LE RENFORCEMENT DU DEPARTEMENT DE L’INFORMATION PERÇU COMME LE PONT INDISPENSABLE ENTRE L’ONU ET L’OPINION PUBLIQUE

23 April 2002
PI/1412

LE RENFORCEMENT DU DEPARTEMENT DE L’INFORMATION PERÇU COMME LE PONT INDISPENSABLE ENTRE L’ONU ET L’OPINION PUBLIQUE

23/04/2002
Communiqué de pressePI/1412

Comité de l’information

24e session – 3ème séance – après-midi

LE RENFORCEMENT DU DEPARTEMENT DE L’INFORMATION PERÇU COMME LE PONT INDISPENSABLE ENTRE L’ONU ET L’OPINION PUBLIQUE

Le Comité de l’information a poursuivi, cet après-midi, son débat général avec les interventions de la République de Corée, de la Tunisie, de la République arabe syrienne, du Bangladesh et du Népal.  A l’instar des autres délégations qui se succèdent à la tribune depuis lundi, ces délégations ont défendu leur point de vue sur les grandes orientations qu’envisage de prendre le Département de l’information, dans le cadre de la réorientation de ses activités* qui s’inscrit dans le processus de réforme de l’ONU lancé par le Secrétaire général au début de son second mandat. 

Pour ces délégations, la réorientation des activités d’information de l’ONU est l’occasion unique de renforcer l’efficacité du Département et son rôle au sein de l’Organisation.  Comme l’a dit le représentant de la Tunisie, le Département doit être le «cordon ombilical» qui relie l’Organisation à l’opinion publique internationale.  Affirmant que ce Département est un rempart contre la prédominance croissante des multinationales de l’information et de la communication, le représentant tunisien a ajouté que l’absence de la voix de l’ONU ne ferait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent la marginaliser.

Les délégations ont voulu que l’évaluation de l’impact des programmes, prônée par tous, ne se fonde en aucun cas sur la notion de retour sur l’investissement.  Selon le représentant de la République de Corée, en utilisant comme relais les médias, la société et les ONG qui, dotés de réseaux de diffusion, peuvent assurer la dissémination des informations sur l’ONU, le Département pourrait engendrer les économies nécessaires au maintien et à l’amélioration de ses activités.  Il s’est prononcé en faveur de la nouvelle appellation proposée pour le Département à savoir «Département de la communication et des relations extérieures».

Aux côtés de la Tunisie et du Bangladesh, le représentant de la République arabe syrienne a rejeté cette proposition, mettant en garde le Département contre toute limitation de ses contacts à certaines catégories d’audiences.  Le représentant a exprimé des doutes quant à la faculté ou la volonté d’entités extérieures de communiquer des informations objectives sur les activités des Nations Unies.  Le but de la réévaluation des activités d’information doit justement être de permettre la diffusion de telles informations pour générer l’appui international à l’Organisation. 

Demain, mercredi 24 avril à 10 heures, le Comité entendra, après le débat général, les réponses aux questions posées qui seront apportées par le Chef par intérim du Département de l’information.

* Rapport du Secrétaire général sur la réorientation des activités de l’ONU dans le domaine de l’information et des communications (A/AC.198/2002/2)

Suite du débat général

M. SON SE-JOO (République de Corée), notant le développement sans précédent des technologies de communication et d’information, a exhorté le Département de l'information à adapter ses priorités aux nouvelles réalités de ce siècle.  Il s’est félicité de ce débat sur la réorientation comme une occasion de renforcer le rôle du Département au sein de l’Organisation.  Il a souligné le danger de mener cette réorientation sous l’angle de considérations uniquement financières.  Il a ajouté que son pays appuie toute initiative du Département de l'information visant à travailler avec des intermédiaires comme les médias ou les ONG qui disposent de structures efficaces pour diffuser l’information, ceci pouvant permettre au Département d’engendrer les économies nécessaires au maintien et à l’amélioration de ses activités.  Il s’est donc prononcé en faveur de la nouvelle appellation proposée pour le Département à savoir le «Département de la communication et des relations extérieures».

Le Département de l'information, a-t-il poursuivi, a fait un travail remarquable en créant un site Web de haute qualité.  Il s’est dit impressionné par la fréquentation du site qui est visité chaque jour par 5 millions de personnes en provenance de 165 pays.  En conclusion, il s’est dit confiant que cette 24ème  session du Comité de l’information sera l’occasion de faire de grands progrès pour revigorer le Département de l'information. 

M. KAIS KABTANI (Tunisie) a estimé que le Département de l’information revêt une importance capitale aussi bien pour les Etats Membres que pour l’opinion publique qui doit être amenée à s’intéresser aux activités, aux stratégies et aux actions de l’ONU.  Le représentant a convenu que l’information doit figurer parmi les priorités de la restructuration de l’ONU.  Il a dit partager l’idée que le Département doit changer et que de nouvelles stratégies doivent être conçues.  Toutefois, a-t-il prévenu, la refonte du Département ne doit pas se plier à des considérations comptables.  Le Département doit être le cordon ombilical de l’Organisation vers l’extérieur c’est-à-dire vers son terrain de déploiement.

Le Département, a encore dit le représentant, est un rempart contre la prédominance croissante des multinationales de l’information et de la communication qui ont tendance à uniformiser le monde par des paramètres qui leur sont propres et des messages subjectifs ne reflétant pas les valeurs de l’ONU.  L’absence de la voix de l’ONU ne fera qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent la marginaliser.  Le but de l’ONU étant d’être proche des peuples qui croient en elle, le Département est le moyen idoine permettant à l’Organisation de montrer qu’elle remplit sa mission dans les différents domaines identifiés.  Partant, selon le représentant, il faut consolider le Département et augmenter ses capacités et ses moyens d’action.

Dans ce cadre, il a noté avec satisfaction les progrès dans l’utilisation et l’amélioration du site Web de l’ONU dans les différentes langues officielles.  Il a aussi voulu une amélioration du caractère multilingue des publications avant de s’attarder sur la question des communiqués de presse.  Ces derniers, a-t-il estimé, jouent un rôle de premier plan dans la mise en relief du travail des différents organes des Nations Unies.  Ils constituent donc un outil de travail d’autant plus important pour les petites délégations qui, dotées de moyens limités, ne peuvent suivre toutes les réunions de l’ONU.  Le représentant s’est donc prononcé pour le maintien et le perfectionnement du service des communiqués

de presse.  Il a également jugé inutile de changer le nom de Département en Département de la communication et des relations extérieures arguant que cette appellation ne reflète pas parfaitement la nature des activités du Département.  Démontrant pour conclure l’importance que son pays attache à la révolution numérique, le représentant a rappelé que son pays est à l’origine de la convocation en 2003 à Genève et 2005 à Tunis d’un Sommet mondial sur le thème de la société du savoir.

M. LOUAY FALLOUH (République arabe syrienne) s’est félicité de la tenue de ces débats qui visent à renforcer la capacité du Département de l'information pour l’aider à s’acquitter de ses multiples missions.  Il a déclaré qu’il attachait une grande importance à ces travaux visant à mieux refléter le souhait des populations pour un monde où la justice et le respect prévaudraient.  Le Département de l'information a une grande responsabilité pour faire entendre la voix de l’ONU et expliquer ses objectifs dans toutes les régions de monde.  Il a formé le vœu que le Département de l'information puisse traduire les préoccupations de tous les Membres, des pays développés et des pays en en développement.  Il a rendu hommage au Département de l'information pour ses efforts en vue de mieux faire connaître la position des Nations Unies relative à la situation du Moyen-Orient, et l’agression israélienne contre le peuple palestinien.

En ce qui concerne le rapport du Secrétaire général sur le perfectionnement du site Web, il a regretté qu’il ne mette pas vraiment en évidence les écarts qui existent entre les différents sites.  A cet égard, il a exhorté l’Organisation à tout mettre en oeuvre pour arriver à une réelle parité linguistique entre les différents sites.  Par ailleurs, le représentant a regretté que le rapport du Secrétaire général mette en doute la valeur de certaines publications, estimant que cela traduit une «sélectivité».  Il a jugé tout à fait inopportun de renommer le Département de l'information, «Département de la communication et des relations extérieures».  C’est une erreur, a-t-il ajouté, car le plus important est que le Département puisse se faire entendre le mieux possible dans le monde sur ce qui se fait et se décide aux Nations Unies conformément à la mission très claire qui lui a été confiée le 13 février 1946 par les pères fondateurs de l’Organisation.  Il a dénoncé le déséquilibre qu’il y a en matière de parité linguistique dans la publication des documents.  Il a déclaré par ailleurs que l’on pouvait difficilement faire confiance à l’objectivité d’intermédiaires pour la diffusion d’informations sur les activités des Nations Unies. 

M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a d’abord appelé à des efforts pour combler le fossé numérique et fait part des mesures prises par son pays en ce sens.  Il a, dans ce cadre, souhaité que tout le système des Nations Unies soit mieux équipé et mieux intégré.  Il s’est ainsi félicité des progrès réalisés en ce qui concerne le site Web des Nations Unies relevant qu’il a même désormais un mécanisme d’alerte des informations.  Le Département de l’information ne doit pas pour autant négliger les moyens traditionnels de diffusion de l’information, a poursuivi le représentant en se déclarant impressionné par le succès des programmes de radio en direct.

Il a ajouté que les centres d’information sont le point de contact des Nations Unies et de la population mondiale.  Il a donc insisté pour que ces centres restent indépendants et qu’ils fonctionnent, de façon efficace.  Regrettant que ce soit le contraire qui se produise, le représentant a estimé que le processus actuel d’intégration des centres aux bureaux extérieurs du PNUD nuit à l’efficacité de ces centres et les isole du public visé.  Il a conclu en soulignant que la restructuration de Département ne sera réussie que si les Etats Membres accordent au Département les ressources nécessaires à cette tâche.  Les programmes doivent être améliorés et pas supprimés.  L’objectif de la réévaluation doit promouvoir la diffusion d’informations objectives sur le travail de l’ONU, ce qui permettra de générer l’appui international aux activités de l’Organisation et de favoriser la coopération internationale.

M. HIRA THAPA (Népal) a dénoncé le fossé numérique et ses conséquences néfastes sur les pays en développement.  C’est pourquoi, il a formé le vœu que les Nations Unies oeuvrent de leur mieux en vue de le réduire et pour aider les pays dans le besoin à profiter de tous les bénéfices qu’offrent les nouvelles technologies de la communication et de l’information.  Dans ce contexte, il a proposé que les centres d’information des Nations Unies fournissent les moyens de former des journalistes dans les pays en développement.

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For information media. Not an official record.