SOURCE D’INFORMATIONS IMPARTIALES ET FIABLES POUR LES PEUPLES DU MONDE, LE DPI DOIT S’APPUYER SUR TOUS LES MOYENS DE COMMUNICATION, ESTIMENT LES DELEGATIONS

29 April 2003
PI/1474

SOURCE D’INFORMATIONS IMPARTIALES ET FIABLES POUR LES PEUPLES DU MONDE, LE DPI DOIT S’APPUYER SUR TOUS LES MOYENS DE COMMUNICATION, ESTIMENT LES DELEGATIONS

29/04/03
Communiqué de pressePI/1474

Comité de l’information

2e et 3e séances – matin et après-midi

SOURCE D’INFORMATIONS IMPARTIALES ET FIABLES POUR LES PEUPLES DU MONDE, LE DPI DOIT S’APPUYER SUR TOUS LES MOYENS DE COMMUNICATION, ESTIMENT LES DELEGATIONS

Au deuxième jour de son débat sur la réorientation des activités du Département de l’information (DPI), le Comité de l’information a entendu des appels multiples sur l’importance pour le Département de fournir au grand public des informations impartiales et fiables pour équilibrer le paysage médiatique actuel dominé par des controverses sur l’image et le rôle des Nations Unies.  Comme l’a dit le représentant du Pakistan en dénonçant les « prophètes du malheur qui parlent déjà du choc des civilisations », le Département doit relever ce défi en envoyant un message clair sur la détermination de l’ONU à travailler pour un monde meilleur et plus pacifique. 

Le rejoignant dans son propos, le représentant du Bangladesh a fait valoir que l’objectif central du DPI doit être de fournir, en temps réel, une information authentique, objective et non biaisée.  A la lumière des développements récents sur la scène politique internationale, a dit en écho le représentant de la République islamique d’Iran, le monde a plus que jamais besoin d’informations fiables et impartiales de la part des Nations Unies comme l’atteste le nombre de visites enregistrées par les sites Web de l’Organisation.  Le Département doit pouvoir faire face et répondre aux campagnes de désinformation, a souligné à son tour le représentant de l’Egypte.  Le DPI doit surtout faire preuve d’impartialité et de crédibilité en présentant le point de vue de tous les Etats Membres, même sur les questions sur lesquelles il n’existe pas de consensus, a tenu à préciser le représentant d’Israël. 

Quant à la question de savoir comment le Département peut atteindre une cible aussi large que possible, et faire en sorte que les pays en développement ne soient pas marginalisés du fait de leur insuffisance dans le domaine des nouvelles technologies de l’information, nombreux ont été les appels lancés en faveur des moyens de communication traditionnels, en particulier la radio.  A ce sujet, le représentant de la Chine, à l’instar d’autres délégations, a insisté sur le fait que pour les pays en développement la radio présente des avantages inégalables, rappelant que grâce à la collaboration de la Radio des Nations Unies avec des stations chinoises, son audience atteignait désormais 26 millions de personnes soit 20% des auditeurs de l’ONU dans le monde. 

Cet après-midi, le Département a également été sollicité pour renforcer ses activités et produits destinés aux médias dans les pays en développement par le biais des centres d’information.  A ce sujet, de nombreuses interventions ont préconisé que les ressources dégagées par la régionalisation des centres d’information en Europe soient réinjectées dans les centres d’information des pays en développement.  Une interaction étroite avec les médias nationaux est de la plus haute importance, a estimé le représentant du Pakistan ,en rejetant l’idée que les activités de ces centres soient désormais télécommandées à partir de pôles régionaux. 

Pour parvenir à véhiculer le message de l’Organisation aux quatre coins du monde et dans les langues locales, il a été suggéré par les intervenants que les bureaux et centres d’information des Nations Unies coopèrent plus étroitement avec les médias locaux notamment à travers la mise en place de site Web dans les langues locales.  A ce sujet, la question du multilinguisme sur le site Web des Nations Unies a fait l’objet d’un large soutien de la part des intervenants.  Cependant certaines délégations comme la Mongolie ont souligné que le Département devait garder à l’esprit  que dans la plus grande partie du monde aucune des six langues officielles des Nations Unies n’était parlée.  Par conséquent les efforts du DPI doivent englober l’utilisation d’autres langues populaires et largement parlées, dans la mesure où les informations ont plus d’impact lorsqu’elles sont diffusées dans les langues locales, a ajouté, pour sa part, le représentant du Bangladesh. 

Outre les intervenants cités ci-dessus, ont également pris la parole les délégations suivantes: Jamaïque (au nom des pays du CARICOM), Tunisie, Belarus, Burkina Faso, Inde, Ukraine et Sénégal.

Le Comité de l’information poursuivra son débat général demain, mercredi 3 avril, à 10 heures.

Débat général

Qualifiant les rapports soumis au Comité de «documents importants» M.IHAD AWAD (Egypte) a particulièrement mis l’accent sur le rapport relatif à la réorientation des activités de l’ONU dans le domaine de l’information et de la communication.  Il s’est félicité de l’appui apporté par le Secrétaire général aux activités jugées importantes pour les pays en développement et a affirmé avoir suivi étroitement les efforts déployés pour restructurer le Département de l’information, de manière à hisser DPI à la hauteur des défis et des tâches dont il doit s’acquitter pour pouvoir satisfaire les besoins de tous les peuples et de toutes les cultures dans cette société de l’information.  Le représentant a par ailleurs salué la publication du rapport qui appuie le multilinguisme dans les produits et matériels du Département et exprime l’espoir que tous les membres des Nations Unies travailleraient ensemble dans ce sens pour assurer l’équilibre et l’égalité entre toutes les langues officielles des Nations Unies. 

Le représentant a, par ailleurs, appuyé la nécessité pour le Département de l’information de refléter les objectifs fixés dans la Déclaration du Millénaire.  En la matière, a-t-il dit, on ne saurait trop souligner l’importance de la coordination entre le Département de l’information et les autres départements et organisations du système des Nations Unies.  Le représentant a espéré que le message médiatique des Nations Unies serait capable de contrer les campagnes de désinformation qui portent préjudice à une culture donnée.  Les tentatives de désinformation constituent, a-t-il dit, une menace à la paix et à la sécurité internationales dans la mesure où elles augmentent la tension entre les peuples en violation des principes de la Charte des Nations Unies.  Les trois nouvelles Divisions créées depuis le 1er novembre 2002, sont des instruments idoines pour diffuser les messages qui promeuvent la culture de la paix et le dialogue entre les civilisations, a estimé le représentant qui a aussi insisté par ailleurs sur le fait que l’une des raisons de la réorientation était de combler le fossé numérique entre les pays développés et les pays en développement. 

Il serait également utile, a poursuivi le représentant, que le Comité s’engage d’ores et déjà dans les préparatifs du Sommet mondial sur la société de l’information dont la première étape aura lieu à Genève à la fin de cette année.  Le travail en la matière doit refléter l’impact, reconnu par les pays en développement, des nouvelles technologies sur le développement.  En ce qui concerne les centres d’information, le représentant a préconisé que la question de leur régionalisation fasse l’objet d’une consultation avec les pays hôtes avant toute décision.  Il a d’ailleurs appelé le Comité à préciser les critères de régionalisation des centres.  En concluant, le représentant a salué les efforts d’autoévaluation du Département en mettant en garde toutefois contre toute tendance à réduire les activités de DPI et à prendre des mesures sans la consultation et le consensus du Comité de l’information.

M. ARYE MEKEL (Israël) a déclaré que, dans le contexte actuel de la mondialisation, le rôle du DPI en tant que source d’information fiable pour le monde est de plus en plus important.  Israël appuie les efforts du Département en vue de lui permettre de faire face aux nouveaux défis de la communication et d’intégrer et tirer profit des nouvelles techniques dans ce domaine.  M. Mekel a cependant souligné que la question du développement d’une stratégie cohérente de communication du DPI ne se limite pas à savoir comment faire connaître à grande échelle les activités de l’ONU dans le monde, mais aussi à savoir ce que sera le contenu de ces messages. Pour sa part Israël espère que les efforts de réforme permettront au Secrétariat de fournir des informations crédibles et impartiales au monde, a déclaré le représentant, en mettant en garde contre la tentation d’utiliser les ressources du DPI pour faire promouvoir la position d’une partie donnée à un conflit au détriment de l’autre car cela aurait des effets négatifs sur le conflit lui-même.  Le DPI doit présenter le point de vue de tous les Etats Membres, a-t-il souligné, même sur les questions sur lesquelles il n’existe pas de consensus, et ses efforts doivent porter tout particulièrement sur la promotion des objectifs de développement du Millénaire et à la lutte contre le terrorisme, a déclaré M. Mekel. 

Abordant la question de l’Internet, M. Mekel a reconnu l’impact de ce nouveau moyen de communication qui permet de véhiculer une quantité énorme d’informations en temps réel dans toutes les parties du monde, mais a mis en garde contre les exploitations négatives de ce nouveau moyen de communication lorsqu’il sert à encourager la haine et l’intolérance.  En ce qui concerne les sites Web des Nations Unies, le représentant a exprimé l’appui de son pays aux efforts du DPI pour parvenir au multilinguisme sur le site.

M. MEHDI MOLLAHOSSEINI (République islamique d’Iran), s’est associé à la déclaration faite hier au nom du Groupe des 77 et la Chine par le représentant du Maroc.  Il a réaffirmé la position de son pays qui reste attaché au rôle central des Nations Unies dans le monde actuel, soulignant l’importance du DPI en tant que voix de l’Organisation chargée de fournir en temps réel des informations pertinentes au public sur les responsabilités et activités des Nations Unies.  A l’heure actuelle le DPI devrait, à son avis, intensifier ses campagnes de promotion des principes et objectifs de l’Organisation et du multilatéralisme.  En effet, les développements récents sur la scène politique internationale ont à nouveau prouvé que les peuples du monde se tournent plus que jamais vers les Nations Unies pour avoir une source sûre, impartiale et globale d’informations.  Le monde a besoin d’informations fiables de la part des Nations Unies ce qui atteste en particulier le nombre important de visites enregistrées par les sites Web de l’Organisation, a-t-il affirmé.  Tout en appuyant la réforme de l’Organisation et, plus spécifiquement celle du DPI, le délégué a tenu à réaffirmer le rôle essentiel que doit jouer le Comité de l’information dans le processus de restructuration et de repositionnement du Département.  A ce titre, M. Mollahosseini a mis l’accent sur la nécessité de maintenir et d’améliorer les activités du DPI qui intéressent plus particulièrement les pays en développement.  Abordant la question de la régionalisation des centres d’information des Nations Unies, le représentant a appuyé cette proposition dans la mesure où elle ne touche que les pays développés, en expliquant que, dans le cas des pays en développement, il fallait procéder avec prudence et souplesse.  Pour ce qui est du multilinguisme sur les sites Web, M. Mollahosseini s’est félicité des progrès réels enregistrés dans ce domaine, mais a évoqué la situation des pays en développement dont la langue officielle n’est pas une des langues officielles des Nations Unies, encourageant les centres d’information dans ces pays à développer leurs propres sites dans les langues locales.  Enfin, en conclusion, M. Mollahosseini a rendu hommage aux journalistes qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions et, compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient, a demandé au DPI de diffuser davantage d’informations sur la question palestinienne et le sort des Palestiniens.

M. STAFFORD O. NEIL (Jamaïque) au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a appuyé la nouvelle structure du Département de l’information et la création de ses trois Divisions.  Il a également noté avec satisfaction que le travail du Département continuerait de se fonder sur les messages clés de la Déclaration du Millénaire, saluant l’accent mis par le DPI sur la préparation de campagnes relatives aux évènements tels que l’Année internationale de l’eau douce ou le Sommet mondial sur la société de l’information.  Le représentant a souhaité que des efforts similaires soient déployés pour la Conférence sur l’examen décennal de la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade qui doit se tenir à Maurice en 2004.

M. Neil a par ailleurs accueilli avec satisfaction les efforts déployés par le Département pour être en mesure de répondre aux évènements imprévisibles et changeants du monde actuel, en fournissant des services d’information sur l’action de l’ONU dans les situations critiques.  Il a, à ce propos, appuyé la décision du Département de diffuser son message par les moyens traditionnels et modernes de communication, soulignant que la création de la Division de la communication stratégique constituait une initiative d’autant plus louable qu’elle est chargée des informations relatives aux opérations de maintien de la paix.  Concernant la Division de l’action, le représentant a noté l’implication de la société civile en appuyant l’organisation d’expositions pour diffuser le message de l’ONU. 

Evoquant les services de la radio des Nations Unies, il a souligné que le nombre d’auditeurs s’élève à 1,5 million dans la région des Caraïbes, ce qui rendait indispensable, à son avis la poursuite du projet pilote de la radio.  Il a particulièrement salué le travail du Groupe des Caraïbes de la Radio, notant que depuis 2003, des efforts ont été déployés pour diffuser des programmes en créole à l’intention d’Haïti.  Il a toutefois plaidé pour la création d’un programme supplémentaire sur les Caraïbes.  Se félicitant aussi des progrès réalisés dans le fonctionnement de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, le représentant a souligné l’appui du CARICOM aux programmes de formation régionaux dans le domaine des bibliothèques dépositaires. 

A propos des centres d’information, le représentant a estimé que la création des pôles régionaux devait se faire au cas par cas, en tenant compte des besoins et des intérêts spécifiques de la région concernée.  Il a conclu en soulignant l’importance de l’impartialité et de l’équilibre dans la façon dont les nouvelles sont présentées dans les médias.  Il faut, a-t-il dit, s’assurer de la diversité des sources dans les informations.  L’ONU, qui a présenté une approche objective et nationale des situations, doit contribuer à fournir des informations mieux équilibrées et être, par la diffusion des informations, un moyen de promouvoir l’équité dans le monde, a-t-il conclu. 

M. KAIS KABTANI (Tunisie) s’est associé à la déclaration faite au nom du Groupe des 77 et la Chine par le représentant du Maroc.  Il a estimé que le DPI jouit d’une place privilégiée au sein des Nations Unies du fait de son rôle de porte-parole de l’ONU auprès des peuples du monde.  Il ne fait pas de doute que sa mission de diffuser des informations crédibles et impartiales sur les activités, principes et positions des Nations Unies constitue un défi énorme, surtout à la lumière de la domination des médias par certaines sociétés dont les buts ne sont pas toujours compatibles avec les objectifs d’impartialité et d’équité de l’Organisation, a-t-il affirmé.  Il faut par conséquent que le DPI bénéficie de l’appui le plus large possible des Etats Membres pour pouvoir mener à bien la réorganisation en cours, de manière à le rendre plus efficace.  A ce sujet, la Tunisie estime que l’essentiel des efforts du Département devaient porter sur la promotion des objectifs de développement du Millénaire, notamment la lutte contre la pauvreté.  Alors que la Tunisie appuie les grandes lignes directrices de la réforme de l’ONU, a ajouté le représentant. et du DPI, elle réaffirme toutefois la nécessité de se fonder sur les recommandations des Etats Membres pour ce faire, en particulier pour ce qui est de la parité linguistique sur le Site Web et de la promotion des services radiophonique de l’ONU a ajouté le représentant.  En ce qui concerne les centres d’information des Nations Unies, M. Kabtani a souligné l’importance de ces centres pour les pays en développement et a encouragé le DPI à leur allouer les ressources nécessaires pour pouvoir pleinement s’acquitter de leurs fonctions.  La régionalisation des centres d’information dans les pays en développement est tout à fait justifiable à son avis, et les ressources ainsi dégagées devraient être réinjectées dans les centres des pays industrialisés était tout à fait justifiables à son avis, les ressources ainsi dégagées devant être réinjectées dans les centres des pays en développement.

Abordant la question du Sommet de la société de l’information, dont le deuxième volet se tiendra en Tunisie en 2005, M. Kabtani a fait part du souhait de sa délégation de voir ce Sommet jouer un rôle essentiel dans la réduction de l’écart numérique entre le Nord et le Sud.

M. ALEG IVANOU (Bélarus) s’est félicité des informations contenues dans les rapports dont est saisi le Comité et a appuyé les efforts de réorientation des activités de l’information.  Ces réformes, a-t-il estimé, offrent de nouvelles occasions de faire connaître l’action de l’ONU et son message, invitant le DPI à.  maintenir l’accent mis sur les domaines prioritaires pour les pays en développement et les pays à économie en transition.  La gestion des courants d’information par le Département de l’information remanié est méritoire, a-t-il poursuivi, en s’attardant particulièrement sur le projet pilote de la Radio des Nations Unies.  Il a ainsi souligné l’importance des partenariats avec les radios nationales et locales et rendu hommage au service de langue russe qui a permis au Bélarus de connaître l’action de l’ONU. 

Se félicitant aussi des programmes de formation à l’intention des journalistes, le représentant a insisté sur la nécessité des échanges d’informations entre son pays et les Nations Unies, et a, exprimé en particulier sa reconnaissance au Département pour les efforts visant à informer la communauté internationale des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. 

M. CHARLES AZUBIKE ONONYE (Nigéria) a exprimé sa conviction que l’accès sans obstacle à l’information stimulerait le changement et pourrait jouer un rôle décisif dans le développement du continent africain.  Cependant, pour ce faire, la communauté internationale doit accorder une plus grande attention aux pays en développement en les aidant à se doter des infrastructures nécessaires pour participer activement aux changements et développements actuels en matière de nouvelles technologies de l’information et de la communication.  Le représentant a réaffirmé l’appui de son gouvernement à la réorganisation du DPI, qu’il a encouragé à réévaluer ses activités dans le but de donner la priorité aux activités qui figurent dans la Déclaration du

Millénaire.  Il s’est félicité que le message central du DPI portait sur l’élimination de la pauvreté, la lutte contre le VIH/sida et les besoins spécifiques de l’Afrique entre autres.

Par ailleurs, a-t-il dit, le Nigéria appuie le modèle opérationnel nouvellement mis en place au sein du DPI dans l’espoir qu’il contribuerait à renforcer l’efficacité du Département.  Il a demandé à ce propos que les mesures soient prises pour revitaliser les activités du centre d’information au Nigeria, pour que celui-ci puisse participer activement aux débats à la télévision nigériane et développe son dialogue avec les médias locaux.  Le représentant a également recommandé que le DPI se mette en contact avec la Fédération nationale de la radio du Nigéria qui jouit d’un large public de manière à pouvoir toucher une cible beaucoup plus large que celle actuelle de «Voice of Nigeria».

M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a salué les efforts du Département dans la gestion du site Web de l’ONU, en soulignant le développement du courrier électronique du Service d’information en anglais et en français.  Il a jugé que l’objectif central de ce Service doit être de fournir, en temps réel, une information authentique, objective et non biaisée.  Le Département doit continuer à renforcer sa capacité technologique, a poursuivi le représentant, insistant néanmoins sur la nécessité de maintenir les moyens traditionnels de communication que la Radio des Nations Unies qui compte désormais 133 millions d’auditeurs. Le représentant a appuyé à ce propos la proposition du Secrétaire général de faire du projet pilote de la Radio une partie intégrante des activités du Département de l’information. 

M. Rhaman a aussi appelé le Département à poursuivre ses efforts pour développer une stratégie d’information cohérente avec le Département des opérations de maintien de la paix.  En tant qu’important pays contributeur de troupes , le Bangladesh souhaiterait que sa contribution soit reconnue et reflétée correctement dans les médias locaux et régionaux, a-t-il dit.  Venant à la question des centres d’information, le représentant a exprimé le voeu que leur régionalisation se fonde sur une évaluation objective des besoins et des capacités des centres à mettre en œuvre leurs programmes et leurs activités.  Le processus de régionalisation doit se faire de manière souple, dans les pays où les coûts de fonctionnement sont très élevés et où les moyens de communication sont suffisamment développés, a estimé le représentant.  Dans d’autres régions, la création des pôles régionaux devrait se faire au cas par cas et avec prudence, en tenant compte des vues des Etats membres directement concernés. 

Le représentant a conclu sur la question du multilinguisme, en souhaitant que les efforts dans ce domaine s’étendent à d’autres langues populaires et largement parlées.  Nous savons tous, a-t-il dit, que l’information a plus d’impact lorsqu’elle est diffusée dans les langues locales.  Il a cité l’exemple du Centre d’information de Dhaka qui a créé un site Web en Bangla, une langue parlée par 250 millions de personnes, et a demandé que cet effort soit maintenu et doté des ressources techniques et matérielles adéquates.  Insistant sur le rôle du multilinguisme comme promoteur de l’unité dans la diversité et de la compréhension entre les peuples, le représentant a souhaité que DPI accorde l’attention requise à la question de la langue maternelle et organise la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle proclamée par l’UNESCO le 21 février 2004. 

M. BAATAR CHOISUREN (Mongolie) a estimé que le nouveau concept de régionalisation des centres d’information devrait permettre au Département de dégager des ressources qui pourraient être allouées à des domaines de haute priorité comme le multilinguisme sur le site Web. 

Tout en s’associant à la déclaration faite au nom de Groupe des 77 et de la Chine, le représentant a expliqué que son pays était favorable à la nouvelle structure organisationnelle et plus particulièrement à l’intégration du réseau des centres d’information à la Division des communications stratégiques.  Cette réorganisation permettra de rapprocher l’ONU des peuples du monde, grâce à ses contacts avec la société civile, les milieux universitaires et les simples individus.  Soulignant la situation difficile des pays en développement en matière de moyens technologiques, le représentant a souligné le rôle de la radio comme le moyen privilégié pour toucher le plus large public possible.  C’est la raison pour laquelle la Mongolie appuie pleinement le projet pilote de la radio des Nations Unies, a-t-il dit.  Tout en appuyant le respect du multilinguisme sur le site Web de l’Organisation, le délégué a insisté sur le fait qu’une grande partie de la population mondiale ne parlait aucune des six langues officielles des Nations Unies et que, par conséquent, il faudrait développer des approches innovatrices pour parvenir à communiquer le message de l’Organisation aux quatre coins de la planète.

M. ZHANG YISHAN (Chine) a souligné que la tâche du Département de l’information était de faire parvenir, dans toutes les régions du monde, une information sur l’ONU et sur ses efforts pour maintenir la paix, promouvoir le développement et lutter contre la pauvreté. Il s’est ainsi félicité des progrès enregistrés par le Département de l’information, dans ses efforts pour réduire le fossé numérique entre pays industrialisés et en développement  et la préparation du Sommet mondial sur la société de l’information.  Le représentant s’est aussi attardé sur le projet pilote de la Radio des Nations Unies en se félicitant que cette Radio, créée il y a plus de 50 ans, ait gardé une vitalité remarquable et continué de porter la voix de l’ONU partout dans le monde.  Pour les pays en développement, a-t-il insisté, la radio présente des avantages inégalables. 

Ces dernières années, a indiqué le représentant, la Radio des Nations Unies a établi des liens de coopération avec des stations chinoises.  Ainsi dans le pays, son audience atteint le chiffre de 26 millions de personnes soit 20% des auditeurs de l’ONU dans le monde.  La Radio, a insisté le représentant, est devenue le lien vital entre la Chine et l’ONU, précisant néanmoins que les 26 millions d’auditeurs ne représentaient que 1/50 de la population de la Chine.  La Radio de l’ONU a donc un potentiel énorme, a dit le représentant, qui s’est prononcé pour le renforcement de la capacité du Service de radio de l’ONU en chinois pour mieux faire entendre la voix de l’ONU dans son pays.

Le représentant s’est, par ailleurs, félicité de la création du Service Internet en appelant le Département à prendre de mesures efficaces et réalistes pour renforcer le personnel chargé des pages en langue arabe, chinoise et russe pour corriger les déséquilibres entre les différentes pages de l’ONU.  Il a conclu en annonçant que son Gouvernement entendait collaborer avec le Département de l’information à l’organisation, l’an prochain, d’un colloque des médias sur la question de la paix au Moyen-Orient.

M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a accordé une attention particulière à la restructuration des Centres d’information des Nations Unies (CINU), en affirmant que si une telle réforme est nécessaire, elle devait s’effectuer avec beaucoup de circonspection, notamment en Afrique.  Le représentant a notamment demandé à ce que le centre d’information de Ouagadougou soit maintenu, compte tenu, d’une part, de l’importance de son champ d’action qui couvre le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, ce qui en fait le seul centre à vocation sahélienne.  Il a également souligné qu’en raison de la crise qui prévaut en Côte d’Ivoire, le centre de Ouagadougou occupait une position stratégique pour la promotion des initiatives engagées par les Nations Unies pour la restauration de la paix et la gestion des questions humanitaires dans la région.  De plus, a-t-il dit, Ouagadougou était le siège de nombreuses organisations régionales, et sous-régionales dont le Comité inter-Etats de la lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA).  M. Kafando a également souligné l’aide accordée par le Gouvernement du Burkina Faso au CINU, ce qui traduisait l’importance attachée par les autorités de son pays à la présence d’un centre d’information de l’ONU sur place.

M. V.K. NAMBIAR (Inde) s’est félicité des progrès réalisés dans la réforme du Département de l’information et a salué l’intention du DPI en général et de la Division de la communication stratégique en particulier de coopérer étroitement avec le Département des opérations de maintien de la paix.  Souscrivant aux tâches des deux autres Divisions et aux efforts de modernisation de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld, le représentant s’est attardé sur l’importance de la Chronique des Nations Unies, laquelle, a-t-il dit, demeurait une publication qui incite à la réflexion et suscite le débat sur les grandes questions internationales.

Evoquant la question des centres d’information des Nations Unies, le représentant a souscrit aux critères proposés pour la régionalisation des centres situés en dehors de l’Europe.  Ce processus, a-t-il néanmoins indiqué, doit être progressif et mis en œuvre au cas par cas après consultations avec les Etats Membres concernés.  Pour le représentant, le site Web des Nations Unies est sans conteste « la plus belle histoire » du Département de l’information.  Ce succès, a-t-il dit, pourrait être incontesté si le Département se montrait capable de réaliser la parité linguistique sur le Web, y compris le Centre des Nouvelles. 

Adhérant également à la décision du Département de procéder à une évaluation systématique de ses activités, le représentant a toutefois jugé important de mobiliser, au préalable, les ressources nécessaires à cet exercice et a appuyé l’idée de réaffecter les économies réalisées par la régionalisation des centres dans ce domaine.  Concernant la Radio des Nations Unies, M. Nambiar s’est félicité des partenariats établis avec les stations nationales, en rappelant à ses collègues que les moyens traditionnels de communication ont une portée considérable dans les pays en développement.

La réorientation du Département de l’information, a conclu le représentant, doit répondre aux attentes du monde en développement et corriger les déséquilibres actuels dans le domaine de l’information et des nouvelles

technologies de communication.  L’accent doit être placé sur les questions de développement qui demeurent des préoccupations hautement prioritaires pour les pays du Sud majoritaires au sein de l’ONU. 

M. MANSOOR SUHAIL (Pakistan) a estimé que la session du Comité se tient à un moment important de l’histoire de l’ONU.  Sa crédibilité et sa pertinence sont remises en doute et, du fait de la polarisation accrue entre les cultures et les religions, les prophètes du malheur parlent déjà du « choc des civilisations ».  Il incombe au Comité de l’information de contenir et d’inverser ces tendances, a estimé le représentant.  Le Département doit relever ce défi en envoyant un message clair sur la détermination commune à travailler pour un monde meilleur et plus pacifique.  Le mandat conféré au Département de l’information, à cet égard, doit se concentrer sur la promotion des idéaux et des objectifs de la Charte. 

Le Pakistan, a indiqué le représentant, attache une importance capitale aux centres d’information des Nations Unies dans la mesure où ils peuvent atteindre tous les peuples du monde et communiquer, de manière efficace et par le biais des médias nationaux, le message de paix et d’harmonie de l’ONU.  Pour le Pakistan, les activités des centres d’information ne peuvent pas être télécommandées à partir d’un pôle régional.  Une interaction étroite avec les médias nationaux est de la plus haute importance.  Les populations d’Europe ont tout autant le droit d’être informées objectivement et efficacement du rôle, des buts et des fonctions de l’ONU que celles d’Asie et d’Afrique.  Or, a expliqué le représentant, la diffusion de l’information peut être influencée par les intérêts subjectifs d’une société donnée et son impact sur le public dépend des capacités logistiques.  Ce serait, a estimé le représentant, envoyer un faux message que de réduire ces fonctions au moment même où elles s’avèrent plus que jamais nécessaires.  Le représentant a donc exhorté le Département à garder les peuples du monde pleinement informés de la voix commune de l’ONU telle qu’elle est reflétée dans les décisions et les résolutions, et à revoir les recommandations du Bureau des services de contrôle interne visant à créer des pôles régionaux d’information.  Il ne serait pas prudent, a-t-il estimé, d’entreprendre en ce moment une telle réorganisation et une telle restructuration.  Sur des questions aussi cruciales, le Département devrait fonder ses recommandations sur un mandat clair du Comité. 

Le représentant a en outre cru déceler des chevauchements entre la mission de la Division de l’action et celle d’autres services des Nations Unies, dans la mesure où l’ONU disposait déjà d’un large éventail de canaux pour faciliter la diffusion de l’information.  En conséquence, le représentant a estimé que les fonctions de cette Division devaient être revues et rationalisées.  Il a jugé, par ailleurs, que le Département devait renforcer ses activités et produits destinés aux médias des pays en développement par le biais des centres d’information.  Le représentant a demandé à ce propos que soit communiqué le nombre de journalistes et de médias que les centres d’information ont contactés pour diffuser les informations sur les domaines prioritaires d’activité de l’ONU.  Revenant sur la Radio des Nations Unies, il a également demandé des rapports sur les émissions en urdu. 

Le Département doit aussi, a conclu le représentant, sensibiliser l’opinion publique au fossé numérique en organisant des séminaires et des symposiums pour discuter des différents aspects du problème.  Les rapports et les recommandations de tels séminaires pourraient, à son avis, contribuer à dégager un consensus sur les mesures à prendre pour combler ces lacunes.

M. OLEKSI SHOVKOPLIAS (Ukraine) a remarqué qu’au cours des 10 dernières années, la complexité croissante des conflits a contribué à élargir la portée des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, et qu’il était essentiel que la communauté internationale prenne davantage conscience du rôle joué par les Nations Unies dans ce domaine.  A ce titre, l’Ukraine se félicite des dispositions prises par le DPI pour célébrer la première Journée internationale des Casques Bleus.  Le représentant a également souligné le rôle du DPI dans la consolidation de la paix dans les zones de conflit.

Par ailleurs, rappelant que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a eu lieu il y a 17 ans, M. Shovkoplias a rendu hommage à la stratégie lancée en 2002 par les Nations Unies pour relancer la coopération internationale à Tchernobyl, et notamment la visite du Secrétaire du général sur place, tout en demandant au DPI de continuer à fournir au monde des informations pertinentes et actualisées sur l’ampleur de cette catastrophe technologique. 

Abordant la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse qui aura lieu le 2 mai, le représentant a affirmé que la liberté de la presse est la pierre angulaire de toute véritable démocratie et a déploré le nombre croissant de journalistes emprisonnés et qui perdent leur vie dans l’exercice de leur fonction.  Pour sa part, l’Ukraine attache une importance particulière à la protection des journalistes, surtout de ceux travaillant dans des zones de conflit, a conclu le représentant.

M. MALICK THIERNO SOW (Sénégal) a jugé que la rationalisation programmée des centres d’information doit obéir à une démarche graduelle en raison notamment de leur impact et de leurs conséquences sur l’environnement médiatique des pays en développement, mais aussi et surtout pour leurs coûts relativement peu onéreux.  Il a donc apporté son appui à des mesures novatrices d’accompagnement qui tiennent compte des besoins, préoccupations et spécificités des pays concernés.  Il s’est néanmoins félicité des stratégies visant à donner un second souffle de jeunesse aux centres d’information et à dégager des ressources supplémentaires vers d’autres domaines hautement prioritaires. 

Le représentant s’est par ailleurs félicité de la décision de l’ONU de soutenir davantage les pays africains dans le processus de la mondialisation par la révolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication.  Il a rappelé, à cet égard, que les dirigeants d’Afrique avaient préconisé l’attribution au secteur stratégique de l’information et de la communication une place majeure dans le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique. Il s’est dit satisfait de constater que le Département de l’information participait encore plus activement à mettre l’accent sur les besoins prioritaires de l’Afrique, s’est prononcé pour une assistance accrue du Département pour aider les pays en développement à partager et à bénéficier des bienfaits de ces nouvelles technologies. 

Enchaînant sur la question du site Web de l’ONU, le représentant a souligné la nécessité d’apporter des améliorations à la réalisation de la parité linguistique pour attirer de nouveaux utilisateurs.  Il a conclu en se félicitant de l’octroi de bourses à des étudiants africains pour couvrir les travaux de la 57ème session de l’Assemblée générale. 

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