SOMMET PLANETE TERREE5 : LE FINANCEMENT FOURNI PAR LES PAYS DEVELOPPES PERMETTRA DE MESURER LEUR VOLONTE DE METTRE EN OEUVRE ACTION 21

26 juin 1997
AG/658

SOMMET PLANETE TERREE5 : LE FINANCEMENT FOURNI PAR LES PAYS DEVELOPPES PERMETTRA DE MESURER LEUR VOLONTE DE METTRE EN OEUVRE ACTION 21

26 juin 1997

Communiqué de PresseAG/658

SOMMET PLANETE TERRE+5 : LE FINANCEMENT FOURNI PAR LES PAYS DEVELOPPES PERMETTRA DE MESURER LEUR VOLONTE DE METTRE EN OEUVRE ACTION 21

19970626 La dix-neuvième session extraordinaire de l'Assemblée générale, a poursuivi ce matin, sous la présidence de M. Razali Ismail (Malaisie) son débat sur la mise en oeuvre d'Action 21.

Une nouvelle fois, les intervenants ont mis l'accent sur la nécessité de lutter contre la pauvreté et d'associer la société civile, et en particulier les communautés locales et les femmes, au grand dessein du développement durable. Ils se sont inquiétés des conséquences des changements climatiques notamment pour les petits Etats insulaires. L'obligation de mettre complètement en oeuvre les recommandations de Rio a été à nouveau soulignée, les intervenants estimant que la détermination des pays développés à faire preuve de solidarité devra être jugée à l'aune du niveau de financement qu'ils entendent consacrer à l'aide publique au développement et à la coopération. L'environnement est un bien commun où le sort des riches et celui des pauvres sont liés, a fait remarquer une délégation, alors qu'une autre a rappelé que la réalisation du développement durable est une condition sine qua non de la survie de l'humanité.

L'Assemblée générale a entendu ce matin les déclarations des personnalités suivantes : le Vice-Président de la République dominicaine, M. Jaime David Fernandez Mirabal; le Vice-Premier Ministre et Ministre de l'environnement et du développement régional de la Lettonie, M. Anatolijs Gorbunovs; le Ministre d'Etat, des travaux publics et du logement du Nigéria, M. Alhaji Abdullahi Adamu; le Ministre de l'environnement du Liechtenstein, M. Norbert Marxer; le Ministre d'Etat aux affaires étrangères de l'Ouganda, M. Martin Aliker; le Ministre de l'environnement et des ressources forestières du Togo, Yao Komlavi; le Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement du Burundi, M. Samuel Bigawa; le Ministre de l'environnement et des forêts du Bangladesh, Mme Syeda Sajeda Chowdhury; le Ministre de l'environnement et de la préservation de la nature du Sénégal, M. Abdoulaye Bathily; le Ministre de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement du Cap-Vert, M. José Antonio Monteiro; et le Ministre du secteur de l'entreprise publique, du développement administratif et des affaires environnementales de l'Egypte, M. Atef Ebeid.

L'Assemblée générale a également les interventions des Ministres des pays suivants : le Ministre de la santé et de l'environnement de la Barbade, Mme Elizabeth Thompson; le Ministre fédéral de l'environnement, du

gouvernement local, du développement rural, de la population, de la santé, de la promotion de la femme, de la protection sociale, de l'éducation spéciale, de l'alimentation et de l'agriculture du Pakistan, Mme Syeda Abida Hussain; le Ministre de la science, de la technique et de l'environnement de la Malaisie, M. Dato' Law Hieng Ding; le Vice-Ministre de l'environnement de l'Angola, M. Joâo Serodio Almeida; et le Vice-Ministre des ressources nationales et de l'environnement du Honduras, M. Sergio Alejandro Zelaya.

L'Assemblée générale a en outre entendu les déclarations de M. Tuiloma Neroni Slade (Samoa), de M. Narendra Bikram Shah (Népal) et de M. Emilio Izquierdo (Equateur), ainsi que de l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), M. Gustave Speth, du Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), M. Hiroshi Nakajima, et de la Présidente de l'IUCN - The World Conservation Union, parlant au nom du groupe principal des milieux scientifiques et techniques, Mme Yolanda Kakabadse.

La prochaine séance de l'Assemblée générale aura lieu cet après-midi, à 15 heures.

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M. JAIME DAVID FERNANDEZ MIRABAL, Vice-Président de la République dominicaine : notre gouvernement est déterminé à coordonner les actions des secteurs gouvernementaux et de la société civile de façon à atteindre les objectifs fixés lors du Sommet de la Terre, auxquels mon pays a souscrit. Le gouvernement de la République dominicaine estime que la lutte contre la pauvreté constitue la priorité pour parvenir à un développement durable. Les représentants de la société civile doivent pouvoir participer, aux côtés des organisations gouvernementales, au processus de développement national. Nous devons surmonter l'important obstacle que représente la dette extérieure et trouver des formules pour mettre en place des programmes de développement qui permettront de dégager des ressources dans les pays en développement et dans les pays qui essaient de promouvoir le bien-être de leur population. Nous nous efforçons d'instaurer des cadres nationaux et internationaux transparents en matière de justice et nous avons renforcé notre présence au sein des organisations internationales pour défendre nos ressources naturelles et le droit au développement durable en associant le pays aux groupes régionaux et sous-régionaux en collaboration avec l'Amérique centrale, les Caraïbes et la République d'Haïti. Cependant, il importe de souligner que le développement durable exige que la durabilité soit construite à partir de la base, dans la mesure où les problèmes locaux nécessitent des solutions locales.

M. NORBERT MARXER, Ministre de l'environnement du Liechtenstein : bien que les Gouvernements soient responsables de la mise en oeuvre d'Action 21 et des engagements de Rio, tous les groupes de la société doivent prendre activement part au processus de promotion du développement durable. Du fait que le Liechtenstein dépend à 90% des importations en matière d'énergie, il attache une grande importance à l'établissement d'une politique énergétique cohérente. L'énergie joue un rôle clé pour arriver aux objectifs économiques, sociaux et environnementaux du développement durable. Les questions énergétiques sont au coeur des efforts entrepris pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre. Dans le domaine du transport, nous ne prenons pas le chemin de la durabilité. Le transport routier est en constante augmentation et les émissions causées par le trafic constituent une sérieuse menace pour la santé dans de nombreuses régions du monde. L'impact de ce problème sur l'environnement est particulièrement important dans des pays en transition comme le notre. Une stratégie commune pour des transports écologiquement viables en Europe doit être formulée.

En tant que pays montagneux, le Liechtenstein attache une grande importance à la question de la protection des forêts. Le Liechtenstein soutient tous les efforts faits pour établir un instrument international juridiquement contraignant sur la gestion durable des forêts. Il faut renforcer le rôle de la Commission du développement durable et la dimension régionale de son travail. Le cadre institutionnel pour le développement durable et les questions environnementales doit être renforcé. En 1992, les pays développés s'étaient engagés à consacrer 0.7% de leur PNB à l'aide publique au développement. Le Liechtenstein a accru son aide au développement durant ces dernières années et continuera à le faire. Il est nécessaire de

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procurer les ressources financières nécessaires et de promouvoir le transfert de technologies afin que les principes d'Action 21 puissent être mis en oeuvre dans les pays en développement et en transition.

M. YAO KOMLAVI, Ministre de l'environnement et des ressources forestières du Togo : un rapide survol des résultats obtenus globalement cinq ans après Rio, suscite une inquiétude et des interrogations sur les capacités et surtout sur la volonté et la détermination de la communauté internationale à répondre à ses engagements et à établir un partenariat sérieux et sincère, indispensable pour faire face à l'enjeu environnemental. Le contexte socio- économique du Togo au moment de la Conférence de Rio a retardé la mise en oeuvre des engagements pris et a porté de graves atteintes aux ressources naturelles. Malgré tout, un plan socio-économique, un programme de lutte contre la pauvreté et un programme de renforcement des capacités nationales de développement ont été adoptés. En outre, le Togo a adhéré à plusieurs conventions internationales issues de Rio, dont celles sur la biodiversité et la lutte contre la désertification. Sur le plan institutionnel, la Commission interministérielle de l'environnement a été créée et un Comité national de l'environnement sera prochainement mis en place. La réalisation de ces dispositions a été possible en un temps record, grâce au concours de toutes les couches socio-professionnelles de la société après des mesures de sensibilisation. Malheureusement les problèmes continuent de s'amplifier, notamment quant à la maîtrise de l'eau et la pollution. De plus, l'action de notre pays intervient sans grand soutien de la part de la coopération internationale.

La Déclaration de Rio et les textes complémentaires doivent être considérés comme des cadres auxquels l'humanité entière doit se conformer. Il faut ensuite, par région, en fonction des similitudes physiques, biologiques ou financières, dégager des programmes et projets prioritaires réalistes sur une période donnée et avec une évaluation intermédiaire. C'est dans ce sens que nous vous demandons d'étudier avec sérieux la proposition faite par les Ministres africains de l'environnement en mars dernier à Ouagadougou. Il s'agit d'inscrire comme priorités pour cette région, la lutte contre la pauvreté et la désertification, la dotation des populations en eau potable et en énergie de substitution. La communauté internationale tout entière doit considérer les problèmes de l'environnement comme relevant des urgences humanitaires qui doivent bénéficier des traitements appropriés car les mesures prises par les pays du Nord à l'encontre de nos Etats ont des incidences beaucoup plus négatives sur les populations pauvres et donc sur l'environnement. L'environnement est un bien commun, où le sort du riche et celui du pauvre sont liés.

M. SAMUEL BIGAWA, Ministre de l'Aménagement du territoire et de l'environnement du Burundi : il existe maintenant un consensus général sur la nécessité d'orienter tous nos efforts, tant au niveau national qu'international vers le développement durable. La réalisation de cet objectif louable est, en effet, une condition sine qua non de notre survie sur

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cette planète. Les différents documents issus de la Conférence de Rio constituent le fondement et le cadre de nos politiques générales et doivent guider toutes nos décisions dans le cadre d'une approche intégrée des politiques de l'environnement pour le développement durable. Au niveau international, la CNUED a contribué à accroître la prise de conscience de la corrélation entre le développement durable et l'environnement chez tous les acteurs sociaux.

Malgré sa bonne volonté d'honorer les engagements conclus à Rio, le Burundi est resté en-deçà du programme tracé par Action 21 suite aux contraintes de plusieurs ordres et plus particulièrement de la crise socio-politique qui a éclaté en octobre 1993 et qui n'a pas épargné l'environnement. En effet, après les massacres inter-ethniques, des milliers de personnes ont été contraintes de se regrouper dans les camps des déplacés. Les réfugiés en provenance des pays voisins sont venus s'ajouter aux déplacés intérieurs, ce qui a fortement contribué à la dégradation de l'environnement notamment par le déboisement pour des besoins énergétiques, la pollution des rivières et la destruction des infrastructures. Des efforts sont déployés pour la reconstruction des habitations avec l'appui du Fonds africain pour le développement, pour le reboisement avec le concours du PNUD et du HCR, pour la reconstruction des infrastructures avec l'appui des ONG et des organismes internationaux. Actuellement le gouvernement du Burundi s'efforce de poursuivre la mise en oeuvre d'Action 21 à travers des programmes de reboisement au Nord-Est du pays pour contrer la menace de désertification qui s'annonce, de protection de la biodiversité originelle à travers la conservation des aires protégées, de lutte contre la pollution des centres urbains et des cours d'eau.

M. ALHAJI ABDULLAHI ADAMU, Ministre d'Etat du travail et du logement du Nigéria : la CNUED a établi un lien entre développement socio-économique et protection de l'environnement et c'est pour cette raison que la communauté internationale doit continuer de voir en Action 21 un programme d'action global. Malheureusement, cinq ans après Rio, la coopération internationale s'est affaiblie tandis que la volonté politique n'a cessé de faiblir, en particulier de la part de nos partenaires des pays développés. Cette session ne doit pas se prêter à la renégociation d'Action 21 mais doit mobiliser la volonté politique en vue de sa pleine mise en oeuvre. Cette mise en oeuvre d'Action 21 par les pays en voie de développement a souffert considérablement du fait de l'augmentation du poids de la dette extérieure et de la baisse de l'aide publique au développement. La question de la dette extérieure est étroitement liée à celle du développement durable. Dans ce contexte, nous estimons que les questions du commerce et de l'environnement, de l'accès aux marchés des pays développés et des investissements étrangers et de l'accès aux technologies écologiquement rationnelles sur une base préférentielle, nécessitent une action concertée de la part de communauté internationale. D'autre part, nous pensons que la croissance économique durable comme le développement durable relèvent de la responsabilité des gouvernements nationaux.

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Au Nigéria, nous avons lancé plusieurs initiatives afin de préserver et gérer nos ressources naturelles, contrôler la déforestation, lutter contre la désertification, atténuer les effets de la sécheresse, promouvoir les établissements humains durables et l'agriculture, et protéger la diversité biologique. Nous avons également adopté des mesures afin de garantir l'intégration des préoccupations écologiques dans le processus de prise de décisions et de planification du développement. D'autre part, le renforcement des capacités locales est une condition au développement durable. Il doit être envisagé sur le mode de la coopération et non pas de la compétition et dans ce contexte, il est important que les pays développés soutiennent davantage les pays en développement. Malheureusement, il existe un certain nombre de pays qui n'ont pas honoré leurs engagements pris à Rio et notamment pour ce qui est de consacrer 0,7% de leur produit national brut à l'aide publique au développement (APD). Par ailleurs, nous sommes d'avis que le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) doit continuer de catalyser les efforts de protection de l'environnement de la communauté internationale. Le PNUE doit rester dans ses locaux actuels et doit être renforcé afin de pouvoir jouer son rôle de guide et de coordination des politiques pour les questions écologiques. Nous recommandons également d'élargir la participation ministérielle du segment de haut niveau de la Commission du développement durable.

M. ANATOLIJS GORBUNOVS, Vice-Premier Ministre et Ministre pour la protection de l'environnement et le développement régional de la Lituanie : Depuis le Sommet de Rio, la Lituanie a procédé à des investissements importants pour assurer la protection de l'environnement. Bien que les ressources modestes des pays en transition ne leur permettent pas d'investir de façon substantielle, la Lituanie a toutefois donné la priorité à la promotion du développement de son infrastructure. Les objectifs clé sont les routes, les ports et les technologies énergétiques. La Lituanie consacre 27% de ses investissements à l'amélioration de l'environnement, en particulier par le biais de la gestion et l'assainissement de l'eau. Les prochaines mesures viseront à réaliser l'objectif de durabilité, essentiellement par l'adoption d'approches intersectorielles complexes tant au niveau nationale qu'au niveau local. Il subsiste un problème important en Lituanie, celui du nettoyage des sites militaires. Après l'occupation étrangère, ils ne servent plus à rien et leur nettoyage exige beaucoup de temps, d'argent et une technologie appropriée.

La Lituanie estime que la participation aux processus régionaux est de la plus haute importance. Actuellement, elle participe à un processus paneuropéen et à deux processus de la région de la mer baltique. Le premier processus dans la région de la mer baltique, lancé en septembre 1990, lorsque la Conférence ministérielle de la mer baltique a adopté une Déclaration établissant un plan d'action à long terme pour la restauration et la préservation de la mer baltique. La Lituanie s'est maintenant engagée à régler les problèmes causés par une moitié des points sensibles définis par le plan d'action. La Lituanie est reconnaissante aux pays nordiques, ainsi

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qu'aux institutions financières internationales, qui ont contribué à mettre en place des mécanismes financiers pertinents. Cette coopération positive s'est étendue en 1996, lorsque les chefs de gouvernement des onze pays membres du Conseil de la mer baltique, que préside la Lituanie, et le président de la Commission européenne se sont entendus pour développer un Plan d'action pour la région, intitulé "Baltique 21". Ce Plan d'action souligne le rôle de la coopération régionale pour régler des problèmes écologiques et progresser vers un développement durable. Le deuxième processus dans la région de la mer baltique, qui est complémentaire à "Baltique 21", porte sur l'espace ou la planification concernant l'utilisation des terres. En 1992, les pays de la région ont décidé d'élaborer une notion de développement spatial à long terme intitulé "Vision et stratégies pour l'an 2010 en Mer baltique", compatible avec des concepts similaires ailleurs en Europe. Les forêts couvrent presque la moitié du territoire de la Lituanie et sont donc écologiquement et économiquement essentielles pour le pays. Pour garantir un développement durable des forêts en Lituanie et dans le monde, il faudrait parvenir à un consensus sur les principes de gestion durable des forêts et s'engager à respecter ces principes. La Lituanie appuie les propositions concernant le démarrage du processus de négociation pour une convention internationale sur les forêts.

Mme SYEDA SAJEDA CHOWDHURY, Ministre pour l'environnement et les forêts du Bangladesh : peu de progrès ont été faits depuis l'adoption, il y a cinq ans, d'Action 21. Il faut, durant cette session extraordinaire, donner un nouveau dynamisme au processus de Rio. Depuis Rio, le Bangladesh s'est efforcé d'intégrer les questions environnementales dans ses politiques de développement. Le Bangladesh a passé des lois pour la protection de l'environnement, mis en place des "tribunaux verts" pour s'occuper des violations de ces lois, formulé un Plan d'action national de gestion de l'environnement, ratifié la plupart des conventions internationales, et établi un mécanisme de coordination nationale pour le développement durable à savoir le Comité national de l'environnement qui est dirigé par le Premier Ministre. L'assistance internationale n'a pas été à la hauteur des engagements pris à la Conférence de Rio.

L'élimination de la pauvreté est nécessaire à la protection de l'environnement et au développement durable. Il faut que des programmes et des stratégies nationaux soient consacrés à l'élimination de la pauvreté. Le Bangladesh estime que les objectifs de l'élimination de la pauvreté et de la protection de l'environnement peuvent être atteints par la mise en oeuvre de programmes de microcrédit efficaces comme sa Banque Grameen. Les pays de l'Asie du Sud, membres de la SAARC, ont réitéré leur engagement à éradiquer la pauvreté durant leur récent Sommet qui s'est tenu aux Maldives. La participation des femmes est capitale dans le processus de prise de décision. Le présent gouvernement a adopté une politique nationale pour le développement des femmes qui vise à accroître la participation des femmes dans les sphères politique, sociale, administrative et économique et dans les programmes environnementaux. Le Bangladesh espère que cette session extraordinaire

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permettra de mobiliser la volonté politique de la communauté internationale afin de mettre en oeuvre Action 21. L'assistance technique doit être donnée à titre préférentiel aux pays en développement afin d'arrêter le processus de marginalisation. Les recommandations de la Réunion du groupe d'experts sur la mise en oeuvre de mesures spéciales en faveur des pays les moins avancés pour mettre en oeuvre Action 21 doivent être entérinées durant cette session extraordinaire. Il faut prendre des mesures adéquates pour éviter des catastrophes causées par les changements climatiques et la montée du niveau de la mer. Il est urgent d'examiner la question de la gestion des produits et déchets dangereux, de l'eau douce et des forêts. L'assistance financière est capitale. La société civile, y compris le secteur privé, a un rôle clé à jouer dans la mise en oeuvre d'Action 21.

M. ABDOULAYE BATHILY, Ministre de l'environnement et de la protection de la nature du Sénégal : la Conférence de Rio a semblé donner l'élan à une nouvelle éthique dans le comportement des nations et dans leurs relations, comme l'annonçait la notion de "responsabilité commune mais différenciée". Mais cinq ans après, les engagements pris à Rio restent pour l'essentiel au stade des déclarations d'intention et les égoïsmes nationaux ont pris le dessus sur l'élan de générosité et l'esprit de solidarité. Les tendances négatives qui affectent cette fin de siècle tardent à s'inverser et l'éradication des fléaux qui menacent notre survie appelle l'action décisive commune autour d'Action 21. Personne ne doit se dérober à ses responsabilités spécifiques, mais la réussite individuelle n'est pas possible en l'absence d'un engagement commun. Le Sénégal, en tant que partie aux trois conventions issues de la Conférence de Rio, a entrepris un ensemble d'activités de mise en oeuvre tant au plan national que local et également en rapport avec ses partenaires régionaux et sous-régionaux. Nous allons nous doter dans les prochaines semaines d'un Plan national d'action pour l'environnement, élaboré de la base au sommet avec la pleine participation de toutes les catégories de la population.

La présente session doit être l'occasion de renouveler le pacte scellé à Rio. S'agissant de la Convention de lutte contre la Sécheresse et la Désertification, nous regrettons le manque de progrès dans les négociations concernant notamment les ressources et les mécanismes financiers pour la mise en oeuvre de cette convention. Nous devons également promouvoir des mesures permettant de contribuer à la gestion, à la conservation et à l'exploitation écologiquement viable des forêts. Nous nous félicitons du travail très positif accompli en ce sens par le Groupe intergouvernemental sur les forêts. Toute oeuvre de développement durable relève avant tout de la responsabilité nationale, mais l'on ne saurait ignorer le rôle essentiel de la coopération internationale. A cet égard, la chute continue de l'Aide publique au développement n'incite guère à l'optimisme. Le développement durable risque d'être un vain mot pour beaucoup si les efforts internes ne sont pas soutenus par un engagement résolu de la communauté internationale. Le règlement de la crise de la dette et la juste rémunération des produits de base procèdent de ce même impératif de solidarité et d'interdépendance. La communauté

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internationale peut tenir ses engagements si elle fait preuve d'une réelle volonté politique.

M. JOSE ANTONIO MONTEIRO, Ministre de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement du Cap-Vert : cinq ans après, tous les grands principes contenus dans la Déclaration de Rio restent valables et constituent des piliers essentiels dans la quête du développement durable. Il est opportun de souligner ici que le principe des responsabilités communes mais différenciées, dans le cadre d'un partenariat global, est indispensable et même crucial pour l'élimination de la dégradation de l'environnement et de l'épuisement des ressources. Le Cap-Vert réitère avec détermination qu'il assume les compromis d'Action 21 et qu'il s'est engagé, à travers son programme d'action national, à inverser la dégradation de son milieu et de ses ressources naturelles. Le Cap-Vert, de par sa situation de petit Etat insulaire, connaît des problèmes sérieux et complexes en matière d'environnement qui pèsent sur son développement. Nous réaffirmons qu'il est nécessaire et urgent de réunir toutes les conditions pour qu'une mise en oeuvre effective du Plan d'action de la Barbade ait lieu. Dans ce sens, nous avons défini des objectifs principaux qui concernent notamment la protection de la mer et des zones côtières, et des ressources respectives; la protection des ressources naturelles de la terre, en particulier des sols et de l'eau, ainsi que de la biodiversité, en garantissant une gestion rationnelle et l'exploitation durable de ces ressources.

Malgré les efforts entrepris à la lumière d'Action 21, nous assistons à des disparités, tant entre les pays qu'en leur sein, qui se traduisent par une pauvreté accrue, le chômage et la maladie, ce qui a pour conséquence d'accentuer la dégradation continue des écosystèmes et du bien-être humain. Aucun moratoire n'est permis dans le combat contre la pauvreté. Celle-ci représente la négation par excellence de la durabilité et pose simultanément un frein sérieux au développement qualitatif. Nous reconnaissons que le PNUE est dépositaire d'un rôle important, à l'échelle mondiale, pour résoudre les questions environnementales. Nous considérons que des mesures de renforcement de cette institution sont à introduire rapidement de manière à lui conférer une plus grande opérationalité. Il convient également de souligner le mandat confié au Comité inter-étatique de lutte contre la sécheresse dans la sous- région sahélienne, dont le Cap-Vert assure actuellement la présidence, dans la matérialisation des objectifs d'Action 21. L'émergence, l'année passée de la Communauté des pays lusophones, a permis l'institutionnalisation d'une Conférence interministérielle sur l'environnement qui devrait constituer un forum important de concertation et de coopération pour la mise en oeuvre d'Action 21, par les sept Etats Membres.

M. ATEF EBEID, Ministre du secteur de l'entreprise publique, du développement administratif et des affaires environnementales de l'Egypte : il est nécessaire et impérieux d'affronter les défis liés au développement durable et à l'environnement. Il faut poursuivre le dialogue commencé à Rio afin d'atteindre les objectifs de notre entreprise commune. Il y a eu

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certains succès après la Conférence de Rio. Ainsi, le nombre de pays intéressés par les questions relatives au développement et à l'environnement a augmenté. Plusieurs accords internationaux ont été conclus comme les Conventions sur la biodiversité, la lutte contre la désertification et les changements climatiques. Le nombre de pays qui adhère à ces accords augmente d'années en années. Il y a de plus en plus d'experts en mesure de formuler des programmes environnementaux. L'intérêt de la population pour l'environnement s'est accru. On remarque que la question de l'environnement est inscrite dans les programmes politiques gouvernementaux.

L'étendue des problèmes touchant au développement et à l'environnement demeure évidente et les défis sont immenses à la fois pour les pays en développement et développés. Parmi ces défis, le plus important concerne la nécessité de fournir une eau salubre pour tous, d'élargir les zones vertes en particulier celles couvertes d'arbres et de remplacer les arbres abattus. Il faudrait parvenir à un accord sur le nombre d'arbres plantés annuellement dans les pays possédant l'eau et la terre nécessaires. Il faudrait également développer les technologies pour combattre les causes des changements climatiques et des catastrophes naturelles. L'accroissement démographique mondial doit être contrôlé grâce au développement socio-économique. Il est nécessaire de mobiliser les ressources financières et technologiques adéquates. Des ressources financières pourraient être débloquées si l'on acceptait qu'un apport de $1 par voyage international soit attribué à un fonds spécial. Cette formule permettrait de produire 1 milliard de dollars par an qui pourrait être consacré à l'environnement. Tous les pays contribueraient à ce fonds. Cela représenterait une source financière supplémentaire en dehors du budget des pays et serait facile à collecter. Une telle formule permettrait de garantir une source financière renouvelable qui augmenterait avec le développement.

Mme ELIZABETH THOMPSON, Ministre de la santé et de l'environnement de la Barbade : nous nous associons pleinement à la déclaration du Groupe des 77 et la Chine ainsi qu'à celle de l'Alliance des petits Etats insulaires en développement. Depuis Rio, un nombre important de conventions ont été signées, toutefois le chemin à parcourir reste long, en particulier pour les petits Etats. La question première est de savoir comment les pays pauvres peuvent satisfaire leurs engagements de Rio s'ils n'ont accès à aucune ressource financière supplémentaire. Sans une telle aide, la dégradation de l'environnement des pays en développement se poursuivra. Les petits Etats insulaires en développement sont particulièrement vulnérables. Ainsi pour la Barbade, les eaux de pêche sont si proches de celles des îles voisines qu'une Zone économique exclusive relève plus du concept que de la réalité. Malgré les engagements pris à Rio et lors de la Conférence des petits Etats insulaires en développement tenue dans mon pays, la dégradation globale de notre environnement continue. L'un des faits les plus préoccupants est que plus d'un milliard de personnes vivent dans un état de pauvreté absolue, qui est à la fois une cause et une conséquence de la dégradation de l'environnement. La présente session doit s'attacher à résoudre la crise

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financière actuelle des pays en développement. Les pays développés, quant à eux, doivent garantir que leurs activités industrielles prennent désormais en considération la préservation de l'environnement.

Pour les petits Etats insulaires en développement, la première priorité est la protection des océans et des mers. Nous attachons une importance particulière à la quatrième Conférence des parties qui aura lieu cette année à Kyoto. Nous tenons particulièrement à ce que les pays développés s'engagent plus avant à réduire leurs émissions de dioxide de carbone. La mer des Caraïbes est pour nous d'une valeur inestimable et le récent Sommet Etats- Unis/Caraïbes a progressé vers la conclusion d'un accord international faisant des Caraïbes une zone environnementale durable. Nous nous félicitons de la recommandation de la Commission du développement durable en vue d'un examen à mi-parcours du Plan d'action de la Barbade, en 1999. La présente session extraordinaire doit être l'occasion de renouveler les engagements de Rio et de la Barbade, autour de deux points clefs : les programmes nationaux, fondés sur la reconnaissance du développement économique véritable, ne peuvent réussir que s'ils intègrent la protection de l'environnement ; et la pleine conscience que chacune des mesures prise en faveur de l'environnement constitue en fait un investissement pour l'avenir de la Terre et de sa population.

Mme SYEDA ABIDA HUSSAIN, Ministre fédéral, pour l'environnement, le gouvernement local, et le développement rural, la population, la santé, la promotion des femmes, la sécurité sociale et l'éducation spéciale, l'alimentation, l'agriculture du Pakistan : en dépit de ses difficultés économiques et financières, le Pakistan a pris des mesures importantes dans le sens de la protection de l'environnement et du développement durable. Une loi nationale sur l'environnement a été élaborée et la participation des ONG, des communautés locales et des groupes spécifiques est encouragée. Les projets de développement sont aujourd'hui soumis à une évaluation de leur impact sur l'environnement. Toutefois, dans les pays en développement, des faits comme la pauvreté généralisée, la stagnation des économies ou encore le détournement des ressources limitées vers le paiement du service de la dette entraînent une détérioration du bien-être humain et de l'environnement. Pour illustrer ces propos, il faut savoir que chaque année, le Pakistan consacre plus de la moitié de ses revenus annuels au paiement du service de la dette. La pauvreté et la dégradation de l'environnement sont intimement liées. Dans ce contexte, la lutte contre la pauvreté n'est pas une question d'éthique ni un geste humanitaire mais un investissement dans la durabilité mondiale tant il est vrai la stagnation socio-économique conduit à une exploitation non durable des ressources naturelles. Une attention particulière doit être accordée à la création d'un environnement économique international favorable à la croissance, à la lutte contre la pauvreté, à la disponibilité des ressources financières et au transfert de technologies écologiquement rationnelles. Les pays développés doivent remplir leurs engagements à cet égard.

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Aujourd'hui, le secteur privé, la société civile et la technologie de l'information ont émergé comme les trois instruments les plus puissants de changement et de développement durable. Avec son leadership potentiel en matière d'environnement, le secteur privé peut mener le monde vers un avenir durable. Concernant la société civile, la communauté internationale doit réaffirmer son engagement en faveur d'une participation plus accrue de tous les acteurs de cette catégorie dans la transition vers la durabilité. Pour ce qui est de la technologie de l'information, les Nations Unies ont franchi des étapes historiques pour reconnaître le caractère essentiel de cette technologie pour le développement. Les Nations Unies doivent s'inspirer de l'expérience du secteur privé, des universités et des institutions financières en matière d'information.

M. DATO' LAW HIENG DING, Ministre de la science, de la technologie et de l'environnement de la Malaisie : à l'instar des autres pays en développement, la Malaisie a respecté ses obligations et engagements internationaux en faisant largement appel à ses propres ressources et efforts. Mais cela n'a pas été facile pour nous. Pour un pays en développement comme la Malaisie, le développement constitue une priorité. Il est plus difficile de relever le défi du développement lorsqu'il faut en plus s'acquitter de ses engagements internationaux et que les ressources nationales sont limitées. Les efforts de la Malaisie en vue de protéger l'environnement sont antérieurs au Sommet de Rio. Nous avons établi des politiques et programmes clairs qui ont pour but de résoudre les difficultés aux niveaux national, régional et mondial. A l'évidence, de nombreux obstacles existent à la mise en oeuvre des objectifs définis à Rio. Ce sont les moyens inadéquats de mise en oeuvre, les modes de production et de consommation non viables, et surtout, l'absence d'un véritable partenariat entre les pays développés et les pays en développement. Aussi, il importe que la session extraordinaire adresse un message politique fort qui réaffirme nos engagements, en prônant notamment la mise en oeuvre complète d'Action 21. Le financement représente probablement le meilleur indicateur de la détermination des pays développés à promouvoir le développement durable.

La réunion qui doit avoir lieu à Kyoto, à la fin de cette année, a attiré l'attention du monde entier. Nous partageons la profonde préoccupation exprimée par les petits Etats insulaires face à la montée du niveau des océans qui menace leur existence. La crédibilité de la Convention sur les changements climatiques a été réduite par le manque d'engagement de certains pays. Le processus rapide de mondialisation menace la réalisation des objectifs tant en matière d'environnement que de développement. Nous suggérons que l'évolution future en ce domaine soit surveillée de près. Nous souhaitons que le rôle et les activités de la Commission du développement durable et du Programme des Nations Unies pour l'environnement soient renforcés et que les responsabilités de ces organes soient clairement définies. Nous soutenons l'adoption d'une convention globale sur tous les types de forêts.

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M. MARTIN ALIKER, Ministre des affaires étrangères de l'Ouganda : L'Ouganda a pris des mesures afin de mettre en oeuvre Action 21 ainsi que les conclusions principales des grandes conférences internationales. L'Autorité Nationale de gestion de l'environnement est chargée de superviser et donner des conseils dans tous les domaines relatifs à la protection de l'environnement. Le Plan d'action national pour l'environnement est opérationnel. Des projets par une énergie écologiquement saine sont mis en oeuvre, certains par des investisseurs privés. Le Gouvernement a donné la priorité au problème de la pauvreté et développé des programmes visant à la réduire, y compris des programmes d'éducation, car elle constitue une des causes principales de dégradation de l'environnement. L'Ouganda remercie les pays et les organisations internationales qui l'ont aidé et leur demande de poursuivre leur soutien. Il exhorte les pays industrialisés à respecter les engagements qu'ils ont pris à Rio, en ce qui concerne le transfert de technologies, la mise en place d'arrangements institutionnels, et l'attribution de ressources financières. Un environnement international favorable à la croissance économique et au développement est nécessaire pour que les pays puissent générer les ressources nécessaires afin de traiter des problèmes d'environnement et de pauvreté. Pour l'Ouganda, ceci est particulièrement urgent, en particulier en ce qui concerne l'investissement et les exportations. L'Ouganda est également préoccupé du fait que la dégradation de l'environnement se poursuit et demande aux pays industrialisés de prendre d'urgence des mesures visant à y remédier, telles que des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. S'agissant d'une éventuelle convention sur les forêts, elle doit être équitable à l'échelle mondiale. Il faut également prendre des mesures pour la gestion et le développement des ressources en eau. L'Ouganda note avec intérêt la proposition de la création d'un Conseil mondial sur l'eau. Pour sa part l'Ouganda est en train de passé d'un cosystème de gestion de l'eau centralisé à un système fondé sur la participation des communautés utilisatrices.

M. TUILOMA NERONI SLADE (Samoa), prenant la parole au nom de l'Alliance des petits Etats insulaires en développement : pour les pays en voie de développement, la mise en oeuvre des politiques de développement durable nécessite l'investissement de ressources considérables. Nous devons continuer d'insister en 1997 sur la nécessité d'identifier les moyens de fournir de nouvelles ressources financières pour la mise en oeuvre des politiques que nous souhaitons tous appliquer. L'ampleur de l'engagement des pays développés à renverser la tendance à la baisse du volume des aides constituera un test de leur volonté à mettre en oeuvre Action 21 en 1997. La santé et la protection de l'atmosphère font partie des priorités pour les membres de l'Alliance des petits Etats insulaires et nous continueront à agir en ce sens au sein des négociations internationales. Par ailleurs, la problématique des changements climatiques justifie le renforcement de l'Annexe I de la Convention. Pour les petits Etats insulaires, les principes de précaution constituent un principe écologique et un impératif moral. Il est indispensable que cette session établisse les fondations des décisions qui seront prises lors de la réunion de

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la Convention sur les changements climatiques qui se tiendra à Kyoto à la fin de l'année. Dans ce contexte, l'Alliance des petits Etats insulaires est favorable à la proposition avancée par l'Union européenne concernant la réduction des émissions de dioxyde de carbone.

Pour ce qui est de l'énergie, le lien entre les questions énergétiques, économiques et écologiques est essentiel. Une plus grande attention devrait être accordée au développement de tous les aspects des programmes relatifs aux énergies propres et renouvelables. La coopération internationale en vue d'aider les pays en développement à adopter des énergies durables sans menace pour l'environnement, est également indispensable. S'agissant des océans, il est de la plus haute importance de veiller à la mise en oeuvre les disposition de Rio en particulier de celles ayant trait à la conservation des récifs de corail dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Enfin, dans le domaine du tourisme, nous nous félicitons du soutien apporté par la communauté internationale à nos efforts de renforcement des capacités locales en vue du développement durable du tourisme et attendons un plus grand engagement de la part du secteur privé dans ce domaine.

M. JOAO SERODIO DE ALMEIDA, Vice-Ministre de l'environnement de l'Angola : Peu après la Conférence de Rio, l'Angola a, une nouvelle fois, connu une guerre civile provoquée par des intérêts étrangers qui fut plus grave et plus destructive encore que les conflits précédents. L'Angola est aujourd'hui convaincue qu'une nouvelle période de paix se profile à l'horizon et lutte, avec l'assistance des Nations Unies, pour assurer sa pérennité. Etant maintenant en mesure de mettre en oeuvre les recommandations d'Action 21, l'Angola a ratifié, le 1er avril dernier, les Conventions sur la diversité biologique et la désertification. Le Parlement a déjà commencé les délibérations sur la ratification des autres Conventions relatives à l'environnement. En dépit des difficultés résultant de la guerre, le Gouvernement a établi un Secrétariat d'Etat pour l'environnement qui sera, dès la formation du nouveau gouvernement, élevé au rang de Ministère. Pour ce qui est des difficultés enregistrés dans le domaine du transfert des technologies écologiquement rationnelles, l'Angola espère qu'elles sont le fait de la bureaucratie et non d'une résistance délibérée.

Consciente de l'urgence qu'il y a à renverser la tendance de la destruction de l'environnement, l'Angola entend promulguer une loi pertinente qui incluera les concepts les plus récents de protection de la biodiversité comme l'imposition de taxes aux utilisateurs et aux pollueurs, des mesures de protection de l'environnement urbain et des populations locales, en accordant une attention particulière aux populations gênées par des frontières établies sans tenir compte de leurs intérêts transfrontières. Le programme national pour la gestion de l'environnement, qui doit être adopté par le Gouvernement, vise à mettre en place un programme d'éducation de l'environnement, à renforcer toutes les institutions chargées de l'environnement et à mettre en oeuvre des politiques nationales au niveau local et municipal. A cet égard, l'assistance de la communauté internationale et en particulier des Nations

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Unies s'avèrera nécessaire. Riche de ressources naturelles, l'Angola aura besoin de l'assistance internationale pour les protéger du pillage.

M. NARENDRA BIKRAM SHAH (Népal) : il est extrêmement préoccupant d'entendre de la part de dirigeants de nombreux pays que l'élan de Rio régresse. Les rapports des experts sont tout autant inquiétants. La pénurie en eau potable, la dégradation des sols, la fréquence plus nombreuse des pluies acides, la pollution transfrontière, le réchauffement de la terre, l'urbanisation sauvage, la poussée démographique et l'incapacité à protéger l'écosystème de montagne sont des signes menaçants. Nous avons admis que le développement durable ne peut être obtenu que si l'on s'attaque à la pauvreté et à ses racines. Nous ne devons pas permettre que le segment le plus pauvre de la population mondiale soit le maillon le plus faible de la chaîne d'un développement et d'un environnement durable. Les engagements pris à Rio doivent être honorés scrupuleusement par les pays développés mais aussi par les pays en développement qui assument une responsabilité commune mais différentiée. L'apport de ressource supplémentaires et de technologies écologiques saines constituent des éléments essentiels si l'on veut mettre un terme à la dégradation générale de l'environnement et obtenir une croissance économique durable ainsi que le développement durable de toute l'humanité.

Le Népal est partie aux Conventions sur la diversité biologique, les changements climatiques, et la désertification. Cet engagement en faveur de l'environnement se manifeste par l'existence d'un Conseil de haut niveau pour la protection de l'environnement dirigé par le Premier Ministre. Le Népal est d'avis que la participation des femmes et le rôle de la société civile est de la plus haute importance pour le développement durable tandis que le système des Nations Unies doit jouer un rôle de chef de file dans la mise en oeuvre d'Action 21. Les efforts déployés par les pays les moins développés en vue d'atténuer et d'éliminer la pauvreté doivent être soutenus par des mesures d'aide internationale à un niveau plus important. Le Népal qui est un pays fermé, connaît des difficultés évidentes à participer sur un plan d'égalité au régime commercial international et à attirer les investissements étrangers. Les investissements étrangers directs ne peuvent néanmoins pas être substitués à l'Aide officielle au développement. Les pays, qui comme le Népal, ont adopté la voie de l'économie de marché méritent une plus grande attention. Pour ce qui est de la coopération régionale, le neuvième Sommet de l'Association des pays du Sud pour la coopération régionale (SAARC), qui s'est tenu en mars dernier, a décidé de tenir, chaque année, la réunion des Ministres de l'environnement de la région. Le Sommet a également recommandé aux Ministres de l'environnement d'envisager la possibilité d'élaborer un Traité régional d'Asie du Sud-Est sur l'environnement. Dans ce contexte, les pays de l'Asie du Sud-Est ont démontré leur volonté de mettre en oeuvre les engagements pris à Rio.

M. SERGIO ALEJANDRO ZELAYA, Vice-Ministre des ressources nationales et de l'environnement du Honduras : le Honduras a respecté dans une large mesure les engagements pris à Rio. Le Honduras a pris des décisions en se basant sur

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des considérations relevant du développement durable. Des expertises écologiques sont effectuées dans le processus de production. Le Honduras a ratifié des conventions internationales telles que celle du droit de la mer, de la biodiversité, de la lutte contre la désertification et les changements climatiques. Le Honduras a créé des normes afin de réglementer la pollution atmosphérique. Le Honduras observe les accords de l'Alliance centraméricaine pour le développement durable. L'Alliance a une stratégie régionale et nationale dont les principes fondamentaux reposent sur le changement du processus de développement de l'Amérique centrale. Il faut que ce processus respecte la diversité de la planète et de la région, les droits de l'homme et le caractère pluriculturel de la région.

Le Honduras a créé le Conseil national du développement durable et a accompli les premiers pas vers la création de programmes locaux de développement durable. Le Honduras a également créé le Conseil des entreprises pour le développement durable. Il reconnaît l'importance des forêts pour l'absorption des émissions de carbone. Il a créé le Conseil national des zones protégées et le Système national pour les zones protégées et la biodiversité. La destruction de l'environnement est un problème qui doit être traité sans plus tarder. Il est crucial de parvenir à un accord. La viabilité des ressources naturelles est nécessaire pour éliminer la pauvreté.

M. EMILIO IZQUIERDO (Equateur) : mon pays accorde la plus grande priorité aux politiques de défense de l'environnement. Ces dernières années des mécanismes de coordination appropriés ont été établis entre les différents organismes publics responsables. Par ailleurs, nous nous attachons à améliorer le niveau de vie de tous nos citoyens, y compris celui des populations autochtones et des minorités ethniques. Dans quelques mois, l'Equateur sera menacé par "El niño", phénomène naturel aggravé par les changements climatiques. Les prévisions des chercheurs sont alarmantes et nous appelons d'ores et déjà à l'aide et à la solidarité de la communauté internationale. Le 30 avril dernier, notre Président a proclamé un décret d'urgence faisant de la protection de l'archipel des Galapagos une priorité nationale. Les Galapagos souffrent en effet d'une accélération de la croissance de la population, des pêcheries illégales et de "El niño". Ces dernières années, les efforts de l'Equateur en faveur de l'environnement ont été très importants, particulièrement dans la mise en place d'un cadre juridique et institutionnel. Ainsi un Institut national des forêts et des zones naturelles a été créé, de même notamment qu'une Commission de conseil sur l'environnement, un Ministère de l'environnement et un Plan national pour l'environnement. Il nous semble nécessaire d'encourager une plus large participation de la société civile à tous les niveaux de l'action en faveur de l'environnement.

En revanche, nous sommes fort déçus des résultats dans la mise en oeuvre d'Action 21 au plan mondial. Les transferts de technologie n'ont pas été réalisés et l'aide financière internationale a diminué. Il apparaît

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nécessaire de mettre en place un système de commerce transparent, permettant l'intégration des pays en développement à l'économie mondiale. En tant que pays amazonien, nous possédons une grande diversité forestière et écologique, sanctuaire et mémoire génétique de nombreuses espèces. Nous avons confiance en l'avenir, toutefois il nous faut le construire ensemble, avec la population équatorienne mais également avec la communauté internationale, prête à remplir ses engagements.

M. JAMES GUSTAVE SPETH, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) : en tant que responsable de la mise en oeuvre du Chapitre 37 d'Action 21 sur les mécanismes nationaux et la coopération internationale pour le renforcement des capacités nationales dans les pays en développement, le PNUD, en coopération avec ses partenaires, a contribué à orchestrer un programme ambitieux. Par le biais du Comité interinstitutions sur le développement durable, le PNUD a encouragé une coopération étroite entre les institutions du système des Nations Unies. D'importantes leçons peuvent être tirées de l'expérience acquise au cours de ces cinq dernières années. Pour être couronnés de succès, les programmes de renforcement des capacités nationales doivent reposer sur des besoins réels et la propriété locale. Les stratégies et efforts visant à régler des préoccupations d'ordre mondial ne peuvent produire à eux seuls des résultats durables. En outre, le processus de renforcement des capacités doit être à long terme et bien coordonné entre les bailleurs de fonds. Il faut être conscient que les accords internationaux imposent une longue série de demandes difficiles et mal coordonnées en matière de planification sur les pays en développement.

La capacité 21 a été établie pour répondre au mandat confié par Action 21 au PNUD, en 1992. Le Programme a contribué à financer des programmes et projets dans plus de quarante pays. L'élaboration de plans nationaux et la formulation de stratégies pour la conservation et l'environnement ont été des domaines de succès considérables au cours des cinq dernières années. Des pays tels que la Bolivie, la Chine et les Philippines ont établi des documents nationaux d'Action 21. D'autres, comme la Gambie, le Malawi et le Népal, ont renforcé les plans nationaux existants en matière d'environnement pour s'attaquer aux défis. Plus de quarante pays africains disposent aujourd'hui de mécanismes de coordination pour établir ces plans d'action. Au Costa Rica, en Gambie et en Inde, les programmes de renforcement des capacités ont introduit des méthodes de gestion écologique dans les politiques et les processus décisionnels nationaux. Le PNUD appuie le programme d'action qui est issu du Groupe intergouvernemental d'experts sur les forêts et invite les pays à le faire progresser. Le PNUD, avec les autres membres de l'Equipe spéciale, est engagé à assister les pays à renforcer leurs capacités pour la gestion durable des ressources forestières.

Dans son récent rapport intitulé "l'Energie après Rio", le PNUD examine les liens existant entre l'énergie et les questions sociales et écologiques. Il insiste sur la nécessité de développer des stratégies pour une énergie durable, axées sur l'efficacité, les systèmes d'énergie renouvelable et la

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promotion des technologies les plus saines pour une utilisation continue des combustibles fossiles. Des progrès notables ont été réalisés par la Commission du développement durable dans le domaine de l'eau et, à cet égard, le PNUD recommande de poursuivre sur cette voie. Le PNUD a déployé des efforts considérables pour appuyer la mise en oeuvre des conventions des Nations Unies. Il a proposé d'accueillir le Mécanisme mondial, créé en vertu de la Convention sur la désertification, pour promouvoir la mobilisation des ressources. Concernant la question du climat, la responsabilité d'agir tout de suite et efficacement incombe essentiellement aux pays industriels, en particulier les Etats Membres de l'OCDE. Leur leadership et leur action sont essentiels pour valider la légitimité de cet important défi. Ce sont encore les pays plus pauvres qui souffriront davantage des changements climatiques. Aussi, faudrait-il assurer les réductions d'émissions de gaz à effet de serre en vertu de la Convention sur les changements climatiques. Depuis le Sommet de Rio, le PNUD a augmenté de façon considérable ses dépenses pour réaliser les objectifs de Rio. Le PNUD regrette toutefois que les pays riches n'aient pas tenu leurs promesses et réduit sensiblement leur aide publique au développement.

M. HIROSHI NAKAJIMA, Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : en 1992, le rapport de la Commission sur la santé et l'environnement de l'OMS a mis à la disposition du Sommet de la terre une analyse détaillée sur les liens entre la santé et l'environnement. De nombreuses conclusions de ce rapport ont été intégrées dans Action 21 et ont inspiré le premier principe de la Déclaration de Rio qui affirme l'importance de la santé pour le développement durable. La santé, l'environnement et le développement humain sont inséparables. Les taux de mortalité infantile ont depuis longtemps été reconnus comme un indicateur essentiel du développement humain. L'accès aux services sociaux et médicaux de base permet d'accroître l'espérance de vie et d'améliorer la qualité de la vie des individus. La promotion de la santé des femmes et des enfants a permis de réduire la croissance démographique et, de ce fait, la pression sur l'environnement. La pauvreté, la détérioration de l'environnement, la réduction des ressources naturelles ont des conséquences néfastes sur la santé.

De nombreuses initiatives locales pour la mise en oeuvre d'Action 21 visent à améliorer de concert l'environnement et la santé. On sait que les maladies respiratoires sont directement liées à la pollution de l'air. Le développement du virus Ebola et des épidémies en Afrique sont associés à la pression que l'homme exerce sur les forêts. L'urbanisation a également des conséquences néfastes sur la santé dans différents pays. Les changements climatiques affectent le monde entier. Les pays doivent prendre en compte les implications des changements environnementaux sur la santé. Les Gouvernements doivent procurer un cadre juridique et politique afin de permettre une bonne gestion de l'environnement. La tendance à la privatisation ne doit pas conduire les Gouvernements à négliger leurs responsabilités. L'OMS espère renforcer ses mécanismes de coordination avec les autres organismes et institutions spécialisées et pouvoir continuer à aider les pays à mettre en

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oeuvre leurs politiques notamment en matière d'industrie, de transfert de technologie et d'éducation. La protection et la promotion de la santé sont nécessaires au développement humain.

Mme YOLANDA KAKABADSE, Présidente de l'IUCN-The World Conservation Union, parlant au nom du groupe principal des milieux scientifiques et techniques : il ressort de notre expérience de la mise en oeuvre d'Action 21 que la santé de l'écosystème de la planète s'est affaiblie et que la perspective d'atteindre un niveau de vie acceptable est de plus en plus lointaine pour bien des citoyens. Une assistance scientifique performante est indispensable à la mise en oeuvre des accords de Rio. Vous, dirigeants du monde, dépendez de nous pour identifier les problèmes et les solutions en vue du développement durable. Depuis Rio, les preuves du lien entre la santé, le bien-être et l'environnement se sont multipliées. Avec la poursuite de la dégradation du milieu ambiant un nombre croissant de catastrophes sanitaires est à prévoir. Il faut mettre en place des stratégies sanitaires et environnementales fournissant notamment des fonds pour la recherche sur les maladies chroniques qui affectent les populations pauvres. Les besoins et les intérêts de l'être humain dépendent fortement des mesures de protection de l'environnement. C'est pourquoi, il faut encourager les investissements en faveur du développement des capacités scientifiques et d'un accès plus large aux technologies. Notre groupe inclut des représentants des secteurs privé, public et non gouvernemental, et il est impératif de parvenir à un partenariat efficace entre ces secteurs. La recherche doit être financée à la fois par des investissements directs et une redistribution des revenus fiscaux des gouvernements. Il est regrettable que le cadre institutionnel international n'ait pas été en mesure de garantir la cohérence de la recherche, et particulièrement de son financement à long terme. La réforme du système des Nations Unies doit prendre en compte cette faiblesse.

Avec la Convention sur la biodiversité, nous recherchons une action concertée, fondée sur des approches raisonnables et visant à empêcher l'introduction dans l'environnement d'organismes génétiquement modifiés, à garantir que les politiques de protection de la propriété intellectuelle respectent les avancées scientifiques tout en apportant une réponse appropriée à toutes les communautés pour la conservation des écosystèmes et à protéger les écosystèmes sains. Dans le cadre de la Convention sur les changements climatiques, nous avons mis en lumière l'impact mesurable des activités humaines sur le climat. La croissance incontrôlée des gaz à effet de serre aura des conséquences graves sur l'écologie, l'économie et le secteur social. Nous demandons instamment aux parties de prendre des mesures concrètes pour limiter les émissions de ces gaz. La contamination provoquée par des substances chimiques toxiques utilisées dans l'industrie et l'agriculture est également inquiétante. Il est prioritaire de conclure un accord en vue de l'élimination des polluants organiques persistants. Nous réitérons notre appel à la communauté internationale pour qu'elle honore les engagements de Rio.

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