ENCOURAGE PAR L’ACCUEIL POSITIF ACCORDE A SES EFFORTS DE REFORME, LE CHEF DU DPI EXHORTE LE COMITE DE L’INFORMATION A APPUYER LA RESTRUCTURATION DU DEPARTEMENT

30 April 2003
PI/1475

ENCOURAGE PAR L’ACCUEIL POSITIF ACCORDE A SES EFFORTS DE REFORME, LE CHEF DU DPI EXHORTE LE COMITE DE L’INFORMATION A APPUYER LA RESTRUCTURATION DU DEPARTEMENT

30/04/2003
Communiqué de pressePI/1475

Comité de l’information

4ème et 5ème séances – matin et après-midi

ENCOURAGE PAR L’ACCUEIL POSITIF ACCORDE A SES EFFORTS DE REFORME, LE CHEF DU DPI EXHORTE LE COMITE DE L’INFORMATION A APPUYER LA RESTRUCTURATION DU DEPARTEMENT

A l’issue d’un débat général, commencé le 28 avril, au cours duquel se sont succédé une quarantaine d’orateurs, le Comité de l’information a invité, cet après-midi, le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information et chef du Département de l’information (DPI), M. Shashi Tharoor, à répondre aux questions suscitées par la réorientation des activités d’information de l’ONU mais aussi aux réactions favorables que ce processus a provoquées. Le Secrétaire général s’est dit encouragé par l’appui unanime apporté par les membres du Comité à la restructuration du Département de l’information et leur a demandé d’appuyer, de la même manière, le budget-programme proposé pour l’exercice 2004-2005 afin de doter le Département des moyens de répondre aux attentes.   

Comme l’a montré le débat, ces attentes portent essentiellement sur la capacité réelle du Département de faire entendre la voix de l’ONU dans le concert des critiques relayées par les grands médias.  Illustrant l’ampleur du défi, le représentant de l’Argentine a invoqué un article paru dans un magazine de renom sous le titre « L’ONU : La fin d’une aventure ».  Déterminer à relever ce défi, le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information avait mis l’accent, lundi dernier, lors de son allocution d’ouverture des travaux du Comité, sur le potentiel d’un Département, qui remanié depuis le 1er novembre 2002, a désormais pour mission de faire connaître, de manière stratégique, les activités et préoccupations de l’ONU en vue d’obtenir le plus impact possible auprès du public.  Pour ce faire, le DPI a été doté d’une Division de la communication stratégique, d’une Division de l’information et des médias et d’une Division de l’action, chargées de la coordination, de l’affinement, de la présentation et de la distribution des informations issues des autres Départements du Secrétariat et des organisations du système des Nations Unies. 

Le Secrétaire général adjoint a apporté, cet après-midi, les précisions demandées sur les trois domaines de réforme prioritaires, à savoir la restructuration des centres d’information, la réalisation de la parité linguistique sur le site Web de l’ONU, et la mise en place d’un système d’évaluation de l’impact des activités du Département.  S’agissant de cette dernière question, M. Tharoor a expliqué, entre autres, les mesures qu’il entend prendre pour instaurer une culture de la gestion axée sur les résultats au sein de son Département. Le Secrétaire général adjoint a néanmoins prévenu les délégations que l’évaluation du succès d’un programme d’information et de communication était une entreprise difficile et coûteuse.  Il a les également prévenus du danger de croire que toutes les activités du Département pourraient être financées par les ressources libérées par l’élimination de programmes non-productifs. 

Le Secrétaire général adjoint a aussi apporté des réponses détaillées aux nombreuses questions soulevées par le processus de régionalisation des centres d’information, ayant pris note des mises en garde et de la nécessité, soulignée par plusieurs délégations, de procéder au cas par cas et selon les besoins particuliers des pays concernés.  M. Shashi Tharoor a aussi tenu à préciser que lors du lancement de ce processus, le Secrétaire général de l’ONU s’est appuyé sur les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale.  Concernant le multilinguisme sur le site Web de l’ONU, le Secrétaire général adjoint s’est dit encouragé par les félicitations du Comité mais surtout par la position de l’Union européenne selon laquelle la tâche en la matière incombe à tous les Départements du Secrétariat. 

L’intervention complète et détaillée du Secrétaire général adjoint a, par ailleurs, porté sur les projets relatifs à la Radio des Nations Unies, les bibliothèques des Nations Unies et la coopération avec le Département des opérations de maintien de la paix ainsi que sur des questions spécifiques, telles que la prise en compte de la dimension sexospécifique dans les produits d’information du Département.  Une transcription de ces propos sera distribuée demain aux membres du Comité.

Ont pris part au débat aujourd’hui les Etats membres suivant du Comité : Japon, Yémen, Azerbaïdjan, Monaco, Sri Lanka, République populaire démocratique de Corée, Liban, Kazakhstan, Indonésie, Népal, Cuba, Brésil, Etats-Unis, Tanzanie, Fédération de Russie, Argentine et Soudan.  En leur qualité d’observateurs, la Suisse et le Canada ont également pris la parole.  Le Comité a pris note de la demande du Paraguay de participer à ces travaux en qualité d’observateur.

L’ancien Président du Comité, M. Milos Alcalay du Venezuela, qui a fait l’objet d’un vibrant hommage, a tenu à remercier toutes les délégations.  A voir le dynamisme du Comité, il ne fait aucun doute qu’il entend renforcer les activités d’information de l’ONU en cette période de crise, a-t-il dit.  Il s’est également déclaré convaincu que les membres du Comité sauraient lancer ensemble un plan d’action pour faire entendre la voix de l’ONU.

            Le Comité, qui doit poursuivre ses travaux en séances officieuses, a prévu de célébrer, le vendredi 2 mai, à partir de 10 heures, la Journée internationale de la liberté de la presse, en la présence du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan.  

Débat général

Mme FUMIKO SAIGA (Japon) a indiqué que sa délégation encourageait le Secrétaire général à mettre en œuvre rapidement les éléments de la réforme du Département de l’information qui sont sous sa seule responsabilité.  A ce titre, elle s’est félicitée notamment de la restructuration récente du Département.

En ce qui concerne les centres d’information des Nations Unies (CINU), elle a indiqué que, tout en étant consciente des mérites que présenterait la régionalisation de ces centres en termes de dépenses et d’efficacité, il fallait toutefois peser les pour et les contre de la fermeture des centres existants.  A cet égard, la représentante a souligné le rôle essentiel que joue le centre d’information de Tokyo dans la sensibilisation du public japonais aux activités des Nations Unies, et a prié  DPI de ne pas tenir uniquement compte de la prise en charge du loyer des bureaux des centres d’information par le pays hôte dans les directives et critères de régionalisation des CINU, mais d’y intégrer toutes les formes d’appuis apportés par le pays hôte aux centres.  C’est la raison pour laquelle la délégation du Japon propose que le projet de « directives et critères » soit amendé.  Par ailleurs, Mme Saiga a encouragé le DPI à poursuivre et développer ses activités dans différentes langues, et à parvenir à la parité linguistique sur le site Web dans la limite des ressources existantes. 

L’intervention de Mme Saiga a également porté sur la question du développement du continent africain et du rôle à jouer par les Nations Unies dans ce domaine.  Il s’agit pour elle d’un rôle de guide et de conseil, ce qui suppose que les activités d’information dans ce domaine soient développées davantage.  Pour sa part, le Gouvernement du Japon va accueillir TICAD III, en collaboration avec les Nations Unies cette année en septembre, et reste pleinement disposé à collaborer avec le système des Nations Unies au-delà de 2004 dans le cadre du suivi de cette conférence, notamment dans le domaine de l’information et de la communication en vue de sensibiliser davantage la communauté internationale aux questions relatives au développement de l’Afrique. 

Après avoir fait une enquête auprès des journalistes japonais résidents à New York sur la qualité du site Web des Nations Unies, la représentante a appelé le DPI à améliorer ses services d’information en anglais, surtout pour ce qui est de l’affichage des informations en temps réel.

M. MOHAMED ALI SALEH ALNAJAR (Yémen) a, dans le cadre de la mondialisation, estimé que, l’information doit claire, neutre et objective.  L’ONU, a poursuivi le représentant, doit mettre l’information au service de l’humanité pour consolider la paix, le respect mutuel et la compréhension entre les cultures et les civilisations.  

M. Alnajar a appelé le Département à renforcer le Centre d’information de Sanaa qui joue un rôle d’orientation et d’information très important en ce qui concerne les activités menées par les Nations Unies.  Ce Centre, de son côté, tient l’ONU au courant de tout ce qui se passe dans la région, en particulier pour ce qui est des processus de démocratisation et électoraux et les progrès enregistrés dans la liberté la presse.  Le Yémen, a dit à ce propos le représentant, se trouve dans une phase de démocratisation déterminante comme l’attestent les élections parlementaires «démocratiques et libres» tenues il y a deux jours, dans le cadre du processus de démocratisation lancé en 1990.  Aujourd’hui, a indiqué le représentant, le Yémen compte 90 publications libres.  Compte tenu de ces faits, il est important, a jugé le représentant, de donner l’occasion aux pays en développement de renforcer leurs capacités médiatiques par le biais des programmes de formation à l’intention des journalistes, l’accès aux nouvelles technologies et l’échange d’expériences avec les pays plus développés.  Le représentant a estimé  en outre que la réorientation des activités de l’information devait contribuer à combler le fossé numérique entre les pays développés et les pays en développement.  Dans ce cadre, il a souhaité que le site Web soit prochainement disponible dans les six langues officielles de l’ONU en appelant les membres du Comité à assurer les ressources financières requises à un tel projet.  

M. JALAL MIRZAYEV (Azerbaïdjan) a indiqué que sa délégation appuyait sans réserve la nouvelle structure du DPI mise en place en novembre 2002.  En ce qui concerne les priorités du Département, il a reconnu que le DPI devait s’attacher en particulier à la diffusion d’informations relatives à l’élimination de la pauvreté, à l’épidémie VIH/sida, aux besoins du continent africain et à la lutte contre le terrorisme.  Par ailleurs, le représentant a appelé le Département à prendre les mesures nécessaires pour parvenir à la parité linguistique sur le site Web des Nations Unies et pour que la teneur des publications du Département soit exacte et précise.  Le représentant a également encouragé le DPI à assumer un rôle actif dans la réduction du fossé numérique entre pays en développement et pays industrialisés.  Il a estimé que la radio restait un moyen de communication privilégié pour les Nations Unies, dans la mesure où elle permettait de toucher une large cible aux quatre coins du monde et de faire entendre la voix des Nations Unies sur le plan local.  Par ailleurs, le représentant a souligné l’importance de la coordination entre le DPI et le Département des opérations de maintien de la paix de manière à éviter les doubles emplois en termes de communication.

Mme VALERIE SANDRA BRUELL-MELCHIOR (Monaco) s’est dite préoccupée par la création d’un pôle régional de centres d’information en Europe.  La fermeture de neuf centres, a-t-elle déclaré, suscite quelques perplexités que le Secrétaire général adjoint doit atténuer, ainsi que sur le sort réservé au bureau d’information des Nations Unies situé au Siège de l’UNESCO à Paris.  Ce bureau n’est probablement pas de la même nature que les services d’information de Genève et de Vienne mais son utilité n’en est pas moins grande dans la mesure où l’UNESCO est en quelque sorte l’organisation à vocation la plus éducative, culturelle et scientifique du système des Nations Unies.  La représentante a poursuivi en estimant que l’effort de coordination mis en place dans le contexte de la Division de la communication stratégique semble d’une grande portée et très innovant. 

Elle a aussi encouragé la promotion du processus de régionalisation et les efforts déployés sur le terrain, tel que le Centre de presse établi à Amman qui diffuse des informations quotidiennes sur les développements de la situation en Iraq.  La représentante a conclu en se félicitant des succès de la Radio des Nations Unies et de la modernisation des bibliothèques de l’ONU.  Elle a enfin souhaité que la Division des services et des produits destinés au public du DPI poursuive sa mutation selon les orientations retenues par le Secrétaire général.  La société civile devrait y trouver une place plus adéquate et la dimension éducative devrait être valorisée en son sein, a estimé la représentante.  Elle a conclu en arguant qu’avec la consolidation du multilinguisme et la nouvelle approche de gestion axée sur les résultats, les initiatives du Département ne pourront que porter leurs fruits.

M. C. MAHENDRAN (Sri Lanka) a affirmé que le Département de l’information est considéré par beaucoup comme la « voix » des Nations Unies.  Il s’est donc félicité de la définition de sa nouvelle mission en saluant, en particulier, la création des trois Divisions.  Plaidant, une nouvelle fois, pour l’accès des pays en développement aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, le représentant a appelé à une assistance efficace dans ce domaine sans retarder pour autant la mise en œuvre des programmes prioritaires sur les questions de développement.  Dans le même temps, il a encouragé le recours accru aux moyens traditionnels de communication qui, a-t-il voulu, doivent être dotés des ressources financières requises.  Il a donc salué les activités de la Radio des Nations Unies et son audience considérable. 

Parlant des «petites missions» que ne peuvent couvrir toutes les réunions des Nations Unies, le représentant s’est félicité de la publication des communiqués de presse et de la contribution des centres d’information.  Il a souhaité, à ce propos, que la restructuration de ces centres ne prive pas les pays en développement de leurs services importants.  Il a salué, pour conclure, les progrès réalisés par le site Web de l’ONU et les améliorations apportées à la Bibliothèque Dag Hammarskjöld. 

M. KIM CHANG GUK (République populaire démocratique de Corée) a souligné qu’à la lumière des développements récents sur la scène internationale, il apparaît que certains pays essayent de bafouer les principes de justice et d’impartialité dans certaines enceintes internationales, notamment au moyen des nouvelles technologies de l’information et de la communication.  A son sens, ces pays font preuve de deux poids, deux mesures pour ce qui est des questions relatives aux droits de l’homme, au terrorisme et aux armes nucléaires.  Ce sont là des réalités qui interpellent directement le Comité de l’information, a dit le représentant, qui a notamment demandé à ce que ses travaux tiennent compte de la nécessité de mettre en place un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication qui soit équitable.  Soulignant les disparités qui persistent entre pays en développement et pays développés dans le domaine de l’information, le représentant  a décrit les effets négatifs de la marginalisation des pays en développement sur le plan technologique, en particulier les campagnes de désinformation.  Certains pays profitent de leur main mise sur les moyens d’information modernes pour déformer la réalité dans les pays en développement à des fins politiques, a estimé le représentant, en appelant la communauté internationale à ne plus tolérer ce type d’ingérence dans les affaires internes et de non-respect des principes de souveraineté, en matière d’information.

Abordant la réforme du DPI, le délégué a indiqué que celle-ci devait aller dans le sens du renforcement du rôle de ce département de manière à lui permettre de réellement contribuer aux solutions de problèmes internationaux. 

M. IBRAHIM ASSAF (Liban) a estimé que le Département de l’information représente un miroir qui reflète l’image des Nations Unies auprès des pays et des peuples du monde.  Le rôle de ce Département est donc primordial pour faire connaître au monde le rôle essentiel des Nations Unies dans l’élaboration des politiques au niveau international.  Pour le Liban, l’information est un véritable quatrième pouvoir.  Dans ce cadre, le représentant a souhaité que les activités du Comité de l’information se fondent sur plusieurs principes, dont la promotion des justes causes des peuples, la parité entre les six langues officielles sur le site Web de l’ONU, le développement des centres d’information et le rôle du Comité en tant qu’organe directeur en matière d’information..  

Abordant les questions de fond, le représentant a souligné la nécessité de faciliter l’accès de toutes les missions diplomatiques aux informations détenues par la Bibliothèque Dag Hammarskjöld.  Plusieurs missions ignorent toujours, a-t-il indiqué, qu’elles peuvent accéder par voie électronique à des informations-clés.  Il a donc proposé que le Département de l’information distribue aux missions une liste détaillée des informations disponibles, leurs adresses électroniques et les symboles requis pour y accéder. 

Mme MADINA JARBUSSYNOVA (Kazakhstan) a réaffirmé le rôle clef que joue le DPI dans la diffusion des messages des Nations Unies dans tous les régimes du monde.  Abordant la réforme du DPI, la représentante a estimé que la nouvelle structure du Département lui permettrait de disposer des instruments nécessaires pour s’acquitter efficacement de son mandat, en particulier pour ce qui est de la réduction des écarts qui existent entre pays développés et pays en développement dans le domaine de l’information.  En ce qui concerne la réorganisation des centres d’informations, elle a estimé que la régionalisation de ces centres devait se faire graduellement et en collaboration avec les pays concernés.  Par ailleurs, la déléguée a apporté son appui à toutes les mesures prises par le Département pour parvenir à la parité linguistique sur le site Web des Nations Unies dans la limite des ressources disponibles.  La représentante a également fait valoir le rôle crucial que peut jouer la radio pour distribuer le message des Nations Unies dans toutes les régions du monde.

M. TATANG B. RAZAK (Indonésie) a salué les nouvelles mission et structure opérationnelle du Département de l’information en mettant l’accent sur l’importance de la Division de la communication stratégique.  Le représentant s’est aussi félicité des recommandations du Bureau des services de contrôle interne concernant la restructuration des Centres d’information des Nations Unies.  Pour lui, ces recommandations permettront non seulement de réaffecter les ressources dans les domaines qui en ont besoin, mais aussi de permettre aux Centres de se concentrer sur les technologies appropriées à l’environnement dans lequel ils opèrent.  Il est important, a estimé le représentant, que les Centres d’information développent leur propre page sur Internet dans la langue du pays concerné.  Dans notre région, a-t-il dit, il ne fait aucun doute qu’une page Web en bahasa serait plus appropriée et plus rentable étant donné que cette langue est parlée dans de nombreux pays de l’Asie du Sud-Est.  Soulignant également l’importance de la radio, le représentant a appuyé la poursuite des programmes de la Radio des Nations Unies.  Il a conclu sur la pertinence du Groupe de communication des Nations Unies.

M. ARJUN BAHADUR THAPA (Népal) a estimé que le DPI était la pierre angulaire du système des Nations Unies dans la mesure où il façonne l’image de l’Organisation et fait connaître ses activités dans les domaines de la paix, de la sécurité et du développement.  A ce titre, il s’est félicité de la restructuration récente du Département de l’information qui a permis, à son avis, de créer une véritable synergie et de repositionner le Département.  Le délégué a apporté son appui au nouveau principe opérationnel pour les centres d’information, tout en réitérant que les ressources ainsi dégagées devraient être réaffectées aux centres situés dans les pays en développement.  Le représentant a également mis l’accent sur le rôle que continuent à jouer les médias traditionnels dans le monde en développement, et notamment la radio.  Par ailleurs, il a souhaité qu’un plus grand nombre de journalistes des pays en développement puissent profiter des programmes de formation du DPI.

M. ORLANDO REQUEIJO (Cuba) a estimé que malgré tous les efforts pour amener les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les coins les plus reculés de la planète, les déséquilibres continuaient de s’accentuer dans ce domaine. Relevant le paradoxe du processus de mondialisation selon lequel, plus les technologies se développent, plus le fossé entre pays développés et pays en développement s’élargit, le représentant a souligné l’urgence de mettre en place un nouvel ordre mondial de l’information.  Il s’agit là, a-t-il dit, d’une aspiration de longue date que Cuba continuera de défendre même si ceux qui manipulent la plus grande partie de l’information essayent de convaincre le monde en développement de l’impossibilité de lutter contre l’ordre établi.

En conséquence, a-t-il poursuivi, le monde en développement doit s’appuyer sur les occasions que lui offre l’ONU de lancer une action concertée et concrète pour réclamer un rôle dans l’utilisation des ressources médiatiques.   Se félicitant des progrès enregistrés au sein du Département de l’information, le représentant a jugé qu’un des grands problèmes des pays en développement est l’insuffisance des ressources nécessaires à la mise en place de services d’information vastes, démocratiques et équilibrées.  Dans les «supermarchés médiatiques», la désinformation est devenue la marchandise la plus recherchée, a souligné le représentant, dénonçant la manipulation médiatique d’une guerre «unilatérale, déséquilibrée, injuste et criminelle» contre l’Iraq.

Le représentant a dénoncé l’ «l’agression » audiovisuelle menée contre Cuba à partir des Etats-Unis.  Toutes les semaines, a-t-il indiqué, 2221 heures de radio et de télévision sont diffusées illégalement à partir des Etats-Unis par 16 stations de radio.  14 de ces stations appartiennent à des organisations qui sont directement liées à des terroristes basés, opérant et agissant en toute impunité à partir des Etats Unis. 

Cuba condamne les bureaucrates qui gaspillent l’argent des contribuables dans des activités ignobles souvent liées aux terroristes et à des individus corrompus de la pire espèce qui parfois scandalisent même l’opinion publique américaine.

M. TATIANA ROSITO (Brésil) a fait valoir qu’à la lumière des développements récents sur la scène internationale, le Département de l’information peut faire une contribution cruciale pour ce qui est, d’informer quotidiennement le monde des activités des Nations Unies, et de lui fournir en temps réel des informations pertinentes notamment sur les zones de conflit.  Il a poursuivi en affirmant que le DPI est en fait la passerelle entre l’Organisation et le monde extérieur, en termes de crédibilité.  A ce titre, la délégation brésilienne se félicite de la restructuration récente du Département en vue d’améliorer l’efficacité de ses activités.  Tout en étant conscient du souci d’éviter les double emplois et de réduction des dépenses du Département, le Groupe des pays lusophones insiste néanmoins sur l’importance, pour le Département, de ne pas sacrifier et de développer ses capacités lui permettant de diffuser l’information en portugais a poursuivi le représentant.  A ce titre il a notamment attiré l’attention du Comité sur l’importance des programmes radiophoniques des Nations Unies dans ces pays, en indiquant que plus de 27 millions de personnes écoutent quotidiennement des bulletins d’information de cinq minutes des Nations Unies.  Le représentant a continué en soulignant la portée universelle à moindre frais de la radio qui en fait un moyen de communication privilégié pour diffuser le message des Nations Unies.

M. DAVID A.TRAYSTMAN (Etats-Unis) a jugé qu’il est de la responsabilité du Comité de l’information d’engager un dialogue franc et constructif avec le Département de l’information pour mettre le doigt sur les lacunes, quand cela s’avère nécessaire, mais aussi rendre hommage à ses succès.  Dans une vaste organisation chargée de multiples activités, il est toujours possible d’améliorer les choses, a souligné le représentant.  Il a donc demandé à pouvoir étudier les conclusions définitives de l’étude d’ensemble sur les activités d’information de l’ONU.  En attendant, il s’est félicité de la nouvelle structure organisationnelle du Département.  Concernant la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, il a fait part de son intention de présenter un libellé, au cours des négociations, recommandant à l’Assemblée générale de confier à la Bibliothèque la responsabilité des politiques et de la coordination de toutes les bibliothèques des Nations Unies.  Il a d’ailleurs noté que le rapport pertinent du Secrétaire général ne traite pas de la recommandation sur une gestion centralisée de ces bibliothèques.  Le représentant a donc demandé un rapport complet et approfondi sur cette question. 

Venant à la question du site Web des Nations Unies, le représentant a estimé qu’il s’agit là d’un cas d’école sur ce qui peut être fait dans les limites des ressources disponibles quand un personnel dévoué fait preuve d’engagement, de souplesse et de créativité.  Il a rappelé, à ce propos, l’obligation des directeurs de programmes d’identifier les activités à éliminer, et de réaffecter les ressources humaines et financières à des domaines prioritaires, en particulier pour réaliser la parité linguistique sur le site Web de l’ONU.  Concernant la Radio des Nations Unies, le représentant s’et dit convaincu qu’aucune ressource supplémentaire ne devrait être mobilisée pour la poursuite du projet pilote, en rappelant là aussi l’obligation des directeurs de programmes de hiérarchiser les activités.  Il a d’ailleurs demandé au Département de présenter les implications financières de la poursuite de ce projet pilote pour l’exercice biennal 2004-2005.

Le représentant a aussi abordé la question de l’accès gratuit et public au système de disque optique des Nations Unies.  Il a annoncé, à ce propos, son intention de poser plusieurs questions durant les négociations du Comité.  Parlant de la restructuration des centres d’information des Nations Unies, il a également fait part de son intention de présenter, pendant les négociations, un libellé encourageant le Département à, à l’aide du Groupe des Nations Unies pour la communication et du Comité de haut niveau sur la gestion, s’assurer que tous les bureaux des Nations Unies seront mis en place conformément aux propositions du Secrétaire général concernant les pôles régionaux.  Là encore, le représentant a annoncé qu’il présenterait un libellé appelant le Département à revoir le cinquième critère de régionalisation des centres pour poser comme critère de localisation d’un pôle régional, la présence de Maisons des Nations Unies, d’autres bureaux de l’ONU et d’organisations régionales.  Il a donc demandé au Département la liste et la localisation de ces entités.

Toujours à propos des centres d’information, le représentant a appelé le Département à ne pas « mettre tous les œufs dans le même panier » et à ne pas compter sur les seules économies réalisées par la fermeture des centres pour financer ses nouvelles priorités.  Il a donc insisté sur la nécessité de rechercher d’autres méthodes.  Il a jugé, à ce propos, que les ressources utilisées pour produire la Chronique des Nations Unies seraient plus utiles au financement de la parité linguistique sur le site Web ou de la traduction des produits de l’ONU dans les langues locales.

Le représentant a conclu son intervention en regrettant que « comme d’habitude » Cuba ait choisi de court-circuiter les travaux du Comité.  Soulignant l’attachement de son pays au principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, le représentant a affirmé que Cuba avait peur de Radio Marti parce qu’il voulait maintenir son peuple dans l’ignorance.  Le représentant a ainsi dénoncé les récents procès de journalistes et d’activistes des droits de l’homme menés, selon lui, pour réprimer la voix du peuple et ceux qui cherchent la liberté.  Ces procès à huis-clos ne peuvent que susciter l’opposition des Etats-Unis qui tiennent à la transparence et au respect du droit, a assuré le représentant. 

Mme LIBERATA MULAMULA (Tanzanie) a déclaré que, face à la crise actuelle que traverse l’Organisation des Nations Unies en termes de crédibilité de sa capacité de maintenir la paix, la stratégie de communication du DPI se doit de contrecarrer la propagande et les campagnes de désinformation menées sur le rôle des Nations Unies.  Elle s’est félicitée de la réorganisation en cours au sein du Département, tout en soulignant que ce processus devait permettre au DPI de faire face et de s’adapter aux réalités changeantes sans perdre de vue son mandat et ses priorités définis par l’Assemblée générale et le Comité de l’information.  Il doit s’agir d’un processus dynamique et interactif, a-t-elle précisé.

Quant à la substance du message du DPI, la représentante a appelé la section Afrique du DPI à utiliser le NEPAD comme plate-forme de ses campagnes d’information et pour mobiliser la communauté internationale en vue de sa mise en œuvre.  Soulignant par ailleurs le rôle indispensable que continue à jouer la radio dans la diffusion d’informations à de vastes audiences dans la plupart des pays en développement, Mme Mulamula a appuyé la proposition d’intégrer le projet pilote de la radio aux activités du DPI.

Elle a en outre fait valoir que les centres d’information des Nations Unies avaient un rôle important à jouer dans la mesure où ce sont les yeux, les oreilles et la voix de l’Organisation sur le terrain.  Poursuivant sur la question des CINU, elle a déclaré que la régionalisation de ces centres devait tenir compte des caractéristiques spécifiques des pays de chaque région, et ne saurait s’appliquer dans des pays qui ne disposent pas d’une infrastructure et d’un système de communication suffisamment développés.  Elle a par conséquent préconisé une approche au cas par cas.

Abordant la question du fossé numérique entre pays pauvres et pays riches, elle a indiqué que les populations des pays en développement attendaient de la part des Nations Unies qu’elles relèvent ce défi de manière coordonnée et cohérente.  Ace sujet, la représentante a souligné l’importance des travaux du Comité et du rôle du DPI dans les préparatifs du Sommet mondial de la société d’information, qui aura lieu dans un premier temps à Genève en décembre 2003, puis à Tunis en décembre 2005.

M. BORIS MALAKHOV (Fédération de Russie) a appelé le Département de l’information à diffuser des informations véritablement stratégiques pour les intérêts de l’ONU, affirmant que l’affectation des ressources voulues à ces domaines conduira l’opinion publique internationale à respecter davantage le Conseil de sécurité.  Les activités de l’information doivent faire en sorte que tous les organes de l’ONU parlent d’une seule voix, a-t-il ajouté, précisant qu’à son avis un Département remanié serait capable de renforcer la transparence et les liens avec les Etats membres de l’ONU. 

Venant aux centres d’information, il a souscrit au processus de régionalisation en souhaitant qu’il soit progressif et qu’il prenne en considération les besoins des pays et des régions concernés.  Il faut voir, a-t-il insisté, dans quelle mesure les populations concernées profitent des avantages offerts par les Centres.  A Moscou, a indiqué le représentant, cela fait des années que la population s’appuie sur le Centre qui a d’ailleurs renforcé ses liens de partenariat avec les organes des Nations Unies opérant dans la Fédération de Russie.  Ces efforts doivent être pris en compte lorsqu’il s’agira de la répartition équitable des ressources entre les différents centres, a dit le représentant.   

 Concernant la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, le représentant a espéré que les réformes seraient en mesure de combler les lacunes dans le système de transmission des documents aux autres bibliothèques de l’ONU.  Insistant ensuite sur l’importance de l’égalité entre toutes les langues officielles de l’ONU, le représentant s’est félicité des ébauches du site Web de l’ONU. 

Concluant sur la Radio des Nations Unies, il a indiqué que les émissions hebdomadaires en langue russe étaient écoutées par quelque 40 millions d’auditeurs de la Voix de la Russie.  Dans ces conditions l’appui unanime du Comité de l’information devrait permettre au DPI de prendre une décision sur l’attribution permanente des ressources nécessaires à la poursuite des programmes de la Radio des Nations Unies, a-t-il conclu. 

M.LUIS E.CAPPAGLI (Argentine) a notamment regretté que l’Organisation n’ait pas été en mesure de convaincre l’opinion publique internationale.  Les Nations Unies restent, même dans les situations graves, un partenaire efficace pour parvenir à la paix et la sécurité internationales et au développement.  Il a dénoncé le fait que le Comité se soit occupé de la manière de transmettre le message plutôt qu’à la substance du message que devait faire passer l’Organisation.

Le représentant a également relevé avec inquiétude le fait que le « message du DPI », qui se veut le reflet des priorités de la Déclaration du Millénaire, se fonde sur sept des huit objectifs de développement, et ne reprend pas celui relatif à la coopération internationale, au transfert de technologies et à la transparence dans le commerce international.

Tout en admettant que la qualité et la quantité des informations diffusées par le DPI augmentent, surtout sur le site Web, M. Cappagli a regretté que les informations en langue espagnole aient toujours à attendre.  Il a exprimé le soutien de sa délégation à la position préconisée par le Groupe de Rio, à savoir que la définition d’une communication stratégique de l’Organisation doit émaner principalement des Etats Membres, et pas seulement du Secrétaire général.  Par conséquent, le rôle du DPI n’est pas de s’engager dans une communication stratégique mais de produire du matériel d’information dans différents formats et langues, a poursuivi le représentant.

S’agissant de la question de la réorganisation des centres d’information en pôles régionaux, le représentant a fait part de son inquiétude par rapport au fait que le Secrétaire général a commencé à mettre en application cette initiative sans tenir compte des réserves émises par le Groupe des 77 et la Chine.  Il a affirmé que son gouvernement souhaitait le maintien du centre de Buenos Aires et à cette fin, lui fournit les locaux gratuitement.  L’impact du centre en termes de sensibilisation du public argentin aux objectifs et activités des Nations Unies justifie largement les ressources qui lui sont allouées, a-t-il conclu.

M. HASSAN AMID HASSAN(Soudan) a souligné les domaines prioritaires de l’ONU dans lequel l’information peut jouer un rôle de premier plan.  Il a ensuite soulevé la question du fossé numérique qu’il a décrit comme une tendance dangereuse.  Appelant à des efforts intenses pour inverser cette tendance, il a souligné le rôle important du Département de l’information en la matière. 

M. RUEDI CHRISTEN (Suisse) a estimé que la nouvelle structure du Département est une très bonne réplique de communication moderne et tournée vers l’avenir.  Il a également reconnu que les efforts d’amélioration des sites internet étaient considérables, y compris en matière de parité linguistique.  La délégation suisse salue spécifiquement la création et l’implantation du système de diffusion électronique des documents de l’ONU et fait part de son souhait de voir ce système devenir accessible au grand public, a-t-il précisé..

M. Christen a en outre indiqué que son pays soutiendrait toutes les démarches de l’ONU visant à familiariser l’opinion publique avec ses activités.  A ce titre, il a rappelé que la ville de Genève, avec son infrastructure adaptée et des centaines de journalistes accrédités par les médias internationaux, hébergerait en décembre le Sommet mondial sur la société de l’information.  L’objectif de ce Sommet est de dégager une vision et compréhension communes de la société de l’information et d’adopter une déclaration ainsi qu’un plan d’action en vue de la réalisation des objectifs de développement concerté à mettre en œuvre par les gouvernements, les institutions internationales et tous les secteurs de la société pour réduire la fracture numérique, a-t-il poursuivi.  Il a également fait part du souhait de la Suisse de voir ce Sommet pour approfondir les liens qui unissent les nations dans leur diversité culturelle, et que le dialogue entre les civilisations trouve à Genève un terrain propice à son développement.  Dans ce contexte, M. Christen a tenu à remercier le DPI d’avoir pris en main l’organisation du Forum mondial des médias électroniques comme manifestation parallèle au Sommet, qui réunit les représentants des médias, des responsables politiques et les membres d’organisations non gouvernementales qui jouent un rôle important dans la société de l’information.

M.JERRY KRAMER (Canada), prenant la parole au nom des délégations du Canada et de l’Australie, a apporté leur appui aux initiatives du Secrétaire général en vue de mettre la communication au cœur de la gestion stratégique de l’Organisation.  Il partage l’avis selon lequel les communications efficaces sont un élément essentiel à la réforme et à la revitalisation des Nations Unies.  Pour y parvenir il faut développer davantage la culture de communication au sein de l’Organisation et mieux cibler les activités dans ce domaine, en accroître l’efficacité ainsi que les retombées, a-t-il poursuivi. 

Impressionné par les progrès accomplis dans le cadre du projet pilote sur la radiodiffusion, M. Kramer s’est associé aux délégations qui ont demandé que cette activité soit développée davantage en raison de sa rentabilité et du vaste auditoire qu’il permettrait de toucher.  Il a également salué les progrès réalisés sur le site Web des Nations Unies, et notamment l’augmentation significative du nombre de visites qu’il reçoit, et a proposé qu’une évaluation soit entreprise sur l’utilisation du site.  Il a en outre appuyé la proposition de régionalisation des centres d’information des Nations Unies (CINU), affirmant qu’il ne voyait pas d’autre solution pour obtenir des résultats positifs à partir des ressources disponibles.  Les lacunes relevées par le BSCI sont graves et mettent en lumière la nécessité de repenser de toute urgence l’utilité et la pertinence des CINU et d’évaluer avec plus d’attention les diverses ressources et les questions opérationnelles a poursuivi le représentant.  A cet égard, M. Kramer a affirmé que le processus de régionalisation des CINU ne constituerait une utilisation adroite des ressources qu’à condition de s’accompagner d’une véritable stratégie en ce sens.  Il a également exprimé des doutes sur le lien qui pourrait exister entre les éventuelles économies réalisées en Europe et une évaluation plus stricte des activités du DPI, l’évaluation étant la responsabilité du Département et ne dépendant pas de la disponibilité de nouvelles ressources. 

Droits de réponse

M. ORLANDO REQUEIJO GUAL (Cuba) a assuré le Comité que sa délégation ne cherchait nullement à politiser le débat mais simplement à dénoncer l’agression dont elle fait l’objet.  Ce Comité traitant de l’information, il était donc approprié que Cuba dénonce les campagnes de désinformation, a-t-il dit.. Le peuple cubain, est instruit et a bien informé, a déclaré le délégué, qui a déploré l’ingérence des Etats-Unis dans les affaires intérieures de Cuba.

M. DAVID A. TRAYSTMAN (Etats-Unis) a limité son intervention à dire que si la réunion d’aujourd’hui avait eu lieu à la Havane, la délégation cubaine n’aurait pas eu le droit de prendre la parole.

Répondant aux questions des délégations, le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, M. SHASHI THAROOR s’est d’abord déclaré encouragé par les observations des délégations sur la réorientation des activités d’information de l’ONU.  Il s’est particulièrement félicité de l’appui donné à sa décision de créer un système d’évaluation systématique de l’impact de ces activités.  Il a assuré le Comité que chaque responsable de son Département serait formé à la gestion axée sur les résultats et que cette culture serait instaurée à tout prix.  M. Tharoor a ainsi fait savoir qu’il avait demandé à tous les responsables de programmes d’identifier les activités peu productives en vue de les éliminer comme en atteste le sous-programme pour l’exercice biennal 2004-2005.  Les nouvelles technologies, a-t-il indiqué, ont en effet permis de suspendre les publications à faible impact.  En revanche, l’accent a été mis sur l’importance du Cyberschool de l’ONU. 

Toute la Section de l’Internet et le Centre des nouvelles, a-t-il précisé, travaillent avec les 25 postes qui ont été créés à partir de ressources existantes.  M. Tharoor s’est donc dit résolu à continuer dans ce sens.  La réforme, a-t-il dit, est un processus et pas un événement ponctuel.  Le redéploiement du personnel se fera si nécessaire et si possible, a-t-il dit, en appelant néanmoins les délégations à ne pas penser que n’importe quelle activité peut être financée par l’arrêt d’une autre activité.  Ce n’est simplement pas possible, l’expérience l’a montré, a indiqué le Secrétaire général adjoint.

Répondant aux commentaires sur les centres d’information, M. Tharoor s’est dit encouragé de l’appui exprimé aux activités de ces entités.  Il a dit avoir pris note du souci affiché de tenir compte des besoins des pays en développement et de renforcer le flux d’information de ces pays, ainsi que des mises en garde sur le processus de régionalisation, notamment la nécessité d’agir avec souplesse et au cas par cas.  Il a également dit avoir pris note des interventions de la Grèce, au nom de l’Union européenne, et des Etats –Unis, demandant des informations sur l’emplacement des centres d’informations dans les Maisons de l’ONU.  A ce jour, il n’y avait que six endroits où les Centres n’ont pas trouvé place dans une Maison des Nations Unies, a-t-il précisé, en promettant des données plus détaillées.  Il a également annoncé l’intention du Secrétariat de créer cinq Maisons des Nations Unies par an.

Répondant au représentant de la Fédération de Russie qui a demandé la localisation du pôle européen à Genève, M. Tharoor a indiqué que la présence du Département à Genève a un caractère très distinct qui la différencie des centres d’informations de l’ONU dans la région.  Le rôle des Services d’information de Genève est un peu différent des centres et du futur centre régional.  En conséquence, a-t-il estimé, il serait judicieux d’assurer la présence de l’ONU dans l’Union européenne.  Répondant au représentant de l’Argentine sur les critères de régionalisation des centres, il a rappelé que le Secrétaire général s’était laissé guidé par les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale.  Il a néanmoins dit attendre avec intérêt les futurs conseils du Comité à ce sujet. 

Sur la question de la nomination de personnel local à la tête des centres des pays en développement soulevée par la représentante de la Tanzanie, M. Tharoor a reconnu le rôle indispensable de ce personnel et estimé qu’il serait bon de tenir compte de la question dans le processus de régionalisation.  Il a, par ailleurs, indiqué que le Département avait trouvé un candidat pour le poste de Directeur du Centre d’information de Port-of-Spain.  Pour ce qui de la question des composantes d’information des bureaux des Nations Unies posée par le représentant de la Mongolie, le Secrétaire général adjoint a indiqué que, dans la plupart des cas, les composantes opérant dans la Communauté des Etats indépendants (CEI) ne comprenaient qu’un seul fonctionnaire engagé à titre local.  Malgré cela, a-t-il affirmé, ces composantes ont pu jouer un rôle important. 

Cinq des composantes ont déjà leur site Web et des pages sur des thèmes prioritaires.  Elles coopèrent en plus avec les stations de radio et de télévision locales.  Quant au renforcement du Centre d’information de Sana, M. Tharoor a informé la délégation du Yémen que le Département s’était mis à la recherche d’un candidat pour diriger le Centre.  A propos de la remarque sur le Centre de Lagos, il a indiqué que l’inclusion du réseau des centres au sein de la Division de la communication stratégique permettrait de donner une direction stratégique à l’ensemble des centres.  Concernant l’utilisation des langues locales sur les pages Web des centres, M. Tharoor a assuré les délégués que des mesures seraient prises dans ce sens dès que possible.

Aujourd’hui, a-t-il indiqué, les centres ont 50 sites dans 25 langues locales dans le monde.  S’agissant du rétrécissement de la fracture numérique entre pays en développement et pays développés, il a rappelé que le Département participait aux travaux préparatoires du Sommet mondial sur la société de l’information et qu’il organisait en marge de cette manifestation un Forum mondial des médias électroniques.  Sur l’importance des moyens traditionnels de communication, M. Tharoor a rappelé la dépendance du Département face aux distributeurs locaux, contrairement à ce qui se passe sur Internet. Prenant note de la proposition de la République de Corée sur la coproduction de programmes télévisés avec des réseaux commerciaux extérieurs, il a estimé qu’il s’agissait là d’une initiative à explorer davantage.

Se félicitant des remarques générales sur la Radio des Nations Unies, M. Tharoor a affirmé que le succès du projet pilote était imputable aux Etats membres du Comité qui avaient appuyé le projet au niveau national, en encourageant les transmetteurs à donner à la Radio des Nations Unies du temps sur leurs ondes.  Répondant aux Etats-Unis sur la pertinence de la Chronique des Nations Unies et la nécessité de réaffecter les fonds qui lui sont allouées, le Secrétaire général adjoint a d’abord indiqué que les coûts de production ont considérablement diminué.  Il serait imprudent, a-t-il dit, de sacrifier la Chronique au profit des bibliothèques.  Cette Chronique a reçu des prix d’excellence de la part de différents organismes et, comme tout produit du Département, il faut lui laisser le temps de faire ses preuves.

Quant à la demande des pays membres du CARICOM de produire un programme supplémentaire, sur les Caraïbes, M. Tharoor a indiqué que la question était à l’examen et qu’elle pourrait être résolue si les ressources le permettent. Il a également précisé, la réponse à une question du représentant des Etats-Unis, qu’il n’était pas question de prévoir des ressources supplémentaires pour les activités déjà entamées en matière de radio.

Notant les remarques positives sur l’amélioration du Site Web des Nations Unies, il s’est félicité de l’observation de l’Union européenne selon laquelle la parité linguistique doit incomber à tous les Départements de l’ONU.  Le Secrétaire général adjoint a fait part de son intention de redéployer à ces activités une partie des ressources libérées par la régionalisation des centres d’information.  Le lien direct avec le système du disque optique, a-t-il dit, a augmenté la capacité linguistique du site Web et le système de recherche double devrait permettre aux utilisateurs arabes, chinois et russe de mener des recherches sur le site.  Quant à la question de la parité linguistique sur le Centre de nouvelles, le Secrétaire général adjoint a dit son intention de créer trois nouveaux sites dans les langues espagnole, chinoise et russe.

Evoquant l’intervention du représentant de l’Argentine qui affirmait que le «message de base» du DPI ne se fondait que sur sept des huit objectifs de développement du Millénaire, M. Tharoor a expliqué que les sept priorités du DPI sont en fait celles prévues par l’Assemblée générale, en vertu de la Déclaration du Millénaire.  Ces thèmes sont l’élimination de la pauvreté et de la faim, la prévention des conflits, le développement durable, les droits de l’homme, l’épidémie du VIH/sida, la lutte contre le terrorisme et les besoins spécifiques du continent africain.

Quant à l’importance placée sur le rôle du DPI dans la promotion du NEPAD, M. Tharoor a indiqué que la prochaine session du Groupe des communications des Nations Unies, qui aura lieu en juin à New York, serait consacrée entre autre à la définition d’une stratégie d’information commune au système des Nations Unies pour le TICAD III, qui se tiendra cette année à Tokyo.

En ce qui concerne les activités de la Division des produits et services à l’attention du public, et suite à la remarque du représentant du Pakistan qui avait noté que ces services semblent se limiter au siège des Nations Unies, M.Tharoor a déclaré qu’il s’agissait là d’une mauvaise compréhension du fonctionnement de cette division dont les activités ne sont pas géographiques, mais visent à toucher différents secteurs de la société indépendamment de la région dont ils sont originaires.  A ce titre, il a expliqué que par le passé les activités de cette division n’étaient pas suffisamment axées sur les services et supports à vocation éducative, ni sur les partenariats actifs avec le secteur privé.  Désormais ces deux fonctions sont au centre des activités de la Division, ce qui a d’ores et déjà eu des résultats positifs, a poursuivi M. Tharoor, comme en attestent l’organisation de certaines manifestations en dehors du Siège des Nations Unies, ou encore la collaboration pour la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse.

En ce qui concerne la prise en compte de la perspective sexospécifique dans les produits d’information du DPI, M. Tharoor a indiqué que le Département poursuivait ses activités multimédias de promotion de la plateforme de Beijing,  à la fois au siège et par le biais des centres d’information dans plus de 77 pays.  Cette question bénéficie également d’une attention particulière sur le site Web des Nations Unies et est privilégiée dans un certain nombre de programmes, comme les réunions d’information avec les ONG, les manifestations spéciales et les programmes à l’attention des médias.  .

Encouragé par les nombreuses interventions positives sur les services rendus par la bibliothèque Dag Hammarskjöld, M. Tharoor a également expliqué que pour des raisons de sécurité l’accès à la bibliothèque avait dû être limitée au cours de l’année dernière.

Quant au rôle du DPI dans le domaine de la paix et la sécurité, et notamment de la coopération entre le DPI et le DPKO, le Secrétaire général adjoint a fait part de l’accord conclu par les deux départements sur la mise en place d’une structure formelle de répartition des responsabilités en matière d’information consacrée aux opérations de maintien de la paix.  Cet accord couvre les informations destinées à faciliter la couverture de ces opérations par les représentants des médias, ainsi que l’identification de personnel compétent à travailler sur le terrain.  Il s’agit d’un processus en cours, et qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de ces deux départements, a-t-il précisé.

En conclusion, M. Tharoor a également fait part de ses attentes par rapport aux délibérations du Comité de l’information, qui guideront les travaux du DPI.  Il a rappelé à ce propos qu’un certain nombre de points de la réforme du Département nécessitaient l’accord explicite du Comité pour être adoptés dans les commissions budgétaires appropriées, a notamment les mesures ayant trait à la restructuration du Département, à son modèle opérationnel et à sa structure organisationnelle, ainsi qu’aux nouveaux sous-programmes qui seront reflétés dans le programme budgétaire biennal 2004-2005 du Département. 

*   ***   *

For information media. Not an official record.