BURKINA FASO

                                                     SOMMET DU MILLENAIRE

 

NEW YORK 6 ‑ 8 SEPTEMBRE 2000

 

INTERVENTION DE S.E.M. MICHEL KAFANDO

 

                    AMBASSADEUR, REPRESENTANT PERMANENT

 

                   DU BURKINA FASO AUPRES DES NATIONS UNIES

 

New York, le 8 septembre 2000

 

 

 

Madame et Monsieur les Co‑Presidents,

Monsieur le Secrétaire Général,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,


J'ai l'insigne privilège de m'adresser a ce Sommet du
rmillénaire, au nom du Président Blaise Compaore, qui aurait tant voulu y participer. Malheureusement, des obligations impératives l'en ont empêche.

 

Madame et Monsieur les Co‑Présidents, Mesdames et Messieurs,

 

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L'occasion qui nous réunit ici aujourd'hui est sans précédent et constitue un moment privilégie pour nous tous de nous interroger sur le devenir de l'humanité à l'orée du troisième millénaire.

 

Le siècle écoule a donné naissance à l'Organisation des Nations Unies qui s'est fixée pour objectif de nous préserver du fléau de la guerre et de tisser entre les hommes et entre les nations des liens de solidarité, d'amitié et de coopération d'un type nouveau.

 

En dépit de cette volonté politique fortement exprimée à San Francisco, l'Organisation des Nations Unies n'aura pas réussi à préserver le monde de la guerre froide et de la course effrénée aux armements.



 

Les petites nations que nous sommes n'ont eu de cesse, au sein d'instances comme le Mouvement des Non‑Alignés, d'appeler l'attention sur les conséquences autant dangereuses que néfastes de cet équilibre de la terreur. Leur leitmotiv a toujours été d'inverser cette tendance et de consacrer les énormes ressources qu'il engloutissait aux activités de développement des pays pauvres.

 

Force est de constater que ces appels répétés n'ont pas été entendus et que le fosse entre pays pauvres et pays riches est plus profond aujourd'hui qu'il ne l'était hier.

 

Madame et Monsieur les Co‑Présidents,

Le phénomène de la mondialisation semble avoir déjà relégué aux oubliettes de l'histoire ce vécu.

 

Pour nous pays en développement, les mêmes interrogations, les mêmes angoisses demeurent. Nos peuples se, demandent ce que peut leur apporter de plus ou de mieux la mondialisation. Ils se demandent quel impact elle peut avoir sur leurs préoccupations quotidiennes, leur quête de mieux être.

 

Il ne s'agit donc pas pour nous de venir ici sacrifier a un rite, mais de donner en partage notre vision de la meilleure manière de gérer la mondialisation dans l'intérêt bien compris des peuples et des nations. C'est un fait que si la fin de la guerre froide a sonne le glas de l'antagonisme est‑ouest, elle n'a en rien réduit le déséquilibre entre pays pauvres et pays riches.



 

Il convient donc de se demander quel est aujourd'hui le degré d'engagement, de disponibilité et de volonté politique des pays riches détenteurs de capitaux et de technologie à poser des actes concrets afin d'éviter que la mondialisation ne constitue une occasion de plus de marginaliser les pays en développement.

 

Madame et Monsieur les Co‑Présidents,

Notre conviction est que la mondialisation doit aller de pair avec une plus grande démocratisation des relations internationales et une profonde reforme des procédures de prise de décision au sein des organisations du système des Nations Unies et d'abord au niveau du Conseil de Sécurité. En donnant ainsi a toutes les nations, petites et grandes, la possibilité d'apporter leur contribution a l'édification d'un monde plus juste et plus équitable, nous accroîtrons nos chances de réduire les frustrations, sources de tensions et de conflits et nous servirons alors mieux la cause de la paix, puisque telle est la mission assignée a notre commune organisation.

Pour toutes ces raisons, le Burkina Faso en appelle à la conscience de l'humanité pour que la République de Chine retrouve très rapidement sa place au sein de l'Organisation des Nations Unies, afin de garantir le droit fondamental de ses 23 millions d'habitants à participer à la gestion des activités de la communauté internationale.


 

 

Pour terminer, nous saluons le rapport du Secrétaire Général sur le rôle des Nations Unies au XXIeme siècle (Doc. A/54/2000), qui préconise les grandes actions à entreprendre afin de mieux nous armer pour faire face aux grands défis et aux préoccupations de nos peuples.

 

Ces idées sont reprises dans le projet de Déclaration du millénaire qui sera soumis à notre adoption a l'issue de nos travaux.

 

Notre souhait est que le Sommet tire de cette Déclaration un plan d'action et crée un mécanisme de suivi pour en assurer la mise en oeuvre effective et diligente.

 

Je vous remercie.