DANS LE CADRE DU DEBAT DE HAUT NIVEAU, LES INTERVENANTS SOULIGNENT L'IMPORTANCE DE NE PAS SACRIFIER L'ENVIRONNEMENT A LA CROISSANCE INDUSTRIELLE

25 juin 1997
AG/656

DANS LE CADRE DU DEBAT DE HAUT NIVEAU, LES INTERVENANTS SOULIGNENT L'IMPORTANCE DE NE PAS SACRIFIER L'ENVIRONNEMENT A LA CROISSANCE INDUSTRIELLE

25 juin 1997


Communiqué de Presse
AG/656


DANS LE CADRE DU DEBAT DE HAUT NIVEAU, LES INTERVENANTS SOULIGNENT L'IMPORTANCE DE NE PAS SACRIFIER L'ENVIRONNEMENT A LA CROISSANCE INDUSTRIELLE

19970625 Ils mettent en avant les incidences néfastes de la pauvreté et d'une croissance démographique non contrôlée sur le milieu ambiant

La dix-neuvième session extraordinaire de l'Assemblée générale, consacrée aux progrès réalisés et aux obstacles rencontrés sur la voie du développement durable depuis la Conférence de Rio, a poursuivi, cet après- midi, son débat général. Les intervenants ont souligné l'importance de ne pas sacrifier l'environnement à la croissance industrielle. Plusieurs délégations ont particulièrement mis en avant les dommages causés par les émissions de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre, qui entraînent des changements climatiques et augmentent le rythme des catastrophes naturelles. Rappelant le principe de la responsbailité commune mais diférenciée, ils ont insisté sur la nécessité pour les pays développés de réduire leurs activités polluantes et ont demandé que les programmes d'aide aux pays en développement prennent en considération le poids de la croissance démographique urbaine, dont sont victimes les pays les plus défavorisés. Il s'agit en effet de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de la dégradation de l'environnement, si l'on veut parvenir au développement durable et assurer le bien-être économique et social de tous.

L'Assemblée générale a entendu les déclarations des personnalités suivantes : M. Arpad Goncz, Président de la Hongrie; M. Justin Malewezi, Vice- Président de la République du Malawi; son Altesse Royale, le Prince héritier Sidi Mohammed, Prince héritier du Royaume du Maroc et M. Valeriu Bulgari, Premier Vice-Premier Ministre de la République de Moldova. Les Ministres suivants sont également intervenus : M. Albert Shabangu, Ministre de la planification et du développement économique du Swaziland; M. David Sitai, Ministre des affaires étrangères des Iles Salomon; M. Pham Gia Khiem, Ministre de la science, des technologies et de l'environnement du Viet Nam; M. Nandimitra Ekanayake, Ministre du Parlement du Sri Lanka; M. Juan Villarzu, Ministre et Secrétaire général de la Présidence du Chili; Cheik Amer bin Shuwain Al-Hosni, Ministre des municipalités régionales et de l'environnement de l'Oman; M. Fritz Longchamp, Ministre des affaires étrangères et des cultes d'Haïti; M. Adyasuren Tsohio, Ministre de l'environnement de la Mongolie; M. Abdulkader Bagamal, Ministre de la planification et du développement du Yémen

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et M. Arnulfo Fretes Escario, Vice-Ministre des ressources naturelles et de l'environnement du Paraguay. M. Duri Mohammed (Ethiopie), M. Philip Dimitrov (Bulgarie) et M. Wan Chat Kwong (Maurice) ont également pris part au débat, ainsi que M. Ahmed Esmat Abdel Meguid, Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, M. Ibrahim Auf, Sous-secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique donnant lecture d'une déclaration du Secrétaire général de l'Organisation, Mme Nafis Sadik, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population et Mme Wangari Maathai, de Women's Environnement and Developpment Organization, parlant au nom du groupe principal des femmes.

Le débat se poursuivra au cours de la prochaine séance, qui aura lieu demain, jeudi 26 juin, à 10 heures. A cette occasion, l'Assemblée générale entendra notamment l'intervention de M. Yoweri Kaguta Museveni, Président et Ministre de la défense de l'Ouganda. Au cours de sa séance de l'après-midi, elle entendra la déclaration de M. William J. Clinton, Président des Etats- Unis d'Amérique.

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M. ARPAD GONCZ, Président de la Hongrie : l'adaptation aux défis actuels exige une nouvelle vision au-delà des engagements pris par les Etats au Sommet de Rio, ainsi que de la persévérance et de l'optimisme. Cette vision devrait reposer sur des idées novatrices. La série des conférences mondiales, qui se sont tenues à la suite du Sommet de Rio, ont adopté des programmes d'actions qui doivent faire l'objet d'un suivi. En même temps, elle ont donné un élan important pour repenser l'ensemble de la mission des Nations Unies pour le XXIème siècle. Les leçons et les activités émergeant des conférences mondiales et d'autres activités des Nations Unies ont une double nature. D'une part, chacune a le mérite incontesté de contribuer seule à une action commune universelle; d'autre part, prises dans leur ensemble, elles exigent non seulement de déterminer des priorités, mais également d'utiliser au mieux le principe de complémentarité. Les conférences mondiales des Nations Unies, comme la CNUED, ne peuvent être mises en oeuvre avec succès que si l'on procède à des réformes et, inversement, aucune réforme ne peut réussir si l'on ignore les directives de Rio, de Vienne, du Caire, d'Istanbul, de Copenhague et de Beijing. La véritable preuve de la réalité du partenariat défendu à Rio serait de combler ces fossés qui existent entre les capacités institutionnelles et les moyens financiers témoignant ainsi d'une volonté politique commune.

La mondialisation, l'intégration et l'interdépendance devraient constituer des forces motrices pour garantir un développement durable écologiquement rationnel. Il est regrettable que le monde contemporain assiste à des formes de désintégration, à l'absence de l'ordre public, accompagné de violations flagrantes des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces violations constituent non seulement un affront à la dignité humaine, mais elles contribuent le plus souvent à une détérioration fatale de l'environnement. La gestion écologiquement rationnelle et une croissance économique durable sont des défis constants. Elles exigent la prévalence du droit et l'engagement solide des gouvernements à oeuvrer en faveur de leurs propres peuples conformément au principe de la bonne gestion des affaires publiques. Dans l'esprit de la CNUED, la Hongrie a réalisé des progrès considérables dans la restructuration de l'économie nationale et jeté les bases d'une protection intégrée de l'environnement. La nouvelle législation hongroise sur l'environnement et le nouveau Programme national pour la protection de l'environnement reflètent dûment les recommandations d'Action 21, ainsi que les principes de développement durable.

M. JUSTIN C.MALEWEZI, Vice-Président du Malawi : le bilan des succès et des contraintes apparus dans la mise en oeuvre d'Action 21 est clairement souligné dans le profil de pays du Malawi qui a été présenté au début de l'année. En 1994, le premier gouvernement démocratiquement élu depuis 30 ans est entré en fonction et a entrepris de traiter les problèmes d'environnement. Nous disposons maintenant du cadre politique et juridique nécessaire, dont fait partie la politique nationale de l'environnement qui doit guider et coordonner toutes les questions en la matière. Nous avons également mis en place un plan d'action pour l'Environnement qui décrit les voies et moyens d'intégrer le développement économique et la gestion du développement durable.

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Toutes les composants de la société - ONG, organismes gouvernementaux, organisations communautaires, et milieu des affaires- ont été associés à la formulation de ces politiques et stratégies. La volonté du Malawi de travailler à la protection de l'environnement est inscrite dans la Constitution. Il faut réaliser que tout ce qui est fait doit l'être avec l'aide de la communauté internationale.

Le Malawi est un des pays les moins avancés et a par conséquent des difficultés à appliquer certaines parties d'Action 21. La pauvreté est une des causes de la dégradation de l'environnement, en particulier de la déforestation. Nous partageons la déception de certains pays à l'égard du niveau de coopération internationale actuel. Nous sommes préoccupés par le déclin de l'APD en pourcentage du PNB. Nous exhortons les pays à atteindre le niveau de 0,7% fixé. Nous sommes également préoccupés par le manque de progrès dans le domaine du transfert de technologies, de l'assistance technique et du renforcement des capacités nationales. Nous avons besoin d'un environnement économique qui permette l'accès des pays en développement aux marchés internationaux. La réalisation des engagements pris à Rio nécessite un plus grand degré de coordination des activités à tous les niveaux. La Commission du développement durable a un rôle à jouer à cet égard.

PRINCE SIDI MOHAMMED, au nom de son Altesse Royale Hasan II, Roi du Maroc: la conférence de Rio a montré les lacunes du modèle économique fondé sur des modes de production et de consommation effrénés qui épuisent les ressources naturelles de l'humanité. Action 21 constitue en fait un programme d'action cohérent et insiste sur l'importance de notre engagement politique en vue d'ériger une solidarité internationale. Néanmoins, cette solidarité restera lettre morte à moins qu'elle ne prenne en considération les attentes des pays du Sud dans le domaine du transfert de capitaux et de technologies. A cet égard, il est plus important que jamais de doter les institutions et mécanismes multilatéraux de moyens financiers stables. Conscient des conséquences négatives sur l'environnement du mode de production industrielle, le Maroc n'a pas manqué d'inclure dans son code de promotion des investissements, des mesures incitatives spécifiques en faveur d'industries non polluantes. Le Maroc a également pris des mesures aux niveaux institutionnel, financier, régulatoire ainsi que dans le domaine de la standardisation. La question de l'environnement a fait l'objet au niveau gouvernemental de la création d'un Ministère tandis qu'il existe un Conseil national de l'environnement.

Notre Plan d'action national pour la protection de l'environnement repose sur une stratégie à long et moyen termes qui s'appuie sur une approche participative. Elle appelle notamment la participation des acteurs de la société civile. Etat partie à toutes les conventions internationales, le Maroc n'a jamais épargné ses efforts de promotion de la coopération multilatérale. Par ailleurs, le maintien de la paix et de la sécurité internationale passe par deux conditions à savoir la protection de l'environnement et la protection des ressources naturelles. Le manque de ressources porte les germes des tensions et annonce de futurs conflits dans

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diverses régions. C'est la raison pour laquelle notre Conférence devrait jeter les bases de la prévention des conflits pour le prochain millénaire. D'autre part, le Maroc, qui a accueilli le premier forum mondial sur l'eau, propose d'accorder la priorité à cette question qui devrait faire l'objet d'actions concrètes pour la promotion d'un mode de gestion durable. Le Maroc recommande également à cette Conférence de se pencher à nouveau sur la proposition visant à créer un mécanisme d'observation, de détection et de traitement des problèmes écologiques internationaux. Nous réitérons également notre proposition de créer une force "verte" qui aurait mandat en cas de crise écologique.

M. ALBERT SHABANGU, Ministre de la planification et du développement économiques du Swaziland : le Sommet de Rio en 1992 a suscité de grands espoirs dans le monde qui a alors eu la certitude de la part de ses dirigeants que les problèmes environnementaux seraient réglés dans un esprit de partenariat mondial afin de sauver le monde de la catastrophe. Cinq ans après, les problèmes se sont aggravés et l'esprit de Rio semble perdu. Il en résulte que les promesses, notamment en matière financière n'ont pas été respectées. La présente session doit être l'occasion de réitérer nos engagements.

Le Swaziland, comme beaucoup de pays en développement, dispose de ressources naturelles riches, toutefois la croissance rapide de sa population et l'urbanisation ont exercé une telle pression sur l'environnement que les signes de dégradation sont manifestes partout et menacent le développement durable. Pour lutter contre cette situation, nous nous sommes efforcés de mettre en place les dispositions d'Action 21, notamment en créant l'Autorité du Swaziland pour l'environnement à laquelle tous les projets de politiques de développement sont soumis. Nous venons d'achever notre Plan d'action nationale pour l'environnement, qui a été défini grâce à un processus de concertation à tous les niveaux de la société. Cette consultation s'est accompagnée d'une campagne de conscientisation en faveur de l'environnement. Par ailleurs, nous avons ratifié plusieurs conventions internationales. Des progrès sont réalisés visant à leur mise en oeuvre, tout particulièrement en ce qui concerne la Convention sur la désertification. Tout ceci cependant ne représente qu'une partie de ce qui doit être entrepris, car des ressources financières, humaines et techniques supplémentaires doivent être mobilisées. Dans une perspective à plus long terme, nous avons établi un Plan de développement national pour les 25 années à venir et qui vise principalement à combattre la pauvreté. On ne soulignera jamais assez le cercle vicieux qui unit la pauvreté à la surconsommation des ressources naturelles. Il faut espérer que les cinq prochaines années verront un engagement renouvelé en termes de croissance de l'Aide publique au développement et de transfert de technologies du Nord vers le Sud.

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M. DAVID SITAI, Ministre des affaires étrangères des Iles Salomon : du fait que l'économie des Iles Salomon repose essentiellement sur l'agriculture, la pêche et les produits de la forêt tropicale, les changements climatiques, la pollution de l'océan et les atteintes à la biodiversité constituent de graves menaces pour le pays. Action 21 est pour nous une question de vie ou de mort. Il est essentiel que les engagements pris soient mis en oeuvre. Le village de Sukiki dans l'île de Guadalcanal, l'une des six principales îles du pays, est doté d'un système énergétique solaire. Un projet similaire est mis en place dans le village de Makaruda appuyé par le Fonds spécial des Nations Unies pour les sources nouvelles et renouvelables d'énergie et financé par le Gouvernement italien. L'énergie solaire va changer la vie des villageois. Les Iles Salomon estiment que l'électrification rurale est indispensable pour les programmes de santé publique, d'éducation, de promotion de la femme, de communication, d'établissements humains, de protection de l'environnement et de développement social et économique durable.

Les Iles Salomon ont montré leur engagement par rapport aux objectifs fixés par Action 21 en signant et en ratifiant les conventions et accords internationaux tels que les Conventions sur la biodiversité et sur les changements climatiques. Les Iles Salomon soutiennent le Protocole de l'alliance des petits Etats insulaires à la Convention-cadre sur les changements climatiques ainsi que le Programme d'action de la Barbade pour le développement durable des petits Etats insulaires en développement. Une Stratégie nationale pour l'environnement est mise en oeuvre. Les Iles Salomon participent au Programme de la région du Pacifique sud pour l'environnement qui s'étend sur cinq ans. L'exploitation durable des forêts est une question cruciale pour les Iles Salomon. Avec l'aide du Programme de conservation de la biodiversité du Pacifique Sud, les Iles Salomon créent des zones de préservation de la nature. La législation sur la pêche a été renforcée. Les Iles Salomon sont favorables à l'évaluation en 1999 du Programme d'action de la Barbade. L'assistance internationale et le dialogue demeurent des conditions indispensables à la réalisation du développement durable. La diminution de l'aide des donateurs et les difficultés économiques font obstacle aux efforts environnementaux.

M. PHAM GIA KHIEM, Ministre de la science et de l'environnement du Viet Nam : à la suite du Sommet de la Terre, organisé en 1992, l'esprit de Rio a été maintenu par tous les pays, toutes les régions, toutes les organisations non gouvernementales et les populations de part le monde. Après Rio, une attention accrue a été accordée par le Gouvernement du Viet Nam à la protection de l'environnement en termes de gestion, d'institutionnalisation, de législation et de solutions technologiques. En septembre 1992, le Ministère de la science et de l'environnement a été créé et l'année suivante une loi sur la protection de l'environnement a été promulguée. Depuis 1994, la protection de l'environnement a été intégrée à la planification du développement économique et social sur une base annuelle et pluriannuelle. Le Viet Nam a ratifié et a entrepris de mettre en oeuvre les conventions internationales relatives à l'environnement, les accords et les protocoles conclus avant et après le Sommet de la Terre.

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Dans l'esprit d'Action 21, le gouvernement du Viet Nam continuera d'accorder une priorité, dans le cadre de son plan de développement national, à la lutte contre la pauvreté, à la population et à la durabilité, au changement de modes de consommation, à la protection et à l'amélioration de la santé, au développement durable des zones montagneuses et au transfert de technologies. La session extraordinaire de l'Assemblée générale devrait adopter des mesures afin que les recommandations de Rio se traduisent dans la réalité. A cet égard, nous partageons l'idée selon laquelle les organes des Nations Unies responsables de l'environnement et du développement devraient être renforcés de façon à mieux s'acquitter de leurs mandats et de leurs fonctions.

M. NADIMITRA AKANAYAKE (Ministre du Parlement): le Sri lanka a hérité d'une culture qui place l'accent sur l'harmonie avec l'environnement. Depuis 1992, le Ministère de l'environnement a adopté une approche intégrée pour la protection et l'utilisation durable des ressources naturelles. Ces mesures comprennent la préparation d'un Plan d'action national pour l'environnement, la préparation de la nouvelle loi sur l'environnement et la publication au Journal officiel de règles écologiques ou encore de norme de contrôle de la pollution. Pour associer le secteur privé, la communauté scientifique et les ONG au processus de prise de décision, le Ministère de l'environnement a également créé des comités de coordination interinstitutions de mettre en oeuvre les différentes Conventions. Le gouvernement du Sri Lanka a tenté de traiter les aspects socio-économiques du développement durable tels que l'élimination de la pauvreté, l'éducation, la santé et les établissements humains à travers des stratégies de développement pragmatiques et orientées vers l'économie de marché. Ceci s'est traduit par la croissance de l'économie au rythme de 5,4 % au cours des cinq années qui ont précédé 1995. Néanmoins, cette croissance n'a pas produit les effets escomptés sur la pauvreté et le chômage.

La persistance de poches de pauvreté dans les zones rurales et urbaines a conduit à la dégradation continue des ressources. Pour combattre les effets négatifs de la déforestation, un Plan forestier et un Plan d'exploitation des terres ont été préparés. L'exploitation sans discernement des ressources marines par les pauvres dans les zones côtières a conduit à l'épuisement de ces ressources et à une pression encore plus importante sur l'éco-système. Il est donc nécessaire de fournir des sources de revenu alternatifs aux pauvres. Pour ce qui est des établissements humains, le développement des bidonvilles a causé de graves problèmes dans le domaine du drainage des eaux et de l'évacuation des ordures ménagères. Ce qui a engendré de graves problèmes de graves problèmes de santé. Ces difficultés se conjuguent au phénomène de la migration urbaine. La préservation et l'utilisation durable des ressources naturelles passe par la recherche de solutions à ces problèmes. Il semble n'exister aucun lien entre le phénomène de la mondialisation de l'économie et les objectifs de la CNUED. La croissance des exportations est fondamentales pour les pays comme le Sri Lanka et l'étiquetage écologique tout comme d'autres mesures écologiques ne doivent pas être réservées au pays en développement. Il est nécessaire de voir un système commercial multilatéral

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équitable. Il est clair que les principes de Rio de partage des responsabilités et de coopération internationale n'ont pas été appliqués. Il est donc urgent pour les pays développés de partager leurs ressources et leurs connaissances.

M. JUAN VILLARZU, Ministre et Secrétaire général de la Présidence du Chili : le Chili considère que la mise en oeuvre d'Action 21 et des autres engagements de Rio exige une profonde internalisation du concept de durabilité à tous les niveaux et dans tous les secteurs d'activités et de gestion des affaires publiques, ainsi que la création de liens de coopération technique et financière entre les nations. Notre stratégie de développement reflète à tous les plans l'esprit de Rio et s'emploie à combiner croissance économique, justice sociale, équité et préservation de l'environnement.

Depuis 7 années que nous avons renoué avec la démocratie, nous apportons la preuve qu'il est possible de relever ces défis. Nous avons établi des textes de loi modernes et des institutions de protection de l'environnement et pris des mesures en faveur de l'intégration et de la protection des groupes les plus vulnérables. Le pays met également en place un plan d'action destiné à réparer et à prévenir les dommages causés à l'environnement. Les projets d'investissements sont examinés à la lumière de leur impact environnemental. Il importe pour l'avenir et si l'on tend à mettre un terme à l'appauvrissement des populations d'assurer parallèlement le renouvellement des ressources naturelles. Nous avons ratifié plusieurs Conventions internationales issues de Rio, telles celles sur les changements climatiques et la biodiversité et le Congrès discute actuellement d'une loi visant à l'utilisation durable de nos forêts. Le Chili est favorable à l'élaboration d'une convention sur les forêts, qui assurerait notamment la coordination nécessaire entre les conventions sur la désertification et la biodiversité. Si la très grande majorité de notre population a accès à l'eau potable, la question de l'assainissement des eaux est l'une des priorités de notre gouvernement. Nous ne voulons pas tomber dans le piège du faux dilemme entre croissance et environnement et devenir ainsi les victimes de pressions de groupes d'intérêts ou de pays extérieurs. A cet égard, nous réaffirmons notre attachement au principe de l'accès souverain de chaque peuple à ses ressources naturelles, institué par l'Assemblée générale. Pour beaucoup de pays en développement la protection de l'environnement exige des moyens et des ressources qui vont bien au-delà de leurs capacités. L'engagement pris à Rio par les pays industrialisés envers le niveau de l'Aide publique au développement doit être respecté et renforcé et le Fonds mondial pour l'environnement consolidé.

CHEIK AMER BIN SHUWAIN AL-HOSNI, Ministre des municipalités régionales et de l'environnement d'Oman : une des initiatives prises par l'Oman à la suite de Rio a été l'élaboration d'une Stratégie de conservation nationale qui vise à atteindre un développement équilibré et durable où les éléments économiques, sociaux et environnementaux du développement sont en harmonie. Il est capital pour Oman de protéger l'environnement des risques de la pollution pétrolière. La plupart des pétroliers qui traversent le Golfe passent le long des côtes d'Oman. Les autorités du Sultanat préoccupées par

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cette question veulent adopter les recommandations de la "Conférence sur le dégazage des pétroliers et la prévention de la pollution marine". Oman a pris l'initiative d'établir une installation d'accueil afin d'encourager les pays de la région à en faire de même et de pousser les Etats membres de l'Organisation régionale pour la protection de l'environnement à soutenir cette installation dont le fonctionnement est un succès. Le Sultanat est gravement préoccupé par les risques des produits chimiques et des déchets dangereux. Il a élaboré diverses lois sur l'importation, l'exportation, le transport et la manipulation des substances dangereuses. Un Comité permanent a été mis en place. Oman, qui fait partie de la péninsule arabe, souffre de la désertification et accorde une grande importance à la lutte contre celle- ci. Il est crucial que les pays qui se sont engagés à Rio, les organismes financiers, les organisations et les Etats ayant des capacités scientifiques et technologiques apportent leur soutien aux pays en développement.

M. FRITZ LONGCHAMP, Ministre des affaires étrangères et des cultes d'Haïti : la gestion de l'environnement dans notre pays constitue un véritable défi. La dégradation de notre écosystème a atteint une ampleur telle qu'il y a lieu de craindre une catastrophe écologique. En 1992, lors du Sommet de la Terre, le peuple haïtien vivait sous le règne d'une dictature militaire de facto. Cependant, ses représentants légitimes, vivant en exil, furent au rendez-vous suite à la décision de la communauté internationale de ne pas reconnaître le régime du coup d'Etat du 30 septembre 1991. Aujourd'hui, le pays vit une transition ardue vers la démocratie et la participation. Au milieu de cette situation extrêmement difficile, la volonté des responsables haïtiens d'entreprendre les actions salvatrices attendues dans le cadre des engagements de Rio s'est manifestée dès octobre 1994 notamment par la création d'un ministère de l'environnement. Le Parlement a ratifié les trois conventions sur la diversité biologique, sur les changements climatiques et sur la désertification et le pays s'est doté d'un Plan d'action pour l'environnement.

Le débat sur le développement durable ne peut se borner à attribuer des blâmes ici ou là. Toutefois, nous ne pouvons nous empêcher de constater que plus d'un milliard de personnes vivent dans une pauvreté absolue et qu'un cinquième de la population mondiale doit faire face à la malnutrition, la maladie et l'analphabétisme. Est-ce un constat d'échec dans l'application d'Action 21? On peut se le demander. Nous nous félicitons de l'adoption, sans vote, par la Commission du développement durable de la décision sur les modalités pour un examen complet et exhaustif du Programme d'action de la Barbade en faveur des petits Etats insulaires en développement. Dans ce contexte, nous nous préoccupons grandement du niveau des émissions des gaz à effets de serre, tout particulièrement du dioxyde de carbone, qui peuvent entraîner un relèvement des températures susceptible de faire monter le niveau des mers et de perturber la production agricole. Nos préoccupations concernent aussi les transports maritimes des produits et déchets nucléaires dans notre région.

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M. ADYASUREN TSOHIO, Ministre de l'environnement de la Mongolie : la réforme et le renouveau économiques de la Mongolie coïncident avec l'application des décisions prises à la Conférence de Rio. Mon gouvernement prend des mesures décisives pour les concrétiser. L'impact des changements climatiques mondiaux sur la Mongolie est visible. La température moyenne a augmenté de 0,7 degrés, la fertilité des sols a diminué de 20 à 30%, le niveau des rivières a baissé de 20 à 30%, etc...La biodiversité a été réduite à l'avenant. Cependant, les Mongols ne sont pas restés sans rien faire. Nous nous sommes employés à mettre en place l'Agenda 21. Nous avons commencé à élaborer le Programme national d'action pour la Mongolie pour le 21ème siècle. J'ai le plaisir d'annoncer que la Mongolie a le projet d'étendre sa zone protégée de 10 à 15% de son territoire. 30% du territoire deviendra zone protégée. L'adoption d'une série de lois en matière d'environnement, dont la loi sur la terre, ont créé un fondement juridique à la protection de l'environnement en Mongolie. Des fondations solides ont été posées au développement de la coopération bilatérale et multilatérale pour la protection de l'environnement, en ratifiant la plupart des conventions les plus importantes en la matière et prenant des mesures pour leur application. Cependant, le pays a besoin de ressources financières et techniques afin de freiner la dégradation de l'environnement et créer une base écologique pour le développement durable. Nous avons également besoin de temps pour créer une conscience collective nécessaire à la protection de l'environnement.

La Mongolie a par ailleurs fait la promotion de la coopération régionale et sous-régionale pour la mise en oeuvre d'Action 21. Elle estime que l'entrée en vigueur des conventions sur les changements climatiques, la diversité biologique et la désertification sont un succès et doivent être mises en oeuvre. Malheureusement, cela n'est pas toujours le cas, en particulier en raison de la faiblesse de l'APD. La Mongolie en appelle aux pays donateurs pour qu'ils respectent leurs engagements et financent le Fonds mondial pour l'environnement. De même, l'APD doit redevenir un moyen essentiel de promotion du développement durable. Il faut également créer un environnement favorable au transfert de technologie, et modifier les modèles de consommation.

M. ABDULKADER BAGAMAL, Ministre de la planification et du développement du Yémen : la communauté internationale doit s'engager à respecter le principe 7 de la Conférence de Rio sur la responsabilité commune et différenciée et cela en raison des pressions exercées par le développement industriel sur l'environnement. Mon pays en est l'une des victimes et nous connaissons de grands problèmes, tout particulièrement en ce qui concerne l'eau et l'appauvrissement des sols. Nous nous trouvons le long de voies de navigation internationales très fréquentées et en l'absence de tout contrôle, nous sommes victimes du comportement irresponsable d'agents extérieurs qui polluent les eaux et nos côtes. Nous avons pu toutefois mettre en place certaines mesures en faveur de l'environnement, en intégrant cette notion au développement national. L'élaboration de lois sur l'environnement est prévue et nous avons ratifié toutes les conventions internationales émanant d'Action 21. Des mesures économiques et financiéres et institutionnelles sont en cours

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d'élaboration. Outre, les stratégies pour le développement en matière de santé et de population, l'environnement est devenu un facteur important pour notre développement. La protection de l'environnement doit être assurée par des organisations gouvernementales et non gouvernementales bien établies.

Nos efforts se sont cependant heurtés à de nombreuses difficultés financières, technologiques et institutionnelles, qui nous empêchent de contrôler une croissance démographique élévée. Nous avons en priorité besoin d'un appui technique, administratif et financier. Nous sommes convaincus que la communauté internationale respectera ses engagements de Rio en faveur des pays en développement et nous attendons le prochain renforcement de la coopération régionale et internationale.

M. VALERIU BULGARI, Vice-Premier Ministre de Moldova : le Gouvernement de la République de Moldova a témoigné de sa volonté politique en adoptant le Plan d'action national sur la protection de l'environnement et en ratifiant d'importantes conventions internationales liées aux questions d'environnement, en particulier les Conventions sur les changements climatiques et la biodiversité, ainsi que la Convention de Vienne pour la protection de la couche d'ozone et le Protocole de Montréal sur les substances qui l'altèrent. Tout en attachant une importance particulière à la coopération à tous les niveaux, notamment dans les bassins du Danube et de la Mer Noire, la République de Moldova considère que la mise en oeuvre d'Action 21 requiert une participation active de toutes les parties concernées, à savoir le gouvernement, le secteur privé, les organisations non gouvernementales, les cercles scientifiques et les communautés locales. A Moldova, plus de soixante ONG participent directement ou indirectement à la promotion du développement durable, dans l'une des étapes importantes visant à créer une société civile dans le pays.

Il est souhaitable que les pays en transition, comme la République de Moldova, ne soient pas considérés comme des marchés pour des technologies écologiquement dangereuses et imparfaites. Il est temps d'accélérer la mise en oeuvre des recommandations adoptées par la Conférence de Rio, en particulier celles qui concernent le transfert de technologies écologiquement sûres et hautement efficaces vers les pays en transition. Les changements climatiques ont eu des incidences négatives considérables sur l'agriculture du pays. A cet égard, le Gouvernement se félicite de la décision prise par l'Union européenne de réduire de 15% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2010. Il accueille également avec satisfaction le projet de réaliser au niveau multilatéral le transfert de technologies écologiquement sûres vers d'autres pays, en particulier les pays en transition, par le biais du Programme des Nations Unies pour le développement et du Programme des Nations Unies pour l'environnement. Le principe de responsabilité commune mais différenciée devrait être appliqué, en tenant compte du degré de l'impact négatif que les pays ont sur l'environnement mondial.

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M. DURI MOHAMMED, Chef de la délégation de l'Ethiopie : le faible développement économique de l'Afrique a eu pour conséquence d'augmenter la pauvreté et ce, malgré les immenses ressources naturelles du continent. Le développement durable doit nous permettre d'assurer la sécurité alimentaire. Il est indispensable de créer les conditions favorables au développement. Des progrès dans le domaine de l'agriculture ont été faits en dépit de la dépendance des systèmes agricoles des facteurs climatiques. L'irrigation et les ressources en eau doivent être développées et l'Ethiopie est disposée à le faire avec ses pays voisins qui utilisent en aval l'eau de ses rivières. L'Ethiopie est très riche en matière de biodiversité et celle-ci est utilisée dans le monde entier. Cependant, on abuse de notre générosité et de celles des nombreuses communautés du monde en développement en ce qui concerne l'utilisation de notre biodiversité agricole, de nos connaissances et de nos technologies qui lui sont associées.

Action 21 a tenté d'introduire une justice dans un monde d'inégalités. Si l'on s'efforce de chercher l'égalité, la mondialisation pourra être positive. L'Ethiopie se félicite que de nombreux pays industrialisés ont renouvelé leur engagement d'apporter des ressources financières nouvelles et additionnelles. En ce qui concerne la Convention sur la lutte contre la désertification, l'Ethiopie espère que sa mise en oeuvre ne sera pas retardée du fait d'un manque de clarté quant à son mécanisme de financement. Action 21 envisage les écosystèmes fragiles non seulement comme des régions arides mais comme des régions montagneuses. L'Ethiopie est un pays montagneux situé dans les régions non arides et un pays aride dans les régions non montagneuses et parfois montagneuses. L'Ethiopie espère que l'attention portée au chapitre 13 d'Action 21 sur les écosystèmes montagneux fragiles permettra de développer des programmes d'action dont les ressources techniques et financières seront adéquates si l'on veut répondre à l'ensemble de la problématique de l'environnement.

M. PHILIP DIMITROV (Bulgarie) : aujourd'hui la mobilisation des ressources financières nécessaires au suivi de la CUNED figure parmi les tâches les plus importantes de la communauté internationale. A cet égard, la Bulgarie accueille avec satisfaction la restructuration et le réapprovisionnement, ces dernières années, du Fonds mondial pour l'environnement et pense comme l'opinion publique, que ses ressources devraient être augmentée. La Bulgarie partage également l'avis selon lequel les gouvernements doivent promouvoir des mécanismes financiers novateurs par une utilisation de toutes les sources potentielles de financement et appuie, dans ce contexte, des initiatives comme l'échange "dette contre nature". S'associant à la déclaration des Pays-Bas, au nom de l'Union européenne, la Bulgarie appuie donc fermement les trois initiatives présentées sur l'éco- efficacité, le Programme d'action mondial sur les ressources en eau potable et la stratégie commune pour une énergie durable. La Bulgarie est également d'avis que les négociations en cours à Kyoto sur la Convention sur les

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changements climatiques devront se conclure par un protocole contenant des dispositions juridiquement contraignantes. La Bulgarie salue la contribution de la Commission du développement durable et réaffirme l'importance du rôle du Programme des Nations Unies pour l'environnement.

La Bulgarie souligne l'importance cruciale de la coordination des efforts nationaux à l'échelle régionale pour la réalisation des objectifs d'Action 21. C'est dans ce contexte qu'elle a accueilli, en 1995, la troisième conférence ministérielle "Environnement pour l'Europe" et qu'elle participe au travail préparatoire de la quatrième Conférence qui doit se tenir au Danemark, l'année prochaine. Si elle a adopté un certain nombre de documents stratégiques dans le domaine de la protection de l'environnement, la Bulgarie continue de faire face à des difficultés dans la mise en oeuvre de son programme national en raison du manque de ressources et se félicite notamment, à cet égard, de l'aide des institutions financières internationales comme la Banque mondiale. A l'échelle nationale, une Commission du développement durable a été créée qui aura également pour objet d'appuyer la révision de la stratégie de l'éducation nationale. A l'échelle communautaire, un processus participatoire a été lancé pour générer des modèles de développement durable des communautés.

M. ARNULFO FRETES ESCARIO, Vice-Ministre des ressources naturelles et de l'environnement du Paruguay : cinq ans après Rio, le Paraguay prend chaque jour davantage conscience de la nécessité de protéger son environnement. C'est situation est due au fait que le gouvernement paraguayen a fait dans la constitution dont il s'est doté en 1992 de la protection de l'environnement une priorité majeure du pays. Ainsi, le premier chapitre de la Constitution fait référence à la qualité de la vie, au droit à un environnement saint, à la protection de l'environnement et pose les bases de la réforme agraire et du développement rural. Le Paraguay réaffirme son attachement au principe de la responsabilité commune mais différenciée des Etats. A cet égard, il est préoccupé de constater que les compromis conclus à Rio ont fait l'objet d'une mise en oeuvre partielle, particulièrement dans les domaines de l'Aide publique au développement et des transferts de technologie.

Le Paraguay a adopté une série de principes fondamentaux en matière de protection de l'environnement national qui vise notamment à planifier, à surveiller et à contrôler l'utilisation des ressources naturelles, à promouvoir une utilisation rationnelle des sols, sous-sols, de l'eau, de l'air, de la flore et de la faune et à protéger les écosystèmes et la diversité biologique par la création de réserves et de parcs nationaux. Les accords internationaux conclus en matière d'environnement méritent une attention particulière. Dans le cadre du MERCOSUR, dont le Paraguay exerce actuellement la présidence, nous avons initié l'harmonisation progressive des lois environnementales de tous les Etats parties afin qu'il n'existe aucun obstacle à l'intégration économique mais aussi pour que cette intégration ne se fasse pas au détriment des ressources naturelles et de l'environnement.

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M. T.W.WAN CHAT KWONG, Chef de la délégation de Maurice : cinq ans après la Conférence de Rio, la situation de l'environnement s'est à bien des égards aggravée. La pauvreté s'est étendue, de même que la désertification et la déforestation. La qualité de l'eau se dégrade et nous ne sommes pas parvenus à arrêter les émissions de substances polluantes dans l'atmosphère. Le rythme des catastrophes naturelles a augmenté, conséquence directe du réchauffement de la planète. Au lieu de respecter le taux de 0,7% de leur PNB consacré à l'Aide publique au développement, les pays industrialisés ont diminué les flux financiers destinés aux pays en développement. Pourtant à Rio nous nous étions engagés à associer nos efforts pour régler les problèmes environnementaux qui ne connaissent pas de frontières. La concertation est inévitable. Aucun progrès ne sera réalisé si les pays en mesure de le faire, n'apportent pas leur aide financière et technique aux pays en développement. Si nous ne joignons pas nos efforts pour combattre et éliminer la pauvreté, nous retrouverons le scénario classique de la dégradation de l'environnement comme résultante de la pauvreté.

Maurice est un pays en développement ayant des ressources très limitées, mais qui entend respecter pleinement ses engagements pris à Rio. Ainsi nous avons adhéré à un nombre important de conventions sur l'environnement. En matière d'énergie, nous avons mis en oeuvre une politique vigoureuse pour l'utilisation optimale des sources renouvelables d'énergie. En tant qu'Etat insulaire, nous portons un intérêt particulier à la situation des petits Etats insulaires en développement et au plan d'action de la Barbade, qui, malheureusement et en raison d'un manque de ressources, n'a pu encore se traduire en actions concrètes. Nous demandons aux pays industrialisés de prendre les mesures appropriées pour réduire les émissions de gaz carbonique et autres gaz à effet de serre. Demain sera trop tard, et c'est aujourd'hui qu'il nous faut agir.

M. AHMED ESMAT ABDEL MEGUID, Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes : la mise en oeuvre d'Action 21 exige que l'on fasse les efforts nécessaires pour relever les défis du développement. La communauté internationale doit s'efforcer de mettre en oeuvre ses recommandations sur les peuples opprimés et occupés et qui concernent les populations de la Cisjordanie, de Gaza, du Sud Liban et du Golan arabe syrien. Il faut utiliser de façon rationnelle les ressources naturelles. Le renforcement de la coopération internationale et la reconnaissance de la responsabilité des pays développés est graves. Pour les pays arabes, il existe des problèmes environnementaux importants. Les questions de l'érosion des sols, de la désertification, du déboisement, et des ressources en eau sont essentielles. Les pressions accrues sur les écosystèmes marins et côtiers ont des conséquences néfastes pour le tourisme et la pêche. Les problèmes relatifs à la détérioration du milieu urbain, à la pollution atmosphérique et industrielle, et à la biodiversité doivent être examinés. La Ligue des Etats arabes est disposée à oeuvrer avec tous ses partenaires arabes et internationaux pour assurer le développement durable.

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- 15 - AG/656 25 juin 1997

M. IBRAHIM AUF, Sous-Secrétaire général de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI), donnant lecture d'une déclaration du Secrétaire général de l'OCI, M. Azeddine Laraki : l'OCI, deuxième organisation internationale après l'ONU, forte de 54 Etats Membres, représente plus d'un milliard de personnes. Il est par conséquent naturel que les résolutions successives des Sommets islamiques et des Conseils des Ministres des affaires étrangères affirment l'adhésion et le soutien de l'OCI à toutes les conventions internationales pertinentes, déclarations et plans d'action ainsi qu'à toutes les Conférences internationales et institutions qui renforcent les objectifs d'Action 21. De nombreux Etats Membres de l'OCI connaissent d'énormes difficultés dues à un manque de capacités humaines et matérielles. C'est pourquoi les pays développés, et particulièrement ceux du G-7 doivent consacrer 0,7% de leur PNB au financement des programmes relatifs à l'environnement et au développement.

L'OIC est profondément préoccupée par l'augmentation des pratiques illégales et inhumaines perpétrées au Moyen-Orient qui ont eu de graves conséquences sur la population et sur l'environnement dans les territoires palestiniens et arabes occupés. Il est regrettable qu'Israël poursuive sa politique au détriment de l'environnement qui a pour effet de confisquer près de 50% des terres arabes dans les territoires occupés, d'interdire l'agriculture et la construction sur les terres confisquées, d'usurper 70% des ressources en eau des Palestiniens, de déraciner des arbres fruitiers, de détruire les récoltes, d'interrompre l'irrigation, de brûler les forêts et d'empêcher l'exportation des produits agricoles. Peut-être les dommages les plus graves ont-ils été causés par le déchargement de déchets toxiques dans les territoires palestiniens, comme cela s'est récemment produit à Hébron. Il est également profondément regrettable qu'Israël refuse notamment d'adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ou de signer les accords de garantie de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Je demande par conséquent à la communauté internationale de déployer tous les efforts possibles pour mettre un terme à ces pratiques extrêmement dangereuses.

MME NAFIS SADIK, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population : Cinq ans après Rio il y a eu certains progrès en ce qui concerne la population et le développement. La planification familiale a permis de diminuer dans presque toutes les régions la croissance démographique. La population mondiale augmente actuellement de 1.5% par an au lieu de 2% dans les années 60 et 70. Malgré cela, la population continue à augmenter de 81 million de personnes par an. Les plus hauts taux de croissance démographique se trouvent dans les pays les plus pauvres. Malgré des programmes nationaux, la croissance démographique demeure un problème pour le développement de plusieurs pays d'Asie du sud et de l'ouest. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les écosystèmes fragiles sont sans cesse mis en péril par le développement rapide des établissements humains. La fertilité demeure est très forte dans un grand nombre de pays africains. La question des ressources

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en eau et en terre est cruciale pour ces pays. Le nombre des personnes âgées est de plus en plus important. Les migrations internationales sont une source d'inquiétude pour les pays industrialisés.

L'intégration de la population dans les stratégies économiques et de développement doit permettre d'atteindre plus rapidement les objectifs du développement durable. Il est important que chaque homme et chaque femme puissent exercer son droit de reproduction afin que les individus et les couples puissent n'avoir que le nombre d'enfants qu'ils désirent. Il faut garantir aux femmes la liberté de choix et leur donner accès à l'éducation. Les pays doivent honorer les engagements pris à la Conférence internationale sur la population et le développement en 1994. Tous les pays doivent intensifier leurs efforts. Les approches pour la population et pour le développement sont complémentaires dans la réalisation du développement durable.

MME WANGARI MAATHAI, Women's Environment and Development Organization (WEDO), parlant au nom du groupe principal des femmes: nous sommes profondément préoccupées par le fait que les nombreux engagements et objectifs adoptés à Rio n'ont pas été respectés. Nous nous demandons si la vision de Rio n'a pas été écartée et remplacée par la vieille et cynique vision d'un monde divisé constitué de riches et de pauvres, de puissants et de faibles. Y aura-t-il toujours un Nord et un Sud, un petit Sud au Nord et un petit Nord au Sud? Les deux mondes honoreront-ils les engagements de Rio et sortiront-ils de cette réunion conscients de l'urgence qui existe et désireux de traduire leurs paroles en actions. Bien que je sois aujourd'hui ici au nom du groupe principal des femmes et non d'un groupe d'intérêts particulier, en tant que représentante de la moitié de la population mondiale, je m'exprime dans l'intérêt de tous. Comme à Rio, les chefs d'Etat et de gouvernement ont fait des promesses et des engagements en faveur de l'égalité des sexes. Mais, il y a toujours plus de paroles que d'actions. De nombreuses questions restent encore à résoudre - le poids de la dette, la pauvreté, la violation des droits de l'homme, les coûts environnementaux et sociaux de la mondialisation, le chômage, les disparités économiques entre pays et à l'intérieur des pays, les menaces sur la diversité biologique, la dégradation des sols, la disparition des forêts et les ressources en eau.

Pour relever ces défis, le Caucus des femmes a élaboré un plan d'action en 12 points intitulé "Ce que les femmes veulent pour la terre" qui prône notamment l'égalité des sexes, l'élimination de la pauvreté, la préservation et le partage équitable des ressources naturelles, l'accès à l'eau potable, la production et la consommation durables et la reconnaissance des droits des femmes en tant que droits de l'homme. Il est ironique d'invoquer le manque de ressources financières alors que les gouvernements consacrent des milliards de dollars aux dépenses militaires, la pose de mines et à la poursuite de conflits qui engendrent des millions de réfugiés. La session extraordinaire doit envoyer un message d'espoir et non de détresse aux peuples du monde.

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