ALLOCUTION DE 

S.E. LE COLONEL AZALI ASSOUMANI

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FEDERALE ISLAMIQUE DES COMORES 

SOMMET DU MILLENAIRE

NEW YORK, LE 8 SEPTEMBRE 2000


Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire Général,

Majestés, Altesses, Excellences, Mesdames et Messieurs,

ASSALAMU ANLAIKUM!

La paix !

Le monde a besoin d'une paix.

Une paix qui crée les conditions d'une stabilit?planétaire. Une paix qui assure la prospérit?de nos populations.

Une paix qui met fin aux conflits et ?tous ces déchirements dont sont victimes les populations du monde.

Une paix, enfin, qui préserve la cohésion et l'harmonie entre les peuples les plus nantis et les peuples les plus vulnérables.

Ce Sommet du Millénaire se doit d'abord d'être un lieu de convergence de nos échanges de réflexions et de nos analyses sur les inégalités socio-économiques et sur tous les autres fléaux qui rongent la planète.

Ce Sommet a ensuite la responsabilit?historique de fixer les marches sur lesquelles devra s'avancer le milIénaire qui s'ouvre devant nous.

En effet, ce millénaire se veut une ère de solidarit? de développement et d'épanouissement. Mais quelle solidarit?devons-nous construire et quels rapports devons-nous bâtir entre le Nord et le sud? Quelles conditions faut-il définir pour imprimer une culture de paix, respectueuse des valeurs démocratiques, sachant que les modalités d'application de celles-ci ne peuvent être totalement les mêmes, d'un pays ?l'autre, et d'un continent ?l'autre?

Aucune solidarit? aucun développement, aucune démocratie, aucune bonne gouvernance ne sont possibles dans un monde o?la pauvret? l'ignorance, la maladie et la dette écrasent de tout leur poids certains de nos pays.

Tels sont, ?mon sens, les enjeux fondamentaux auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. Voil? pourquoi, les citoyens de nos pays ont tous, aujourd'hui, les yeux tournés vers les présentes assises. Nos décisions devront être, par conséquent, ?la hauteur des espoirs suscités.

Monsieur le Président,

Qu'il soit permis ?l'O.N.U. de jouer pleinement son rôle de catalyseur, pour jeter les bases solides d'un nouvel équilibre et d'un nouvel ordre mondial, reposant sur le respect entre les peuples., la souverainet?des Etats et la confiance entre tous !

Les réformes tant attendues doivent embrasser l'ensemble du système des Nations Unies. Elles doivent englober toute l'étendue du partenariat international. 

Mais pour être crédible, cet élan d'optimisme devra s'appuyer sur une réelle volont?des partenaires multi et bilatéraux. Ils doivent accompagner davantage et soutenir concrètement les Etats dans leurs efforts de développement.

Je me réjouis de voir exprimée ici, la disponibilit?des plus hauts dirigeants de ce monde, ?partager les joies et les inquiétudes de nos peuples, sur la marche actuelle de notre monde. 

Je me réjouis de les voir tous mettre l’accent ici, sur le rôle plus dynamique que doit jouer notre Organisation dans la préservation de la paix et de la sécurit? 

Les liens de voisinage sont plus que jamais resserrés entre les peuples, en ce monde propuls?dans la marche d’une mondialisation ?maîtriser et ?humaniser. 

Cela exige donc, de la part des Nations Unies, une écoute plus attentive de chacune des composantes du village planétaire. 

Une écoute d’abord, totale et permanente s’inscrivant dans la logique de la neutralit?et de l’impartialit?consacrée par les principes fondamentaux régissant la Charte de notre Organisation. 

Une écoute ensuite, qui prenne en compte la nécessaire participation des pays ?la prise des décisions, avec une large implication de tous les continents dans la gestion des affaires planétaires. 

Monsieur le Président, 

Les conflits qui s'ouvrent ça et l?dans le monde produisent des effets dont les néfastes conséquences ne se limitent pas aux seuls théâtres de la crise. 

Les conséquences sont mondiales. Elles enfoncent lourdement la vie de chaque citoyen. Elles sont toujours humaines, car économiques et sociales. 

En Afrique, l'O.U.A. déploie de gros efforts pour mettre fin aux foyers de tension qui la déchirent. Ces opérations coûtent cher mais elles sont nécessaires. 

Nous sommes conscients d'une telle nécessit? car la paix n'a pas de prix. C'est la responsabilit?des Etats. C'est notre responsabilit? 

Devant cette auguste assemblée, je voudrais rendre un hommage mérit??notre Organisation continentale et ?son Secrétaire Général, le docteur SALIM AHMED SALIM qui fait de la paix, dans notre continent son cheval de bataille. 

Mais la paix étant l'affaire de tous, elle doit bénéficier des initiatives locales. Les comoriens ont compris cela et l'ont mis en pratique. Le dialogue inter-comorien que j'ai initi? moi-même permet d'augurer une sortie sereine d'une crise qui perdure depuis bientôt trois ans. 

C'est ainsi que je voudrais lancer un appel pressant ?toute la communaut?internationale afin de nous appuyer dans ce processus qui ouvre la vole pour un règlement juste et équitable de la crise comorienne.

Monsieur le Président, 

Je ne saurais finir mon propos sans adresser mes chaleureuses félicitations ?Son Excellence, Monsieur Kofi Annan, Secrétaire Général de l'O.N.U., pour les réformes profondes qu'il a engagées au sein de notre Organisation, afin de la rendre plus moderne et plus performante. 

Puisse la paix être notre objectif ! Puisse-t-elle nous éclairer de sa lumière ! 

Je vous remercie !

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