sociaux de base.  A cet égard, une attention particulière a été accordée au développement des petites et moyennes entreprises et au renforcement des capacités des autorités locales.  Le Gouvernement a aussi, toujours dans ce cadre, facilité la coopération entre les mairies en ce que concerne la planification et la gestion de l’environnement et l’élaboration de stratégies de développement urbain.  Parmi les résultats, le Kazakhstan aime à citer la création d’espaces verts, la réhabilitation des zones industrielles et la construction et la rénovation des logements publics.

En plus des problèmes d’environnement, le Kazakhstan, disposant de la plus petite réserve d’eau de toute la communauté des Etats indépendants (CEI), connaît aussi des problèmes d’approvisionnement.  Compte tenu de cela, le Gouvernement a élaboré une stratégie que viendra compléter une autre stratégie d’approvisionnement en eau pour les ménages urbains.  Ces dernières années, la stratégie de développement du pays a été marquée par le transfert de la capitale à Astana.  Cette décision a été motivée par la position centrale de la ville qui se trouve au coeur de l’intersection des principaux axes routiers et par la structure de communications qu’elle possédait déjà.  Néanmoins, Astana souffre aujourd’hui de problèmes particuliers tels que l’augmentation de la demande dans le domaine des logements.  Partant, la réponse à cette demande est devenue une priorité pour le gouvernement et les autorités locales.

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M. FERNANDO NASARRE Y DE GOICOECHEA, Directeur général du logement, de l'architecture et de la planification urbaine du Ministère des travaux publics de l'Espagne :  La qualité des pratiques espagnoles en matière d'établissements humains durables a fait gagner à l'Espagne une reconnaissance mondiale.  Elle a reçu des récompenses et ses pratiques ont été identifiées comme les "meilleures pratiques".  Par ses pratiques, l'Espagne a largement contribué à la diffusion de la culture de la durabilité.  Une page Web "Bibliothèque des villes pour un développement durable" en plusieurs langues a été mise en ligne.  L'Etat a notamment lancé des plans successifs de logement pour les personnes aux revenus modérés et a, par ailleurs, adopté une loi sur la coopération internationale pour le développement qui est un véritable jalon définissant les principes directeurs de la politique de coopération de l'Espagne.  Un exemple de coopération est le Forum des meilleures pratiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes.  Il est nécessaire de renforcer la coopération afin d'améliorer les conditions de vie dans nos villes et les autres établissements humains.  Les Etats doivent être les médiateurs établissant le cadre international et local capable de faire de la coordination mondiale et locale une réalité.  A cet égard, l'Espagne se félicite que le maire de Barcelone soit le premier représentant d'autorité locale à intervenir devant l'Assemblée générale. 

M. NICOLAS RIVAS (Colombie) : L’offre de logement a été utilisée comme un instrument de développement en Colombie.  Le nombre de logements construits a été multiplié par trois au cours de ces dernières années.  Le Gouvernement a mis tout en oeuvre pour construire des logements sociaux à l’intention des familles affectées par la violence et d’autres formes de troubles.  Des alliances stratégiques avec le secteur privé ont permis de multiplier les efforts et les ressources à cette fin.  Le droit au logement a été inclus dans les droits économiques, sociaux et culturels.  L’Etat a donc l’obligation de permettre aux populations d’exercer leurs droits.  Partant, un système de subventions a été mis en place pour faciliter l’accès au logement.  La Colombie a 42 millions d’habitants dont 72% vivent dans près de 1 100 centres urbains.  La vie urbaine prédomine donc dans le pays contrairement à ce que connaissaient les années 50.  Le défi ne peut être relevé exclusivement par le secteur public.  Partant, il existe un réel partenariat entre le secteur public, l’Etat, les syndicats, les consommateurs ou les producteurs.  Il s’agit donc d’une responsabilité publique au sens strict.  Avec des problèmes comme la criminalité, la pauvreté et la corruption, les choses ne seront possibles que grâce à l’engagement ferme des citoyens et à l’aide de la communauté internationale.  Les efforts internes doivent être renforcés par le transfert de technologies et des crédits internationaux qui permettent la construction de logements, ainsi que la multiplication des initiatives en matière de développement durable. 

M. ANWARUL KARIM CHOWDHURY (Bangladesh) : Le Gouvernement du Bangladesh a créé des structures institutionnelles telles que la Commission nationale d’observation urbaine et des observatoires urbains locaux dans les grandes villes afin de recueillir et diffuser des informations sur les établissements humains.  Le Gouvernement a déployé tous les efforts possibles pour réduire la souffrance des pauvres dans les zones urbaines et rurales par des investissements massifs dans les domaines de la santé, l’éducation, l’agriculture, le développement rural et la création d’emplois.  Il a également lancé des projets de logements destinés aux pauvres, aux personnes sans terres et aux habitants des taudis. 

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Avec la Banque Grameen et des organisations non gouvernementales, le Gouvernement étend l’octroi de microcrédits aux activités générant un profit et améliorant les conditions de logement.  Dans le cadre de la campagne sur la sécurité d’occupation, le Bangladesh a inclus dans sa politique du logement une disposition qui rend illégale toute expulsion sans relogement. 

Il est grand temps que la communauté internationale progresse dans son engagement renouvelé d’agir dans des domaines qui peuvent amener un changement dans la vie collective, en particulier en améliorant les conditions de logement d’au moins un milliard d’habitants des villes des pays en développement qui sont menacés dans leur vie et leur santé.  Dans ce contexte, nous sommes fermement convaincus que les pays en développement méritent une attention spéciale. 

Mme ELLEN MARGRETHE LOJ (Danemark) : Une interaction positive entre les zones rurales et urbaines est une condition préalable du développement durable.  Les pays développés doivent être plus solidaires avec les pays en développement en faisant une meilleure utilisation des ressources et en joignant leurs forces avec les pays en développement pour combattre la pauvreté.  Une augmentation de l'aide publique au développement est nécessaire.  Le Gouvernement danois consacre 1% de son PNB à l'Aide publique au développement des pays les plus pauvres.  Nous prévoyons 0,5% de plus pour les situations d'urgence.  Le partenariat entre les gouvernements et la société civile est un mot clef de la politique danoise en matière d'Aide au développement dont l'objectif est de réduire la pauvreté en stimulant la croissance économique, l'expansion des secteurs sociaux et de la bonne gouvernance.  La responsabilité principale de l'application du Programme pour l'habitat incombe aux gouvernements.  Elle requiert la participation de tous les acteurs ainsi que la coopération à tous les niveaux.  Au Danemark, toutes les municipalités doivent rendre compte de l'avancement de leur "Action 21" locale tous les quatre ans. 

Le Gouvernement danois a soumis une proposition de stratégie nationale pour le développement durable qui traite du dilemme que constitue le maintien d'un haut niveau d'Etat-providence et d'emploi et tente de briser le lien entre croissance économique et effets néfastes sur l'environnement et les ressources naturelles.  La politique urbaine danoise vise à assurer que les villes restent des centres de croissance et de développement.  Cette politique vise essentiellement à lutter contre la ségrégation urbaine et l'exclusion sociale.  Les mots clefs de l'application par le Danemark du Programme pour l'habitat sont la participation, le partenariat, la transparence, la propriété locale et la responsabilité sociale.  L’aménagement du territoire et la planification urbaine doivent être menées en collaboration avec leurs bénéficiaires qui sont les populations.  Le développement intégré, le développement durable et la décentralisation sont trois facteurs importants du développement urbain.  En d'autres termes, ce qui importe c'est la bonne gouvernance. 

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M. LUIS RAUL ESTEVEZ LOPEZ (Guatemala) : Le Guatemala a formulé une politique nationale de logement et d’établissements humains qui vise principalement à faciliter l’accès des familles guatémaltèques à un logement approprié en donnant la priorité aux familles pauvres et aux groupes vulnérables et défavorisés.  Cela a été rendu possible grâce au renforcement des cadres juridique, institutionnel, financier et technologique et à une participation des gouvernements central et locaux, des groupes organisés des populations, des ONG, du monde des affaires et de la coopération internationale.  La majorité de la population du Guatemala est rurale, 65% des habitants vivant dans les campagnes.  C’est la raison pour laquelle des efforts ont été déployés pour renforcer l’administration locale comme agent de développement.  Le Guatemala demeure néanmoins confronté au phénomène des mégapoles par lequel plus de 2 millions de personnes sont concentrées aujourd’hui à Guatemala City avec les problèmes environnementaux que cela suppose.  La décentralisation, qui devrait être de mise, est rendue difficile par l’incapacité des mairies d’obtenir les ressources nécessaires par les impôts locaux.  Dans une large mesure, ces mairies dépendent donc encore de l’assistance financière du Gouvernement central.

M. PETER GURTNER, Directeur général de l’Office fédéral du logement de la Suisse : Qu’a fait la Suisse pendant ces cinq dernières années pour améliorer la qualité de la vie dans les villes et les agglomérations et pour conformer le développement des établissements humains aux principes du développement durable, tant sur son territoire national que dans des régions du monde moins favorisées?  Je dois préciser que les mesures qui ont été prises ne l’ont pas été seulement grâce au Programme pour l’habitat.  Les choix de politique intérieure et le processus de Rio ont joué un rôle plus important encore.  L’année dernière, la Suisse s’est dotée d’une nouvelle Constitution dans laquelle la Confédération s’engage à promouvoir le développement durable dans tous les domaines et à tous les niveaux de l’Etat.  Cela vaut aussi pour les thèmes centraux du Programme pour l’habitat, à savoir la politique en matière de villes et d’agglomérations, la politique en matière de logement et la coopération au développement. 

Dans le domaine de la politique de la ville, l’extension croissante des zones d’habitation entraîne une augmentation massive des flux de transport et de circulation, une détérioration rapide de la qualité de l’environnement urbain et de nouveaux déplacements d’habitants qui quittent le centre des villes pour la périphérie.  Une telle évolution pose des problèmes aux autorités locales, qui n’ont pas les moyens de les résoudre seules.  Face à cela, la population a pris de nombreuses initiatives implicitement ou explicitement inspirées du programme local Action 21.  Pour ce qui est de la politique du logement, l’exigence formulée dans le Programme pour l’habitat d’un logement convenable pour tous fait partie des buts sociaux inscrits dans la nouvelle Constitution fédérale.  L’actuelle révision de la politique suisse en matière de logement vise ainsi à soutenir les acteurs du marché les plus faibles économiquement, et ce, en étroite coopération avec les organisations privées chargées de la construction de logements d’utilité publique.  En ce qui concerne la coopération au développement, la Suisse soutient des programmes urbains dans différents pays en misant sur la gouvernance locale, la décentralisation, le renforcement des capacités, la participation de la société civile, la création d’infrastructures et la lutte contre la pauvreté.

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Il est important aux yeux de la Suisse qu’au cours de cette Conférence, la communauté internationale renouvelle et renforce les engagements qu’elle a pris à Istanbul en adoptant le Programme pour l’habitat et la Déclaration qui s’y rapporte.  Pour les défavorisés du monde, Istanbul est symbole d’espoir et de mieux vivre.  Istanbul+5 ne doit pas décevoir cet espoir et doit devenir le symbole d’un véritable changement vers plus de démocratie, moins d’inégalité sociale et plus de chances pour tous. 

Mme KAJUMULO TIBAIJUKA, Directeur exécutif du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (CNUEH-Habitat) : Alors que nous entrons dans le millénaire urbain, le défi que représente le développement durable des établissements humains est difficile a atteindre.  Le processus d'examen montre que la communauté internationale a un objectif commun et a la volonté politique de faire face au défi de l'urbanisation.  Un quart de l'humanité ne dispose pas d'un logement convenable.  La Déclaration du millénaire nous donne un plan politique précis pour faire mieux en améliorant les conditions de vie de quelque 100 millions d'habitants de bidonvilles d'ici à 2020.  Un avenir de villes où il fait bon vivre ne verra jamais le jour si elles continuent à être divisées politiquement, économiquement et socialement.  Il existe des situations où près de 70% de la population urbaine est condamnée à vivre dans des bidonvilles sans accès aux services de base tels que les services de santé, d'assainissement et de sécurité.  Dans de telles situations, les maladies infectieuses comme le sida et la tuberculose se répandent sans difficulté.  C'est une situation dramatique exigeant une action internationale concertée.  Les maires sont les premiers à voir ce qui se passe chez eux.  Sans renforcer les autorités locales, nous ne pouvons espérer améliorer les conditions de vie des populations.  Les villes se doivent d'élaborer des plans pour protéger leurs citoyens, et ce, tout en profitant des bénéfices de la mondialisation.  Il faut que l'urbanisation puisse être gérée.  En Afrique, continent plus urbanisé que l'Asie, le rétablissement de la paix et de la sécurité est une condition préalable pour un développement durable. 

Il est clair que dans ce millénaire urbain la coopération internationale est nécessaire et qu'il faut renforcer Habitat.  Le CNUEH ne doit plus être à la périphérie du système des Nations Unies.  La première réunion du Forum urbain aura lieu en mai 2002 à Nairobi.  Il examinera le suivi de la session extraordinaire et préparera une contribution pour le Sommet de Johannesburg sur le développement durable qui se tiendra l'année prochaine.  Le rapport entre les établissements humains et l'environnement relève du dilemme de la poule et de l'oeuf.  Ils sont étroitement liés et influent l’un sur l'autre.  Cependant, avec le progrès rapide des technologies, les établissements humains conditionnent l'état de l'environnement.  Il faut reconnaître cette réalité.  L'application du Programme pour l'habitat et ces deux objectifs - un logement convenable pour tous et développement des établissements humains durables - seront les défis principaux de la communauté internationale pour la prochaine décennie. 

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M. JOAN CLOS, Président de l’Association mondiale des villes et de la coordination des autorités locales et maire de Barcelone : L’Association a développé des relations étroites avec le Centre des Nations Unies pour l’habitat par le biais du Comité consultatif des autorités locales.  Il y a un mois, à Rio, la seconde Assemblée mondiale des villes a été organisée et il faut regretter que les signaux qui parviennent de la réalité urbaine restent inquiétants.  En 25 ans, le nombre de villes de plus de 10 millions d’habitants a quadruplé.  La pauvreté, la violence et la détérioration de l’environnement restent chose courante dans nombre de ces villes.  Un changement d’approche est indispensable pour ouvrir à de vastes secteurs urbains la voie à la prospérité.  Dans le nouvel ordre international caractérisé par le regroupement des grandes entreprises, il faut renforcer les pouvoirs locaux dans les domaines politique et économique.  Cela exige des réformes rapides qui aillent dans le sens de la décentralisation. 

Il ne sera pas possible de faire face à la pauvreté urbaine si on ne donne pas aux autorités locales des pouvoirs politiques et sociaux suffisants.  Car avec une rapidité inhabituelle, le monde devient de plus en plus petit et de plus en plus unitaire et global.  La circulation des personnes, des capitaux, des maladies et des problèmes alimentaires ne rencontrent plus d’obstacles.  Les maires sont disposés à jouer le rôle qui est le leur.  C’est la raison pour laquelle ils réclament la reconnaissance des Nations Unies.  La conscience et la raison exigent que nous soyons à la hauteur des défis du moment.  Il existe un capital d’énergie dans les villes et dans les gouvernements locaux qui peut être mobilisé dans la bonne direction. 

Dans ce monde global, un bon gouvernement local peut garantir l’équilibre social, la cohésion et la solidarité et prévenir les inégalités et les problèmes sociaux.  La ville peut être un facteur d’intégration sociale.  Pour ce faire, il faut un gouvernement des villes plus fort, plus proche et plus démocratique.  Les gouvernements centraux doivent compter sur les maires pour décider et agir.  Démocratie locale, décentralisation et bonne gouvernance locale, telle doit être la devise de la gestion urbaine.

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