LES DELEGATIONS SOULIGNENT LE ROLE DE L'ECOSOC DANS LE SUIVI DES GRANDES CONFERENCES ET LA COORDINATION DU SYSTEME DE L'ONU

8 July 2003
ECOSOC/6058

LES DELEGATIONS SOULIGNENT LE ROLE DE L'ECOSOC DANS LE SUIVI DES GRANDES CONFERENCES ET LA COORDINATION DU SYSTEME DE L'ONU

08/07/03
Communiqué de presseECOSOC/6058

Conseil économique et social

LES DELEGATIONS SOULIGNENT LE ROLE DE L'ECOSOC DANS LE SUIVI DES GRANDES CONFERENCES ET LA COORDINATION DU SYSTEME DE L'ONU

Genève, 8 juillet -- Le Conseil économique et social a entamé ce matin, sous la direction de son Vice-président, l'ambassadeur Murari Raj Sharma du Népal, l'examen de son rôle dans l'application et le suivi intégrés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet sous l'égide des Nations Unies dans le domaine économique et social.  Des déclarations liminaires ont été faites par MM. Patrizio Civili, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, ainsi que par Nana Effah-Appenteng et Jean de Ruyt, Vice-Présidents du Groupe de travail spécial de l'Assemblée générale sur la mise en œuvre et le suivi intégrés et coordonnés des résultats des conférences de l'ONU.

M. Civili a préconisé l'élaboration d'un programme de travail pluriannuel pour le segment de coordination du Conseil consacré au suivi des résultats des grandes conférences et sommets des Nations Unies.  Il a identifié trois conditions de base devant permettre de progresser davantage sur la voie de la coordination et de la cohérence au sein du système : la promotion de processus de prise de décisions intégrateurs et participatifs ; la promotion d'un cadre politique commun faisant autorité ; et la traduction de ce cadre politique en un ensemble de directives politiques autour de thèmes transversaux.

MM. Effah-Appenteng et de Ruyt ont présenté les recommandations du Groupe de travail de l'Assemblée générale, visant notamment à améliorer l'organisation des travaux de l'ECOSOC, à structurer son dialogue avec l'Assemblée générale et à encourager une plus grande participation à ses travaux des institutions de Bretton Woods, des institutions régionales et de la société civile.  Ils se sont félicités de l'occasion fournie au Groupe de travail de faire des propositions visant à renforcer l'efficacité et la coordination des mécanismes des Nations Unies dans le cadre de la mise en œuvre des résultats des grandes conférences et sommets des Nations Unies.

Au cours du débat général qui a suivi, de nombreuses délégations se sont félicitées de cette occasion de préciser le rôle du Conseil économique et social et des commissions techniques de l'Assemblée générale et d'identifier les moyens de mieux engager les acteurs de la société civile dans la réalisation des objectifs établis par les grandes conférences des Nations Unies.  Les participants ont souligné l'importance du rôle du Conseil en tant qu'organe central chargé d'imprimer une plus grande cohérence et une meilleure coordination du système de l'ONU.

Les représentants des pays suivants ont pris part aux débats : Maroc (au nom du Groupe des 77 et la Chine), Italie (au nom de l'Union européenne), Fédération de Russie, Pakistan, Inde, République de Corée, Ukraine, Croatie, Suisse, Chine, Azerbaïdjan, Indonésie, Mexique, Norvège et Chili.  Des représentants du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et de l'Organisation internationale du travail (OIT) ont également fait une déclaration.

Le Conseil tiendra cet après-midi, à partir de 15 heures une réunion-débat sur «l'application des conférences : objectifs et défis communs»

Documentation relative à l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences des Nations Unies

Pour l'examen de cette question, l'ECOSOC est saisi du rapport du Secrétaire général sur le rôle du Conseil économique et social dans l'application et le suivi intégré et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'ONU (E/2003/67).  Ce rapport contient des suggestions sur la manière de tirer pleinement parti de ces débats pour maintenir le rythme des progrès en vue de la réalisation des objectifs fixés au plan international et examiner les aspects de thèmes communs aux conférences qui concernent les orientations générales, la coordination et les opérations.  Ainsi, les travaux du Conseil pourraient contribuer davantage à la mise en œuvre des textes issus des grandes conférences.  Ce rapport contient aussi des suggestions visant à aider le Conseil à mieux s'acquitter de ses fonctions dans le suivi d'un certain nombre de conférences et de réunions au sommet organisées récemment.  Des propositions ont été formulées dans le but de renforcer le dialogue du Conseil avec les conseils d'administration des fonds et des programmes et le contrôle qu'il exerce sur eux, d'améliorer encore la contribution des commissions techniques à la mise en œuvre des résultats des conférences et d'intensifier le rôle des commissions régionales.  Enfin, le rapport étudie les liens avec les institutions spécialisées et d'encourager des partenariats et des alliances avec toutes les parties prenantes.

Ce rapport est complété par le rapport complet de la Commission de statistique sur les travaux visés à la section E du chapitre VI de son rapport relatif à sa trente-troisième session et sur les indicateurs de base pour l'application et le suivi intégrés et coordonnés à tous les niveaux des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'ONU, y compris le rapport sur les indicateurs portant sur les moyens d'applications (E/2003/83)

Le Conseil est également saisi d'une note du Directeur général de l'organisations des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (E/2003/87), qui transmet un rapport établi par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale de la FAO sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d'action du Sommet mondial pour l'alimentation, mettant l'accent sur le suivi coordonné et intégré des grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies.

En outre, il est saisi du rapport annuel de la Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance au Conseil économique et social (E/2003/48).

Déclarations liminaires

M. MARARI RAJ SHARMA (Népal), Vice-Président du Conseil économique et social, a rappelé le contexte dans lequel se tient cette discussion du Conseil consacrée à l'application et au suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences des Nations Unies.  Il a rappelé que la résolution 57/270 B de l'Assemblée générale contenait des mesures précises sur la façon dont les débats du Conseil pourraient être plus utiles à l'application et au suivi des résultats des grandes conférences.  Pour nourrir sa discussion, le Conseil entendra des présentations de M. Jean de Ruyt, de Belgique et de M. Nana Effah-Appenteng, du Ghana, Vices-Présidents du Groupe de travail sur l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet de l'ONU.  Le Conseil tiendra également deux réunions débats destinés à identifier les grands défis à relever au cours des prochaines années afin de préparer un programme de travail pluriannuel, conformément à la demande exprimée par l'Assemblée générale.  Il a précisé que le Conseil avait déjà tenu des consultations officieuses en vue de parvenir à des conclusions concertées de ce débat consacré à la coordination.  Il s'est félicité que l'élaboration de ces conclusions progressait à bon train sous la direction de Mme Sharifah Zarah Syed Ahmad, de Malaisie.  Il a souligné l'enjeu de ce débat et a appelé toutes les délégations à y participer activement.

M. PATRIZIO CIVILI, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interinterorganisations, a souligné que la coordination politique et l'action intégrée constituent des défis permanents de premier ordre pour un système aussi divers - en termes de structures de gouvernement et de modes opérationnels - que les Nations Unies.  Le système interorganisations a parcouru dans ce domaine un long chemin depuis l'époque où la préoccupation essentielle consistait à éviter les double emplois.  La Déclaration du millénaire, complétée par les résultats des Conférences de Johannesbourg et de Monterrey, a fourni au système un cadre politique commun en faveur duquel l'ensemble des membres de l'Organisation sont pleinement engagés, a rappelé M. Civili.  Il a souligné la nécessité de continuer à soutenir politiquement le système, rappelant que l'ONU a besoin de partenaires et d'une orientation politique.

M. Civili a en outre souligné que l'élaboration par le Conseil d'un programme de travail pluriannuel pour son segment de coordination constitue un élément crucial de la tâche consistant à adopter une approche plurisectorielle du processus d'examen de la mise en œuvre des résultats des grandes conférences et des grands sommets des Nations Unies.  Il conviendrait par ailleurs d'étudier plus avant les possibilités d'interaction entre le Conseil et les fonds et programmes des Nations Unies dans le contexte du segment consacré aux activités opérationnelles.  Les relations entre le Conseil et les commissions fonctionnelles et régionales constituent un autre domaine dans lequel le rapport du Secrétaire général sur ces questions avance des idées qui pourraient utilement aider le Conseil à assurer le suivi des recommandations du Groupe de travail de l'Assemblée générale sur le suivi intégré des conférences, a poursuivi M. Civili.  Il a par ailleurs affirmé que le Conseil disposera, avec le Conseil des chefs exécutifs et le Comité de haut niveau sur les programmes, d'un partenaire actif pour exercer son rôle de coordination des politiques en matière de suivi des conférences.

M. Civili a d'autre part identifié trois conditions de base devant permettre de progresser davantage sur la voie de la coordination et de la cohérence au sein du système: la promotion de processus de prise de décisions intégrateurs et participatifs; la promotion d'un cadre politique commun faisant autorité; et la traduction de ce cadre politique en un ensemble de directives politiques autour de thèmes transversaux.  Suite aux grandes conférences des années 1990, les deux premières de ces exigences sont remplies et il convient désormais de progresser afin de répondre à la troisième, a précisé M. Civili.  Il convient en outre d'approfondir l'orientation politique que le Conseil fournit au système, a-t-il ajouté.

M. NANA EFFAH-APPENTENG (Ghana), Vice-Président du Groupe de travail spécial de l'Assemblée général sur l'application et le suivi intégrés et coordonnés des résultats des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'ONU dans les domaines économiques et social, a rappelé le mandat de ce groupe de travail créé en décembre dernier dans le but de présenter, d'ici à juin 2003, des recommandations concrètes visant à assurer que les Nations Unies œuvrent le plus efficacement possible à la réalisation des objectifs établis par ces grandes conférences et réunions au sommet.  Dans ce contexte, le Groupe de travail a défini ses priorités et a examiné plus particulièrement les moyens d'améliorer l'organisation des travaux de l'Assemblée générale, de définir plus précisément les rôles respectifs de l'Assemblée générale et de l'ECOSOC, de définir les modalités des examens du suivi de ces conférences et renforcer l'impact du travail intergouvernemental sur la réalisation des objectifs définis par ces conférences.  Il s'est félicité que le Groupe de travail ait fait des propositions concrètes dans ces quatre domaines.

La résolution adoptée par le Groupe de travail contient des recommandations concrètes visant à améliorer l'organisation des travaux de l'Assemblée générale et de sa deuxième Commission afin de renforcer leur impact sur le suivi des grandes conférences, s'est félicité M. Effah-Appendeng.  Le Groupe de travail a formulé des recommandations en vue de structurer le dialogue entre l'Assemblée générale et l'ECOSOC sur le suivi des conférences.  Il propose des recommandations en vue d'améliorer l'examen du suivi des conférences et des principes directeurs destinés à guider cet examen.  En outre, le Groupe de travail a recommandé aux institutions de Bretton Woods d'apporter une plus grande contribution aux travaux de l'ECOSOC.  Il a préconisé un renforcement des relations entre l'ECOSOC et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), notamment en ce qui concerne le suivi de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement.  Par ailleurs, M. Effah-Appenteng a fait savoir que le Groupe de travail s'était accordé pour présenter à la session de 2003 de l'Assemblée générale, en septembre prochain, une évaluation de l'efficacité du mécanisme de suivi de la Conférence de Monterrey.

M. JEAN DE RUYT, Représentant permanent de la Belgique et Vice-Président du Groupe de travail de l'Assemblée générale sur la mise en œuvre et le suivi intégrés et coordonnés des résultats des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'ONU, a présenté des recommandations touchant essentiellement au rôle du Conseil en rappelant que l'une des recommandations clefs de la résolution 57/270B de l'Assemblée générale (par laquelle celle-ci a adopté les recommandations du Groupe de travail) réside dans la mise en place par l'ECOSOC d'ici 2004 d'un programme de travail pour son segment de coordination.  Le Conseil devra donc trouver un accord sur les thèmes communs des conférences qu'il souhaite examiner dans les quelques années à venir et devra dresser une liste équilibrée de priorités.  Cette idée a des avantages multiples en ce sens, par exemple, qu'elle permettra aux commissions fonctionnelles, aux commissions régionales et aux organisations du système de mieux organiser et planifier leur propre contribution aux travaux du Conseil, lui permettant ainsi en retour de remplir efficacement sa fonction de coordination, a expliqué M. de Ruyt.  Il a en outre affirmé que l'examen des méthodes de travail des commissions fonctionnelles devait être poursuivi de manière soutenue. 

M. de Ruyt a par ailleurs rappelé que la résolution 57/270B incite aussi le Conseil à renforcer le rôle des ONG et de la société civile dans ses travaux.  S'agissant du dialogue entre le Conseil et les organisations du système des Nations Unies, il s'est fait l'écho de l'idée, avancée par le Groupe de travail, suivant laquelle l'Administrateur du PNUD pourrait être amené à rendre compte au segment de coordination des travaux du Groupe des Nations Unies pour le développement sur le suivi intégré des conférences.  Enfin, le Groupe de travail a posé les jalons pour tenir en 2005, à l'occasion de l'examen d'ensemble de la Déclaration du Millénaire, une réunion majeure de l'Assemblée générale consacrée au suivi des conférences.  M. de Ruyt a invité le Conseil à apporter dès à présent une contribution décisive aux préparatifs de cette réunion.

Dialogue interactif

Le représentant de la Jamaïque a exprimé des préoccupations concernant le choix de thèmes précis pour l'examen du suivi des conférences, car, lui semble-t-il, cela ne permet pas de rendre compte concrètement de la mise en œuvre des textes issus des conférences.  Il s'est demandé s'il ne serait pas utile de créer un organe chargé du suivi des conférences et a exposé les limites du système actuel de l'examen du suivi des conférences.  En effet, a-t-il remarqué, l'approche thématique actuelle fait perdre de vue les engagements spécifiques qui doivent être respectés, comme la promesse de relever le niveau de l'aide publique au développement, par exemple.  Il a jugé regrettable que rien ne soit fait à l'égard des pays qui ne respectent pas les engagements qu'ils ont souscrits et a de nouveau affirmé qu'il serait souhaitable de créer un organe de suivi habilité à faire des recommandations concrètes aux pays qui ne respectent pas leurs engagements. 

Le représentant de la République islamique d'Iran a fait part de son étonnement face à l'éparpillement actuel, les questions abordées dans ces grandes conférences étant confiées à diverses institutions spécialisées des Nations Unies.  Il a demandé des précisions sur le rôle futur de ces institutions, telle la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), en relation avec les grandes conférences.

Le représentant du Nigéria a, pour sa part, appelé l'attention sur le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et sur son rôle dans la réalisation des objectifs établis par les grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies.

Répondant à la question de la Jamaïque, M. EFFAH-APPENTENG a expliqué que la résolution de l'Assemblée générale fait obligation au Groupe de travail de respecter le thème de chaque conférence et lui fait obligation de mettre à profit les mécanismes des Nations Unies existants sans le charger de proposer des mécanismes nouveaux.  À la question de l'Iran sur l'avenir des institutions spécialisées, il a répondu que le Consensus de Monterrey établissait clairement le rôle de la CNUCED dans le suivi de la Conférence.  Il a souligné que l'ECOSOC doit continuer d'améliorer ses méthodes de travail et a justifié ses propos en prenant l'exemple de la Commission du développement durable, créée à l'issue du Sommet de Johannesburg.  M. DE RUYT a ajouté qu'il était plus intéressant pour le système des Nations Unies que le Groupe soit contraint de faire des propositions dans le cadre des mécanismes existants, car cela évite le double emploi.  En outre, cette contrainte permet de réfléchir aux moyens d'améliorer la coordination et la cohérence entre les mécanismes existants.  Cela devrait permettre au système des Nations Unies de fonctionner de manière plus dynamique, a-t-il estimé.

M. ABDELLAH BENMELLOUK (Maroc, au nom également du Groupe des 77 et de la Chine) a affirmé que le Conseil économique et social doit concentrer son attention sur la mise en œuvre des conclusions du Groupe de travail de l'Assemblée générale sur le suivi intégré des grandes conférences, adoptées par l'Assemblée générale dans sa résolution 57/270B.  Il a rappelé que l'établissement d'une approche horizontale thématique en matière d'examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements issus des différents sommets et conférences constitue l'un des résultats les plus importants de ce Groupe de travail.  Cette approche sera basée sur une liste de questions sectorielles thématiques, communes aux différents sommets et conférences des Nations Unies, qui doivent encore être déterminées pour établir un programme de travail pluriannuel qui placerait les travaux de l'ECOSOC sous le signe de la prévisibilité.  Il s'agit là d'une tâche essentielle sur laquelle le Conseil doit concentrer ses efforts.

Le représentant marocain a souligné que le Conseil doit veiller à assurer la participation de tous les organes subsidiaires et les autres parties prenantes du système onusien à l'examen des progrès réalisés dans la mise en œuvre (des engagements issus des grandes conférences) à travers les questions transversales.  La décision de l'Assemblée générale d'impliquer le Conseil du commerce et du développement de la CNUCED dans cet exercice est extrêmement importante tout comme celle du secteur privé et de la société civile, a-t-il ajouté.  Il a en outre insisté sur l'importance pour tous les mécanismes de disposer des outils nécessaires pour procéder à l'évaluation de la mise en œuvre des engagements pris par les États membres.

Le représentant marocain a d'autre part relevé l'urgence pour les pays développés de mettre en œuvre leurs engagements en matière d'accès aux marchés, d'annulation et de réduction de la dette, d'aide publique au développement, de transfert de technologies, d'investissements et d'assistance aux pays en développement dans leurs efforts pour l'amorce de la croissance économique, l'éradication de la pauvreté et le développement durable.  Il est également important que les pays développés respectent leurs engagements pour ce qui est de la cohérence des politiques financières,

monétaires et commerciales.  À cet égard, le Groupe des 77 et la Chine estiment qu'il est primordial pour le Conseil de continuer d'améliorer sa coopération et sa coordination avec les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

M. PAOLO BRUNI (Italie, s'exprimant au nom de l'Union européenne et des pays associés) s'est félicité que ce segment de coordination puisse bénéficier des conclusions du Groupe de travail de l'Assemblée générale qui s'est employé à réfléchir aux moyens d'améliorer l'efficacité des mécanismes existants des Nations Unies en ce qui concerne l'application et le suivi des résultats des grandes conférences des Nations Unies.  Il a précisé que le groupe était animé par la vision commune d'un système multilatéral fort et s'accordait à reconnaître l'importance du rôle de l'ECOSOC dans le suivi des grandes conférences.  Il s'est félicité que le Groupe de travail spécial ait su demander aux commissions techniques de contribuer à ses travaux, notamment en ce qui concerne la révision de leur méthode de travail.  À cet égard, il a appelé l'attention sur l'exemple fourni par la Commission du développement durable qui a adopté une démarche novatrice accordant une attention plus grande aux initiatives des gouvernements et de la société civile.  Dans ce contexte, il a déclaré que la prochaine session de l'Assemblée générale serait l'occasion d'appliquer cette recherche d'une plus grande cohérence du système de l'ONU aux travaux des deuxième et troisième commissions de l'Assemblée générale concernant le suivi des grandes conférences.

M. Bruni a ensuite précisé sa compréhension de ce segment sur la coordination qui, selon lui, doit permettre d'évaluer l'application des résultats des grandes conférences en relation avec les objectifs définis.  Pour ce faire, il s'est dit favorable à l'établissement d'un programme de travail pluriannuel, qui devrait permettre un examen plus approfondi des questions plurisectorielles.

M. VASSILY NEBENZIA (Fédération de Russie) a souligné que les grands sommets et conférences tenus sous l'égide des Nations Unies ces dix dernières années ont imprimé un rôle important aux Nations Unies dans le domaine économique et social et a rappelé que le rôle de coordination en matière de mise en œuvre du suivi de ces grandes réunions a échu à l'ECOSOC.  Il a mis l'accent sur la nécessité de s'assurer que toute proposition de modification relative aux modes de fonctionnement du Conseil apporte une amélioration et donc une valeur ajoutée réelle.  Les conclusions concertées du segment de coordination de 2002 ont confirmé que les résultats des sommets et conférences doivent être appréhendés de manière coordonnée, a-t-il rappelé.

Le représentant russe a par ailleurs estimé qu'il convient de rationaliser l'examen des questions durant la partie générale de la session de fond du Conseil en transférant à l'Assemblée générale les sujets dont il serait plus pertinent qu'ils soient examinés par elle.  La Fédération de Russie reçoit avec intérêt l'idée d'un mandat permettant d'examiner à un niveau d'experts les questions relatives au financement du développement.  Les commissions régionales de l'ONU ont également un rôle important à jouer et présentent un avantage stratégique pour ce qui est du dialogue intersectoriel au niveau régional, a poursuivi le représentant russe.

M. SICHAN SIV (États-Unis) s'est félicité de cette occasion qui permet à l'ECOSOC de mieux cibler ses travaux en relation avec l'application des résultats des grandes conférences et de renforcer l'efficacité des mécanismes du système des Nations Unies.  Il s'est aussi félicité du fait que l'adoption d'un programme pluriannuel permettra une discussion plus approfondie des questions thématiques plurisectorielles.

M. AIZAZ CHAUDHRY (Pakistan) a estimé que le moment est venu de donner effet aux décisions du Groupe de travail de l'Assemblée générale sur le suivi intégré des grandes conférences.  Il est temps de passer de la politique à la mise en œuvre et c'est au Conseil qu'a été confié le rôle principal en matière de coordination et d'évaluation des progrès réalisés en matière de mise en œuvre des résultats de ces grandes conférences, a-t-il souligné.  Il a indiqué que son pays entend participer aux discussions visant à élaborer un programme de travail pluriannuel pour le segment de coordination du Conseil.  Pour optimiser les résultats, il conviendrait de faire en sorte que le processus d'examen de fond soit mené par les commissions fonctionnelles, dont le travail devrait être analytique et mettre l'accent sur les principales questions de coordination en relation avec le thème du segment de coordination.

M. A. GOPINATHAN (Inde) a déclaré que l'adoption d'un programme de travail pluriannuel pour l'examen de questions thématiques plurisectorielles était utile pour envisager une approche intégrée et coordonnée du suivi des grandes conférences.  Il s'est fait l'avocat de souplesse dans le choix des thèmes pour le débat de haut niveau et le segment de coordination.  Il a justifié sa position en soulignant l'importance qu'attachent les pays en développement au débat de haut niveau qui leur permet d'exprimer leurs préoccupations et de faire valoir leur position sur des questions contemporaines, qui peuvent être liées ou non aux thèmes des grandes conférences.  Par ailleurs, il s'est félicité du fait qu'en précisant le rôle de l'ECOSOC dans l'examen du suivi des grandes conférences, on ait mis en lumière le rôle que doivent jouer également les commissions techniques de l'Assemblée générales, les sessions extraordinaires de l'Assemblée et les mécanismes établis par ces mêmes conférences.

MME Oh HYUN-JOO (République de Corée) a mis l'accent sur la nécessité pour le Conseil de jouer un rôle central dans la coordination de la mise en œuvre du suivi des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide des Nations Unies.  Elle a indiqué que son pays est favorable à l'adoption d'un programme de travail pluriannuel accordant toute l'importance voulue aux questions intersectorielles.  Elle s'est réjouie des réformes entreprises pour revitaliser les travaux de la Commission du développement durable et a plaidé en faveur d'une démarche semblable afin d'améliorer les méthodes de travail d'autres commissions techniques.  La représentante de la République de Corée a en outre estimé que, dans le choix des thèmes pour les segments de haut niveau et de coordination de l'an prochain, il conviendrait d'accorder toute l'attention voulue à l'établissement d'un lien entre ces deux segments.  Parallèlement, le Conseil se doit de formuler pour le segment de coordination un programme de travail pluriannuel qui soit complémentaire des thèmes intersectoriels choisis.

M. VALERIY KUCHINSKY (Ukraine) s'est dit d'avis qu'il fallait enrichir les travaux de l'ECOSOC par le choix de thèmes plurisectoriels de discussion.  À cet égard, il s'est félicité de l'adoption d'un travail pluriannuel qui tire meilleur parti des travaux des commissions techniques et organiques du système de l'ONU.  Il a toutefois recommandé que l'on maintienne une certaine souplesse dans l'organisation des travaux de l'ECOSOC.  S'agissant du choix de thème du segment de coordination pour la prochaine session, il a estimé que la question des pays les moins avancés méritait une grande attention.  Il a également appelé l'attention sur la question de la conversion des politiques d'urgence en politiques de développement.

Par ailleurs, le représentant ukrainien a recommandé que l'on s'emploie à simplifier l'ordre du jour si chargé de la deuxième Commission de l'Assemblée générale et à préciser l'interaction entre les commissions techniques ainsi qu'à structurer le dialogue entre l'ECOSOC et l'Assemblée générale.  Il s'est en outre dit favorable à une plus grande contribution des directeurs des fonds et programmes des Nations Unies aux travaux de l'ECOSOC ainsi qu'à un renforcement de ses liens avec le Groupe de développement des Nations Unies.  Il a déclaré que le Conseil pouvait également envisager de renforcer ses liens avec les organisations de la société civile.

MME IMELDA HENKIN (Fonds des Nations Unies pour la population, FNUAP) a rappelé que le programme d'action issu de la Conférence sur la population et le développement du Caire de 1994 a été considéré comme une contribution importante pour les conférences qui ont suivi.  Elle a indiqué que les défis auxquels se heurtent nombre de pays sont si complexes que seule une démarche d'ensemble peut contribuer à y répondre.  C'est pourquoi le FNUAP juge opportune la démarche intégrée adoptée par le Conseil en ce qui concerne l'examen du suivi de la mise en œuvre des grandes conférences et réunions au sommet tenues sous l'égide des Nations Unies.

La représentante du FNUAP a estimé que les commissions techniques devraient également être associées au recensement des thèmes intersectoriels devant être retenus pour le programme pluriannuel du Conseil et les débats sur la question.  Elle a notamment apporté son soutien à l'idée visant à mieux impliquer les acteurs au niveau national dans la mise en œuvre des engagements issus des grandes conférences.

M. GORDAN MARKOTIĆ (Croatie) s'est félicité que le Conseil ait réussi à progresser et à renforcer sa capacité en tant qu'instance de haut niveau pour l'examen des questions économiques et sociales et de mécanisme central chargé de renforcer la cohérence du système de l'ONU.  Il a recommandé que l'on maintienne une certaine souplesse dans l'établissement des thèmes envisagés dans le cadre du programme de travail pluriannuel.  Il a estimé que le Conseil devait avoir à l'esprit de tirer le meilleur parti de la contribution des institutions spécialisées, des commissions techniques et organiques du système des Nations Unies,  ainsi que de la contribution des organisations de la société civile.  Il s'est dit d'avis qu'un programme de travail pluriannuel serait de la plus grande importance pour les commissions techniques, ce qui permettrait une meilleure cohésion entre les travaux de l'ECOSOC et des commissions.  Il a fait valoir que les discussions thématiques qui se tiendront dans le cadre de ce segment de coordination devront envisager leur examen sous plusieurs angles et adapter leur méthodologie en sorte de rendre compte réellement de l'impact de l'application des résultats des grandes conférences sur les objectifs qu'elles ont établis.  Le représentant a ensuite souligné l'importance du rôle des commissions régionales pour le suivi des grandes conférences.

M. J.M BOULGARIS (Suisse) a souligné que si la Charte des Nations Unies confère bien au Conseil un rôle central dans le domaine des questions économiques et sociales, il ne fait aucun doute que l'ECOSOC a perdu ces dernières années une partie de sa visibilité et de son impact sur les travaux de l'Organisation.  D'une part les différents processus de suivi des grandes conférences («+5» et «+10») des années 1990 ont quelque peu marginalisé le rôle du Conseil dans ses domaines de compétence et, de l'autre, la «concurrence» accrue des commissions fonctionnelles tend à réduire les facultés du Conseil à coordonner et harmoniser les résultats de leurs travaux.  C'est pourquoi la Suisse se félicite de la récente résolution de l'Assemblée générale visant à garantir un suivi des grandes conférences selon les besoins et non de façon automatique.  La Suisse se félicite également du mandat que le Conseil a reçu de l'Assemblée générale afin d'établir, pour son segment de coordination, un programme de travail pluriannuel.  Il importe cependant d'assurer que cette démarche n'empêche pas le Conseil de s'adapter aux évolutions rapides des questions économiques en garantissant, outre l'approche pluriannuelle, le traitement ponctuel de thèmes émergeants.

Le représentant suisse a par ailleurs indiqué que son pays est favorable à un rapport unique sur le suivi des grandes conférences pour les organes et commissions fonctionnelles chargés du suivi, avec des chapitres par thèmes.  Il serait d'ailleurs judicieux d'ajuster et de coordonner les ordres du jour des commissions fonctionnelles et des autres organes, a-t-il ajouté.

M. JOHN LANGMORE (Organisation internationale du travail) a estimé que la mise en œuvre des résultats des grandes conférences n'a pas été suffisante et a fait des propositions sur la manière de renforcer le rôle de l'ECOSOC dans ce domaine.  Il s'est dit d'avis qu'il serait utile de consacrer une plus grande part du débat à la discussion sur l'état de l'économie mondiale et son incidence sur la réalisation des objectifs établis par ces conférences.  Il a suggéré que le Conseil examine également les sources éventuelles supplémentaires de financement du développement, telles que, par exemple, la suggestion britannique pour le création d'un fonds spécial ou l'utilisation de droits de tirages spéciaux.  Par ailleurs, il a appelé l'attention sur les travaux de la commission sur la mondialisation de l'OIT dont les conclusions pourraient enrichir les discussions du Conseil.  À cet égard, il a souligné l'importance de l'emploi pour la réduction de la pauvreté et la réalisation des objectifs de développement économique et social.  Il a en outre préconisé la tenue de petites réunions ciblées au cours de l'année. 

M. TINGRONG GONG (Chine) a rappelé que depuis les années 1990, les Nations Unies ont organisé un certain nombre de grandes conférences pour renforcer la coopération internationale et assurer la promotion d'un développement durable des États.  Un Groupe de travail a été créé pour assurer la coordination des mesures de suivi de ces grandes conférences et l'Assemblée générale a adopté une résolution sur cette même question du suivi, a-t-il précisé.  Le représentant chinois a néanmoins souligné qu'un

certain nombre d'obstacles, tels que ceux existants en matière d'accès aux marchés, entravent la mise en œuvre des résultats des grandes conférences et réunions au sommet pour les pays en développement.

MME HUSNIYYA MAMADOVA  (Azerbaïdjan) a estimé que le choix de sujets thématiques de discussion permettra de révéler les lacunes dans les approches des grands problèmes faisant obstacle à la réduction de la pauvreté et d'imprimer une plus grande cohérence par l'adoption d'une approche intégrée.  Elle s'est félicitée que le Sommet du millénaire, la Conférence de Monterrey et le Sommet de Johannesbourg aient souligné le rôle de l'ECOSOC en tant qu'organe central chargé d'examiner le suivi des grandes conférences et réaffirmé ses responsabilités pour ce qui est de la coordination des activités du système de l'ONU.  Dans ce domaine, elle a également appelé l'attention sur le rôle des coordonnateurs-résidents et l'engagement des équipes de pays dans ce processus.  Elle a aussi fait savoir que l'Azerbaïdjan était favorable à un plus grand engagement de l'ECOSOC au niveau régional et à une plus grande participation des organisations régionales à ses travaux.  La représentante s'est en outre déclaré favorable à un renforcement du dialogue entre l'ECOSOC et les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce.  En dernier lieu, elle a déclaré que l'Azerbaïdjan espérait que l'ECOSOC jouerait un rôle plus important dans la diffusion des technologies de l'information et de la communication (TIC) de façon à réduire le fossé numérique entre les pays.  Pour ce faire, elle s'est exprimée en faveur d'un renforcement de l'Équipe spéciale des Nations Unies sur les TIC et de la mise en place d'une coopération avec les commissions régionales. 

MME ESTI ANDAYANI (Indonésie) a déclaré que les résultats des grandes conférences et réunions au sommet ont offert à la communauté internationale une base solide permettant d'assurer le développement aux niveaux national, régional et international.  Or le Conseil joue un rôle essentiel pour ce qui est de la coordination et du suivi de la mise en œuvre des résultats de ces grandes conférences, a-t-elle rappelé.  Elle a affirmé que le Conseil devrait également s'efforcer de renforcer la cohérence entre l'ONU, les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).  Elle a estimé que le Conseil se doit d'élaborer un programme de travail pluriannuel orienté autour de questions thématiques transversales.  La représentante indonésienne s'est notamment réjouie de la proposition visant à ce que l'ECOSOC invite le Président du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED à participer à ses travaux.

M. JOSÉ RAMON LORENZO (Mexique) a fait sienne la recommandation de l'Assemblée générale sur la mise en œuvre intégrée et coordonnée des grandes conférences qui réaffirme le rôle de l'ECOSOC en tant qu'organe chargé d'assurer la coordination du système de l'ONU.  Il a espéré que le Conseil pourra s'atteler le plus rapidement possible à l'élaboration d'un programme de travail pluriannuel pour son segment de coordination.  Il s'est dit d'avis que le thème du segment de coordination devrait être lié au thème du débat de haut niveau.  Par ailleurs, il a estimé important que la Commission de statistique poursuive ses efforts dans la détermination d'indices permettant d'évaluer les résultats des grandes conférences.  À cet égard, il a également

préconisé l'élaboration d'indicateurs de mise en œuvre.  Il a ensuite recommandé que les institutions de Bretton Woods, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et la société civile doivent être encouragées à participer plus activement au segment de coordination.

M. THORALF STENVOLD (Norvège) a indiqué que son pays soutient pleinement l'idée générale visant à ce que soit mis en place un système multilatéral fort.  Il a rappelé que l'objectif ultime est le même pour tous: il s'agit de promouvoir le développement durable et l'éradication de la pauvreté.  Les questions financières et commerciales sont cruciales pour la réalisation des objectifs des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide des Nations Unies et c'est pourquoi il est important de mobiliser les institutions de Bretton Woods et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a souligné le représentant norvégien.

M. CLAUDIO ROJAS (Chili) s'est félicité du cadre de travail fourni par la résolution 57/270 B de l'Assemblée générale, notamment en ce qui concerne le rôle du Conseil, la réforme de l'organisation des travaux de la deuxième Commission de l'Assemblée générale.  Il a estimé que l'ECOSOC devait dès à présent réfléchir aux moyens d'améliorer son efficacité et a appuyé les conclusions formulées dans le rapport du Secrétaire général sur le rôle du Conseil concernant l'application et le suivi des grandes conférences des Nations Unies.  Il a jugé indispensable que l'ECOSOC approfondisse ses travaux concernant la coordination du système de Nations Unies. 

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