TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE GENERALE M. RAZALI ISMAIL (MALAISIE)

27 juin 1997
GA/9275

TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE GENERALE M. RAZALI ISMAIL (MALAISIE)

27 juin 1997

Communiqué de PresseGA/9275 ENV/DEV/441

TRANSCRIPTION DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE GENERALE M. RAZALI ISMAIL (MALAISIE)

19970627

Le Président (interprétation de l'anglais) : Il s'agit de la session extraordinaire. J'hésite entre vous lire un texte ou simplement répondre aux question. Mais, je voudrais dire tous d'abord que de nombreuses personnes ont travaillé durement pour organiser cette session extraordinaire et de nombreux préparatifs ont du être faits bien que je continue de dire que nous aurions pu mieux faire si nous avions eu davantage de temps pour préparer cette session extraordinaire.

Le document intitulé "Programme pour la mise en oeuvre renforcée d'Action 21" sera approuvé cet après-midi, j'espère vers 18 h 00. Il sera adopté par la Commission plénière et il sera ensuite renvoyé vers 18 h 00 devant l'Assemblée générale. Il n'y aura pas de déclaration politique. Ils ont travaillé très dur jusqu'à ce matin - 5 h 00 ou 6h 00 - pour essayer d'aboutir à une déclaration politique. Ils n'ont pas été en mesure de le faire.

Je crois que le résultat d'ensemble est assez sérieux. Il y a des leçons importantes à tirer des espoirs que nous attendions en notre qualité de diplomates. Toutefois lorsque ces espoirs se trouvent dans un contexte d'absence de volonté politique ou de celui d'une incapacité de prolonger politiquement un processus à long terme, alors se pose un problème. C'est ce qui s'est produit lors des discussions relatives à la déclaration politique.

Je crois que je peux dire par ailleurs que bien qu'il existe un sentiment de déception qu'il n' y est pas eu de déclaration politique, nous devons reconnaître le fait qu'il n'y est pas de déclaration politique est un message particulier. Ce message montre combien il est difficile de rassembler des questions dans ce contexte alors qu'au cours de ces cinq dernières années il n'y a pas eu suffisamment de progrès sur ces questions. Voilà quelle serait mon explication.

Néanmoins, ce qui ne figure pas dans la déclaration politique, figurera dans le document sur la poursuite de la mise en marche d'Action 21. Dans le document qui sera adopté, on constate des résultats satisfaisants. Il faut tenir compte de cela.

Et je voudrais souligner que la présente session extraordinaire devrait être considérée comme une tentative sincère de faire le bilan des progrès depuis Rio. On n'a vraiment pas tellement essayé de passer certaines choses sous silence, de dissimuler certaines questions, Et je dois dire que tous les diplomates concernés ont abordé le travail de façon réaliste; ils ont considéré ce qui était là et ce qui n'était pas là. Voilà pourquoi vous constatez des divisions sérieuses dans le cadre des négociations. Car on a vraiment essayé de voir la réalité et vous le voyez avec l'impasse relative avec la déclaration politique. Je suis satisfait de cela. Nous n'avons pas recherché des apparences, nous avons vraiment recherché la réalité. Nous avons maintenant une évaluation honnête dans le document.

( suivre)

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C'est à vous de juger de la valeur du document principal, je crois que ce document a certains aspects très bons. Vous aurez un texte sur les forêts qui met en avant la question d'un accord international mais qui ne traite pas de délais particuliers. L'idée d'un instrument juridique internationalement contraignant figure dans le texte, mais on ne donne pas de précision quant aux délais. Il devrait y avoir un instrument international et juridiquement contraignant qui devrait être exploré.

Je peux vous donner le texte sur les forêts, où l'on parle de la nécessité d'établir une instance internationale sur les forêts pour promouvoir et faciliter les propositions du Groupe international sur les forêts, pour revoir les progrès relativement à la gestion durable de tous les types de forêts, examiner des questions laissées en suspens par le Groupe, en particulier le commerce et l'environnement relativement aux services et produits des forêts, le transfert des ressources et des technologies, et ensuite, définir les éléments possibles et oeuvrer pour un consensus pour des arrangements et mécanismes internationaux, par exemple pour un instrument juridiquement contraignant. Donc, cette question est évoquée, mais vous voyez qu'elle a été la formule. Et ensuite, selon la décision de la CDD, l'instance, le forum, s'engagera par ailleurs dans l'établissement d'un processus de négociation international sur de nouveaux arrangements et mécanismes ou un instrument juridiquement contraignant sur tous les types de forêts.

Donc, vous voyez que l'on a vraiment essayé de montrer aussi clairement que possible la situation relative aux forêts. Il y là différents points de vue et l'accord général est pris en compte sur le consensus possible. Vous jugerez peut-être que ce texte est tortueux mais il est réaliste, c'est la situation pour ce qui est des forêts.

Pour les changements climatiques et Kyoto, il n'y a pas encore d'accord sur un texte, mais des efforts considérables sont déployés actuellement, ce qui devrait nous permettre de tirer des conclusions et d'arriver à une convergence des points de vue dans quelques heures.

Ensuite, sur le financement, on a un texte qui paraîtra peut-être positif par rapport au déclin de l'APD. Un texte a donc été accepté, reconnaissant ce déclin et donc, reconnaissant la nécessité de renverser cette tendance. On peut se réjouir de cela. La cible de 0,7 % a été encore une fois réaffirmée et des pays développés individuellement se sont engagés à atteindre cette cible.

Cela est très important pour les PMA pour ce qui est de l'APD, et sans aucun doute l'importance de l'APD provient du fait que l'idée de remplacer l'APD par des investissements directs étrangers, cette idée n'est pas acceptable. Pour cela, les choses sont tout à fait claires.

( suivre)

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Sur les impôts sur les combustibles, il n'y a pas de résultat encore. D'ici 18 heures, il y aura peut-être quelque chose.

Est-ce que j'ai oublié quelque chose? Pour ce qui est de la Déclaration politique, nous avons adopté un texte de consensus qui est une «Déclaration d'engagements» qui en fait un préambule du document principal du programme pour la poursuite de la mise en oeuvre d'Action 21; donc, une «Déclaration d'engagements» et cette déclaration de façon générale, réaffirmera les engagements visant à mettre en oeuvre les décisions prises à Rio. Nous allons essayer de revitaliser la volonté politique afin d'oeuvrer plus sérieusement à l'égard des buts fixés à Rio, des buts relatifs au développement durable et ce texte servira de préambule au document principal.

Donc voilà ce que serait essentiellement cette «Déclaration d'engagements». Voilà essentiellement ce que je peux vous dire. Je veux vous dire également que l'un des éléments importants de cette session extraordinaire est que nous avons pu faire entrer les ONG dans la salle de l'Assemblée générale. C'est là une étape importante et cela est mentionné dans la «Déclaration d'engagements» des chefs d'Etat et de gouvernement ont oeuvré de concert avec leurs autres partenaires que sont les organisations non gouvernementales et les institutions spécialisées internationales afin d'examiner les progrès réalisés. En particulier, je suis très heureux de voir les jeunes, les agriculteurs, les femmes, les organisations de ces groupes et également le groupe des peuples autochtones. Je suis très content qu'ils aient pu être là à la session extraordinaire. Ils ont travaillé de concert avec les gouvernements, aux côtés des gouvernements. C'est une bonne chose. Avez-vous des questions?

Question (interprétation de l'anglais) : Ma première question : Que va- t-il se passer maintenant? Que va-t-il se passer dans les prochaines années?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je pense que c'est une alerte qui est sonnée pour l'Organisation des Nations Unies. Tout d'abord, nous devons reconnaître le problème de la coopération internationale et que les gouvernements ne peuvent pas respecter leurs engagements relatifs aux actions qu'ils ont promis d'entreprendre sur le long terme. En effet, des contraintes entrent en jeu. Voilà ce que nous avons appris, ces cinq dernières années, ce que nous avons dit avec beaucoup d'enthousiasme, il y a cinq ans, que nous ferions, que nous mettrions en oeuvre, que nous honorerions n'a pas été fait suffisamment. Pour moi, c'est quelque chose qui a toujours caractérisé les relations internationales; donc, l'ONU doit apprendre à tirer un enseignement de cela.

Par ailleurs, je voudrais dire que l'ONU doit faire face aux grandes questions économiques, aux questions dures. Au moment où l'ONU s'occupe des questions économiques douces, c'est à dire l'environnement, les politiques de développement, le débat sur ces questions, les stupéfiants, les réfugiés, l'ONU n'a pas la possibilité de traiter des questions économiques dures: le

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commerce, l'identification et la mobilisation des ressources. Ce sont les questions qu'il faudrait examiner car le terrain de jeu n'est pas équitable.

Donc, pour obtenir des résultats ou pour dégager un consensus lorsqu'il n'y a pas équité dans les règles du jeu, il doit y avoir des problèmes. C'est une leçon intéressante.

Qu'est-ce qui va se passer maintenant? Ce document principal devra être examiné de très près par la Commission sur le développement durable et par l'Assemblée générale. Nous devrons alors débattre de la question de savoir pourquoi il n'y a pas eu de progrès tangibles en cinq ans. Pourquoi il n'y a pas eu d'engagement politique plus tangible, plus concret de la part des pays intéressés pour permettre la durabilité et la mise en oeuvre d'Action 21.

Question (interprétation de l'anglais) : Je voulais vous poser une question sur la déclaration des engagements. Est-ce qu'il ne faudra pas une déclaration des engagements demandant aux Etats de ratifier ce qu'ils n'ont pas encore ratifié, leur demandant de promulguer des lois nécessaires pour assurer le respect des décisions prises. On parle du respect, mais il faut être sûr qu'il y a quelque chose à respecter. Il y a beaucoup d'Etats qui n'ont pas signé, qui n'ont pas ratifié la Convention sur la diversité biologique, par exemple. Est-ce que cela pourrait figurer également dans la déclaration? Il ne s'agit pas simplement d'Action 21 ou de la Déclaration de Rio, il y a également d'autres obligations internationales, des instruments juridiquement contraignants qui n'ont pas été signés. Donc, ils mentent quand ils disent qu'ils font preuve de volonté politique.

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je crois qu'il faut placer la déclaration des engagements dans le contexte de ce qui s'est passé ce matin, dans le contexte des discussions difficiles qui ont eu lieu. Ce que nous avons est tout ce que nous pouvions avoir. Donc la situation se passe de commentaires.

Question (interprétation de l'anglais) : Quand on considère le document final - pas uniquement comme journalistes, mais comme des personnes qui s'intéressent à ce qu'ont été les effets de Rio - peut-on dire clairement savoir ce qui a été accompli et ce qui ne l'a pas été?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Oui, je le pense. Je pense qu'on devrait pouvoir voir où il y a eu des progrès et où il y a eu au contraire des reculs.

Question (interprétation de l'anglais) : Est-ce que vous pouvez dire spécifiquement pourquoi il n'a pas été possible de parvenir à un accord sur une déclaration politique?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je pense que nous avons tous dit qu'il y aurait une déclaration politique. Bien sûr, maintenant qu'on

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n'a pas pu avoir une déclaration politique, tout la monde va se poser des questions. Mais, si vous regardez les choses de façon réaliste, vous verrez que nombre de questions qui devaient être évoquées dans le document politique figurent déjà dans le document principal : sur le financement, sur l'aide publique au développement, sur les forêts, sur le climat - elles sont déjà mentionnées.

Question (interprétation de l'anglais) : Mais il doit y avoir une raison pour laquelle il n'a pas été possible de se mettre d'accord sur un document de quatre pages.

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je vais essayer de l'expliquer. Lorsque l'on essaie de faire la synthèse de tout cela dans un bref document, alors des problèmes se posent, car, évidemment, quand on essaie de faire cela, le fossé entre ce qui a été promis et décidé à Rio et ce qui n'a pas été fait sur le terrain n'a pas pu être comblé. Donc, vraiment, cela cause beaucoup de frustration. Dès le début de la session, des délégations étaient convaincues qu'on n'avait pas fait assez. Si vous avez suivi le débat à l'Assemblée générale, vous avez entendu des Ministres dire qu'ils n'avaient pas fait grand chose. Des Ministres venus d'Europe, en particulier, ont dit : "Effectivement, il y a eu une baisse terrible de l'aide publique au développement; la tendance doit être inversée; mon pays est prêt à faire quelque chose pour cela". Mais lorsque l'on veut dégager un consensus, il y aura un ou deux pays qui ne seront pas d'accord. Donc, voilà où nous en sommes. Voilà le genre de problèmes que l'on rencontre concernant une déclaration politique.

Question (interprétation de l'anglais) : Peut-on dire que le fait de ne pas avoir une déclaration politique est un acte de défi de la part du monde en développement, parce qu'ils ont le sentiment qu'ils n'ont pas reçu ce qu'on leur avait promis du point de vue de l'aide publique au développement, du transfert des technologies et autres?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Oui, dans une certaine mesure cela est juste, mais pas seulement dans le contexte de la déclaration politique, mais dans l'ensemble du processus de négociation de la session extraordinaire. En effet, il existait un certain ressentiment; beaucoup des promesses faites à Rio n'avaient pas été réalisées. Mais les problèmes relatifs à la déclaration politique ne provenaient pas uniquement des pays en développement. Il y avait également des divisions au sein des pays développés sur un bon nombre de questions.

Question (interprétation de l'anglais): Vous avez parlé d'absence de volonté politique à plusieurs reprises, Ambassadeur. Pourriez nous dire, quels états, quels groupes d'intérêts, quels blocs ont le plus démontré cette absence de volonté politique.

( suivre)

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Le Président(interprétation de l'anglais) : Je n'ai pas la volonté politique de vous donner une indication à ce sujet.

Question (interprétation de l'anglais) : L'absence de déclaration politique implique-t-elle l'absence de volonté politique de la part de la communauté internationale de faire face aux problèmes ? Est-ce que vous seriez d'accord avec cette affirmation?

Le Président(interprétation de l'anglais) : Appelons un chat un chat. Lorsque de toute évidence il n'a pas été assez accompli en cinq ans, dans ce contexte l'impasse à propos de la déclaration politique a reflété cette situation.

Question (interprétation de l'anglais) : Dans dix mois, la Commission du développement durable (CDD) se réunira de nouveau et abordera beaucoup des mêmes problèmes. Est-ce que cette tâche sera facilitée ou rendue plus difficile par les résultats de cette semaine?

Le Président (interprétation de l'anglais) : La tâche sera rendue plus difficile, mais la CDD sait maintenant qu'elle doit faire mieux qu'elle n'a fait auparavant; l'Assemblée générale sait également cela; de même que le groupe de haut niveau des ministres qui est venu à la CDD. Ils ont maintenant une responsabilité plus grande. Après cinq ans, de nombreuses un certain nombre de déceptions ont surgi. On ne peut continuer encore à dire la même chose, à répéter les mêmes platitudes.

Question (interprétation de l'anglais) : Diriez-vous que la session a été un échec, Ambassadeur?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Non pas du tout. Cette Conférence devait avoir lieu. Je suis content que cette Conférence ait eu lieu à l'Organisation des Nations Unies. Pour la première fois, nous sommes suffisamment honnêtes pour reconnaître les limites de nos promesses, de nos engagements politiques et notre incapacité constante à réaliser les objectifs dans le contexte international.

Question (interprétation de l'anglais) : Vous n'avez pas joué le rôle traditionnel du Président, à savoir de secouer les têtes jusqu'à parvenir au consensus. Il semble presque que vous soyez satisfait de la déclaration qui est faite; que vous reconnaissez qu'une non déclaration est un type d'action qui n'a pas été reconnue auparavant.

Le Président (interprétation de l'anglais) : Si je pensais que secouer les têtes pouvait être une solution et qu'il s'en dégagerait un portrait authentique de la situation dans laquelle nous sommes, il serait alors judicieux d'utiliser cette tactique. Mais je ne pense pas qu'il s'agirait

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d'une démarche positive, ni que l'on me permettrait de secouer les têtes, car il y a beaucoup de gens ici qui sont très virulents à propos de la non mise en oeuvre d'un grand nombre de promesses faites à Rio.

Question (interprétation de l'anglais) : Vous avez mentionné le fait que dans la discussion sur la déclaration politique il y a eu certaines divisions au sein du groupe des pays développés. Est-ce que vous pouvez nous décrire le type de questions qui les a divisés?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Bien, en essayant de mentionner certaines des questions qui sont déjà contenues dans le document principal dans la déclaration politique il y a eu des problèmes sur la question de savoir quelles étaient les questions sectorielles que l'on devait mentionner, et avec quel degré de précision il fallait mentionner des engagements? Certains pays développés voulaient aller très loin, et certains ne voulaient pas aller aussi loin, donc, à la fin cela n'a pas pu être fait.

Question (interprétation de l'anglais) : Rétroactivement, est-ce que vous pensez que c'était une erreur d'organiser cette session au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Non, pas du tout. Je pense que c'était très bien d'amener les chefs d'Etat ici pour voir que tout n'est pas rose, et que tous ces problèmes existent, de sorte qu'ils peuvent retourner dans leur pays et réfléchir ensemble, peut-être, et voir ce que l'on peut faire à la prochaine réunion. Je veux dire qu'il y a tous les autres suivis des principaux sommets qui ont eu lieu, et il est clair que l'on peut tirer des leçons de cette session extraordinaire.

Question (interprétation de l'anglais) : Vous avez dit que les gouvernements ne pouvaient pas respecter leurs engagements parce que de nouveaux acteurs ou de nouveaux facteurs sont entrés en jeu. Est-ce que vous voulez mentionner les sociétés? Les organisations non gouvernementales ont parlé de l'emprise des sociétés sur l'ONU, et vous avez déjeuné avec quelques présidents de sociétés l'autre jour. Est-ce que vous seriez en train d'essayer de les persuader d'être un peu moins gourmands et de permettre aux gouvernements de respecter leurs engagements en ce qui concerne la pollution et d'autres questions?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Ma position est tout à fait claire. J'ai souligné les dangers d'une emprise du secteur privé et de tous les aspects de la mondialisation et j'ai mis en garde contre ceux-ci. Je l'ai fait en pensant aux sociétés marginalisées car ces personnes ne sont pas prêtes à s'attaquer à la mondialisation dans ce contexte. Mais j'ai reconnu que la mondialisation est un processus inévitable. Nous devons traiter avec le secteur privé, mais nous devons avoir une structure de relations avec le secteur privé. C'était l'objet de ce déjeuner — établir une structure de relations qui nous permette d'amener le secteur privé à l'ONU et de le faire

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participer aux décisions gouvernementales de l'ONU. Je suis heureux que ce déjeuner ait pu atteindre cet objectif.

Question (interprétation de l'anglais) : Dans le droit fil de cette question, est-ce qu'il est possible que tout accord conclu à partir de maintenant, pour ce qui est de parvenir à un consensus sur les questions qui ont été discutées cette semaine, sera impossible à obtenir, à moins que les sociétés mondiales ne participent plus étroitement à la négociation et aient pratiquement une place à la table?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je ne dirais pas cela. Je pense que les gouvernements doivent gouverner. Les gouvernements doivent décider et les gouvernements doivent réglementer, en particulier lorsqu'il traitent des facteurs de la mondialisation. Les décisions qui n'ont pas pu être prises aujourd'hui, ou à cette session extraordinaire, témoignent de l'incapacité des gouvernements à travailler ensemble pour parvenir à un consensus. Cela ne signifie pas qu'étant donné leur incapacité à le faire le secteur privé doit venir à la rescousse; pas du tout. Je pense que chacun a un rôle différent à jouer.

Question (interprétation de l'anglais) : Il y a peu de temps vous avez mentionné que l'ONU ne bénéficie pas de règles de jeu équitables, ce sont des observations qui semblaient pour moi vouloir dire que le mandat de l'ONU devrait être élargi afin d'inclure le commerce etc...Est-ce qu'il n'y a pas déjà des institutions chargées de cela, telles que la Banque mondiale et plus récemment l'Organisation mondiale du commerce? Si je me trompe, pourriez-vous préciser ce que vous entendez par : l'ONU doit bénéficier de règles de jeu plus équitables?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Vous avez bien compris, mais c'est le triste sort de l'époque, à savoir que nous avons une ONU qui n'opère que dans un certain périmètre, alors que les autres ont des portefeuilles plus importants et traitent de questions qui ont une influence sur les pays en développement.

Si seulement les décisions des Nations Unies pouvaient avoir un impact sur les décisions prises par l'OIT ou par la Banque mondiale en matière de commerce et de finances, les choses seraient différentes. A partir du moment où l'ONU aura cette influence les choses pourront changer. Mais si ce qu'on décide ici n'est qu'un point de repère marginal, alors le rôle de l'ONU est diminué. Voilà ce que je voulais dire. En tant que militant du sud, c'est une situation qui me laisse très insatisfait.

Question (interprétation de l'anglais) : Pensez-vous que cet appel au réveil, ce nouveau réalisme, donnera un nouvel élan au processus? Cette douche froide, risque-t-elle de ralentir les choses à l'avenir, compte-tenu du réalisme et du pragmatisme qui s'imposeront?

( suivre)

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Le Président (interprétation de l'anglais) : Je crois qu'il aura un effet salutaire sur le type et la nature des conférences que nous organiserons la prochaine fois. Il faudra faire attention lorsque l'on s'engagera à organiser une conférence, à moins que l'on ait quelque chose de concret à offrir. Je pense que pour l'ONU, il aura un effet très positif. Cela permettra d'être en harmonie avec la nouvelle approche en matière de gestion suivie par le Secrétaire général dans ses tentatives de réforme.

Donc il ne s'agit pas de diminuer le rôle de l'ONU, mais de s'assurer qu'elle fera mieux à l'avenir.

Question (interprétation de l'anglais) : (L'intervenant n'a pas entendu la question ..... Rio + 5?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Oui.

Question (interprétation de l'anglais) : Voulez-vous dire que cela se reproduira d'ici vingt ans?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Mais, j'espère que d'ici cinq ans, on n'aura pas décidé que nous n'aurons pas de résultat. Il est clair qu'il faut tirer des leçons de ceci, qu'il faut qu'il y ait des résultats meilleurs en l'an 2002.

Question (interprétation de l'anglais) : Certains en dehors de l'ONU pourraient être surpris d'entendre les discours d'engagement politique lorsqu'il s'agit de questions relatives à l'environnement et au développement. Quelles relations voyez-vous entre les questions politiques et ces questions techniques? Croyez-vous, par exemple, qu'il y ait une relation entre ces questions de l'environnement et les questions du développement, de la paix et de la sécurité?

Le Président (interprétation de l'anglais) : C'est un vrai problème. Je ne vois pas comment y répondre.

Question (interprétation de l'anglais) : Pouvez-vous citer deux ou trois aspects politiques de cette session extraordinaire?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Des aspects politiques. Je crois qu'au cours des 30 dernières minutes, je n'ai fait que cela, souligner les incidences politiques et dresser un bilan politique de cette session extraordinaire.

Question (interprétation de l'anglais) : Le préambule qui sera adopté va-t-il tenir compte de certains des paragraphes en suspens qui étaient négociés? Par exemple, ce préambule dira-t-il que nous sommes également préoccupés du fait que la conjoncture du développement dans son ensemble a empiré depuis 1992.

( suivre)

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Le Président (interprétation de l'anglais) : Oui, il y a une généralisation et il faudra tenir compte de cet instinct. Il faudra qu'il soit reflété.

Question (interprétation de l'anglais) : Pensez-vous que les perspectives sont meilleures ou moins bonnes qu'il y a une semaine?

Le Président (interprétation de l'anglais) : Je crois qu'elles sont meilleures. Il y a de cela une semaine, l'on ne savait pas ce qui devrait être dit, comment avancer sur cette voie contre un manque de volonté politique sur les facteurs de la mise en oeuvre du programme d'Action 21 et de la durabilité. Maintenant, nous savons qu'il faudra s'attaquer à ces problèmes. C'est un plus pour moi.

Question (interprétation de l'anglais) : Vous avez dit, à maintes reprises, que le document contenait des informations utiles puisqu'il transmettait un signal, un appel au réveil des Etats Membres. Pensez-vous qu'il y a des mesures nouvelles, concrètes, utiles à l'environnement? Vous rappelez-vous d'une conférence de ce niveau, auquel auraient participé les mêmes dirigeants mondiaux, et au cours de laquelle aucune mesure concrète, substantielle n'a pu être prises?

Le Président (interprétation de l'anglais) : On dit qu'il y a de bons résultats dans le document principal qui parlent d'une élimination progressive de l'utilisation de l'essence plombée, qu'il y aura un encouragement de l'assistance technique. Que l'on parle également d'un nouveau partenariat à l'échelle internationale sur l'eau douce, l'énergie, etc. Et qu'il y aura, également, quelque chose concernant l'utilisation et l'excès d'énergie, et certains aspects des mesures de consommation.

/Le Président (interprétation de l'anglais) : Je n'ai pas vu ces documents.../

Je n'ai pas vu ces documents. Je peux seulement dire que nous devons encore adopter ces documents sur l'utilisation de plomb dans l'essence.

Question : S'agit-il de la Conférence la moins fructueuse de ce niveau dont vous puissiez-vous souvenir?

Le Président : Je ne pense pas. Je pense qu'il faut être assez réaliste et se placer dans la réalité. Il ne s'agit pas d'une mauvaise conférence.

Question : Vous étiez à Rio il y a cinq ans. Vous avez été l'un des protagonistes qui avait permis d'aboutir à un accord sur les documents adoptés à Rio. Qu'est-il arrivé depuis qui est rendu impossible un accord aujourd'hui? En 1992, restaient-ils encore des restes de l'euphorie entraînée par la fin de la guerre froide et à présent ils hésitent tous à s'engager financièrement? Que s-s'est-il produit?

( suivre)

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Le Président : Je crois que j'ai répondu à cette question lors une conférence de presse précédente. En effet, nous avons atteint l'apogée de notre enthousiasme et de notre détermination en faveur du développement durable et de l'environnement en 1992. Depuis plusieurs éléments sont survenus qui ont détourné notre attention de ces aspects. Depuis lors un esprit de clocher s'est propagé dans le monde développé, un esprit de clocher qui a altéré la volonté des pays de fournir des fonds, des ressources, une aide publique au développement, des transferts de technologie et bien d'autres choses. Je me suis déjà prononcé sur cette question.

Question : Ce qui me frappe c'est que vous avez toujours la possibilité de faire quelque chose. Vous savez, les choses ne sont pas encore finies aujourd'hui. Vous avez parlé d'un appel au réveil, nous avons encore quelques heures. Pourquoi ne revenez-vous pas sur la déclaration originale de 1992 qui parlait de l'urgence, qui disait que c'était un moment historique pour l'humanité? Vous n'avez pas traité de l'urgence. Faites leur faire quelque chose. Ce n'est pas la faute de l'ONU, les gens parle de la réforme de l'ONU. L'ONU a accumulé pendant cinquante ans des documents importants sur la paix, l'environnement, la justice sociale. C'est la faute des Etats, vous devez les réveiller; c'est votre travail. Et il vous reste quelques heures pour le faire.

Le Président : Je sais ce que je ne peux pas faire. Mais permettez-moi de renverser la question et de répondre qu'il s'agit d'une occasion où les organisations non gouvernementales devraient venir au secours. Je crois que le travail des ONG est bien défini, il faut qu'elle examine le document, qu'elles voient ce qui est nécessaire, qu'elles retournent à la base et qu'elles fassent pression et campagne pour une mise en oeuvre plus sincère et honnête de tous les aspects de Rio. Je crois que la balle est dans le camp des ONG cette fois non simplement sur le fait d'avoir des conférences. J'estime que le temps des conférences aussi bien pour les gouvernement que pour les ONG est révolu. Il n'y a aucun sens à ce que les gouvernements parlent entre eux de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. Il est temps de s'en occuper et de dire "nous ne vous élirons pas si vous ne faites pas ceci ou cela" . C'est le moment pour les ONG d'exercer leur influence et il s'agit du bon moment.

Question : Les produit chimiques qui appauvrissent l'ozone et les polluants organiques figurent-ils au document?

Le Président : Pour être franc, je ne suis pas très calé sur ce sujet.

Question : Vous avez-parlé d'échec dans une certaine mesure du processus politique. Pouvez-vous nous définir cet échec d'un point de vue environnementale uniquement : les occasions perdues de réaliser des changements significatifs et des améliorations de la santé et du bien-être de l'environnement?

( suivre)

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Le Président : Je crois que ce qui s'est produit nous a fait comprendre ce qui pouvait aller mal dans un processus. S'agissant des questions de fond si vous examinez le document principal , vous pourrez dire qu'il y a quelques résultats positifs. Mais le processus d'élaboration de la déclaration politique a indéniablement échoué. Je vous remercie.

* *** *

( suivre)

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