MISSION PERMANENTE DE LA RÉPUBLIQUE DU NIGER
AUPRÈS DES NATIONS UNIES
DELIVRE
PAR S.E.M. NASSIROU SABO
MINISTRE
DES AFFAIRES ETRANGERES, DE LA
COOPERATION
ET DE L'INTEGRATION AFRICAINE
SOMMET
DU MILLENAIRE
DE
L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
NEW
YORK, LE 08 SEPTEMBRE 2000
Excellences Madame et Monsieur
les Co‑Présidents,
Excellences Messieurs les Chefs
dEtat et de Gouvernement,
Monsieur le Secrétaire Général,
S.E.M. MAMADOU TANDJA, Président de la République
du Niger, qui aurait bien voulu être des vôtres aujourd'hui, n'a pu, à son
grand regret, faire le déplacement de New York.
Il m'a donc chargé de transmettre en son nom le message
que voici :
Citation :
« Alors
que l'humanité a réalisé des progrès techniques et technologiques considérables
et élevé à un niveau jamais égalé de production de biens et services, des
milliards d'individus manquent du minimum vital du fait de la pauvreté. Le
problème de pauvreté représente l'un des défis majeurs que les Autorités
Nigériennes se sont résolues à relever tant il est vrai qu'il sape le fondement
de toutes les politiques et stratégies nationales de développement économique
et social.
Des
enquêtes menées au plan national, il ressort que 63% de la population
nigérienne vit dans la pauvreté et 34% dans l'extrême pauvreté. Le seuil de
pauvreté retenu en l'espèce est de 100 dollars des EU par an et par personne en
milieu urbain, et de 50 dollars par an et par personne en milieu rural. Quant
aux seuils d'extrême pauvreté, ils sont fixés aux 2/3 de ces montants.
Excellences Mesdames et
Messieurs,
La
grande majorité des pauvres au Niger vit en milieu rural. Les signes de cette
pauvreté se manifestent à divers niveaux de l'économie nationale. Ainsi une
personne sur trois accède à un centre de santé, un enfant sur trois est
scolarisé, un adulte sur cinq est alphabétisé, et 50% seulement de la
population a accès à l'eau potable.
A ce
tableau fort préoccupant, s'ajoute un taux élevé d'accroissement naturel de la
population et un faible revenu par habitant.
Ainsi
l'écrasante majorité des nigériens figure parmi le milliard d'habitants de
notre planète vivant avec moins de 1 dollar des E.U. par jour.
Monsieur le Président,
En terme de
pauvreté, on peut aisément constater que les secteurs et sous-secteurs sociaux
les plus affectés sont ceux de l'éducation de base (enseignement primaire,
alphabétisation, formation), de la santé, de la population, de l'eau potable,
de l'hygiène, de l'assainissement et de l'habitat.
Les groupes
cibles vulnérables, sont essentiellement constitués des femmes et des jeunes
écrasées par le poids des tâches domestiques en milieu rural pour les uns et en
proie au sous-emploi et à l'exode pour les autres et à l'analphabétisme, et à
la mendicité dans les milieux urbains pour l'ensemble.
Au total, tous
ces aspects contribuent dans une large mesure à hypothéquer les politiques et
stratégies de développement, à rendre l'économie nationale peu performante et à
accentuer la dégradation d'un environnement déjà trop fragilisé par les aléas
climatiques propres aux régions sahélo-sahariennes, comme la nôtre.
Voilà pourquoi,
nous basant sur nos diverses expériences en matière de gestion des ressources
naturelles, nous avons élaboré un Plan national en la matière axé sur la lutte
contre la désertification, l'eau et le développement durable, l'énergie,
l'environnement urbain, la diversité biologique et les changements climatiques.
Monsieur le Président,
Le Niger a
adhéré au nouveau cadre stratégique de lutte contre la pauvreté proposé par les
Institutions de Bretton Woods lors du Sommet sur la croissance et la pauvreté
en Afrique tenu à Libreville les 18 et 19 Janvier 2000. Ce Sommet auquel de
nombreux Chefs d'Etat et de Gouvernement africains participant à cette Auguste
Assemblée ont pris part, a eu pour objectif d'examiner les perspectives du
Continent à l'orée du nouveau millénaire et les défis à relever pour accélérer
la croissance économique et éliminer la pauvreté.
Fort de
la légitimité et de la stabilité institutionnelle découlant des élections
libres et transparentes de Novembre dernier, le Niger a engagé un processus
participatif très ouvert en vue de l'élaboration à très court terme de son
Document Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (DSLP). Ce nouveau cadre
constitue sans nul doute une démarche plus dynamique et plus efficace de lutte
contre la pauvreté parce que basée sur une plus grande participation citoyenne
à son élaboration et centrée sur une meilleure lecture du diagnostic complexe
de la nature des facteurs déterminants de la pauvreté.
Mesdames et Messieurs,
Notre
stratégie de lutte contre la pauvreté accorde la priorité à la recherche d'une
meilleure adéquation entre une saine gestion économique et un développement
humain durable qui se fonde principalement sur le secteur agro‑pastoral.
Cette
stratégie constitue l'épine dorsale du futur Plan de Développement Economique
et Social 2000‑2004 que le Gouvernement vient de mettre en chantier afin
de répondre aux multiples défis du millénaire. Dans cette démarche nous avons
pleinement conscience que l'effort extérieur ne saurait suppléer l'effort
interne.
Voilà pourquoi nous restons fermement convaincu qu'en ce début du 21ème siècle, une attention particulière doit être consacrée à la concrétisation de la vocation à l'Universalité de l'Organisation Mondiale.
La
Paix, la Sécurité et le Développement Durable sont des notions trop importantes
qui nécessitent l'élargissement tant souhaité du Conseil de Sécurité, pour ne
relever que de l'unique responsabilité d'un club de puissances militaires,
économiques ou financières.
L'Afrique,
parce qu'elle occupe aujourd'hui une large part des initiatives internationales
et qu'elle compte bien en devenir aussi sujet actif, doit prendre une place
significative au sein du Conseil de Sécurité réformé. Et au sein de cette
Afrique, il y a des pays capables de jouer un rôle déterminant ».
JE VOUS
REMERCIE.