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with support from the UN Population Fund (UNFPA)

Les femmes, l'emancipation et la sante

CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION ET LE DEVELOPPEMENT

Le Caire (Egypte)

5-13 septembre 1994

CIPD 94





PAQUET D'INFORMATION SUR LA CIPD -- ARTICLE 5 :



LES FEMMES, L'EMANCIPATION ET LA SANTE



La Conference internationale sur la population et le developpement

(CIPD) voit dans l'emancipation des femmes et l'amelioration de

leur condition sur les plans politique, social, economique et

sanitaire une fin en soi qui revet la plus haute importance, en

meme temps qu'une condition essentielle du developpement durable.



     On n'a pas manque, tout au long des preparatifs de la CIPD, de

mettre tout particulierement l'accent sur le role essentiel que les

femmes jouent en matiere de population et de developpement.

L'emancipation des femmes a ete discutee au cours de cinq reunions

regionales consacrees aux problemes de population, de trois

sessions du Comite preparatoire de la CIPD et d'un certain nombre

de reunions de groupes d'experts et de tables rondes.



     La necessite de l'egalite entre les sexes et de l'habilitation

des femmes est soulignee tout au long du projet de programme

d'action de la Conference, tel qu'il a ete adopte a la troisieme et

derniere session du Comite preparatoire de la CIPD (PrepCom III) en

avril 1994. (Les passages mis entre crochets ont ete proposes, mais

n'ont pu faire l'objet d'un accord a PrepCom III, et devront donc

etre examines plus avant au Caire.)



     Le chapitre IV du projet de programme, intitule "Egalite entre

les sexes et habilitation des femmes", comporte des sous-chapitres

qui traitent de l'habilitation des femmes et de la condition de la

femme, de la fillette et des responsabilites masculines, et de la

participation des hommes. Les pays sont invites a tout faire pour

emanciper les femmes et eliminer les inegalites entre hommes et

femmes le plus rapidement possible.



     Constatant que la discrimination entre les sexes commence des

la petite enfance, le document affirme que la promotion de

l'egalite des fillettes sur le plan de la sante, de la nutrition et

de l'education est une premiere etape necessaire, si l'on veut que

la femme realise pleinement ses potentialites et participe au

processus de developpement sur un pied d'egalite avec l'homme. Le

projet de programme encourage les responsables a s'elever avec

force contre les comportements discriminatoires et a deployer des

efforts pour promouvoir l'egalite des filles et des garcons en ce

qui concerne la nutrition, les soins de sante, le droit

successoral, l'education et les activites sociales, economiques et

politiques.



     Le projet de programme d'action souligne la necessite de

promouvoir l'egalite entre les sexes au sein de la famille et de la

communaute et invite les hommes a faire face a leurs

responsabilites, qu'il s'agisse de leur fecondite ou de leurs

obligations parentales. Il recommande en particulier de mettre

l'accent sur la part de responsabilite qui incombe aux hommes en

matiere de procreation sure et responsable et de planification de

la famille.



     Selon le programme d'action, l'education est l'un des moyens

majeurs par lesquels la femme peut devenir autonome et acquerir les

connaissances, le savoir-faire et la confiance en soi necessaires

a sa participation pleine et entiere au processus de developpement.

Un des objectifs proposes a tous les pays par le projet de

programme d'action consiste a assurer a tous les garcons et a

toutes les filles l'acces a l'enseignement primaire ou a un niveau

equivalent d'instruction, le plus tot possible et en tout cas d'ici

a 2015.



     Les pays qui realisent plus tot que prevu l'objectif de l'en-

seignement primaire pour tous sont instamment invites a assurer

l'acces a l'enseignement secondaire et superieur et a la formation

professionnelle. Dans la poursuite de ces objectifs, le projet de

programme indique qu'il faut se montrer particulierement attentif

a eliminer les inegalites du point de vue de l'acces et de l'appui

a l'enseignement qui jouent au detriment des filles.



DROITS EN MATIERE DE PROCREATION, [SANTE SEXUELLE ET GENESIQUE] ET

PLANIFICATION FAMILIALE

Selon le projet de programme de la CIPD, l'epanouissement des

femmes suppose qu'elles soient assurees de pouvoir exercer leurs

droits en matiere de procreation et de gerer leurs roles dans ce

domaine. Le chapitre VII, intitule "Droits en matiere de

procreation, [sante sexuelle et genesique] et planification

familiale", comporte cinq sous-chapitres consacres respectivement

aux questions ci-apres : droits et sante genesiques, planification

de la famille, maladies sexuellement transmissibles et prevention

de la contamination par le VIH, sexualite et relations entre les

sexes, et les adolescents.



     Le projet de programme definit la sante genesique comme "un

etat de bien-etre general, tant physique que mental et social, pour

tout ce qui concerne l'appareil genital, ses fonctions et son

fonctionnement, et non pas seulement l'absence de maladies ou

d'infirmites".



     La sante genesique suppose qu'une personne puisse mener une

vie sexuelle satisfaisante en toute securite, et qu'elle soit

capable de procreer et libre de le faire si elle le souhaite, au

moment et aussi souvent qu'elle le desire. Le projet de programme

declare que les femmes et les hommes doivent disposer de toutes les

informations et de tous les services necessaires pour pouvoir

exercer ce droit.



     Selon le projet de programme, la sante sexuelle suppose que

"les differents elements de la vie sexuelle (somatique, emotionnel,

intellectuel et social) se conjuguent de facon enrichissante pour

permettre a la personnalite de s'epanouir et favoriser la

communication et l'amour". Toujours selon le document, le fondement

[des droits en matiere de sante sexuelle et genesique] est la

reconnaissance du droit de tous les couples et des individus de

decider librement et avec discernement du nombre de leurs enfants

et de l'espacement de leurs naissances et de disposer des

informations necessaires pour ce faire. Ces droits reposent aussi

sur le respect [de la securite de la personne et] de l'integrite du

corps humain.



     Le programme affirme que la promotion de l'exercice

responsable de ces droits par tous les individus devrait etre le

fondement des politiques et programmes des gouvernements en matiere

de [sante sexuelle et genesique], y compris la planification de la

famille. Il invite tous les pays a s'efforcer de permettre le plus

tot possible [et au plus tard en 2015] l'acces, par l'intermediaire

de leur reseau de soins de sante primaires, aux services de sante

[genesique] a tous les individus [de tous ages].



     Selon le document, les soins de sante genesique devraient

comporter les elements ci-apres, entre autres : des informations et

des services en matiere de planification familiale, soins

prenatals, obstetricaux et postnatals; la prevention de

l'avortement et la gestion des consequences de cette pratique; les

soins de sante dispenses aux femmes et aux nourrissons; la

prevention et le traitement de la sterilite et des maladies

sexuellement transmissibles. Le projet de programme souligne que

les femmes devraient etre associees a tous les niveaux des

programmes de sante genesique, ainsi qu'a la planification,

l'execution et l'evaluation des programmes de soins de sante

[sexuelle et genesique]. Le document souligne que le principe du

libre choix informe est essentiel au succes a long terme des

programmes de planification familiale, car il n'y a pas place ici

pour la coercition sous quelle que forme que ce soit.



     A l'heure actuelle, dans les regions en developpement, environ

55 % des couples utilisent l'une ou l'autre methode de

planification de la famille. Ce chiffre represente un decuplement

en termes absolus (460 millions de couples) et un quintuplement en

pourcentage par rapport aux annees 60. Les programmes de

planification de la famille ont contribue considerablement a la

baisse des taux de fecondite dans les pays en developpement, ces

taux ayant ete ramenes de 6 ou 7 enfants par famille pendant les

annees 60 a 3 ou 4 enfants actuellement.



     Toutefois, le nombre des couples en age de procreation va

augmenter chaque annee d'au moins 18 millions pendant le restant de

la presente decennie. Au moins 350 millions de couples dans le

monde, dont beaucoup affirment vouloir espacer ou prevenir les

naissances, n'ont toujours pas acces a toute la gamme des methodes

modernes de planification de la famille. Selon les donnees

recueillies au cours d'enquetes, environ 120 millions de femmes de

plus, aujourd'hui dans le monde, auraient recours a une methode

moderne de planification de la famille, si elles avaient plus

facilement acces a des informations plus precises et a des services

abordables.



     Ces chiffres seraient plus eleves encore, si l'on y incluait

les celibataires sexuellement actifs. Les besoins des adolescents

en matiere de [sante genesique] ont ete jusqu'ici largement ignores

par les services existants. Le projet de programme invite les

gouvernements a rapporter les dispositions legislatives,

reglementaires et sociales qui font obstacle a la fourniture

d'informations et a la prestation de soins de sante sexuelle et

genesique aux adolescents.



     Il est question aussi dans le chapitre VII de la sexualite et

des relations entre les sexes, deux sujets cruciaux et

interdependants, qui influent ensemble sur la capacite qu'ont les

femmes et les hommes de realiser et de maintenir un etat de sante

sexuelle et de maitriser leur destin en matiere de procreation. La

violence contre les femmes est tres repandue et de plus en plus de

femmes sont menacees par le syndrome d'immunodeficience acquise

(sida) et d'autres maladies sexuellement transmissibles du fait du

comportement sexuel a haut risque de leurs partenaires. Dans un

certain nombre de pays, des pratiques nocives, comme celle des

mutilations genitales feminines, constituent un risque majeur et

permanent pour leur sante.



     L'incidence des maladies sexuellement transmissibles est

elevee et continue d'augmenter. La situation s'est considerablement

degradee depuis l'apparition de la pandemie de VIH. Le projet de

programme insiste sur la necessite de prevenir les maladies

sexuellement transmissibles, y compris le VIH/sida, et d'en reduire

l'incidence. Parallelement, il demande qu'on assure le traitement

des complications consecutives a des maladies sexuellement

transmissibles, comme la sterilite, en accordant une attention

speciale aux filles et aux femmes.



SANTE, MORBIDITE ET MORTALITE

Le chapitre VIII du projet de programme d'action, intitule "Sante,

morbidite et mortalite", aborde les questions ci-apres : les soins

de sante primaires et le secteur de la sante, la sante et la survie

de l'enfant, la sante maternelle et [la maternite sans risque], et

l'infection par le VIH et le sida.



     Au cours du demi-siecle ecoule, l'esperance de vie a augmente

de par le monde d'une vingtaine d'annees, et l'incidence de la

mortalite pendant la premiere annee suivant la naissance a diminue

de pres des deux tiers. Neanmoins, selon le rapport, il reste

encore beaucoup a faire pour ameliorer la situation. Les pays

devraient veiller a ce que les services et installations de soins

de sante soient accessibles, disponibles, acceptables et d'un prix

abordable pour tout le monde.



     Le projet de programme expose un ensemble d'objectifs en

matiere de reduction de la mortalite et il insiste en particulier

sur la necessite de reduire la mortalite des nourrissons et la

mortalite infantile et maternelle. Il affirme que les gouvernements

devraient se donner pour objectif, notamment, d'eliminer la

surmortalite des fillettes la ou elle est observee. Il souligne la

necessite de realiser a breve echeance une reduction substantielle

de la morbidite et de la mortalite maternelles. La realisation de

ces objectifs sera differente selon les pays, compte tenu de leurs

niveaux respectifs de mortalite. Toutefois, tous les pays devraient

ramener les taux de morbidite et de mortalite maternelles a des

niveaux ou ils ne constituent plus un probleme de sante publique.



     L'age de la premiere et de la derniere grossesse, l'intervalle

entre les naissances, le nombre total de grossesses et

l'environnement socio-culturel et economique des interessees ont

tous des consequences sur le taux de morbidite et de mortalite

maternelles.



     Un autre aspect important du chapitre VIII est constitue par

le passage consacre a la menace que font peser sur la sante de la

femme l'avortement provoque par elle-meme ou l'avortement pratique

dans des conditions antihygieniques. Cette question a donne lieu a

un debat anime lors de PrepCom III, debat qui se poursuivra a la

Conference. Le projet de texte comporte a la section 8.25 deux

variantes concernant l'avortement. Toutes deux sont mises entre

crochets, et elles feront l'objet d'un debat plus approfondi au

sein de la Grande Commission. En voici le texte :



     "8.25[Tous les gouvernements, toutes les organisations

intergouvernementales et les organisations non gouvernementales

interessees sont vivement engages a traiter ouvertement et

franchement les [avortements a risque] comme un probleme majeur de

sante publique. Des efforts particuliers devraient etre faits pour

obtenir des informations objectives et fiables concernant les

politiques relatives aux avortements, ainsi que la frequence et les

consequences de ceux-ci dans chaque pays. Il faudrait chercher a

empecher les grossesses non desirees, au moyen de services

d'education sexuelle et de services de planification de la famille

plus developpes et mieux concus, y compris des conseils appropries

visant a reduire le taux d'avortement. Les gouvernements sont

engages a evaluer sur le plan de la sante et sur le plan social les

consequences des interruptions volontaires de grossesse, a remedier

aux situations qui poussent les femmes a avorter, et a fournir des

soins et conseils medicaux appropries. [Les gouvernements sont

engages a evaluer et reviser les lois et politiques sur

l'avortement, de facon qu'elles soient fondees sur le souci de

promouvoir la sante et le bien-etre des femmes compte tenu des

conditions locales, et non sur l'application du Code penal ou de

mesures de repression. L'objectif principal des politiques

officielles doit etre d'empecher les grossesses non desirees et de

reduire les avortements, mais les femmes doivent avoir facilement

acces a de bons services de sante qui comprennent des activites

d'information fiable, de conseils et de soins medicaux leur

permettant, dans les cas ou la loi le permet et si elles le

decident, de mettre fin a leur grossesse et qui prevoient les

services voulus en cas de complications et de sequelles a la suite

d'avortements pratiques dans des conditions dangereuses. Apres un

avortement, des services de conseils, d'education et de

planification de la famille devraient etre offerts rapidement de

facon a eviter les avortements successifs.]



     [8.25 (variante) Tous les gouvernements et toutes les

organisations intergouvernementales et non gouvernementales sont

vivement engages a traiter ouvertement et franchement l'avortement

a risque comme un probleme majeur de sante publique. Les

gouvernements sont instamment invites a evaluer l'impact sur la

sante de l'avortement a risque et a reduire la necessite de tels

avortements en developpant et en ameliorant les services de

planification familiale. Prevenir les grossesses non desirees doit

toujours recevoir la plus haute priorite et tout doit etre fait

pour eliminer la necessite de recourir a l'avortement. L'avortement

ne doit, en aucun cas, etre encourage en tant que methode de

planification familiale. Dans les cas ou l'avortement est

legalement autorise, les femmes qui souhaitent interrompre leur

grossesse doivent pouvoir recevoir des informations fiables et des

conseils empreints de comprehension et l'avortement doit etre

effectue selon des methodes sures. Dans tous les cas, les femmes

devraient pouvoir s'adresser a des services capables de remedier

aux complications qu'entrainent les avortements a risque. Toute

decision tendant a legaliser l'avortement et a faire en sorte qu'il

soit pratique selon des methodes sures dans le cadre du systeme de

sante ne peut etre prise qu'a l'echelon national par le biais de

changements d'orientation et de procedures legislatives qui

refletent la diversite des points de vue sur la question de

l'avortement.]"



     Le sida represente une autre menace grave contre la sante,

tant dans les pays developpes que dans les pays en developpement.

L'OMS estime qu'il y avait 2,5 millions de sideens dans le monde au

milieu de l'annee 1993 et que plus de 14 millions de personnes

avaient ete contaminees par le VIH depuis le debut de la pandemie.

Le projet de programme demande aux gouvernements d'evaluer l'impact

du VIH/sida sur la demographie et le developpement et d'opposer a

la pandemie des politiques correspondant a differents secteurs

sociaux.



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aout 1994



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