DES DELEGATIONS EXHORTENT LE DEPARTEMENT DE L’INFORMATION A PROMOUVOIR UN NOUVEL ORDRE MONDIAL DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

1 May 2001
PI1339

DES DELEGATIONS EXHORTENT LE DEPARTEMENT DE L’INFORMATION A PROMOUVOIR UN NOUVEL ORDRE MONDIAL DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

01/05/2001
Communiqué de pressePI1339

Comité de l'information                                     PI/1339

23e session - 2e séance - matin                             1 mai 2001

DES DELEGATIONS EXHORTENT LE DEPARTEMENT DE L’INFORMATION A PROMOUVOIR UN NOUVEL ORDRE MONDIAL DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

Le Comité de l’information a poursuivi, ce matin, sous la présidence de

M. Milos Alcalay (Venezuela), son débat général au cours duquel de nombreuses délégations ont exprimé leurs inquiétudes concernant le fossé numérique qui se creuse entre pays développés et pays en développement et a appelé à la promotion d’un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication.  En effet, la mondialisation s’accompagne d’un essor fulgurant des nouvelles technologies de l’information et de la communication mais les avantages de ce développement qui pourraient aider les pays du Sud à sortir de la pauvreté ne sont pas équitablement répartis sur la planète.  Ainsi, comme l’ont souligné les représentants de Cuba et de la Mongolie, 93% des utilisateurs et 97% des serveurs d’Internet sont situés dans les pays développés tandis que le commerce électronique, qui représentait en 1998 un chiffre d’affaires de 45 milliards de dollars, devrait s’élever, en 2004, à environ 7 000 milliards de dollars.

S’agissant des mesures à prendre pour réduire cette fracture digitale entre pays riches et pays pauvres, les délégations ont recommandé la mise en place d’un partenariat entre pays développés et pays en développement qui garantisse un transfert de technologies et le financement de projets de formation.  A ce titre, le représentant du Nigéria, après avoir souligné les atouts que constituent les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour le développement économique et social, a toutefois fait observer que la condition préalable, pour l’Afrique, était de garantir l’accès des populations à l’électricité et aux télécommunications.  De nombreuses délégations, à l’instar de la Mongolie, ont souhaité que les Nations Unies, et en particulier le Département de l’information et le Comité de l’information, facilitent le processus d’accès équitable de tous les pays en développement aux nouvelles technologies.

Cependant, en marge du développement des nouvelles technologies, l’équilibre doit être assuré avec les médias traditionnels qui conservent toute leur importance dans les pays en développement comme l’ont fait remarquer les représentants du Yémen et du Nigéria.  A son tour, le représentant de l’Egypte s’est félicité du projet pilote développé par le Département de l’information et qui consiste à renforcer la capacité de diffusion internationale, ajoutant que ce projet illustre un des succès du Département en matière de réorientation de ses activités de communication et soulignant l’importance du partenariat conclu avec 155 radios et télévisions locales à l’échelle de la planète.

(à suivre - 1a)

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Au-delà du fossé numérique, un autre déséquilibre relatif à l’usage de l’anglais et des cinq autres langues officielles de l’Organisation a été regretté par de nombreux pays.  En effet, la prédominance de l’anglais dans la stratégie de communication et d’information de l’Organisation préoccupe tout autant le Groupe des Etats d’Europe occidentale et autres Etats, qui s’exprimait ce matin par le biais du représentant des Pays-Bas, que les représentants des pays d’expression arabe ou hispanophone qui s’inquiètent de l’usage limité de leurs langues respectives dans les vecteurs de communication et d’information des Nations Unies, en particulier sur le site Web.  Une des voies suggérées, notamment par les représentants des Pays-Bas et de la République de Corée, pour remédier à ce déséquilibre et assurer une plus grande parité linguistique, serait de faciliter l’accès aux documents du disque optique, qui existent dans les six langues officielles, via le site Web des Nations Unies. 

Les délégations se sont également prononcées en faveur de la création de Maisons des Nations Unies telles que suggérées par le Secrétaire général ainsi que de la création de bibliothèques des Nations Unies modernisées à l’image de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld.  Enfin, s’agissant des Centres d’information des Nations Unies sur le terrain, de nombreuses délégations de pays en développement ont salué la volonté du Secrétaire général de les faire fusionner, en prenant en compte les vues des pays hôtes, avec les représentations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), à l’instar du représentant du Nigéria qui a souhaité qu’une telle mesure multiplie les opportunités de formation de techniciens et de fourniture d’équipements et d’infrastructures dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication, en particulier pour les pays africains.

En début de séance, le Président a déclaré que M. Shashi Tharoor, Chef par intérim du Département de l’information, répondrait aux questions soulevées par les délégations au cours du débat général.  Il a également annoncé que les délégations d’Antigua-et-Barbuda et de la Palestine souhaitaient participer aux travaux du Comité en qualité d’observateur.

Au cours du débat, les représentants des pays suivants ont pris la parole : Algérie, Nigéria, Mongolie, Cuba, Pays-Bas (au nom du Groupe des Etats d’Europe de l’Ouest et autres Etats), République arabe syrienne, République de Corée, Fédération de Russie, Egypte, Yémen.  L’Observateur permanent de la Palestine a également fait une déclaration. 

Les représentants des Etats-Unis et de Cuba ont exercé leur droit de réponse. 

Le Comité poursuivra son débat général demain, mercredi 2 mai, à 10 heures. 

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Débat général

M. MOHAMMED BELAOURA (Algérie) a déclaré que le Département de l’information occupe une place centrale dans l’élaboration et la diffusion du message de l’Organisation et joue un rôle essentiel pour assurer à ce message le rayonnement le plus large possible.  Rappelant que l’Organisation des Nations Unies vient de proclamer la deuxième Décennie internationale pour l’élimination du colonialisme, il a appelé le Département à redoubler d’efforts pour assurer une large diffusion de l’information sur l’action de l’ONU en matière de décolonisation.  Le représentant de l’Algérie s’est félicité du développement et de la notoriété grandissante du site Web de l’Organisation et tout particulièrement du recrutement de trois coordonnateurs pour les pages arabe, russe et chinoise de ce site.  Il a insisté pour que l’enrichissement du site soit renforcé afin que les six langues officielles de l’Organisation des Nations Unies disposent de moyens équivalents et puissent, par conséquent, proposer la même qualité et le même volume de produits.  Il a également souhaité que la documentation et les références en langue arabe de la bibliothèque Dag Hammarskjöld soient multipliées et renforcées. 

M. Belaoura a déclaré que la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse permet de réaffirmer l’engagement et l’exigence de la communauté internationale pour le respect de cette liberté et de sa promotion partout dans le monde, mais aussi de rappeler la nécessaire déontologie qui doit présider à l’exercice de ce noble métier.  A cet égard, a-t-il poursuivi, les Nations Unies doivent jouer un rôle de premier plan à la fois par la promotion des principes de liberté et d’éthique de la presse et par le développement de la coopération au profit des pays du Sud.  Citant le rapport publié par la Banque mondiale, M. Belaoura a tenu à souligner que seule une coopération internationale conséquente pourrait inverser la tendance à l’accroissement du fossé entre le Nord et le Sud en matière de développement économique et social et dans les domaines de l’information et de la communication, et permettre la réalisation de l’objectif visant à réduire de moitié le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté d’ici 2015.  Consciente que les Centres d’information de l’Organisation des Nations Unies sont un l’outil permettant de rendre l’information disponible pour le plus grand nombre possible de chercheurs et d’utilisateurs, sa délégation souhaite que ces centres soient continuellement dotés de ressources humaines et matérielles adéquates.  A cet égard, M. Belaoura a précisé qu’il faudrait accorder un intérêt particulier pour doter les Centres d’information situés dans les pays en développement de moyens technologiques de communication les plus récents.    

M. CHARLES AZUBIKE ONONYE (Nigéria) a déclaré que la promotion d’un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication constitue un défi important pour le Nigéria et une étape essentielle dans le processus de mondialisation et de libéralisation de l’économie.  Il a ajouté qu’en Afrique, l’accès élargi aux technologies de l’information permettrait d’améliorer le système éducatif mais également d’assurer la sécurité alimentaire dans la mesure où ces technologies amélioreraient les prévisions météorologiques et les méthodes agraires par l’échange d’information grâce à l’Internet.  M. Ononye a, toutefois, reconnu que le préalable pour ces populations rurales démunies était l’accès à l’électricité et aux télécommunications. 

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Il a fait observer que les technologies modernes de l’information et de la communication facilitent l’accès, pour les populations, aux informations émanant d’institutions publiques et pourraient renforcer les processus en cours de mise en place d’institutions démocratiques fiables dans les démocraties émergentes.  Concernant les apports des nouvelles technologies dans le domaine du développement économique et social, il a regretté que leur réalité n’ait pu être véritablement constatée à ce jour dans les pays du Sud et a dénoncé le fossé numérique qui sépare ces pays des pays développés. 

M. Ononye a poursuivi en se félicitant des efforts du Département de l’information (DPI) pour développer des outils de communication plus modernes, notamment la création du site Web.  Il a cependant lancé un appel au DPI pour qu’il applique les orientations définies dans la Déclaration du millénaire et communique davantage sur les questions portant sur le développement économique et social, la réduction de la pauvreté et la lutte contre l’analphabétisme.  Le représentant a insisté pour que les médias traditionnels, tels que la radio qui demeure le plus accessible, soient développés davantage et ouverts à d’autres langues.  Il a souhaité que l’intégration des Centres d’information des Nations Unies (UNIC) au sein des mécanismes du Programme des Nations Unies pour le développement contribue à former davantage de personnes dans les pays en développement aux nouvelles technologies.  Il a souhaité que la communauté internationale mobilise ses efforts et ses ressources pour aider le DPI à s’acquitter de sa tâche, estimant que dans ce secteur, la coopération internationale s’impose pour le bien-être de l’humanité. 

M. JARGALSAIKHANY ENKHSAIKHAN (Mongolie) a déclaré que le monde d’aujourd’hui est caractérisé par un essor spectaculaire des technologies de l’information et de la communication qui offrent des perspectives de développement économique, politique et social sans précédent, soulignant que le commerce électronique estimé à 45 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 1998 devrait atteindre 7 000 milliards de dollars en 2004.  En dépit de ces chiffres, le représentant a regretté que le fossé numérique devienne de plus en plus inquiétant pour l’humanité au XXIe siècle, rappelant que seuls 277 millions des

6 milliards d’êtres humains ont accès à l’Internet.  Il a estimé qu’il est urgent pour la communauté internationale de remédier à cette fracture digitale et de garantir un accès élargi des pays en développement aux nouvelles technologies de l’information afin de renforcer la notion de développement humain dans le contexte de la mondialisation.  M. Enkhsaikhan a ajouté que le système des Nations Unies, et en particulier le Comité de l’information, devrait jouer un rôle moteur dans le processus visant à garantir un accès universel équitable aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.  A cet égard, il s’est félicité des efforts du Département de l’information dans la réorientation de ses activités et la redéfinition de ses politiques d’information destinées au public, citant notamment le site Web de l’Organisation ainsi que le projet de radiodiffusion internationale.  Il a considéré que les Nations Unies devraient insister sur la communication en marge des opérations de maintien de la paix afin de renforcer les chances de succès de ces missions.  Il a ajouté que le système d’information des Nations Unies devrait communiquer davantage sur les questions de développement économique et social ainsi que sur les questions environnementales.  M. Enkhsaikhan a souhaité que la présente session du Comité de l’information soit l’occasion de trouver des solutions au problème posé par le fossé numérique et de renforcer les capacités des pays en développement. 

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M. RAFAEL DAUSA CESPEDES (Cuba) a fait observer que le fossé numérique sépare davantage les pays développés des pays en développement à mesure que des progrès sont réalisés, précisant que 93% des utilisateurs d’Internet et 97% des serveurs Internet sont situés dans des pays développés.  La nouvelle économie, a-t-il poursuivi, transforme progressivement l’information en un bien dont la valeur est égale ou supérieure à celle des biens traditionnels, créant ainsi un nouvel obstacle pour les pays du tiers monde qui ont besoin de ces technologies et doivent en disposer librement.  La recherche du profit prévaut sur la nécessité d’une recherche privée, les droits de propriété intellectuelle excluent les pays en développement de la connaissance et la législation en matière de brevets ne reconnaît pas le savoir ou les systèmes traditionnels de propriété qui sont si importants pour les pays du Sud.  L’absence de volonté politique des pays industrialisés pour renverser cette tendance pousse Cuba à se déclarer convaincu qu’un nouvel ordre mondial de la communication et de l’information est maintenant plus que jamais nécessaire.  Aujourd’hui, nous sommes témoins d’une situation où les pays développés n’ignorent pas seulement leurs engagements mais tentent d’ignorer le principe selon lequel l’information est vraiment au service de l’humanité.  A cet égard, M. Dausá Céspedes a rappelé que les principes contenus dans la résolution  intitulée “L’information au service de l’humanité” sont plus importants que jamais et ne peuvent pas être remplacés par une discussion sur le fossé numérique qui est également un thème majeur. 

La communauté internationale et les Nations Unies doivent redoubler d’efforts pour passer des mots à l’action et parvenir au développement scientifique et technologique des pays en développement leur permettant d’être des partenaires actifs dans le développement de ces ressources.  Dans ce cadre, les Centres d’information des Nations Unies doivent jouer un rôle important pour assurer une meilleure diffusion de l’information sur les Nations Unies et exercer leur influence sur les Etats Membres.  Cuba est préoccupé par les difficultés que posent le processus d’intégration des Centres d’information au Bureau de liaison du Programme des Nations Unies pour le développement.  Il estime qu’une attention particulière doit être accordée à la question du financement adéquat des centres d’information, en particulier ceux situés dans les pays en développement.  Cuba se félicite des efforts déployés par le Département pour développer le site Web de l’ONU ainsi que des efforts visant à rendre disponible l’Internet et les technologies d’avant-garde dans les pays en développement.  Toutefois, Cuba réitère que le développement des nouvelles technologies ne doit pas se faire aux dépens de la capacité et de l’ampleur des programmes de radio et de télévision qui sont essentiels aux pays en développement.  La délégation cubaine insiste sur la nécessité de renforcer le multilinguisme du site Web de l’Organisation dans les six langues officielles.  La langue espagnole doit tout particulièrement être traitée comme elle le mérite sur le site et dans toutes les activités du Département.  Cuba souligne qu’il n’approuve pas les propositions contenues dans le rapport Brahimi visant à réduire l’effectif du Département de l’information. 

Le représentant a dénoncé les agressions menées par les Etats-Unis contre son pays.  Environ 1 600 heures de programmes de radio et de télévision sont diffusés à Cuba depuis les Etats-Unis sur quelque 26 fréquences, y compris la radio et la télévision Marti qui est financée et contrôlée par le Gouvernement des Etats-Unis et qui dépense plus de 22 millions de dollars chaque année dans une “guerre électronique” contre Cuba. 

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Ces transmissions phoniques et télévisées constituent non seulement une atteinte à la souveraineté de Cuba mais également une violation flagrante des règlements de l’Union internationale des télécommunications.  Les Etats-Unis ignorent la condamnation par la communauté internationale et des Nations Unies de l’ingérence dans les affaires intérieures et de la violation de la souveraineté d’un pays et continuent à financer, faciliter et encourager les retransmissions illégales contre Cuba, certaines d’entres elles étant clairement terroristes.  Cette guerre électronique a pour but de briser la révolution cubaine.  Cuba, qui condamne cette agression, continuera à prendre toutes mesures nécessaires pour combattre ces activités.  

M. PETER MOLLEMA (Pays-Bas), s’exprimant au nom du Groupe des Etats d’Europe occidentale et autres Etats, a considéré que la présente session du Comité de l’information constitue une étape importante pour la gestion de l’information par les Nations Unies, et en particulier par le Département de l’information (DPI).  Il a assuré le DPI du soutien du Groupe, estimant que les Nations Unies ne peuvent s’acquitter de leurs activités sans les médiatiser.  A cet égard, le représentant a considéré que l’évolution technologique dans le domaine de l’information et de la communication constitue un défi pour le DPI dans la mesure où il doit renforcer son efficacité tout en établissant un équilibre entre les médias traditionnels et les technologies du XXIe siècle.  Le représentant a déclaré que les technologies évoluent à une vitesse incroyable, mais il a regretté que tout le monde n’en bénéficie pas de la même manière, estimant que pays développés et pays en développement devraient oeuvrer en étroite coopération pour remédier à ce fossé numérique.  Dans ce contexte de changements technologiques, les Nations Unies devront s’efforcer de diffuser le plus largement possible leurs informations et poursuivre les  réformes à cette fin.  Il a considéré que les stratégies d’information et de communication devraient être au coeur des préoccupations du système des Nations Unies et ne pas être limitées au Département de l’information.  Il a encouragé le DPI à poursuivre la rationalisation de ses activités d’information afin de s’assurer que le message est véhiculé au mieux mais, dans le même temps, il a suggéré que le DPI cible davantage son message selon les attentes du public auquel il est destiné. 

Concernant les langues, le représentant s’est inquiété de l’écart constant entre l’usage de l’anglais et des cinq autres langues officielles des Nations Unies qui est certain, notamment sur le site Web de l’Organisation.  Pour remédier à cette situation, il a proposé que le disque optique soit accessible depuis le site Web afin de garantir l’accès aux documents des Nations dans toutes les langues.  Il a également appuyé la proposition du Secrétaire général de créer des Maisons des Nations Unies et de développer le concept de bibliothèques des Nations Unies, à l’image de la bibliothèque Dag Hammarskjöld.  M. Mollema a souhaité en outre que DPI renforce sa coopération avec le Département des opérations de maintien de la paix.  Concernant la liberté de la presse, le représentant a souhaité que des programmes soient développés pour lutter contre les “médias de la haine” dans le monde et a condamné le recours de la violence pour réprimer les journalistes. 

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M. LOUAY FALLOUH (République arabe syrienne) a exprimé son empressement et son entière disponibilité pour faire aboutir les efforts visant à réorienter le Département de l’information.  La délégation syrienne accorde une attention toute particulière à la question d’un nouvel ordre mondial de l’information plus juste et plus équitable qui tiendrait compte des cultures et contribuerait à créer un monde de tolérance et de respect mutuel.  Pour ce faire, il convient de combler le fossé numérique afin de permettre aux pays en développement de refléter eux-mêmes la situation dans leurs pays sans renoncer à leurs luttes et à leurs aspirations.  La République arabe syrienne a réalisé de grands progrès dans le domaine de l’information, convaincue que l’information et le développement sont des compagnons de route obligés.  Elle continue à diffuser des informations sur les événements internationaux, en particulier ceux qui sont de première importance pour les pays en développement.  Elle a réalisé de grands progrès grâce à l’Internet et aux satellites pour diffuser sur la scène internationale des informations sur le pays et sur les défis que le monde arabe doit relever. 

Les Nations Unies ont pour tâche essentielle d’assurer la diffusion des informations sur les activités des principaux organes de l’Organisation, en particulier le Conseil de sécurité.  Elles ont également pour rôle d’informer le public sur l’occupation étrangère et mettre en garde contre les dangers de la course aux armements nucléaires.  Il est important de respecter l’indispensable parité des langues sur le site des Nations Unies.  La République arabe syrienne n’est pas d’avis que les propositions ayant de fortes incidences financières vont à l’encontre de l’intérêt de l’ONU.  Elle estime au contraire qu’il faut affecter les sommes nécessaires pour assurer la parité des langues officielles.  Elle attend du Secrétaire général qu’il présente des propositions prenant les coûts de la parité en compte pour le budget 2002-2003.  La délégation syrienne insiste sur la parution dans un délai raisonnable et simultanée des documents dans toutes les langues officielles de l’ONU, et en particulier en langue arabe.  Il faudrait en outre renforcer les cours de formation à l’informatique dispensés aux représentants des pays en développement.  Enfin, la Syrie a exprimé sa volonté sincère d’oeuvrer avec le Département pour renforcer son rôle.   

M. KIM YOUNG-MOK (République de Corée) a rappelé que l’année dernière, le Département de l’information a accompli beaucoup d’efforts pour médiatiser les événements organisés aux Nations Unies, notamment le Sommet du millénaire, et a souhaité que les mêmes campagnes soient prévues pour les conférences qui auront lieu au cours de cette année.  Il a ajouté que, par le développement du site Web, le DPI a élargi sa sphère d’information.  Le représentant s’est félicité de la création, en 1999, du Centre des nouvelles des Nations Unies et des efforts déployés pour rendre l’information plus accessible, notamment le projet de faciliter l’accès au disque optique par le biais du site Web de l’Organisation ou encore la modernisation de la Bibliothèque Dag Hammarskjöld.  Il a recommandé au DPI de développer une stratégie de communication à l’échelle mondiale qui tienne compte des attentes de chaque pays.  A ce titre, il a mis l’accent sur la nécessité d’assurer un équilibre entre le développement des nouvelles technologies et la prise en compte des préoccupations des pays en développement.  Il a également insisté sur une plus grande implication du DPI dans les campagnes de communication et d’information sur les missions de maintien de la paix ou d’assistance humanitaire. 

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M. BORIS MALAKHOV (Fédération de Russie) a estimé que la révolution des technologies de l’information constitue certainement un bienfait, mais qu’il est toutefois nécessaire d’assurer une sécurité internationale relative à l’information.  A cet égard, a-t-il préconisé, il est important que l’Assemblée générale adopte une série de résolutions en matière de sécurité de l’information.  La Fédération de Russie accorde une grande importance aux mécanismes qui garantissent que la liberté de parole ne sert pas à attiser la haine et les extrémismes.  Le respect des équilibres entre les intérêts des Etats et l’utilisation de l’information est important.  Il s’est félicité du message conjoint du Secrétaire général, du Haut commissaire aux droits de l’homme, et du Directeur général de l’UNESCO adressé à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, et dans lequel ils déclarent que la presse indépendante a un rôle essentiel à jouer pour extirper le racisme et la xénophobie et appellent également les journalistes à respecter les principes nobles de leur profession.  La Fédération de Russie propose d’insérer dans les résolutions sur l’information une disposition visant à ce que les Etats empêchent que les moyens d’informations ne soient utilisés pour saper les fondements de la démocratie. 

M. Malakhov s’est félicité des mesures concrètes prises par le Département de l’information afin de réorienter ses activités.  Il a estimé que l’Organisation des Nations Unies est, à juste titre, soucieuse de développer les nouvelles technologies de l’information.  A cet égard, sa délégation estime qu’un moyen de le faire est de renforcer les liens avec les médias virtuels.  M. Malakhov s’est félicité des efforts visant à diffuser des informations opérationnelles.  La Fédération de Russie n’est pas convaincue que la création d’une véritable agence de presse au sein de l’ONU soit opportune; cependant, il est tout à fait logique de prévoir des produits qui susciteraient l’intérêt des professionnels de l’information.  Par ailleurs, en cas de crises graves, comme les prises d’otages, l’Organisation des Nations Unies doit être la source d’informations les plus objectives surtout dans le cas où la crise se situe dans une région où seule l’Organisation est présente.  A cet égard, le renforcement de la composante “information des opérations de maintien de la paix” est justifiée.  L’enrichissement du site Web conformément au principe de la parité des langues officielles et la mise en ligne de pages thématiques constituent un élément positif, a estimé M. Malakhov, regrettant toutefois que le principe du multilinguisme est appliqué bien trop lentement.  L’écart entre l’anglais et les autres langues, et en particulier entre les langues anglaise et russe s’accroît.  Il est donc important d’évaluer les besoins en ressources financières, techniques et en ressources humaines nécessaires pour réaliser la parité.  La délégation russe estime qu’il serait judicieux de renforcer la base technique du site en l’équipant de moteurs de recherche moderne dans toutes les langues officielles. 

La Fédération de Russie estime également que la diffusion quotidienne de programmes radio de l’ONU contribue à la mise en oeuvre de la nouvelle politique du Département en vue de la diffusion d’une information complète et à temps sur les activités de l’ONU.  Elle accorde une grande importance à la diffusion du programme quotidien de 15 minutes en langue russe.  Pour la poursuite de sa réalisation, il serait bon d’envisager pour les six langues une représentation proportionnelle des ressources. 

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S’agissant des Centres d’information, il est indispensable d’avoir une démarche équilibrée et de mener le processus d’intégration de ces Centres au bureaux du PNUD en tenant compte des vues des Etats Membres.  La délégation russe fait sienne l’idée d'intensifier le travail d'analyse des vues des pays hôtes en y faisant participer le personnel des sections locales des centres.  Par ailleurs, il est indispensable de faire connaître les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl et, en particulier, de développer des pages Web thématiques sur cette question. 

Le respect du principe de l’octroi de possibilités égales pour tous est essentiel afin que tout le monde bénéficie des avantages de la révolution des technologies de l’information.  Compte tenu que le rôle des organisations internationales s’est largement accru en ce qui concerne la diffusion d’informations sur les grands thèmes internationaux, la Fédération de Russie se félicite des recommandations du groupe d’experts de l’UNESCO, qui s’est réuni en avril dernier, visant l’établissement de règles pour faciliter l’accès à l’information et l’utilisation de toutes les langues dans le cyberespace et espère qu’elles seront adoptées par la Conférence générale de l’UNESCO.

M. HOSSAM ZAKI (Egypte) a souligné certains aspects importants concernant les activités de communication et d’information au sein des Nations Unies.  Il s’est notamment félicité de la création du projet pilote consistant à renforcer la capacité de diffusion internationale et a salué les résultats obtenus par le Département de l’information (DPI) dans ce domaine.  Il a déclaré que ce projet illustre un des succès du Département en matière de réorientation de ses activités de communication et a souligné l’importance du partenariat conclu avec 155 radios et télévisions locales à l’échelle de la planète.  Concernant les Centres d’information des Nations Unies, le représentant a estimé qu’ils doivent poursuivre leurs activités et a demandé au DPI de revoir le niveau des ressources consacrées à ces centres en garantissant, autant que possible, une répartition plus équitable des ressources financières et humaines.  Concernant la parité linguistique sur le site Web des Nations Unies, il a encouragé toutes les propositions visant à enrichir ce site tout en assurant une diffusion dans toutes les langues, en particulier l’arabe. 

M. Zaki a rappelé ensuite l’importance que sa délégation accorde au respect, par le Département de l’information, de l’engagement qu’il a pris en faveur de la Palestine et s’est félicité de la démarche du DPI qui vient d’organiser un séminaire de formation en faveur des journalistes palestiniens.  Il a salué les efforts du DPI pour médiatiser les travaux et les conclusions du Sommet du millénaire traduisant ainsi en actes la volonté des Nations Unies de développer une culture de la communication.  Il a encouragé le DPI à communiquer sur les questions importantes telles que la question de Palestine, la situation des Etats africains, le développement économique et social, et à faire en sorte que le plus grand nombre de personnes aient accès à l’information dans les pays en développement afin de combler le fossé numérique. 

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M. ALI AHMED MOHAMED AL-DAILMI (Yémen) a déclaré que son pays est convaincu de l’importance de l’information et de la communication et essaie notamment de mettre en place des centres de recherches stratégiques et d’élaborer des lois qui permettront d’emboîter le pas de la révolution technologique.  Il est nécessaire de combler le fossé numérique qui sépare les pays en développement des pays développés, surtout compte tenu du rôle que l’information joue pour la démocratie.  A cette fin, il faut coopérer avec les pays en développement et les aider à moderniser leurs outils informatiques en respectant leurs priorités culturelles.  Cela permettra de promouvoir des principes de justice et de tolérance.  Le Comité de l’information doit jouer son rôle pour faire la lumière sur les faits et sur les violations des droits de l’homme et du droit international.  Il faut faire la lumière sur les violations qu’endure la population palestinienne du fait du siège dont elle est l’objet, et ce, au mépris de la quatrième Convention de Genève.  La communauté internationale doit s’acquitter de ses responsabilités à l’égard de ce peuple.  Le Programme pour la Palestine doit être appliqué, notamment en ce qui concerne la mise à jour des publications et l’envoi d’une mission d’enquête sur le terrain. 

Le Yémen se félicite des progrès accomplis par le Département pour ce qui est de la sensibilisation au rôle de l’Organisation des Nations Unies, en particulier dans le développement économique et social.  A cet égard, il reconnaît qu’Internet en est un moteur puissant.  Le Yémen considère que le Centre des Nations Unies à Sanaa assure un rôle important pour faire parvenir l’information sur les Nations Unies au plus grand nombre possible et donc pour atteindre les objectifs prioritaires du Département.  Il souscrit à la stratégie qui permettrait la diffusion d’informations complètes et en temps utile à toutes les régions du monde, en particulier les pays de développement.  Le Yémen est toutefois préoccupé par la négligence de la langue arabe et voudrait que son utilisation soit favorisée, notamment pour ce qui est des publications, de la radio et de la télévision des Nations Unies. 

M. MARWAN A. JILANI, Observateur de la Palestine, s’exprimant au nom du Groupe arabe, a souhaité que les Nations Unies et le Département de l’information (DPI) communiquent davantage sur les questions essentielles telles que le développement économique et social, l’autodétermination des peuples et la lutte contre la pauvreté.  Il a encouragé le DPI à tirer parti des nouvelles technologies de l’information et de la communication en modernisant les équipements et en formant les techniciens, notamment au sein des Centres d’information des Nations Unies (UNIC).  Concernant la parité linguistique, l’Observateur a souhaité une meilleure utilisation de la langue arabe afin que sa parité soit assurée avec les autres langues officielles du système des Nations Unies.  Il a regretté que la question de Palestine ne soit pas suffisamment médiatisée mais a tenu à remercier le DPI pour la mise en oeuvre d’un programme d’information portant sur des publications, la tenue de séminaires, ainsi que des cycles de formation de journalistes.  Il a souhaité que, dans sa stratégie de communication et d’information, le DPI reflète davantage la diversité des pays qui constituent le système des Nations Unies. 

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Droits de réponse

Le représentant des Etats-Unis a demandé à la délégation cubaine de travailler de façon constructive et de parler des questions importantes intéressant le Comité de l’information comme le renforcement de la capacité d’information du Département et la sécurité des opérations de maintien de la paix.

Le représentant de Cuba a répondu qu’il a mentionné ces questions dans sa déclaration et rappelé que Cuba a toujours fait preuve d’ouverture pour s’exprimer sur le renforcement de la capacité d’information.  La délégation cubaine estime qu’il serait peut-être bon que les Etats-Unis consacrent les 22 millions de dollars alloués à la guerre électronique menée contre son pays au renforcement de la capacité d’information des Nations Unies.  Cuba continuera de travailler de manière constructive et continuera également de dénoncer et de condamner l’agression des Etats-Unis à son encontre. 

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