UNITED NATIONS POPULATION INFORMATION NETWORK (POPIN)
UN Population Division, Department of Economic and Social Affairs,
with support from the UN Population Fund (UNFPA)

A/CONF.171/13/Add.1: Rapport de la CIPD, Additif (94/10/18)

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Nations Population Division, Department for Economic and Social

Information and Policy Analysis.

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NATIONS UNIES





                                    Distr. GENERALE

                                                                  

                                    A/CONF.171/13/Add.1

                                    18 octobre 1994

                                                                  

                                    FRANCAIS

                                                                  

                                    ORIGINAL : ANGLAIS

    

     RAPPORT DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA POPULATION

                      ET LE DEVELOPPEMENT



                (Le Caire, 5-13 septembre 1994)



                             Additif



                        TABLE DES MATIERES



                              Annexes



                                                                  

                                                              Page



   I.  LISTE DES DOCUMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . .   2



  II.  DECLARATIONS D'OUVERTURE. . . . . . . . . . . . . . . . 4



 III.  DISCOURS DE CLOTURE . . . . . . . . . . . . . . . . . .41



  IV.  ACTIVITES ANNEXES . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49

------------------------------------------------------------------



                    Annexe I



               LISTE DES DOCUMENTS



Cote                              Titre ou description



A/CONF.171/1                      Ordre du jour provisoire



A/CONF.171/2                      Reglement interieur provisoire : 

                                  note du Secretariat



A/CONF.171/3                      Questions d'organisation et de  

                                  procedure : note du Secretariat

A/CONF.171/4                      Quatrieme cycle d'examen et     

                                  d'evaluation du Plan d'action   

                                  mondial sur la population :

                                  rapport du Secretaire general



A/CONF.171/5                      Vue d'ensemble des rapports     

                                  etablis par les pays en vue de la



                                  Conference : rapport de la      

                                  Secretaire generale de la       

                                  Conference



A/CONF.171/6                      Note verbale datee du 2 aout    

                                  1994, adressee au Secretaire    

                                  general par la Representante

                                  permanente de la                

                                  Trinite-et-Tobago aupres de

                                  l'Organisation des Nations Unies



A/CONF.171/7 et Add.1             Liste des organisations non 

                                  gouvernementales dont           

                                  l'accreditation est recommandee 

                                  : note du Secretariat



A/CONF.171/8 et Add.1 et 2        Participation des organisations

                                  intergouvernementales aux travaux



                                  de la Conference : note de la   

                                  Secretaire generale de la       

                                  Conference



A/CONF.171/9                      Note verbale datee du 9 septembre



                                  1994, adressee a la Secretaire 

                                  generale de la Conference par la 

                                  delegation costa-ricienne a la  

                                  Conference internationale sur la 

                                  population et le developpement 



A/CONF.171/10                     Lettre datee du 7 septembre 1994,



                                  adressee a la Secretaire generale



                                  de la Conference internationale 

                                  sur la population et le         

                                  developpement par l'Ambassadeur 

                                  de Tunisie en Egypte



A/CONF.171/11 et Corr.1           Rapport de la Commission de     

                                  verification des pouvoirs 



Cote                              Titre ou description



A/CONF.171/12                     Lettre datee du 9 septembre 1994,



                                  adressee a la Secretaire generale



                                  de la Conference par l'adjoint du



                                  chef suppleant de la delegation 

                                  indonesienne a la Conference    

                                  internationale sur la population 

                                  et le developpement 



A/CONF.171/L.1                    Projet de programme d'action de 

                                  la Conference : note du         

                                  Secretariat



A/CONF.171/L.2                    Rapport sur les consultations   

                                  preliminaires a la Conference   

                                  tenues au Centre international de



                                  conference du Caire 



A/CONF.171/L.3 et Add.1 a 17      Rapport de la Grande Commission



A/CONF.171/L.4 et Add.1           Projet de rapport de la         

                                  Conference 



A/CONF.171/L.5                    Programme d'action de la        

                                  Conference internationale sur la 

                                  population et le developpement : 

                                  projet de resolution presente par



                                  l'Algerie (au nom des Etats     

                                  Membres de l'Organisation des   

                                  Nations Unies qui sont membres du



                                  Groupe des 77, et de la Chine) 



A/CONF.171/L.6                    Motion de remerciements au peuple

                                  et au Gouvernement egyptiens :  

                                  projet de resolution presente par



                                  l'Algerie (au nom des Etats     

                                  Membres de l'Organisation des   

                                  Nations Unies qui sont membres du



                                  Groupe des 77, et de la Chine) 



A/CONF.171/INF/1                  Informations a l'intention des  

                                  participants 



A/CONF.171/INF/2 et Add.1 a 6     Liste provisoire des delegations 

                                  a la Conference 



A/CONF.171/INF/3 et Add.1 et 2    Liste des documents distribues  

                                  pour information 



A/CONF.171/PC/9                   Rapport du Comite preparatoire de



                                  la Conference internationale sur 

                                  la population et le developpement

                                  sur sa troisieme session 





                  Annexe II



            DECLARATIONS D'OUVERTURE



            Declaration de M. Boutros Boutros-Ghali, Secretaire

general de l'Organisation des Nations Unies



     Le monde entier a aujourd'hui les yeux fixes sur Le Caire,

ville eternelle, qui accueille notre conference historique. 

Historique elle l'est, en effet, car c'est la premiere fois que les

pays et les peuples du monde debattent a un si haut niveau de

questions qui revetent la plus grande importance pour le present et

l'avenir de la vie sur notre planete.



     Permettez-moi tout d'abord de presenter, au nom de tous ceux

qui sont ici presents, au nom des organisations des Nations Unies

et en mon nom propre, mes remerciements sinceres et ma gratitude

profonde au Gouvernement et au peuple de la Republique arabe

d'Egypte qui accueillent cette importante conference.  Je tiens

aussi a remercier le Gouvernement et le peuple egyptiens de

l'hospitalite, de l'amabilite et de la generosite dont ils font

preuve a l'egard des delegations participantes.  Cette hospitalite

est un nouveau temoignage de l'appui constant que l'Egypte accorde,

depuis plus d'un demi-siecle, aux activites et aux objectifs des

Nations Unies, y compris dans le domaine du maintien de la paix. 

Je salue tous ceux qui ont aide a preparer la Conference et je les

remercie.



     Permettez-moi, Monsieur le President, de rendre un hommage

tout particulier au President Mouhammad Hosni Moubarak, dont la

politique, marquee au sceau de la sagesse et de l'efficacite,

procede d'une comprehension authentique de la nature du lien qui

existe entre population et developpement.  En reconnaissance de

l'engagement personnel du President Moubarak, la communaute

internationale lui a decerne cette annee le Prix des Nations Unies

en matiere de population, soulignant par la meme le role de premier

plan que joue l'Egypte dans cet aspect essentiel du developpement.



     Cette conference represente un tournant decisif dans le

domaine capital de la population, en ce sens que son issue aura un

effet determinant sur la demarche qui sera adoptee a cet egard.



     En effet, si la Conference fait preuve de la volonte politique

necessaire, elle ne manquera pas de creer un puissant elan sur une

voie positive beneficiant de l'appui des Etats et des peuples du

monde entier.  Dans le cas contraire, il nous faudra

malheureusement assister a une aggravation des clivages et de

l'incomprehension, voire des crises.



     Je ne pense pas exagerer en affirmant que c'est sur la

Conference que reposent non seulement l'avenir de la societe, mais

aussi l'efficacite de l'ordre economique de notre planete.



     Votre auguste assemblee est aujourd'hui saisie d'un programme

de travail global et integre qui contient des propositions et des

recommandations a long terme en vue de resoudre les problemes les

plus graves de l'heure, a savoir la pauvrete, le developpement,

l'environnement, la condition de la femme, l'epanouissement des

enfants d'aujourd'hui qui sont les piliers de demain, la sante

publique ainsi que d'autres domaines dont depend le bien-etre

actuel et futur des peuples.



     Si la Conference reussit a adopter ce programme, elle aura

franchi un pas decisif en creant l'elan necessaire non seulement

pour tracer la voie menant a la solution de ces problemes, mais

aussi pour s'y maintenir et repondre aux exigences qu'elle

implique.



     C'est la le veritable defi qu'il nous faut relever.  Nous

sommes en presence d'une occasion unique qu'il est de notre devoir

a tous de saisir dans toute son ampleur.



     A vrai dire, la Conference internationale qui s'ouvre

aujourd'hui est le produit d'une longue et vaste reflexion que

l'Organisation des Nations Unies ne cesse de mener, depuis son

origine.  Des son Preambule, la Charte affirme fortement la volonte

de la communaute internationale de "favoriser le progres social et

d'instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberte plus

grande".



     C'est dans cet esprit que le Conseil economique et social a

cree, des 1946, la Commission de la population qui a inspire les

premieres deliberations de l'organisation mondiale sur ce theme. 

L'Assemblee generale, elle-meme, a pris tres tot en charge les

questions de population.  Et elle a su degager, dans ce domaine,

des principes d'action, dont les differentes decennies pour le

developpement portent notamment la trace. 



     Mais l'Organisation des Nations Unies a egalement institue des

structures operationnelles pour assister les Etats dans leur

politique demographique.  A cet egard, chacun sait le role que joue

le Fonds des Nations Unies pour la population.  L'ampleur des

programmes qu'il realise, depuis 25 ans, dans les differentes

regions du monde et dans divers domaines d'activite illustre

l'importance de son action.



     Je tiens a rendre ici un hommage particulier a tous ceux qui

- au FNUAP, au Secretariat, dans les commissions regionales, les

organismes et les programmes des Nations Unies - ont consacre tant

de temps et d'efforts au succes de la Conference.



     La Directrice executive du Fonds, Mme Nafis Sadik, a joue a

cet egard un role essentiel.



     Chacun sent bien, en effet, que la prise en charge des

phenomenes de population par la communaute internationale doit

faire l'objet d'un vaste debat qui mobilise l'ensemble des Etats

Membres au niveau le plus eleve.  C'est le role des differentes

conferences internationales qui se sont deroulees sur ce sujet

depuis une vingtaine d'annees, de la Conference de Bucarest jusqu'a

la Conference de Mexico.



     La Conference qui s'ouvre aujourd'hui au Caire marque une

etape nouvelle et importante dans la reflexion de la communaute

internationale sur les questions de population, et temoigne de la

volonte d'inscrire cette reflexion dans la perspective du

developpement.



     Mais je voudrais dire aussi que cette conference ne prend

toute sa signification que si on la projette dans l'ensemble des

reunions internationales que l'ONU organise, a l'heure actuelle,

dans le domaine economique et social. 



     J'ai eu, a plusieurs reprises, l'occasion de souligner

l'importance des activites menees par l'Organisation des Nations

Unies en matiere economique et sociale.  Trop souvent, l'opinion

publique et les medias ne connaissent l'ONU qu'a travers le role

qu'elle joue au service de la paix et de la securite

internationales.  Certes, cette action est considerable et merite

sans cesse d'etre encouragee.  Il n'en reste pas moins qu'elle ne

represente que 30 % environ des activites conduites par

l'Organisation.  Et c'est dans le champ economique et social que

porte l'essentiel de ses autres missions.



     Je voudrais souligner egalement que la reflexion que la

communaute internationale mene ainsi sur son avenir collectif est,

en profondeur, une reflexion sur le devenir de la personne humaine.

Et cela doit rester present a nos esprits tout au long de la

Conference.



     C'est, en effet, la personne humaine dans son environnement

dont nous avons debattu ensemble a Rio.



     C'est la personne humaine, en tant que titulaire de droits,

sur laquelle nous nous sommes interroges a Vienne.



     C'est la personne humaine dans son developpement social qui

sera au centre de nos debats de Copenhague.



     Et c'est la personne humaine, a travers le statut et la

condition de la femme, qui nous reunira l'annee prochaine a

Beijing.



     Cette preoccupation, nous la retrouvons bien evidemment

aujourd'hui, ici, au Caire, a travers le mandat que nous assigne la

Conference internationale sur la population et le developpement. 

Et les objectifs qui nous sont fixes temoignent de ces

interrogations cruciales :



     Quels sont les liens entre population, croissance economique

soutenue et developpement durable?



     Quelle doit etre notre attitude face a l'accroissement

demographique et a la structure de la population?



     Comment assurer l'egalite des sexes et l'emancipation des

femmes?



     Quel est le role qui revient a la famille?



     Comment reduire la mortalite infantile et la mortalite liee a

la maternite?



     Comment pouvons-nous proteger la dignite et le bien-etre des

personnes agees?



     Comment mieux promouvoir des politiques demographiques et de

planification familiale?



     Comment maitriser les mouvements migratoires, internes et

internationaux?



     Quel devrait etre le role des organisations non

gouvernementales face a ces problemes fondamentaux?



     On le voit, il s'agit la de questions fort delicates, car - ne

nous le cachons pas - meme derriere les problemes les plus

techniques dont nous aurons a debattre se profilent implicitement

des choix de societe.  Et des lors, on peut comprendre les

craintes, les reticences ou les critiques qui ont entoure la

preparation de cette conference.



     Mais ce n'est pas la une raison, a mes yeux - loin de la -

pour eluder des questions essentielles pour le futur de l'humanite.

Et nul ne comprendrait que l'ONU, dont l'un des roles principaux

est d'etre le grand forum de la societe internationale, n'aborde

pas ces interrogations fondamentales.



     L'Organisation des Nations Unies, pour etre fidele a sa

vocation et a sa nature, se doit d'offrir aux Etats un cadre de

discussion ouvert et libre, attentif a la diversite des opinions et

des convictions.  Ainsi, loin de moi l'idee de vous proposer, au

seuil de cette conference, des modeles generaux ou des reponses

toutes faites.



     J'estime cependant, en tant que Secretaire general de l'ONU,

qu'il est de mon devoir de vous inviter a aborder cette conference

internationale dans un esprit constructif et positif.



     Dans cette perspective, j'aimerais vous suggerer, non pas une

methode de travail, mais ce que je voudrais appeler des "principes

de conduite".  Ces principes, qui doivent animer la Conference du

Caire, peuvent, me semble-t-il, s'incarner dans trois mots

essentiels que j'offre a votre attention : l'exigence, la tolerance

et la conscience.



     Ce sont ces trois principes de conduite sur lesquels

j'aimerais reflechir, quelques instants, devant vous.



     L'exigence a laquelle nous devons nous soumettre est tout

autant celle des faits que celle de l'esprit.



     Le monde compte aujourd'hui 5 milliards 630 millions

d'habitants.  Chaque annee, la population mondiale croit de pres de

100 millions d'habitants.  Et selon les projections des Nations

Unies, elle devrait se situer en 2050 entre 7 milliards 918

millions et 11 milliards et demi.



     Nous savons tous aussi que cette croissance demographique est

largement concentree dans les pays les plus pauvres de la planete. 

A l'heure actuelle, 4 milliards et demi d'habitants, c'est-a-dire

presque 80 % de la population globale, vivent dans les regions les

moins developpees du monde.  Et, si nul n'intervient, cette

situation risque de s'aggraver dans les annees a venir. 



     Des lors se pose a nous une interrogation majeure : Comment

etre fidele a l'imperatif de progres social prevu dans la Charte

quand, chaque jour, viennent au monde 377 000 nouveaux etres

humains, pour la plupart dans les regions en developpement et, pour

nombre d'entre eux, dans des conditions de privation et de pauvrete

insupportables?



     Face a la realite qui s'impose a nous, l'indifference et

l'inaction constituent de veritables crimes contre l'esprit.  Nous

devons mettre en oeuvre, encourager et soutenir des politiques

demographiques nationales, regionales et internationales.  Car - je

le dis de la facon la plus nette - c'est par notre intervention et

notre volonte que nous pourrons assurer le progres harmonieux de la

societe et que nous pourrons preserver l'avenir des generations

futures dont nous sommes, des a present, comptables.



     Il serait inadmissible de s'en remettre a je ne sais quel

ordre naturel, c'est-a-dire de laisser les guerres, les

catastrophes, les famines ou la maladie reguler la croissance

demographique de notre planete.



     Les Etats doivent etre soutenus dans leurs efforts pour

maitriser l'evolution demographique.  Et c'est le role d'une

conference telle que la notre non seulement de mesurer les progres

accomplis depuis une decennie, mais egalement d'imaginer des moyens

de mieux conjuguer, ainsi que le titre meme de notre conference

nous y invite, population et developpement.



     Mais nous devons aussi penser les politiques demographiques et

de planification familiale de la maniere la plus large et la plus

globale, pour remedier tout autant au probleme lui-meme qu'a ses

causes les plus profondes.  Il est, en effet, impossible de

dissocier les politiques relatives a la population et les

politiques en matiere de sante, d'alimentation et d'education.



     Sur ce dernier point, je voudrais souligner avec force le role

essentiel qui doit etre assigne aux femmes dans ces politiques. 

L'education et la mobilisation des femmes sont, en effet, des

objectifs indispensables pour faire aboutir, de par le monde, toute

politique dans le domaine de la population et du developpement.



     J'ai bien conscience que l'elaboration et la mise en oeuvre de

telles politiques peuvent, dans certains cas, heurter des esprits

ou bousculer des traditions.  C'est la raison pour laquelle je veux

insister sur le second principe qui doit, ici, nous guider : le

principe de tolerance.



     La tolerance impose a une conference telle que la notre d'etre

eminemment respectueuse des cultures et des convictions.  Car la

Conference sur la population et le developpement souleve a la fois

- chacun en est bien convaincu - des questions sociales et des

questions ethiques.



     Sur le plan social, ce que nous nommons "la population" n'est

pas - ne l'oublions jamais - un tout indifferencie.  Chaque membre

de la population s'inscrit dans une culture, dans une societe, dans

une tradition.  La population est un champ d'appartenances

multiples dont chaque communaute merite notre respect et dont la

famille constitue le noyau central.



     La population est, avant tout, un lieu de solidarites diverses

et variees, et il conviendra, dans nos debats, d'en tenir compte.



     Mais la population, c'est aussi un ensemble de peuples et un

ensemble d'individus.  Et, des lors, ne manquons jamais d'etablir

une relation entre notre conference et la notion si essentielle de

droit des peuples.  Et ne perdons jamais de vue la necessite

d'inscrire notre politique dans la perspective des droits de

l'homme.



     J'ai eu, lors de la Conference de Vienne, l'an dernier,

l'occasion de mettre l'accent sur la notion d'universalite et la

dimension a la fois absolue et contingente des droits de l'homme. 

C'est la meme dialectique de l'universel et du particulier, de

l'identite et de la difference, que nous devons, ici, mettre en

oeuvre - et singulierement lorsque nous devrons aborder les

questions les plus delicates de la Conference.



     J'appelle donc chacune et chacun d'entre vous a la tolerance

et au respect des sensibilites qui peuvent se manifester a

l'occasion de ces debats. 



     Cette tolerance doit etre entendue de la maniere la plus

forte, car elle ne doit deboucher ni sur des compromis prudents, ni

sur des demi-mesures, ni sur des solutions approximatives ou, pire

encore, sur des declarations lenifiantes.  De meme, devons-nous

eviter de nous enfermer dans d'absurdes et retrogrades querelles de

mots.



     Cette tolerance doit etre entendue, aussi, de maniere

reciproque, car on ne saurait admettre que telle ou telle

conception philosophique, morale ou spirituelle puisse s'imposer a

l'ensemble de la communaute internationale, ou s'opposer aux

progres de l'humanite.



     C'est dire que le succes de notre conference depend de nos

efforts pour surmonter nos clivages apparents, nos differences du

moment, nos barrieres ideologiques et culturelles.  C'est la raison

pour laquelle j'en appelle a la conscience comme troisieme principe

de conduite de notre conference.



     La conscience est traditionnellement definie comme la faculte

qu'a l'homme de connaitre sa propre realite et de la juger.  Et

c'est bien de cela qu'il s'agit pour nous.



     Car la conscience que nous devons avoir de nous-memes, c'est

d'abord celle de notre liberte de jugement et du droit de chacune

et de chacun de conduire et de diriger sa vie comme il l'entend,

dans le respect de la liberte d'autrui et des regles de la societe.



     Les hommes et les femmes, partout dans le monde, doivent avoir

non seulement le droit, mais aussi les moyens, de choisir leur

avenir individuel et familial.



     Cette liberte de decision est une liberte fondamentale et elle

doit etre protegee et encouragee.  S'il en etait autrement, ce

seraient les plus pauvres de la planete - et je pense

particulierement, en disant cela, a la situation des femmes - qui

en subiraient les consequences les plus desastreuses.



     Mais cette liberte ne sera authentique que si elle est vecue

et realisee dans un cadre qui favorise la responsabilite de chacune

et de chacun.



     Des lors, seule la conjonction de la liberte et de la

responsabilite permettra le plein epanouissement des individus dans

un environnement familial soucieux de la dignite de la personne

humaine et de l'avenir de la societe. 



     Mais la conscience que nous devons avoir de nous-memes, c'est

aussi celle de notre interdependance.  Trop souvent, celle-ci ne

nous apparait que dans l'urgence, la contrainte et la menace, de la

facon la plus negative, a travers des vagues d'immigration ou des

flots de refugies.



     Nos debats sur la population et le developpement doivent nous

amener, ici, a mieux apprehender et a mieux faire percevoir a

l'opinion publique de nos pays, non seulement l'unite de notre

condition humaine, mais aussi l'identite de notre destin.



     Notre conference doit egalement nous aider - c'est en tout cas

le voeu que je forme - a assumer toutes nos responsabilites a

l'egard des generations futures.  Ce que nous appelons "la

population" n'est, en realite, qu'un moment de la longue histoire

de l'humanite en marche.  Cela ne doit jamais etre perdu de vue et

nous renvoie a l'une des questions les plus fondamentales de nos

debats a venir : Comment mettre en oeuvre des politiques

demographiques qui puissent a la fois respecter les libertes de

chacun et garantir aux generations futures un developpement

harmonieux et un progres social partage?



     Des lors, la Conference du Caire constitue l'un de ces moments

rares et essentiels ou la communaute des Etats, en s'interrogeant

sur ses realites presentes, se projette dans son devenir commun.



     La Conference du Caire est aussi une etape decisive dans

l'assomption de notre responsabilite collective a l'egard des

generations futures.



     La Conference du Caire temoigne, enfin, de la facon la plus

forte, de notre volonte de maitriser, ensemble, l'avenir

demographique, economique et social de la planete.





     Declaration de M. Mouhammad Hosni Moubarak, President de     

l'Egypte et President de la Conference internationale sur         

la population et le developpement



     Bienvenue sur la bonne terre d'Egypte, berceau de la

civilisation et patrie de la paix, qui au cours des ages a toujours

ete un creuset de peuples et de civilisations.  Elle a nourri le

progres de l'humanite d'un ensemble de valeurs humaines nees de

l'amalgame des civilisations qui s'est fait sur son territoire

immortel au cours de sept millenaires.



     Bienvenue au Caire, metropole des Arabes et des Africains,

ville aux mille mosquees ou les minarets de l'islam et les tours

des eglises lancent un commun message d'amour et de tolerance et

illuminent des feux de la foi le labeur qu'accomplit le peuple

egyptien dans cette vallee benie, bien connue des lecteurs du

Coran, comme de ceux de la Bible et de la Torah.



     Bienvenue sur cette terre qui a pris part a la marche de

l'humanite vers le progres, qui a vu la naissance de l'agriculture,

du monotheisme, des sciences et de l'histoire, ou la relation entre

l'homme et le Nil donne un modele exemplaire de symbiose entre la

societe humaine et son environnement et d'equilibre entre la

population et les ressources naturelles.



     Bienvenue dans l'Egypte moderne, qui s'est engagee de toutes

ses forces dans le combat que livre l'humanite pour faire regner la

justice et l'egalite dans un monde plus sur et plus pacifique.



     Le peuple egyptien est fier de votre decision de tenir ici

cette importante Conference internationale; il y voit l'expression

de la gratitude que ressentent la communaute mondiale et les

Nations Unies du role qu'a joue l'Egypte au service de la paix, du

developpement et du progres.



     Nous esperons que cette conference tenue en Egypte marquera

une etape decisive dans la prise de conscience de l'unite de la

destinee de l'homme sur cette planete.  Ou qu'ils habitent, quel

que soit l'etat de leur civilisation, tous les etres humains

partagent la meme destinee; partout sur la planete, ils doivent

relever les memes defis, que nous lance la montee constante de la

violence et de l'agression.



     Si le monde est devenu un village, ce n'est pas seulement a

cause du progres spectaculaire des communications mais aussi parce

que les dangers qui le menacent ne s'arretent pas aux frontieres

des Etats ni aux limites des continents et qu'aucun pays ne peut se

vanter d'etre completement a l'abri de leurs consequences.



     A l'aube du XXIe siecle, nous esperons que cette conference

sera une occasion de concretiser la detente entre les civilisations

et la reconciliation entre l'humanite et son environnement.  Nous

esperons aussi qu'elle aidera a jeter un pont entre le Nord et le

Sud, entre l'Est et l'Ouest et a coordonner les efforts de tous

dans un elan commun pour preserver la paix et les valeurs humaines

et sauvegarder les principes incarnes dans les lois divines qui

separent le bien du mal, le juste de l'injuste.



     Nous esperons que cette conference marquera une etape

historique dans les annales des efforts coordonnes de l'humanite

pour relever les defis que nous lance une nouvelle ere, pleine de

promesses de securite et de justice, mais aussi de menaces

difficiles a conjurer.  Ces menaces peuvent decouler d'une

conception partiale du destin de l'humanite, qui oublie que nous

sommes tous dans le meme bateau et que le progres ne merite pas son

nom s'il n'est pas universel.  Cette conception ne peut qu'aboutir

qu'a un monde desequilibre, incapable d'assurer la stabilite

sociale.



     Les demographes nous apprennent qu'une infime fraction de la

population mondiale vit dans des pays a hauts revenus : pour 822

millions d'etres humains, le revenu annuel moyen est superieur 20

000 dollars tandis que pour 3 milliards d'autres, il ne depasse pas

350 dollars : ces derniers sont les habitants des pays pauvres en

ressources, ou la productivite est faible et qui n'ont pas les

moyens d'assurer le developpement humain.  Quelque 15 % de la

population mondiale se partagent 75 % du revenu mondial.



     Ces chiffres nous incitent a poser de graves questions et a

unir nos efforts pour modifier cet etat de choses en renforcant la

cooperation entre les communautes et les moyens dont nous disposons

pour relever les defis futurs. 



     Il ne faut pas que la Conference qui s'ouvre aujourd'hui se

contente de prendre la suite des deux precedentes, celle qui s'est

tenue a Bucarest en 1974 et celle qui s'est tenue a Mexico en 1984,

meme si leurs realisations sont loin d'etre negligeables.  Mais la

Conference du Caire doit marquer un tournant de l'histoire, une

nouvelle vision du probleme demographique, un effort pour le situer

dans sa juste perspective.  Nous sommes tous associes dans un

effort commun, nous partageons la meme destinee sur notre planete,

a laquelle les bouleversements profonds et rapides de la deuxieme

moitie du XXe siecle et l'explosion demographique lancent un defi

sans precedent.



     L'importance de la Conference tient a ce qu'elle se situe dans

le contexte de l'immense espoir de voir regner un nouvel ordre

mondial, domine par la paix, la justice et la cooperation, et ou

les bains de sang et la misere qui nous entourent encore n'auront

plus leur place, non plus que la crainte dans laquelle vivent tant

d'etres humains d'etre marginalises ou exclus du progres parce que

la justice est foulee aux pieds.



     Permettez-moi de vous faire part de ma conception des taches

et des objectifs de la Conference.  Certes, ce n'est la que ma

conception personnelle; toutefois elle reflete les aspirations de

beaucoup de peuples qui ont place d'immenses espoirs dans cette

conference.  En ce moment decisif, nous avons l'obligation de

consacrer a son succes tous nos efforts et toute notre reflexion,

sans oublier que nous partageons tous la meme destinee et le meme

avenir.



     Premierement, a ce stade crucial du progres de l'humanite,

notre conference doit repondre aux aspirations des peuples et

aboutir a une vision commune propice a la marche du progres, qui

etablisse sur des bases solides les principes de la paix, de la

justice et de la cooperation, et qui attache du prix au travail et

a la vertu.  Le meilleur point de depart est peut-etre de

reconnaitre que nos recommandations devront etre l'aboutissement de

discussions franches et de dialogues ouverts, excluant l'adhesion

rigide a des formules stereotypees qui n'auraient pas ete examinees

et discutees pendant la Conference.



     A mon sens, les resultats de la Conference devraient etre le

fruit d'une interaction creatrice entre diverses opinions, qui se

concretiserait par un libre dialogue visant a trouver le

denominateur commun de toutes les positions differentes.  Ainsi,

ses recommandations traduiraient les aspirations de l'humanite tout

entiere, et seraient fondees sur la justice et l'egalite de tous

les pays et de tous les peuples, meme les plus petits et les moins

riches.  La Conference reunit des peuples de differentes

civilisations, cultures et religions, dont il faut respecter les

lois.  La seule facon d'aboutir a un commun denominateur capable de

creer l'unite au sein de cette assemblee si diverse est de laisser

libre cours a l'interaction des opinions dans une atmosphere

democratique.



     Deuxiemement, pour trouver ce denominateur, il faut que le

dialogue soit guide par un esprit de solidarite, le sens de nos

responsabilites communes, le desir de s'ouvrir aux opinions des

autres et la conscience que nul ne peut pretendre tout savoir.  Il

devra etre fonde sur le compromis et refleter les interdependances

entre les cultures.  Si le dialogue est bloque par les idees

preconcues que certains voudront imposer aux autres, nous

manquerons notre objectif, et nous nous perdrons.  Le clivage entre

pays avances et pays en developpement risque de polariser le

dialogue a tel point que nous nous egarerons dans un labyrinthe de

contradictions sans issue.  Nos efforts seraient alors perdus,

notre unite rompue, et nous serions incapables de faire face aux

graves dangers qui menacent l'existence humaine.



     Troisiemement, nous sommes fermement convaincus qu'il n'y a

pas d'incompatibilite entre religion et science, entre spiritualite

et vie materielle, entre les exigences de la modernisation et la

tradition, parce que la vie depend de la synergie entre tous ces

facteurs.  L'homme ne saurait conquerir la paix, la securite et le

bonheur sans un juste equilibre entre ses besoins spirituels et ses

besoins materiels.



     Quatriemement, les recommandations que formulera la Conference

devront etre concues pour le bien de toutes les societes, quelles

que soient leur condition et leurs croyances fondamentales.  Elles

devront etre conformes aux lois celestes et aux principes religieux

auxquelles elles adherent, et compatibles avec les philosophies qui

regissent leur conception de la vie.



     Permettez-moi a ce propos de citer la resolution 1991/93 dans

laquelle le Conseil economique et social a souligne que chaque pays

a le droit souverain d'elaborer et d'adopter sa propre politique de

population, en tenant compte de sa culture, de ses valeurs et de

ses traditions et en respectant les droits de l'homme et les

responsabilites des personnes, des familles et des societes. 



     Cinquiemement, il serait vain de vouloir dissocier la

Conference du Caire des nombreux debats passes et futurs de la

communaute internationale concernant les grands problemes de notre

epoque, par exemple la Conference des Nations Unies sur

l'environnement et le developpement de 1992 et les prochaines

conferences sur le developpement social, sur les femmes et sur les

etablissements humains.



     Tous ces debats internationaux doivent etre situes dans un

cadre unique; les problemes de notre planete sont devenus si

compliques et ont entre eux des liaisons si complexes que leur

solution ne saurait jaillir que d'une vision integree du

developpement.



     Il suffira peut-etre de rappeler certains faits importants

pour donner la juste mesure des problemes de la planete.  Elle

compte aujourd'hui 5 milliards et demi d'habitants et ce nombre

augmente de 90 millions par an.  Les trois quarts de l'humanite

vivent dans les pays en developpement, dont la part du revenu

mondial n'est que de 15 %, ce qui complique encore la situation.



     Selon les statistiques internationales, ces pays comptent 500

millions de chomeurs, que l'absence de travail isole de la vie

sociale : cet isolement est le resultat le plus grave et le plus

destructeur du chomage. 



     La plupart de ces pays sont ecrases par le fardeau d'une

lourde dette, particulierement en Afrique, ou l'endettement

exterieur a atteint 285 milliards de dollars.  Des penuries

alimentaires sevissent dans beaucoup d'entre eux a cause de la

secheresse et de la desertification.



     Dans ces regions en developpement, un demi-million de femmes

meurent chaque annee des consequences de la grossesse, soit un taux

200 fois plus eleve que parmi les femmes europeennes.



     Comment, dans ces conditions, ne pas redoubler d'efforts pour

resoudre le probleme de la population et mettre un frein au

surpeuplement, dans le respect des lois divines et des valeurs

religieuses, afin de ramener la croissance demographique a des taux

raisonnables, qui soient a la mesure des ressources de la planete,

afin d'assurer un meilleur avenir aux generations futures?



     C'est la la responsabilite commune de tous les peuples du

monde, a commencer par les peuples riches, pas seulement parce que

nous vivons dans le meme monde et que l'integration et la

cooperation sont pour nous un devoir imprescriptible, pas seulement

parce que les problemes sont en partie dus a l'injustice des

relations entre le tiers monde et le monde industrialise, mais

parce que le surpeuplement est peut-etre la menace la plus grave

qui pese sur notre planete car il entraine dans son sillage

d'innombrables dangers : migrations massives, violence, epidemies,

deterioration constante de l'environnement aux depens de l'humanite

tout entiere.



     Le probleme de la population ne saurait etre resolu sur le

plan purement demographique : il est indissociable des problemes de

developpement social, economique et culturel, et de la necessite de

valoriser le potentiel humain et d'assurer la participation de

chacun a la production et a la consommation.



     Tout cela doit etre guide par une juste conception de la

nature des relations entre population et ressources, et compte tenu

des besoins des generations futures ainsi que de la necessite de

satisfaire les besoins d'aujourd'hui.



     Si l'on adhere honnetement a cette vision integree du probleme

de la population, on ne pourra que redoubler d'efforts pour

ameliorer les services d'education et de sante et accorder

davantage d'attention aux femmes, qui jouent un role majeur dans la

formation des familles et l'education des enfants et sur qui

retombe aussi en majeure partie la responsabilite d'appliquer les

programmes concernant la population.



     La pierre angulaire et le point de depart de toute politique

demographique efficace visant a etablir une societe capable de

faire triompher le developpement au moindre cout doivent etre,

surtout dans les pays en developpement, l'amelioration de la

condition feminine et la sensibilisation a tous les aspects de ce

probleme.



     L'Egypte a connu une grave crise demographique au milieu du

XXe siecle du fait de la baisse constante des taux de mortalite,

conjuguee avec la stabilisation des taux de natalite a des niveaux

plus eleves que precedemment; grace au solide developpement des

services de sante, la population egyptienne a double en un quart de

siecle.



     Cette explosion demographique a absorbe les dividendes du

developpement et menace les niveaux de vie, car la demande de

services a augmente alors que les ressources sont restees limitees.



Nous n'avons pu ni repondre aux aspirations croissantes a une

meilleure qualite de vie, ni faire face a un taux de croissance

demographique qui etait le plus eleve du monde.



     Comme cette population tres nombreuse est en outre concentree

dans une zone limitee - la vallee et le delta du Nil -, la densite

demographique a atteint des niveaux incroyablement eleves. 



     Bien evidemment, c'est la un probleme absolument prioritaire

pour l'Etat et pour la societe tout entiere.  Des organismes

publics et des associations populaires unissent leurs efforts pour

trouver une solution viable, acceptable pour tous et credible pour

chaque citoyen.  Cette solution devra respecter les croyances et

valeurs religieuses afin de susciter l'enthousiasme et la

participation volontaire.



     Le programme egyptien en matiere de population a atteint ses

objectifs.  Il consistait avant tout a faire connaitre les faits

sans deguisement, parce que l'on pensait que chacun saurait

accomplir son role s'il etait arme des connaissances voulues.  La

connaissance de la verite est la premiere motivation qui mobilise

les gens et leur permet de faire des choix logiques conformes a

leurs convictions psychologiques.



     Nous avons rejete toutes les politiques de population fondees

sur la coercition, car elles seraient contraires a nos valeurs

spirituelles, aux lois divines et aux principes essentiels de notre

constitution.  En outre, si la population juge les plans et

programmes inacceptables, la coercition risque d'avoir un effet

contraire aux buts vises, meme si l'on obtient parfois des succes

apparents au debut.  De telles mesures contraignantes sont

impossibles a appliquer dans une societe democratique libre de la

coercition et de la peur et elles ne sauraient en aucun cas aider

a creer de bons citoyens capables d'une participation efficace.



     Nous avons refuse de recourir a toute legislation restreignant

la liberte des citoyens ou qui pourrait les obliger a adopter telle

ou telle methode de planification familiale.  En effet, nous sommes

fermement convaincus qu'en matiere de famille, le succes et la

continuite ne peuvent reposer que sur la liberte et le choix

individuels. 



     Nous avons tenu a ce que notre programme de population

respecte les valeurs religieuses parce que nous savons que ces

valeurs impriment un elan considerable aux reformes, dans la mesure

ou les intentions sont bonnes, ou la tolerance regne, et ou chacun

se preoccupe plus de la teneur et des consequences des reformes que

des formes et des apparences.



     Notre premier but a donc ete de sensibiliser les Egyptiens au

probleme demographique et a ses relations complexes avec nos

ressources limitees et avec l'aspiration des citoyens a une

meilleure qualite de vie. 



     Nous nous sommes efforces d'ameliorer l'education dans toute

l'Egypte : c'est la pour nous une cause nationale qui merite la

priorite absolue.  L'amelioration de l'education est le point de

depart de toute reforme visant a creer une societe capable de

relever de grands defis.  



     Aujourd'hui nous appliquons un programme ambitieux portant sur

tous les aspects de l'education, a commencer par la creation

d'ecoles nouvelles et modernes qui offrent une bonne scolarite. 

Notre programme vise aussi a restaurer les ecoles existantes et a

reviser les programmes.  On prevoit en outre un recyclage des

enseignants, pour qu'ils soient mieux a meme de developper

l'intelligence des ecoliers et de les aider a comprendre les

phenomenes scientifiques et l'evolution moderne des sciences.  On

cherche a developper la personnalite des eleves pour les aider a

participer a un dialogue constructif et a faire des choix

rationnels.



     Nous accordons tout autant d'attention a l'amelioration des

services de sante dans tout le pays.  C'est la un effort majeur,

etant donne que l'Egypte compte quelque 4 000 villages et un nombre

considerable de petites agglomerations.  Nous avons du redoubler

d'efforts pour ameliorer les services de sante afin qu'ils soient

accessibles a tous les citoyens; nous avons accorde une attention

particuliere a la sante des femmes et des enfants ainsi qu'a la

sante psychique. 



     Le resultat de ces politiques, qui s'appuyaient sur

l'information, la sensibilisation et la mise en place de services

de sante et d'education accessibles a tous, a ete de ramener le

taux de croissance demographique de 2,8 % par an en 1980 a 2,2 % en

1994.  La proportion des familles participant a des programmes de

planification familiale est passee de 28 a 50 % du total, tant dans

les campagnes que dans les villes.



     Un des aspects les plus marquants du programme egyptien est

qu'il est devenu une cause nationale a laquelle se sont rallies

tous les partis et toutes les sectes.  Un consensus national s'est

degage, reunissant tous les citoyens, independamment de leurs

croyances religieuses ou leur adhesion a des sectes.



     C'est la un resultat prometteur, qui prouve que nous avons

choisi la bonne voie et que nous avons adopte des politiques

stables qui assurent la viabilite a long terme de la reforme et

garantissent son succes, parce qu'elles sont basees sur le libre

choix de tous les citoyens.



     Beaucoup de pays amis et les principales organisations

internationales ont coopere avec nous, en particulier

l'Organisation des Nations Unies, le Fonds des Nations Unies pour

la population, le PNUD, l'UNICEF, l'OMS et l'UNESCO.  En outre, les

gouvernements de certains Etats amis ont contribue au succes du

programme egyptien.  La cooperation peut beaucoup aider tout pays

appliquant un programme national inspire par sa propre situation et

compatible avec ses valeurs et traditions, car elle contribue a

realiser les objectifs du pays et l'aide a atteindre les priorites

qu'il s'est fixees.



     Permettez-moi de saisir cette occasion de remercier les

organisations qui nous ont aides.  Je tiens tout particulierement

a remercier M. Boutros Boutros-Ghali, Secretaire general des

Nations Unies, et Mme Nafis Sadik, Directeur executif du Fonds des

Nations Unies pour la population et Secretaire general de la

Conference, de tout ce qu'ils ont fait pour assurer le succes de la

Conference.



     Nous abordons cette conference avec l'espoir que les debats

seront menes en toute liberte, sans qu'interviennent les interets

et prejuges personnels, dans un esprit d'impartialite et

d'objectivite scientifique.  Nous esperons aussi que la Conference

saura reconnaitre les valeurs ethiques et les doctrines religieuses

et donner a toutes les parties la possibilite de participer afin

que toutes les cultures et toutes les opinions puissent interagir

de facon a enrichir notre experience commune.



     Nous voulons que notre dialogue evite le dogmatisme et le

fanatisme et que les opinions extremistes soient tenues a l'ecart

du developpement des societes, car elles ne sauraient rallier

l'unanimite.



     Si sages et clairvoyants que nous soyons, je pense que nous ne

pourrons jamais resoudre de facon valable le probleme de la

population a moins que les solutions proposees ne soient

acceptables a nos societes, ne repondent aux besoins fondamentaux

de nos peuples et ne respectent leurs valeurs et leurs croyances.



     Nous devons nous garder de sous-estimer les dangers que le

surpeuplement cree pour notre planete.  Il ne faut pas non plus

nous fermer les yeux devant les innombrables tragedies qui se

deroulent encore dans le monde, bien que la guerre froide soit

finie.  Mais il ne faut pas non plus nier les nouvelles

perspectives qui se sont ouvertes, et qui nous offrent la promesse

d'un lendemain meilleur.



     Les realisations magnifiques de la science et des techniques

modernes, qui nous emerveillent tous les jours, rendent l'homme

plus capable de resoudre les grands problemes, qu'il s'agisse de la

nutrition, du remplacement des produits rares ou dangereux, de la

protection de l'environnement ou de l'amelioration des services.



     De plus en plus, on se rend compte que l'homme ne saurait

s'accomplir si la satisfaction de ses besoins materiels se fait aux

depens de ses exigences psychiques et spirituelles.  C'est ce qui

nous permet d'esperer que les generations futures, grace a leur foi

profonde, sauront eviter l'abime du doute et le labyrinthe de

l'aberration.



     Les progres les plus remarquables qu'ait connus notre planete,

et qui ont transforme la destinee de l'humanite, sont la propension

croissante a la paix et le refus de la course aux armements et de

tous les types d'armes de destruction massive, partout dans le

monde.



     Aujourd'hui, l'homme demande un monde plus pacifique et plus

sur pour pouvoir consacrer son energie au bien de l'humanite. 

C'est pourquoi on tend de plus en plus a regler les differends qui

semblent les plus irreductibles par la negociation, par des moyens

pacifiques et par l'acceptation reciproque de solutions justes qui

refletent de facon equilibree les interets de toutes les parties

conformement aux principes de la justice et du droit.



     Tels sont, a mon sens, les progres les plus prometteurs pour

l'avenir de notre planete; ces progres sont bien reels, malgre

toutes les tragedies qui se deroulent encore en bien des endroits. 

Nous aspirons aujourd'hui a un monde meilleur, plus capable de

relever les defis de l'avenir, un monde dans lequel les relations

et la cooperation entre les peuples remplaceront l'hostilite et les

conflits, ou la tolerance remplacera l'extremisme et le fanatisme,

dans un effort commun pour assurer le rapprochement entre les

nations et les peuples et pour creer une competitivite constructive

propre a enrichir la vie des hommes et a proteger les generations

presentes et futures.



     Ce sont la des aspirations legitimes qui n'ont rien

d'utopique; elles pourront etre satisfaites si nous serrons les

rangs et nous unissons, mais il faudra pour cela travailler

ensemble dans un nouvel esprit, reconnaissant que nous sommes tous

dans le meme bateau.



     Je prie sincerement le Seigneur Tout Puissant de proteger

notre marche et de nous mener au succes.



     Puisse la paix, la merci et la benediction d'Allah etre sur

vous.





      Declaration de Mme Nafis Sadik, Secretaire generale

      de la Conference internationale sur la population  

      et le developpement



     C'est une conference historique qui nous reunit ici, dans

cette belle ville chargee d'histoire, cite moderne impregnee de

traditions anciennes, centre de savoir autant que de commerce et

d'industrie, haut lieu de culture islamique et siege du

Gouvernement depuis pres de 1 000 ans.  Monsieur le President, nous

tenons a vous adresser nos plus vifs remerciements pour votre

aimable accueil et votre chaleureuse hospitalite, et a remercier

egalement votre Gouvernement qui dirige un pays dynamique et en

pleine croissance. 



     Monsieur le President, votre ville et votre pays sont

profondement ancres dans le passe mais aussi resolument tournes

vers l'avenir.  La maniere dont vous abordez les questions de

population et de developpement constitue un exemple tant pour les

pays arabes que pour les pays africains.  Il est legitime que cette

grande ville devienne le centre du monde pendant les 10 jours a

venir.



     Monsieur le Secretaire General, c'est un honneur pour moi de

me trouver chez vous, et de pouvoir vous remercier personnellement

de votre aide et de vos precieux conseils.  Des le moment ou vous

avez ete elu, vous m'avez apporte un appui sans faille, que vous

avez constamment manifeste pendant les preparatifs de la

Conference.



     Je tiens a remercier particulierement tous les chefs d'Etat et

de gouvernement qui sont venus participer a la Conference : le

President de l'Azerbaidjan, le Premier Ministre du Swaziland et le

Vice-President Gore des Etats-Unis d'Amerique.



     Je me rejouis tout specialement de la venue de deux Premiers

Ministres, Mesdames Bhutto et Brundtland.  Madame Brundtland a ete

la premiere, parmi les chefs d'Etat et de gouvernement, a annoncer

qu'elle se rendrait au Caire.  Quant a vous, Madame Bhutto, que

dire sinon que le monde entier admire votre courage et votre

determination.  Ces qualites sont l'essence meme de l'art de

gouverner.  Votre presence au Caire montre, mieux que de longs

discours, que nous allons traiter d'une question d'importance

capitale pour le monde entier.



     Monsieur le Vice-President, votre engagement de longue date

pour la cause de l'environnement, tant dans votre pays que dans le

reste du monde, nous fait particulierement apprecier votre

presence.  Vous vous etes fait le champion d'une exploitation des

ressources soucieuse de l'avenir et ne menagez pas votre soutien a

tous ceux qui s'occupent de population et de developpement. 



     Je regrette d'avoir a annoncer que le President Suharto de

l'Indonesie, souffrant, ne pourra pas participer a la Conference. 

Il a toutefois envoye un aimable message dans lequel il souhaite

plein succes aux travaux de la Conference et espere qu'elle

marquera une etape decisive, en favorisant l'instauration d'une

cooperation et d'un partenariat plus actifs entre les pays, qui

permettra a ceux-ci de partager l'experience qu'ils ont acquise en

matiere de politiques de promotion de la famille et de population

aux fins du developpement durable.



     J'ai le grand plaisir d'accueillir mes collegues, chefs de

secretariat de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale de la

sante, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les refugies, du

Fonds des Nations Unies pour l'enfance, de l'Organisation des

Nations Unies pour l'education, la science et la culture, du

Programme des Nations Unies pour le developpement et du Programme

des Nations Unies pour l'environnement.  Le Haut Commissaire pour

les droits de l'homme n'a pas pu venir au Caire mais a envoye un

message dans lequel il exprime son appui indefectible aux travaux

de la Conference.  Je recommande a tous les participants d'en

prendre connaissance.



     Enfin, je tiens a feliciter Monsieur Mahran, Ministre de la

famille et de la population, pour le travail remarquable qu'il

accomplit depuis de nombreuses annees dans le cadre du programme

national de planification familiale en Egypte, et a le remercier de

tout coeur d'avoir preside le Comite national preparatoire et

d'avoir apporte tant de soin aux preparatifs de la Conference.



     Permettez-moi aussi de rendre hommage aux fonctionnaires de

l'Organisation des Nations Unies, a toutes celles et a tous ceux

que vous voyez ici mais aussi a celles et ceux qui travaillent dans

l'ombre, sans lesquels la Conference n'aurait pas pu avoir lieu.



     Les 170 pays et les milliers d'organisations non

gouvernementales, locales et internationales, qui y participent

donnent a la Conference un caractere veritablement universel. 

Comme vous l'avez peut-etre constate, les medias s'interessent

aussi a nos travaux : hier soir, 3 725 journalistes s'etaient

inscrits aupres du secretariat de la Conference.  Grace a eux, nos

debats seront diffuses dans le monde entier et toucheront presque

chaque foyer.



     Le succes des preparatifs de la Conference est du a toutes

celles et a tous ceux d'entre vous qui ont uni leurs efforts

pendant les trois longues annees qu'a dure ce processus.  Le

resultat de vos travaux est un projet de programme d'action dont

vous debattrez et que vous arreterez definitivement dans les jours

qui viennent.  Vous avez deja approuve les neuf dixiemes de ce

document.  La Conference est deja un succes.  Comme l'a dit hier

Madame Suzanne Moubarak au Colloque des ONG, la Conference est

peut-etre unique parce qu'elle depasse les clivages ideologiques

steriles pour s'interesser aux etres humains en tant que force

motrice des programmes de population et de developpement.



     Le projet que vous avez, dans une large mesure, approuve

repose sur les principes de morale les plus eleves.  Il met

l'accent sur les individus plutot que sur les chiffres.  Il est axe

sur la qualite de la vie et le bien-etre de la famille et de tous

ses membres.  Je l'aborderai plus en detail ulterieurement dans la

journee.  Pour le moment, permettez-moi de vous faire part de mon

voeu le plus cher : j'espere que vous vous mettrez d'accord sur les

mesures a prendre afin de reduire les souffrances inutiles, voire

les deces, qui resultent du manque d'instruction, de l'insuffisance

des services de sante primaires et de planification familiale et du

fait que les individus ne maitrisent pas leur propre existence.



     Tous les jours, des centaines de femmes meurent de causes

liees a la grossesse et a l'accouchement.  Tous les jours, des

centaines de nouveau-nes meurent parce que leurs meres n'ont pas

beneficie de soins prenatals de base.



     Nous avons les moyens d'empecher cette tragedie.  Au nom de

l'humanite, decidons qu'il en soit ainsi.



     Vous avez constate les faits, vous avez approuve des objectifs

et vous avez recommande des mesures specifiques dans des domaines

bien definis.  Vous avez montre que vous etiez disposes a vous

attaquer a certains des problemes les plus ardus de notre temps. 

Pour reprendre les termes de M. Ahmed Fathi Sorour, President de

l'Assemblee du peuple d'Egypte, il est temps maintenant de

"debattre en toute franchise et d'agir de facon concertee pour le

bien de l'humanite".  Et comme vous l'avez dit, Monsieur le

President, le bien de l'humanite est une notion universelle.  Dans

le meme esprit, l'appel que nous lancons pour une action concertee

entre tous les pays du monde doit contribuer a repondre aux

attentes des individus du monde entier. 



     Grace aux efforts que vous avez deja deployes, vous avez

devant vous un document tres concret et oriente vers l'action. 

Avec les efforts supplementaires que vous allez lui consacrer au

cours des 10 prochains jours, le Programme d'action deviendra un

des facteurs de stabilite pour l'avenir.  Je souhaite plein succes

a vos travaux. 



         Declaration de Mme Gro Harlem Brundtland,

             Premier Ministre de la Norvege



     Oublions le battage fait par les medias autour de la

Conference et concentrons-nous sur les problemes essentiels.  Nous

sommes reunis ici pour prendre un engagement moral d'agir.  La

solidarite avec les generations actuelles et futures a son prix, et

si nous ne le payons pas integralement, nous risquons d'aller a la

faillite.



     Le veritable objet de la Conference est l'avenir de la

democratie et les moyens d'elargir et de renforcer ses fondements

et son champ d'action.  Si nous ne donnons pas a nos populations

les moyens de devenir autonomes en les eduquant, en prenant soin de

leur sante, en leur permettant d'acceder a la vie economique de

facon equitable et en leur offrant des possibilites multiples, la

pauvrete continuera d'exister, l'ignorance sera largement repandue

et les besoins de populations trop nombreuses ne pourront etre

satisfaits.  Les questions inscrites a l'ordre du jour de la

Conference ne constituent donc pas simplement des sujet de debat,

ce sont des elements essentiels de notre democratie a l'echelle

mondiale.



     Il est symbolique que nous parlions de l'avenir de la

civilisation en ce lieu qui en est le berceau.  Nous sommes

particulierement reconnaissants au President Moubarak et au peuple

egyptien de nous avoir invites sur les rives du Nil, ou le lien

entre les hommes et les ressources est si visible et ou le

contraste entre la permanence et le changement est si evident.



      Nous savons egalement gre a Madame Nafis Sadik et a ses

collaborateurs pour les efforts et l'energie considerables qu'ils

ont deployes dans le cadre des preparatifs de la Conference.



     Dix annees d'experience en tant que medecin et 20 annees

passees dans l'arene politique m'ont appris que le progres de

l'humanite dependra de meilleures conditions de vie, de plus

grandes possibilites de choix, de l'acces a une information

impartiale et d'une veritable solidarite internationale. 



     Nous disposons actuellement d'une abondante documentation sur

l'analyse des relations entre la croissance demographique, la

pauvrete, la condition de la femme, le gaspillage resultant de

certains styles de vie et modes de consommation, ainsi que sur

l'efficacite ou l'inefficacite des politiques, et sur la

deterioration de l'environnement qui, en ce moment meme, est en

train de s'accelerer.



     Nous ne sommes pas reunis ici pour revenir sur tout cela, mais

pour prendre un engagement.  Nous allons nous engager a changer de

politiques.  En adoptant le Programme d'action, nous allons faire

une promesse - la promesse d'allouer l'an prochain davantage de

ressources que nous ne l'avons fait cette annee aux systemes de

sante, a l'education, a la planification familiale et a la lutte

contre le sida.  Nous allons nous engager a assurer l'egalite de

l'homme et de la femme devant la loi, de meme qu'a reduire les

inegalites et a consacrer davantage d'efforts a satisfaire les

besoins des femmes qu'a satisfaire ceux des hommes jusqu'a ce que

nous puissions considerer que l'objectif d'egalite a veritablement

ete atteint.



     Nous devons imperativement utiliser nos ressources combinees

de facon plus efficace dans le cadre d'une Organisation des Nations

Unies reformee et mieux coordonnee, si nous voulons surmonter la

crise qui menace aujourd'hui la cooperation internationale. 



     Dans de nombreux pays, ou la croissance demographique est plus

rapide que la croissance economique, les problemes s'aggravent

d'annee en annee.  Les depenses sociales vont monter en fleche.  La

rancon de l'inaction sera elevee - un cauchemar pour les ministres

des finances et une injustice pour les generations futures. 



     Mais les avantages qui resulteront du changement de politiques

sont tellement grands que nous ne pouvons pas nous permettre de le

repousser.  Les avantages des politiques de population doivent se

mesurer par les economies que nous realiserons sur les depenses

publiques en matiere d'infrastructures, de services sociaux, de

logements, d'assainissement, de services de sante et

d'enseignement.



     En Egypte, on a calcule que pour chaque livre investie dans

les depenses de planification familiale, on anticipe une economie

de 30 livres sur les subventions relatives aux produits

alimentaires et sur les depenses d'enseignement,

d'approvisionnement en eau, d'assainissement, de logement et de

sante.



     L'experience nous a appris ce qui est efficace et ce qui ne

l'est pas. 



     L'accroissement de la population mondiale etant imputable a 95

% aux pays en developpement, les communautes qui supportent le

fardeau de populations de plus en plus nombreuses sont aussi celles

qui ont le moins de moyens pour y faire face.  Ce sont des zones

ecologiquement fragiles, ou l'on constate deja un desequilibre

effroyable entre population et ressources. 



     En raison de la proportion considerable que representent les

jeunes dans nombre de nos societes, la population continuera de

s'accroitre, en chiffres absolus, pendant encore de nombreuses

annees, quelle que soit la strategie que nous adopterons au Caire. 

Mais les resultats de la Conference peuvent avoir une influence

determinante sur la stabilisation de la population mondiale a un

moment et a un niveau qui permette de sauvegarder l'humanite et

l'environnement mondial.



     Il est encourageant de constater que nous avons beaucoup de

points de vue communs.  Dans sa forme definitive, le Programme

d'action devra renfermer des engagements irreversibles en ce qui

concerne le renforcement du role et de la condition de la femme. 

Nous devons tous etre prets a rendre des comptes.  C'est une des

regles fondamentales de la democratie.



     L'acces a l'education et aux services de sante de base en

matiere de reproduction, y compris ceux de planification familiale,

doit figurer dans le Programme d'action, en tant que droit

fondamental universel. 



     Nous ne rendrons pas les femmes plus autonomes par la seule

expression de notre volonte, mais en modifiant la legislation

existante, en ameliorant l'acces a l'information et en

redistribuant les ressources.  Il serait criminel de meconnaitre

l'urgence de cette question.



     L'acces des femmes aux mecanismes de la democratie est entrave

depuis trop longtemps.  On ne repetera jamais assez qu'il existe

peu d'investissements aussi rentables que ceux qui sont consacres

aux femmes.  Mais elles continuent d'etre traitees avec

condescendance ou de faire l'objet de discrimination en ce qui

concerne l'acces a l'enseignement, aux ressources productives, au

credit, aux revenus et aux services, ainsi que la prise de

decisions, les conditions de travail et la remuneration.  Pour de

trop nombreuses femmes dans de trop nombreux pays, le developpement

reel n'est qu'une illusion. 



     L'education des femmes, a elle seule, a des repercussions

considerables tant sur l'accroissement de la productivite que sur

la diminution de la mortalite infantile et de la fecondite.  La

rentabilite economique des investissements consacres a l'education

des femmes est generalement comparable a celle des fonds investis

en faveur des hommes, mais leur rentabilite sociale - sur les plans

de la sante et de la fecondite - depasse de loin les avantages qui

resultent de l'education des hommes.  Prenons donc l'engagement de

comparer le nombre de filles qui frequentent l'ecole et le nombre

de celles qui terminent leurs etudes, et si les chiffres different,

demandons-nous pourquoi la fille qui obtient son diplome aura moins

d'enfants que sa soeur qui ne l'obtient pas. 



      Je suis heureuse de constater qu'un consensus est en train de

se degager sur la necessite d'offrir a tous une gamme complete de

services de planification familiale a un prix abordable.  Lorsqu'on

fait de la planification familiale une question d'ordre moral, la

religion peut constituer un obstacle important.  Toutefois, la

moralite n'a pas seulement trait au controle de la sexualite et a

la protection de la vie avant la naissance.  La moralite consiste

aussi a donner aux individus la possibilite de choisir, a supprimer

les pressions de toutes sortes et a abolir la penalisation de

drames personnels.  La moralite devient de l'hypocrisie si elle

signifie que l'on doit accepter que des meres souffrent ou meurent

de grossesses non desirees ou d'avortements clandestins et que des

enfants non desires vivent dans la misere.



     Aucun d'entre nous ne peut feindre d'ignorer que des

avortements ont lieu, et que la vie et la sante de la femme est

souvent en danger la ou l'avortement est illegal ou severement

controle.  La depenalisation de l'avortement est donc la moindre

des mesures a prendre pour tenir compte de cette realite et pour

proteger la vie et la sante des femmes.



     Le developpement economique et social, axe sur la mise en

valeur des ressources humaines, peut permettre de surmonter les

traditions religieuses et les obstacles culturels.  Les resultats

enregistres dans la Thailande bouddhiste, l'Indonesie musulmane et

l'Italie catholique, par exemple, montrent qu'il est possible

d'obtenir une baisse relativement importante de la fecondite dans

un delai etonnamment court.



     On peut se feliciter que la Conference contribue aux efforts

visant a elargir le champ d'action des programmes de planification

familiale pour y inclure la lutte contre les maladies sexuellement

transmissibles, les soins prenatals, les accouchements et les

avortements.  Mais il faut deplorer que ce soit une catastrophe

telle que la pandemie de VIH/sida qui nous ait ouvert les tyeux sur

la necessite de lutter contre les maladies sexuellement

transmissibles.  Il est aussi dramatique que tant de femmes aient

succombe des suites de grossesses avant que nous ne realisions que

les programmes traditionnels de sante maternelle et infantile, qui

permettaient de sauver la vie de tant d'enfants, n'avaient pas

permis de sauver beaucoup de femmes. 



     Dans un programme d'action tourne vers l'avenir, il semble

donc logique de regrouper les questions de sante liees a la

sexualite sous le titre "sante en matiere de reproduction".  J'ai

essaye, en vain, de comprendre comment on pouvait interpreter cette

expression comme encourageant l'avortement ou comme faisant de

l'avortement un moyen de planification familiale.  Rarement, pour

ne pas dire jamais, a-t-on entendu enoncer tant de contre-verites

pour donner a des mots un sens qu'ils n'ont jamais eu. 



     Je suis heureuse de pouvoir dire que le nombre total

d'avortements en Norvege est reste le meme apres la legalisation de

l'avortement, le nombre d'avortements illegaux etant devenu nul. 

Notre experience est analogue a celle d'autres pays, c'est-a-dire

que la loi exerce une influence sur le processus de prise de

decisions et sur la securite de l'avortement, mais ne modifie pas

les chiffres.  En Norvege, le taux d'avortement est un des plus

faibles au monde. 



     Les avortements clandestins constituent un probleme de sante

publique majeur dans la plupart des pays du globe.  Nous savons

tous parfaitement que les gens qui en ont les moyens mettent le

prix qu'il faut pour avoir acces a un avortement medicalise, quelle

que soit la loi en vigueur.



     Une conference de cette envergure ne devrait pas tolerer de

telles manoeuvres visant a denaturer les faits ou a meconnaitre

l'angoisse de millions de femmes qui risquent leur sante et leur

vie.  Je me refuse tout simplement a croire que nous laisserons le

desaccord qui s'est manifeste sur cette question fondamentale

entraver l'un des importants resultats prospectifs de la

Conference, et j'espere que le Programme d'action reposera sur un

veritable consensus et sera adopte sans arriere-pensee.



     Les services de sante en matiere de reproduction ne doivent

pas seulement s'interesser a des problemes qu'on avait

sous-estimes, ils doivent aussi s'occuper de categories jusque-la

negligees.  Les jeunes et les celibataires ont recu et continuent

de recevoir une aide insuffisante, les centres de planification

familiale repondant rarement a leurs besoins.  Le fait que les

services de planification familiale ne sont offerts qu'aux couples

maries est souvent justifie par la crainte de la promiscuite.  Mais

nous savons que le manque d'education et de services n'empeche pas

les adolescents et les personnes non mariees d'avoir des rapports

sexuels.  Bien au contraire, on constate de plus en plus, dans

nombre de pays - y compris le mien - que l'education sexuelle

incite les adolescents a avoir des comportements sexuels

responsables et favorise meme l'abstinence.  Le manque de services

de sante en matiere de reproduction rend les rapports sexuels plus

dangereux pour les deux partenaires, mais plus particulierement

pour la femme.



     Alors que les jeunes passent de l'adolescence a l'age adulte,

leur sexualite naissante inspire trop souvent la mefiance, quand

elle n'est pas completement ignoree.  A ce moment delicat de leur

vie, les adolescents ont besoin d'etre encadres tout en etant

independants, de recevoir une education tout en ayant la

possibilite de vivre leurs propres experiences.  Les parents et la

societe doivent alors aborder les problemes avec tact et

discernement.  J'espere sincerement que la Conference permettra de

mieux comprendre les besoins des jeunes concernant la sante en

matiere de reproduction, et de prendre des engagements plus fermes

a cet egard, notamment par l'ouverture de services de sante

confidentiels a leur intention.



     Il faut avoir des idees pour changer les choses.  Mais, pour

traduire nos idees et nos engagements en actions concretes, il

faudra leur allouer des ressources.  Le cout total du Programme

d'action que nous nous appretons a adopter est estime aux alentours

de 17 a 20 milliards de dollars par an.



     Le veritable travail va commencer lorsque la Conference sera

terminee.  La grande difficulte sera de traduire les nouveaux

objectifs et orientations en programmes viables.  Nous nous

rejouissons que d'importants bailleurs de fonds comme les

Etats-Unis d'Amerique et le Japon aient decide d'augmenter leur

appui aux programmes de population.  D'autres pays devraient les

suivre dans cette voie.  Nous esperons qu'a l'instar de la Norvege,

d'autres pays donateurs atteindront l'objectif visant a allouer aux

programmes de population au moins 4 % de l'aide publique au

developpement.



     Il est egalement important que les gouvernements allouent 20

% de leurs depenses au secteur social et que 20 % de l'aide

publique au developpement soient consacres a l'elimination de la

pauvrete.



     Afin de disposer des ressources necessaires a l'execution du

Programme d'action, un autre objectif fixe depuis longtemps doit

etre atteint, a savoir allouer 0,7 % du produit interieur brut a

l'aide publique au developpement.  La pretendue "lassitude des

donateurs", imputable une fois encore aux problemes de finances

publiques que connaissent les pays industrialises, ne facilitera

pas la tache.  Chaque annee, les gouvernements defendent aprement

leurs priorites budgetaires et allocations de ressources.  Le

principe du 1 % ou plus a consacrer a l'aide publique au

developpement, que la Norvege a reussi a appliquer depuis une

quinzaine d'annees, necessite un travail considerable sur le plan

politique.  Notre tache serait grandement facilitee si deux

conditions etaient remplies : premierement, si d'autres pays

donateurs s'approchaient de l'objectif de 0,7 %; deuxiemement, et

il s'agit la d'un objectif qui tient particulierement a coeur a la

Norvege et peut-etre a l'ensemble de la communaute des donateurs,

si les resultats de la Conference et d'autres instances

internationales montraient que nous sommes veritablement resolus a

manifester une solidarite nouvelle et plus concrete avec les

pauvres et les desherites de la terre a tous ceux qui sont prives

de voix et de choix.



     L'accroissement de la population est un des principaux

obstacles a la prosperite mondiale et au developpement durable. 

Nous verrons peut-etre bientot surgir de nouvelles famines, des

deplacements massifs de population, des troubles, voire des

conflits armes, les peuples luttant pour des terres et des

ressources en eau toujours plus rares.



     Dans les pays developpes, les enfants des generations

actuelles peuvent repousser le moment ou ils devront affronter la

crise ecologique qui se prepare, mais les nouveau-nes d'aujourd'hui

verront disparaitre des ressources essentielles.



     Afin qu'un equilibre durable s'instaure entre la population et

la quantite de ressources naturelles qui peut etre consommee, les

habitants des pays industrialises et les riches des pays du Sud ont

l'obligation de reduire leur impact sur l'environnement.



     Des changements sont necessaires, tant dans le Nord que dans

le Sud, mais ces changements ne se produiront pas s'ils ne passent

pas par des mecanismes democratiques.  Ce n'est que lorsque les

populations ont le droit d'influer sur le fonctionnement de leur

societe en participant a la vie politique d'une societe

democratique que les changements sont viables politiquement.  Ce

n'est que dans ces conditions que nous pourrons repondre aux

aspirations des generations a venir.



     Je saisis cette occasion privilegiee pour adjurer la

Conference de prendre ses responsabilites vis-a-vis des generations

futures.  Les questions de population n'ont pas recu d'echo a la

Conference de Rio.  Pour la sauvegarde de la Terre, la Conference

du Caire doit etre un succes. 



            Declaration d'Al Gore, Vice-President

                  des Etats-Unis d'Amerique



     Je suis profondement honore de me trouver parmi vous, alors

que s'ouvre l'une des conferences les plus importantes qui se

soient jamais tenues. 



     Au nom du President Clinton et du peuple americain, je

voudrais d'abord exprimer mes remerciements et ma reconnaissance a

notre hote, le President Moubarak.  Dans son action de chef d'Etat,

il s'est attache sans relache a edifier un avenir meilleur pour son

peuple, cette region et le monde.  Or la presente conference vise

les memes objectifs.  Aussi ne puis-je imaginer de cadre meilleur

ou plus propice que Le Caire pour les travaux qui commencent

aujourd'hui.  J'aimerais aussi remercier le Secretaire general, M.

Boutros Boutros-Ghali et Mme Nafis Sadik d'avoir si bien su mener

cette conference du stade du concept a celui de la realite. 

Laissez-moi aussi remercier Mme le Premier Ministre Brundtland et

Mme le Premier Ministre Bhutto d'etre a l'avant-garde des efforts

deployes par la communaute internationale pour traiter cette

question vitale et de tant y contribuer. 



     Plus encore, je tiens a rendre hommage aux fonctionnaires des

differents gouvernements, aux representants des organisations non

gouvernementales et aux particuliers qui, par leur precieux

concours, ont permis que puisse etre tenu l'un des plus grands

paris - et saisie l'une des plus grandes chances - du siecle a

venir.  Nous avons envers vous tous qui avez participe a cette

action une dette de reconnaissance.



     Nous ne serions pas ici aujourd'hui si nous n'etions

convaincus que le rythme d'accroissement extremement rapide de la

population du globe, auquel il est impossible de faire face, pose

un probleme des plus pressants.  Il a fallu 10 000 generations a la

population mondiale pour atteindre le chiffre de 2 milliards.  Or,

au cours des 50 dernieres annees, nous sommes passes de 2 milliards

a plus de 5 milliards et demi et nous nous acheminons vers une

augmentation qui porterait le nombre des habitants de la planete a

9 ou 10 milliards au cours des 50 prochaines annees.  Dix mille

generations pour atteindre 2 milliards et en une vie humaine - la

notre - un bond de 2 a 10 milliards.



     Ces chiffres ne constituent pas le probleme en eux-memes. 

Mais la situation nouvelle et alarmante qu'ils creent est l'un des

aspects d'un defi d'ordre spirituel plus vaste et plus profond qui

est actuellement pose a l'humanite.  Saurons-nous ou non

reconnaitre nos liens les uns avec les autres?  Saurons-nous ou non

assumer la responsabilite des consequences des choix que nous

faisons?  Pouvons-nous trouver les moyens d'oeuvrer ensemble ou

tiendrons-nous a explorer egoistement les confins de l'orgueil

humain?  Comment pouvons-nous apprendre a lire sur le visage de

l'autre nos propres espoirs, nos propres reves d'avenir?  Pourquoi

est-il si difficile d'admettre que nous faisons tous partie d'une

entite qui nous depasse? 



     Ce sont la certes des questions eternelles qui ont toujours

pese sur la condition humaine.  Mais elles se posent maintenant

avec une nouvelle acuite, precisement parce que nous avons atteint

un nouveau stade de l'histoire de l'humanite.  Cette nouvelle etape

ne se definit pas seulement par la croissance meteorique des

chiffres de population, mais aussi par les pouvoirs faustiens sans

precedent des nouvelles technologies que nous avons mis au point au

cours de ce demi-siecle.  Celles-ci ne sont pas seulement

benefiques, mais nous donnent aussi un pouvoir qui, beaucoup trop

souvent, excede de tres loin notre aptitude a prevoir les

repercussions qu'elles peuvent avoir.



     C'est ainsi que l'invention des armes nucleaires a si

radicalement modifie la guerre, vieille habitude des hommes, que

nous avons du repenser les relations entre Etats nucleaires pour

eviter qu'il soit fait usage de ces armes.  De meme, les oceans ont

toujours ete sources d'aliments, mais les nouvelles techniques,

comme celle des filets derivants longs de 40 milles, associes aux

equipements sonar sophistiques qui permettent de localiser

precisement le poisson, ont considerablement diminue le volume ou

gravement perturbe l'equilibre des ressources halieutiques de tous

les oceans de notre planete.  Aussi avons-nous commence a limiter

l'usage des filets derivants.



     Mais il est de plus en plus evident que notre marge d'erreur

se reduit a mesure que l'accroissement rapide de la population se

combine a une surconsommation effrenee dans les pays developpes, a

de puissants moyens nouveaux d'exploitation de la planete et du

prochain et a un refus delibere d'assumer la responsabilite des

consequences des choix que nous arretons. 



     Sur le plan economique, cet accroissement rapide contribue

souvent aux difficultes que posent les bas salaires, la pauvrete et

la disparite des revenus.



     La poussee demographique bat egalement en breche l'aptitude

des societes, des economies et des gouvernements a realiser les

investissements necessaires tant en matiere de capital humain que

d'infrastructures.



     Au niveau de la famille, elle a maintenu a un niveau

inadmissiblement bas l'investissement consenti a l'echelle mondiale

en faveur des enfants, en particulier des filles.



     En ce qui concerne l'individu, la croissance demographique et

la fertilite elevee sont presque indissociables du mauvais etat de

sante et de la precarite des perspectives de millions et de

millions de femmes, de nourrissons et d'enfants.



     La pression demographique peut aussi compromettre les espoirs

de stabilite aux niveaux national et international.  Il suffit

d'evoquer par exemple les quelque 20 millions de refugies qui dans

notre monde ont perdu leur foyer. 



     Les delegues a la presente conference ont contribue a faire

largement prendre conscience de ces nouvelles realites.  Toutefois,

ce qui est vraiment remarquable dans la presente conference, ce

n'est pas seulement l'unite de vues sans precedent sur la nature du

probleme, c'est le consensus sur la nature de la solution.



     Un veritable changement s'est opere au cours de ces dernieres

annees dans la maniere dont la plupart des habitants de la planete

abordent et percoivent ce probleme.  Et ce changement s'insere dans

une reorientation philosophique plus large de l'optique dans

laquelle ils commencent, en majorite, a envisager nombre de grands

problemes.



     On a eu tendance presque machinalement a concevoir - en

particulier dans le monde developpe - le processus de changement

comme un enchainement de causes isolees produisant des effets

isoles.  Aussi lorsqu'on a cherche le moyen de resoudre un probleme

particulier, si vaste qu'il soit, a-t-il semble assez naturel de

rechercher la plus marquante des "causes" isolees du probleme pour

s'y attaquer energiquement.  Au sein des groupes, les points de vue

ont souvent diverge quant au choix de la cause responsable au

premier chef d'un probleme donne et sur laquelle toute l'attention

devait se concentrer.



     C'est ainsi que lorsqu'il est clairement apparu que les

nouvelles technologies medicales entrainaient une baisse

spectaculaire des taux de mortalite mais pas des taux de natalite,

nombre de ceux qui les premiers s'etaient efforces de s'attaquer au

probleme demographique se sont arretes a l'idee que le manque de

contraceptifs etait la cause premiere et ont affirme qu'en les

mettant partout a la disposition du plus grand nombre, on

obtiendrait l'effet souhaite : la transition demographique, marquee

par de faibles taux de mortalite et de faibles taux de natalite.



     Mais a mesure qu'il apparaissait clairement que la seule

contraception n'induisait pas le changement recherche, c'est sur

d'autres causes isolees que s'est concentree l'attention.



     Par exemple, a la Conference historique de Bucarest, il y a 20

ans, des gens serieux ont observe que la plupart des societes qui

avaient stabilise leur croissance demographique etaient riches,

industrielles et "developpees" et il a donc paru logique de

conclure que, comme on disait alors, "le developpement etait le

meilleur des contraceptifs".



     Pendant ce temps, on ne pretait pas assez d'attention a

certaines visions perspicaces des pays en developpement.  Ainsi,

certains dirigeants africains affirmaient voici 30 ans que le plus

puissant contraceptif du monde etait l'espoir des parents de voir

leurs enfants survivre.



     Dans des endroits comme le Kerala, au sud-ouest de l'Inde, des

dirigeants locaux faisaient progresser le developpement economique

en donnant aux femmes, comme aux hommes, acces a l'education et a

une solide alphabetisation, tout en assurant des soins de sante

maternels et infantiles de qualite et un acces generalise a la

contraception.  Ce faisant, ils se rendaient compte que le taux de

croissance demographique tombait a un niveau proche de zero. 



     Le monde a egalement appris des pays en developpement que la

mauvaise forme de developpement economique rapide - celle qui est

inequitable, qui detruit la culture traditionnelle, degrade

l'environnement et sape la dignite humaine - peut aussi conduire a

desorienter la societe et a diminuer la capacite de resoudre tous

les problemes, notamment les problemes demographiques. 



     Mais ici, au Caire, une nouvelle unite de vues se degage et de

l'avis general, aucune de ces solutions prise isolement ne semble

devoir suffire en soi a susciter le type de changement que nous

recherchons.  Toutefois, maintenant, nous nous accordons egalement

a penser qu'il est vraisemblable qu'elles induiront toutes

ensemble, si elles coexistent suffisamment longtemps, un changement

de fond et entraineront une baisse des taux de natalite et de

mortalite et une stabilisation demographique.  Dans cette nouvelle

approche, le developpement equitable et durable et la stabilisation

de la population vont de pair.  L'education et la demarginalisation

des femmes, des niveaux d'alphabetisation eleves, l'acces ouvert a

la contraception et a des soins de sante de qualite sont autant

d'objectifs essentiels.



     On ne peut attendre pour les realiser que le processus de

developpement soit arrive a son terme; ils doivent l'accompagner et

etre en fait percus comme des facteurs contribuant a l'accelerer et

a le promouvoir. 



     Cette optique holistique est representative de la demarche que

nous devons adopter pour aborder d'autres problemes qui appellent

l'attention.  L'une des clefs est de parvenir a cerner les

relations et les interactions.  Ainsi, l'avenir des pays developpes

est lie aux perspectives des pays en developpement.  C'est en

partie pour cette raison que nous tenons, aux Etats-Unis, a choisir

entre toutes cette occasion d'affirmer categoriquement tous les

droits de l'homme, y compris le droit au developpement. 



     Reconnaissons sans ambiguite que la persistance de hauts

niveaux de pauvrete dans notre monde represente l'une des

principales causes de souffrance humaine, de degradation

ecologique, d'instabilite - et d'accroissement demographique

rapide.



     Mais pas plus qu'aux problemes demographiques, on y pourra

remedier par une riposte unique et simpliste.  C'est une approche

globale qui permettra de trouver la solution, une approche

combinant democratie, reforme economique, faibles taux d'inflation,

lutte efficace contre la corruption, gestion saine de

l'environnement, liberte et ouverture des marches a l'interieur et

acces aux marches des pays developpes.



     Nous devons aussi admettre, dans les pays developpes comme

dans les pays en developpement, le lien qui existe entre nous qui

vivons aujourd'hui et les generations futures qui heriteront des

consequences des decisions que nous prenons.  En effet, la crise

spirituelle a laquelle nous sommes confrontes dans le monde moderne

tient en grande partie a notre refus obstine de depasser

l'immediatete de nos besoins et de nos voeux pour investir dans le

type d'avenir que les enfants de nos enfants sont en droit

d'attendre.  Et il est bien evident que nous ne pouvons retrouver

ce sens perdu du lien avec notre avenir par de simples appels a la

raison et a la logique.



     Personnellement, je suis convaincu que la solution globale que

nous devons chercher s'ancre dans la foi et dans un attachement aux

valeurs humaines essentielles consacrees par tous les grands

principes et traditions de nos religions, auxquelles souscrivent de

plus en plus les hommes et les femmes partout dans le monde :



     Le role central de la famille;



     L'importance de la communaute;



     La liberte de l'esprit humain;



     La dignite inherente a toute femme, tout homme et tout enfant

de cette planete;



     La liberte politique, economique et religieuse;



     Les droits universels et inalienables de l'homme.



     Saurons-nous puiser a la richesse de ces principes et de ces

valeurs partages pour mener l'action que nous engageons aujourd'hui

ou nous laisserons-nous diviser par nos differences?  Et certes, il

est des differences qui seront extremement difficiles a toujours

pleinement surmonter.



     Ainsi, nous savons tous fort bien que les avis sur

l'avortement sont aussi divers entre les nations qu'entre les

individus.  Je tiens a etre clair sur la position des Etats-Unis en

matiere d'avortement, afin qu'il n'y ait aucun malentendu.  Nous

pensons que c'est en donnant acces a des services de planification

familiale et de soins de sante de la plus haute qualite possible

que nous pourrons en meme temps respecter le desir des femmes

d'eviter les grossesses involontaires, reduire l'accroissement

demographique et le taux d'avortement.



     La Constitution des Etats-Unis garantit a toute femme a

l'interieur de nos frontieres le droit de recourir a l'avortement,

sauf exceptions limitees et specifiques.  Nous sommes attaches a ce

principe.  Mais faisons ici table rase d'un faux probleme : les

Etats-Unis ne cherchent pas a etablir un nouveau droit

international a l'avortement et ne pensent pas que l'avortement

doive etre encourage comme methode de planification familiale.



     Nous estimons egalement que la prise de decisions dans ces

domaines revient a chaque gouvernement, dans le contexte de sa

propre legislation et des realites nationale et eu egard aux normes

precedemment admises dans le domaine des droits de l'homme.



     Dans cette perspective, nous honnissons et condamnons la

coercition, qu'elle s'exerce en matiere d'avortement ou de

procreation de facon plus generale.



     Nous pensons que la ou l'avortement est autorise, il doit etre

medicalement sur, que s'il ne l'est pas, la sante de la femme est

mise en cause et qu'on ne saurait s'en desinteresser.



     Si nous admettons qu'il y a quelques domaines dans lesquels un

plein accord entre nous est difficile a degager, nous devons etre

plus resolus encore a respecter nos differences pour parvenir a les

depasser et a susciter ce qui pourra rester dans la memoire du

monde comme "l'esprit du Caire" : une decision inebranlable et

partagee de poser les assises d'un avenir fait d'espoirs et de

promesses.



     C'est aujourd'hui l'ouverture de la session.  Chacun d'entre

nous peut jouer un role determinant dans la reussite de cette

entreprise historique.  Notre apport essentiel a tous doit etre de

nous engager a la faire aboutir. 



     L'alpiniste ecossais W. H. Murray a ecrit au debut de ce

siecle :



          "Avant de s'engager pleinement, on est hesitant, on

risque de reculer, on est toujours inefficace.  Preside a toute

initiative ... une verite elementaire dont la meconnaissance ruine

d'innombrables idees et autant de plans splendides : la providence

vient en aide aux resolus."



     J'ai vu cette verite s'inscrire dans les faits il y a quelque

temps cette annee a l'extremite sud du continent ou nous nous

trouvons, lorsque j'ai represente mon pays a l'investiture de

Nelson Mandela.



     Alors qu'il levait la main pour preter serment, je me suis

soudain souvenu d'un dimanche matin ou, quatre ans plus tot, il

etait libere de prison et ou le plus jeune de mes enfants, alors

age de sept ans, m'ayant rejoint pour regarder la retransmission en

direct de l'evenement a la television, m'a demande pourquoi

le monde entier regardait cette personne recouvrer sa liberte.



     Je le lui ai explique de mon mieux, pourtant mon fils m'a

redemande "Pourquoi?".  Apres une serie de "pourquoi", j'ai

commence a me sentir decourage, mais j'ai tout a coup realise quel

rare privilege c'etait que d'expliquer a un enfant un evenement

aussi extraordinairement positif, alors qu'a l'instar d'autres

parents, j'avais ete si souvent contraint d'expliquer a mes enfants

qu'il y avait dans notre monde des tragedies et des injustices

deplorables et terribles.



     Aussi, tandis que le President Mandela achevait de preter

serment, j'ai decide de passer les quelques jours suivants en

Afrique du Sud pour essayer de comprendre comment cette miraculeuse

evolution avait pu se produire. 



     Et j'ai trouve - outre le courage et la hauteur de vue bien

connus de Mandela et de De Klerk - quel etait l'element clef que

les medias n'avaient pas souligne : les hommes et les femmes de la

rue de toutes origines ethniques et de toutes conditions sociales

en etaient doucement venus a l'idee qu'ils allaient franchir les

barrieres qui les divisaient et la main dans la main edifier un

avenir beaucoup plus radieux qu'aucun de ceux qu'on leur avait

laisse meme imaginer.



     Devant nous se presentent aujourd'hui le meme choix et la meme

chance : contraindrons-nous les enfants de nos enfants a expliquer

a leurs enfants la raison pour laquelle des tragedies

indescriptibles qui auraient pu etre evitees se produisent dans

leur vie?



     Ou leur donnerons-nous le privilege et le bonheur d'expliquer

que des evenements exceptionnellement heureux peuvent avoir lieu,

dont les fondements ont ete poses ici, en ce lieu meme et en ce

moment meme?  Le choix nous appartient.  Decidons donc de faire le

bon.





  Declaration de Benazir Bhutto, Premier Ministre du Pakistan



     Je m'adresse a vous en tant que femme, en tant que mere, en

tant qu'epouse.  Je m'adresse a vous en tant que Premier Ministre

democratiquement elue d'une grande nation musulmane : la Republique

islamique du Pakistan.  Je m'adresse a vous enfin en tant que

dirigeante du neuvieme pays le plus peuple de la planete. 



     Nous nous trouvons a la croisee des chemins de l'histoire. 

Les choix que nous faisons aujourd'hui influenceront l'avenir de

l'humanite. 



     Des cendres laissees par la deuxieme guerre mondiale a jailli

l'elan qui a permis de reconstruire le monde.  De vastes ensembles

de population ont exerce leur droit a l'autodetermination en creant

leur propre Etat-nation.  Le pari du developpement economique a

entraine dans certains cas la formation de groupes dans lesquels

des Etats ont subordonne leur destin individuel a un dessein

collectif.  Pendant un certain temps, ces efforts collectifs ont

semble devoir  determiner l'architecture politique du futur.



     Les evenements de ces quelques dernieres annees nous ont

toutefois fait prendre conscience de la complexite et des

contradictions croissantes de la situation de l'humanite.  La fin

de la guerre froide aurait du liberer pour le developpement

d'immenses ressources.  Malheureusement c'est a la reapparition des

tensions et des conflits sous-regionaux qu'elle a conduit.  Dans

certains cas extremes, il y a eu eclatement d'Etats-nations.  Au

lieu de se rapprocher, l'objectif d'une action mondiale concertee

pour s'attaquer aux problemes communs de l'humanite semble

facheusement se perdre dans les brumes.



     Le probleme de la stabilisation de la population auquel nous

avons a faire face aujourd'hui ne peut etre dissocie de notre passe

recent.  Assez paradoxalement, c'est dans les regions qui avaient

ete les plus affaiblies par la triste experience de la domination

coloniale que la population a augmente le plus vite.



     Les communautes du tiers monde ont des ressources rares et

doivent les repartir chichement entre une infinite de besoins

pressants.  Nous ne pouvons aborder les questions d'accroissement

de la population a une echelle correspondant a l'ampleur du defi

demographique.



     Depuis que la pression demographique, associee aux migrations

des zones defavorisees vers les Etats riches, constitue un probleme

brulant, depassant les frontieres nationales, il est vital qu'en ce

qui concerne la regulation des naissances, les strategies mondiales

et les plans nationaux aillent dans le meme sens.



     Peut-etre est-ce la un reve.  Mais nous avons tous le droit

rever.



     Je reve d'un Pakistan, d'une Asie et d'un monde ou toutes les

grossesses seraient volontaires, ou tous les enfants concus

seraient eleves, aimes, instruits et suivis.



     Je reve d'un Pakistan, d'une Asie et d'un monde que

n'agiteraient pas les divisions ethniques provoquees par la

croissance demographique, la famine, le crime et l'anarchie.



     Je reve d'un Pakistan, d'une Asie et d'un monde ou nous

pourrions consacrer nos ressources sociales a l'epanouissement de

la vie humaine et non a sa destruction.



     Ce reve est bien loin de la realite que nous subissons.



     Nous sommes une planete en crise, une planete qui a perdu tout

controle, une planete qui va a la catastrophe.  La question qui se

pose a nous dans le cadre de la presente Conference est de savoir

si nous avons la volonte, l'energie et la force de tenter de faire

quelque chose.



     Je suis sure que oui.  Nous le devons.



     Il nous faut nous coaliser a l'echelle mondiale pour ameliorer

la condition humaine.  Nous devons nous concentrer sur ce qui nous

unit et non nous arreter a ce qui nous divise.



     Dans le document de la Conference, nous devrions chercher a

promouvoir l'objectif d'une procreation volontaire et d'une

regulation des naissances.



     La presente reunion ne doit pas etre percue par les masses

innombrables du monde comme porteuse d'une charte sociale

universelle cherchant a imposer notamment l'adultere, l'avortement

et l'education sexuelle a des individus, des societes et des

religions qui ont leur propre ethique sociale.



     En la convoquant, la communaute internationale reaffirme

qu'elle est resolue a resoudre ces problemes mondiaux par des

efforts a l'echelle mondiale. 



     Les gouvernements peuvent faire beaucoup pour ameliorer la

qualite de la vie dans nos societes.  Mais il est bien des choses

qu'ils ne peuvent pas faire. 



     Ce ne sont pas les gouvernements qui elevent nos enfants.  Ce

sont les parents et le plus souvent les meres.



     Ce ne sont pas les gouvernements qui inculquent les valeurs a

nos enfants.  Ce sont les parents et le plus souvent les meres.



     Ce ne sont pas les gouvernements qui socialisent les jeunes

pour faire d'eux des citoyens responsables.  Ce sont les parents,

principaux agents de socialisation de la collectivite et dans la

plupart des societes, c'est a la mere qu'appartient cette tache.



     Comment nous attaquons-nous a la croissance demographique dans

un pays comme le Pakistan?  En nous attaquant a la mortalite

infantile, en electrifiant les villages, en levant une armee de

femmes, forte de 33 000 combattantes, pour eduquer nos meres, nos

soeurs, nos filles dans les domaines de la protection de l'enfance

et de la regulation des naissances, en creant une banque geree par

des femmes pour des femmes, pour aider celles-ci a parvenir a

l'independance economique et par la meme, a disposer des moyens de

faire des choix independants.



     Je suis ce que je suis aujourd'hui grace a mon pere bien-aime

qui m'a donne l'independance materielle et m'a permis ainsi de

prendre des decisions independantes, sans avoir a souffrir de

prejuges sexistes au sein de ma societe, ni meme au sein de ma

famille.



     Je suis a la tete d'un des neuf pays les plus peuples du monde

et nous avons, le Gouvernement et moi, la redoutable tache de

fournir a notre population des logements, des ecoles, des hopitaux,

des reseaux d'assainissement et de drainage, de la nourriture, du

gaz, de l'electricite, des emplois et des infrastructures.



     Au Pakistan, sur une periode de 30 ans - de 1951 a 1981 -

notre population a augmente de 50 millions.  A l'heure actuelle,

elle est de 126 millions.  En 2020, elle pourrait atteindre 243

millions.

      En 1960, un acre de terre assurait la subsistance d'une

personne.  Aujourd'hui un acre de terre assure la subsistance de

deux personnes et demie.



     Le Pakistan ne pourra pas progresser s'il ne peut freiner le

rythme de sa croissance demographique.  Nous devons le ralentir,

car le destin du peuple pakistanais ne saurait etre de vivre dans

l'extreme misere et la pauvrete, condamne a un avenir de famine et

d'abjection.



     C'est la raison pour laquelle, avec les 33 000 travailleuses

sociales et la banque des femmes, le Gouvernement a nomme 12 000

agents communautaires a travers le pays, charges d'instruire notre

population et de lui faire prendre conscience de l'amelioration du

niveau de vie qu'on constate dans les familles ou les naissances

ont ete planifiees et echelonnees et ou les enfants peuvent etre

eleves.



     Dans notre premier budget, nous avons prouve a quel point nous

etions attaches a la mise en valeur des ressources humaines.  Nous

avons augmente les depenses du secteur social de 33 %.  Et en l'an

2000, nous nous proposons de faire passer les depenses d'education

de 2,19 %, pourcentage auquel elles s'etablissaient a notre

arrivee, a 3 % du produit national brut.



     Ce n'est pas la tache aisee pour un pays ou le Fonds monetaire

international a mis au point un programme d'ajustement structurel

difficile a executer, un pays que la seule superpuissance du monde

prive, par son interdit d'assistance economique et militaire, un

pays ou vivent 2 400 000 refugies afghans oublies par le monde,

auxquels viennent s'ajouter des refugies du Cachemire qui ont grand

besoin de protection.  Mais cette tache, nous sommes resolus a la

mener a bien et nous nous y sommes engages envers notre peuple. 

Notre engagement se fonde sur des principes.  Il nous impose des

decisions qui, si elles sont justes, ne sont pas toujours

populaires.



     Les dirigeants sont elus pour conduire les nations.  Ils ne

sont pas elus pour laisser de bruyantes minorites aux vues etroites

imposer un programme retrograde.



     Nous nous sommes engages a conduire un programme de

changement.  Un programme qui inserera nos meres et nos jeunes

enfants dans le XXIe siecle, avec l'espoir d'un avenir meilleur. 

Un avenir affranchi des maladies devastatrices, affranchi de la

poliomyelite, du goitre, de la cecite causee par des carences en

vitamine A.



     Ce sont la les combats que nous devons mener, pas seulement a

l'echelle de la nation, mais a celle de la communaute mondiale.  Ce

sont les combats sur lesquels l'histoire - et notre peuple - nous

jugeront.  Des combats auxquels doivent prendre part la mosquee et

l'eglise, ainsi que les gouvernements, les ONG et les familles.



     La promotion de la femme s'inscrit dans cette action. 

Aujourd'hui, au Pakistan, les femmes pilotent des avions, elles

sont juges dans les instances superieures de la magistrature, elles

travaillent dans les commissariats de police, elles occupent des

postes dans la fonction publique, aux affaires etrangeres et dans

les medias.  Nos travailleuses consacrent le principe islamique

suivant lequel tous les individus sont egaux aux yeux de Dieu.  En

demarginalisant nos femmes, nous poursuivons notre but de

stabilisation de la population et par la meme, nous nous employons

a promouvoir la dignite humaine. 



     Toutefois, faire progresser l'humanite vers des niveaux

superieurs est un objectif universel et collectif.



     Il est regrettable que le document de la Conference presente

le serieux defaut de mettre en cause un grand nombre de valeurs

culturelles, du nord et du sud, de l'islam et de la chretiente.



     C'est incontestablement sur sa foi dans les enseignements

eternels de l'islam que le Pakistan fondera sa ligne d'action. 

L'islam est une religion dynamique attachee au progres humain.  Il

ne demande rien d'inequitable a ses adeptes.  Le saint Coran dit : 



          "Allah veut votre bien et ne vous souhaite aucun mal." 

Le Livre saint ajoute :



    "Il vous a choisi et dans la religion ne vous a impose aucune 

epreuve."



     Les fideles de l'islam n'ont aucune difficulte conceptuelle a

aborder les questions de regulation des naissances dans la

perspective des ressources disponibles.  Il n'y a qu'une contrainte

: tenir compte des principes eternels de la morale.



     L'islam insiste fort sur le caractere sacre de la vie.  Le

Livre saint commande :



    "Tu ne tueras point ton enfant parce que tu es dans le besoin. 

Nous te nourrirons toi et lui."



     L'islam, sauf en d'exceptionnelles circonstances, rejette donc

l'avortement comme methode de regulation des naissances. 



     L'islam ne transige pas sur l'importance de la famille.  La

famille traditionnelle est la cellule essentielle sur laquelle

repose la societe.  C'est l'ancre sur laquelle compte l'individu

lorsqu'il embarque pour le voyage de la vie.



     L'objectif de l'islam est une vie harmonieuse, fondee sur une

assise de fidelite conjugale et de responsabilite parentale. 

Nombreux sont ceux qui estiment que la desintegration de la famille

traditionnelle a contribue a la degradation morale.  Je declare

pour ma part, categoriquement, que la famille traditionnelle est

celle dont l'union a ete sanctifiee par le mariage.



     Les musulmans, passionnement attaches au savoir, n'auraient

aucune difficulte a diffuser l'information sur la sante genesique,

pourvu que, dans ses modalites, elle demeure compatible avec leur

patrimoine religieux et spirituel. 

     Nos problemes essentiels ne sont nullement d'ordre

ideologique, mais tiennent au fait que nous n'avons pas

l'infrastructure voulue en matiere de services.



     L'objectif majeur du gouvernement democratique nouvellement

elu dans sa politique demographique est de s'attacher a ameliorer

la qualite de la vie de la population en assurant une planification

familiale et des services sanitaires.



     Nous refusons de nous laisser decourager par l'immensite de la

tache.  Mais les objectifs definis par la presente conference ne

deviendront realistes qu'avec la cooperation sans reserve des

nations du monde.



     La Bosnie, la Somalie, le Rwanda et le Cachemire, autant

d'evocations qui doivent nous rappeler a quel point nous nous

sommes ecartes de nos principes et de nos ideaux.



     Dans de nombreuses regions du monde, nous voyons que l'idee

d'Etat-nation est battue en breche.  La montee de ce qu'on appelle

le fondamentalisme dans certaines de nos societes et l'emergence du

neo-fascisme dans certaines communautes occidentales sont les

symptomes d'un malaise plus profond.



     Je pense que les Etats-nations n'ont pas su repondre aux

attentes de leurs populations avec leurs ressources interieures

limitees ou dans leur cadre ideologique.  S'il en est ainsi, le mal

n'est probablement rien d'autre qu'un recul des ideaux des peres

fondateurs du systeme des Nations Unies.



     Peut-etre pouvons-nous encore rendre a l'humanite une

eclatante sante en revenant a ces ideaux, aux ideaux de cooperation

mondiale.



     Dans ce contexte, j'espere que les delegues participant a la

presente Conference agiront avec sagesse et clairvoyance, pour

promouvoir la stabilisation de la population.



     La delegation du Pakistan travaillera dans un esprit

constructif a l'etablissement d'un document sur lequel se fera la

plus large unite de vues. 



     Notre destin n'est pas dans notre etoile.  Il est en nous.  Il

nous fait signe.  Ayons la force de le saisir.



     Je tiens a remercier le President Moubarak d'avoir accueilli

la presente Conference consacree a un probleme mondial aussi

important et je remercie Monsieur le Secretaire general et Madame

Nafis Sadik d'avoir fait qu'elle ait lieu.





  Declaration du Prince Mbilini, Premier Ministre du Swaziland



     Au nom de mes collegues et amis africains, c'est un honneur et

un privilege pour moi, Monsieur le President, de vous feliciter a

l'occasion de votre election a la presidence de cette auguste

assemblee.  Nous sommes persuades que sous votre direction sage et

avisee, les debats de cette conference seront non seulement feconds

et constructifs mais deboucheront aussi sur d'importantes decisions

qui, au fil des annees a venir, orienteront notre action en vue

d'une meilleure qualite de la vie dans nos pays et regions.



     C'est un honneur tout particulier pour moi, Monsieur le

President, que le Royaume du Swaziland puisse prendre la parole a

l'occasion de cette ceremonie officielle d'ouverture et nous nous

rejouissons de pouvoir participer a une manifestation aussi

importante.



     En cette periode cruciale de prise de decisions importantes

pour ce qui est des perspectives d'une croissance et d'un

developpement soutenus, nous aimerions souhaiter sincerement la

bienvenue a la Republique d'Afrique du Sud.  Son retour au sein de

notre communaute mondiale nous donne bon espoir quant a la

prosperite et la tranquillite futures de l'humanite; voila pour

nous une bonne lecon en matiere de reglement pacifique des nombreux

problemes qui se posent a l'Afrique. 



     Le theme de la presente conference a souleve de nombreuses

controverses et provoque l'inquietude dans de nombreuses parties du

monde.  Diverses allegations, fruits la plupart du temps de

renseignements errones ou d'une volonte de desinformer, ont ete

faites au sujet des questions clefs dont nous devons deliberer pour

prendre des decisions concretes.  Toutefois, ces controverses ont

selon nous permis d'eclaircir les principaux problemes en matiere

de population vises par le projet de programme d'action.  Les

questions clefs enoncees dans ce texte portent sur un certain

nombre de domaines qui touchent directement l'Afrique.  Il s'agit

entre autres du role de la femme dans le processus de developpement

et de la sante en matiere de sexualite et de reproduction -

planification familiale, baisse de la mortalite infantile et de la

mortalite liee a la maternite, promotion du role de l'homme et de

la femme dans la procreation responsable, et reconnaissance des

droits des Etats souverains de formuler, face a ces questions, des

strategies et des modalites conformes a leur code juridique, a leur

culture, a leurs valeurs morales et religieuses et aux principes

democratiques qu'ils ont adoptes.  Nous sommes convaincus qu'il

importe tout particulierement de faire preuve de souplesse, ce qui

devrait faciliter l'adoption du projet de programme d'action.  A

notre avis, le programme d'action enonce des principes generaux qui

nous permettront de progresser vers la croissance et le

developpement renforces et soutenus auxquels aspire chacun de nos

pays.



     Le continent africain se heurte a de tres graves problemes de

developpement.  Nous sommes intimement persuades que la croissance

demographique contribue de facon critique a la persistance du

sous-developpement de notre continent.  Nous ne saurions donc etre

indifferents lorsque de telles questions sont examinees.  L'Afrique

connait les taux les plus eleves de croissance concernant la

population, la fecondite, la pauvrete, la mortalite infantile et la

mortalite liee a la maternite, ainsi que, pour aggraver encore la

situation, la plus grave endemie du VIH/sida.



     Un grand nombre de pays africains font actuellement la dure

experience de l'ajustement structurel en vue de redresser les

desequilibres economiques qui se sont creuses au fil des ans.  Le

rapide accroissement des populations de notre continent, y compris

au Swaziland, ne facilite pas ce processus mais le complique encore

davantage.  Les groupes vulnerables, tels que les femmes et les

enfants, patissent en particulier de cette situation.  La

degradation des terres et de l'environnement, l'insecurite

alimentaire a l'echelon national et au niveau des menages,

l'insuffisance des budgets nationaux pour repondre aux besoins

sociaux immediats - etablissements scolaires et installations

sanitaires - voila autant de consequences de la croissance

demographique que nous ne connaissons que trop bien.  C'est

pourquoi nous croyons fermement que l'examen des questions de

population ameliorera les perspectives d'une croissance soutenue et

d'un developpement durable.



     La declaration de Dakar, reaffirmee il y a environ trois mois

a Tunis par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'OUA, insiste

tout particulierement sur les responsabilites qui incombent aux

gouvernements membres en ce qui concerne le role de la population

dans le developpement.  Cette declaration est limpide quant aux

mesures qui s'imposent.  A titre d'exemple, les pays africains ont

affirme a Dakar leur solidarite pour ce qui est de traiter des

problemes en matiere de population et se sont engages a formuler

des politiques demographiques respectant les droits souverains de

chaque pays ainsi que la liberte, la dignite et les valeurs

intrinseques de leurs peuples et tenant compte des facteurs moraux

et culturels pertinents, ainsi qu'a reaffirmer les droits et

obligations des particuliers et des couples.  Nous sommes

convaincus que ce que nous sommes censes adopter ici au Caire est

pleinement compatible avec les declarations de Dakar et de Tunis a

ce sujet et n'est certes pas non plus incompatible avec d'autres

instruments dont nos pays sont signataires, tels que la Convention

relative aux droits de l'enfant, Action 21 et la Convention sur

l'elimination de toutes les formes de discrimination a l'egard des

femmes.  La presente conference ne doit pas etre envisagee dans un

contexte isole car ses effets sur les reunions futures de

l'Organisation des Nations Unies seront lourds de portee.  A titre

d'exemple, si le present programme d'action est adopte, ses

principaux elements seront particulierement utiles au Sommet

mondial pour le developpement social qui doit avoir lieu a

Copenhague ainsi qu'a la quatrieme Conference mondiale sur les

femmes a Beijing.



     La plupart d'entre nous connaissons fort bien quels sont les

obstacles a une croissance et a un developpement economiques

rapides dans nos pays.  Il s'agit au premier chef des limites dont

souffrent nos ressources, de l'insuffisance des politiques et de

l'alourdissement du fardeau de la dette.  Pour surmonter ces

problemes, chaque pays africain s'est engage a mobiliser a

l'echelon national autant de ressources et de moyens que possible. 

Toutefois, les besoins sont enormes et nos capacites sont

restreintes.  Aussi faisons-nous appel a la communaute des

donateurs pour qu'ils augmentent le volume de leur aide aux pays

africains.  Il faut que l'aide des donateurs soit a la mesure des

problemes economiques du continent africain.  Sinon nos efforts

pour tenir des engagements tels que ceux que nous prenons

aujourd'hui seront a jamais voues a l'echec.  En outre, nous

demandons que l'aide exterieure soit suffisamment souple pour

repondre a certaines des questions clefs mises en evidence dans le

programme d'action de la presente conference.



     Le Gouvernement du Royaume de Swaziland tente de repondre aux

besoins socio-economiques des divers groupes de sa population.  A

titre d'exemple, nous avons entrepris une etude qui vise

precisement la situation de groupes vulnerables tels que les femmes

et les jeunes.  Nous avons egalement beaucoup progresse pour ce qui

est de dispenser aux garcons et aux filles un enseignement

primaire.  Toutefois, la demographie galopante compromet la qualite

de l'education.  En matiere de sante, le Swaziland s'efforce de

parvenir aux objectifs qui ont ete fixes pour le milieu de la

decennie par le Sommet mondial pour l'enfance, ainsi que dans le

Plan d'action de la Conference internationale sur la nutrition et

dans la Declaration Innocenti.



     En depit de nos efforts, Monsieur le President, nous

continuons de nous heurter a un taux de croissance demographique

inacceptable.  Il est essentiel que nous nous attaquions a ce

probleme.  Pour nous la presente conference est particulierement

opportune dans la mesure ou elle nous fournira des directives pour

nous attaquer au probleme demographique.



     Pour conclure, Monsieur le President, je tiens, au nom du

Gouvernement et du peuple swazis, a vous remercier, ainsi que votre

gouvernement et le peuple de la Republique arabe d'Egypte, pour

l'accueil que vous nous avez reserve depuis notre arrivee et pour

la qualite des moyens que vous avez mis a la disposition de la

Conference.  Nous sommes certains que notre conference sera

couronnee de succes et que ses debats deboucheront sur une action

concrete.





                     Annexe III



                 DISCOURS DE CLOTURE



       Declaration de Mme Nafis Sadik, Secretaire generale de la

Conference internationale sur la population et le developpement



     La Conference a ete un enorme succes.  Le President Moubarak

a exprime le voeu qu'elle soit un pont entre le Nord et le Sud,

l'Est et l'Ouest, et c'est ce que vous en avez fait.  Cent

quatre-vingt trois pays y ont participe et 249 personnes y ont pris

la parole.  Y ont pris part en tout 10 757 personnes.



     Il y a 10 jours, le Vice-President Gore a fait observer que la

Conference etait l'une des plus importantes qui se soit jamais

tenue.  Le Premier Ministre Brundtland a, quant a elle, souligne :

"Nous sommes reunis ici pour repondre par des actes a un appel

d'ordre moral".  Et nous avons repondu par un document dont Mme

Suzanne Moubarak a dit qu'il incarnait l'esprit meme de l'acte

moral.



     Le Premier Ministre Mbilini a fait observer, a juste titre,

que les debats avaient permis de clarifier les questions

principales.  Le Premier Ministre Benazir Bhutto nous a dit qu'un

chef veritable ne se laisse pas imposer un combat d'arriere-garde

par une minorite aux vues etroites; vous avez ici montre de

veritables qualites de chef.



     Le Secretaire general de l'Organisation des Nations Unies a

exprime le souhait que l'exigence, la tolerance et la conscience

president a votre quete d'un consensus.  On ne saurait mieux

decrire la maniere dont les choses se sont deroulees au cours des

10 derniers jours.



     Vous avez debattu des questions jusqu'a epuisement, mais vous

n'avez pas perdu de vue votre objectif.  Vous avez defendu vos

principes mais vous avez laisse librement s'exprimer les nombreux

points de vue en presence.  Vous vous etes souvenus avant tout que

votre objectif etait l'action.



     Vous avez appris combien les differences entre nos cultures,

nos origines et nos convictions etaient importantes et profondement

ressenties.  Vous avez egalement appris a respecter ces

differences, mais vous avez su voir qu'elles recelaient des valeurs

qui nous sont communes.



     Vous avez mis au point un Programme d'action pour les 20

prochaines annees, qui prend comme point de depart la realite du

monde dans lequel nous vivons mais nous montre la voie qui mene a

une realite meilleure.  Ce programme enonce des objectifs et des

recommandations extremement specifiques dans les domaines

interdependants que sont la mortalite infantile et maternelle,

l'education, la sante de la reproduction et la planification

familiale mais son impact sera d'une portee infiniment plus large. 

Il a en puissance ce qu'il faut pour changer le monde.



     Aucune disposition du Programme d'action n'empiete sur la

prerogative des nations d'agir individuellement dans le cadre de

leur legislation et de leur culture.  Tout les y encourage a agir

de concert dans leur interet commun.  Rien n'empiete non plus sur

la prerogative des gouvernements d'agir au nom du peuple qu'ils

gouvernent; tout y encourage la cooperation entre les gouvernements

et les organisations non gouvernementales, entre groupes issus de

differents milieux et representant differents interets, et entre

les femmes et les hommes individuellement.



     Vous avez demontre une fois de plus toute la valeur du

processus de recherche du consensus que pratique l'ONU, processus

long et minutieux qui appelle l'attention sur les distinctions les

plus subtiles mais qui, au bout du compte, et bien qu'il semble

avoir pour objet de diviser, tant il demonte et remonte sans cesse

les phrases, finit par nous rapprocher.  A force de demonter et de

remonter les phrases, nous nous sommes donne un texte qui est une

veritable mosaique de points de vue, mais qui de ce fait meme

repondra a nos besoins.



     Les progres que vous avez realises au cours de la Conference

ont une portee historique.  Comme l'a ecrit quelqu'un : "A-t-on

jamais jusqu'ici consacre un debat aussi intense a la situation

fondamentale de toutes les femmes, independamment de leur statut ou

du degre de liberte personnelle dont elles jouissent, ou compris

combien cette question est de celles qui seront au coeur des

preoccupations du siecle prochain?"  Le Programme d'action que vous

allez adopter fait des femmes et des hommes, ainsi que de leurs

familles, une priorite de l'agenda international pour le

developpement.  C'est un programme d'action sur la population qui

fait passer les etres humains avant tout.



     Mis en oeuvre energiquement et rigoureusement au cours des 20

prochaines annees, le Programme d'action permettra enfin aux femmes

de participer pleinement au developpement; il protegera leur sante,

favorisera leur education et encouragera et recompensera leur

contribution economique; il assurera que chaque grossesse est

voulue et chaque enfant desire; il mettra les femmes a l'abri des

effets des avortements dangereux; il protegera la sante des

adolescentes et encouragera celles-ci a se comporter de maniere

responsable; il combattra le VIH/sida; il favorisera l'education

pour tous, permettant ainsi d'eliminer les inegalites entres les

sexes en matiere d'education; et il protegera et favorisera

l'integrite de la famille.



     Le Premier Ministre Brundtland nous a invites a renoncer au

sensationalisme pour nous concentrer sur les vrais problemes. 

C'est ce que vous avez reussi a faire, encore que les manchettes

des journaux montrent que "8.25" est maintenant devenu synonyme de

polemique. 



     Vous avez passe beaucoup de temps a examiner la facon dont

l'avortement devrait etre traite dans le Programme d'action.  La

conclusion a laquelle vous etes parvenus me parait extremement

satisfaisante.  Elle repond a l'objectif initial, qui etait de

faire porter les efforts sur les avortements dangereux en tant que

probleme de sante grave et evitable.  L'avortement n'est pas une

methode de planification familiale.  Il y aura moins d'avortements

a l'avenir parce que les femmes auront moins besoin de se faire

avorter. 



     La mise en oeuvre du Programme d'action fera que les

naissances pourront avoir lieu dans de meilleures conditions,

puisque les couples auront acces a des informations et des services

qui leur permettront de planifier les grossesses.  Le Programme

d'action affirme que les familles en bonne sante le sont par un

effet de la volonte et non par l'effet du hasard.



     Vous avez reconnu que la pauvrete est le plus grand ennemi de

la liberte de choix.  La pauvrete n'est pas seulement un phenomene

economique, elle a egalement une dimension spirituelle; et la

encore le Programme d'action aura une contribution a faire.  La

pleine participation des femmes au developpement sera l'un des

effets les plus importants du Programme d'action.  L'amelioration

de la sante et de l'education des femmes et la liberte de planifier

l'avenir de leur famille n'auront pas seulement pour effet de leur

donner un plus large eventail de choix sur le plan economique, mais

aussi de les liberer intellectuellement et psychologiquement. 

Comme l'a fait remarquer le chef de la delegation du Zimbabwe,

elles auront pour effet de donner un pouvoir aux femmes, non pas

celui de se battre mais celui de decider.  A lui seul, ce pouvoir

de decision engendrera de nombreux changements dans le monde dans

les annees qui suivront la Conference du Caire.



     Le Premier Ministre Bhutto a montre par son courage et ses

qualites de chef ce que le pouvoir de decision signifie pour une

femme, et pour ses enfants.  Elle nous a rappele que ce sont les

meres qui enseignent aux enfants les valeurs qui guideront leur

vie.  Il en sera toujours ainsi mais grace a la mise en oeuvre du

Programme d'action, les peres seront plus etroitement associes a ce

processus et les deux parents seront mieux a meme de defendre et de

proteger les interets de leurs enfants ainsi que d'apprecier toute

la valeur des enfants du sexe feminin.  Grace a elle, nos filles

grandiront en bonne sante dans un climat de securite, nos fils

n'oublieront pas qu'ils doivent eux aussi avoir un comportement

respectueux et faire preuve du sens des responsabilites et ils

seront prepares a prendre leur place dans le monde.  Le Programme

d'action constituera un moyen important de renforcer la famille, la

communaute et la nation.



     Mais, prive de ressources, le Programme d'action restera

lettre morte.  Pays industrialises et pays en developpement

doivent, tous, s'engager a assumer pleinement leurs responsabilites

en la matiere.  La mise en oeuvre du Programme d'action permettra

de jeter les bases d'un developpement durable, d'une croissance

economique ou l'equite et la justice aient leur place.



     Il est important de se souvenir que le Programme d'action

n'est pas un element isole.  Il developpe et complete les decisions

relatives au developpement durable enoncees dans le programme

Action 21 de la Conference de Rio.  A son tour, il contribuera aux

conclusions du Sommet social et de la Conference sur les femmes qui

se tiendront l'an prochain et a celle d'Habitat II qui aura lieu en

1996.  Il devrait etre considere comme faisant partie d'un

programme a l'echelle de la planete en faveur du developpement

durable, au meme titre que les accords conclus dans les domaines du

commerce, de la dette et du developpement economique.



     La Conference doit son succes a de nombreuses personnes.  Je

voudrais tout d'abord remercier le President Moubarak, son

gouvernement et le peuple de la Republique arabe d'Egypte.  Le

Ministre de la famille et de la population, M. Maher Mahran, a su

guider le Comite preparatoire national avec beaucoup de competence.



Ses collaborateurs et lui-meme ont donne une nouvelle signification

aux mots hospitalite, chaleur et amitie.  Je tiens aussi a

remercier le Ministre des affaires etrangeres et ses collaborateurs

de leur efficacite et de leur collaboration.



     Chaque delegation a fait preuve de beaucoup de fermete et de

bonne volonte.  Les organisations non gouvernementales nous ont

sans relache rappele ce qui etait en jeu et ont encourage les

delegations a etre plus exigeantes dans leur attente.  Leur

contribution a ete precieuse.



     J'aimerais egalement remercier les medias de l'attention

qu'ils nous ont consacree.  Jamais dans l'histoire des Nations

Unies aucune autre conference n'a ete plus largement portee a la

connaissance de l'opinion publique, et jamais non plus celle-ci n'a

ete amenee a prendre plus largement conscience des enjeux. 



     Le secretariat, dirige par Joe Chamie, le Secretaire general

adjoint, s'est admirablement acquitte de sa tache.  Jyoti Singh, le

coordonnateur executif, est un diplomate subtil et un organisateur

infatigable.  Sans lui, cette conference aurait presque ete

impossible.  Je voudrais mentionner en particulier le concours que

nous a prete David Payton, le Conseiller special detache par le

Gouvernement neo-zelandais.  Ses paroles n'ont d'egal que son

devouement. 



     Les fonctionnaires des services de conference de l'ONU sont

les heros meconnus de toutes les conferences des Nations Unies. 

Leurs competences sont multiples et si diverses qu'il m'est

impossible de toutes les passer en revue ici.  Sous la houlette de

la Secretaire de la Conference, Margaret Kelley, ce sont eux qui se

sont occupes de tout ce qui nous parait aller de soi aussi

longtemps que les choses vont bien. 



     Pendant la Conference, les traducteurs et les interpretes se

sont heurtes a des problemes du fait de certains termes techniques

tres difficiles mais ils ont surmonte ces problemes.  Nous leur en

sommes tous infiniment reconnaissants. 



     Nous avons une dette envers les presidents des groupes de

travail et envers tous ceux qui y ont participe.  On ne saurait

trop rendre hommage aux deux vice-presidents du Comite plenier. 

Lionel Hurst a fait montre a la fois de beaucoup de calme et d'une

poigne solide.  L'Ambassadeur Nicolaas Biegman a une patience

d'ange et une determination de bouledogue, et elles n'ont ete de

trop ni l'une ni l'autre.  Tout au long de la Conference, son

charme et son sens de l'humour ne l'ont jamais quitte.  Au

President du Comite plenier, Fred Sai, je voudrait dire : la mer a

ete houleuse mais vous nous avez menes a bon port.  Vous avez su

nous eviter de redoutables ecueils.  Vous avez ete fort quand il le

fallait, mais vous avez egalement fait preuve de souplesse.  Nous

vous sommes infiniment reconnaissants.



     Je voudrais enfin remercier tous ceux qui, ressortissants du

pays hote ou membres de l'Organisation des Nations Unies, ont

assure notre securite au cours des deux dernieres semaines.  Nous

connaissions l'hospitalite du peuple cairote, et sommes ravis que

les rumeurs se soient revelees sans fondement; mais nous etions

tres heureux de savoir que ceux qui devaient assurer notre securite

etaient la, a tout hasard.



     Maintenant, il vous appartient de passer aux actes.  Quand

vous rentrerez dans vos pays respectifs, vous relirez le document

national que vous avez etabli pour la Conference - le secretariat

de la Conference a recu 168 rapports nationaux a ce jour - et vous

deciderez des mesures qu'il convient de prendre pour donner suite

aux accords auxquels vous etes parvenus ici.  Vous veillerez, j'en

suis sure, a ce que le consensus qui a ete realise a la Conference

fasse l'objet d'autant de publicite que les controverses qui ont

precede et que tous ceux qui seront charges de la mise en oeuvre du

Programme d'action a tous les niveaux aient parfaitement conscience

de l'importance de ce consensus et de sa teneur.



     Ne soyez pas modestes quant a ce que vous avez reussi a faire.



Compare a tous les autres documents precedemment consacres a la

population et au developpement, le Programme d'action procede d'une

analyse detaillee, comporte des objectifs specifiques, utilise une

methodologie transparente et contient des recommandations precises.



Dans le domaine qui nous interesse, il constitue un enorme bond en

avant.  Grace aux medias, il a deja suscite l'interet du monde

entier; j'espere que le processus se poursuivra et que chacun

pourra contribuer a la realisation des objectifs fixes.



     Au nom du systeme des Nations Unies en general et du Fonds des

Nations Unies pour la population en particulier, je puis vous

assurer que nous sommes prets a fournir tous les services et toute

l'assistance possibles, a n'importe quel moment et sous n'importe

quelle forme.  Je m'engage personnellement a ne menager aucun

effort dans les annees a venir pour faire en sorte que les accords

que vous avez conclus ici se concretisent.  Je crois que pour

construire l'avenir, il faut donner a chacun le pouvoir de choisir,

et je m'emploierai a cette tache.



     Le Programme d'action merite que vous vous y investissiez et

lui apportiez tout votre soutien.  Vous avez etabli un document

dont vous pouvez etre fiers.  Je vous souhaite de parvenir a

pleinement le mettre en oeuvre.





Declaration de M. Amre Moussa, Ministre egyptien des

affaires etrangeres



     Au nom du Gouvernement et du peuple egyptiens, qui ont eu

l'honneur d'accueillir des representants du monde entier a

l'occasion de cette conference, permettez-moi de vous adresser a

tous mes felicitations et de vous remercier sincerement des

contributions extremement constructives que vous avez apportees. 

Si les debats qui ont eu lieu dans le cadre de cette conference ont

ete particulierement intenses, c'est en raison des interrogations

qui s'y sont exprimees quant au progres de l'humanite en cette fin

de siecle et a l'aube du prochain millenaire.



     La Conference a ete reunie dans un contexte qui a parfois ete

marque par des tensions et de vives controverses, et ou se sont

fait jour souvent de grandes divergences d'opinion et de points de

vue concernant le document qui nous a ete soumis et la facon dont

pourraient etre abordees, traitees et resolues les questions qu'il

souleve.



     Mais au-dela des differends, si la population et le

developpement ont suscite de vifs debats, c'est en fait pour des

raisons d'ordre intellectuel et culturel liees a la diversite de

nos cultures et a la multiplicite de nos modes de vie, qui n'ont eu

ni la meme genese ni la meme evolution. 



     Vous conviendrez tous, j'en suis certain, que depuis la fin de

la guerre froide, la communaute internationale a entame une

profonde interrogation sur toutes les questions liees a l'existence

de l'homme : l'edification d'un avenir meilleur, la poursuite du

progres, et l'elargissement des perspectives dans lesquelles

s'inscrira notre vie dans les annees et les decennies a venir.



     Vous le savez, du Sommet mondial pour les enfants de 1990 au

Sommet "Planete Terre" de 1992, et de la Conference mondiale sur

les droits de l'homme de 1993 a la Conference internationale sur la

population et le developpement de 1994, les annees 1990 ont deja vu

se succeder des conferences internationales au cours desquelles ont

ete abordees d'importantes questions liees au progres de l'humanite

et a son developpement economique et social.  Ces conferences vont

etre suivies par le Sommet mondial pour le developpement social et

par la Quatrieme conference mondiale sur les femmes en 1995, puis

par la Conference des Nations Unies sur les etablissements humains

(Habitat II) en 1996.  La communaute internationale ne cesse de

prendre des initiatives pour elaborer une nouvelle approche du

developpement humain, qui tienne compte de tous les aspects de la

question, notamment de sa dimension sociale, et qui associe

l'ensemble des populations et des societes du monde a la

construction de leur avenir.



     Il convient de souligner que cette conference a ete l'occasion

d'entamer un dialogue interculturel et de favoriser le

rapprochement des civilisations.  C'est la premiere fois depuis la

fin de la guerre froide, et meme depuis la seconde guerre mondiale,

que des questions touchant aux fondements de nos valeurs, de nos

principes religieux, de nos convictions et de nos traditions ont

ete abordees simultanement.



     Mon propos n'est pas de porter des accusations en laissant

entendre que les debats ont oppose des cultures tournees vers le

passe a d'autres tournees vers l'avenir.  Il serait plus juste de

dire qu'un dialogue a ete entame entre des societes qui ont opte

pour un mode de vie dans lequel la conscience collective, les

comportements, la morale et les valeurs se fondent essentiellement

sur la religion et les rapports avec le sacre, et d'autres qui ont

opte pour un mode de vie guide par une ethique differente et par un

systeme de valeurs fonde sur des conditions sociales differentes,

qui ne sont pas necessairement acceptables dans d'autres societes.



     Bien sur, on peut penser que l'evolution des differentes

cultures dans le monde a ete benefique en ce sens qu'elle a abouti

a un consensus international consacrant la superiorite de la

democratie sur le plan politique et de la libre entreprise sur le

plan economique.  Mais dans un domaine qui met en jeu des valeurs

culturelles, il n'est pas facile de parvenir a un accord sur

l'adoption d'une orientation commune susceptible de nous guider

dans l'examen d'une question aussi complexe que celle de la

population, qui se rapporte a l'homme et a son systeme de valeurs,

aux relations entre l'individu et le groupe, ainsi qu'a la religion

et a l'influence qu'elle exerce sur la societe.  La question de la

population met aussi en jeu notre passe, notre present et nos

aspirations a la securite et a la stabilite pour l'avenir, et

l'interaction de nos societes.  Ces considerations ont ete

sous-jacentes dans les longues negociations que nous avons engagees

afin de parvenir a un consensus sur le programme d'action et a

l'issue desquelles ce document, qui comporte de nombreux points

encourageants, a ete adopte.



     S'agissant des fondements des convictions et des opinions, des

fondements de la civilisation ou des valeurs essentielles adoptees

par chaque societe, il n'est pas concevable qu'une conviction, une

civilisation ou une culture donnees soient imposees aux autres. 

Nous n'avons d'autre choix que d'entamer un dialogue juste et

equitable, fonde sur l'acceptation et le respect mutuels et la

volonte de coexister dans l'harmonie, compte tenu de nos

differences et de ce qui fait nos identites.  Un dialogue engage

sur de telles bases pourrait se poursuivre tout au long du siecle

prochain.



     C'est dans ce contexte qu'il convient de replacer les

resultats auxquels ont abouti les longs debats et deliberations qui

ont eu lieu au Caire.  La mesure de notre succes residera dans

notre aptitude a examiner la question de la population dans une

perspective juste, en soulignant les liens solides qui existent

entre la population et le developpement dans tous leurs aspects

economiques et sociaux, et sans en negliger les dimensions humaines

et culturelles. 



     Pour l'examen du document dont nous avons ete saisis, l'Egypte

a scrupuleusement observe les principes suivants :



     Elle s'est inspiree des dogmes prescrits par les revelations

divines en respectant scrupuleusement les valeurs et les principes

ethiques qu'ils consacrent.



     Elle a souligne l'importance du respect integral de notre

ethique sociale et de nos dispositions legislatives nationales.



     Elle a fermement fait valoir que la famille, telle qu'elle est

definie par la societe et la religion depuis des siecles, est

l'unite de base de la societe. 



     Elle s'est attachee a respecter strictement les dispositions

de la Constitution en ce qui concerne la garantie de droits

equitables aux femmes.



     Elle s'est attachee a respecter strictement les dispositions

de la charia islamique et de la legislation nationale concernant

l'avortement, que le document exclut en tant que moyen de

planification familiale.



     Il est important que le consensus auquel nous sommes parvenus

sur le programme d'action elabore par la Conference soit renforce

par l'adoption, lors de la prochaine session de l'Assemblee

generale, d'un accord sur les modalites d'evaluation, de suivi et

d'application de ce programme dans le cadre de mecanismes et de

structures appropries.  Parmi les taches importantes qui nous

incombent, il nous faut determiner comment tirer le meilleur parti

de l'attention sans precedent que la communaute internationale

porte aux questions relatives a la population, en veillant a ce que

les conclusions de la Conference soient toujours respectees et que

ses recommandations restent credibles. 



     Il ne pourra etre donne suite au programme d'action et aux

recommandations qui y figurent qu'a condition qu'il existe une

volonte de mobiliser les ressources financieres necessaires a

l'application des programmes et projets adoptes par la Conference. 

Esperons qu'avec la fin de la guerre froide et l'avenement d'une

nouvelle ere de cooperation internationale, les pays donateurs

respecteront l'engagement qu'ils ont pris de verser 0,7% de leur

produit national brut aux pays en developpement et de soutenir les

efforts continus que ceux-ci deploient pour parvenir a un

developpement durable.



     Avant de conclure, je voudrais adresser mes remerciements a

tous ceux qui ont contribue au succes de la Conference, au

President, au Secretariat, a ceux qui ont organise la Conference,

assure la securite et veille au confort des participants, ainsi

qu'a ceux qui ont travaille jour et nuit pour que les travaux

aboutissent aux meilleurs resultats possibles.  Il me semble

important de souligner a ce stade que l'Egypte, qui a participe

activement aux debats et a la recherche d'un terrain d'entente,

examinera le programme d'action compte tenu de ce qui est enonce

dans ses deux premiers chapitres, son preambule et les principes

qui y sont formules.  La mise en oeuvre de ce document exige le

respect integral de la souverainete nationale, des convictions

religieuses et des valeur sociales qui y sont inscrites dans notre

Constitution, ainsi que de nos traditions et de nos lois divines

appelant a la tolerance.



       Ce seront toujours la religion, les valeurs, l'ethique, la

droiture et l'integrite qui nous guideront dans la lecture de ce

document et des recommandations qu'il contient.



Annexe IV



                  ACTIVITES ANNEXES



1.   A la suite de consultations avec le Gouvernement egyptien et

la Secretaire generale de la Conference, un grand nombre

d'activites ont ete organisees au Caire en marge de la Conference

internationale sur la population et le developpement.



2.   Le forum des ONG 94, qui a eu lieu du 4 au 12 septembre 1994,

a l'initiative du Comite de planification des ONG de la Conference,

a reuni plus de 260 organisations non gouvernementales ayant des

activites dans les domaines de la population, de la promotion des

femmes, de la protection de l'environnement, des droits de l'homme,

du developpement et de la sante.  Plus de 4 200 personnes et les

representants de plus de 1 500 organisations non gouvernementales

venus de 133 pays, reunis dans le stade couvert du Caire, pres du

site ou se tenait la Conference, ont procede   un echange de vues

et de donnees d'experience sur une vaste gamme de sujets ayant un

lien avec ceux qu'etudiait la Conference, dans le cadre d'un

programme d'activites ayant donne lieu a environ 90 seances par

jour.  Le programme et les travaux du forum ont comporte des

reunions plenieres, des exposes liminaires, des ateliers, des

reunions de travail, des reunions-debats, des stages de formation,

des reunions d'information quotidiennes, de nombreuses expositions

d'ONG et un centre multimedia.



3.   Plus de 100 jeunes gens - femmes et hommes - venus de toutes

les regions du monde et provenant d'horizons tres divers sur le

plan culturel, religieux et politique ont pris part a une

Consultation internationale des jeunes des organisations non

gouvernementales sur la population et le developpement

(International NGO Youth Consultation on Population and

Development) qui s'est tenue au Caire du 31 aout au 4 septembre au

Centre du scoutisme international.  Les debats et les

recommandations ont porte essentiellement sur les jeunes et la

sante de la reproduction, le developpement durable, la protection

de l'environnement et les droits de l'homme, la grossesse des

adolescentes et les comportements sexuels sans risque.  Cette

Consultation, a l'issue de laquelle a ete adoptee la Declaration du

Caire sur les jeunes (Cairo Youth Declaration), a ete organisee par

neuf organisations non gouvernementales qui etaient constituees de

jeunes ou qui s'occupaient de questions se rapportant aux jeunes.



4.   Les 3 et 4 septembre 1994, quelque 300 parlementaires venus de

107 pays ont participe a la Conference internationale de

parlementaires sur la population et le developpement, organisee par

le Forum asiatique de parlementaires sur la population et le

developpement, le Comite mondial de parlementaires pour les

questions de population et de developpement, le Groupe

parlementaire interamericain sur la population et le developpement,

l'International Medical Parliamentarians Organization et les

Parlementaires pour une action mondiale.  A l'issue de cette

conference, invitee par le Gouvernement egyptien, les participants

ont adopte la Declaration du Caire sur la population et le

developpement.  Le 7 septembre 1994, l'Union interparlementaire

(UIP) a organise au Caire la Journee 1994 des parlementaires a

l'Assemblee populaire, a laquelle ont assiste plus de 200 membres

de l'UIP venus du monde entier.  L'UIP a presente une declaration

a la Conference internationale sur la population et le

developpement.



5.   Le Reseau d'information en matiere de population de la

Division de la population du Secretariat des Nations Unies a cree

sur place un centre de communication et de reference afin de

diffuser les documents de la Conference et de favoriser la

participation des differents pays du monde aux activites organisees

en marge de la Conference.  Des fonctionnaires ont rassemble les

declarations faites lors des seances plenieres et ont charge les

textes sur le serveur d'informations Gopher du Reseau, accessible

par Internet et par courrier electronique.  Un grand nombre de

delegues, de journalistes et d'organisations non gouvernementales

ont utilise les services disponibles au Centre pour faire des

copies des declarations et d'autres informations concernant les

questions de population; ces informations ont egalement pu etre

consultees par voie electronique sur le serveur Gopher par des

milliers d'utilisateurs dans le monde.  Le centre a beneficie de

l'assistance technique du Centre d'information du Gouvernement

egyptien.



6.   Quatre quotidiens independants ont ete publies au Caire a

l'intention des participants a la Conference.  Chacun d'eux a

diffuse des reportages sur les activites en cours de la Conference

et du Comite plenier, des analyses portant sur les questions

abordees au cours des negociations, des entretiens avec les

participants et des articles d'information de la presse

internationale consacres a differents sujets se rapportant a la

population et au developpement.  Un bulletin d'information resumant

les declarations et les negociations de la Conference a egalement

ete publie chaque jour.



7.   Cinquante-huit grands journalistes des pays en developpement

ont ete invites a participer a une Rencontre coparrainee par le

Departement de l'information du Secretariat de l'ONU et le FNUAP,

qui s'est tenue au Caire les 3 et 4 septembre, immediatement avant

la Conference.  Dans le cadre de cette rencontre, ils ont

participe, en meme temps que des centaines d'autres journalistes

venus assister a la Conference, a des reunions d'information sur

tous les principaux sujets qui devaient etre abordes a la

Conference.  Au total, plus de 4 000 representants des medias ont

ete accredites et ont assiste a la Conference.



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