DECLARATION A LA PRESSE DU PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

15 January 2003
SC/7634

DECLARATION A LA PRESSE DU PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE SUR LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

15/01/03
Communiqué de presseSC/7634

                                                            AFR/543

DECLARATION A LA PRESSE DU PRESIDENT DU CONSEIL DE SECURITE

SUR LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Vous trouverez ci-après la déclaration faite, aujourd’hui, à la presse par le Président du Conseil de sécurité, M. Jean-Marc de La Sablière (France), sur la République démocratique du Congo

     Les membres du Conseil ont engagé toutes les parties congolaises à appliquer sans tarder l’Accord de Pretoria du 17 décembre 2002, afin de permettre la mise en place d’un gouvernement de transition en vue de la tenue d’élections en République démocratique du Congo (RDC). Ils ont souligné qu’il était nécessaire d’agir rapidement pour résoudre les principales questions en suspens, notamment la question de la sécurité de toutes les parties à Kinshasa, et ont insisté sur la nécessité d’adopter dès que possible l’Accord de Pretoria dans le cadre du Dialogue intercongolais.

     Les membres du Conseil se sont déclarés vivement préoccupés par la reprise des combats dans l’est de la RDC et par la persistance du climat d’instabilité régnant dans le nord-est du pays. Ils ont engagé les parties à se conformer aux dispositions de l’Accord de Gbadolite signé le 30 décembre 2002, et en particulier à mettre immédiatement fin à toute activité militaire dans le secteur. Ils ont demandé que l’Accord de Luanda soit rapidement mis en oeuvre et que la Commission de pacification d’Ituri soit mise en place sans plus tarder.

     Les membres du Conseil ont condamné dans les termes les plus vifs les massacres et les violations systématiques des droits de l’homme perpétrés par le Mouvement de libération du Congo (MLC) et le Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD/N) dans la région d’Ituri. En tant que dirigeant du MLC, Jean-Pierre Bemba est responsable de la sécurité des populations civiles vivant dans le territoire sous son contrôle. Les membres du Conseil ont exigé qu’il fasse en sorte que ces massacres et violations des droits de l’homme cessent immédiatement et que des comptes soient demandés à leurs auteurs. Les membres du Conseil ont pris acte du fait que M. Bemba s’est engagé à prendre des mesures et ont exprimé l’intention de continuer de surveiller la situation à cet égard, en tenant compte des enquêtes en cours de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC) et du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

     Les membres du Conseil ont souligné en particulier qu’il fallait que toutes les parties revendiquant un rôle dans l’avenir de la RDC démontrent leur attachement aux droits de l’homme, au droit international humanitaire ainsi qu’à la sécurité et au bien-être des populations, dans les zones sous leur contrôle.

     Les membres du Conseil ont souligné qu’il importait que les Gouvernements du Rwanda aussi bien que de la République démocratique du Congo s’acquittent intégralement des engagements qu’ils ont pris aux termes de l’Accord de Pretoria du 30 juillet. Ils ont aussi encouragé la MONUC et le Mécanisme de vérification de la tierce partie à poursuivre leurs efforts afin de s’assurer du respect de ces engagements, en particulier du retrait intégral des forces rwandaises et de l’absence de toute forme d’appui aux groupes armés étrangers de la part du Gouvernement de la République démocratique du Congo. Les membres du Conseil se sont dit préoccupés par les informations faisant état de la poursuite du parrainage de groupes agissant par procuration en RDC. Ils ont engagé les deux camps à coopérer pleinement aux efforts de vérification de la MONUC et du Mécanisme de vérification de la tierce partie.

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For information media. Not an official record.