CAMEROON

 

SOMMET DU MILLENAIRE

NEW YORK 6 - 8 SEPTEMBRE 2000

 

INTERVENTION DE S.E.M. PAUL BIYA

PRESIDENT DE LA REPUBLIOUE DU

CAMEROUN

 

New York, le 7 septembre 2000

 

                                        

Madame et Monsieur les Co-Présidents,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Jadis pupille de l'ONU, le Cameroun est resté profondément attaché à cette organisation et aux principes qui en constituent le socle.

 

C'est dire combien je suis heureux de participer à ce sommet du Millénaire qui s'inscrira en lettres d'or dans l'histoire de l’ONU.

 

Je voudrais tout d'abord vous féliciter, Madame et Monsieur les co-Présidents, pour votre élection. Nous voyons en cette présidence assurée par le Nord et le Sud, le signe annonciateur des temps nouveaux, le signe de la détermination des «peuples des Nations Unies» d'aborder le 2le siècle ensemble et de construire ensemble l'avenir dans l'esprit d'un contrat de solidarité.

 

Il me plaît également de saluer l'action de notre Secrétaire Général, Monsieur KOFI Annan, que le peuple camerounais et moi- même avons eu le plaisir d'accueillir en mai dernier.

 

Je voudrais le féliciter à nouveau pour son rapport éclairant. Les problèmes qui se posent à nous y sont identifiés, et les solutions esquissées.



Madame et Monsieur les Co-Présidents,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le cinquantenaire de l'organisation des Nations Unies, Il y a cinq ans, nous avait déjà permis de procéder à une introspection collective et à une réflexion vivifiante sur le rôle et les missions futures de l'ONU. La Déclaration finale adoptée alors, affirme l'intangibilité des idéaux, des principes et objectifs énoncés dans la Charte, et indique aux Etats membres le chemin à suivre.

 

Le présent Sommet, à la croisée de deux siècles et de deux millénaires, en amplifiant et prolongeant cette Déclaration, nous invite à renouveler notre foi agissante aux idéaux et objectifs de l'ONU, à consolider ce qui doit l'être, et à réformer ce qui mérite de l’être.

 

Pour être restée fidèle à ses idéaux et objectifs, l'Organisation des Nations Unies peut s'enorgueillir aujourd'hui des avancées remarquables dans la promotion de la paix, de la sécurité, du respect des Droits de l'Homme, de la démocratie, et de la coopération économique internationale.

 

Cependant:

 

- de nombreux fléaux persistent: guerres et conflits, violations massives des Droits de l'Homme, fossé sans cesse grandissant entre le Nord et le Sud,

 

- des fléaux nouveaux apparaissent tel le SIDA, dont la sero- prévalence dans bien des pays et régions semble annoncer les temps très difficiles.



          L'ONU, qui se trouve interpellée, a besoin du soutien de notre volonté politique pour répondre au mieux aux aspirations légitimes des «peuples des Nations Unies» à savoir:

 

- le partage équitable des fruits de la mondialisation, l'avènement d'un monde exempt de guerre et de pauvreté, le respect, partout et pour tous, de tous les Droits de l'Homme.

 

- il nous appartient aujourd'hui de donner à l'organisation des Nations Unies les moyens de faciliter leur concrétisation.

 

Celle-ci passe nécessairement par:

 

- une solution juste et équitable au problème de la dette, un renforcement des capacités financières et donc d'action de notre organisation pour un soutien accru aux organisations sous-régionales, et la recherche prioritaire de la prévention des conflits armés.

 

Dans le monde d'aujourd'hui qui a tendance à reléguer l'Homme au second plan, notre Organisation, pour remplir sa mission de façon efficiente, se doit de relever le défi des valeurs éthiques. Si la mondialisation ne s'accompagne pas d'un nouvel ordre moral, si elle manque de ce supplément d'âme que constitue la solidarité entre les Nations et les peuples, elle risque de mettre en danger la paix si chère à notre temps.

 

A la vérité, notre monde a besoin d'éthique. En tant qu'ensemble de valeurs morales, elle constitue une attente essentielle de l'ensemble de la communauté humaine. Grâce à l'éthique, la centralité de l'Homme dans nos politiques et actions sera consacrée : En effet, comment parler des Droits de l'Homme sans droit au développement ? Quelle démocratie et quelle bonne gouvernance sans une éthique de gestion du bien commun ? une éthique de solidarité internationale n'est­-elle pas nécessaire dans le traitement de la dette des pays pauvres ?


 

 

Nous en appelons à la création au sein du Secrétariat Général de l'ONU d'un comité ou d'un observatoire international d'éthique chargé précisément, de promouvoir entre les nations et à l'intérieur de celles-ci, les valeurs humaines fondamentales universelles.

 

Madame et Monsieur les Co-Présidents,

 

Le présent sommet nous donne l'occasion d'une réflexion féconde sur notre avenir. Menons la avec optimisme en assumant nos responsabilités envers les générations futures. Cet optimisme doit reposer sur le socle granitique de la solidarité. Il nous revient, au seuil du 2lème siècle, de nous engager avec courage, à édifier un avenir exempt de guerre et de pauvreté.

 

Le Cameroun, pour sa part, sera partie prenante à tous les efforts pour garantir aux générations futures le bénéfice de toutes les valeurs et de tous les idéaux de lOrganisation des Nations Unies pour une communauté internationale prospère dans la justice, la solidarité, l'harmonie et la paix.