L’EXTREME PAUVRETE VA S’AGGRAVER DANS LES PAYS LES MOINS AVANCES SI LES TENDANCES ACTUELLES SE POURSUIVENT

18 June 2002
TAD/1930

L’EXTREME PAUVRETE VA S’AGGRAVER DANS LES PAYS LES MOINS AVANCES SI LES TENDANCES ACTUELLES SE POURSUIVENT

18/06/02
Communiqué de presseTAD/1930

L’EXTREME PAUVRETE VA S’AGGRAVER DANS LES PAYS LES MOINS AVANCES SI LES TENDANCES ACTUELLES SE POURSUIVENT

Genève, 18 juin (CNUCED) -- D’ici 2015, 420 millions de personnes au moins vivront avec moins de 1 dollar par jour dans les pays les moins avancés (PMA) si les tendances économiques actuelles se poursuivent préviennent les auteurs du Rapport sur les pays les moins avancés, 2002, qui paraît aujourd'hui.

Dans ce document, où est analysée pour la première fois la pauvreté dans l’ensemble des PMA, la CNUCED présente une nouvelle série d’estimations montrant que l’extrême pauvreté, définie par un seuil international de pauvreté de 1 dollar par jour, a doublé dans ces pays au cours des 30 dernières années pour toucher 307 millions de personnes. Elle pourrait toutefois être réduite beaucoup plus rapidement que ce que l'on imagine si on doublait le revenu moyen des ménages.

La croissance économique pourrait entraîner une réduction de la pauvreté dans les PMA où la majorité de la population a des revenus à peine suffisants ou insuffisants pour satisfaire ses besoins élémentaires. Si la consommation privée par habitant en valeur réelle dans un pays doublait, c’est-à-dire passait de 400 dollars à 800 dollars par an, la proportion de la population vivant avec moins de 1 dollar par jour passerait de 65 % à moins de 20 %.

La relation entre la hausse de la consommation et la diminution de la pauvreté, en fonction des seuils de 1 et 2 dollars par jour, constitue une découverte importante. Le lien entre la diminution de l’extrême pauvreté et l’augmentation de la consommation moyenne dans les PMA ne transparaît pas dans les statistiques internationales sur la pauvreté en raison des estimations contradictoires de la consommation privée selon la comptabilité nationale ou d’après les enquêtes auprès des ménages. Ces discordances ont distrait l'attention des conseillers en matière de stratégie de réduction de la pauvreté.  Ils se sont focalisés sur les écarts apparemment importants de l'incidence de la pauvreté dans des pays ayant un PIB comparable d'après les estimations actuellement utilisées. A travers les nouvelles estimations de la pauvreté, fondées sur la comptabilité nationale, la relation entre la croissance et la pauvreté peut être définie plus précisément.

Une augmentation du PIB par habitant ne révèle pas forcément une augmentation de la consommation privée par habitant. Par exemple, lorsque la croissance provient d’un essor des exportations de minéraux ou de produits pétroliers sans lien avec l’économie nationale, la hausse du PIB par habitant ne se traduit pas souvent par une réduction de la pauvreté. Même si, en général, les inégalités s’accroissent dans les premiers stades du développement, les courbes de

la pauvreté montrent que le type de croissance économique nationale qui contribue à augmenter le niveau de vie moyen des ménages entraîne une réduction notable de la pauvreté.

Les nouvelles estimations de la pauvreté effectuées par la CNUCED sont très différentes des estimations internationales actuellement utilisées: elles sont fondées sur la comptabilité nationale, au lieu d’être établies d’après des enquêtes sur les revenus et la consommation des ménages. Elles montrent que la gravité de la pauvreté dans les PMA, en particulier en Afrique, a été sous-estimée, et que l’incidence de l’extrême pauvreté est généralement plus faible dans les autres pays en développement. Elles ont aussi permis à la CNUCED d’établir un lien clair entre l’extrême pauvreté et la dépendance à l’égard des produits de base, et de proposer un nouveau type de stratégie de réduction de la pauvreté.

D’après ces nouvelles estimations, l’extrême pauvreté se concentre dans les PMA. Ce qui ne veut pas dire que ce problème n’existe pas dans d’autres pays en développement. Dans ces pays, une forte proportion de la population vit avec moins de 2 , 3 ou 4 dollars par jour. L’incidence de la pauvreté demeure élevée dans l’ensemble des pays en développement, même dans ceux où le niveau de vie progresse, cette évolution ne s’accompagne pas toujours d’une amélioration de la situation sociale. Ainsi,  de nombreux pauvres possèdent une télévision, mais vivent encore dans des bidonvilles où la violence est endémique et n’ont guère accès aux services essentiels – eau potable, assainissement, santé et éducation.

Les nouvelles estimations de la pauvreté mettent en lumière le chemin à parcourir pour diviser par deux l’incidence de l’extrême pauvreté entre 1990 et 2015, conformément à l’objectif de développement que s’est fixée la communauté internationale. Quelles que soient les estimations de la pauvreté utilisées, les PMA ne sont pas prêts d’atteindre cet objectif, contrairement à d’autres pays en développement. La tâche est particulièrement difficile pour ceux qui sont fortement tributaires des exportations de produits de base.

Ces nouvelles estimations montrent aussi que la pauvreté peut être réduite, à condition que soient mises en œuvre de meilleures politiques nationales et internationales. Si les tendances actuelles se poursuivent, la CNUCED prévoit que le nombre de personnes extrêmement pauvres augmentera de 113 millions dans les PMA d’ici 2015. Pourtant s'ils pouvaient enregistrer une croissance économique réelle de 7 % (objectif inscrit dans le Programme d’action adopté par la Troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés,  (Bruxelles, 2001), et si la consommation privée augmentait dans les mêmes proportions, le nombre de personnes touchées par l'extrêm pauvreté pourrait diminuer de 89 millions, ce qui permettrait d’atteindre l’objectif international de réduction de la pauvreté.

Des informations sur la publication du Rapport sur les pays les moins avancés, 2002 (y compris des extraits du rapport) sont disponibles sur Internet à l’adresse suivante: http://www.unctad.org/en/press/pressref/htm

Pour plus de renseignements, s’adresser à Charles Gore, économiste hors classe, tél. +41 22 907 59 44, courrier électronique: charles.gore@unctad.org; à Muriel Scibilia ou Alessandra Vellucci, chargées de presse, tél. +41 22 907 5725/4641/1646, courrier électronique: press@unctad.org.

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