L’ECOSOC CLOT LES TRAVAUX DE LA PREMIERE PARTIE DE SA SESSION 2002 A LA CROISEE DES REUNIONS DE MONTERREY ET DE JOHANNESBURG

26 July 2002
ECOSOC/6026

L’ECOSOC CLOT LES TRAVAUX DE LA PREMIERE PARTIE DE SA SESSION 2002 A LA CROISEE DES REUNIONS DE MONTERREY ET DE JOHANNESBURG

26/07/02
Communiqué de presseECOSOC/6026

Conseil économique et social                                 ECOSOC/6026

Session de fond de 2002                                          26 juillet 2002

41e séance plénière – après-midi

Communiqué final

L’ECOSOC CLOT LES TRAVAUX DE LA PREMIERE PARTIE DE SA SESSION 2002 A LA CROISEE DES REUNIONS DE MONTERREY ET DE JOHANNESBURG

Prévention de la torture, peuples autochtones, lutte

contre le VIH/sida, PMA, développement humain, au centre des décisions prises

Le Conseil économique et social (ECOSOC) a achevé ce soir les travaux de sa session de fond de 2002, entamés le 1er juillet dernier, et qui ont été marqués notamment par l’adoption d’une résolution présentée par la Commission des droits de l’homme et aux termes de laquelle il recommande à l’Assemblée générale d’adopter le Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.  Le succès de l’ECOSOC doit être mesuré à l’impact qu’il a sur la vie des gens et non au nombre de résolutions adoptées, a souligné son Président, M. Ivan Simonovic, qui a dressé un bilan positif des travaux de cette session de fond.  En effet, a-t-il fait valoir, le Conseil a abordé pour la première fois la question du renforcement de son rôle dans des domaines tels que la consolidation de la paix ou la coordination de l’action humanitaire.  Le Conseil a également réfléchi aux voies et moyens de renforcer la coordination et la visibilité de ses travaux avec les agences, fonds et programmes des Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce et la société civile, notamment concernant le suivi de la Conférence sur le financement du développement de Monterrey.  Le Président a annoncé que le Conseil reprendrait sa session de fond de 2002 dans le courant de l’automne.

Concernant le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les Nations Unies, le Conseil a adopté sans vote une résolution par laquelle il encourage les donateurs à veiller à ce que le financement des situations d’urgence médiatiques ne porte pas préjudice aux autres situations d’urgence, en s’attachant par exemple à accroître le niveau général d’aide humanitaire.  Abordant par ailleurs un sujet largement évoqué durant le débat, le Conseil engage par cette résolution le système des Nations Unies et les organisations humanitaires à adopter et appliquer des mesures appropriées, y compris des codes déontologiques, pour tout le personnel intervenant dans des activités humanitaires, et à recommander des mesures visant à assurer une protection contre l’exploitation, les abus sexuels et l’utilisation abusive de l’aide humanitaire. 

Au titre de l’examen et de la coordination de l’exécution du programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010, adopté en mai 2001 à la Conférence de Bruxelles, le Conseil a invité tous les organismes des Nations Unies et les autres organisations multilatérales à intégrer la mise en

(à suivre)

oeuvre de la Déclaration de Bruxelles et du Programme d’action dans leur programme de travail et leurs processus intergouvernementaux.  Le texte adopté sur ce sujet réaffirme que le suivi du Programme d’action de Bruxelles devrait être essentiellement fondé sur l’évaluation des résultats économiques et sociaux des pays les moins avancés.  Cette question est étroitement liée au suivi du Consensus de Monterrey que le Conseil économique et social s’est également engagé à promouvoir dans une résolution saluée, entre autres, par le Sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales, M. Patrizio Civili.

Les délégations des pays suivants sont intervenues : Japon, Mexique, Chili, Australie, France, Chine, Danemark (au nom de l’Union européenne et des pays associés), États-Unis, République de Corée, Fédération de Russie, Venezuela (au nom du groupe des 77 et de la Chine). 

Comment renforcer davantage l’ECOSOC

Outre l’adoption des conclusions, le Conseil a pris note de deux rapports du Secrétaire général sur ce point (E/2002/62 et 73). 

Assistance économique spéciale, aide humanitaire et secours en cas de catastrophe

Aux termes de la résolution sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par l’Organisation des Nations Unies (E/2002/L.34) adoptée sans vote, l’ECOSOC demande instamment aux équipes de pays des Nations Unies d’encourager, en concertation avec les gouvernements et en vue de les soutenir, la planification préalable des risques éventuels liés aux situations d’urgence complexes ou aux catastrophes naturelles.  Il engage le système des Nations Unies à renforcer et à harmoniser ses instruments de planification, notamment le processus d’appel global, afin de faciliter la transition des opérations de secours à l’action de développement et de mieux tenir compte de la gestion des risques. 

L’ECOSOC prie le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, les autres membres du Comité permanent interorganisations, les pays touchés et les autres partenaires intéressés à veiller à ce que le processus d’appel global comporte des plans congruents qui permettent d’harmoniser les programmes de secours et de transition, notamment dans le domaine de la mobilisation des ressources.  Par ailleurs, le Conseil encourage les donateurs à veiller à ce que le financement des situations d’urgence médiatiques ne porte pas préjudice aux situations moins médiatiques, notamment en s’attachant à accroître le niveau général de l’aide humanitaire. 

Le Conseil engage vivement le système des Nations Unies et les organisations humanitaires à adopter et appliquer des mesures appropriées, y compris des codes déontologiques pour tout le personnel intervenant dans des activités d’aide humanitaire, à réexaminer les mécanismes de protection et de répartition et à recommander des mesures visant à assurer une protection contre l’exploitation et les abus sexuels et l’utilisation abusive de l’aide humanitaire, et il prie le Secrétaire général de lui faire rapport à ce sujet.

Au titre de ce point, le Conseil a par ailleurs pris note du rapport du Secrétaire général sur l’assistance au Mozambique.(E/2002/76)

Le représentant du Japon a salué le fait que pour la première fois en trois ans, l’ECOSOC soit parvenu à adopter une résolution par consensus sur l’action humanitaire.  Il a rendu hommage à la souplesse des délégations qui a permis de parvenir à un document équilibré qui devra maintenant être mis en oeuvre notamment par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Application et suivi intégrés et coordonnés des résultats des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies

Le Conseil économique et social décide, aux termes de la décision E/2002/L.28, adoptée sans vote, de prendre note du rapport du Secrétaire général concernant l’application des conclusions concertées 2001/1 du Conseil économique et social relatif au rôle des Nations Unies dans la promotion du développement, s’agissant en particulier de l’accès aux connaissances et aux technologies, surtout dans le domaine de l’information et de la communication, et de leur transfert, notamment grâce à des partenaires institués avec les intéressés, y compris le secteur privé (E/2002/64).

Le représentant du Chili a indiqué, en tant que facilitateur, que ce projet représente un effort pour faire avancer les choses. Les délégations pourront s’en saisir lorsqu’elles reprendront leurs négociations sur ce point, a-t-il ajouté.

Examen et coordination de l’exécution du Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010

Aux termes de la résolution relative au Programme d’action (E/2002/L.31) adoptée sans vote, l’ECOSOC invite tous les organismes des Nations Unies et les autres organisations multilatérales qui ne l’ont pas encore fait à intégrer la mise en oeuvre de la Déclaration de Bruxelles et du Programme d’action dans leur programme de travail et leurs processus intergouvernementaux.  Il invite également chacun des pays les moins avancés à faciliter, avec le soutien de ses partenaires pour le développement, l’application des mesures énoncées dans le développement et la stratégie pour l’élimination de la pauvreté établis au niveau national. 

Questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions

Au titre de ce point, le Conseil économique et social a adopté la résolution intitulée Conférence internationale sur le financement du développement, affirmant notamment son engagement à contribuer à la mise en œuvre du Consensus de Monterrey (le texte de cette résolution sera publié à une date ultérieure). 

Le représentant du Mexique s’est félicité de l’adoption de cette résolution qui reflète la clarté et la volonté avec laquelle l’ECOSOC entend contribuer au suivi des engagements pris à Monterrey par la Conférence sur le financement du développement.  Le suivi de cette Conférence nécessitera la participation active de tous les États membres pour traduire le Consensus de Monterrey en actions concrètes. 

Le Conseil a aussi pris note du rapport du Secrétaire général E/2002/55. 

Concernant la coopération internationale dans le domaine de l’informatique, l’ECOSOC a adopté la résolution intitulée « Nécessité d’harmoniser et d’améliorer les systèmes informatiques de l’Organisation des Nations Unies en vue de leur utilisation et de leur accessibilité optimales par tous les Etats » (E/2002/L.29) aux termes de laquelle il réaffirme qu’il accorde une grande priorité à l’accès sans entrave des Etats Membres aux bases de données informatisées et aux systèmes et services d’information des Nations Unies.  Il demande à son Président de reconduire pour une année encore le mandat de Groupe de travail spécial à composition non limitée sur l’informatique.  Le Conseil appuie les efforts du Groupe de travail visant à maintenir le réseau de coordonnateurs nationaux, établi en liaison avec le problème prévu au moment du passage à l’an 2000, afin qu’ils fassent connaître les meilleures pratiques et les enseignements tirés de l’expérience.

Au titre de cette question, le Conseil a pris note de la Note du Secrétaire général sur les préparatifs du Sommet mondial sur la société de l’information (E/2002/52).

Questions relatives à l’économie et à l’environnement

Au titre de ce point, le Conseil économique et social s’est prononcé sur une série de résolutions et décisions concernant les sous-thèmes suivants :

Sur le développement durable, le Conseil a adopté sans vote la résolution relative au Rapport du Comité des politiques du développement (E/2002/27/Rev.1) par laquelle il prie ce Comité de continuer de réétudier sa recommandation visant à radier les Maldives de la liste des pays les moins avancés.  Il prie les organisations internationales, les donateurs bilatéraux et les pays qui sortent, ou sont près de sortir, de la catégorie des PMA de poursuivre le débat sur le traitement à réserver à réserver à ces derniers. Il prend note de la recommandation du Comité selon laquelle il conviendrait d’établir des descriptifs de vulnérabilité pour chaque pays qui se rapproche du seuil de radiation de la liste des PMA notamment pour les Maldives. 

Au sujet de la science et technique au service du développement, le Conseil économique et social a adopté -par 34 voix pour, 15 contre et 5 abstentions la résolution III contenue dans le rapport de la Commission de la science et de la technique au service du développement (E/2001/31), par laquelle il décide que la Commission se réunira une fois par an ainsi que d’étudier la possibilité de créer un mécanisme international pour appuyer et promouvoir la recherche-développement dans les pays en développement, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. 

Le représentant de la France a rappelé les raisons pour lesquelles l’Union européenne ne souscrivait pas à cette résolution.  Il a d’abord indiqué qu’il n’était pas convaincu de la valeur ajoutée de cette commission et a fait remarquer qu’actuellement, 5 sièges sur 8 sont vacants.  Il a également exprimé ses doutes quant à l’augmentation de la fréquence des sessions qui n’est pas, selon lui, un gage d’efficacité.

Le représentant du Venezuela, au nom du Groupe des 77 et la Chine, a estimé qu’il est prévu que la Commission se réunisse une fois par an.  Depuis, l’ECOSOC a toujours reporté sa décision à ce sujet.  La Commission de la science et la technique est la seule commission qui ne se réunisse pas tous les ans or son programme est important, a-t-il souligné.  Des sessions annuelles sont indispensables.  Des sessions biennales ne lui permettent pas de s’acquitter de sa  mission.  Le groupe des 77 et la Chine appuie le texte sans équivoque.

Le représentant des Etats-Unis a indiqué qu’une session annuelle entraînerait des dépenses supplémentaires et a souhaité que l’on reporte l’examen de cette question.

Le représentant de la Chine a fait remarquer que la Commission de la science et la technique est le seul organe des Nations Unies où les pays peuvent examiner l’évolution rapide que connaît le monde du fait des progrès de la science et la technique.

Le représentant de la Fédération de Russie a estimé que la Commission doit se réunir une fois par an.  Il a demandé de ne pas prendre une décision trop hâtive à ce stade sur cette question.

Le représentant de l’Australie a indiqué qu’il a voté contre le texte, estimant que des sessions annuelles ne sont pas justifiées. L’Australie ne veut pas appuyer les financements supplémentaires.

Le représentant de la République de Corée a déclaré que sa délégation s’est abstenue tout en reconnaissant l’attention à porter aux questions scientifiques et techniques.

Le représentant de la France a indiqué que l’Union européenne s’incline devant la voix de la majorité. Le Groupe de travail des Nations Unies sur les technologies de l’information et de la communication nous paraît mieux armé que la Commission sur la science et la technique sur ce thème, a-t-il estimé, ajoutant qu’il revient à la Commission de montrer qu’elle est mieux à même de le faire.  Si elle n’y parvient pas, son avenir sera très incertain, a-t-il indiqué.

En ce qui concerne les statistiques, le Conseil économique et social a décidé, sur proposition de la Commission de statistique, que la trente-quatrième session de la Commission se tiendrait du 4 au 7 mars 2003 à New York.  Aux termes de cette décision, contenue dans le rapport de la Commission (E/2002/24), le Conseil approuve l’ordre du jour provisoire de cette trente-quatrième session.

La représentante du Danemark, intervenant au nom de l’Union européenne, a regretté qu’il ne soit pas possible de traiter de l’ensemble du rapport de la dernière session de la Commission de statistique qui n’est que factuel.  Elle s’est interrogée sur les raisons pour lesquelles il fallait renvoyer à plus tard la décision d’entériner le rapport.

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, le représentant du Venezuela a expliqué avoir demandé le report de l’examen de ce rapport car certaines délégations n’avaient pu prendre connaissance de deux autres rapports concernant les indicateurs d’évaluation des conférences qui doivent être traités ensemble.

Au sujet desétablissements humains, l’ECOSOC a adopté sans vote la résolution relative à la mise en oeuvre coordonnée du Programme pour l’habitat (E/2002/30/Rev.1) aux termes de laquelle il invite les gouvernements qui peuvent le faire à accroître leurs contributions financières à la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et invite également les institutions financières internationales, s’il y a lieu, à aider les pays en développement à mettre en oeuvre le Programme pour l’habitat et la Déclaration sur les villes et autres établissements humains et à réaliser l’objectif énoncé dans la Déclaration du Millénaire consistant à améliorer la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis d’ici à 2020.

Dans le cadre de la questionPopulation et développement, l’ECOSOC, sur proposition de la Commission de la population et du développement, a pris acte du rapport de la trente-cinquième session (E/2002/25) de cette dernière et a approuvé l’ordre du jour de sa trente-sixième session. 

En ce qui concerne le Forum des Nations Unies sur les forêts, le Conseil a par deux décisions pris note du rapport de la deuxième session du Forum et adopté l’ordre du jour de sa troisième session qui se tiendra à Genève, du 26 mai au 6 juin 2003. 

Le représentant du Venezuela, intervenant au nom du Groupe des 77 et la Chine, a indiqué que des amendements ont été faits au rapport en consultations informelles et que l’agencement du rapport s’en trouve par conséquent légèrement modifiée. 

Autres questions

Le Conseil économique et social a également procédé à l’élection à des postes vacants dans différents organes subsidiaires.

La Roumanie a ainsi été élue au poste vacant de la Commission du développement social, pour un mandat de 4 ans commençant le 1er janvier 2003.  L’Arménie a été élue au poste vacant de la Commission de la condition de la femme pour un mandat de 4 ans commençant à la même date. Le poste vacant de la Commission de la science et de la technique au service du développement est revenu, après élection, à la Bolivie, toujours pour un mandat de quatre ans commençant à  la même date.  Le Conseil a par ailleurs reporté l’élection à cette même Commission d’un membre des pays du groupe d’Asie et de deux membres du Groupe d’Europe occidentale et autre Etat.

Monaco a été nommé pour être élu par l’Assemblée générale au poste vacant du Comité du Programme et de la coordination, pour un mandat de trois ans commençant le 1er janvier 2003.  Les postes vacants du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies sur les établissements humains sont revenus, après élection, au Burundi et à l’Equateur pour un mandat de quatre ans commençant le 1er janvier 2003.

Mme Chokila Iyer* a été élue au Comité des droits économiques, sociaux et culturels, pour un mandat de 4 ans commençant le 1er janvier 2003.  Le Conseil a aussi élu la Pologne par acclamation au  Conseil d’administration du programme alimentaire mondial (PAM) pour un mandat de trois ans commençant le 1er janvier 2003.  La Chine, le Danemark et le Portugal ont étés élus par acclamation au Sous-Comité d’experts du système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques.  Le Portugal a été également élu au sein du Sous-Comité d’experts du transport de marchandises dangereuses.

Par ailleurs, le Soudan a été élu au Comité des organisations non gouvernementales pour un mandat de 4 ans commençant le 1er janvier 2003 après la démission des Comores. Sa démission de la Commission sur la prévention du crime et de la justice pénale a permis l’élection des Comores à ce poste pour un mandat de 3 ans commençant le 1er janvier 2003.

* Le curriculum vitae de Mme Iyer est contenu dans un document publié sous la cote E/2002/L.1/Add.23

Déclarations de clôture

Intervenant en fin de séance, le Sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales, M. PATRIZIO CIVILI, a salué les résultats importants de cette session de fond du Conseil économique et social.  Il a salué notamment la résolution adoptée sur le suivi de la Conférence de Monterrey et jugé que l’ECOSOC avait ainsi manifesté son engagement à contribuer à la réalisation concrète des Objectifs de développement du Millénaire. 

Le Président de l’ECOSOC, M. IVAN SIMONOVIC (Croatie), a salué les efforts consentis par les délégations pour assurer le succès de cette session de fond notamment sur les questions les plus importantes abordées par l’ECOSOC.  Il a souligné que cette session s’inscrivait au carrefour de deux événements d’une grande importance pour le développement économique et social, à savoir la Conférence de Monterrey et le Sommet de Johannesburg.  Cette session a été un succès car elle a permis aux Ministres, aux délégations et à la société civile de lancer une dynamique constructive pour assurer la mise en oeuvre des Objectifs de développement du Millénaire et d’engager des actions concrètes pour éradiquer la pauvreté et encourager le développement durable.  M. Simonovic a mentionné par ailleurs l’intérêt porté, au cours de cette session, aux questions relatives à la lutte contre le VIH/sida.  Il a assuré que l’ECOSOC coordonnerait ses efforts avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et les institutions de Bretton Woods dans le suivi de la mise en oeuvre du Consensus de Monterrey.  Il a souhaité que le Sommet de Johannesburg puisse être l’occasion de concrétiser cette coordination en prenant en compte les avancées de la Conférence ministérielle de l’OMC de Doha et celles de Monterrey.

Le Président a fait valoir que cette session s’était penchée sur la question du renforcement du rôle du Conseil économique et social notamment dans les domaines de la consolidation de la paix et du développement durable.  A ce titre, M. Simonovic a mentionné l’accent mis sur la mise en oeuvre des décisions prises lors des grandes conférences et sommets organisés par les Nations Unies sur les questions de développement.  Le succès de l’ECOSOC doit être mesuré à l’impact qu’il a sur la vie des gens et non au nombre de résolutions adoptées et à ce titre, il a salué la décision concernant la possibilité de créer, à la demande des pays africains sortant d’un conflit, un Groupe consultatif spécial.  M. Simonovoc a annoncé à ce sujet que la Guinée-Bissau avait été le premier pays à demander la mise en place d’un tel groupe et que l’ECOSOC devrait examiner cette demande en réunion informelle.  Le débat général a confirmé l’importance de la coordination des travaux des différentes agences, fonds et programmes des Nations Unies, a-t-il dit, de même que le besoin d’intensifier le dialogue afin de donner davantage de visibilité aux travaux de l’ECOSOC et au suivi des grandes conférences.

Aperçu de la session

        De cette session, on retiendra l’adoption par 35 voix pour, 8 voix contre et 10 abstentions, de la résolution relative au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Après le rejet de l’amendement américain pour prolonger les négociations, le Conseil a suivi sa Commission des droits de l’homme et recommandé à l’Assemblée générale d’adopter et d’ouvrir à la signature et à la ratification ou à l’adhésion le Protocole.  Ce Protocole établit un système régulier de visites des prisons par des organes nationaux et internationaux indépendants et vient avaliser dix ans de négociations qui ont abouti à ce que certains ont appelé « le meilleur compromis possible » pour prévenir la torture dans le monde.  Le texte sera soumis à l’Assemblée générale en septembre prochain.

Le Conseil ayant créé, l’année dernière, une Instance permanente sur les questions autochtones, on retiendra la décision prise cette année d’ouvrir, au sein du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, un secrétariat de l’Instance.  Adhérant à l’argument de l’Instance selon lequel l’ampleur des questions examinées requiert un soutien logistique, le Conseil a chargé le secrétariat de l’Instance de la mise en oeuvre du programme d’activités de cette dernière, de la sensibilisation aux questions autochtones, de l’intégration des activités du système des Nations Unies relatives aux questions autochtones, et de la diffusion d’informations.

Au titre des autres innovations, il faut aussi signaler la création du Forum social décrit comme un forum de présession de la Sous-Commission de la Commission des droits de l’homme chargée en particulier des droits économiques, sociaux et culturels.  Le Forum social, qui devrait se réunir pour la première fois du 30 juillet au 2 août, aura à examiner la relation entre la question générale de la lutte contre la pauvreté et celle plus controversée du droit à l’alimentation.  A l’exception de la décision relative au secrétariat de l’Instance permanente, les textes mentionnés font partie des 44 recommandations de la Commission des droits de l’homme.

En présence du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan et du Secrétaire américain au Trésor, M. Paul O’Neill, le Conseil avait lancé sa session de fond sur le thème de la contribution au développement de la mise en valeur des ressources humaines, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.  Ce thème, qui a fait l’objet d’un débat ministériel, de quatre tables rondes et d’un débat général, a donné lieu à une Déclaration ministérielle énumérant des mesures propres à améliorer le sort des 120 millions d’enfants restés en dehors des circuits scolaires et des 2 milliards de personnes ne pouvant accéder à des soins de santé.  L’élément nouveau de cette Déclaration est que les ministres et chefs de délégations se déclarent résolus à mobiliser les 10 milliards de dollars par an nécessaires à la lutte contre le VIH/Sida et à apporter des fonds supplémentaires au Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

La question des ressources a resurgi lors de l’examen des activités des fonds et programmes de l’ONU sur le terrain dites « activités opérationnelles ».  Le fait que les ressources de base d’un programme comme le Programme des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUD) soit passé d’1 milliard 74 millions de dollars en 1992 à 651 millions de dollars en 2001, ont conduit le Conseil à se féliciter, dans la résolution pertinente, des efforts du PNUD, de l’UNICEF et du FNUAP pour mettre en place des plans de financement pluriannuels afin d’augmenter les ressources de base et améliorer leur prévisibilité.  Les efforts de simplification et d’harmonisation des règles et procédures des activités opérationnelles ont été accueillis dans le même esprit en ce qu’ils permettent de réduire les coûts de transaction et de dégager ainsi des ressources pour d’autres activités.

Une collaboration plus étroite entre les fonds et programmes a été encouragée par le Conseil qui, une nouvelle fois, a souligné l’importance des processus dits « bilan commun de pays » et « Plan-cadre des Nations Unies pour l"aide au développement". Respectivement aux nombres de 101 et 53 à ce jour, ces processus doivent, selon le Conseil économique et social, assurer une plus grande cohérence avec les documents stratégiques de réduction de la pauvreté établis dans le cadre des programmes de la Banque mondiale.  A ce propos, le Conseil a lancé une réflexion sur l"impact qu"aura sur les prérogatives des fonds et programmes de l"ONU, la décision, prise début juillet, par l"Association internationale pour le développement (AID) d"autoriser la Banque mondiale à accorder des dons à hauteur de 18 à 21% de son budget.

La nécessité d’assurer une bonne coordination entre tous les partenaires de développement a sous-tendu les travaux du Conseil au cours de cette session.  Investi par la Déclaration du Millénaire de 2000 du rôle de catalyseur des efforts de ces partenaires, le Conseil s’est penché sur les moyens de renforcer son impact dans une mise en oeuvre coordonnée des résultats des grandes conférences et sommets des Nations Unies, en particulier le Programme d’action en faveur des PMA pour la décennie 2001-2010.  Dans les « conclusions agréées » qu’il a tirées des débats menés sur cette question, le Conseil dit son intention de travailler avec les organismes du système de l’ONU, y compris les institutions internationales financières et commerciales.  Ainsi, le Conseil entend tenir chaque année un dialogue avec les chefs des fonds et programmes de l’ONU sur les questions de coordination.

Le Conseil continuera aussi à assurer harmonisation, coordination et cohérence dans les ordres du jour et programmes de travail de ses commissions techniques par l’établissement d’une claire division du travail.  Dans ses efforts, le Conseil dit garder à l’esprit l’appel de la Déclaration du millénaire visant à offrir davantage l’occasion au secteur privé, aux ONG et à la société civile en général de contribuer aux objectifs de développement.

Outre les questions mentionnées, le Conseil a examiné les suivantes : application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance; répercussions économiques et sociales de l’occupation israélienne; ONG ; les questions relatives à l’économie et à l’environnement.  Cette dernière question est particulièrement importante à la veille du Sommet mondial pour le développement durable qui doit se tenir à Johannesburg du 26 août au 4 septembre.  Ainsi, le Conseil a pris note du rapport de la deuxième session du Forum des Nations Unies sur les forêts qui contient une déclaration ministérielle à l’intention du Sommet mondial.

Pour les Ministres chargés des forêts, le Sommet mondial offre une occasion unique de renforcer l’engagement politique et de promouvoir la coopération internationale pour une gestion durable des forêts et pour appuyer la mise en oeuvre des propositions d’action du Groupe intergouvernemental et du Forum intergouvernemental sur les forêts (GIF/FIF).  Les Ministres demandent le lancement d’initiatives concrètes et spécifiques sur le terrain afin de parvenir au développement durable et de promouvoir des partenariats entre les gouvernements et les parties prenantes, y compris le secteur privé, les collectivités autochtones et locales et ONG.

Composition du Bureau du Conseil économique et social

      Les personnalités suivantes composent le Bureau : M. Ivan Simonovic (Croatie) à la Présidence et Mme Marjatta Rasi (Finlande), MM. Jassim Mohammed Buallay (Bahreïn), Gert Rosenthal (Guatemala) et Dumisani Shadrack Kumalo (Afrique du sud) aux Vice-Présidences.

Membres du Conseil économique et social

Le Conseil est composé de 54 membres élus pour trois dont les mandats expirent  entre 2002 et 2004.  Il s’agit des pays suivants : Afrique du sud, Allemagne, Andorre, Angola, Argentine, Australie, Autriche, Bahreïn, Bénin, Bhoutan, Brésil, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Chili, Chine, Costa Rica, Croatie, Cuba, Egypte, El Salvador, Espagne, Etats-Unis, Ethiopie, Fédération de Russie, Fidji, Finlande, France, Géorgie, Ghana, Guatemala, Hongrie, Inde, Iran, Italie, Jamahiriya arabe libyenne  , Japon, Malte, Mexique, Népal, Nigéria, Ouganda, Pakistan, Pays-Bas, Pérou, Qatar, République de Corée, Roumanie, Royaume-Uni, Soudan, Suède, Suriname, Ukraine et Zimbabwe.

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