I
MISSAO PERMANENTE DE CABO VERDE JUNTO DAS NAÇOES
UNIDAS
PAR
LE
PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CAP-VERT
SON EXCELLENCE MR. ANTONIO MASCARENHAS MONTEIRO
DEVANT
LE
SOMMET
DU MILLÉNAIRE DES NATIONS UNIES
New
York, le 7 Septembre 2000
(Vérifier
à l'audition)
Messieurs les Co-Presidents,
Permettez-moi avant tout de vous
faire part de ma satisfaction de savoir entre vos mains la lourde et honorable
responsabilité de diriger nos travaux.
Je suis sûr que votre compétence
et dévouement reconnus seront mis pleinement au profit du succès de cet
historique Sommet du millénaire.
En tant que représentant d'un
petit pays insulaire en développement, je vous assure que ma participation dans
cet évènement majeur est motivée par le sentiment d'un espoir profond et d'une
confiance justifiée.
Mon espoir porte sur ce nouveau
millénaire et sur ce qu'il apportera inévitablement à la liberté, au
développement et au bien-être de l'humanité toute entière.
Autrement dit, un millénaire où
l’être humain, en sa dignité et sa valeur, deviendra enfin la raison d'être et
la mesure du succès de notre lutte commune pour un monde de paix et de
stabilité, de progrès et d'une sécurité humaine effective.
Mais je parle également de
confiance, celle que nous inspirent les Nations Unies et le rôle fondamental
qu'elles doivent continuer d'assumer en tant qu'instrument collectif, de plus
en plus moderne et efficace mais toujours au service de nos peuples, ayant en
vue les défis globaux pressants auxquels il nous revient de répondre dans un
contexte de solidarité, et de responsabilités partagées.
Parmi ces défis je voudrais signaler tout
particulièrement la lutte contre la pauvreté.
Il est navrant de voir le nombre
d'êtres humains, un peu partout sur la planète et surtout en Afrique, pour qui
la pauvreté constitue l'obstacle principal à un minimum de dignité dans leur
vie et à la réalisation de leurs droits les plus élémentaires.
Il est urgent de mettre un terme
à cette réalité, qui est dramatique et qui engage notre responsabilité commune.
La tache est évidemment de
taille, et doit être mise en perspective dans un cadre synergique qui, entendu
comme une conjugaison solidaire de volontés et de ressources suffisantes,
puisse assurer la cohérence, l'efficacité et la durabilité des différents
politiques et programmes au niveau national.
Messieurs les Co-Présidents,
La cadence des
évènements s'est accélérée dans la décennie écoulée, et a accentué de manière
imprévisible la dimension et la nature des drames que nous vivons ; leur
persistance met à l'épreuve notre confiance en nous-même et notre capacité de
relever de nouveaux défis.
Mais cette époque a
été aussi, reconnaissons-le, celle d'un renouveau des consciences, d'un rejet
du fatalisme, et d'une volonté accrue des sujets de façonner leurs destins.
Ce qui est en cause
est notre qualité d'êtres humains, et le sens d'équilibre et de justice qui
doit prévaloir sur cette planète que nous devons rendre aux générations à
venir, libérée de disparités et assymétries insupportables.
Dans ce sens, il est
nécessaire que la communauté internationale toute entière, mais surtout les
Etats les plus avancés sur la voie du progrès, fasse preuve de son aptitude à
la solidarité.
Je parle en
particulier d'une aide publique au développement accrue, et d'un engagement
ferme en faveur de mesures pour éliminer le fardeau d'une dette qui contribue
indéniablement à l'étouffement des faibles ressources de nombre de nos pays, et
qui limite sérieusement leurs politiques de développement.
Les valeurs qui
guident l'ONU lui confèrent la responsabilité de mobiliser tous ceux qui
comptent pour le succès du destin commun de l'humanité. Cependant, il est
juste, et jamais superflu, de souligner les cas spécifiques des pays les moins
avancés et des petits états insulaires en développement, dont les
particularités justifient un traitement spécial et différencié, ou alors
encore, la situation qui caractérise en large mesure les pays du continent
africain.
Dans le cas de
l'Afrique, il est certain que la tache à accomplir s'avère énorme à la lumière
des données pertinentes telles que les effets pervers des maladies comme le
SIDA ou la malaria, des conflits armés et de leurs conséquences dévastatrices
sur le plan interne et régional, ou encore d'un accès incipient aux marchés
internationaux, aux acquis du progrès technologique, et aux
bénéfices
d'un monde globalisé,
En tout état de
cause, nous témoignons d'une reprise africaine qui pourtant ne saura se
confirmer sur le plan historique que si l’Afrique est reconnue, sans délais
injustifiés, comme une priorité dans l'agenda international.
Il
importe de ne pas perdre de vue le fait que le progrès et la stabilité du
continent africain apporteront une contribution de poids à la stabilité et la
sécurité globales, une contribution essentielle au monde équilibré, juste et
humain que nous souhaitons tous bâtir en ce nouveau siècle et sous les auspices
des Nations Unies.
Je
vous remercie.