DISCOURS DE

SON EXCELLENCE MAITRE LAMINE SIDIME

PREMIER MINISTRE DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE

CHEF DE LA DELEGATION GUINEENNE 

New York, le 8 septembre 2000


MADAME ET MONSIEUR LES CO-PRESIDENTS,

EXCELLENCES,       

MESSIEURS LES CHEFS DÉTAT ET DE GOUVERNEMENT,

MONSIEUR LE SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES,

Je voudrais tout d'abord m'acquitter d'une haute mission, celle de vous transmettre les chaleureuses salutations du peuple, du Gouvernement et de Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée, le Général LANSANA CONTE, dont l'attachement aux principes et aux buts de la Charte de l'Organisation des Nations Unies ne s'est jamais démenti depuis notre admission au sein de la famille Onusienne en 1958.

La délégation de la République de Guinée est heureuse et honorée de participer à ce sommet du millénaire aux côtés des illustres dirigeants du monde, dont la présence, nombreuse, à ce forum, témoigne, sans aucun doute, du rayonnement de l'Organisation des Nations Unies et de l'intérêt que continue de susciter son action. 

A tous ceux qui ont rendu cet événement possible, nous adressons nos vifs remerciements. En particulier, nous exprimons notre gratitude à Son Excellence Monsieur KOFI ANNAN, Secrétaire Général des Nations Unies, dont nous saluons l'action infatigable en faveur du renforcement de l'Organisation.

C'est aussi le moment et le lieu de rendre hommage à tous ceux, dont la clairvoyance et la vision, ont permis la création de ce merveilleux instrument de coopération entre les Nations et qui, depuis plus d'un demi-siècle, tente de donner un nouveau fondement et de nouvelles orientations aux relations internationales.

Nous nous devons d'entretenir le rêve de ces illustres visionnaires et d'améliorer l'instrument forgé par eux au service d'un monde meilleur, plus juste, plus humain, plus fraternel.

Le peuple de Guinée et son Gouvernement ont foi dans les Nations Unies mais notre conviction est que, après tant de bouleversements depuis 1945 et du fait des défis qui attendent l'humanité, face à son devenir, le temps est venu de réajuster les missions et les structures de notre Organisation commune. 

La Guinée plaide pour plus d'humanité et moins d'exclusion au sein des Nations Unies. Moins d'exclusion parce qu'il est temps que les différentes parties du monde soient équitablement représentées au sein du Conseil de Sécurité, notamment la sous-représentation de l'AFRIQUE, de l’ASIE et de l’AMÉRIQUE LATINE, parmi les membres permanents du Conseil de Sécurité, doit être revue. Ne pas le faire c’est faire fi des acquis de l'évolution intervenue depuis 50 ans entre les États du monde et continuer à vivre sur les idées et les conceptions de 1945. 

Plus d'humanité parce que l'Organisation des Nations Unies doit être dotée de moyens suffisants pour lui permettre d'intervenir dans la lutte contre la pauvreté et la souffrance des peuples et des États d'une bonne partie du monde. Après s'être engagée auprès des peuples pour mener à bonne fin la décolonisation, les Nations Unies doivent être mises dans les conditions d'impulser le mouvement humanitaire et salvateur devant permettre de réaliser au sein de la Communauté des nations, ce qui a été le moteur de la diffusion du progrès dans les Nations du Nord, à savoir, la libération des énergies, au moyen de l’accès du plus grand nombre, au savoir, à l'emploi et à la consommation.

Les moyens existent aujourd'hui et Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général, KOFI ANNAN, les a relevés dans son important rapport « Nous les Peuples : le rôle des Nations Unies au XXIe siècle » et qui sont entre autres - l'épargne accumulée par les Nations et disponible, l'avancée de la technologie, de la science et de l’humanisme renouvelé et largement partage par les hommes de notre temps pour la sauvegarde et la promotion de la dignité humaine. Ces acquis de l'humanité et de toute l'humanité doivent aider à améliorer le sort des démunis de la terre.

La GUINÉE, l'un des tous premiers pays africains à avoir adhéré à l'ONU et ce, depuis le 12 décembre 1958, classée parmi les pays les moins avances, avec un revenu par tête d'habitants de 575 dollars US, fait face seule, sans aucune assistance, depuis plus de 10 ans, à ses obligations internationales et humanitaires en supportant le fardeau de l'insécurité sous-­régionale et le poids humain, écologique, économique, de la présence de plus de 800 000 réfugiés dont près de 12 000 nouveaux arrivants ont été recensés seulement la semaine dernière.

Dans la Communauté des Nations, l’AFRIQUE et ses problèmes ne semblent pas être une grande préoccupation malgré les professions de foi.

En dépit de tout, l'espoir est permis, car les idées et les solutions généreuses, contenues dans le rapport de Son Excellence Monsieur KOFI ANNAN, sont totalement soutenues par mon pays qui oeuvrera avec ceux qui partagent ces valeurs et ces démarches pour leur mise en oeuvre.

Je termine en souhaitant plein succès à nos travaux.

Vive la Coopération Internationale !

Vive l'Organisation des Nations Unies !

Je vous remercie.

-----