CENTRER L'ACTION INTERNATIONALE SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DES PAYS LES PLUS PAUVRES

31 Juillet 2000
CNUCED/257

CENTRER L'ACTION INTERNATIONALE SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DES PAYS LES PLUS PAUVRES

31 juillet 2000

Communiqué de PresseCNUCED/257

CENTRER L'ACTION INTERNATIONALE SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE DES PAYS LES PLUS PAUVRES

20000731

Genève 28 juillet - - Le développement durable des pays les plus pauvres de la planète sera le thème central de la troisième conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA-III), a décidé aujourd'hui le comité préparatoire intergouvernemental, réuni à New York du 24 au 28 juillet. Il a également approuvé le projet d'ordre du jour et le format de la conférence.

PMA-III, qui se tiendra à Bruxelles (Belgique) du 14 au 20 mai 2001 à l'invitation de l'Union européenne, sera chargée de formuler un nouveau programme d'action pour les pays les moins avancés (PMA).

Les discussions du comité préparatoire ont suscité une convergence de points de vue quant à la nécessité de ne ménager aucun effort pour que PMA-III aboutisse à des résultats concrets qui aient un impact réel sur le quotidien de la population des 48 PMA* où vit près d'un dixième de l'humanité. Il est essentiel que la conférence génère des engagements fermes et que les fonds nécessaires au financement des programmes en faveur des PMA soient disponibles.

Cette première réunion du comité préparatoire, présidée par M. Jacques Scavée (Belgique), a rassemblé quelque 300 représentants de 84 pays, d'agences spécialisées et d'organisations non gouvernementales (ONG). La deuxième session du comité se tiendra à New York en avril 2001.

* Les 48 PMA sont : Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap Vert, Comores, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Guinée équatoriale, Haïti, Kiribati, Iles Salomon, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yemen, Zambie.

- 2 - CNUCED/257 27 juillet 2000

Approbation du format de la conférence

Les travaux de PMA-III vont s'articuler autour de deux grands axes : un "volet intergouvernemental" et un "volet société civile", qui s'enrichiront mutuellement et traiteront notamment de l'éradication de la pauvreté qui est la priorité de la communauté internationale.

Le volet intergouvernemental va débuter, le premier jour de la conférence, par un segment de haut-niveau sur le thème de la pauvreté. Des décideurs politiques et des chefs d'agences de l'ONU se concentreront sur les engagements récents pris par la communauté internationale. Ce volet se terminera le dernier jour de la conférence par un événement auquel participeront des chefs d'Etat.

La CNUCED et différentes organisations internationales vont organiser des débats interactifs et des tables rondes sur des pays ou des régions qui devront donner lieu à des engagements concrets en faveur des PMA. Ils porteront sur les thèmes suivants: gouvernance, paix et stabilité, renforcement des capacités productives, financement de la croissance et du développement, commerce international, produits de base et services, développement des ressources humaines et emploi, services sociaux, sécurité alimentaire et gestion durable des ressources naturelles.

Le "volet société civile" se composera d'un forum des ONG et d'une série d´événements parallèles (sur la lutte contre le HIV-SIDA, le commerce électronique, un fonds de capital-risque pour les PMA), d'un forum des parlementaires, d'une réunion des maires, d´un forum sur les femmes entrepreneurs, d´un forum sur les jeunes et d'une table ronde sur le secteur des affaires.

Principaux éléments des débats interactifs

Les débats interactifs ont donné l'occasion aux représentants des PMA et à leurs partenaires de développement, tant bilatéraux que multilatéraux, d'explorer un éventail de questions devant être approfondies pour être incorporées dans le projet de programme d'action.

Lors des discussions sur le cadre de politique nationale, les participants ont convenu de la nécessité de promouvoir des politiques nationales saines de sorte que les PMA puissent pleinement profiter des appuis extérieurs, et ont souligné l´interaction entre le cadre de politique nationale et les mesures d'appui international. Il est en outre apparu qu´étant donné la meilleure maîtrise du cadre de politique macro-économique acquise par les PMA à travers la mise en oeuvre de la première génération des programmes d´ajustement structurel, les préoccupations portent désormais sur le renforcement des capacités institutionnelles, la stabilité politique et la bonne gestion des affaires publiques.

- 3 - CNUCED/257 31 juillet 2000

Le débat sur les mesures d'appui international a suscité une convergence de vues sur le fait que les bailleurs de fonds n'ont pas pleinement respecté les engagements pris dans le programme d´action de PMA-II en matière d'aide publique au développement (APD), en particulier le ratio de 0,15% du produit national brut (PNB). Seuls quatre pays - Danemark, Pays-Bas, Norvège et Suède - ont atteint ou dépassé l'objectif. En fait, l'APD destinée aux PMA a diminué de 23% depuis le début de la décennie. Les représentants des PMA ont mis en garde contre l'illusion d'une substitution de l'investissement étranger direct (IED) à l'APD. Compte tenu de la faiblesse des flux d'IED dans les PMA (à peine 1,5 % de l'IED destiné aux pays en développement), l'IED ne peut être qu'un complément.

Si tout le monde s'accorde sur la nécessité de trouver une solution durable au problème de la dette des PMA, qui représente 90% de leur produit intérieur brut (PIB) combiné, les avis divergent sur les moyens d'y parvenir. Au regard du niveau élevé d'endettement exacerbé par l'accumulation des arriérés, les différentes initiatives prises par la communauté internationale s'avèrent insuffisantes. Les PMA estiment que toutes leurs dettes bilatérales et multilatérales devraient être effacées afin qu'ils puissent investir dans les secteurs productifs.

Le développement des capacités productives est la voie principale pour sortir du cercle infernal de la pauvreté. Un accès aux marchés sans imposition de taxes ou de quotas pour toutes les exportations des produits est également important. Un objectif constant des PMA est de faire abolir les barrières tarifaires et non tarifaires qui, souvent, nuisent à leurs exportations les plus concurrentielles. Les représentants des PMA ont en outre souligné la nécessité d'établir une procédure accélérée d'accession à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), seuls 29 d'entre eux font partie de cette institution.

Lors des discussions sur le développement social, les participants ont convenu que d'ici PMA-III, il faudrait préparer des analyses afin de montrer le lien entre santé et développement, en particulier dans le cas de la malaria et du VIH-SIDA. Au cours de la dernière décennie, le VIH-SIDA est devenu la principale cause de mortalité dans les PMA d'Afrique centrale et du sud. L'Afrique compte 24,5 millions de personnes vivant avec le VIH, sur un total mondial de 34,3 millions. Les conséquences de cette épidémie doivent également être mesurées en termes d'impact sur l'économie.

Enfin, en ce qui concerne les technologies de l'information, appelées à jouer un rôle essentiel dans la résolution de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les PMA, il a été souligné que pour être en mesure d´en tirer profit il faudrait investir massivement dans l'éducation et la formation. Une tâche qui ne peut être menée qu´à long terme étant donné que près de la moitié des adultes vivant dans les PMA sont analphabètes, contre un tiers dans les pays en développement pris dans leur ensemble et un pour cent dans les pays développés.

Les organisations non gouvernementales préconisent une approche ¨honnête" de la pauvreté

- 4 - CNUCED/257 31 juillet 2000

Au terme de leur réunion (24-26 juillet), les représentants d'une cinquantaine d'ONG du Nord comme du Sud, ont présenté les résultats de leurs discussions. Constatant le peu de progrès auxquels les deux précédentes conférences sur les PMA avaient abouti, les ONG ont fait état de leurs craintes de voir PMA-III n'aboutir qu'à une nouvelle série de promesses. Il importe de se montrer honnête lorsqu'on examine les causes de la pauvreté et que l'on s'efforce de définir comment briser ce cercle vicieux, indique le texte des ONG. Se contenter de chercher à intégrer les PMA dans une économie mondiale libéralisée sans tenter de régler sérieusement leurs problèmes ne peut aboutir qu'à accroître la richesse des pays riches et aggraver la situation des pays pauvres. A titre d'exemple, la guerre empêche certains PMA africains de se développer rapidement alors qu'ils disposent de ressources naturelles abondantes. Or les conflits sont souvent alimentés par le commerce international d'armes produites dans les pays du Nord. Tant que des questions de cette nature ne seront pas traitées, aucun développement n'est possible pour ces pays.

Pour effectuer une percée dans le développement des PMA, il faut que les pays donateurs annulent la dette, traitent les aspects inéquitables des arrangements commerciaux contractés à l'OMC, ne lient pas l'aide et bannissent les ventes d'armes. De leur côté, les gouvernements des PMA doivent retrouver une autorité morale par le biais d'une bonne gestion des affaires publiques afin notamment de renforcer leur position dans les négociations. PMA-III doit adopter une approche qui permette aux populations des pays concernés d'être impliquées dans la prise de décisions affectant leur vie.

Processus préparatoire

L'Assemblée générale de l'ONU a décidé que le Secrétaire général de la CNUCED, M. Rubens Ricupero, serait le Secrétaire général de PMA-III. La CNUCED assure le secrétariat de cette conférence qui est celle de tout le système de l'ONU.

A l'échelle internationale, la préparation de la conférence de Bruxelles a donné lieu à plusieurs réunions interagences des institutions et organes des Nations Unies afin de définir leurs contributions en fonction de leur domaine de compétence. Un forum consultatif, composé de représentants des Etats membres, d'organisations intergouvernementales, d'agences de l'ONU et d'ONG, a également été établi. Il est chargé de traiter des questions de substance, d'organisation et de mobilisation des ressources. A l'échelle régionale et nationale, trois réunions d'experts ont été organisées (voir communiqué de presse : TAD INF 2851), et des comités nationaux ont été instaurés afin de rédiger des programme d'action nationaux.

Ce communiqué de presse est disponible sur Internet à l'adresse suivante : http://www.unctad.org, section presse et référence

Pour plus de renseignements, s'adresser à Muriel Scibilia, chargée de presse, CNUCED; téléphone: 41 22 907 5725/5828; télécopieur: 41 22 907 00 43; ou courrier électronique: press@unctad.org

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