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1 Le lundi 19 mars 2007
2 [Audience publique]
3 [Les accusés sont introduits dans le prétoire]
4 --- L'audience est ouverte à 9 heures 03.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Visnjic, vous avez une
6 question que vous souhaitez évoquer ?
7 M. VISNJIC : [interprétation] Je vous remercie, Monsieur le Président. Très
8 brièvement.
9 Te témoin qui viendra après M. Phillips doit être M. Coo, je voulais
10 prier la Chambre, en gardant à l'esprit qu'aucune décision n'a été prise
11 sur l'étendue de la déposition de M. Coo, qu'indépendamment du moment où la
12 décision sera prise, que les deux puissent nous aviser, peut-être de façon
13 officielle, de ce que sera l'essentiel de la décision, parce que nos
14 attentes concernant les contre-interrogatoires vont de cinq heures à cinq
15 minutes, selon votre décision. Je pense que nous aurions besoin de cela de
16 façon à être en mesure de préparer les documents pour sa déposition.
17 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous savez laquelle des deux
18 possibilités nous préférons, Maître Visnjic.
19 M. Ackerman a déjà suggéré de présenter des conclusions écrites lorsque
20 nous pensions que nous allions traiter de cet aspect verbalement. Pouvez-
21 vous faire progresser les choses à ce sujet ? Est-ce qu'il va y avoir des
22 écritures ou est-ce que nous allons traiter de la question oralement ?
23 M. ACKERMAN : [interprétation] La pièce a été déposée tard hier soir. Le
24 CLSS l'a reçue. Je leur ai demandé de bien vouloir le faire tenir le plus
25 rapidement possible ce matin, et il y a quelque urgence en ce qui concerne
26 cette pièce. Je pense que vous l'aurez vers 10 heures et demi.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que c'est une des écritures
28 présentées conjointement ?
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1 M. ACKERMAN : [interprétation] Je pense que mes collègues vont se joindre à
2 moi.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Si le témoin nous occupe la plus
4 grande partie de la journée, un peu plus tard nous regarderons ces
5 écritures et nous en traiterons demain au tout début. Si ceci veut dire
6 qu'il y a un écart assez bref pendant que vous vous regroupez, les choses
7 pourront à ce moment-là être arrangées.
8 M. ACKERMAN : [interprétation] Je pense que lorsque vous verrez la pièce,
9 Monsieur le Président, vous vous rendrez compte que c'est relativement
10 simple. Je pense que ce n'est pas très long. Cela représente 45 pages de
11 long.
12 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je peux vous dire que nous avons passé
13 beaucoup de temps déjà à regarder la dernière version, mais peut-être que
14 vous verrons que cela ne prendra pas si longtemps ce coup-ci. Nous ne
15 commencerons pas à la case de départ.
16 M. ACKERMAN : [interprétation] Je me rends compte. Ceci ne me surprend pas
17 du tout.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Bakrac, vous avez une autre
19 question ?
20 M. BAKRAC : [interprétation] Ceci a également trait à la déposition de M.
21 Coo, je ne veux pas interrompre à partir du moment où le témoin sera dans
22 la salle d'audience, mais j'ai une objection à ce que l'on utilise et à ce
23 que l'on demande le versement au dossier de la pièce P632. C'est un ordre
24 qui n'est pas signé, qui n'est pas tamponné et qui n'a pas de numéro de
25 référence.
26 Je pense que ce document n'a pas été authentifié du tout. Il a été
27 dactylographié. Personne ne l'a signé. Au début du document, là où il y a
28 la place pour inscrire une cote ou un numéro de référence, il n'y a
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1 absolument rien, pas plus qu'on ne trouve un indice concernant un livre ou
2 un carnet ou quoi que ce soit. C'est tout ce que j'ai à dire.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Fila.
4 M. FILA : [interprétation] Je voudrais me joindre à mes confrères. Je
5 n'arrive pas à comprendre le contexte dans lequel deux autres documents
6 sont utilisés, le P928 et le P1000, parce que je ne comprends pas tout
7 simplement ce que ces documents ont à voir avec la déposition de Michael
8 Phillips. C'est tout ce que j'ai à dire sur ce sujet. Je vous remercie.
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Carter, pourriez-vous, s'il
10 vous plaît, répondre à cela ?
11 Mme CARTER : [interprétation] Très respectueusement, Monsieur le Président,
12 M. Stamp va interroger le témoin pour l'interrogatoire. Le document P1000
13 contient des indications concernant la promotion d'utilisation par l'armée
14 yougoslave à l'intérieur du Kosovo, qui semble encore être une série par
15 rapport à la Mission de vérification, entre autres aux organisations
16 internationales. Cela se centrera essentiellement sur les dernières pages.
17 Quant à P928, plus particulièrement la page 14, il y a certaines incidences
18 en ce qui concerne le pouvoir de Sajnovic sur les forces du MUP et les
19 forces de la VJ, et nous nous centrons sur ces deux aspects. Les deux
20 documents ont été déjà versés au dossier précédemment. Toutefois, ils
21 seront des points essentiels dont nous parlerons avec ce témoin dans le cas
22 où sa déposition le nécessiterait.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce qu'il a une connaissance
24 personnelle de ce ces documents ? Est-ce que vous avez simplement les
25 regarder comme quelque chose qui a une incidence sur la déposition du
26 témoin ?
27 Mme CARTER : [interprétation] Monsieur le Président, ceci sera utilisé
28 pratiquement de la même façon que le document P1000, comme on l'a fait avec
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1 M. Crosland. Fondamentalement, ce document correspond à ce qu'il a vu sur
2 le terrain et à ce qu'il a dit lors de ces réunions.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Et vos commentaires pour le P362 ?
4 Mme CARTER : [interprétation] Nous écartons ce document, Monsieur le
5 Président.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Fila, je pense que nous devons
7 jeter un coup d'œil à ceci dans le contexte dans lequel ils sont évoqués au
8 cours de l'interrogatoire du témoin, et vous-même et Me Bakrac avez tous
9 les deux l'assurance que le P362 ne sera pas présenté ou utilisé.
10 Je pense que nous pouvons maintenant faire entrer le témoin dans la salle
11 d'audience.
12 M. STAMP : [interprétation] Avant cela, si vous le permettez, je pense que
13 je dois dire que ce témoin est représenté par le gouvernement des Etats-
14 Unis, ici dans cette salle par M. William Christopher Horrigan et Denise
15 Manning.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie beaucoup.
17 [Le témoin est introduit dans le prétoire]
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bonjour, Monsieur Phillips.
19 LE TÉMOIN : [interprétation] Bonjour, Monsieur le Président.
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pourriez-vous, s'il vous plaît, faire
21 la déclaration solennelle de dire la vérité, toute la vérité et rien que la
22 vérité ?
23 LE TÉMOIN : [interprétation] Je déclare solennellement que je dirai la
24 vérité, toute la vérité et rien que la vérité.
25 LE TÉMOIN : MICHAEL PHILLIPS [Assermenté]
26 [Le témoin répond par l'interprète]
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie. Vous pouvez vous
28 asseoir.
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1 Je pense que plusieurs conseils vont vous interroger aujourd'hui ici, je ne
2 peux pas vous dire avec certitude combien. Tout ce que je peux vous dire,
3 c'est que pour commencer ce sera l'Accusation, ce sera donc M. Stamp.
4 Monsieur Stamp, c'est à vous.
5 M. STAMP : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
6 Interrogatoire principal par M. Stamp :
7 Q. [interprétation] Bonjour, Monsieur Phillips.
8 R. Bonjour.
9 Q. Pourriez-vous me dire votre nom complet ?
10 R. Mon nom, c'est colonel Michael Phillips.
11 Q. Merci. En novembre 1998, où étiez-vous en poste et quelles étaient vos
12 fonctions ?
13 R. En novembre 1998, j'ai été désigné pour le commandement du Pacifique à
14 Honolulu, Hawaï, puis le 4 novembre, je me suis présenté à Pristina au
15 Kosovo.
16 Q. Quelle fonction avez-vous eu là-bas ?
17 R. J'ai travaillé directement pour l'ambassadeur William Walker.
18 Q. Quel rôle aviez-vous pour ce qui est des travaux que vous faisiez pour
19 Walker ?
20 R. J'étais son chef d'état-major, ce qui englobait le fait de travailler
21 avec notre personnel chargé des opérations de l'OSCE pour développer des
22 stratégies opérationnelles et déployer les vérificateurs de l'OSCE sur le
23 terrain.
24 Q. Est-ce que vous pourriez nous dire brièvement quelle fonction cela
25 représentait ?
26 R. Ceci impliquait une stratégie, le fait de travailler avec la République
27 fédérale de Yougoslavie et les officiers de liaison du MUP.
28 Q. Est-ce que vous aviez à remplir des fonctions qui étaient d'observer
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1 les événements tels qu'ils avaient lieu sur le terrain ?
2 R. Oui, effectivement. Nous étions déployés sur le terrain
3 approximativement trois jours par semaine, trois à quatre jours par semaine
4 en moyenne.
5 Q. Pendant combien de temps avez-vous été posté au Kosovo en cette
6 qualité ?
7 R. Du 4 novembre jusqu'au 20 mars, au moment de l'évacuation par l'OSCE.
8 Q. Vous avez dit que vous étiez déployé environ trois fois par semaine
9 pour visiter certains endroits sur le terrain, des endroits tel que quoi.
10 Pouvez-vous nous donner des exemples ?
11 R. A Malisevo, Suva Reka, Podujevo, différents endroits où il y avait des
12 activités. Des activités serbes, des activités de l'UCK, des activités du
13 MUP, nous essayions d'aller à ces endroits et d'observer la situation sur
14 le terrain. Le but de cela c'était de voir si les accords de l'OSCE qui
15 avaient été signés par M. Holbrooke et M. Milosevic étaient respectés, qui
16 avait fait l'objet d'un accord. Je ne crois pas M. Milosevic ait signé
17 l'accord en fait.
18 M. STAMP : [interprétation] Pourriez-vous regarder brièvement la pièce à
19 conviction 658. Il s'agit de l'accord sur la Mission de vérification au
20 Kosovo.
21 Q. Je ne vais pas vous demander de voir l'ensemble du document que nous
22 avons devant nous, Monsieur Phillips. Nous l'avons déjà versé au dossier
23 comme élément de preuve. Mais je voudrais vous demander de jeter un coup
24 d'œil à une disposition qui figure à la page 2 au bas de la page, juste
25 avant de passer à la page 3 dans la version anglaise.
26 La dernière phrase de cette page 2 indique que : "La Mission de
27 vérification cosmopolite doit procéder à des investigations et des enquêtes
28 concernant les violations du cessez-le-feu. Cette mission doit avoir
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1 pleinement liberté de mouvement et accès dans tout le Kosovo à tout
2 moment."
3 Quel est le but de vos différentes expéditions, pour observer des activités
4 sur le terrain au Kosovo ?
5 R. Oui. Cela c'était l'un des buts.
6 Q. Est-ce que vous avez vraiment eu accès libre partout au cours de votre
7 mission au Kosovo ? Est-ce que la situation a été la même tout le temps, du
8 point de vue de l'accès ?
9 R. Oui. On ne nous a pas à tout moment permis un accès sans entrave.
10 Q. Est-ce que vous pourriez vous expliquer un peu plus ? Quelle était la
11 situation lorsque vous êtes arrivé là, et est-ce qu'elle a changé ?
12 R. Lorsque nous sommes arrivés là-bas, nous avons eu d'une façon générale
13 la liberté d'aller et venir dans le Kosovo avec peu de restrictions. Alors
14 que la mission progressait, vers décembre 1998 et janvier 1998, les
15 restrictions de nos trajets sont devenues beaucoup plus prononcées. Il y a
16 eu des barrages de route, souvent nous étions prévenus et briefés par la
17 police des raisons pour lesquelles il y avait des barrages et des raisons
18 pour lesquelles nous ne pouvions pas nous rendre à tel ou tel village où
19 nous voulions aller parce qu'ils ne pouvaient pas garantir notre sécurité;
20 par conséquent, on nous interdisait d'aller et de venir sans aucune
21 entrave.
22 Q. Est-ce que vous avez tenu des réunions avec les représentants du
23 gouvernement serbe pour y essayer de régler les problèmes que vous
24 rencontriez ?
25 R. Oui. Nous l'avons fait à plusieurs occasions. D'habitude c'était sur
26 une base hebdomadaire. Nous nous rencontrions au bâtiment gouvernemental de
27 Pristina avec des fonctionnaires serbes.
28 Q. Est-ce que vous pourriez nous dire qui étaient les fonctionnaires
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1 serbes les plus importants que vous rencontriez de façon hebdomadaire ?
2 R. M. Nikola Sainovic, à Pristina; le général Loncar à la retraite; M.
3 Lukic qui --
4 Q. Vous avez dit M. Lukic. Le savez-vous ?
5 R. Je ne me rappelle pas de son prénom, mais il s'est présenté comme étant
6 le chef du MUP ou le commandant du MUP à Pristina. Il y avait un ou deux
7 interprètes. M. Skorik était également présent, et il y avait une
8 interprète, une dame du nom de Gordana qui était présente.
9 Q. Du côté de la mission, qui était présent à cette réunion à part vous-
10 même ?
11 R. L'ambassadeur Walker qui était notre commandant, un général deux
12 étoiles. L'ambassadeur Walker avait un interprète avec lui qui était
13 également un Serbe. A un moment donné, nous avons eu des commandants du
14 centre de coordination de la mission avec nous. Ceci dépendait de
15 l'incident pour lequel nous essayions de nous renseigner et d'intervenir.
16 Q. Vous avez dit que ces parties se réunissaient environ une fois par
17 semaine. Est-ce que cette fréquence une fois par semaine s'est poursuivie
18 tout au long de votre mission ?
19 R. Non.
20 Q. Quel a été le changement. En quoi est-ce que cela a changé ?
21 R. En avançant au cours de la période de Podujevo, le 25 décembre 1998,
22 jusqu'aux événements qui se sont produits en janvier, qui ont conduit à
23 l'incident à Racak en janvier, nos réunions sur une base hebdomadaire ont
24 cessé à ce moment-là. Nous ne nous sentions plus confortables pour ces
25 réunions; nos homologues se montraient hostiles, ne coopéraient pas; donc
26 le système a commencé à s'effondrer à partir du 15 décembre jusqu'à la mi-
27 janvier.
28 Q. Maintenant dans ces réunions, combien de fois est-ce que M. Sainovic
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1 était présent ?
2 R. Il était présent à chacune des réunions hebdomadaires à l'exception de
3 la dernière réunion juste avant l'incident à Racak. Nous avons demandé à le
4 rencontrer et nous n'avons pas pu le contacter. Au lieu de cela, nous avons
5 rencontré M. Loncar. Il nous a rencontré tard dans la soirée, je crois que
6 c'était du 15 janvier.
7 Q. Environ combien de réunions avez-vous eu avec M. Lukic qui était
8 présent ?
9 R. Il était présent dans la plupart des réunions; certainement je dirais à
10 toutes les réunions, sauf celle à Racak le 15 janvier.
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] L'événement de Racak, c'était le 15
12 janvier. Est-ce que ceci a une incidence sur votre souvenir de la date à
13 laquelle vous avez eu cette dernière réunion ?
14 LE TÉMOIN : [interprétation] Non, Monsieur le Président.
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais vous avez dit que cette réunion
16 avait eu lieu après que cet événement se soit produit à Racak ?
17 LE TÉMOIN : [interprétation] Racak a eu lieu et on nous a demandé de nous
18 réunir avec M. Sainovic, nous n'avons pas pu le rencontrer, nous n'avons
19 pas pu le trouver. Au lieu de cela, nous nous sommes réunis tard dans la
20 soirée du 15 avec M. Loncar.
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Dans ce bâtiment du gouvernement à
22 Pristina ?
23 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie.
25 Monsieur Stamp.
26 M. STAMP : [interprétation]
27 Q. Je comprends qu'à la première réunion que vous avez eue avec M.
28 Sainovic, celui-ci était présent. Comment s'est-il présenté ?
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1 R. Il s'est présenté comme étant un représentant personnel de M. Milosevic
2 au Kosovo.
3 Q. Pourriez-vous me dire quelque chose sur son rôle ?
4 R. Il participait à tous les aspects politiques et aidait l'OSCE à mettre
5 sur pied sa mission, lui fournir de l'aide de façon à ce que nous puissions
6 faire en sorte que la mission démarre fonctionne.
7 Q. Lorsque vous avez rencontré M. Lukic pour la première fois, comment a-
8 t-il été présenté ?
9 R. Il était représentant personnel de M. Milosevic au Kosovo, en tant que
10 chef de la police, chef du MUP.
11 Q. Est-ce que vous avez pu procéder à une évaluation de qui était chargé
12 de la partie serbe à l'occasion de ces réunions ? Qu'est-ce que vous avez
13 observé de ces réunions ?
14 R. Oui.
15 Q. Et qui y était ?
16 R. M. Sainovic.
17 Q. Qu'est-ce vous avez observé qui vous a amené à penser que c'était le
18 cas ?
19 R. Il était assis juste en face de M. Walker, c'est lui qui parlait le
20 plus. Il donnait des directives aux autres membres de l'autre côté de la
21 table, soit pour enlever un barrage sur une route, permettre un accès à une
22 caserne. Je veux dire, il était très clair qu'il était chargé de donner des
23 indications à ces gens à sa droite et à sa gauche à la table de conférence.
24 Puis, on notait également que personne de son équipe ne s'asseyait avant
25 qu'il fût assis.
26 Q. Est-ce qu'il vous a donné des engagements en ce qui concernait la façon
27 dont la mission au Kosovo pourrait être traitée ?
28 R. Au départ, il nous a dit qu'il était là pour nous aider de toutes les
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1 façons possibles. A notre toute première réunion tout s'est très bien
2 passé. J'ai pensé qu'il était très optimiste. Nous avons eu l'impression
3 que nous n'allions pas rencontrer de problèmes ou d'obstacles au point de
4 vue coopération.
5 En fait, je me rappelle que M. Loncar et M. Walker se connaissaient
6 depuis pas mal de temps, depuis l'époque où ils s'étaient trouvés en
7 Slavonie orientale. C'était une relation très amicale, très chaleureuse. M.
8 Walker était certainement optimiste, ayant revu un vieil ami, il était
9 joyeux. Bien entendu avec le temps, il s'est avéré que ce n'était plus le
10 cas.
11 Q. Que voulez-vous dire lorsque vous dites que : "il s'est avéré que ce
12 n'était pas le cas" ?
13 R. Dans la relation dont jouissait M. Walker avec M. Loncar, en Slavonie
14 orientale, pour M. Walker par rapport à moi, c'était le même rapport que
15 celui qu'il avait au Kosovo avec M. Locar. C'était davantage, je dirais,
16 une question de se montrer non coopératif. C'était une sorte de rapport
17 défensif. Chaque fois que l'OSCE évoquait des problèmes devant M. Loncar ou
18 M. Sainovic, et ceci tout au long de la période du déploiement de l'OSCE,
19 ils se sont montrés de moins en moins coopératifs par rapport aux
20 engagements.
21 Q. Bien. Vous venez de dire qu'on vous avait dit que M. Sainovic était là
22 pour assister et aider la mission au Kosovo. Est-ce que lui-même ou
23 quelqu'un d'autre vous a dit ce qu'il pourrait ou voulait faire pour aider
24 cette mission ?
25 R. On nous a dit que, de façon à permettre à la mission de l'OSCE de venir
26 et d'accélérer les choses, ils viendraient un nombre de 2 000 vérificateurs
27 qui allaient être autorisés à entrer au Kosovo. De façon à aider à
28 accélérer le déploiement de ces vérificateurs, il allait y avoir un bureau
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1 consulaire qui serait établi de M. Milosevic, qui à un moment donné dit
2 qu'il était créé.
3 Cela a ralenti le processus des vérificateurs pour entrer dans le
4 pays pour exécuter les missions dont ils avaient reçu le mandat par cet
5 accord. Nous n'avons pas trouvé qu'il y avait une coopération pour ce qui
6 était d'établir ce consulat pour permettre aux vérificateurs d'entrer dans
7 le pays à temps.
8 Q. Est-ce que c'était la seule situation ou est-ce qu'il y a eu d'autres
9 situations dans lesquelles on vous a dit que quelque chose serait fait pour
10 faciliter votre mission et que cela n'a pas été fait ?
11 R. Il y avait les champs de mines. On a demandé qu'ils soient déminés pour
12 que nos vérificateurs puissent se rendre aux différents endroits au Kosovo.
13 A cette occasion, ils ont dit qu'ils feraient le nécessaire, qu'ils
14 nettoieraient ces champs de mines pour garantir la sécurité du transport
15 des vérificateurs. Or, ces champs de mines n'ont jamais été déminés; on ne
16 nous les a jamais situés. Nous avions demandé des renseignements de base
17 pour un certain nombre de soldats, de personnes de la police et d'armes.
18 Nous avons demandé des chiffres et on ne nous a jamais fourni ces
19 renseignements de base. Il y a quelques exemples.
20 Q. A qui avez-vous demandé ces renseignements ? Qui vous a dit que les
21 champs de mines seraient déminés ?
22 R. Nous avons demandé les renseignements de base à M. Sainovic, au général
23 Loncar et [inaudible], de M. Milosevic lui-même. Nous avons dit que nous
24 avions besoin de ces renseignements fondamentaux.
25 Q. Qui vous a dit que les champs de mines seraient déminés ?
26 R. M. Sainovic nous a dit qu'il examinerait la question des champs de
27 mines pour voir si on pouvait les situer et les déminer de façon à ce que
28 nous ayons un accès sans entrave. Pour une raison ou pour une autre, notre
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1 préoccupation la plus grande pour que les champs de mines soient déminés,
2 c'était de faire en sorte que les Albanais déplacés puissent revenir des
3 collines et réintégrer leurs maisons. Nous étions préoccupés de la question
4 où se trouvaient ces mines qui avaient été mises dans les cols des
5 montagnes et dans les vallées au Kosovo.
6 Q. Le fait que le gouvernement serbe n'ait pas tenu ses engagements ou ne
7 se soit pas montré coopératif, comme vous l'avez dit, basé sur ce que vous
8 saviez et vos observations sur le terrain, cela a-t-il été une incapacité,
9 une incapacité matérielle, de répondre à ses engagement - le fait de ne pas
10 le faire - ou un manque de volonté de le faire ?
11 R. Je pense que c'était l'absence de volonté de le faire. Mes observations
12 de cette situation étaient que, plus il y avait d'obstacles auxquels l'OSCE
13 devait faire face, ceci les empêchait de remplir leur mission et faisait
14 qu'ils n'étaient en mesure d'apprécier quel était le degré d'implication de
15 l'accord. C'était un obstacle qui était très évident pour nous. Il avait
16 été établi pour nous ralentir parce que la mission, une fois que l'accord
17 ait été signé, s'était déplacée très rapidement pour un nombre important de
18 personnes qui devaient venir.
19 Vous savez, d'autres obstacles, c'était également de faire que nos
20 véhicules soient immatriculés, que ces véhicules puissent entrer au Kosovo
21 et aller en liberté relative au Kosovo. Nous n'avons pas pu obtenir cela à
22 temps non plus pour ces véhicules, ils ont été arrêtés à la frontière.
23 Q. Je voudrais demander maintenant la pièce 928. Je voudrais qu'on jette
24 un coup d'œil à un passage et vous poser des questions à ce sujet.
25 M. STAMP : [interprétation] Je voudrais vous demander d'examiner la page 14
26 en anglais.
27 Q. Il s'agit du compte rendu de la réunion du quartier général principal
28 de la République fédérative de Yougoslavie. Je pense que vous n'étiez pas
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1 au courant de ces réunions, mais je voudrais vous demander d'examiner en
2 partie ces documents, les parties sur lesquelles je veux attirer votre
3 attention et vous demander si ceci correspond aux expériences que vous avez
4 eues par rapport aux différents contacts que vous avez pus avoir avec le
5 gouvernement serbe et avec M. Sainovic en particulier.
6 Un général parle --
7 M. FILA : [interprétation] Monsieur le Président.
8 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Fila.
9 M. FILA : [interprétation] J'ai compris le contexte dans lequel on va
10 entendre ce témoin, mais le témoin n'a rien dit pour qu'on lui présente les
11 documents qu'on va lui présenter. Il n'a rien dit à ce sujet. S'il s'agit
12 là du contexte général dont vous parlez, il faudrait que le témoin dise
13 quelque chose à ce sujet. Ensuite, on peut lui présenter ces documents et
14 lui demander si ceci correspond à ce qu'il sait du contexte. Je n'ai pas
15 entendu de telles informations.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Fila, nous avons entendu le
17 témoin parler de toute une série d'événements et de son évaluation de la
18 situation. M. Stamp, en anticipant probablement les arguments de la
19 Défense, souhaitait montrer une partie de ce document au témoin pour voir
20 si ceci correspond à ses expériences sur le terrain. Nous ne voyons pas
21 pourquoi ne pas permettre à M. Stamp de poursuivre. Evidemment, s'il fait
22 quelque chose d'inacceptable, vous allez sans doute faire suite à votre
23 objection.
24 Vous pouvez continuer, Maître Stamp.
25 M. STAMP : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
26 Q. Ici, on peut voir qu'un général dit: "Je pense qu'il est prioritaire de
27 faire en sorte que Sainovic résolve ces problèmes." Il parle des unités de
28 l'armée et d'une décision portant sur l'utilisation de ces unités.
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1 Est-ce que ceci correspond ou ceci ne correspond pas avec l'évaluation que
2 vous avez faite quant à l'autorité de M. Sainovic par rapport à
3 l'utilisation des unités au Kosovo ?
4 R. Je ne suis pas sûr d'avoir compris votre question.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Moi, non plus.
6 M. FILA : [aucune interprétation]
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] En tout cas, Monsieur Fila, cette
8 question n'a rien à voir avec ce que le témoin a dit jusqu'à présent. Je
9 comprends tout à fait l'objection que vous avez soulevée. Je pense que Me
10 Stamp devrait reformuler sa question, ou bien en poser une autre.
11 M. STAMP : [interprétation]
12 Q. Monsieur, vous avez déjà dit que vous avez assisté aux réunions
13 auxquelles ont participé aussi M. Sainovic et Loncar, et que M. Sainovic
14 donnait des instructions concernant la façon dont les unités serbes
15 devaient agir; est-ce exact ?
16 R. Oui.
17 Q. Si l'on tient compte de ce que je viens de lire de ce document qui est
18 placé sous nos yeux, est-ce que l'expérience que vous avez eu lors de ces
19 réunions, ce que vous avez vu sur le terrain, est-ce que ceci correspond --
20 M. STAMP : [interprétation] Je n'ai pas encore posé la question.
21 M. LE JUGE BONOMY : [aucune interprétation]
22 M. FILA : [interprétation] Mais ce que vous venez de dire, le témoin ne l'a
23 jamais dit.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Stamp, le paragraphe que vous
25 invoquez, vous lui demandez son commentaire à ce sujet. C'est quelque chose
26 que nous pouvons interpréter. On peut évidemment comparer cela avec ce que
27 le témoin a dit. Mais vous demandez au témoin, surtout par la question que
28 vous venez de lui poser, de nous donner son commentaire par rapport à ce
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1 paragraphe, en lui demandant si ceci correspond à son expérience, ce n'est
2 pas absolument pas acceptable. Il ne peut pas évaluer la situation par
3 rapport à ce document. Je pense que vous nous avez dit que ce document
4 figure déjà parmi les pièces à conviction du Procureur. Vous avez attiré
5 l'attention sur le paragraphe qui nous intéresse, et si vous voulez, nous
6 allons prêter attention à ce paragraphe à la lumière de tout ce que le
7 témoin va nous dire au cours de sa déposition. Je pense que cela suffit.
8 M. STAMP : [interprétation] Oui. Merci, Monsieur le Président.
9 Q. Monsieur le Témoin, vous avez déjà parlé des réfugiés. Dites-nous
10 quelle était la situation par rapport aux réfugiés telle que vous l'avez
11 remarquée au Kosovo pendant que vous étiez en mission là-bas ?
12 R. Un exemple que j'ai vu de mes propres yeux s'est produit dans le
13 village Malisevo. C'est un village qui a été littéralement brûlé et rasé.
14 Tous ses habitants pendant l'hiver se sont enfuis dans les collines. Le
15 village était encerclé. Il y avait beaucoup d'activités du MUP. Une de mes
16 missions était de coopérer avec le MUP et avec les officiers de liaison
17 pour faire en sorte que le MUP sorte de Malisevo et pour que l'on puisse
18 retourner les réfugiés qui vivaient dans les montagnes avant qu'ils n'y
19 gèlent.
20 Si mes souvenirs sont exacts, ces réfugiés étaient au nombre de
21 plusieurs milliers. Ce village a été attaqué et incendié. Ces attaques ont
22 été menées au moyen de lance-roquettes, et cetera. Il était de notre
23 mission de faire revenir la population au sein de ce village.
24 Q. Quand cela s'est-il produit ?
25 R. Au mois de novembre 1998.
26 Q. Est-ce que vous avez attiré l'attention des autorités serbes sur ce qui
27 s'est passé ?
28 R. Oui.
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1 Q. Sur qui ? Vous avez parlé avec qui exactement ?
2 R. Nous avons parlé aussi bien à Milosevic qu'à M. Sainovic, et les deux
3 au mois de novembre.
4 Q. Quelle était la réponse de M. Sainovic et quelle était sa position par
5 rapport à la question des réfugiés ?
6 R. D'après ce que j'ai pu voir, ils avaient dit qu'ils étaient inquiets à
7 cause des réfugiés, mais qu'en même temps ils pensaient que c'étaient des
8 terroristes, et que, même s'il n'y avait ni Serbes ni Albanais à
9 l'intérieur, que le MUP avait des positions bien renforcées autour de ce
10 village. Et nous ne voyions pas ce qu'ils protégeaient là-bas, pourquoi ils
11 étaient là.
12 Pour nous, il n'y avait pas de raison pour qu'il soit là-bas. M.
13 Sainovic, si mes souvenirs sont exacts, pensait qu'il ne serait pas sûr de
14 permettre le retrait du MUP puisque les terroristes, comme il disait,
15 allaient revenir dans le village et allaient à nouveau s'opposer aux forces
16 de sécurité serbes. C'était un village-clé à proximité de Pristina. Je
17 pense que les organes de sécurité serbes pensaient qu'il s'agissait d'une
18 localité stratégique qu'il convenait de contrôler. C'est pour cela que le
19 MUP restait dans le village.
20 Q. Vous souvenez-vous si M. Sainovic a dit quoi que ce soit au sujet
21 des réfugiés au Kosovo ?
22 R. Je ne me souviens de rien de précis.
23 Q. Quand vous avez parlé avec M. Sainovic, quelle était la langue que vous
24 parliez, quelle était la langue qu'il parlait ?
25 R. Lui, il parlait aussi bien anglais que serbe. Il comprenait très bien
26 l'anglais, même s'il avait un interprète. C'est l'impression que j'ai eue.
27 En tout cas, il parlait souvent en anglais.
28 Q. Est-ce qu'il parlait de la population albanaise en général, la
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1 population albanaise au Kosovo ?
2 R. Il n'était pas vraiment content de leurs activités à l'époque, par
3 rapport au terrorisme, comme ils disaient.
4 Q. Mais je fais référence à la population albanaise en général. Je veux
5 dire le peuple albanais. Est-ce qu'il en a parlé en votre présence.
6 R. Qu'il ne fallait pas qu'ils soient au Kosovo, que c'était la patrie
7 serbe, que c'était le berceau de la population serbe, que le Kosovo
8 appartenait au peuple serbe, que le peuple albanais ne souhaitait pas vivre
9 côte à côte avec les Serbes.
10 Q. Quand a-t-il dit cela ?
11 R. Lors d'une réunion qui a eu lieu à peu près au mois de novembre, au
12 début de l'existence de notre mission.
13 Q. Vous avez déjà dit qu'il y a eu des réunions auxquelles M. Lukic avait
14 assisté. Sur la base de ce que vous avez vu, de quelle façon vous pourriez
15 évaluer ses autorités à lui par rapport aux forces armées au Kosovo ?
16 R. Quel était son rapport ?
17 Q. Mais non. Comment voyiez-vous ses autorités par rapport aux forces
18 armées de la République fédérative de Yougoslavie ou plutôt par rapport au
19 MUP ?
20 R. Je ne sais pas quelles étaient ses autorités précises, ce que je savais
21 en revanche c'est qu'il y avait un rapport de coordination, si vous voulez.
22 Je vous dis cela sur la base de ce que j'ai pu voir sur le terrain, la
23 façon dont le MUP et les forces armées serbes coopéraient. Il y avait un
24 rapport, si vous voulez, des liens.
25 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
26 M. STAMP : [interprétation]
27 Q. Vous avez aussi dit que vous avez rencontré le président Milosevic à
28 combien de reprises ?
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1 R. A trois reprises, je pense.
2 Q. Vous souvenez-vous de la réunion qui a eu lieu le 15 décembre 1998 ?
3 R. Je me souviens l'avoir rencontré le 24 novembre, donc j'ai rencontré M.
4 Milosevic. Je pense que le 15 décembre c'était une réunion avec M.
5 Holbrooke et je pense que le général Clark était présent aussi, si mes
6 souvenirs sont exacts.
7 M. STAMP : [interprétation] Je vais vous demander de présenter la pièce
8 396, donc je vais demander que l'on présente la page suivante, ensuite la
9 dernière page. Non, la page avant celle-ci, là où on voit la signature,
10 s'il vous plaît. Pourriez-vous revenir une page en arrière ?
11 Q. Le document que vous avez sous les yeux, savez-vous de quoi il
12 s'agit ? Je retire la question.
13 C'est une lettre en date du 23 novembre 1998. C'est l'ambassadeur
14 William Walker qui l'a signée, c'est lui qui est l'auteur de cette lettre.
15 R. C'est M. Walker qui l'a signée, mais j'ai aidé à écrire cette lettre
16 qui a été adressée à M. Milosevic, Slobodan Milosevic. Q. Est-ce qu'on lui
17 a donné cette lettre ?
18 R. Oui.
19 Q. Est-ce que vous avez été présent à cette occasion ?
20 R. Oui.
21 Q. Est-ce que vous pouvez me dire à quel moment cette réunion a eu lieu ?
22 R. Je pense que c'était le 24 novembre.
23 Q. Qui d'autre a été présent lors de cette réunion ?
24 R. De quel côté ?
25 Q. On va parler du côté de M. Milosevic.
26 R. Du côté de Milosevic, il y a M. Sainovic, M. Milutinovic. Je pense que
27 c'est tout. De l'autre côté, il y avait l'ambassadeur Miles, l'ambassadeur
28 Walker et moi-même.
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1 Q. Qui a organisé la réunion ? Quel était l'objectif de cette réunion ?
2 R. Nous avions des problèmes par rapport à la coopération. L'ambassadeur
3 Walker pensait qu'il serait nécessaire, indispensable plutôt de communiquer
4 quelque chose par écrit, un document qui parlerait de la nature de l'accord
5 et du type de coopération que nous souhaitions avoir avec les autorités
6 serbes.
7 Q. Mais leurs requêtes qui figurent dans cette lettre en disent
8 suffisamment. Dites-nous, quelle a été la réaction de M. Milosevic par
9 rapport aux requêtes formulées par M. Walker aussi bien par écrit
10 qu'oralement ?
11 R. Il était perturbé. Il parlait assez fort. Il pensait qu'il avait fait
12 preuve de beaucoup de coopération, d'un degré assez élevé de coopération,
13 alors que nous, nous pensions que ce n'était pas le cas. Nous avons demandé
14 qu'un consulat soit créé, qu'il y ait des hélicoptères, de l'évacuation
15 médicale, des hélicoptères suisses. Nous avons demandé que les gardes du
16 corps soient armés. Même si nous avons parlé de tout cela avec M. Sainovic
17 au Kosovo, nous avons présenté ces demandes aussi à M. Milosevic, mais lui
18 il pensait que la sécurité dont nous avions besoin pouvait être fournie ou
19 assurée par le MUP ou par les forces serbes.
20 En ce qui concerne l'hélicoptère chargé de l'évacuation médicale, que
21 ces hélicoptères pouvaient être assurés par les Serbes. Il considérait
22 aussi que le consulat avait déjà été créé à Pristina, ce qui était
23 complètement faux, ce qui voulait dire que les informations qu'il possédait
24 étaient erronées, en tout cas par rapport à cette information-là.
25 Q. Dans cette lettre, on dit qu'il faudrait faire quelque chose par
26 rapport à l'artillerie lourde ou l'armement lourd par rapport aux points de
27 contrôle, les points où se trouvaient des observateurs, les patrouilles
28 policières, les opérations de sécurité, les opérations au niveau des
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1 frontières, et cetera. Est-ce que vous avez évoqué ces questions lors de la
2 réunion avec Milosevic ?
3 R. Oui.
4 Q. Sur la base de ce que vous avez vu, de ce que vous avez pu observer
5 lors de cette réunion et sur la base de ce qui a été dit, est-ce que vous
6 étiez en mesure d'évaluer qui, du côté serbe, était responsable de la prise
7 de décisions par rapport à l'utilisation des forces armées au Kosovo et qui
8 était responsable de la mise en œuvre de ces décisions, de la réalisation
9 de ces décisions ?
10 R. D'après ce que j'ai pu voir, c'est Milosevic qui était responsable des
11 décisions portant sur les forces de sécurité, et c'est M. Sainovic qui
12 était censé les mettre en œuvre au Kosovo.
13 Q. Vous avez dit que M. Milutinovic avait aussi assisté à réunion. Où
14 était-il assis par rapport à M. Milosevic lors de la réunion ?
15 R. Il était juste à côté de lui.
16 Q. Est-ce qu'il s'est exprimé ? Est-ce qu'il a pris la parole pendant la
17 réunion ? Est-ce que vous avez pu remarquer de quelle façon se comportaient
18 les gens de leur côté, qui avait la parole, qui prenait les décisions ?
19 Est-ce que vous avez pu voir qui avait quel rôle ?
20 R. M. Sainovic ne parlait pas beaucoup.
21 Q. Je parlais de M. Milutinovic --
22 R. J'ai voulu en parler aussi.
23 Q. Bien.
24 R. Quand il s'adressait à M. Milutinovic, M. Milosevic ne parlait jamais
25 en anglais. Même s'il parlait très bien anglais, il parlait en serbe, donc
26 je ne le comprenais pas. Mais après les entretiens qu'ils avaient et les
27 entretiens que je ne comprenais pas, M. Milutinovic se tournait vers M.
28 Sainovic et lui disait encore quelque chose, mais je ne sais pas de quoi il
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1 parlait.
2 Q. Quelle était la raison pour laquelle vous êtes arrivé à la décision, à
3 la conclusion que ce M. Sainovic était responsable de la mise en œuvre des
4 décisions ?
5 R. Parce que Milosevic s'est penché et disait quelque chose à M. Sainovic
6 en lui demandant de jeter la lumière sur la situation ou d'enlever un point
7 de contrôle, un barrage routier, et cetera. L'OSCE souvent se plaignait des
8 barrages routiers qui les empêchaient de se rendre dans différents
9 villages. Ils avaient du mal à accomplir leur mission à cause de cela.
10 Quand on en parlait soit à M. Milosevic, soit à M. Sainovic, il était tout
11 à fait clair que c'est M. Milosevic qui donnait des instructions à M.
12 Sainovic, lui demandant de faire quelque chose à ce sujet, et parfois ces
13 barrages étaient enlevés immédiatement, et parfois non.
14 Q. On va passer à un autre sujet. On a parlé des réunions en général, et
15 pas de cette réunion-là. Avez-vous dit au côté serbe que vous avez eu des
16 plaintes de vos observateurs par rapport à l'utilisation des forces armées
17 ou le comportement des forces armées ? Là, je pense aussi bien à la police
18 qu'à l'armée au Kosovo.
19 R. Oui.
20 Q. Vous avez parlé à qui ?
21 R. M. Sainovic lors de nos réunions hebdomadaires, et à M. Milosevic. Je
22 ne sais pas quand exactement, mais sans doute était-ce au cours de la
23 troisième réunion que nous avons eue avec lui. C'était donc au mois de
24 septembre.
25 Q. A partir du moment où vous disiez à M. Sainovic qu'il y avait eu des
26 plaintes, quelles avaient été vos observations, est-ce que vous savez où se
27 trouvait M. Lukic pendant ces réunions-là ?
28 R. Il a aussi assisté aux réunions.
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1 Q. Quelle était sa réaction, puisque c'étaient les fonctionnaires des
2 autorités serbes ? Là, je fais référence à M. Lukic et à M. Sainovic.
3 R. Chaque fois que l'on parlait par exemple de l'utilisation exagérée ou
4 démesurée de la force suite aux activités de l'UCK, ils adoptaient toujours
5 une position défensive en disant qu'ils devaient défendre les intérêts du
6 peuple serbe, puisque ce n'est pas ce qui était fait et que la population
7 serbe n'était pas protégée. Nous avions un problème, c'est-à-dire que l'UCK
8 utilisait les armes d'infanterie dans différentes situations. Il arrivait
9 parfois qu'un policier serbe, un membre du MUP, était tué par un coup de
10 feu tiré par un fusil à lunette.
11 Ensuite, vous aviez une réaction incroyable de la force serbe du MUP
12 qui était démesurée par rapport à l'ampleur ou à l'importance de
13 l'événement. Telle était la réaction, exagérée et démesurée. Vous avez d'un
14 côté les feux d'infanterie, et la réaction, la riposte, c'était du feu
15 d'artillerie.
16 Q. Pourriez-vous nous dire ce que vous voulez dire quand vous disiez
17 qu'ils adoptaient une position défensive ?
18 R. M. Sainovic et M. Loncar disaient que ce qu'ils faisaient, c'était
19 quelque chose qui était tout à fait logique, qu'ils étaient autorisés à le
20 faire, qu'ils étaient obligés de réagir comme cela parce que c'étaient des
21 activités de terroristes, que c'étaient des terroristes, qu'ils essayaient
22 de prendre le pouvoir. Ils essayaient, si vous voulez, de justifier
23 l'utilisation de cette force, d'une force aussi importante. Ils disaient
24 qu'il était tout à fait normal de réagir comme cela, de riposter comme cela
25 par rapport aux attaques de l'UCK.
26 Q. Bien. Cette force utilisée dont vous venez de parler, est-ce que sur le
27 terrain, vous avez vu les forces sur le terrain ?
28 R. Moi, personnellement ?
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1 Q. Oui.
2 R. A plusieurs occasions, je pense que oui.
3 Q. Ces unités faisaient partie de quelles unités des forces armées ?
4 R. Il y avait de l'armée yougoslave et du MUP. C'était assez mélangé et
5 d'ailleurs c'était un bon exemple de telles situations où vous aviez une
6 réaction démesurée par rapport aux activités de l'UCK, à savoir ils ont
7 riposté avec les tirs d'artillerie, avec les tirs de char. C'était l'armée
8 yougoslave qui a réagi.
9 Q. Vous avez dit qu'ils étaient des unités mixtes. Quand vous observiez
10 les unités qui agissaient, est-ce que vous étiez en mesure de remarquer --
11 pour ne pas vous poser une question directrice, quand vous parlez des
12 forces mixtes, vous faites référence à quoi exactement ?
13 R. Partout où se trouvait l'armée yougoslave se trouvait le MUP, et vice
14 versa. Je les ai vus tous les deux, enfin, les deux forces discutaient,
15 déployaient ou redéployaient leurs forces ou leurs postes d'observation. Je
16 l'ai vu par exemple une fois à côté de Malisevo, donc c'est exactement ce
17 que j'ai pu remarquer.
18 Q. Bien. Maintenant, nous allons parler de Podujevo. Vous y étiez quand à
19 peu près ?
20 R. J'y suis allé le 25 décembre 1998. Je pense que c'était à cette date-
21 là, c'était à Noël.
22 Q. Pourquoi vous y êtes allé ?
23 R. L'armée yougoslave y était depuis plusieurs jours déjà. On nous a dit
24 qu'ils suivaient une formation, un entraînement. Ils étaient tout près des
25 régions habitées par des Albanais. C'était tout à fait clair qu'il
26 s'agissait là d'un chef-lieu de l'UCK, et ils observaient donc cet endroit.
27 Je pense que cette formation servait à déployer des grandes quantités des
28 forces du MUP et de l'armée yougoslave. J'en suis arrivé à la conclusion
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1 qu'ils voulaient attirer le feu sur ces forces-là pour entamer une action
2 contre l'UCK et contre cette place forte qui s'y trouvait.
3 Q. Est-ce que vous avez vu si le MUP et la VJ opéraient ensemble ? Si oui,
4 dans quelles conditions ?
5 R. Oui, je l'ai vu.
6 Q. Qu'avez-vous vu exactement ?
7 R. Je me souviens un point d'observation où se trouvait un char serbe. Les
8 hommes à bord de ce char portaient des uniformes de camouflage de couleur
9 verte. Les hommes du MUP, pour leur part, portaient comme d'habitude leurs
10 uniformes de couleur bleue. Je ne sais pas si l'homme dont je vais vous
11 parler maintenant était un commandant de compagnie, mais il était
12 manifestement responsable pour la VJ, pour l'armée yougoslave, de ce qui se
13 passait à cet endroit. Il s'entretenait avec celui qui apparaissait comme
14 le responsable du MUP qui, suite à l'entretien avec le représentant de
15 l'armée yougoslave, a fait demi-tour et est allé demander à ses hommes de
16 prendre des positions différentes. Nos interprètes et moi-même n'avons pas
17 été autorisés à nous rapprocher pour entendre ce que ces deux hommes se
18 disaient, mais nous avons pu assister aux actes qui ont suivi ces
19 conversations.
20 Le MUP était stationné sur la route qui menait vers Podujevo, où il
21 assurait la sécurité de la circulation avec, parmi ses véhicules, certains
22 véhicules de l'armée yougoslave, de la VJ. Donc il y avait dans l'action du
23 MUP un certain élément de commandement et de contrôle qui m'apparaissait
24 comme étant des responsabilités incombant à l'armée yougoslave à cet
25 endroit.
26 Q. Quand vous étiez à Podujevo, est-ce que vous avez vu le MUP ou l'armée
27 yougoslave en contact avec la population civile ?
28 R. Vous voulez dire la population civile aussi bien serbe que --
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1 Q. La population civile albanaise kosovare.
2 R. Je n'ai vu aucun contact entre les autorités serbes et la population
3 albanaise.
4 Q. D'accord. Est-ce que vous avec pris des photographies des hommes en
5 armes que vous avez vu là-bas ?
6 R. Oui.
7 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais que nous nous penchions sur la pièce
8 2586 qui se compose de plusieurs photographies.
9 Q. Celle-ci, la première photographie, a pour numéro de référence K0571660
10 [comme interprété]. Que montre-t-elle, ou plutôt, d'abord, est-ce que c'est
11 vous qui avez pris cette photographie ?
12 R. Oui, Monsieur.
13 Q. Que montre cette photographie ?
14 R. On y voit des hommes de l'armée yougoslave et du MUP à Podujevo au mois
15 de décembre, à l'évidence c'était un moment où il y avait des contacts avec
16 l'UCK. Je vais vous dire quelque chose, c'est que parfois il était
17 difficile de distinguer entre ces deux uniformes, les uniformes verts et
18 les uniformes bleus. Car un jour il nous arrivait de voir un homme portant
19 un uniforme du MUP et nous pensions qu'il appartenait au MUP, et le
20 lendemain nous le voyions apparaître avec un uniforme différent de l'armée
21 yougoslave. Cela arrivait aussi bien à Pristina ville que dans d'autres
22 lieux de déploiement. Il semblait y avoir une grande mixité dans tout cela.
23 Q. Est-ce que vous vous souvenez ce que faisaient ces hommes à ce moment
24 précis, les hommes que l'on voit sur cette photographie ?
25 R. Ils étaient en train de se faire distribuer des armes de poing à partir
26 de ce qui semblait être une place forte de l'UCK, et finalement ils se sont
27 mis à couvert. Cela fait déjà plusieurs années que tout cela s'est passé,
28 mais je me souviens qu'ils s'efforçaient de repositionner leurs forces pour
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1 essayer de mieux se protéger.
2 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais que nous passions à la photographie
3 suivante, à présent.
4 Q. L'écriture que l'on voit ici est l'écriture de qui ?
5 R. C'est la mienne.
6 M. STAMP : [interprétation] Je demande à la régie de nous montrer une
7 nouvelle fois le passage manuscrit correspondant à la référence K0577161.
8 Q. A l'évidence, ce qui est écrit ici est là pour indiquer ce que l'on
9 voit sur la photographie, et c'est écrit au dos de la photographie.
10 Est-ce que ce qu'on lit ici correspond à ce que montre la photographie que
11 vous avez vue ?
12 R. Non. Ce qui est écrit ici correspond à la photographie attribuée à une
13 femme dont le mari venait d'être tué devant sa maison. Elle est en train de
14 quitter sa maison avec deux armes sur chaque épaule. Apparemment, ce qui
15 est écrit ici ne correspond pas à la bonne photographie, mais je connais
16 cette photographie, car je me souviens très bien de l'événement qui s'est
17 produit, qui m'a frappé comme étant très émouvant.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que ceci pourrait être une
19 erreur au moment où les photographies ont été scannées pour être
20 introduites dans le système électronique ?
21 LE TÉMOIN : [interprétation] Non, Monsieur le Président, l'erreur vient de
22 moi.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous avez écrit quelque chose sur une
24 mauvaise photo ?
25 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, Monsieur le Président.
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je suppose que ce que vous avez écrit
27 concerne la mort d'un Serbe ?
28 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, Monsieur le Président.
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1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
2 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais que nous passions à la page
3 suivante; à la photographie suivante.
4 Q. Est-ce vous qui avez pris cette photographie ?
5 R. Oui, Monsieur.
6 Q. Que montre-t-elle ?
7 R. Elle montre des forces de sécurité serbes un peu plus bas, là entre les
8 arbres, ces hommes sont en train de se saisir d'armes de poing dans une
9 place forte de l'UCK. Les forces serbes viennent de pénétrer à cet endroit
10 et s'efforcent d'y établir un point d'observation et des postes de tir.
11 Q. Pouvez-vous identifier les forces serbes ou les éléments des forces
12 serbes qu'on voit sur cette photographie ?
13 R. Je crois que ces hommes sur le terrain étaient Serbes. Il s'agissait de
14 représentants du MUP. Comme je l'ai dit, plusieurs années se sont écoulées
15 depuis les faits, mais ils se trouvaient là, cela ne fait aucun doute, des
16 forces serbes très bien armées qui ripostaient aux tirs de l'UCK. Je crois
17 que le blindé de transport de troupes que l'on voit à l'extrémité ici est
18 un véhicule du MUP.
19 M. STAMP : [interprétation] Photographie suivante, je vous prie.
20 Q. L'écriture qu'on voit ici est celle de qui ?
21 R. C'est la mienne.
22 Q. Je cite le numéro de référence, K0577163. Est-ce que, dans ce passage
23 écrit, on décrit ce que vous pouviez voir sur la photographie précédente ?
24 R. Oui.
25 Q. Pourriez-vous donner lecture de ce passage écrit, je vous prie ?
26 R. Je cite : "27 décembre 1998, fusillade au Kosovo, à 3 kilomètres à
27 l'ouest de Podujevo, convoi funéraire serbe protégé par la police ou le MUP
28 sur la route reliant Obranka à Podujevo." Vous constaterez que pour
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1 indiquer la police, j'ai utilisé le mot "militia", qui fait référence au
2 MUP, qui suivait ce convoi funéraire.
3 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais que nous passions à la photographie
4 suivante.
5 Q. Qui a pris cette photographie ?
6 R. C'est moi.
7 Q. Que montre-t-elle ?
8 R. Un lieu de positionnement de l'armée yougoslave avec des soldats de
9 l'armée yougoslave et leur matériel. Les hommes de l'armée yougoslave
10 étaient déployés à cet endroit.
11 M. STAMP : [interprétation] Photographie suivante, je vous prie.
12 Q. Est-ce vous qui avez pris cette photographie ?
13 R. Oui, c'est moi, Monsieur.
14 Q. Que voit-on sur cette photographie ?
15 R. Je ne me souviens plus si c'était un char ou une autre pièce
16 d'artillerie lourde qui se trouvait là, mais en tout cas ce qui est
17 important, c'est que ce véhicule était enfoncé dans la boue et était en
18 position à cet endroit depuis pas mal de temps déjà. On voit ici que les
19 représentants des forces serbes sont agenouillés à côté du véhicule, car
20 ils sont en train de subir des tirs d'armes d'infanterie qui les prennent
21 pour cible. Je crois que cela se passait aussi à Podujevo durant le mois de
22 décembre 1998.
23 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
24 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais que nous passions maintenant à une
25 autre photographie qui n'est pas la photographie qui suit immédiatement
26 dans cette pièce à conviction, mais celle dont le numéro de référence est
27 K0577167, deux photographies plus loin. Pour l'instant c'est la 68 qu'on a
28 là. Je demande la 67. Voilà. C'est la photographie K0577167.
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1 Q. Est-ce vous qui avez pris cette photographie ?
2 R. Oui, monsieur.
3 Q. Que montre t-elle ?
4 R. Elle montre une habitation, une espèce d'habitation, et une fouille qui
5 est en train d'être menée. Je crois que ce sont des membres de la police
6 serbe, c'est-à-dire du MUP qui procèdent à cette perquisition.
7 Q. Où cela se passait-il ?
8 R. Non loin de Podujevo, mais pas à Podujevo même. Sans doute à quelques
9 mètres de Podujevo. Je parle toujours de Podujevo lorsque je commente
10 l'ensemble de ces photographies parce que toutes ces photographies
11 concernent une journée où nous en avons pris un grand nombre lors d'une
12 opération de perquisition générale menée par la police au porte-à-porte
13 suite à des actions de l'UCK, à partir d'une colline surplombant Podujevo
14 et visant une vallée.
15 Q. Très bien, merci. Nous avons parlé de la coordination entre l'armée
16 yougoslave et le MUP à Podujevo. Pourriez-vous nous dire, d'après les
17 observations que vous avez faites sur le terrain ce qu'il en était des
18 moments où les forces de l'armée yougoslaves se sont déployées dans la
19 région et des moments où s'y sont déployées les forces du MUP ?
20 R. Mes observations ont été faites dans plusieurs endroits. Lorsque
21 j'allais au travail, je devais passer à pied devant le quartier général de
22 l'armée yougoslave qui se trouvait à Pristina; et dans ces heures
23 matinales, je voyais les véhicules qui étaient garés devant ce QG, des
24 véhicules lourds, des blindés transport de troupes ainsi que des véhicules
25 plus légers qui embarquaient des soldats et à l'endroit où se trouvait le
26 QG de l'OSCE à Pristina, il y avait aussi un QG du MUP. Je voyais et
27 entendais en même temps les hommes du MUP monter à bord de leurs camions et
28 des blindés transport de troupes et d'autres véhicules. En général, d'après
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1 ce que j'ai pu voir, c'est l'armée qui partait la première, ensuite 30 à 45
2 minutes plus tard, elle était suivie par le MUP. Lorsque des vérificateurs
3 de l'OSCE ont essayé de suivre ces véhicules, il nous est arrivé parfois de
4 pouvoir le faire et d'autres de ne pas pouvoir le faire, lorsque des
5 barrages routiers nous en empêchaient. Mais de façon générale nous pouvions
6 voir les deux composantes, les deux éléments présents lorsqu'il y avait des
7 troubles dans un village. Ils procédaient à des pilonnages et à quelques
8 échanges de tirs, bien sûr, notre rôle était de vérifier le respect du
9 cessez-le-feu. Les vérificateurs étaient un peu inquiets au sujet de la
10 situation et se rendaient immédiatement sur place, lorsqu'il y avait eu des
11 escarmouches, pour vérifier l'objectif du déploiement de ces hommes, mais
12 nous n'obtenions pas toujours des réponses dans les délais appropriés.
13 Q. Le 16 janvier aux environs de 7 heures du matin, est-ce que vous êtes
14 allé quelque part pour procéder à des observations ? Le 16 janvier 1999 ?
15 R. Oui, Monsieur. Aux environs de 7 heures, l'ambassadeur Walker et moi-
16 même sommes arrivés à Racak, dans le village de Racak.
17 Q. S'agissant de ce dont nous venons de parler, le déploiement des forces
18 armées, qu'avez-vous vu à Racak ?
19 R. A notre arrivée à Racak, nous avons reçu un appel de nos commandants
20 qui se trouvaient à Stimlje, qui nous ont dit qu'il y avait eu un échange
21 de tirs de canons intenses sur le village de Racak. Aux environs de 7
22 heures, l'ambassadeur Walker et moi-même y sommes arrivés, nous avons vu un
23 grand nombre d'hommes du MUP sur la route menant à Stimlje ainsi que dans
24 Stimlje, et un peu moins à Racak en tant que tel. A notre arrivée à Racak,
25 nous avons vu, derrière nous sur les collines, l'armée yougoslave qui se
26 trouvait là depuis quelques jours dans le cadre d'une opération
27 d'entraînement. Nous sommes entrés à pied vers le village de Racak et la
28 première chose que nous avons vue était un corps d'homme Albanais décapité,
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1 c'était un homme qui avait près de 70 ans sans doute.
2 M. IVETIC : [interprétation] Monsieur le Président.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Nous sommes en train de parler de
4 choses dont nous n'avons pas besoin de parler, Monsieur Stamp. Je vous
5 remercie.
6 M. STAMP : [interprétation]
7 Q. La dernière question portait sur ce que vous avez vu à Racak. Vous avez
8 dit, je me contente de rappeler vos dires sur le fait que certaines forces
9 oeuvraient de concert. Vous avez dit que vous avez vu des hommes de la VJ
10 sur la colline derrière vous. Que voulez-vous dire par VJ ? Qu'avez-vous vu
11 exactement ? Pourriez-vous nous dire ce que vous avez vu exactement quand
12 vous dites des hommes de la VJ et que faisaient-ils ?
13 R. Nous avons vu les chars au sommet de la colline et des pièces
14 d'artillerie qui se trouvaient là-haut.
15 Q. Est-ce que vous avez vu ces chars faire quelque chose ?
16 R. Ils n'ont pas tiré sur le village pendant que nous nous y trouvions. Je
17 n'ai pas vu de mes yeux le moindre tir, non, Monsieur.
18 Q. Très bien. Vous nous avez parlé il y a quelques instants de plusieurs
19 réunions auxquelles vous avez assisté et auxquelles participaient M.
20 Sainovic et M. Loncar. Sur la base de ce que vous avez vu du rapport entre
21 ces deux hommes, pourriez-vous dire si l'un ou l'autre d'entre eux avait le
22 moindre pouvoir sur les actions de l'armée yougoslave au Kosovo à
23 l'époque ?
24 R. Je dirais que M. Sainovic, chaque fois que l'OSCE lui exprimait des
25 inquiétudes au sujet du comportement des forces de sécurité serbe, se
26 tournait vers M. Loncar ou vers M. Lukic. Il interrogeait l'un ou l'autre
27 de ces deux hommes au sujet de ce comportement.
28 Ce qui pour moi signifiait qu'il avait un certain pouvoir sur ce
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1 genre d'actions étant donné les questions qu'il posait à ces deux hommes
2 dont l'un était un représentant du MUP et l'autre, M. Loncar, de l'armée
3 yougoslave.
4 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, j'en ai terminé de
5 l'interrogatoire principal de ce témoin.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître O'Sullivan.
7 M. O'SULLIVAN : [interprétation] Monsieur le Président, je me permettrais
8 de vous demander la pause un peu plus tôt que d'habitude ce matin.
9 Pourrait-elle avoir lieu maintenant ?
10 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pourquoi ?
11 M. O'SULLIVAN : [interprétation] Pour me permettre de relire mes notes et
12 de revoir d'un peu plus près les diverses questions qui ont été évoquées
13 depuis le début de l'audience.
14 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que vous avez une idée, disons
15 même approximative de la durée de votre contre-interrogatoire ?
16 M. O'SULLIVAN : [interprétation] De toutes les équipes de la Défense ?
17 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui. Parce que, voyez-vous, si nous
18 faisons la pause maintenant, cela perturbe l'organisation, la répartition
19 du temps de travail des interprètes. Mais si nous pouvons en finir peut-
20 être une demi-heure avant la fin de la journée, cela ne serait pas un
21 problème.
22 M. ACKERMAN : [interprétation] Monsieur le Président, pour ma part, je
23 pense que 30 à 40 minutes me suffiront. En faisant le total des estimations
24 de tous les conseils de la Défense, on pourra peut-être arriver à une
25 approximation du temps total.
26 M. FILA : [interprétation] Une heure.
27 M. SEPENUK : [interprétation] J'aurais sans doute besoin d'une demi-heure,
28 Monsieur le Président. Mais si je ne m'abuse, les conseils prendront la
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1 parole dans l'ordre indiqué à l'acte d'accusation, donc il se pourrait que
2 j'aie besoin de moins de temps selon éventuellement les questions qu'auront
3 posées mes confrères avant moi.
4 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Ivetic.
5 M. IVETIC : [interprétation] Un peu moins d'une heure, Monsieur le
6 Président.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Accordez-moi un instant de réflexion.
8 [La Chambre de première instance se concerte]
9 M. LE JUGE CHOWHAN : [interprétation] Monsieur Phillips, j'ai une question,
10 dans l'intervalle. S'agissant du pouvoir de M. Sainovic, vous avez constaté
11 que chaque fois qu'une question était posée, il se tournait vers le général
12 Loncar et M. Lukic. Est-ce qu'il se tournait simplement vers eux, ou est-ce
13 qu'il semblait attendre de leur part une réponse, ou encore est-ce qu'il
14 leur donnait des consignes par rapport aux protestations ?
15 LE TÉMOIN : [interprétation] Il les regardait et leur posait une question
16 en leur disant que savez-vous de ceci en général ? Ou encore, il leur
17 donnait pour consigne de se renseigner, de voir pourquoi les vérificateurs
18 de l'OSCE n'avaient pas pu se rendre dans telle ou telle caserne. Il
19 interrogeait ces hommes pour répondre aux préoccupations exprimées par les
20 vérificateurs et il s'adressait, soit au commandant de la sécurité du MUP,
21 soit à l'officier de liaison de l'armée yougoslave qui était M. Loncar.
22 M. LE JUGE CHOWHAN : [interprétation] Rien d'autre que cela ? Il n'allait
23 pas jusqu'à la réprimande ?
24 LE TÉMOIN : [interprétation] Non, Monsieur le Juge.
25 M. LE JUGE CHOWHAN : [interprétation] Il ne donnait pas de consignes, pas
26 d'ordres ? Il ne leur disait pas : faites telle et telle chose de telle et
27 telle façon ?
28 LE TÉMOIN : [interprétation] Parfois, il indiquait ce dont il avait besoin
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1 pour pouvoir répondre aux questions posées, mais il ne formulait jamais la
2 moindre réprimande.
3 M. LE JUGE CHOWHAN : [interprétation] D'accord. Merci beaucoup.
4 LE TÉMOIN : [interprétation] Merci, Monsieur le Juge.
5 [La Chambre de première instance et le Greffier se concertent]
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien, Maître O'Sullivan. Nous
7 allons faire la pause maintenant.
8 Monsieur Phillips, il nous faut de temps en temps procéder à une pause de
9 façon à ce que ceux qui travaillent en coulisses puissent s'organiser, nous
10 allons procéder à l'une de ces pauses à l'instant. M. l'Huissier va vous
11 montrer dans quelle pièce vous pourrez passer la durée de cette pause. Il
12 est très important que pendant toutes les suspensions d'audience, vous ne
13 parliez de votre déposition à personne. Je vous dis cela parce que dans ce
14 Tribunal, il y a des représentants d'organismes qui ont fourni des
15 documents, et il est particulièrement important que vous ne discutiez pas
16 avec eux de la teneur de votre déposition.
17 Vous pouvez maintenant quitter le prétoire accompagné de M. l'Huissier.
18 LE TÉMOIN : [interprétation] Je vous remercie, Monsieur le Président.
19 [Le témoin quitte la barre]
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Nous reprendrons nos travaux à 10
21 heures 55.
22 --- L'audience est suspendue à 10 heures 26.
23 --- L'audience est reprise à 10 heures 58.
24 [Le témoin vient à la barre]
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître O'Sullivan.
26 M. O'SULLIVAN : [interprétation] Merci, Monsieur le Président. Nous allons
27 suivre l'ordre de l'acte d'accusation.
28 Contre-interrogatoire par M. O'Sullivan :
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1 Q. [interprétation] Bonjour, Monsieur le Témoin.
2 R. Bonjour.
3 Q. Nous avons reçu du bureau du Procureur des notes d'une interview entre
4 vous-même et des représentants du bureau du Procureur à Washington entre le
5 14 et le 16 mars 2001. Je voudrais vous poser quelques questions à ce
6 sujet. Vous vous êtes trouvé avec deux représentants du bureau du
7 Procureur. Est-il exact de dire que cette interview a procédé sur la base
8 de questions et réponses, qu'ils vous posaient des questions et vous
9 répondiez en donnant les renseignements que vous aviez pour répondre à ces
10 questions ?
11 R. Oui.
12 Q. En 2001, vous avez fait de votre mieux, n'est-ce pas, pour être aussi
13 complet et donner les renseignements de la façon la plus précise d'après
14 vos souvenirs ?
15 R. Oui.
16 Q. Seriez-vous d'accord que vos souvenirs des événements étaient meilleurs
17 en 2001 qu'aujourd'hui ?
18 R. Je ne pense pas pouvoir me prononcer là-dessus. Je pense que mon
19 audition par le bureau du Procureur au mois de mars était probablement
20 mieux que celle de 2001.
21 Q. Ma question était un peu différente. Je veux dire, avec l'écoulement du
22 temps, il n'y a rien d'inquiétant dans ce que je vous dis, je vous suggère
23 simplement que vos souvenirs en 2001 par rapport à ce que vous avez connu
24 en 1998 et 1999 étaient peut-être plus proches et plus précis
25 qu'aujourd'hui, huit ou neuf ans plus tard. Est-ce que c'est juste ?
26 R. Je ne peux pas me prononcer là-dessus. Je ne sais pas si c'est le cas
27 ou non. Je me rappelle ce que je me rappelle.
28 Q. Bien. Aujourd'hui, dans votre déposition, vous avez affirmé que le 24
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1 novembre 1998, vous avez participé à une réunion avec M. Milosevic, M.
2 Milutinovic, M. Sainovic, M. Walker et l'ambassadeur Miles. Vous vous
3 rappelez avoir dit cela ?
4 R. Oui.
5 Q. Il n'y a absolument aucun compte rendu de cette réunion à cette date
6 avec ces personnes lors de votre audition de 2001. Vous le savez ?
7 R. Non.
8 Q. Comment pouvez-vous expliquer cela ?
9 R. Il y a eu une réunion en novembre avec M. Milosevic en 1998. Je suis
10 pratiquement sûr que c'était le 24 novembre.
11 Q. Vous avez été interrogé par le Procureur, enfin par le bureau du
12 Procureur de ce Tribunal en juillet dernier 2006; c'est bien cela ? Ce sont
13 les renseignements dont nous disposons, qu'ils nous ont communiqués.
14 R. Il se peut que cela ait été le cas. J'ai été interviewé plusieurs fois.
15 Q. Est-ce que ceci vous paraît exact, l'an dernier ?
16 R. En gros, oui.
17 Q. Nous avons reçu un résumé de cette audition parce qu'on ne nous a pas
18 permis de voir les notes proprement dites. On ne trouve nulle part de
19 résumé, d'une part, ou que vous ayez fait mention d'une réunion du 24
20 novembre 1998 avec les six personnes en question, y compris vous-même.
21 Comment pouvez-vous expliquer cela ?
22 R. Tout ce que je peux vous dire, c'est que le 24 novembre, il y a eu une
23 réunion où j'étais, et j'ai répondu à une question en ce sens. Au cours de
24 ces interviews, cela je ne peux pas me rappeler, mais je suis certain que
25 cette réunion a eu lieu avec M. Milosevic. Je ne pourrais jamais l'oublier.
26 Q. Ce jour-là, avec ces personnes-là; c'est bien cela ?
27 R. C'est pratiquement sûr.
28 Q. C'est cela, ce que vous affirmez ?
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1 R. Je suis pratiquement certain.
2 Q. Bien. Je regarde maintenant les notes de mars 2001 que nous avons
3 reçues du bureau du Procureur, et le 24 novembre vous avez dit que vous
4 aviez dîné dans le bâtiment du gouvernement à Pristina auquel participaient
5 M. Sainovic, M. Walker, M. Loncar, le général DZ et vous-même. C'est cela
6 que vous avez dit que vous étiez là le 24 novembre 1998 à Pristina ?
7 R. Il est certain que j'aurais pu me tromper en ce qui concerne ces dates.
8 Q. Ce que je vous dis, c'est que vous avez une date erronée pour cette
9 réunion. En fait, ma position, c'est que vous n'avez jamais participé à
10 cette réunion-là. M. Milutinovic était présent. Est-ce que vous acceptez
11 cela ?
12 R. Je peux vous dire que j'ai participé à une réunion en novembre où
13 étaient présents M. Milosevic, M. Sainovic, et je suis certain que M.
14 Milutinovic était là aussi.
15 Q. Vous semblez moins certain de cela en ce qui concerne Milutinovic et sa
16 présence.
17 R. Je suis certainement en train de vérifier moi-même pour ce qui est des
18 dates que vous me présentez. Je voudrais être exact sur ce point, mais
19 d'après mes souvenirs, c'est la façon dont je l'ai retenu.
20 Q. Bien. Alors dites-moi, où et quand, si ce n'était pas le 24 - et je dis
21 que cela ne l'était pas quand vous avez eu cette réunion à laquelle vous
22 avez participé et où était présent M. Milutinovic - quand et où est-ce que
23 cela a eu lieu ?
24 R. Cette réunion que j'ai eue avec M. Milosevic et l'ambassadeur Walker et
25 avec M. Milosevic, j'étais présent. C'était le 24 novembre.
26 Q. Je vous demande de me dire quels étaient le jour et l'endroit ou la
27 date et l'heure à laquelle vous dites avoir participé à cette réunion avec
28 M. Milutinovic, parce que je dis que cela n'a jamais été le cas.
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1 R. Je ne peux pas vous donner de date et de lieu, vous indiquer de date et
2 de lieu. Je sais que j'ai rencontré M. Milosevic dans cette maison blanche
3 qui était la sienne, son bâtiment.
4 Q. Vous ne vous rappelez pas, vous ne pouvez pas me donner un souvenir
5 précis d'une réunion que vous avez eue avec M. Milutinovic. Serait-il juste
6 de dire les choses de cette manière ?
7 R. Je n'ai jamais eu de réunion avec M. Milutinovic; j'ai eu une réunion
8 avec M. Milosevic.
9 Q. Bien. M. --
10 R. J'ai participé à cette réunion. Ce n'était pas ma réunion.
11 Q. Vous avez participé, ce que je vous suggère, c'est que vous n'avez
12 jamais participé à une réunion où M. Milutinovic était présent. Est-ce que
13 vous acceptez cela ?
14 M. STAMP : [interprétation] Pour la quatrième fois --
15 LE TÉMOIN : [interprétation] Non.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Excusez-moi, Monsieur Stamp.
17 M. STAMP : [interprétation] La question a été posée, et il a répondu
18 environ trois fois.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je ne pense pas qu'il y ait eu de
20 réponse très définie et définitive. Je pense que Me O'Sullivan peut
21 poursuivre en ce sens s'il décide de le faire.
22 LE TÉMOIN : [interprétation] Ce que je pourrais vous dire, c'est que c'est
23 une possibilité. Cela fait huit ans. Mes notes sont ce que disent mes
24 notes, et je me suis fondé sur mes notes à ce moment-là.
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Le problème, Monsieur Phillips,
26 d'après ce que nous entendons, c'est que vos notes ne disent rien.
27 LE TÉMOIN : [interprétation] Je fais de mon mieux pour me souvenir de ce
28 qui s'est passé dans ce cadre temporel.
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1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ceci ne nous aide pas, le fait de se
2 fonder sur les notes, parce qu'elles ne nous disent rien. Cela ne nous aide
3 pas.
4 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, Monsieur le Président.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie.
6 M. O'SULLIVAN : [interprétation] Je n'ai pas d'autres questions.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Fila.
8 M. FILA : [interprétation] Oui. J'ai un certain nombre de questions à
9 poser.
10 Contre-interrogatoire par M. Fila :
11 Q. [interprétation] Je représente M. Sainovic. Je vais vous poser des
12 questions concernant votre déposition d'aujourd'hui. Vous avez mentionné le
13 général Loncar et vous avez dit aujourd'hui que c'était un général à la
14 retraite.
15 M. FILA : [interprétation] Je voudrais que l'on présente au témoin la pièce
16 à conviction 2D9 qui va vous être présentée. Je m'excuse que l'on doive
17 passer à nouveau les mêmes pièces à conviction.
18 Q. Pendant que nous attendons ce document, le général Loncar, dois-je vous
19 dire, n'a jamais été un général à quatre étoiles comme vous l'avez dit et
20 qu'il était membre d'un organe de coordination du gouvernement fédéral, le
21 gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie.
22 Peut-être pourriez-vous jeter un coup d'œil au document qui est à
23 l'écran parce que ce document maintenant vient d'y apparaître.
24 R. Je le vois.
25 Q. Vous pouvez voir l'acte. Ceci a été signé par le président du
26 gouvernement yougoslave, Momir Bulatovic. Est-ce que ceci correspond à ce
27 que faisait effectivement le général Loncar, je veux dire la façon dont
28 c'est décrit dans ce document ?
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1 Bien. Ecoutez, nous en reviendrons à ceci plus tard lorsque nous aurons vu
2 qui était M. Sainovic. Mais vous avez dit aujourd'hui --
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ce document, Maître Fila, est un
4 document qui complète un autre document, et les premiers membres de la
5 commission semblent --
6 M. FILA : [interprétation] Oui, oui, je vais y venir.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il ne me semble pas que le témoin ait
8 dit quoi que ce soit qui ait une incidence réelle sur ce document.
9 M. FILA : [interprétation] Oui, parce qu'il faut que je lui montre d'abord
10 un document qui précède.
11 Pourrions-nous d'abord voir le document 2D8 ? C'est le document qui
12 précède celui que nous voyons à l'écran maintenant.
13 Q. Examinez-le bien, ce document. C'est un document qui précède
14 celui que nous avons vu il y a un instant. Comme vous pouvez le voir, c'est
15 d'un organe de coordination qu'il s'agit. Son nom est la Commission de la
16 république fédérale pour la coopération avec la mission de l'OSCE, et dans
17 une décision du gouvernement fédéral, cette décision encore une fois qui
18 est signée par le premier ministre fédéral Momir Bulatovic. Les membres et
19 le président de cette commission sont désignés, et le président de cette
20 commission est M. Nikola Sainovic.
21 Si vous regardez ce document, vous allez voir quelles sont les
22 attributions de cette commission. Regardez s'il vous plaît l'article 2,
23 l'article 3. Si vous regardez la page suivante, vous voyez la signature et
24 la date à laquelle cette décision a été prise. Comme vous voyez, c'est le
25 19 octobre 1998. Cela a été signé par le premier ministre yougoslave Momir
26 Bulatovic.
27 Monsieur Phillips, est-ce que ceci correspond bien à ce dont vous avez
28 parlé en ce qui concerne les pouvoirs de Sainovic au Kosovo disant que le
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1 général Loncar était membre de cette commission et que de nombreuses autres
2 personnes faisaient partie de cette commission ?
3 R. Je ne pense pas avoir dit que M. Loncar était membre de cette
4 commission. Je ne connais pas bien cette commission, mais je vais vous dire
5 ce que je lis ici et qui correspond à ce que faisait M. Sainovic pour
6 l'OSCE. Ce que je lis là, c'est bien le cas.
7 Q. Je vous remercie. C'était l'essentiel de la question que je voulais
8 vous poser. Vous voyez que Loncar était membre de cette commission et vous
9 serez d'accord avec moi qu'il est tout à fait naturel que le président de
10 cette commission ait un rang supérieur à un membre de la commission ?
11 R. Oui, cela me paraît logique.
12 Q. Bien sûr. Le point suivant sur lequel je voudrais que vous vous
13 concentriez, c'est que vous voyez que la compétence, l'autorité émane du
14 gouvernement fédéral, et non pas de Slobodan Milosevic, qui n'est pas du
15 tout mentionné dans ce document même s'il était le président à l'époque.
16 Mais seriez-vous d'accord avec moi pour dire que cet organe de
17 coordination qui est créé par le gouvernement yougoslave, le président de
18 cette commission alors est responsable envers le gouvernement, à l'égard du
19 gouvernement de la Yougoslavie ? Est-ce que cela vous paraît exact ?
20 Est-ce que c'est pour cela qu'il doit rendre compte au gouvernement
21 yougoslave et qu'il reçoit ses attributions du gouvernement yougoslave et
22 qu'il transmet ? Est-ce que c'est logique pour vous ?
23 R. Oui, c'est logique.
24 Q. Naturellement, vous êtes d'accord avec moi aussi lorsque vous dites que
25 Sainovic devait consulter quelqu'un à Belgrade; il ne rendait pas compte
26 uniquement à Milosevic, mais au gouvernement fédéral parce qu'il avait été
27 désigné par ce gouvernement ?
28 R. Oui, je suis d'accord.
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1 Q. Je voudrais vous demander maintenant, lorsque M. Stamp vous a posé une
2 question, vous avez dit que Sainovic était l'envoyé personnel de Milosevic.
3 Vous avez dit cela deux fois et vous avez dit la même chose en ce qui
4 concerne M. Lukic. Est-ce que ceci indique bien pour vous que M. Sainovic
5 n'était pas un envoyé personnel de qui que ce soit, mais qu'il était là
6 comme représentant du gouvernement fédéral en tant que président de la
7 commission pour la coopération ?
8 Qu'est-ce que cela veut dire pour vous, "envoyé personnel" ? Est-ce
9 que cela veut dire que toutes les personnes étaient des envoyés personnels
10 de Milosevic ? Si c'est le cas, très bien.
11 R. Maître, tout ce que je peux vous dire, tout ce dont je peux parler,
12 c'est que comment on s'est présenté à moi lors de ces premières réunions,
13 M. Sainovic, M. Loncar, M. Lukic. On m'a présenté à eux, ils se sont
14 présentés à nous et à M. Walker comme étant des représentants personnels de
15 M. Milosevic, rien de plus ou rien de moins que cela, à tort ou à raison.
16 C'est comme cela qu'ils ont été présentés.
17 Q. Mais vous pouvez voir que ce document ne dit pas réellement cela. Est-
18 ce que vous considérez que ce qui est dit dans ce document est exact et
19 qu'il était un représentant du gouvernement fédéral ?
20 R. Oui, je le pense certainement. M. Sainovic était un représentant du
21 gouvernement, cela je le crois.
22 Q. Je vous remercie. Poursuivons. Ceci peut vous sembler comme une sorte
23 d'argutie juridique. Vous êtes un officier, c'est peut-être plus facile
24 pour vous, mais nous avons un proverbe qui dit qu'un général est bien pire
25 qu'une belle-mère, de sorte que c'est pour cela qu'il est nécessaire pour
26 nous d'être clairs.
27 Vous avez mentionné dans une partie de votre déclaration M. Sainovic. Est-
28 ce que vous savez où M. Sainovic est né ?
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1 R. Je ne crois pas que cela ait été au Kosovo, mais nous avons eu une
2 discussion avez M. Sainovic lorsque nous nous sommes rencontrés pour la
3 première fois, que son cœur était au Kosovo et qu'il tirait son chapeau au
4 Kosovo. Il a fait des commentaires selon lesquels il était né au Kosovo,
5 mais je comprends qu'il était né en Serbie proprement dite. Mais il y a eu
6 une conversation au début sur le fait qu'il faisait profession d'aimer le
7 Kosovo.
8 Q. Ce que je voudrais vous dire, et permettez-moi d'expliquer, dans les
9 notes de votre résumé au titre de l'article 65 ter et des notes qui ont été
10 prises lors de votre déposition à Washington, il est dit qu'il était né au
11 Kosovo et qu'il se rendait au Kosovo tous les week-ends parce que le Kosovo
12 lui manquait. Ceci est dit dans les notes que nous avons, que vous avez
13 données de vos auditions. Mais je voulais simplement vous faire remarquer
14 qu'il était né à Borovo, il n'était pas né au Kosovo du tout. Il n'avait
15 pas de famille au Kosovo. J'essayais simplement d'appeler votre attention
16 sur le fait que les mots sont très importants. Il est en réalité né à Bor.
17 R. Je peux être d'accord avec vous sur cela, Maître, mais comme vous dites
18 que les mots sont très importants, je voudrais vous dire que je n'ai jamais
19 dit qu'il était venu au Kosovo les week-ends parce que le Kosovo lui
20 manquait. Je n'ai jamais dit cela où que ce soit dans mes notes ou ailleurs
21 dans mes dépositions ou témoignages.
22 Q. Je vois cela au paragraphe 1 de vos notes, les notes de votre interview
23 à Washington. Je ne veux pas les présenter comme élément de preuve ou pièce
24 à conviction, mais c'est ce qui est dit là, vous pouvez regarder. Vous avez
25 le titre, la première réunion avec Sainovic, au dernier paragraphe de la
26 page 2 et au premier paragraphe de la page 3. Il est dit là que Sainovic
27 connaissait bien le Kosovo parce qu'il y était né. Quelqu'un a écrit cela,
28 quelqu'un a noté cela. Je vois que vous avez dit que maintenant vous n'avez
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1 pas dit cela, mais c'est ce qui est dit dans les notes.
2 R. Non, non, non. Vous comprenez mal et vous énoncez mal ce que j'ai dit.
3 Je n'ai jamais dit que le Kosovo lui manquait et que c'était la raison pour
4 laquelle il y retournait en week-end. Je vous disais qu'il venait au Kosovo
5 les vendredi, samedi et dimanche pour travailler avec la mission de l'OSCE.
6 Je vous dis que ceci ne fait pas partie de mes évaluations ou de mes
7 hypothèses, l'endroit où il était né. C'est ce qui m'a été dit lors de ces
8 réunions.
9 Q. Je suis d'accord avec ce que vous dites, je suis d'accord sur ce point
10 effectivement exact, mais les notes contiennent quelque chose d'autre. Ce
11 que vous nous dites maintenant, c'est exact, donc nous n'avons pas de
12 problème de ce côté-là.
13 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Fila, nous avons effectivement
14 un problème parce que le membre de phrase que vous avez utilisé est celui
15 que le témoin n'accepte pas. Il n'accepte pas avoir dit cela. Certainement,
16 moi-même je ne trouve pas cela non plus dans les notes.
17 M. FILA : [interprétation] Il s'agit là des notes qui ont été faites par
18 des personnes qui l'ont interviewé à Washington --
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, mais cela ne dit pas --
20 M. FILA : [interprétation] -- le 14 et 16.
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Cela ne dit pas - dans les textes que
22 j'ai tout au moins, je ne l'ai pas trouvé - qu'il allait au Kosovo tous les
23 week-ends parce que le Kosovo lui manquait. Ce sont ces mots seuls auxquels
24 le témoin objecte.
25 [Le conseil de la Défense se concerte]
26 M. FILA : [interprétation] Très bien, alors ceci n'a pas d'importance. Il
27 est dit ici qu'il était né à Kosovo Polje, et ainsi de suite. Bon, il ne
28 l'était pas. Je voulais simplement insister sur l'importance des mots.
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1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui.
2 M. FILA : [interprétation] C'est pour cela que je vais poursuivre.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous avez résolu le problème en ce qui
4 vous concernait, et il y a néanmoins comme trace un commentaire qui est
5 attribué au témoin, et commentaire qu'il n'a pas fait et qui a maintenant
6 aussi été éclairci, nous pouvons effectivement poursuivre et progresser.
7 M. FILA : [interprétation]
8 Q. Le 9 décembre 1998, vous avez eu une réunion avec M. Sainovic. Si vous
9 vous en souvenez, pouvez-vous me dire si ce qui suit est exact ? Sainovic a
10 suggéré cette fois-là que la Mission de vérification au Kosovo devrait
11 utiliser l'ensemble du système sanitaire serbe. C'est à la page 4 de vos
12 notes, et le titre, c'est : "Réunion avec Sainovic le 9 décembre."
13 R. Je voudrais me référer à mes notes sur ce point, mais est-ce que
14 c'était dans ma déposition de 2006 ou de 2001 ou dans une audition, dans
15 une interview ?
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je crois que c'est dans le document de
17 2001 à la page 4.
18 LE TÉMOIN : [interprétation] Suis-je autorisé à consulter mes notes sur ce
19 point ?
20 [Le conseil de la Défense se concerte]
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Lorsque vous dites "mes notes", vous
22 voulez parler de quoi ?
23 LE TÉMOIN : [interprétation] Je veux parler de l'audition en 2001.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] C'est-à-dire ce qui a fait --
25 M. FILA : [interprétation] Nous allons montrer --
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Juste un instant.
27 Qui a recueilli cette audition ?
28 LE TÉMOIN : [interprétation] Ceci est un compte rendu qui a été fait au
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1 Département d'Etat des Etats-Unis en 2001. Le bureau du Procureur à
2 l'époque aurait été M. Milbert Shin.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que vous seriez d'accord,
4 Maître Fila, que le témoin consulte ce document ?
5 M. FILA : [interprétation] Je n'ai pas d'objection du tout.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien. Vous pouvez donc le
7 consulter. Vous n'avez pas d'exemplaire devant vous ?
8 LE TÉMOIN : [interprétation] J'ai un exemplaire, Monsieur le Président,
9 mais cela peut me prendre quelques minutes pour retrouver le passage.
10 M. STAMP : [interprétation] Est-ce que je pourrais --
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Stamp.
12 M. STAMP : [interprétation] Est-ce que je pourrais, s'il vous plaît,
13 consulter ma collègue ?
14 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
15 LE TÉMOIN : [interprétation] Vous dites que c'était à la page 4, Maître ?
16 M. STAMP : [interprétation] Je voudrais, s'il vous plaît -- si nous allons
17 demander au témoin de se référer à cette partie des notes de son audition,
18 est-ce qu'on pourrait procéder en audience à huis clos ?
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Quelle en est la raison ?
20 M. STAMP : [interprétation] Ces notes elles-mêmes de l'audition n'ont pas
21 été mises à disposition pour être communiquées au public en général, et la
22 communication de ces notes a été limitée à la Défense, si --
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais ce n'est même pas -- attendez. Ce
24 n'est pas la Défense qui s'en sert, c'est le témoin qui souhaite pouvoir
25 les consulter.
26 M. STAMP : [interprétation] Je sais, Monsieur le Président.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il n'est pas nécessaire que ceci
28 apparaisse à l'écran et que ce soit communiqué ou publié.
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1 M. STAMP : [interprétation] Je demande, si nous parlons de ceci, en ce sens
2 qu'on lira ce qui est dit dans ces notes, que ce soit fait à huis clos.
3 Mais mon collègue indique qu'il ne va pas le lire.
4 M. FILA : [interprétation] Non.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Tout ce qui s'est passé ici, c'est que
6 le témoin a demandé la permission de consulter ce document de façon à
7 pouvoir faire une réponse exacte ? Je ne crois pas que M. Fila ait
8 l'intention de lire. Voyons comment nous progressons.
9 LE TÉMOIN : [interprétation] J'ai retrouvé la déclaration à laquelle vous
10 vous référez, et vous me demandez si c'est une déclaration exacte ?
11 M. FILA : [interprétation] Oui.
12 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Cette déclaration est exacte. C'est le
13 résultat du fait que nous avons demandé des hélicoptères medevac suisses,
14 la réponse était que notre système médical ici au Kosovo est bon, et que
15 vous devriez être en mesure de lui faire confiance en les utilisant.
16 Q. Bien. Gardez vos notes devant vous. Etes-vous d'accord avec moi qu'à
17 cette occasion M. Sainovic a offert à M. Walker d'être escorté ou d'avoir
18 des gardes du corps du MUP serbe, si vous vous rappelez ?
19 R. Oui, je me rappelle cela. Je me rappelle qu'il l'a fait.
20 Q. Très bien. Est-il exact que M. Sainovic a offert des hélicoptères
21 serbes pour l'assistance médicale à des membres de la Mission de
22 vérification ?
23 R. Oui, effectivement.
24 Q. Bien. Vous avez dit aujourd'hui que vous aviez discuté de cette
25 question avec M. Milosevic, et qu'il avait pris une décision définitive,
26 que c'était lui qui prenait ces décisions concernant les consulats, les
27 hélicoptères, et ainsi de suite; est-ce exact ?
28 R. Je pense qu'il prenait ces décisions pour le compte -- comme le dit la
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1 commission, cela faisait partie de son mandat pour les questions
2 logistiques et l'appui à l'OSCE. Oui, Maître.
3 Q. Vous n'avez plus besoin de vos notes maintenant. Je n'ai pas besoin
4 d'en donner lecture, je n'ai pas l'intention de m'en servir comme pièce à
5 conviction. C'était simplement pour vous rafraîchir la mémoire.
6 Est-ce que vous avez rencontré M. Ciaglinksi, un lieutenant-colonel
7 qui a déposé ici ?
8 R. Je le connais. Oui, Maître.
9 Q. A la page 6 890, aux lignes 17 à 24, M. Ciaglinski a dit que la Mission
10 de vérification au Kosovo: "Ne pouvait pas utiliser un hélicoptère analogue
11 à ceux employés par l'armée yougoslave pour attaquer l'UCK, qui était un
12 modèle bien connu. Il est vrai qu'on nous l'a offert, mais nous n'avons pas
13 pu l'accepter pour des raisons ayant trait à notre sécurité et notre
14 sûreté, ainsi que celles de nos vérificateurs. C'était difficile de faire
15 la différence par un jour de brouillard si c'était un hélicoptère portant
16 une croix blanche, ou si c'était un hélicoptère qui allait être utilisé
17 pour une attaque."
18 Est-ce que vous acceptez cette appréciation faite par le lieutenant-colonel
19 Ciaglinski ?
20 R. Oui, effectivement.
21 Q. Je vous remercie. Un autre témoin, le général Maisonneuve, a déposé
22 ici. A la page 11 085, aux lignes 21 à 24 et à la page
23 10 086, lignes 3 à 4, déposition du 3 mars 2007, il a dit qu'il avait deux
24 hommes s'occupant de sa sécurité qui étaient des Albanais et qu'ils lui ont
25 dit qu'ils étaient sur le point de rejoindre l'UCK. Je ne sais pas combien
26 d'Albanais se trouvaient garantis par votre sécurité à ce moment-là, mais
27 est-ce que vous seriez d'accord qu'il était logique pour la Yougoslavie de
28 convenir que de telles personnes ne devraient pas se voir remettre des
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1 armes, je veux dire des personnes qui étaient des Albanais et qui voulaient
2 rejoindre l'UCK ?
3 R. Il est logique pour moi que je n'aurais pas voulu délivrer des armes à
4 des membres qui voulaient rejoindre l'UCK. Oui, Maître.
5 Q. Très bien. A un moment donné, vous avez dit que la demande de la
6 Mission de vérification du Kosovo pour faciliter l'obtention de visas
7 n'avait pas été suivie des faits, et qu'il y avait diverses choses que vous
8 aviez dites à M. Sainovic. Mais ne pensez-vous pas qu'il est logique,
9 compte tenu de la structure que vous avez décrite, que le président de
10 l'organe de coordination et de coopération avec vous ne pouvait que
11 transmettre ces demandes à Belgrade ?
12 Ceci a à voir avec des visas, des consulats, des véhicules et autres
13 problèmes que vous rencontriez. En d'autres termes, seriez-vous d'accord
14 avec moi que Sainovic ne pouvait pas résoudre ces problèmes
15 personnellement lorsque vous vous êtes plaints à lui de cela, et que c'est
16 la raison pour laquelle les réponses ne sont arrivées que quelques jours
17 plus tard ? Je ne sais pas j'ai été suffisamment clair.
18 R. Je ne sais pas s'il aurait pu le résoudre personnellement, mais il est
19 certain qu'il était la personne qui nous a dit que nous nous obtiendrions
20 cela, que nous aurions ce consulat qui serait créé, qui serait à notre
21 disposition pour accélérer les procédures de visa pour les vérificateurs
22 qui arrivaient au Kosovo.
23 Q. Oui, ensuite la lettre de M. Walker a été envoyée à M. Milosevic avec
24 la même demande; c'est bien cela ?
25 R. Oui.
26 Q. Vous vous attendiez à ce que Milosevic soit en mesure de régler cette
27 question plutôt que Sainovic ? Sans cela, vous n'auriez pas envoyé cette
28 lettre, n'est-ce pas ?
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1 R. Nous avons écrit cette lettre parce que nous n'obtenions absolument
2 rien, que notre équipe de vérification mettait longtemps à arriver et que
3 nous espérions qu'il y aurait des moyens de coopération plus rapides pour
4 que le consulat soit établi.
5 Q. Oui, je comprends cela, mais pourquoi vous êtes-vous adressé à
6 Milosevic ?
7 R. Parce que nous n'obtenions rien du côté de M. Sainovic ou d'une autre
8 source au Kosovo. Nous avons donc souligné cela à M. Milosevic comme un
9 domaine dans lequel nous avions besoin d'un appui. Comme rien ne se passait
10 pour nos demandes aux représentants personnels, en ce cas M. Sainovic --
11 Q. Vous vous attendiez à ce que Milosevic résolve cela ?
12 R. Oui. Nous nous attentions à ce qu'il s'en occupe et que le problème
13 soit réglé. Il nous a dit que tout cela était déjà réglé d'ailleurs, mais
14 ce n'était pas le cas en réalité.
15 Q. En répondant à une question posée par M. le Juge et M. Stamp, vous avez
16 dit que quand vous parliez lors de ces entretiens hebdomadaires, si le
17 problème avait quelque chose à voir avec l'armée, Sainovic regardait
18 Loncar, et s'il s'agissait du MUP, quelqu'un d'autre.
19 On va tout d'abord vérifier cela. A part ces réunions hebdomadaires, est-ce
20 que vos représentants ont eu des réunions quotidiennes avec le colonel
21 Kotur par exemple et d'autres officiers, le MUP et l'armée à un niveau plus
22 bas ?
23 R. Je n'étais pas présent lors de ces réunions. Je sais qu'il y en a eu
24 avec notre officier de liaison puisqu'ils nous ont envoyé des rapports à ce
25 sujet de façon régulière, à moi et à M. Walker. Donc, j'imagine que ces
26 réunions ont existé.
27 Q. D'après ce que vous avez vu par rapport à l'autorité de M. Sainovic en
28 tant que chef des commissions, est-ce qu'il devait poser des questions à
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1 Loncar pour vous aider à résoudre le problème qui existait, puisque c'était
2 lui qui était le chef de la Commission chargée de coopération ? Puisque si
3 vous lui dites que vous avez un problème, il faut qu'il regarde la personne
4 chargée de cela. Puisque ce n'était pas lui qui en était responsable
5 apparemment. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que c'était une
6 explication logique ?
7 R. Pourriez-vous répéter la question, s'il vous plaît ?
8 Q. Je fais suite à ce qu'a dit le Juge. N'avez-vous pas l'impression que
9 quelqu'un qui est le chef d'une commission censée vous aider, comme cela
10 est écrit dans le document, et que lors de la réunion hebdomadaire, vous
11 lui faites part des problèmes survenus, n'est-il pas logique que cette
12 personne-là s'informe auprès de l'armée et regarde avec la personne chargée
13 de l'armée ce qu'il faut faire pour vous aider ? Ce n'est pas logique
14 d'agir comme cela d'après vous ?
15 R. Oui, cela paraît logique qu'il demande à l'armée ou à la police pour
16 savoir ce qui se passe.
17 Q. C'est ce que j'ai voulu dire justement, parce qu'il s'agit
18 d'informations cruciales. On ne pouvait pas coopérer sans savoir ce qui se
19 passe. Comment voulez-vous qu'il coopère avec vous s'il n'a aucune idée de
20 ce qui se passe autour lui. Je ne sais pas.
21 R. J'ai pu remarquer que M. Sainovic savait très bien ce qui se passait au
22 Kosovo. C'est tout ce que je peux vous dire en réponse à la question. Il
23 était parfaitement au courant de ce qui se passait.
24 Q. Il en était informé par les membres de l'armée, du MUP, de la police,
25 des politiciens, et cetera. Parce que c'était la description de ses
26 fonctions, n'est-ce pas, que de savoir ce qui se passe, parce qu'il était
27 le président de la commission ?
28 R. Je ne peux pas parler de la description de ses fonctions. J'ai vu la
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1 commission. J'ai vu quelle était sa fonction au sein de cette commission,
2 mais je ne sais pas comment il recevait ses informations. Toujours est-il
3 que c'est lui qui m'informait des choses. Je peux vous parler de la
4 communication que nous avons eue avec lui.
5 Q. Ensuite, il regardait d'un côté ou de l'autre, Loncar, et cetera. C'est
6 ce que vous avez dit ?
7 R. Oui. Par exemple, quand on voulait rendre visite à une caserne, on ne
8 pouvait pas y aller. On arrivait à la réunion, on l'informait de ce
9 problème, et il s'adressait à M. Milosevic pour lui demander pourquoi on
10 n'a pas pu entrer. Ensuite, M. Sainovic se tournait vers M. Loncar pour
11 demander pourquoi ils n'ont pas pu aller dans les casernes.
12 Q. Très bien. Nous allons passer à un autre problème. Vous avez parlé de
13 Malisevo et des problèmes concernant Malisevo. Est-ce que vous conviendrez
14 que le problème de Malisevo a été résolu de façon conjointe avec la Mission
15 de vérification au Kosovo et la République fédérative de Yougoslavie, qu'on
16 a réduit le nombre de membres du MUP qui étaient présents sur le terrain et
17 qu'on a augmenté le nombre de représentants de la Mission de vérification
18 au Kosovo ? Que c'est comme cela que les tensions se sont calmées. Est-ce
19 bien comme cela que les choses se sont passées ?
20 R. Oui.
21 Q. Savez-vous que Sainovic a fait en sorte que l'accord de Malisevo soit
22 étendu à d'autres endroits au Kosovo, puisque c'était un modèle qui
23 marchait bien ? Est-ce que M. Petritsch vous a mentionné cela ?
24 R. Je ne m'en souviens pas d'avoir discuté de cela. Je peux dire en
25 revanche que M. Sainovic a tout fait pour que l'on résolve le problème de
26 Malisevo.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Fila, à quoi faites-vous
28 référence quand vous dites SRJ ?
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1 M. FILA : [interprétation] La République fédérative de Yougoslavie.
2 Vous savez, pour nous aussi il est difficile de se rappeler de ce nom,
3 parce qu'à chaque fois que l'on fait un voyage de retour, on est de plus en
4 plus petit et le nom a changé. Quand je vais retourner chez moi, je ne sais
5 pas quel sera le nouveau nom de mon pays.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Souvent, on traduit cela comme FRY,
7 mais vous venez de l'expliquer.
8 M. FILA : [interprétation]
9 Q. Maintenant, je voudrais parler de vos notes personnelles. On va
10 commencer par le dîner avec M. Sainovic le 24 novembre 1998.
11 Vous avez besoin d'examiner vos notes ou souhaitez-vous que je vous les
12 montrer sur l'écran ?
13 M. FILA : [interprétation] Je vais demander que l'on montre sur les écrans
14 la pièce 2D17.
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Attendez. Monsieur Fila, quelle est
16 cette pièce 2D17 ?
17 M. FILA : [interprétation] Cela fait partie de ses notes. Je vais juste lui
18 présenter une phrase simple.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Attendez.
20 Ces notes ont été incluses dans le système. L'observation que vous
21 avez faite tout à l'heure, est-ce qu'elle s'applique aux notes aussi bien
22 qu'à l'entretien préalable ?
23 M. STAMP : [interprétation] Oui. Mais il faudrait procéder au cas par
24 cas, parce que ceci ne s'applique pas à la totalité du document.
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Faites attention à ce que vous
26 allez citer parce qu'il y a l'article 70 à prendre en compte.
27 M. FILA : [interprétation] C'est juste deux petites phrases. On ne
28 peut pas appliquer des restrictions à deux petites phrases.
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1 Le Procureur a tout cela, s'il souhaite à aucun moment passer à huis
2 clos partiel, il peut nous le demander, cela ne nous pose aucun problème.
3 Je voudrais demander que l'on présente la pièce 2D17.
4 [La Chambre de première instance et le Juriste se concertent]
5 M. FILA : [interprétation] La page suivante, s'il vous plaît.
6 Q. Dans le cadre de cette pièce il y a une question qui est posée. M.
7 Walker pose la question à Sainovic, à savoir pourquoi il y a moins
8 d'Albanais qui souhaitent vivre en Yougoslavie ? Sainovic répond que la
9 plupart des gens au Kosovo croient qu'il est possible de trouver une
10 solution politique. Voici ce qui m'intéresse, rien d'autre. Est-ce que vous
11 l'avez trouvé ?
12 R. Oui. Cela figure sur l'écran.
13 Q. Voici la question que je souhaite vous poser. Est-ce que ce paragraphe
14 ne démontre pas que M. Sainovic préfère une solution politique en disant
15 que la plupart des habitants souhaitent que l'on trouve une solution
16 politique.
17 Est-ce que ceci ne démontre pas clairement que Sainovic était pour
18 une solution politique du problème ?
19 R. Monsieur, je ne peux pas juger de ce qu'il pensait à l'époque. Je peux
20 parler de ses commentaires, de ce qu'il a dit, à savoir que la plupart des
21 gens au Kosovo souhaitaient que l'on trouve une solution politique. C'est
22 qu'il m'a dit qu'il avait l'espoir que l'on pourrait trouver éventuellement
23 une solution politique.
24 Q. Merci. Je n'ai pas d'autres questions à vous poser par rapport à ce
25 document.
26 Ensuite, une autre question - si M. Stamp souhaite que l'on passe à
27 huis clos partiel, je veux bien sinon - il s'agit de la pièce 2D18, la
28 réunion avec M. Sainovic qui a eu lieu le 9 décembre 1998, e-court pages 1
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1 et 2. Je pense que c'est une information qui ne tombe pas sous le coup de
2 l'article 70.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Attendez. Continuez, Monsieur Fila.
4 M. FILA : [interprétation]
5 Q. Je vous demande de bien vouloir trouver cela. C'est là que Sainovic dit
6 que la sécurité est quelque chose qui est naturellement important et qu'il
7 fallait trouver les moyens d'assurer cela. Il parle aussi de soins
8 médicaux, de l'organisation de service médicaux. Il dit qu'il faut faire
9 une liste des choses à faire pour aboutir à cela, la liste des efforts
10 conjoints pour faire en sorte que les soins médicaux soient assurés.
11 Ensuite, il dit qu'il souhaite que l'on propose la meilleure solution.
12 Il dit aussi : "On peut vous proposer aussi tout notre système, les
13 hélicoptères, les services médicaux, tout, qui peuvent décoller de Pristina
14 et de Pec par tout temps. Vous ne pouvez pas trouver de meilleure solution.
15 Nous pouvons vous proposer mieux qu'un hélicoptère de sauvetage dans un
16 terrain inconnu. Nos médecins peuvent venir visiter tout hôpital et
17 échanger les informations sur les soins médicaux. On peut organiser cela de
18 la meilleure façon possible."
19 Ensuite, il continue : "J'apprécie votre discussion ouverte. On va
20 faire en sorte que les meilleurs soins médicaux soient assurés. Il y a un
21 risque quand il s'agit de voler par mauvais temps. Nous pouvons vous
22 fournir un avion sanitaire qui peut vous amener en Allemagne, en
23 Angleterre, où vous souhaitez. Parlons de cela, s'il vous plaît, discutons
24 de cela, s'il vous plaît."
25 Est-ce que vous l'avez trouvé, Monsieur le Témoin ? Est-ce que vous
26 avez trouvé ce passage ?
27 R. Oui.
28 Q. Voici la question, c'est une question brève. Ce que vous avez noté au
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1 niveau de ce journal, est-ce que cela ne peut pas être interprété comme le
2 souhait de M. Sainovic pour trouver une solution acceptable pour les deux
3 parties, pour que l'on assure les services médicaux pour les membres de la
4 mission et que M. Sainovic ici démontre qu'il souhaite vraiment que ce
5 problème soit résolu ?
6 R. Monsieur, je ne suis pas vraiment sûr de cela, je sais que vous avez lu
7 beaucoup d'informations ici, mais je ne suis pas vraiment sûr quelle est la
8 question à laquelle vous souhaitez que je réponde. Si vous me demandez si
9 M. Sainovic a fait des efforts, oui, c'est exact, je me souviens de cette
10 offre. M. Sainovic a fait beaucoup d'offres, il a proposé pas mal de
11 choses, mais le problème que nous avions, c'était la question de sécurité
12 pour accepter cela. Nous pensions que ceci pouvait mettre en danger aussi
13 bien le peuple serbe de la République socialiste fédérative de Yougoslavie
14 ainsi que la sécurité de la Mission des observateurs au Kosovo.
15 Q. J'ai voulu savoir si vous pensiez qu'à l'époque, il s'agissait d'une
16 proposition sincère qui démontre que Sainovic souhaitait que le problème
17 soit résolu.
18 R. Oui, je veux bien croire qu'il était sincère. Je pense qu'il l'a été
19 effectivement, qu'il voulait que le problème soit résolu.
20 Q. Merci. Au cours de cette même conversation, là il s'agit de la pièce à
21 conviction 2D18, vous pouvez lire ce qui suit : "L'ambassadeur Miles est
22 prêt à faire en sorte qu'il y ait une présence constante. Ceci ne peut pas
23 durer plus que deux semaines parce qu'après cela, les tensions vont
24 disparaître. La présence des internationaux lui donneront confiance pour
25 ramener les gens et pour que cette région reste sûre. Ensuite, Sainovic dit
26 : "Avec des efforts conjoints, nous allons faire en sorte que la situation
27 s'améliore dans la plupart des cas."
28 Ensuite, j'ai l'impression, d'après ce que vous avez lu, que vous
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1 ainsi que Sainovic et le gouvernement de Serbie ou de Yougoslavie, enfin,
2 nos autorités considèrent que le problème de Malisevo peut être résolu par
3 la coopération entre les facteurs internationaux et Yougoslavie et que ceci
4 peut être fait en augmentant le nombre des membres de la mission des
5 observateurs internationaux qui sont présents sur le terrain et en
6 diminuant le nombre des fonctionnaires du MUP présents sur le terrain.
7 R. Je ne suis pas en désaccord avec ce que vous dites.
8 Q. A ce même endroit, vous dites que Sainovic a réagi par rapport aux
9 fonds qui ont été utilisés qui venaient de l'Europe occidentale pour
10 acheter les armes pour l'UCK et que ces fonds ont été dégelés. D'après nos
11 informations, tout ceci figure dans vos notes 2D18, à la même page que
12 celle qui est sur l'écran, et que M. Walker dit à ce moment-là qu'il allait
13 s'entretenir avec les représentants de la communauté internationale pour
14 empêcher l'arrivée des armes, parce que ceci ne mène à rien, que les fonds
15 qui se trouvent dans les armées qui sont utilisés pour l'achat des armes
16 sont gelés. M. Walker dit : "Je ne souhaite pas que l'UCK achète des armes
17 ou achète des meilleures armes. Je vais faire quelque chose pour empêcher
18 cela." Il dit : "L'argent, les armes, les gens, tout cela ne peut pas se
19 faire sans aide organisée. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour
20 arrêter l'arrivée des armes ou le commerce d'armes. Il n'est pas de notre
21 intérêt d'armer l'UCK en dépit des déclarations concernant les prétendus
22 souhaits du président Clinton de casser Milosevic, donc je vais faire tout
23 ce que je peux à ce sujet."
24 Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que l'argent des occidentaux
25 était envoyé à l'UCK et que ce n'était pas bien ? Est-ce que vous êtes
26 d'accord que ceci n'est pas bien parce que c'est très important pour nous ?
27 R. Oui, je suis d'accord avec cela.
28 Q. Ensuite, vous parlez de la réunion avec M. Sainovic qui a eu lieu le 19
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1 décembre 1998, la pièce 2D19, page 2.
2 M. FILA : [interprétation] Je ne sais pas ce que M. Stamp dit, apparemment
3 ça va, donc nous pouvons continuer.
4 Q. Vous avez dit que M. Byrnes a dit ce qui suit. Est-ce que vous avez
5 trouvé cet endroit ? Vous l'avez trouvé ? M. Byrnes dit, deuxième page,
6 tournez la page, s'il vous plaît. Voici ce qu'on dit : "En ce qui concerne
7 les informations venant de la police, tout va bien. Cependant, nous avons
8 besoin de recevoir les informations un jour plus tôt. En ce qui concerne la
9 coopération avec la police, nous sommes contents d'apprendre qu'elle se
10 passe bien."
11 Ensuite : "Je me sens très sûr avec le MUP et avec la protection de
12 l'armée yougoslave."
13 Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'a dit M. Byrnes, à savoir que lui
14 en tant que conseil, le numéro un, si vous voulez, de la mission
15 américaine, il se sent en sécurité quand il est placé sous la protection du
16 MUP et de l'armée yougoslave et qu'il n'avait pas besoin d'autre protection
17 mis à part celle-là ?
18 M. STAMP : [interprétation] J'ai une objection quant à la façon dont la
19 question a été posée. Je pense que le témoin ne peut pas parler des
20 sentiments de M. Byrnes. Peut-être souhaitons-nous juste demander au témoin
21 s'il est d'accord que le colonel Byrnes a dit cela.
22 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je pense qu'on essaie de demander au
23 témoin quelle était l'impression qu'il a eue, s'il dit qu'il n'avait pas
24 besoin d'être protégé.
25 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, effectivement.
26 Est-ce que c'est M. Shaun Byrnes, ce n'est pas le colonel Byrnes, parce que
27 ce n'était pas un militaire. Le seul Byrnes que je connais, c'est M. Shaun
28 Byrnes qui travaillait pour Département d'Etat. Je ne vois pas quel est ce
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1 colonel Byrnes. De qui parlez-vous ?
2 M. FILA : [interprétation]
3 Q. [aucune interprétation]
4 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ce nom s'écrit
5 B-y-r-n-e-s, n'est-ce pas ?
6 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
8 M. FILA : [interprétation]
9 Q. C'est ce qu'il a dit d'après vos notes, quelle que soit cette personne.
10 R. Je ne le conteste pas. J'essaie d'être sûr que l'on parle de la même
11 personne.
12 Q. [aucune interprétation]
13 R. Parce que vous en avez mentionné un en ce qui concerne ses sentiments
14 par rapport à la protection fournie par le MUP et par l'armée yougoslave.
15 Il n'y a aucune raison pour que je conteste cela. Il se sentait sans doute
16 sûr, puisque c'est ce qui est écrit. Je sais qu'il s'est rendu partout au
17 Kosovo avec son équipe. Il y est allé avant que l'OSCE ne soit créée, et
18 j'imagine qu'il se sentait en sécurité.
19 Q. Je vous remercie de cette confirmation. Ensuite, dans vos notes on
20 parle de la réunion avec M. Sainovic en date du 14 janvier 1999, 2D20, page
21 1, document e-court.
22 M. FILA : [interprétation] Le document y est et on peut le lire.
23 Q. Est-ce que vous voyez cela ? Il y a une partie où Sainovic parle : "Je
24 suis content que nous soyons à nouveau autour de la table. Je suis content
25 que nos gens soient avec les policiers. Les rapports sont bons. Il existe
26 un certain degré de confiance, et ces personnes essayaient de tester
27 l'autre côté. Les tensions étaient élevées. Nous avons bien travaillé
28 ensemble. Si nous coopérons, nous pourrons faire plus. Si nous faisons
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1 plus, nous allons avoir moins de problèmes.
2 "Nos forces sont en train de se retirer de Podujevo.
3 "Nous devons protéger les civils. Il faut qu'ils aient la liberté la
4 circulation. Malisevo, c'est un bon exemple où on a trouvé une bonne
5 entente. Les policiers locaux qui parlent la langue sont là-bas.
6 Maintenant, il faut suivre le problème de Podujevo. C'est le nouveau
7 problème qui va se poser. La situation au niveau de la sécurité doit être
8 suivie de près.
9 "Nous essayons de lancer une nouvelle initiative politique. Nous avons
10 rencontré M. Hill à deux fois. Je suis allé à Vienne avec lui une fois.
11 Notre ministre des Affaires étrangères s'est rendu en Espagne. Nous
12 accentuons l'importance du processus politique.
13 "A Podujevo, beaucoup de familles ont quitté le Kosovo. Il y a un dialogue
14 politique qui doit s'installer des deux côtés. L'UCK et l'armée yougoslave
15 doivent chercher une position politique."
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Attendez, Monsieur Fila. Vous n'avez
17 pas besoin de lire tout cela. Essayez de poser la question maintenant si le
18 témoin pense que c'est vrai ce qui est écrit. Nous pouvons le lire nous-
19 mêmes.
20 M. FILA : [interprétation]
21 Q. Ce que vous avez écrit ici démontre que l'ambiance qui régnait pendant
22 cette réunion était très bonne, très cordiale, et il a été démontré que le
23 côté yougoslave souhaitait profiter de la nouvelle situation justement pour
24 renforcer la solution politique. Il en ressort du texte que M. Walker
25 partageait cette option, l'option choisie par les Yougoslaves.
26 Est-ce qu'au cours de cette réunion, on n'a pas démontré que Sainovic avait
27 ce désir, un désir sincère de résoudre la situation par voie politique, par
28 un dialogue politique, les moyens politiques ?
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1 R. Ma réponse va être complexe, vu la période dont nous parlons. C'est
2 pour cela que je vais vous demander de me donner la possibilité de
3 réfléchir à cela. Cela se passe le 14 janvier. C'était une réunion assez
4 cordiale, assez chaleureuse. Il y a eu pas mal d'élan parce que ces soldats
5 avaient été libérés, et M. Sainovic a exprimé quelques soucis parce qu'il
6 ne voulait pas que l'on fasse le lien entre la libération de la part de
7 l'UCK, enfin, il ne voulait pas que l'on mette l'accent sur justement la
8 faiblesse du gouvernement. Il insistait sur la situation terroriste là-bas,
9 sur la réalité terroriste là-bas.
10 Si vous vous souvenez bien, Racak a eu lieu le 15 janvier, et nous
11 avions l'impression que les Serbes voulaient que l'on cite Racak en
12 exemple, parce que même si les soldats de l'armée yougoslave avaient été
13 libérés, ils ne voulaient pas facilement oublier cet incident ou devenir
14 gentils, entre guillemets, avec l'UCK. Ensuite, neuf jours plus tard, neuf
15 Albanais ont été libérés, des Albanais qui avaient été membres de l'UCK,
16 mais si vous voulez, ces deux choses étaient vraiment liées, et la
17 situation était plus complexe que telle que vous la décrivez là.
18 Mais les notes dont nous parlons manifestent un certain optimisme qui a
19 prévalu au cours de cette réunion, un optimisme que j'appuie sur le fait
20 qu'il a été dit que la solution politique était la seule solution
21 envisageable. Ceci n'est-il pas exact ? Est-ce bien ce qu'on peut déduire à
22 la lecture de vos notes, s'agissant de qualifier le climat qui régnait à
23 cette réunion ?
24 R. Oui, oui.
25 Q. Enfin, quand nous parlions du lieu de naissance de Sainovic, je ne veux
26 pas y revenir dans le détail, mais enfin nous avons eu un échange, et vous
27 avez, répondant à une question de M. Stamp, dit ce que vous pensiez qui
28 était le Kosovo. Alors, en dehors de tout ce qui a été dit au sujet de ce
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1 que vous pensiez être le lieu de naissance de M. Sainovic, et cetera, est-
2 ce que vous n'avez pas modifié un petit peu le rapport que vous faites de
3 cette conversation ? Parce que le fait de dire le Kosovo est pour nous très
4 important, nous le portons tous dans notre cœur, il est à la racine de ce
5 que nous sommes, tout cela, il est fort probable que Sainovic vous l'ait
6 dit parce que cela correspond à la réalité.
7 Mais qu'en est-il exactement de ce que Sainovic vous a dit par rapport à la
8 population albanaise ? Est-ce qu'il ne vous aurait pas dit que le Kosovo
9 n'appartenait pas uniquement aux Albanais du Kosovo, que le Kosovo ne
10 pouvait pas devenir indépendant ? Cela, c'est vraisemblable, mais essayez
11 de vous rappeler exactement ce qu'il a dit au sujet de la meilleure façon
12 de régler le problème du Kosovo.
13 Je vous demanderais de prêter attention à l'emploi des mots, si vous le
14 voulez bien ?
15 R. Je vais vous dire, M. Sainovic était sincère lorsqu'il disait vouloir
16 parvenir à une espèce de stratégie permettant une coexistence entre la
17 population kosovare albanaise et la population serbe au Kosovo. Il était
18 sincère dans la volonté de cette coexistence. Est-ce que c'est suffisamment
19 clair pour vous ?
20 Q. C'est tout à fait suffisamment clair pour moi, je vous en remercie.
21 M. FILA : [interprétation] Merci, Monsieur le Président. Je n'ai plus de
22 questions pour ce témoin.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Sepenuk.
24 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
25 Contre-interrogatoire par M. Sepenuk :
26 Q. [interprétation] Bonjour, Mon Colonel.
27 R. Bonjour, Maître.
28 Q. Je m'appelle Norman Sepenuk, je suis conseil de la Défense du général
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1 Ojdanic. D'abord, je dirais que le compte rendu de service vous concernant
2 ne me semble pas tout à fait transparent. Quand vous étiez chef d'état-
3 major de l'ambassadeur Walker, est-ce que c'était dans l'armée de l'air ?
4 R. Oui, dans l'armée de l'air américaine.
5 Q. D'accord. Etes-vous toujours membre de l'armée de l'air américaine ?
6 Etes-vous en service actif actuellement ?
7 R. Oui, Monsieur.
8 Q. Quelle est votre poste actuel ?
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître, Maître.
10 M. SEPENUK : [interprétation] Ce n'est pas autorisé.
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je ne pense pas que nous puissions
12 entrer dans ce sujet.
13 M. SEPENUK : [interprétation] Je retire ma question, pas de problème.
14 Q. Je vais maintenant vous en poser une autre. Vous étiez chef d'état-
15 major auprès de l'ambassadeur Walker si j'ai bien compris, et vous avez
16 tenu des notes littérales de tout ce qui se disait aux réunions auxquelles
17 vous participiez en compagnie de l'ambassadeur et d'autres personnes,
18 n'est-ce pas ?
19 R. Oui.
20 Q. D'accord. Ces notes concernaient quelle période exactement ?
21 R. Je possède environ dix carnets de notes qui couvrent la période allant
22 du mois d'octobre au 3 juillet à peu près.
23 Q. Octobre 1998 au 3 juillet 1999; c'est bien cela ?
24 R. Oui, Maître.
25 Q. Nous avons des copies de vos carnets qui vont jusqu'au 18 février 1999,
26 ils s'interrompent à cette date. Y a-t-il une raison particulière à cela,
27 le fait que nous ne soyons pas en possession des autres carnets de notes
28 que vous avez rédigées ? Parce que vous dites que vos notes vont de quelle
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1 période, du mois de mars ?
2 R. J'ai pris des notes jusqu'à l'évacuation de la région par nos soins, le
3 20 mars. Mais un ou deux carnets ont été égarés. Je sais avec certitude que
4 l'un de ces carnets concerne les rencontres avec M. Milosevic. Ce carnet a
5 disparu. Je ne sais pas du tout quelle est la raison de cette disparition
6 ni où il a été égaré, qui l'a égaré. Mais c'est tout ce que je peux vous
7 dire en réponse à votre question concernant l'interruption des notes le 18
8 février.
9 Q. Pour autant que vous le sachiez, vous avez pris des notes pendant la
10 période allant du 18 février au 20 mars ?
11 R. Oui.
12 Q. D'accord.
13 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] La date de la réunion pour laquelle le
14 carnet de notes est manquant, est laquelle ?
15 LE TÉMOIN : [interprétation] L'une des réunions avec M. Milosevic est
16 comprise dans cette période.
17 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais savez-vous laquelle ?
18 LE TÉMOIN : [interprétation] Je ne me rappelle pas exactement. Je veux dire
19 que c'était un carnet concernant le mois de décembre. Mais l'un de mes
20 carnets a disparu.
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
22 Maître Sepenuk, à vous.
23 M. SEPENUK : [interprétation]
24 Q. C'est une période d'un mois qui manque. L'Accusation, pendant la
25 suspension d'audience pourra peut-être se renseigner sur ce sujet. Je ne
26 comprends pas très bien pourquoi nous n'avons pas tous ces carnets.
27 R. Je ne le sais pas non plus.
28 M. SEPENUK : [interprétation] A moins qu'une réponse puisse être fournie
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1 immédiatement, Monsieur le Président.
2 M. STAMP : [interprétation] Nous avons donné tout ce que nous avions. Nous
3 avons communiqué à la Défense l'ensemble des carnets de notes dont nous
4 disposions conformément au Règlement.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais --
6 LE TÉMOIN : [interprétation] Je voudrais dire, Maître, qu'à un certain
7 moment j'ai manqué de papier. J'écrivais à l'arrière de cartes
8 géographiques, ce genre de choses. Je n'ai pas remis tout cela au Tribunal.
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Comme vous le savez, Maître Sepenuk,
10 c'est une question que nous pourrons poser au fournisseur des documents au
11 titre de l'article 70, s'il émerge que d'autres documents existent, nous en
12 tirerons les conclusions nécessaires.
13 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
14 Q. Mon Colonel, j'aimerais passer avec vous en revue un certain nombre de
15 notes que vous avez consignées dans ces carnets. Je vais parler très
16 lentement de façon à ce qu'il n'y ait aucun problème pour la localisation
17 de ces paragraphes, M. Stamp aura la possibilité de vérifier et de nous
18 dire ce qu'il en est de la possibilité d'en parler.
19 Je commencerai avec le début de vos carnets, un paragraphe concernant
20 le 14 novembre 1998, la pièce 3D545.
21 M. STAMP : [interprétation] La difficulté, Monsieur le Président, réside
22 dans l'impossibilité de déterminer si l'extrait que Me Sepenuk voudrait
23 citer peut-être être cité ou pas tant qu'on ne nous a pas montré cet
24 extrait hors du prétoire, car cette pièce est une pièce volumineuse. Elle
25 ne comporte pas simplement une ou deux pages pertinentes comme c'était le
26 cas dans le document évoqué par le conseil précédent --
27 M. SEPENUK : [interprétation] Non, en fait, ce sont trois lignes sur une
28 page.
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1 M. STAMP : [interprétation] Et bien, --
2 M. SEPENUK : [interprétation] Ce sera tout, Monsieur le Président.
3 M. STAMP : [interprétation] Nous avons 30 pages dans cette pièce à
4 conviction.
5 M. SEPENUK : [interprétation] Oui. Mais je n'en ai extrait qu'une toute
6 partie, Monsieur le Président.
7 M. STAMP : [interprétation] Le problème c'est que la pièce a été introduite
8 dans le système du prétoire électronique. Dans le système du prétoire
9 électronique, elle comporte un grand nombre de pages dans lesquelles on
10 trouve des numéros de téléphones et toutes sortes d'éléments qui ne doivent
11 pas sortir de ce prétoire.
12 M. SEPENUK : [interprétation] Mais, Monsieur le Président --
13 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] On peut régler ce problème. Une
14 seconde, je vous prie.
15 [La Chambre de première instance et le Greffier se concertent]
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Les pièces à conviction utilisées
17 jusqu'à présent n'ont pas été mises à la disposition du public; par
18 conséquent il n'y a aucun risque que le public en soit informé par
19 inadvertance. Si le conseil suit bien le cours qu'il vient d'indiquer,
20 c'est-à-dire qu'il traitera de ces extraits très lentement, vous aurez la
21 possibilité d'appeler l'attention de chacun sur les passages qui ne doivent
22 pas être rendus publics. Il a commencé en faisant référence à une date,
23 normalement je suppose qu'il devrait vous exposer des éléments
24 complémentaires.
25 M. STAMP : [interprétation] Très bien, Monsieur le Président.
26 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Sepenuk, à vous.
28 M. SEPENUK : [interprétation] Il s'agit de la pièce 3D545, pour être plus
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1 précis il s'agit de la pièce 3D01-3380 qui est le numéro exact de cette
2 page.
3 Q. Ce document évoque une discussion avec l'ambassadeur Hill. Pouvez-vous
4 nous dire rapidement qui était l'ambassadeur Hill ?
5 R. L'ambassadeur Hill --
6 M. STAMP : [interprétation] Avant cela --
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, Monsieur Stamp.
8 M. STAMP : [interprétation] Nous aimerions consulter.
9 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
10 M. STAMP : [interprétation] Non, nous n'avons pas d'objections.
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Veuillez poursuivre, Maître Sepenuk.
12 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
13 Q. Mon Colonel, rapidement, qui était l'ambassadeur Hill ?
14 R. A l'époque, il était ambassadeur en Macédoine. Je crois que la
15 meilleure façon de décrire consiste à le qualifier d'émissaire spécial pour
16 le Kosovo.
17 Q. Il agissait, n'est-ce pas, en vue si possible de rassembler les forces
18 serbes et l'UCK et d'obtenir la conclusion d'une espèce d'accord, en tout
19 cas, au niveau du gouvernement serbe ?
20 R. Oui.
21 Q. Et --
22 R. Oui, Maître.
23 Q. Encore une fois, vous avez pris des notes au sujet de cette réunion.
24 Vous y avez assisté avec l'ambassadeur Hill et l'ambassadeur Walker, n'est-
25 ce pas ?
26 R. Oui.
27 Q. D'accord. Dans cet extrait, vous dites, je cite : "L'UCK souhaite
28 dominer le paysage politique et utiliser des canons pour ce faire."
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1 Qui a dit cela ?
2 R. L'ambassadeur Hill.
3 Q. D'accord. Est-ce que vous saviez que l'UCK avait menacé de tuer toute
4 personne qui signerait un accord sous l'égide de l'ambassadeur Hill ? Le
5 saviez-vous ?
6 R. Je ne m'en souviens pas avec précision. Je m'en souviens d'une chose
7 toutefois. Mais je ne le contesterai pas.
8 Q. Le général DZ a fourni une déclaration écrite dans laquelle il dit
9 cela.
10 R. Très bien. Cela me rappelle quelque chose. Je ne pourrais m'exprimer
11 précisément --
12 Q. Mais vous ne le contestez pas ?
13 R. Non, Maître.
14 Q. D'accord. Toujours dans un de vos carnets, la pièce 3D545, le numéro de
15 page est 3D01-2885, encore un nouvel extrait très court. Je m'arrête en cas
16 de problème.
17 C'est toujours l'ambassadeur Walker qui parle et qui dit, je cite :
18 "Vérification affirmative, c'est le terme qui s'applique à la Mission de
19 vérification du Kosovo, et pas le terme de surveillance."
20 Vous vous rappelez cette discussion ?
21 R. Je me rappelle cette déclaration, oui.
22 Q. D'accord. Que voulait dire l'ambassadeur Walker, d'après votre
23 souvenir, puisque vous étiez très proches l'un de l'autre dans le travail,
24 n'est-ce pas ? Que voulait-il dire en utilisant cette expression de
25 "vérification affirmative" ?
26 R. Il souhaitait que ses vérificateurs soient plus agressifs, dans le sens
27 de pénétrer dans un village, de parler à la population, de parler au maire,
28 de parler aux dirigeants et de se faire une idée à peu près conforme à la
Page 11894
1 vérité de ce qui se passait dans ces villages.
2 Q. Mais s'agissant de vérification affirmative, est-ce que vous considérez
3 le général Drewienkiewicz, le général DZ, comme quelqu'un qui aurait été
4 d'accord avec cette proposition ?
5 R. Oui, Maître. Oui.
6 Q. Dans vos notes 3D545, numéro de page en bas se terminant par 2901, vous
7 dites : "Mon Général --
8 M. STAMP : [interprétation] Pourrait-on interrompre un instant ?
9 M. SEPENUK : [interprétation] Oui, je vous en prie. Deuxième paragraphe.
10 Q. Est-ce que vous voyez ce passage au deuxième paragraphe, je cite : "Le
11 général DZ était un homme sensé, pas un Britannique sans cervelle."
12 Vous avez retrouvé ce passage au deuxième paragraphe ?
13 R. Je l'ai, Monsieur, mais je vous demanderais un instant.
14 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Sepenuk, la vie est trop courte
16 pour que nous continuions à travailler de cette façon. L'ordonnance de
17 départ indique que toute référence à des documents qui ont été communiqués
18 confidentiellement doit se faire à huis clos. Vous savez bien que nous nous
19 efforçons au maximum d'éviter les huis clos, mais il est possible que ce
20 soit la seule façon concrète de régler le problème qui se pose à nous, à
21 moins de faire durer l'audience deux fois plus longtemps que nécessaire.
22 M. SEPENUK : [interprétation] Merci beaucoup, Monsieur le Président. Je
23 n'ai peut-être pas tout compris. Il me semble que cet extrait n'est
24 absolument pas dangereux. Je ne comprends vraiment pas où se situe le
25 problème, mais le bureau du Procureur peut-être.
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais ce document relève, si je ne
27 m'abuse, de la catégorie des documents confidentiels, n'est-ce pas ? Il
28 vous a été communiqué en application de l'article 70 du Règlement.
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1 M. SEPENUK : [interprétation] Il a été communiqué au titre de l'article 70,
2 en effet, Monsieur le Président.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Donc, il relève de l'ordonnance.
4 M. STAMP : [interprétation] Le problème, c'est qu'il n'est pas mentionné
5 dans le résumé 65 ter, donc à chaque fois il nous faut vérifier. Mais nous
6 pouvons le faire.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Nous savons que nous avons la
8 possibilité de vérifier le compte rendu d'audience avant de le rendre
9 public quelque temps après la fin de l'audience, pour accélérer un peu les
10 débats, je propose que nous passions à huis clos pendant toute la durée des
11 questions que Me Sepenuk posera au sujet de documents confidentiels.
12 Ensuite, nous relirons le compte rendu d'audience de façon à vérifier
13 quelles sont les parties de ce compte rendu d'audience qui peuvent être
14 rendues publiques. Nous reprendrons nos débats en public au moment où nous
15 ne parlons plus de ces notes confidentielles.
16 M. LE GREFFIER : [interprétation] Nous sommes à huis clos, Monsieur le
17 Président.
18 [Audience à huis clos][Confidentialité levée par une ordonnance ultérieure de la Chambre]
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Veuillez poursuivre, Maître Sepenuk.
20 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
21 Q. Mon Colonel, j'appelle à nouveau votre attention sur le deuxième
22 paragraphe de cette pièce à conviction où nous lisons ce qui suit, je cite
23 : "Le général DZ était quelqu'un de réfléchi, et pas un Britannique sans
24 cervelle nommé au poste de second de l'ambassadeur Walker."
25 Qui a dit cela ? Est-ce vous qui le dites ?
26 R. C'est moi.
27 Q. C'est vous qui avez dit cela ?
28 R. Oui, c'est moi qui dis ce qui figure dans ces notes.
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1 Q. Un peu plus loin, vous dites, je cite : "DZ est un pauvre type qui fait
2 travailler son personnel jusqu'à épuisement."
3 C'est toujours vous qui parlez ?
4 R. Oui.
5 Q. Vous estimiez que c'était un pauvre type; c'est cela ?
6 R. Oui, Maître. Oui.
7 Q. Si vous estimiez cela de lui, peut-être que d'autres comme les
8 représentants des forces armées portaient le même jugement.
9 R. Je ne saurais parler à leur place, je ne peux que parler pour vous
10 donner mon jugement personnel. Mais c'était un général deux étoiles
11 britannique qui occupait un poste de responsabilité, cela ne fait pas de
12 doute.
13 Q. Merci.
14 R. Oui, Maître.
15 Q. Au terme de l'accord conclu le 25 octobre 1998 entre Clark, Naumann et
16 Milosevic, l'armée et le MUP devaient réduire leurs effectifs au Kosovo au
17 niveau précédant le début des actions terroristes. Vous vous rappelez cela,
18 n'est-ce pas ?
19 R. Est-ce que vous pourriez me répéter cela, excusez-moi ?
20 Q. Au terme de l'accord du 25 octobre 1998. Vous êtes au courant de cet
21 accord ?
22 R. Oui.
23 Q. L'accord conclu entre Clark, Naumann et le président Milosevic. Les
24 forces serbes, l'armée et le MUP devaient réduire leurs effectifs au Kosovo
25 à leur niveau d'avant le début des actions terroristes. Ceci se passait en
26 février et mars 1998. Tout ce que je vous demande, c'est si vous vous
27 rappelez que cette exigence figurait dans l'accord.
28 R. Oui.
Page 11897
1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Stamp.
2 M. STAMP : [interprétation] La question est vague, puisque deux questions
3 sont résumées en une seule. Une question porte sur le terrorisme, est-ce
4 que le témoin admet que le terrorisme a débuté à tel ou tel moment, et
5 l'autre partie de la question porte sur les forces serbes.
6 M. SEPENUK : [interprétation] Je peux répondre, Monsieur le Président ?
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous en prie.
8 M. SEPENUK : [interprétation] Pièce à conviction 395, je cite :
9 "Afin d'encourager toujours davantage le retour à la paix et à la
10 normalité, les pouvoirs publics de la République fédérale yougoslave
11 réduiront les effectifs et l'importance des équipements des forces de
12 sécurité, MUP et armée yougoslave, dans l'ensemble du Kosmet à des niveaux
13 normaux avant le début des actions terroristes."
14 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
15 C'est une des questions qui n'avait pas éventuellement besoin d'être
16 posée et qui a provoqué beaucoup de controverse.
17 Est-ce que nous pouvons maintenant passer à la véritable question que vous
18 souhaitiez poser ?
19 M. SEPENUK : [interprétation] La question -- d'abord, je dois lui demander
20 s'il est au courant.
21 LE TÉMOIN : [interprétation] Je suis au courant de l'existence de ces
22 dispositions relatives aux effectifs qui devaient être modifiés pour
23 revenir au niveau antérieur.
24 M. SEPENUK : [interprétation]
25 Q. Vous savez également, n'est-ce pas, que ces effectifs ont été réduits
26 par le MUP et l'armée yougoslave ?
27 R. Je ne saurais vous apporter une réponse précise à cette question.
28 Q. Vous ne le savez pas ?
Page 11898
1 R. Je ne saurais répondre précisément à cette question. Je ne le sais pas
2 parce que nous n'avons jamais été informés d'un chiffre exact s'agissant de
3 ces effectifs antérieurs.
4 Q. Mais vous ne savez pas que l'armée yougoslave et le MUP ont retiré
5 leurs forces du Kosovo conformément à ce dont disposait cet accord ? Vous
6 ne le savez pas ?
7 R. Je ne saurais vous dire si je le sais ou si je ne le sais pas. Ce que
8 je peux vous dire, c'est que je n'ai pas reçu de renseignements
9 susceptibles de corroborer le fait que ces effectifs auraient
10 éventuellement diminué et que les effectifs auraient été réduits au nombre
11 figurant dans l'accord.
12 Q. Nous avons la déposition d'un certain nombre de personnes y compris le
13 général Naumann qui ont témoigné devant cette Chambre et qui ont dit c'est
14 ce que le MUP et la VJ avait fait ?
15 R. D'accord. Je ne peux répondre qu'en mon nom.
16 Q. Très bien. Savez-vous si, une fois que cela s'est passé, l'UCK a
17 déplacé ses effectifs pour occuper ces positions vacantes. Est-ce que vous
18 le savez ? Nous avons également entendu des témoins le dire devant cette
19 Chambre ?
20 R. Je sais que l'UCK a rempli les vides causés par les départs. Oui.
21 Q. D'accord. Je voulais vous renvoyer à vos notes 3D546, mais avant cela,
22 j'aimerais savoir si vous estimez qu'il est vrai qu'une fois que l'UCK a
23 rempli ce vide, comme vous le dites, la plupart des provocations qui se
24 produites ont été le fait de l'UCK et pas de la partie serbe à partir de ce
25 moment-là ?
26 R. Je ne saurais vous répondre précisément. Je n'ai aucun moyen de
27 vérifier les chiffres. Il y a eu des provocations des deux côtés,
28 nonobstant qui avait rempli le vide. Les forces serbes ont rempli le vide
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1 quand elles se sont emparées de Malisevo. Quand les forces serbes se sont
2 déplacées, quand il y a eu rotation des troupes, l'UCK a rempli les vides.
3 Il y a donc eu provocations des deux côtés d'après ce que j'ai pu voir.
4 Q. Mais vous ne sauriez dire si la majorité d'entre elles étaient dues à
5 l'UCK ?
6 R. Non. Je ne saurais le dire.
7 Q. Penchons-nous sur vos carnets de notes et voyons ce que vos notes ont à
8 dire sur ce sujet. Pièce 3D546, numéro de page 2 932; c'est votre carnet de
9 notes relatif au 30 novembre 1998. Attendons que le texte s'affiche à
10 l'écran. Vous êtes en compagnie d'un journaliste du New York Times dont le
11 nom est Mike O'Connor. Vous vous rappelez ce jour-là ?
12 R. Non, Maître.
13 Q. Est-ce que vous étiez présent à cette réunion ?
14 R. Je ne me souviens pas. Mais je vais lire mes notes quelques instants.
15 M. SEPENUK : [interprétation] Est-ce qu'on pourrait faire défiler le texte
16 à l'écran de façon est-ce que le colonel voit la date ? Très bien. Merci.
17 LE TÉMOIN : [interprétation] Le commentaire de M. Walker que je lis dans
18 mes notes est le suivant : "La plupart des actes de violence."
19 M. SEPENUK : [interprétation]
20 Q. Cela signifie que des actes de provocation ont été commis par l'UCK.
21 R. Que la majorité de ces actes de violence de la part de l'UCK sont
22 entendus comme devant être des actes de violence, mais pas forcément dans
23 les termes que vous utilisez.
24 Q. Avançons un peu plus lentement. D'abord, Mike O'Connor est mentionné
25 dans ces notes à plusieurs reprises, pas simplement une fois, vous ne vous
26 souvenez pas lui avoir parlé. C'était un reporter du New York Times qui a
27 rédigé un certain nombre d'articles sur la situation au Kosovo ?
28 R. Si vous saviez combien de journalistes que j'ai eus en face de moi,
Page 11900
1 vous seriez surpris.
2 Q. Vous n'aviez pas le temps de lire leurs articles ?
3 R. Je n'avais même pas le temps de lire le journal du Kosovo.
4 Q. Ce journaliste a rédigé un article en s'appuyant sur vos notes et il y
5 décrit l'UCK comme s'approchant de secteurs où elle n'était pas présente
6 par le passé. C'est de cela que nous parlions, que l'UCK remplit le vide
7 comme vous le dites. Nous voyons que l'ambassadeur Walker dit: "Qu'il
8 importe de surveiller l'UCK et de lui faire savoir que la communauté
9 internationale surveille également"; c'est bien cela, n'est-ce pas ?
10 R. Oui. Interrogé, il y a quelques instants par M. Stamp, vous avez dit
11 que vous avez rencontré des responsables serbes. Je vous cite: "Ils
12 mendiaient toujours une protection pour la population serbe parce qu'ils
13 estimaient que la mission de l'OSCE ne protégeait pas la population serbe."
14 Ceci est vrai, n'est-ce pas ? Vous ne protégiez pas la population serbe ?
15 R. Je ne serais pas d'accord avec cette déclaration. Nous avions pour
16 mandat de protéger les deux parties, pas seulement l'une ou l'autre. Nous
17 avions prêté serment de protéger les deux parties, c'était quelque chose
18 d'important aux yeux de l'ambassadeur Walker. Quand l'ambassadeur a parlé
19 comme il le fait dans votre citation à plusieurs reprises, il savait qu'il
20 pouvait avoir une influence sur la direction de l'UCK.
21 Celle-ci l'écouterait, elle déposerait les armes et cesserait ses
22 provocations. Je crois que ce qu'il veut dire dans cet extrait, c'est que
23 la meilleure façon de régler le problème, c'est d'être assez ferme.
24 Q. Les vérificateurs étaient sans arme et ils pouvaient faire preuve
25 de fermeté en allant au-delà de la simple persuasion dans leur contact avec
26 l'UCK ?
27 R. Oui.
28 Q. M. Walker dit un peu plus loin, je cite : "La plupart des actes de
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1 violence sont commis par l'UCK." C'est bien cela ?
2 R. C'est ce qui est écrit ici, oui.
3 Q. J'aimerais que vous vous penchiez sur votre carnet qui constitue la
4 pièce 3D546 page 2 954, le paragraphe concernant le 4 décembre 1998. Là il
5 s'agit d'une rencontre avec M. Solana. Qui est cet homme ?
6 R. Le secrétaire général de l'OTAN.
7 Q. Apparemment, il rencontre l'ambassadeur -- non, il faudrait que ce soit
8 une demande émanant de moi. Est-ce que c'est bien ce qu'il s'apprêtait à
9 faire ?
10 R. Oui.
11 Q. Page suivante, la page 3D01-2955 et 3D546, on voit une question: "Que
12 pensez-vous de la mission ?"
13 Qui pose cette question ? Pouvez-vous nous le dire ?
14 R. Je crois que c'est M. Solana qui pose la question.
15 Q. Je poursuis la lecture: "Nous avons besoin d'un accord politique. Il
16 faut que la Mission de vérification au Kosovo soit perçue comme un élément
17 de sécurité."
18 Qui dit cela ?
19 R. L'ambassadeur Walker.
20 Q. Que veut-il dire par: "L'UCK considère la Mission de vérification au
21 Kosovo comme une couverture assurant sa sécurité."
22 R. Ce qu'il veut dire, c'est que chaque fois des véhicules orange de
23 l'OSCE sont à un endroit, aux abords d'un lieu tenu par l'UCK, l'action de
24 l'armée yougoslave ou du MUP cesse pratiquement complètement. Ils se
25 sentaient en sécurité lorsque les véhicules orange de l'OSCE se trouvaient
26 dans un village non loin du lieu où ils se trouvaient eux-mêmes.
27 Q. D'accord. Merci. Regardez la pièce suivante, 3D546, page
28 2 956. Le paragraphe qui m'intéresse se trouve en page 2 962 pour la
Page 11902
1 journée du 4 décembre 1998. Que lit-on au sujet du secrétaire général du
2 NAC ?
3 R. Le NAC est une réunion de tous les officiers supérieurs de l'OTAN, une
4 réunion à très haut niveau. Je ne me rappelle pas le sens de chacun des
5 mots représentés dans ce sigle. Mais voilà de quoi il s'agit.
6 Q. Très bien. L'ambassadeur Walker prend la parole pendant 25 minutes. Je
7 suppose que ceux qui s'expriment après lui reprennent les points importants
8 de son intervention ?
9 R. Oui, Monsieur.
10 Q. D'accord. En page 2 962, la dernière page de cet extrait, il est
11 question d'une force d'extraction: "L'UCK est un élément provocateur.
12 Milosevic a demandé à ses hommes de ne pas réagir. Il existe des preuves le
13 confirmant."
14 Est-ce que c'est bien ce qu'a dit l'ambassadeur Walker le 4 décembre 1998 ?
15 R. Oui.
16 Q. D'accord. Je ne sais pas si nous pourrons terminer dans les quelques
17 minutes qui suivent. J'essaie d'avancer rapidement, de voir ce que vous
18 avez en mémoire. J'aborde maintenant une nouvelle série de questions. Ce
19 sera assez rapide. Le 14 décembre 1998, vos carnets de notes contiennent un
20 extrait faisant état du fait que 16 Serbes ont été tués par l'UCK à Pec.
21 Vous vous rappelez cet incident ?
22 R. Oui.
23 Q. Quelques jours plus tard, le 17 décembre, le maire adjoint serbe de
24 Kosovo Polje est enlevé et tué à Pec. Vous vous rappelez cela ?
25 R. Oui.
26 Q. D'accord. Le 30 décembre 1998, une réunion a lieu avec (expurgé)
27 (expurgé) et (expurgé). Pièce 3D549. Le passage qui
28 m'intéresse commence en page 3 068 avec un petit passage qui m'intéresse
Page 11903
1 également au page 3 069. J'attends l'affichage à l'écran.
2 Réunion entre le général (expurgé) et (expurgé). En
3 page 2 de cette pièce dont je demande l'affichage à l'écran, la page 3 069,
4 M. Walker dit ce qui suit : "Le thème de la presse parmi les Serbes," nous
5 parlons du 30 décembre 1998, je vous la rappelle, "vient du fait que nous
6 ne faisons pas cesser les actes de l'UCK, et que ces actes, au contraire,
7 se multiplient."
8 Est-ce bien ce qu'a dit l'ambassadeur Walker ?
9 R. Je ne peux que faire confiance à mes notes.
10 Q. C'est ce que je voulais vous demander. Dans le même ordre d'idées -
11 multiplication des actes de terrorisme de la part de l'UCK - penchons-nous
12 sur la situation de Podujevo, toujours à la fin du mois de décembre. Je ne
13 vais pas vous soumettre un document particulier à ce sujet pour le moment,
14 Mon Colonel. Nous n'avons plus besoin d'avoir les yeux rivés sur les
15 écrans. Dans cette période, la fin du mois de décembre et même le début du
16 mois de janvier de l'année suivante, il y avait ce problème, n'est-ce pas ?
17 Un problème grave, un problème potentiellement grave à Podujevo, n'est-ce
18 pas ?
19 R. Oui.
20 Q. Vous étiez là ?
21 R. Oui.
22 Q. Podujevo, comme vous vous en souviendrez, était un lieu important sur
23 le plan stratégique, n'est-ce pas ? Pour les forces serbes, c'était un lieu
24 qui permettait de relier les déplacements par la route à partir de Belgrade
25 jusqu'à Pristina en passant par Podujevo ? Cette route était très
26 importante, n'est-ce pas ?
27 R. Oui, Maître.
28 Q. Très importante pour les Serbes, aussi bien pour les forces serbes que
Page 11904
1 pour les civils dans ce secteur, n'est-ce pas ?
2 R. Oui.
3 Q. C'est dans ce secteur également, comme vous le savez, que le vide dont
4 nous parlions tout à l'heure a été rempli ? En d'autres termes, l'armée
5 yougoslave et le MUP s'étaient trouvés quelques mois dans ce secteur et, en
6 raison des problèmes qui se sont posés, ils se sont retirés. Ils ont battu
7 en retraite et, après la conclusion de l'accord entre Milosevic et Clark,
8 l'UCK est revenue dans ce secteur. C'est bien cela ?
9 R. Oui.
10 Q. Les gens dans ce secteur se sont trouvés dans une situation assez
11 désespérée ? Vous vous rappelez que la population civile a largement été
12 expulsée de ce secteur par l'UCK ? Je parle de la population civile serbe.
13 R. Les Albanais avaient été également expulsés, mais de façon générale la
14 population dans ce secteur a quitté les lieux, Monsieur.
15 Q. Ce sont les actes de terreur de l'UCK, vous n'en disconviendrez pas,
16 qui sont la cause qui a provoqué la fuite des familles serbes ?
17 R. Il y avait toute sorte d'actes, mais les actes de l'UCK l'ont causée,
18 oui.
19 Q. A votre connaissance, ces civils serbes ou des représentants des civils
20 serbes de l'assemblée municipale de Podujevo demandent à plusieurs reprises
21 l'aide du MUP et de l'armée yougoslave, que ces organismes viennent les
22 protéger ? Vous vous rappelez cela ?
23 R. Je ne me rappelle pas cela, mais je ne le conteste pas.
24 Q. Vous ne le contestez pas ?
25 R. Non.
26 Q. Avançons un peu plus loin. Arrivons à la fin de l'année 1998. Nous
27 parlons d'une multiplication des actes de provocation de la part de l'UCK,
28 des attaques de l'UCK et nous arrivons en janvier 1999. Encore une fois, je
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1 vous demande si vous avez un souvenir de cette période de façon générale,
2 si vous pouvez vous rappeler certains événements ? Vous rappelez-vous la
3 journée du 8 janvier 1999 où a lieu une embuscade de l'UCK contre une
4 patrouille du MUP non loin de Stimlje et de Suva Reka, deux soldats du MUP
5 sont tués ? Vous vous rappelez cela ?
6 R. Vaguement. Mais vous savez --
7 Q. Si je vous disais --
8 R. Il y avait beaucoup de victimes parmi les membres du MUP à l'époque.
9 Q. Si je devais vous dire que c'est exactement ce qui s'est passé, vous me
10 feriez confiance ?
11 R. Oui.
12 Q. De façon à ce que nous n'ayons pas à afficher des textes à l'écran, et
13 cetera ?
14 R. Oui.
15 Q. Le 9 janvier, une embuscade est tendue par l'UCK au sud de Pec, à 10
16 kilomètres au sud-est de Pec, contre un convoi d'au moins 100 personnes.
17 R. Une embuscade ?
18 Q. Un convoi d'une centaine de personnes tombe dans une embuscade de
19 l'UCK, oui ou non ? Est-ce que vous vous en souvenez ?
20 R. Je ne m'en souviens pas.
21 Q. Très bien. Le 10 janvier 1999, l'UCK tend une nouvelle embuscade non
22 loin de Pec et tue un membre du MUP. Peut-être devrions nous voir la pièce
23 3D550.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Sepenuk, j'aimerais vous
25 demander quel est le but de votre contre-interrogatoire en ce moment.
26 M. SEPENUK : [interprétation] Oui, Monsieur le Président. Il dit qu'il ne
27 se souvient pas, qu'il ne sait pas que la plupart des provocations venaient
28 de l'UCK. Monsieur le Président, une des accusations, c'est qu'une force
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1 excessive a été utilisée. Cela a été évoqué au cours de l'interrogatoire
2 principal. Notre position en l'espèce par rapport à toutes les provocations
3 et à tous les témoignages qui ont fait état de provocations de la part de
4 l'UCK un peu partout au Kosovo, c'est que les six hommes qui sont assis
5 derrière moi avaient tout à fait raison de craindre l'UCK et de répliquer à
6 ces actes de provocation.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je suis bien, mais poser ce genre de
8 questions à ce témoin, je ne vois pas très bien en quoi cela vous aidera.
9 M. SEPENUK : [interprétation] Il a des informations, Monsieur le Président.
10 Ces notes existent, des notes qui ont été prises à l'époque des faits, même
11 s'il n'a pas de souvenir, il y a les notes.
12 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ce qui me préoccupe un peu, c'est que
13 des deux événements du 8 et du 9 janvier, il n'est pas au courant.
14 M. SEPENUK : [interprétation] Cela ne pose pas de problème. Il parlera
15 d'autres événements, d'autres embuscades.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il a dit qu'il vous faisait confiance.
17 M. SEPENUK : [interprétation] Nous avons sa déposition, Monsieur le
18 Président.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] De nombreuses autres dépositions
20 existent également. Il n'est pas indispensable d'établir un lien entre ce
21 témoin et ces événements.
22 M. SEPENUK : [interprétation] Je le juge absolument indispensable, Monsieur
23 le Président.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien.
25 Nous faisons maintenant la pause jusqu'à 13 heures 45.
26 [Le témoin quitte la barre]
27 --- L'audience est levée pour le déjeuner à 12 heures 41.
28 --- L'audience est reprise à 13 heures 47.
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1 [La Chambre de première instance et le Greffier se concertent]
2 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, je voudrais demander,
3 s'il vous plaît, que l'on inscrive au compte rendu quelle est la situation
4 par rapport à ce qui nous fournit les éléments relatifs à l'article 70 du
5 Règlement en ce qui concerne le contre-interrogatoire, la ligne de contre-
6 interrogatoire qui a été suivie par mon confrère Me Sepenuk et également
7 mon confrère M. Fila.
8 [Le témoin vient à la barre]
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, un instant.
10 Monsieur Phillips, très évidemment il se pose un problème juridique qu'il
11 faut régler maintenant. Je suis désolé qu'on vous ait fait entrer en salle
12 d'audience, je ne le savais pas.
13 [Le témoin quitte la barre]
14 M. STAMP : [interprétation] C'est vraiment une question de principe,
15 Monsieur le Président.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui.
17 M. STAMP : [interprétation] L'ordonnance de la Chambre de première instance
18 permettant la déposition de ce témoin avait posé un certain nombre de
19 conditions et notamment que les contre-interrogatoires soient limités à la
20 teneur, je pourrais dire peut-être même l'étendue, la portée des résumés au
21 titre de l'article 65 ter.
22 Or, le contre-interrogatoire est allé bien au-delà de l'ordonnance de
23 la Cour limitant les domaines en question qui pourraient faire l'objet
24 d'un contre-interrogatoire, et l'ordonnance envisageait que le contre-
25 interrogatoire, la partie qui interrogerait pourrait demander à ce que ceux
26 qui fourniraient des éléments relatifs à l'article 70 du Règlement
27 lèveraient les restrictions en ce qui concerne certains points qui,
28 pensaient-ils, pourraient aider leur cause. Or, aucune demande en ce sens
Page 11908
1 n'a été faite.
2 Je souhaiterais que ceci figure au compte rendu. Ceux qui fournissent
3 des éléments relatifs à l'article 70 sont placés dans la position difficile
4 de prendre les décisions par deux représentants qui sont ici en salle
5 d'audience, et non pas par le gouvernement lui-même dans son ensemble avant
6 que le témoin ne dépose. Le point essentiel est que le contre-
7 interrogatoire sort du domaine prévu par l'ordonnance qui limitait les
8 domaines sur lesquels il pouvait porter.
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pourriez-vous, s'il vous plaît, donner
10 quelques exemples de cela ?
11 M. STAMP : [interprétation] Les questions qui sont posées en ce qui
12 concerne certains événements qui ont eu lieu en janvier où des Serbes
13 auraient pu avoir été tués, des questions qui ont été posées en ce qui
14 concerne des conversations --
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Une chose à la fois. La première,
16 c'est les questions en janvier concernant, qu'avez-vous dit ? Des Serbes
17 qui auraient été tués, c'était le 8 et le 9, et nous étions sur le point de
18 passer au 10 janvier.
19 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous direz qu'il s'agit là d'un
21 ordre pour que M. Phillips exprime un point de vue selon lequel les Serbes
22 faisaient un usage excessif de la force, mais que les conseils ne peuvent
23 pas poser de questions au contre-interrogatoire sur les activités de l'UCK
24 qui permettent de considérer que c'était proportionné ?
25 M. STAMP : [interprétation] Ce que je veux dire, c'est que pour ce
26 qui est du contre-interrogatoire, l'ordonnance de la Chambre a restreint
27 les domaines dans lesquels les contre-interrogatoires pouvaient avoir lieu.
28 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais il s'agit des mêmes domaines.
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1 M. STAMP : [interprétation] Une question, et c'est ma thèse concernant les
2 événements qui ont eu lieu en janvier, dans lesquels certains civils serbes
3 pourraient avoir été tués, n'entre pas dans le domaine de la déposition du
4 témoin d'une façon qui soit comparable au résumé présenté au titre de
5 l'article 65 ter du Règlement.
6 Il se peut que le témoin ait dit qu'il y ait eu emploi excessif de la
7 force, mais les deux ne sont pas liés logiquement et --
8 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Quoi donc ? L'activité de l'UCK n'est
9 pas liée à l'emploi excessif de la force par --
10 M. STAMP : [interprétation] Non, je ne dis pas que l'activité de l'UCK
11 n'est pas liée à l'emploi excessif de la force. Ma thèse, c'est que les
12 questions portant sur des personnes, des civils qui seraient susceptibles
13 d'avoir été tués à un moment donné, vont au-delà de la portée de sa
14 déposition concernant l'utilisation d'artillerie lourde par l'armée
15 yougoslave pour riposter à des armes à feu légères.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous voudriez dire qu'il ne peut pas
17 poser de questions relatives à une attaque de l'UCK sur un convoi d'une
18 centaine de personnes ?
19 M. STAMP : [interprétation] Il ne peut pas --
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] C'était l'une des deux questions. Je
21 pense que, soit le 8, soit le 9 janvier, il ne peut pas demander quoi que
22 ce soit qui puisse suggérer que la menace de l'UCK était une menace qui
23 méritait d'employer l'artillerie ? Quant à savoir si vous et moi sommes
24 d'accord sur ce point, c'est une question tout à fait différente.
25 M. STAMP : [interprétation] Oui, je comprends.
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Quant à savoir si c'est logique, c'est
27 une tout autre question. Mais certainement, ces deux choses sont intimement
28 liées, comme c'est le cas pour un simple contre-interrogatoire relatif à
Page 11910
1 l'emploi excessif de la force.
2 M. STAMP : [interprétation] Effectivement, Monsieur le Président, en ce qui
3 concerne la question concernant le convoi, il pourrait y avoir une relation
4 par rapport à la déposition du témoin dans le résumé présenté au titre de
5 l'article 65 ter. Mais ceci ne pourrait jamais être dans le champ de son
6 interrogatoire ou du résumé 65 ter de lui poser des questions concernant
7 chaque ou toute allégation de civils serbes qui auraient été tués par
8 l'UCK. C'était une autre ligne de questions --
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, Monsieur Stamp.
10 M. STAMP : [interprétation] -- qui est en dehors de la portée en ce qui
11 concerne une interview que M. Walker a eue avec un reporter. Cette ligne de
12 questions concerne ce que le général DZ a dit.
13 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais vous diriez qu'une déclaration de
14 Walker, selon laquelle les actes les plus violents sont commis par l'UCK,
15 ne constitue pas un domaine légitime aux fins de contre-interrogatoire sur
16 la question de l'emploi excessif de la force par les Serbes ?
17 M. STAMP : [interprétation] Oui, Monsieur le Président.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il est le chef de la mission, il
19 surveille les activités des deux côtés, et vous voudriez dire qu'il n'était
20 pas légitime de procéder à un contre-interrogatoire sur la question de
21 l'emploi excessif de la force ?
22 M. STAMP : [interprétation] Je serais d'accord sur le fait que cela
23 pourrait bien être un légitime contre-interrogatoire, si la Défense voulait
24 bien respecter les règles en demandant à ce que --
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Non, ils sont autorisés à procéder à
26 un contre-interrogatoire sur les domaines qui ont été couverts dans
27 l'interrogatoire principal, vous êtes en train de dire que ce contre-
28 interrogatoire n'est pas une attaque contre l'interrogatoire principal ?
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1 M. STAMP : [interprétation] Ma thèse, c'est que dans ce domaine, ce ne
2 serait pas le cas.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maintenant, si nous ne sommes pas
4 d'accord avec vous, ceci constituerait à mettre fin à la déposition; c'est
5 cela ?
6 M. STAMP : [interprétation] J'étais sur le point de passer à autre chose.
7 Nous ne demandons pas de sanctions. Je soulève la question pour qu'elle
8 figure au compte rendu parce qu'il y a des problèmes qui se posent qui
9 pourraient avoir une incidence sur d'autres questions. La Chambre a rendu
10 une ordonnance selon laquelle le contre-interrogatoire devait se situer
11 dans les limites du cadre du résumé au titre de l'article 65 ter du
12 Règlement, et les représentants se trouvent ici forcés dans une position
13 peu enviable de ne pas avoir été notifiés avant le contre-interrogatoire de
14 l'ordonnance qui envisagerait le fait qu'ils devraient rendre décision sur
15 place.
16 Ce qui se passe ici, c'est que nous ne demandons pas de sanctions
17 parce que nous essayons de coopérer avec la Défense et nous essayons de
18 faire entendre une déposition --
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Donc, vous n'objectez pas à ce qui a
20 été dit dans les contre-interrogatoire jusqu'à présent ?
21 M. STAMP : [interprétation] C'est-à-dire, nous nous réservons le droit
22 d'élever des objections, Monsieur le Président, et nous voulons inscrire au
23 compte rendu --
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais nous avons entendu la déposition.
25 Vous êtes en train d'objecter à quelque chose ou vous n'objectez pas.
26 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, je voulais simplement
27 qu'il soit inscrit au compte rendu --
28 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, je pense que c'est assez curieux
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1 comme façon de procéder, Monsieur Stamp. Ce n'est pas la façon dont un
2 procès public devrait être dirigé. Le Règlement est clair, vous en avez
3 parlé dans ce qui était à l'origine le fait que notre Règlement n'aurait
4 pas été respecté et que c'était la responsabilité de la Chambre de s'en
5 occuper. Nous sommes tout à fait disposés à examiner la question, mais
6 soyons bien clairs, d'une façon ou d'une autre, de la façon dont vous
7 voulez que les choses se passent.
8 M. STAMP : [interprétation] Tout au moins, ce que nous espérions attendre
9 de la Défense, c'est qu'on exige qu'ils agissent avec retenue pour procéder
10 en ce qui concerne les questions qui sont en dehors de la portée générale.
11 Ils devraient avoir demandé la permission prévue à l'article 70 du
12 Règlement d'entrer dans des domaines qui sont étrangers au résumé au titre
13 de l'article 65 ter du Règlement.
14 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Quel était le commentaire, le
15 troisième point, dont vous avez dit qu'il y avait quelque chose concernant
16 ce qu'avait dit DZ. Est-ce que c'est simplement le point de vue de M.
17 Phillips que DZ avait une question à se poser à son sujet --
18 M. STAMP : [interprétation] Et que --
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] -- qu'il était un individu très
20 difficile, comme il a été décrit, un officier britannique très rigide.
21 M. STAMP : [interprétation] Cela semble là encore quelque chose d'assez
22 innocent, mais il y a là violation de l'ordonnance, en principe.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous n'acceptez pas qu'un contre-
24 interrogatoire concernant la conduite des membres de l'UCK aille au-delà de
25 l'interrogatoire principal ? C'est encore une fois votre position ?
26 M. STAMP : [interprétation] Pas n'importe quel contre-interrogatoire. Un
27 contre-interrogatoire concernant la conduite n'est pas la question. Ce
28 n'est pas un sujet qui se trouve dans les limites du résumé présenté au
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1 titre de l'article 65 ter.
2 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Que nous demandez-vous de faire ?
3 M. STAMP : [interprétation] A ce stade, l'Accusation, comme je l'ai
4 indiqué, réserve le droit d'avoir la possibilité d'élever des objections à
5 l'avenir à ce que la Défense pose des questions qui manqueraient à
6 l'ordonnance de la Chambre, nous voudrions également demander par la
7 Chambre si la Défense pourrait se voir imposer des limites pour ce qui est
8 de poser des questions qui ne correspondent pas à ce qui est dit dans le
9 résumé 65 ter.
10 Comme je l'ai indiqué, c'est dans un esprit de coopération que nous
11 avons essayé de prendre des décisions séance tenante, mais j'espère que la
12 Chambre comprend que cela place celui qui fournit ces éléments - en
13 l'occurrence, il s'agit d'un pays, d'un Etat, du gouvernement d'un pays -
14 dans la position difficile de prendre des décisions à l'audience; alors que
15 la Défense a la possibilité de demander et probablement d'obtenir la
16 permission de celui qui fournit ces éléments de sortir du domaine en
17 question par rapport à ce qui est énoncé au résumé de l'article 65 ter, si
18 vous le voulez bien, Monsieur le Président.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bien. Je vous remercie.
20 [La Chambre de première instance et le Juriste se concertent]
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pour éviter tout doute, Monsieur
22 Stamp, l'ordonnance dit que le contre-interrogatoire sera limité à la
23 portée ou au domaine de l'interrogatoire principal et aux questions qui
24 affectent la crédibilité des témoins. Il s'agit du domaine ou de la portée
25 de l'interrogatoire principal. C'est cela qui est en cause.
26 M. STAMP : [interprétation] Oui.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il se peut que nous ayons des vues
28 différentes sur ce point.
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1 M. STAMP : [interprétation] Pourrais-je, avant que les membres de la
2 Chambre ne délibèrent, ajouter une demande que nous voudrions présenter, à
3 savoir qu'il soit demandé à la Défense d'énumérer maintenant toutes
4 questions en dehors du domaine de l'interrogatoire principal sur laquelle
5 la Défense entend poser des questions ? Deuxièmement, je voudrais également
6 faire consigner au compte rendu que ce qui est utilisé, c'est un document
7 qui a été communiqué qui est pour l'essentiel ce carnet de notes, ce cahier
8 qui fait l'objet des dispositions de l'article 70; par conséquent, même si
9 on utilise une partie quelconque, nous demandons que ce soit déposé sous
10 pli scellé.
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je pense que cette disposition
12 particulière du Règlement, à savoir que les documents en question devraient
13 être admis, versés sous pli scellé, s'applique à toutes les pièces à
14 conviction en l'espèce, mais il y avait quelques doutes avant cela. Je
15 comprends que ceci a été dit par quelqu'un du côté de la Défense, que cela
16 n'entrait pas dans les prévisions de l'article 70. En fait, Me Fila, je
17 pense, m'a dit que ceci ne faisait pas l'objet des dispositions de
18 l'article 70.
19 M. STAMP : [interprétation] Mais c'est le cas.
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bien. Je ne savais pas cela, parce que
21 je pense que ceci a été communiqué.
22 M. STAMP : [interprétation] Je pensais avoir indiqué à Me Fila, mais je
23 l'ai indiqué sans avoir d'avis.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bien.
25 M. ACKERMAN : [interprétation] Monsieur le Président.
26 [La Chambre de première instance se concerte]
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Stamp, ici, vous avez aussi
28 les représentants du pays qui a fourni ce document en vertu de l'article
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1 70. Aujourd'hui, vous avez tous les moyens nécessaires, dans ces
2 circonstances vous êtes en mesure d'opposer des objections à toutes
3 questions pour lesquelles vous considérez qu'elles vont au-delà de la
4 portée de l'interrogatoire principal. Cependant, les Juges de la Chambre
5 considèrent de façon unanime qu'aucune des questions que vous avez
6 mentionnées ne va au-delà de l'interrogatoire principal.
7 Si vous continuez à garder votre position par rapport aux questions futures
8 qui vont être posées au cours du contre-interrogatoire, nous, en tant que
9 Juges, nous serons obligés d'arrêter tout simplement cet interrogatoire,
10 cette déposition, d'autant que le pays qui a communiqué le document
11 pourrait insister là-dessus. Mais nous allons réfléchir là-dessus si la
12 situation se présente.
13 Mais ceci étant dit, nous demanderons à la Défense que s'il y a des
14 questions qui sont posées et qui dépassent la portée de l'interrogatoire
15 principal et la crédibilité du témoin, nous espérons que vous allez le
16 faire à présent avant que le témoin ne retourne.
17 M. ACKERMAN : [interprétation] Je voudrais juste ajouter un point parce que
18 ceci me semble très important. Nous avons tous ici ce dossier, les notes
19 préparées par ce témoin. Nous les avons tous. Ceci a été communiqué à tous
20 les avocats, à toutes les parties ici. Il me semble que la question qui se
21 pose ici, puisque nous sommes en audience à huis clos, donc ceci ne dépasse
22 pas les murs de ce prétoire, donc la question qui se pose, c'est de savoir
23 si nous pouvons partager ces informations avec nous, parce que c'est cela,
24 l'objection.
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Non, ce n'est pas cela, l'objection.
26 Il existe une règle, que l'on aime ou qu'on soit d'accord ou non, que le
27 contre-interrogatoire se limite exclusivement à deux choses; d'abord la
28 portée de l'interrogatoire principal et la crédibilité du témoin.
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1 Si vous souhaitez aborder les thèmes qui n'ont rien à voir avec les
2 questions posées au cours de l'interrogatoire, vous devez en être autorisé
3 par le pays qui a communiqué le document en vertu de l'article 70. Il me
4 semble qu'ici, il existe un effort de bonne foi de coopération pour que
5 justement on n'ait pas besoin de rappeler ce témoin et pour qu'il n'y ait
6 pas de témoins supplémentaires à poser. Ne pensez pas qu'uniquement parce
7 que vous avez reçu ce document, vous avez le droit de poser des questions
8 au sujet de tout ce qui se trouve là-dedans.
9 M. ACKERMAN : [interprétation] Je suis tout à fait d'accord, mais nous
10 sommes à huis clos, et en ce qui concerne l'article 70, le pays qui
11 communique le document doit se soucier que tout ceci n'est pas communiqué
12 au public, mais nous sommes à huis clos.
13 Nous avons tous ce document. Tout le monde sait ce qui se trouve à
14 l'intérieur de ce document des deux côtés du prétoire. Je pense qu'il
15 serait peut-être sensé que je demande immédiatement à ce pays, le pays qui
16 nous a communiqué le document, l'autorisation de procéder au contre-
17 interrogatoire par rapport aux questions qui figurent dans les notes sans
18 identifier chaque fois les thèmes que nous souhaitons aborder.
19 Si cela se produit, si on évoque quelque chose qui les perturbe tout
20 particulièrement, nous allons pouvoir en parler, parce que nous allons
21 avoir pas mal de problèmes aujourd'hui. Je vais avoir pas mal de questions
22 qui pourraient peut-être être considérées comme des questions n'étant pas à
23 100 % conformes à la décision que vous avez prise. En même temps, il s'agit
24 des questions de fond qui sont extrêmement importantes pour établir la
25 vérité et l'équité en l'espèce.
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Puisque vous pouvez justement perdre
27 l'élément de surprise en parlant de cela, pourquoi vous ne vous dites pas
28 quelles sont les pages que vous souhaitez utiliser ?
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1 Mais le fait que nous sommes à huis clos ne change rien, parce que
2 nous avons une décision par rapport à l'article 70. Nous ne sommes pas
3 autorisés de changer cette décision. Il est de l'intérêt de personne de
4 court-circuiter cette décision. Ce qu'il faut, c'est accepter la
5 proposition de coopération que nous avons tous entendue ici.
6 Maître Ackerman, je vous prie de bien vouloir déterminer quels sont les
7 domaines que vous allez aborder.
8 M. ACKERMAN : [interprétation] Ce que je souhaite dire, c'est que je pense
9 que les restrictions en vertu de l'article 70 ont été adoptées en ayant à
10 l'esprit la possibilité de travailler en audience publique, mais puisque
11 nous sommes en audience à huis clos, nous pourrions peut-être lever cette
12 restriction. Ils pourraient peut-être le dire immédiatement, puisqu'ils
13 pourront en parler. Sinon, je peux envoyer un e-mail au Procureur avec les
14 questions en question à Me Stamp.
15 M. LE JUGE BONOMY : [aucune interprétation]
16 M. STAMP : [interprétation] On ne peut pas être d'accord avec cela, avec
17 l'utilisation du document tout entier.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je comprends. Je comprends cela, donc
19 on va continuer sur la base qu'il va y avoir un courrier électronique.
20 Essayons de résoudre ce qui paraît être évident. Cependant, on vous laisse
21 le soin de vous en occuper, Maître Stamp, et d'intervenir à chaque fois que
22 vous pensez que la question posée n'est pas appropriée.
23 Maintenant, je pense que vous pouvez rappeler M. Phillips pour qu'il
24 continue sa déposition.
25 [Le témoin vient à la barre]
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bien. Nous avons résolu le
27 problème qui s'est posé, Monsieur Phillips.
28 Nous pouvons continuer.
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1 Monsieur Sepenuk, vous pouvez continuer.
2 M. SEPENUK : [interprétation]
3 Q. Rebonjour, Colonel. Vous avez dit qu'il s'agit de deux événements
4 qui se sont produits le 8 et le 9 janvier.
5 M. SEPENUK : [interprétation] Le témoin n'est pas au courant de cela. Je
6 dois avouer que dans le souhait d'accélérer les choses, j'avais fait
7 référence à ce qui figurait au niveau des pages 8 et 9 de son cahier.
8 Donc, 3 100 pour le 8 janvier et 3 104 pour le 9 janvier. Nous avons
9 entendu un certain nombre de dépositions à ce sujet. Pour accélérer le
10 cours des choses, j'ai voulu tout simplement demander au témoin s'il s'en
11 souvient, mais c'est en faisant cela justement j'ai induit les Juges en
12 erreur.
13 Q. Mon Colonel, au moment où nous avons interrompu notre session du matin,
14 je vous ai posé une question au sujet du document 3D550 qui se réfère à une
15 réunion qui a eu lieu le 10 janvier 1990 [comme interprété], où on peut
16 lire : "Réunion avec Sainovic qui a commencé à l'heure pile."
17 M. SEPENUK : [interprétation] Est-ce que vous pouvez présenter cette --
18 Q. Qui a assisté à cette réunion ? Vous, l'ambassadeur Walker, M.
19 Sainovic, et il y en avait d'autres ?
20 R. Sans doute qu'il y avait d'autres personnes. Je ne m'en souviens pas en
21 détail. Je sais que l'ambassadeur Walker et moi-même, nous avons été là, M.
22 Sainovic également. Je ne sais pas qui était avec lui.
23 Q. Au niveau du quatrième paragraphe, on peut lire : "L'UCK a tenu une
24 autre embuscade à proximité de Pec et un membre du MUP a été tué."
25 Qui dit cela ?
26 R. Je ne saurais être précis à ce sujet, sans doute M. Walker. Je
27 m'avancerais pour dire que c'était sans doute M. Walker, puisqu'on en a
28 sans doute parlé, mais je ne suis pas sûr.
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1 Q. C'est M. Walker qui a dit aussi la phrase suivante, à savoir : "L'UCK
2 est en dehors de son territoire, et avec ceci, ils sont en train de
3 minimiser leurs chances qu'il y ait un résultat positif à tout cela et
4 qu'ils en fassent des pressions sur les Serbes. Urosevic (à l'est de
5 Prizren), un membre du MUP a été tué." Est-ce là aussi M. Walker ?
6 R. Sans doute DZ, parce que c'est la terminologie qu'il a utilisée.
7 Q. Donc, DZ a dit qu'ils ne sont pas sur le territoire ?
8 R. Oui.
9 Q. Ensuite, la pièce 3D550 : "Walker a parlé avec Clark." Est-ce que vous
10 voyez cela ?
11 R. Oui.
12 Q. Ensuite, cela continue : "Très inquiet à cause de la presse."
13 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, là il s'agit d'une
14 question justement qui ne découle pas des questions posées au cours de
15 l'interrogatoire principal.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Si l'on établit que c'est quelque
17 chose que Walker a dit et que ceci ne tombe pas sous le coup de
18 l'interrogatoire principal. Est-ce que Clark a mentionné juste en passant ?
19 M. STAMP : [interprétation] Oui, Monsieur le Président. Justement, va au-
20 delà des questions posées au cours de l'interrogatoire principal, puisqu'au
21 cours de l'interrogatoire principal, on a mentionné uniquement les noms des
22 accusés et des autres personnes participant à l'entreprise criminelle
23 commune.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais là, il s'agit d'une réunion à
25 laquelle Sainovic aurait participé. Qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous
26 voulez choisir les réunions auxquelles Sainovic a participé qui vous
27 conviennent ?
28 M. STAMP : [interprétation] Non, Monsieur le Président. Si c'est une
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1 question avec Sainovic, alors oui, effectivement, c'est quelque chose qui
2 est pertinent. Je veux bien accepter vos informations ou toute indication
3 supplémentaire, mais j'ai l'impression que Sainovic n'était pas présent.
4 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que M. Sainovic était présent ?
5 LE TÉMOIN : [interprétation] Non.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Alors, ceci a été dit par rapport à
7 quoi ?
8 LE TÉMOIN : [interprétation] Je pense qu'il s'agissait d'une conversation
9 téléphonique qui a eu lieu dans le bureau après la réunion avec Sainovic.
10 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous avez noté ce que Walker a dit ?
11 LE TÉMOIN : [aucune interprétation]
12 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Bien.
13 [La Chambre de première instance se concerte]
14 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Sepenuk, qu'est-ce que vous
15 avez à dire ?
16 M. SEPENUK : [interprétation] Tout d'abord, j'ai voulu voir de quoi il
17 s'agit.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui. Je le vois moi-même.
19 M. SEPENUK : [interprétation] Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Parce que
20 j'ai l'impression qu'ils essaient de favoriser les Serbes par rapport à
21 l'UCK, puisqu'ils n'aiment pas que ce soit l'UCK qui ait été condamnée pour
22 cela.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Une objection a été interjetée.
24 Essayez de répondre.
25 M. SEPENUK : [interprétation] Bien. Je pense que là, il s'agit de l'accord.
26 Est-ce que le côté serbe a respecté l'accord ? Est-ce que l'UCK a respecté
27 l'accord ? Il me semble qu'ici, l'UCK a démontré qu'ils n'ont pas respecté
28 l'accord, c'est effectivement pertinent.
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1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Faites voir de quoi il s'agit.
2 M. SEPENUK : [interprétation] La page 3 109.
3 Je ne vais pas la lire. Je demande aux Juges de la lire, de lire
4 surtout la dernière page tout en haut de la page.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais quelle page, la page 17 ?
6 M. SEPENUK : [interprétation] Oui. Je ne vais pas lire toute la phrase,
7 mais cela commence par "le nôtre" et cela se termine par "Clark". Je pense
8 que c'est quelque chose qu'il convient d'élucider.[La Chambre de première
9 instance se concerte]
10 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Stamp, si j'ai bien compris,
11 vous essayez de voir quelle est exactement la position des uns et des
12 autres, mais le problème qui se pose ici et surtout pour les Juges, si vous
13 choisissez les morceaux qui vous intéressent de façon sélective, nous
14 n'avons pas une image globale et entière, et les deux paragraphes dont
15 souhaite parler M. Sepenuk sont sans doute pertinents et importants en
16 l'espèce. Si nous n'avons pas le droit d'entendre cela, ceci pourrait
17 complètement amoindrir l'importance de la déposition de ce témoin au point
18 où nous pourrions considérer qu'il n'est pas juste d'empêcher la Défense de
19 poser les questions. Dans ce cas-là, nous pourrions décider de ne pas
20 accepter du tout et ne pas prendre en tout sa déposition. Nous ne
21 souhaitons pas faire cela. Nous avons essayé de trouver des moyens pour
22 aboutir au résultat que nous souhaitons, à savoir entendre ce témoin que
23 nous considérons être important et qui a participé de près aux événements.
24 Je peux comprendre qu'il y a des éléments valables dans votre argument,
25 mais vous pourriez vraiment préjuger la présentation des moyens de preuve
26 du Procureur en acceptant ou en maintenant cette position.
27 M. STAMP : [interprétation] Je comprends cela, c'est pour cela que j'essaie
28 d'éviter cela. Peut-être qu'il y a une proposition, à savoir que les
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1 fournisseurs de ces informations pourraient faire des concessions, à savoir
2 Me Ackerman pourrait éventuellement être permis de poser des questions.
3 Comme il l'a suggéré, on pourrait lui permettre de poser des questions au
4 cours du contre-interrogatoire par rapport à ce qui figure dans le cahier
5 même si cela n'a pas été posé pendant l'interrogatoire principal.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Nous allons faire un ordre à cette
7 fin. Nous allons décider si ceci va devenir des éléments connus par le
8 public ou non. Vous allez avoir suffisamment de temps pour réfléchir à la
9 situation. Evidemment que nous souhaitons qu'il y ait le plus possible
10 d'éléments de preuve qui soient rendus publics, même quand il s'agit
11 d'éléments présentés en audience à huis clos, mais nous n'allons pas
12 prendre une telle décision avant de connaître la totalité de la déposition.
13 C'est vrai que nous avons insisté dans le passé que ceux qui nous
14 fournissent les informations en vertu de l'article 70 demandent que l'on
15 retarde la publication pour avoir le temps de la revoir, puisqu'il peut y
16 avoir des questions relevant de l'intérêt national, de la sécurité
17 nationale ou d'autres intérêts pour le pays qui est à l'origine des
18 documents fournis. Vous considérez qu'on peut poser les questions, toutes
19 les questions que l'on souhaite au sujet du cahier, du journal du témoin ?
20 M. STAMP : [interprétation] Oui.
21 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] C'est très coopératif et très utile.
22 Vous pouvez continuer, Monsieur Sepenuk.
23 M. SEPENUK : [interprétation] Nous allons tout d'abord revenir sur les
24 pages 3 108, 3D550, 3 108 donc, surtout la partie qui se trouve tout en bas
25 et qui est surlignée.
26 Q. Mon Colonel, ceci va comme suit. Walker a parlé avec M. Clark, et dans
27 la première phrase on peut lire : "Très inquiété parce que les médias
28 jouent un rôle en disant que c'est la faute de l'UCK, à cause de cela,
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1 l'autorité de l'OTAN va en souffrir."
2 Tout d'abord, est-ce que c'est M. Walker qui parle ?
3 R. Oui.
4 Q. C'est vous qui preniez des notes ?
5 R. Oui.
6 Q. C'est M. Walker qui a dit cela ?
7 R. Oui.
8 Q. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que l'ambassadeur Walker voulait
9 dire ?
10 R. Il voulait dire que si l'UCK ne respecte pas l'accord de cessez-le-feu,
11 il faut observer cela.
12 Q. Comment ceci peut mettre en danger l'autorité de l'OTAN et du général
13 Clark ?
14 R. Si l'UCK a l'impression qu'ils sont persécutés et que l'OTAN allait
15 venir à l'aide, s'ils continuent à agir comme cela, l'OTAN va accélérer sa
16 décision de leur venir en aide.
17 Q. Pour l'OTAN, est-ce que ceci rend la possibilité d'intervention moins
18 intéressante ?
19 R. Oui.
20 Q. Ensuite, il dit : "Les Français jouent cela à leur avantage."
21 Est-ce que vous pouvez expliquer ce que voulait dire l'ambassadeur Walker.
22 R. Nous avions l'ambassadeur Walker et l'ambassadeur Kellerman. Je pense
23 que c'est le nom de l'ambassadeur français.
24 Q. Keller ?
25 R. Oui, oui, c'était Keller. Il était très proserbe, et il s'occupait des
26 Serbes. Je pense qu'il était inquiet parce que M. Keller avait passé
27 quelques coups de fil à Vienne au sujet de cela et aussi il a appelé
28 quelqu'un dans son pays, sans doute ses dirigeants, et c'est vrai que
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1 l'ambassadeur Walker et l'ambassadeur Keller ne voyaient pas les choses du
2 même œil par rapport à ce qui se passait au Kosovo.
3 Q. Ils n'étaient pas vraiment d'accord ?
4 R. Oui.
5 Q. L'ambassadeur Keller était plutôt proserbe, et l'ambassadeur Walker
6 était quoi, antiserbe ?
7 R. Non, je ne dirais pas qu'il était antiserbe, mais maintenant, avec le
8 temps passé, je pense qu'il était à peu près clair que Walker voyait que
9 les Albanais étaient quand même persécutés. Je pense que le 4 novembre,
10 nous avons commencé à aller sur le terrain très souvent pour vérifier la
11 réalité de la situation.
12 Q. Je vous ai peut-être mal compris. Vous avez dit qu'avec le temps --
13 R. Oui, je pense que cela s'est passé avec le temps.
14 Q. Le général -- ou plutôt, l'ambassadeur Walker a commencé à penser que
15 les Albanais étaient persécutés ?
16 R. Oui.
17 Q. D'accord. Merci. Puis, la dernière phrase se lit comme suit, je cite :
18 "Nos déclarations de la Mission de vérification au Kosovo n'ont pas aidé le
19 rôle de l'OTAN et celui de Clark."
20 Qu'est-ce que cela veut dire ?
21 R. On parle là de la possibilité d'influencer. Il était difficile pour
22 l'OTAN d'utiliser la menace de la force dans les conditions créées par le
23 comportement et le non-respect de l'accord par l'UCK.
24 Q. Le général Clark n'était pas très heureux de ce qui était en train de
25 se passer et du fait que le plan principal était empêcher d'agir. Est-ce
26 qu'on peut dire les choses comme cela ?
27 R. Je ne pense pas qu'il n'était pas très heureux. Voyez-vous, tout ce que
28 je peux vous dire, c'est que les choses ne se passaient pas comme il
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1 l'aurait souhaité, car il n'avait plus la possibilité d'utiliser l'OTAN
2 comme moyen de levier pour contraindre la partie serbe à respecter
3 l'accord.
4 Q. D'accord. Puis, en bas de page, nous lisons, je cite : "La structure de
5 commandant et de contrôle de l'UCK." Là encore, c'est l'ambassadeur Walker
6 qui parle ?
7 R. Oui.
8 Q. Il dit, je cite : "Ils organisent ces autres embuscades." Cela veut
9 dire, c'est l'UCK qui le fait ?
10 R. Oui, Maître.
11 Q. Je cite : "Ils organisent ces autres embuscades pour montrer qu'ils ont
12 des possibilités ailleurs et qu'ils auront recours à la force nécessaire si
13 les Serbes adoptent une position agressive et ne relâchent pas les huit
14 membres de la VJ."
15 Au passage, est-ce que huit membres de la VJ, c'est exact, ou est-ce qu'il
16 ne s'agit pas plutôt de huit membres de l'UCK ?
17 R. Huit membres de l'UCK.
18 Q. C'est une erreur dans le texte ?
19 R. Oui.
20 Q. Parce qu'il est question ici d'échange de prisonniers, n'est-ce pas ?
21 R. Oui.
22 Q. Mais là encore, c'est l'ambassadeur Walker qui parle et qui dit que
23 l'UCK organise d'autres embuscades pour montrer qu'elle a cette
24 possibilité.
25 R. Oui, Maître.
26 Q. Puis, j'en arrive à la fin de votre carnet, pièce 3D551, page 3 151.
27 Nous sommes à la date du 12 février 1999, et une réunion est organisée avec
28 le général de Corps d'armée, Nicolai Zlenko, ministre de la Défense, n'est-
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1 ce pas ?
2 R. Oui. Je ne me rappelle pas très bien cette réunion précise.
3 Q. Mais c'est probablement le ministre de la Défense de Russie ?
4 R. Oui, Maître.
5 Q. En page suivante, c'est celle qui fera l'objet de ma question, pièce
6 3D551, page 3 152, vous vous rappelez que cela se passe pendant la période
7 de la Conférence de Rambouillet, n'est-ce pas, le 12 février 1999 ?
8 R. D'accord, je ne conteste pas cela.
9 Q. Bien. C'est l'ambassadeur Walker qui parle, n'est-ce pas ?
10 R. Oui.
11 Q. Il dit, je cite : "L'UCK est une force de guérilla bien entraînée et
12 bien disciplinée."
13 R. Oui, Maître.
14 Q. Au moins à l'époque de la Conférence de Rambouillet, c'était l'avis au
15 sujet de l'UCK, n'est-ce pas ?
16 R. Oui.
17 Q. Dernier paragraphe à présent qui va faire l'objet de mes questions.
18 Votre carnet est la pièce 3D551, et la page qui m'intéresse, c'est la page
19 3 164. La partie qui m'intéresse, c'est celle où il est question du député
20 au Congrès Wolfe.
21 M. SEPENUK : [interprétation] Un peu plus bas sur l'écran. Bien, nous y
22 sommes.
23 Q. Le membre du Congrès Wolfe, c'est qui, Monsieur ?
24 R. Evidemment, c'est un membre du Congrès américain, mais je n'ai pas un
25 souvenir précis de cet homme.
26 Q. Il a bavardé avec l'ambassadeur Walker, n'est-ce pas ?
27 R. Oui, Maître.
28 Q. Selon ce qui est écrit ici, ce que vous avez écrit, l'ambassadeur
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1 Walker répond à une question : "George Washington de l'UCK." C'est bien ce
2 qu'on lit ?
3 R. Oui.
4 Q. Il dit, dites-moi si je me trompe, il dit ce qui suit, je cite :
5 "Certains sont raisonnables."
6 R. Oui.
7 Q. Un peu plus loin, je cite : "Certains d'entre eux sont une force de
8 protection pour les Albanais du Kosovo."
9 R. Oui.
10 Q. Un peu plus loin, je cite : "Certains ont recours au terrorisme pour
11 parvenir à leurs fins."
12 R. Oui.
13 Q. Un peu plus loin, je cite : "Plus de respect pour l'UCK que pour le MUP
14 ou la VJ."
15 Qu'est-ce que cela signifie ?
16 R. Je pense que l'ambassadeur Walker fait référence à cela en disant qu'il
17 a besoin de persuasion pour parler à l'UCK. Les membres de l'UCK semblent
18 l'écouter, semblent se comporter de façon assez raisonnable par rapport à
19 lui. Il a besoin d'une meilleure relation avec eux s'agissant de traiter de
20 questions politiques ou opérationnelles très importantes. L'ambassadeur
21 Walker n'a jamais ressenti le même degré de confiance dans ses rapports
22 avec la VJ ou le MUP.
23 Q. Selon votre déposition, il a dit à ce moment-là qu'il estimait que
24 l'UCK faisait preuve d'un comportement raisonné vis-à-vis de lui ? Après ce
25 que nous avons entendu ici, c'est ce que vous appelleriez une attitude
26 raisonnée ?
27 R. Vous le présentez comme la position par rapport à l'UCK, oui, en effet.
28 Q. Une attitude plus raisonnée de la part de l'UCK ?
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1 R. Oui.
2 Q. C'est ce que vous dites dans votre déposition ?
3 R. C'est ce que je dis dans ma déposition.
4 Q. D'accord, merci. Dernier paragraphe que nous voyons dans votre carnet,
5 là encore j'ai compris que le carnet concernant le dernier mois était égaré
6 ou a disparu, quoi qu'il en soit nous ne l'avons pas à notre disposition et
7 je suppose que vous ne l'avez pas non plus ?
8 R. Non. Maître.
9 Q. Vous étiez tout de même présent sur le terrain le dernier mois, n'est-
10 ce pas ? Depuis le dernier paragraphe qui se situe au 16 février, vous
11 étiez encore sur place jusqu'au 20 mars ou au 21 mars, n'est-ce pas ?
12 R. Le 20 mars, oui.
13 Q. Vous observiez la situation ?
14 R. Oui.
15 Q. Avec l'ambassadeur Walker ? Vous receviez des rapports de votre
16 mission ?
17 R. Oui.
18 Q. Vous les lisiez, vous les intégriez ?
19 R. Oui.
20 Q. D'accord. Suite à la Conférence de Rambouillet, je voudrais vous
21 demander si vous êtes d'accord ou pas avec la déclaration du général DZ,
22 qui a dit devant cette Chambre ce qui suit, je cite : "Je dois dire que
23 durant les décisions de Rambouillet, le nombre d'incidents dus aux Serbes a
24 décliné de façon significative, alors que les incidents dus à l'UCK ont
25 décliné d'une façon moins importante. Par ailleurs, l'UCK est devenue plus
26 opportuniste dans cette période."
27 Est-ce que ceci correspond avec votre souvenir ?
28 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ne répondez pas à cette question.
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1 Elle n'est pas dans le champ. La question se pose de savoir si cette
2 question est autorisée ou pas.
3 Les négociations de Rambouillet n'ont joué aucun rôle dans la
4 déposition du témoin.
5 M. STAMP : [interprétation] C'est hors du champ, Monsieur le Président.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Passez à autre chose, Maître Sepenuk,
7 je vous prie.
8 M. SEPENUK : [interprétation] D'accord. Ce sera sans doute la fin de mon
9 contre-interrogatoire parce que pour le compte rendu d'audience, Monsieur
10 le Président, je n'aurais qu'une chose à ajouter, c'est que je pensais
11 poser un certain nombre de questions portant sur des problèmes survenus
12 après les négociations de Rambouillet, sur la base d'articles de presse
13 relatant des atrocités de la part de l'UCK contre les civils albanais et
14 serbes et contre le MUP. J'ai des notes du général DZ que je voulais
15 soumettre au témoin qui traitent d'invitations nombreuses de la part de
16 l'UCK, et d'accords. Finalement, j'ai un rapport du 21 mars 1999 qui traite
17 d'assassinats dus à l'UCK et de terrorisme dans la zone de Pristina, et ce
18 sera la fin de mon contre-interrogatoire.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais quel est le but que vous
20 poursuivez en posant ces questions ?
21 M. SEPENUK : [interprétation] C'est l'UCK qui a augmenté le niveau de
22 provocation. C'est ce que démontrent ces éléments. Les Serbes ont riposté,
23 les Serbes répliquaient à ces provocations plus nombreuses de la part de
24 l'UCK. C'est la raison pour laquelle ils ont bombardé --
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Si c'est votre objectif, alors vous
26 n'avez pas besoin de l'apport du témoin sur ce point.
27 M. SEPENUK : [interprétation] Oui, sauf que --
28 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Si vous voulez contester ce qu'il a
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1 dit, c'est autre chose. Mais si ce que vous voulez, c'est obtenir une
2 confirmation quant à ce qui a été déjà prouvé en l'espèce, ce n'est pas
3 nécessaire.
4 M. SEPENUK : [interprétation] Si les Juges estiment que ceci a déjà été
5 prouvé, sauf votre respect, nous disons que c'est à la Chambre qu'il
6 appartient d'en juger.
7 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je me suis peut-être mal exprimé, mais
8 cela peut être prouvé par d'autres dépositions et cela l'a déjà été dans
9 certaines dépositions entendues jusqu'à présent.
10 Il ne me semble pas que vous contestiez réellement les propos du
11 témoin et que vous ayez besoin de lui soumettre ces documents à cette fin.
12 M. SEPENUK : [interprétation] C'est à la Chambre qu'il appartient d'en
13 juger. Bien entendu, si la Chambre est de cet avis, je n'ai pas d'autres
14 questions, Monsieur le Président.
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais cela étant, étant donné ce qui
16 vous a été autorisé, vous avez la possibilité de traiter de ces questions
17 avec le fournisseur des documents au titre de l'article 70 pour demander
18 une autorisation, car apparemment le témoin sera encore ici demain. Dans
19 notre ordonnance, nous avons dit espérer que vous alliez traiter de cette
20 requête rapidement afin d'obtenir des autorisations et d'en finir avec ce
21 témoin. Vous pouvez y réfléchir, Maître Sepenuk.
22 M. SEPENUK : [interprétation] Merci, Monsieur le Président.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien.
24 Maître Ackerman.
25 M. STAMP : [interprétation] Avant que Me Ackerman ne prenne la parole, il y
26 a un autre problème de procédure qui se pose. Il existe une ordonnance par
27 rapport à la notification des pièces à conviction. Nous avons reçu une
28 notification de Me Ackerman qui n'évoque pas les numéros des pièces à
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1 conviction de la Défense dans le système du prétoire électronique. Or, je
2 pense que d'après l'ordonnance de la Chambre, il convenait d'indiquer ces
3 numéros. Nous n'avons que des numéros en quatre chiffres dans la
4 notification, donc nous ne pouvons pas suivre en comprenant de quelles
5 pièces il s'agit.
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Peut-être pouvez-vous partir du
7 principe que chaque pièce doit être précédée de P00.
8 M. ACKERMAN : [interprétation] Monsieur le Président, je n'ai pas la
9 moindre idée de ce dont parle M. Stamp en ce moment. Je n'ai pas notifié
10 les pièces que nous allions utiliser à l'Accusation.
11 M. STAMP : [interprétation] Ce que je dis, c'est qu'il existe une
12 ordonnance selon laquelle la Défense doit nous indiquer les numéros des
13 pièces qu'elle a l'intention d'utiliser au cours du contre-interrogatoire
14 et que selon cette ordonnance, cela devait être fait avant le début du
15 contre-interrogatoire. Or, cela n'a pas été le cas.
16 Deuxièmement, ce qui est plus grave, c'est le problème des pièces à
17 conviction. Il y a un e-mail qui existe et que je cite : "Voici les
18 questions et les numéros de pages auxquels je vais me référer", ensuite une
19 liste de numéros. Ceci n'est pas conforme à l'ordonnance.
20 M. ACKERMAN : [interprétation] Je comprends ce qui se passe. Vous m'avez
21 demandé de communiquer à l'Accusation par e-mail les numéros de page que
22 j'avais l'intention d'utiliser s'agissant des documents relevant de
23 l'article 70, ce que j'ai fait.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ce sont les passages de carnet.
25 M. ACKERMAN : [interprétation] Ce sont des passages du carnet, j'ai
26 l'intention de les utiliser pour certains, pas tous.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il faut obtenir l'autorisation de
28 rentrer dans des questions qui sont évoquées dans les carnets, nous sommes
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1 à huis clos, vous avez demandé cette autorisation.
2 M. STAMP : [interprétation] J'exprime ma reconnaissance d'avoir enfin
3 compris de quoi il retournait.
4 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Maître Ackerman, à vous.
5 M. ACKERMAN : [interprétation] Puisque j'ai bénéficié de la reconnaissance
6 de l'Accusation, je voudrais remercier mes collègues américains présents
7 dans le prétoire aujourd'hui pour avoir répondu si rapidement à ma requête
8 d'autorisation de traiter de ces questions. Je pense que ceci est très
9 généreux et je prendrai le plus grand soin de ne pas provoquer la moindre
10 objection de la part des mes collègues américains. Je suis très satisfait
11 de pouvoir faire ce que j'ai l'intention de faire et je ne vais causer
12 aucune gêne à mon gouvernement, ce faisant.
13 Contre-interrogatoire par M. Ackerman :
14 Q. [interprétation] Les questions que je vais vous poser aujourd'hui,
15 comme je l'ai déjà indiqué, porteront exclusivement sur votre journal et
16 les différents paragraphes.
17 M. ACKERMAN : [interprétation] J'aimerais demander l'aide de l'huissier
18 pour soumettre au témoin un certain nombre de pages de son journal
19 auquelles je ferai référence. J'ai introduit les pages en question dans le
20 système du prétoire électronique, car je n'ai pas l'intention d'utiliser
21 ces pages comme pièce à conviction en l'espèce.
22 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais poser une question.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui.
24 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais demander à mon ami Me Ackerman s'il
25 pourrait identifier le journal dont il parle. Quels sont les mois qui
26 l'intéressent, de façon à ce que nous puissions suivre ?
27 M. ACKERMAN : [interprétation] Au fil des questions que je vais poser, je
28 citerai le mois qui m'intéresse, Monsieur Stamp, je dis pour l'instant que
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1 ce qui m'intéresse, c'est l'intégralité du journal.
2 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que cela signifie Maître
3 Ackerman, que vous l'utiliserez à titre d'aide-mémoire, et non en tant que
4 pièce à conviction en l'espèce ?
5 M. ACKERMAN : [interprétation] Ce ne sera pas une pièce à conviction. Je
6 souhaite être équitable à l'égard du témoin de façon à lui permettre de
7 vérifier dans son journal les propos que je tiendrai.
8 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
9 M. ACKERMAN : [interprétation] Je ne pense pas qu'il y ait la moindre
10 utilité à faire de ce document une pièce à conviction, car les questions
11 qui seront évoquées n'ont pas une grande importance. Je ne les appellerais
12 pas des questions mineures, mais elles ne sont tout de même pas les plus
13 importantes.
14 Q. Voici une question qui peut être qualifiée de mineure. Vous verrez, Mon
15 Colonel, que j'ai divisé le document en plusieurs intercalaires. Nous
16 commençons par l'intercalaire 1. Ensuite, vous verrez les numéros de page
17 en haut à droite de chaque document.
18 Lorsque je parle de l'intercalaire 1, page 6 767, vous devriez
19 pouvoir trouver cette page rapidement avec les numéros ERN, comme nous les
20 appelons ici, qui sont des numéros assez longs situés en haut à droite des
21 documents. La page à laquelle je fais référence se termine par le numéro
22 18. Il s'agit apparemment de notes que vous avez consignées par écrit
23 pendant une réunion très longue qui a eu lieu en novembre 1998.
24 M. STAMP : [interprétation] J'aimerais, si vous me le permettez --
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Un autre problème se pose.
26 M. STAMP : [interprétation] Je demanderais simplement des consignes un peu
27 plus précises. Je sais qu'il y a des intercalaires dans le document remis
28 au témoin, mais pour nous, le nombre de documents à consulter est très
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1 important. Nous aurions besoin d'un mois entier.
2 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que vous avez un autre
3 exemplaire de ce document, Maître Ackerman ?
4 M. ACKERMAN : [interprétation] Non.
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Parce que nous sommes tenus de fournir
6 au Procureur une information quant aux documents que vous allez utiliser,
7 qu'ils soient ou non dans le système du prétoire électronique. Il sera
8 difficile pour M. Stamp de suivre dans ces conditions.
9 M. ACKERMAN : [interprétation] Je ne pense pas que ce soit le cas, mais il
10 n'aura pas de difficultés quand j'aurai expliqué --
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien, mais ne perdez pas de vue
12 que les pièces à conviction ne sont pas les seuls documents qui doivent
13 être notifiés à l'avance au Procureur.
14 M. ACKERMAN : [interprétation] J'ai notifié l'utilisation de ce document, à
15 savoir de ce journal.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Très bien.
17 M. ACKERMAN : [interprétation] Pour l'information de l'Accusation,
18 j'ajouterais que chacun des intercalaires est un segment particulier du
19 journal qui a été communiqué au Procureur à l'avance. J'ai simplement
20 organisé le texte dans l'ordre chronologique de façon à ce que
21 l'intercalaire 1 vienne en premier et soit suivi de l'intercalaire 2 qui
22 lui succède du point de vue des dates, la deuxième date étant celle du 21
23 novembre.
24 Je suppose que ceci correspond à une organisation chronologique utile.
25 M. IVETIC : [interprétation] Si je puis vous aider, Monsieur le Président,
26 il s'agit de la pièce P2140 [comme interprété] dans les documents du
27 Procureur.
28 M. ACKERMAN : [interprétation] Je n'ai pas la moindre idée de ce que cela
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1 signifie.
2 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Poursuivez, maintenant, Maître
3 Ackerman.
4 M. ACKERMAN : [interprétation] Très bien.
5 Q. Monsieur le Témoin, vous trouverez cette page 6 767. Il a fallu
6 beaucoup de temps pour arriver à la question, mais je me demandais pourquoi
7 vous aviez écrit, je cite : "Des moments difficiles pour CNN." Est-ce que
8 vous avez la moindre idée de ce que cela signifie ?
9 R. L'ambassadeur Walker était responsable de tous les vérificateurs
10 présents au Kosovo.
11 M. STAMP : [interprétation] Je ne voudrais pas adopter un comportement
12 obstructif, mais nous ne trouvons pas le document évoqué par mon collègue
13 de la Défense.
14 Ces documents sont des extraits différents des carnets qui ont été
15 introduits dans le système et communiqués à la Défense. Peut-être Me
16 Ackerman pourrait-il nous donner le numéro ERN de chaque extrait de façon à
17 ce que nous puissions suivre ?
18 M. ACKERMAN : [interprétation] C'est ce que je m'apprêtais à faire. J'ai
19 dit au témoin qu'il s'agissait de la page 6 767. Maintenant, je peux vous
20 donner tout le numéro ERN, si vous le souhaitez, 03216767, mais je ne pense
21 pas que ce soit indispensable.
22 [La Chambre de première instance et le Greffier se concertent]
23 M. STAMP : [interprétation] Quoi qu'il en soit, je demandais le numéro ERN
24 de chaque élément de cesdits documents. Peut-être qu'on pourrait nous
25 donner la première date ?
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Peut-on placer les documents sur le
27 rétroprojecteur l'un après l'autre ?
28 M. ACKERMAN : [interprétation] Cela va nous prendre un temps infini,
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1 Monsieur le Président. Je pourrais aller plus vite. Ce serait beaucoup plus
2 rapide si on les plaçait sur le rétroprojecteur.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Vous devez vous montrer équitable à
4 l'égard de votre adversaire.
5 M. ACKERMAN : [interprétation] Je peux le faire. Monsieur le Président,
6 l'intercalaire 1 correspond au numéro ERN 03216750; intercalaire 4,
7 03224958; intercalaire 5, 03216661; intercalaire 6, 03216626; intercalaire
8 7, 06216582; intercalaire 8, 03224924; intercalaire 9, 03216535;
9 intercalaire 10, 03224892.
10 Je vais répéter les trois premiers : intercalaire 1, Monsieur le
11 Président, 03216750; intercalaire 2, 03224998; intercalaire 3, 03216702.
12 Monsieur le Président, j'ai choisi délibérément de m'appuyer sur les
13 numéros ERN, car ce sont les numéros utilisés par l'Accusation pour
14 identifier les documents. Apparemment, j'ai créé la confusion chez le
15 Procureur en utilisant précisément ses références à lui.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Le dernier numéro, c'était 705 ou
17 702 ?
18 M. ACKERMAN : [interprétation] Que voulez-vous dire par le dernier numéro ?
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Intercalaire 3, j'ai eu l'impression
20 d'entendre dans ce que vous disiez qu'il se terminait par les numéros 702,
21 mais au compte rendu d'audience en anglais on lit 705.
22 M. ACKERMAN : [interprétation] Sept cent deux, Monsieur le Président,
23 03216702.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci. Est-ce que cela est utile à mes
25 collègues de l'Accusation ?
26 M. STAMP : [interprétation] Merci beaucoup.
27 M. ACKERMAN : [interprétation] Maintenant tout va bien.
28 Q. Mon Colonel, nous pourrons enfin commencer. Vous étiez en train
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1 d'essayer de mettre en place la mission et de déterminer les tâches qu'il
2 convenait de lui confier, mais la détermination de ces diverses tâches
3 n'était pas très certaine au départ, n'est-ce pas ?
4 R. En effet.
5 Q. Il y avait perception d'une certaine nécessité de conclure une espèce
6 d'accord avec Milosevic au sujet des profils d'attribution pour cette
7 mission; vous serez d'accord avec cela ?
8 R. Oui.
9 Q. Finalement, vous avez écrit une note qui constitue la page 6 768. A la
10 page 6 774, vous décrivez l'accord que vous êtes en train d'essayer de
11 conclure par les mots, je cite : "gravement fragmenté". Un peu plus loin,
12 vous dites, je cite : "Il y a de la marge pour une interprétation de la
13 part de Milosevic." C'est bien cela ?
14 R. Oui, Monsieur.
15 Q. Ensuite, intercalaire 2, page 5 036, Walker commente devant les
16 représentants de Reuters ce qui s'est passé et il dit le 29 novembre 1998,
17 je cite : "Nous lisons ces accords de la façon la plus large qui soit,
18 alors que la République fédérale yougoslave les interprète de façon très
19 circonscrite."
20 C'est bien cela ?
21 R. C'est cela, en effet.
22 Q. C'est vous qui avez écrit cela ?
23 R. Oui.
24 Q. Vous l'avez écrit parce que c'est ce qu'a dit Walker ?
25 R. Oui.
26 Q. Avant la mise en place de la Mission de vérification du Kosovo de la
27 part de l'OSCE, il existait une autre mission qui s'appelait la KDOM,
28 n'est-ce pas ?
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1 R. Oui, Maître.
2 Q. Durant la vie de cette mission, elle avait acquis pas mal de
3 renseignements de diverse nature qui pouvaient être utiles à la MVK quand
4 celle-ci a vu le jour ?
5 R. Oui.
6 Q. Pas utile même dans certains cas, mais même tout à fait vitaux pour le
7 bon début de la mission, en tout cas des renseignements susceptibles de
8 l'aider à démarrer. Est-ce qu'il est permis de s'exprimer ainsi ?
9 R. Il est permis de s'exprimer ainsi.
10 Q. Cette KDOM qui existait avant était divisée, si je me souviens bien, en
11 KDOM britannique, KDOM américaine et KDOM russe, n'est-ce pas ?
12 R. Oui, Maître, c'est exact.
13 Q. Chacun de ces éléments étant responsable d'un secteur précis de la
14 province du Kosovo.
15 R. Est-ce une question ou --
16 Q. Oui.
17 R. Oui, c'est exact.
18 Q. D'accord. Peut-être vais-je un peu trop vite. En général, je dis
19 toujours "n'est-ce pas" à la fin de chacune de mes questions de façon à ce
20 que vous compreniez bien qu'il ne s'agit pas d'une affirmation de ma part.
21 Avançons.
22 Vous avez eu quelques difficultés, nous le constatons à l'intercalaire 1,
23 page 6 783, la KDOM américaine ne vous transmettait pas les renseignements
24 recueillis par elle, et elle invoquait pour ce faire une directive venant
25 de Washington qui le lui interdisait, n'est-ce pas ?
26 R. Au début, il y a eu ce que j'appellerais des batailles de territoire
27 quant à la façon dont les choses allaient se passer. C'est exact, en effet.
28 Q. Je suppose que ces difficultés ont été supprimées peu à peu, n'est-ce
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1 pas, et que la situation s'est rétablie ?
2 R. Oui.
3 Q. A la page 6 796, je ne sais pas s'il est toujours question de cette
4 bataille de territoire ou de quelque chose d'autre, mais en tout cas au
5 paragraphe concernant le 14 novembre 1998, nous voyons le numéro 1600, je
6 ne sais pas ce qu'il signifie, est-ce que c'était l'heure ?
7 R. Oui.
8 Q. Dick Holbrooke et l'ambassadeur Walker se rendent chez Milosevic et
9 vous mettez par écrit la note suivante, je cite : "Chris Hill estimait que
10 DC réagissait de façon exagérée. Il n'est pas aussi désespéré que l'est
11 Washington."
12 Si vous vous en souvenez, à quel sujet estimait-il que Washington
13 réagissait de façon exagérée ?
14 R. Je ne me souviens pas à quoi ceci fait référence.
15 Q. D'accord. Page suivante, 13 novembre 1998, apparemment une réunion a
16 lieu avec Shaun Byrnes, et vous mettez par écrit le fait que Walker porte
17 une "double casquette". Nous savons quelle est l'une de ces casquettes, à
18 savoir ses fonctions dans le cadre de la mission de la MVK. Quelle était
19 l'autre casquette ?
20 R. Permettez-moi de lire ce passage avant de vous répondre.
21 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, nous avons donné notre
22 accord pour que ce carnet soit utilisé de façon générale, mais certaines
23 questions qui viennent d'être posées, la dernière en particulier, portent
24 sur des questions qui sont tout à fait hors du champ du contre-
25 interrogatoire.
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Mais la date est celle du 13 novembre,
27 à savoir une date dont le témoin a parlé au cours de l'interrogatoire
28 principal lorsqu'il a parlé de son arrivée en tant que chef d'état-major de
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1 Walker sur le terrain. A mon avis, par conséquent, ceci est tout à fait
2 dans le champ du territoire exploré durant l'interrogatoire principal.
3 M. STAMP : [interprétation] Très bien, dans ces conditions.
4 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
5 LE TÉMOIN : [interprétation] Je lis la page 48 et je ne vois pas --
6 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, selon les instructions
7 que je reçois à l'instant, il m'est dit que cette série de questions porte
8 sur un sujet pour lequel le fournisseur des documents n'a pas autorisé.
9 [Le conseil de l'Accusation se concerte]
10 M. STAMP : [hors micro]
11 L'INTERPRÈTE : Microphone, s'il vous plait.
12 M. STAMP : [interprétation] Excusez-moi.
13 Je retire les objections que j'avais élevées et je regrette d'avoir
14 interrompu et retardé mon confrère.
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci, Monsieur Stamp.
16 Maître Ackerman.
17 M. ACKERMAN : [interprétation] J'étais juste en train d'arriver à la fin de
18 ce point.
19 LE TÉMOIN : [interprétation] La réponse à cette question des deux chapeaux,
20 les deux chapeaux c'était seulement une situation provisoire, intérimaire
21 pour l'ambassadeur Walker pour ce qui concernait de s'occuper de la mission
22 KDOM et de son personnel et de la mission au Kosovo en même temps, jusqu'à
23 ce qu'elles soient fusionnées en une seule.
24 M. ACKERMAN : [interprétation]
25 Q. Il y a eu un moment où Walker était en charge de KDOM ?
26 R. J'aurais tendance à vous dire que non. Shaun Byrnes et le Département
27 d'Etat s'occupaient de très près de KDOM. C'était l'intention, mais elle ne
28 s'est jamais vraiment réalisée.
Page 11942
1 Q. Je doute sérieusement que la KDOM ait eu quoi que ce soit, aurait fait
2 quoi que ce soit dans le sens de l'ambassadeur Walker pour lui donner des
3 instructions. Est-ce que vous êtes d'accord avec cela ?
4 R. Cela, je ne peux pas me prononcer là-dessus.
5 Q. J'aimerais maintenant que nous passions à l'intercalaire 2, page 5 015.
6 Je pense que vous avez besoin de la regarder pour répondre à ma question.
7 Il s'agit de notes prises le 24 novembre 1998, commençant apparemment par
8 une réunion avec Shaun Byrnes. Pendant que nous sommes sur ce point, je
9 ferai une petite digression à l'instant et revenir à une question qui a été
10 évoquée ce matin et qui était une réunion dont vous avez dit qu'elle avait
11 eu lieu avec Milosevic à cette date du 24 novembre 1998.
12 La première chose que nous allons rappeler pour le compte rendu,
13 c'est que une lettre a été envoyée à Milosevic qui était datée du 23
14 novembre 1998, à savoir la veille de cette date que nous voyons ici à la
15 page 5 014. A la page 789 de votre déposition de ce matin, vous nous avez
16 dit que vous-même et Walker aviez remis cette lettre à Milosevic le 24.
17 Aussi, à la page 8, ligne 1, vous avez décrit une réunion, un débat assez
18 animé avec Milosevic à l'époque où il a commencé à parler très fort et a
19 montré qu'il était contrarié.
20 Maintenant, si nous regardons à la page que nous avons là et que vous
21 êtes en train de regarder devant vous, c'est la première note que vous
22 prenez à la date du 24 novembre. Certainement, nous voyons qu'un certain
23 nombre de choses se sont passées ce jour-là. Vous avez eu cette réunion
24 avec Shaun Byrnes. Il y a apparemment eu un coup de téléphone qui a été
25 donné par Dick Holbrooke à 14 heures 48, et vous parlez d'une réunion avec
26 Hill et Milosevic. Vous parlez d'un appel que vous avez fait au personnel
27 de Loncar.
28 Ensuite, on passe à la deuxième page. Il s'agit de la page 5 018, là
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1 je suis dans le doute. A 5 018, vous dites, ceci c'est le dîner avec
2 Sainovic ce soir-là : "La lettre à Milosevic dit que nous sommes en train
3 de vérifier."
4 Vous dites : "Elle est partie le mercredi 25 novembre." Je me
5 demande, si vous avez effectivement discuté de cette lettre avec
6 M. Milosevic le 24, pourquoi dans ce cas-là dites-vous qu'elle n'est pas
7 partie avant le lendemain, le 25 ?
8 R. Oui, tout cela, c'est tout à fait logique. Vous avez raison.
9 Certainement, j'ai une confusion en ce qui concerne les dates. Nous avons
10 rencontré Milosevic, nous lui avons remis la lettre qui l'a contrarié. Vous
11 savez, il faudrait que je regarde chacune de ces lettres, mais même
12 maintenant je suis dans le doute sur ce qui était cette date.
13 Q. Si nous regardons -- passons à l'intercalaire 3 maintenant, à la page
14 6 709. Je crois qu'il est question d'une réunion au niveau ministériel avec
15 l'OSCE qui, je pense, a eu lieu à Vienne les 2 et 3 décembre. Il y a ce
16 moment où l'ambassadeur Walker fait un discours ou une intervention à cette
17 réunion essentiellement à l'encontre de la façon dont les choses se
18 déroulaient et évoluaient.
19 L'une des choses qu'il mentionne, si vous regardez à la page 6 709,
20 c'est : "Rencontre avec Milosevic, amicale."
21 Maintenant, je suppose que la seule réunion qu'il peut être en train
22 de parler, c'est celle à laquelle vous avez remis cette lettre où vous
23 dites que Milosevic était très contrarié, qu'il criait et qu'il avait fait
24 beaucoup de bruit, qu'il n'était pas amical. Mais pourquoi est-ce que M.
25 Walker explique alors au ministre de l'OSCE que c'était une réunion
26 amicale ?
27 R. Il y a eu plusieurs réunions. L'ambassadeur Walker et moi, je
28 pense que nous avons participé à au moins quatre, probablement. J'étais
Page 11944
1 avec lui pour probablement trois de ces réunions. La réunion où nous avons
2 exprimé à M. Milosevic que nous ne voyions pas la possibilité d'avoir un
3 accès sans entrave et complet des services était celle où il était
4 contrarié, celle où il s'agit de la lettre qui était personnelle et qui lui
5 a été remise par M. Walker.
6 Il y a une autre lettre qui lui a été écrite et qui définissait
7 un accord, une façon de comprendre l'accord. D'après mes souvenirs, il
8 s'agissait de celle à laquelle elle a été aussi remise en personne à M.
9 Milosevic. Mais cela s'est trouvé avec M. l'Ambassadeur Miles du consulat
10 des Etats-Unis, donc je ne suis pas absolument certain quelle est la
11 personne qui la lui a remise. Mais vous savez, cette réunion où nous avons
12 discuté de la coopération serbe, c'était la réunion où M. Milosevic était
13 contrarié. Il avait l'impression qu'il coopérait.
14 Q. Bien. Cette intervention, ce discours du ministre de l'OSCE, c'était
15 environ 10 jours après le 24 novembre ?
16 R. Oui.
17 Q. Il n'y avait pas eu de réunion avec Milosevic entre le 24 novembre et
18 le 2 ou 3 décembre, n'est-ce pas ?
19 R. Je ne me souviens pas. Il faut certainement que je regarde mes notes et
20 que je voie, mais je sais que nous avons eu quelques réunions certainement
21 avant Noël avec lui.
22 Q. Bien. Maintenant, j'aimerais que l'on revienne au point où je voulais
23 commencer. Si vous voulez revenir à la page 5 014.
24 R. Quel intercalaire ?
25 Q. Excusez-moi.
26 R. Quel intercalaire ?
27 Q. Excusez-moi, intercalaire 2. C'est à la première entrée au 24 novembre,
28 les premières notes qui sont prises, réunion avec Shaun Byrnes. Si vous
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1 voulez juste tourner la page pour passer au numéro 5 015, il y a un titre :
2 "Conversation avec Holbrooke." Qui est Holbrooke, ici ? Est-ce qu'il était
3 simplement en train de parler ou est-ce que c'était un appel téléphonique ?
4 De quoi s'agissait-il ?
5 R. Je vous dirais que c'était un appel téléphonique.
6 Q. Bien. C'est probablement le cas parce que vous parlez d'un appel
7 téléphonique de Holbrooke à 14 heures 48 à la page précédente. (expurgé)
8 (expurgé)
9 (expurgé)
10 (expurgé)
11 (expurgé)
12 R. L'ambassadeur Holbrooke voulait que l'équipe de Byrnes et Walker
13 travaille davantage ensemble, de façon plus proche. Je pense que l'une de
14 ses préoccupations, vous savez, était qu'il fallait se mettre ensemble,
15 s'asseoir ensemble et regarder où on en était et voir s'il y avait une
16 possibilité pour trouver des solutions politiques favorables et solides
17 entre les deux parties, du côté serbe et du côté albanais.
18 L'ambassadeur Hill était assez indépendant en venant au Kosovo et il
19 n'avait pas toujours à s'entretenir avec l'ambassadeur Walker et avec M.
20 Shaun Byrnes. Je pense que c'était plutôt une tentative de Holbrooke pour
21 essayer de réunir, d'encourager son équipe de façon à pouvoir coopérer et
22 c'est cela qu'on a essayé de réaliser à ce moment-là.
23 Q. Allons un peu plus loin maintenant à la page 5 023; si vous regardez
24 d'abord à la page 5 022, le 26 novembre 1998, l'ambassadeur de Belgique
25 apparemment vous rend visite. Il semble Walker l'ait rencontré et vous avez
26 indiqué quelque chose que Walker disait à l'ambassadeur de Belgique.
27 Regardons à la page 5 023, vous dites : "Sur la question de
28 l'application, Milosevic avait un motif légitime d'être contrarié par les
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1 actions de l'UCK. Ils sont en train de tirer avantage des tirs. C'est un
2 grief valable du gouvernement dans la République fédérale de Yougoslavie."
3 Maintenant telle était la situation sur le terrain le 26 novembre lorsque
4 l'ambassadeur Walker rencontrait l'ambassadeur belge, n'est-ce pas ?
5 R. Oui. C'était d'après les commentaires de l'ambassadeur de Belgique et
6 qui se trouvait sur place.
7 Q. C'était son commentaire ?
8 R. Oui.
9 Q. Je suppose que Walker était d'accord avec cela. Je ne vois pas de
10 désaccord de votre part ?
11 R. Je ne me rappelle pas s'il était d'accord avec cela ou pas. A ce stade
12 de la mission, je pense que probablement il aurait été d'accord, mais ce
13 n'est qu'une conjecture de ma part.
14 Q. Maintenant, je voudrais vous poser une question qui peut être un peu
15 sensible. Je vais évoquer une hypothèse, sentez-vous libre d'être d'accord
16 avec moi si vous le voulez ou de ne pas répondre à la question.
17 Il y a quelque chose qui est indiqué à l'intercalaire 3, page
18 6 711 qu'il y aurait eu -- vous trouverez cela à plus d'un endroit dans
19 votre journal. Cela a à voir avec une sorte de différend sur le point de
20 savoir si les Russes auraient accès à votre centre ou non ? L'hypothèse que
21 je fais, c'est que c'était une préoccupation de l'OTAN concernant la
22 sécurité des renseignements de l'OTAN; est-ce que c'est exact ?
23 R. Non, Maître.
24 Q. Est-ce que vous seriez plus confortable en nous disant ce dont il
25 s'agissait ?
26 M. STAMP : [hors micro]
27 [interprétation] Excusez-moi. Je pense que c'est un domaine dans
28 lequel --
Page 11947
1 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Cela ne me frappe pas comme
2 étant directement pertinent, Maître Ackerman.
3 M. ACKERMAN : [interprétation] Je suis d'accord, Monsieur le Président,
4 c'est pour cela que je suis prudent --
5 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Non, vous avez été très prudent. Je
6 vous remercie. Nous pouvons dépasser cela. Je vous remercie.
7 M. ACKERMAN : [interprétation] Bien.
8 Q. Allons toujours à la page 6 723, si vous regardez d'abord la 6 721, 3
9 décembre 1998, réunion avec le numéro deux. Qui serait ce numéro deux ?
10 R. Où est-ce que ceci est indiqué ?
11 Q. C'est à la page 6 721, au début des notes qui sont prises à
12 l'intercalaire 3.
13 M. STAMP : [interprétation] Est-ce que je pourrais simplement, sans lever
14 d'objection, je ne sais pas quelle est la réponse à la question --
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, Monsieur Stamp.
16 M. STAMP : [interprétation] Je voudrais demander que l'on avise le témoin
17 que si la réponse est susceptible de révéler des sources qui sont
18 confidentielles, qu'il nous le fasse savoir.
19 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je pense que M. Phillips a l'habitude
20 de se rendre compte de ce qui pourrait être révélé et ce qui ne devrait pas
21 l'être. Je laisse à vous, Monsieur Phillips, de décider dans une situation
22 comme celle-ci et de nous dire si, oui ou non, un problème se pose.
23 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui, Monsieur le Président, je ne peux pas
24 faire de commentaire sur cette entrée du journal.
25 M. ACKERMAN : [interprétation]
26 Q. Je vais retirer ma question en ce qui concerne le numéro deux et vous
27 demander de passer à la page 6 723. On y trouve des notes qui sont prises,
28 je ne sais pas si c'est par vous ou si c'est quelque chose que ce numéro
Page 11948
1 deux vous aurait dit. Michael O'Connor dont nous avons entendu parler
2 précédemment dans le New York Times dit : "L'UCK est en train d'agir et de
3 revenir dans des régions qu'elles possédaient à un moment donné, donc oui,
4 il se peut qu'il puisse y avoir là un certain avantage."
5 Il s'agit là du 3 décembre 1998. Etait-ce bien la situation à ce stade ?
6 R. Je vous dirais que oui.
7 Q. Vous avez eu une conversation avec Me Sepenuk plus tôt aujourd'hui
8 concernant une entrée qui commence à la page 6 729 et on lit : "NAC avec
9 SecGen." Vous avez expliqué qu'il s'agissait d'un groupe de l'OTAN et que
10 le secrétaire général était M. Solana. La partie qui m'intéresse, c'est la
11 page 6 734 où vous avez noté : "Les deux côtés" - et je suppose que vous
12 vouliez dire les Serbes et l'UCK - "semblaient souhaiter que la communauté
13 internationale les voient sous un bon jour."
14 Je suppose que c'est une observation faite par Walker ou certainement par
15 quelqu'un qui fait cette réflexion lors de cette réunion. Je suppose aussi
16 que vous acceptez que c'est vrai, vous êtes d'accord avec cela ?
17 R. Oui, Maître. C'était un commentaire de M. Walker, avec lequel je suis
18 d'accord.
19 Q. Maintenant, nous allons à l'intercalaire numéro 4 qui commence par un
20 rapport du 9 décembre 1998, concernant une réunion avec Sainovic. Si vous
21 passez maintenant à la page 4 963, nous parvenons à un point sur lequel Me
22 Sepenuk s'est attardé assez brièvement. M. Sainovic se plaint du fait que
23 l'argent en Europe occidentale a été gelé pour empêcher l'UCK d'acheter des
24 armes, mais que cet argent a maintenant été débloqué, qu'il n'est plus
25 gelé. Il y avait là un problème et il a demandé à Walker d'essayer de le
26 régler. Ensuite, vous voyez où Walker répond à ce sujet et dit : "Je vais
27 parler à la communauté internationale sur la question de fournir de
28 l'argent pour acheter des armes. C'est une question dont il ne faut pas
Page 11949
1 parler. Il faut que les avoirs en banque soient à nouveau gelés. Je ne veux
2 pas que l'UCK achète davantage d'armes ou de meilleures armes. Je vais
3 m'occuper de cela d'une certaine manière. Nous ferons tout ce qui est en
4 notre pouvoir pour empêcher l'arrivée d'armes."
5 C'est ce que Walker a dit à M. Sainovic, n'est-ce pas ?
6 R. Oui.
7 Q. A votre avis, est-ce qu'il était honnête avec M. Sainovic sur ce point
8 ou est-ce qu'il était en quelque sorte en train de lui faire croire quelque
9 --
10 R. Il était sincère avec M. Sainovic, comme M. Sainovic l'était avec
11 l'ambassadeur Walker.
12 Q. Ceci ne répond pas à ma question. Est-ce qu'il était sincère ?
13 R. Je viens de dire qu'il était sincère avec M. Sainovic comme M. Sainovic
14 était sincère avec lui au cours de cette partie de la mission.
15 Q. Ceci ne répond toujours pas à la question. La seule façon que je
16 pourrais savoir ce qu'est votre réponse, c'est jusqu'à quel point M.
17 Sainovic était sincère ?
18 R. Comme je l'ai déjà dit dans ma déposition, il était sincère dans sa
19 coopération.
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Ce n'est pas présenté comme une
21 comparaison, Maître Ackerman, c'est juste dit "qu'il était", non pas "comme
22 s'il était" sincère, mais "sincère avec M. Sainovic, comme M. Sainovic
23 l'était avec lui."
24 M. ACKERMAN : [interprétation] J'avais mal compris, Monsieur le Président.
25 Je suis satisfait de la réponse et vous en remercie.
26 Q. Maintenant, si nous allons à 12 jours plus loin, nous regardons
27 l'intercalaire 5 de la page 6 684, il s'agit du 21 décembre 1998. Il y a là
28 quelque chose qui a été noté concernant l'ambassadeur Jim Pardue au bas de
Page 11950
1 la page 6 684. Est-ce que vous voyez cela ?
2 R. Oui.
3 Q. Qui est l'ambassadeur Jim Pardue ?
4 R. C'était un fonctionnaire du Département d'Etat qui effectuait une
5 visite au Kosovo à ce moment-là; le fonctionnaire du Département d'Etat qui
6 s'occupait des activités au Kosovo.
7 (expurgé)
8 (expurgé)
9 (expurgé)
10 (expurgé)
11 (expurgé)
12 (expurgé)
13 (expurgé)
14 (expurgé)
15 R. Oui.
16 Q. Rien ne montre que l'ambassadeur Walker aurait dit à Pardue : j'ai
17 promis à Sainovic que nous empêcherions l'argent de parvenir, je lui ai
18 promis cela il y a plusieurs jours à ce sujet, parce que j'ai dit cela à
19 Sainovic.
20 Je ne vois pas cela dans vos notes. Est-ce qu'il a dit cela ?
21 R. L'ambassadeur Walker a évoqué la question avec l'ambassadeur Pardue et
22 également auprès de l'OSCE à Vienne. Il a dit que ceci devait cesser.
23 Q. Si nous passons à l'intercalaire 6, maintenant 27 décembre 1998, ceci
24 c'est l'interview de l'ambassadeur Walker avec Mike O'Connor du New York
25 Times et --
26 R. Quel numéro ? Page, numéro, s'il vous plaît ?
27 Q. Page numéro 6 632, intercalaire 6. Apparemment, Mike O'Connor demande à
28 l'ambassadeur Walker : "Qu'est-ce que vous allez faire si l'UCK tue l'un
Page 11951
1 d'entre nous ?"
2 Walker répond : "Je déclarerai que ce sont des terroristes, je m'adresserai
3 à la presse. J'interviendrai pour ce qui est des fournitures d'armes et
4 pour ce qui est de leurs comptes en banque."
5 Il est encore en train de dire : vous savez, nous allons faire cela à
6 l'avenir, même bien qu'il ait promis à Sainovic qu'il ferait cela
7 absolument plusieurs jours plus tôt; c'est bien cela ?
8 R. Oui, c'est logique. Je voulais simplement vous dire, vous savez,
9 l'ambassadeur Walker n'avait pas tous les moyens de parvenir et arrêter
10 d'un seul coup. Il fallait qu'il retrouve le Groupe de contact et l'OSCE à
11 Vienne pour obtenir cette aide.
12 Q. Oui, là c'est tout à fait le cas. Il se peut très bien que
13 l'ambassadeur Walker ait voulu accomplir cela, mais qu'il n'ait pas été en
14 mesure de le faire. Certainement, je ne voudrais pas donner à penser quoi
15 que ce soit d'autre, mais il semble qu'il n'ait pas été en mesure d'obtenir
16 que cela soit fait, même s'il avait promis à Sainovic qu'il le ferait pour
17 une raison, quelle qu'elle soit. Je comprends que vous ne savez pas quelle
18 était la raison dont il voulait parler à ce moment-là.
19 R. Non.
20 Q. Nous allons maintenant revenir à l'intercalaire 4 et à la page 4 982 de
21 votre journal. Il s'agit d'une situation qui a été discutée avec vous un
22 peu avec M. Sepenuk plus tôt aujourd'hui. Maintenant, ceci décrit la
23 situation où il y a eu l'incident de Panda Bar qui s'est produit et l'UCK a
24 eu une embuscade le long de la frontière, pour ce qui est de traverser la
25 frontière, et ceci a été le véritable premier incident majeur qui a eu lieu
26 au cours de votre mission au Kosovo, n'est-ce pas ?
27 R. J'ai manqué une partie de votre question; j'étais en train d'essayer de
28 lire le texte. Excusez-moi.
Page 11952
1 Q. Nous étions en train de parler d'une situation ici le 14 décembre et
2 passant au 15, où il y avait eu une embuscade de quelques membres de l'UCK
3 qui avaient traversé la frontière au Kosovo, et plusieurs d'entre eux
4 avaient été tués dans cette embuscade. La chose qui s'est passée après cela
5 est décrite à la page suivante, 4 983, comme étant une frappe de rétorsion
6 dans un bar serbe. Il s'agit du Bar Panda ou du Panda Bar, où un certain
7 nombre de jeunes enfants serbes, dirais-je, ont été tués et plusieurs
8 autres ont été blessés. Je pense qu'en fait six ont été tués et 15 ont été
9 blessés.
10 Ma question est la suivante : ceci fondamentalement est le premier incident
11 qui a eu lieu au cours de votre mission et qui a évidemment causé beaucoup
12 de préoccupation ?
13 R. Oui. Maintenant, nous sommes arrivés au 4 novembre. Cela a été un grave
14 problème, je me rappelle et je ne pourrais pas vous dire si cela était le
15 premier grand problème. Cela dépend de savoir comment vous définissez les
16 choses, mais cet incident-ci a causé des préoccupations majeures à
17 l'ambassadeur Walker, il était très malheureux de ce qui s'était passé,
18 bien sûr.
19 Q. Quelque part dans votre journal, je ne sais pas si je vais pouvoir le
20 retrouver maintenant, est-ce que vous avez fait une liste des événements
21 majeurs qui s'étaient produits ? Celui-ci est l'un d'être eux ?
22 R. Je ne conteste pas cela, mais je n'arrive pas à remettre les choses
23 dans l'ordre.
24 Q. Ce n'est pas terriblement important. Ce que je voudrais vous demander,
25 c'est quelle a été la réaction de Holbrooke, si vous la retrouvez ?
26 M. STAMP : [interprétation] Avant qu'on ne passe à cela, Monsieur le
27 Président, puisque nous ne sommes pas en train de demander le versement de
28 ce document au dossier, juste pour être bien précis, une frappe de
Page 11953
1 rétorsion à laquelle se réfère mon confrère, on parle de ce document qui
2 indique quatre morts et sept blessés. Je pense qu'il a dit les choses à
3 l'envers; en fait, sept morts et quatre blessés. Juste pour être précis, on
4 dit bien quatre morts et sept blessés. C'est ce que dit le carnet.
5 M. ACKERMAN : [interprétation] Monsieur le Président, il est vrai que les
6 notes disent cela et qu'il y a plus tard une note qui met les choses à jour
7 et indique qu'il y a eu sept morts et 15 blessés. Je peux vous indiquer si
8 c'est nécessaire.
9 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie. Poursuivez
10 avec votre dernière question, maintenant, Maître Ackerman.
11 M. ACKERMAN : [interprétation]
12 Q. Nous sommes à la page 4 990, Colonel, et je pense que là il s'agit
13 d'une réaction à cette situation qui s'est développée là le 14, où
14 apparemment il y a eu des communications avec Holbrooke dans lesquelles
15 Holbrooke dit, d'après vos notes : "Je suis en faveur de faire venir des
16 troupes de l'OTAN, des fantassins. L'OTAN est en faveur d'une force de
17 sécurité internationale à mettre au Kosovo. Nous avons seulement 14
18 semaines."
19 Je ne sais pas ce que veut dire "seulement 14 semaines". Peut-être que vous
20 le savez, peut-être que vous ne le savez pas. Si vous le savez, je
21 souhaiterais que vous nous le disiez. On a l'impression qu'Holbrooke réagi
22 à ceci sur la base de faire venir des troupes de l'OTAN déjà à partir de ce
23 stade.
24 R. La discussion concernant les troupes de l'OTAN qui seraient entrées au
25 Kosovo dépendait du fait que les vérificateurs de l'OSCE étaient désarmés.
26 Ils étaient sans armes et on a eu le sentiment que si --
27 M. STAMP : [interprétation] Monsieur le Président, la question vraiment
28 invite le témoin à entrer dans un domaine de politique de l'OTAN qui est
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1 très éloigné et pas seulement en dehors de la portée de ce qu'il sait
2 personnellement. Vraiment, ceci l'invite à faire des hypothèses.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] C'est quelque chose que le témoin a
4 entendu dire.
5 M. STAMP : [interprétation] Oui, il l'a entendu, mais il s'agit de parler
6 de politique de l'OTAN.
7 Je ne suis pas sûr que là, si mon confrère pouvait aller au-delà en
8 confirmant que ceci est quelque chose qu'il a entendu dire en demandant au
9 témoin de commenter des politiques formulées à l'OTAN. Je ne sais pas si
10 c'est quelque chose qu'il connaît personnellement.
11 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je pense que s'il souhaite une
12 explication sur quelle est la question des 14 semaines --
13 M. STAMP : [interprétation] Ceci est à la fin de toutes les questions, mais
14 je ne sais pas si par rapport à la façon dont la question a été formulée --
15 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que c'était bien votre
16 question, Monsieur Ackerman ?
17 M. ACKERMAN : [interprétation] Oui, tout à fait, Monsieur le Président. Le
18 témoin a bien voulu me dire que si c'était des questions sur lesquelles il
19 ne savait pas où il n'avait pas de connaissances, qu'il ne pouvait pas
20 faire de commentaire. Je ne suis pas préoccupé à ce sujet s'il s'agit de
21 quelque chose qu'il ne sait pas.
22 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que vous savez de quoi il était
23 question avec ces 14 semaines ?
24 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui.
25 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pouvez-vous le dire à Me Ackerman ?
26 LE TÉMOIN : [interprétation] Lorsque le printemps devait arriver.
27 M. ACKERMAN : [interprétation]
28 Q. Ceci, c'était une préoccupation qu'il y aurait une offensive de
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1 printemps ?
2 R. Oui.
3 Q. Bien.
4 M. ACKERMAN : [interprétation] Nous nous arrêtons là pour aujourd'hui,
5 Monsieur le Président ?
6 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je pense que oui, Maître Ackerman.
7 Je pense qu'hélas vous allez devoir revenir, Monsieur Phillips, parce que
8 nous avons n'avons plus de temps pour l'audience maintenant. Il n'est pas
9 possible pour nous de siéger plus longtemps, même pour un seul témoin. Nous
10 avons besoin de vous revoir demain matin à 9 heures. Il est très important
11 que vous n'ayez aucune discussion avec qui que ce soit sur aucun aspect de
12 votre déposition, la déposition que vous avez déjà faite ou des dépositions
13 que vous allez faire. Donc d'ici à demain, parlez à qui vous voulez de ce
14 que vous voulez, pourvu que vous ne parliez pas de votre déposition. C'est
15 important, particulièrement important dans votre cas, comme je l'ai
16 expliqué plutôt, parce qu'il y a des représentants de votre gouvernement
17 qui sont à l'audience et cela s'applique également à eux. S'il est
18 nécessaire qu'ils vous parlent, à ce moment-là, il faut qu'ils présentent
19 une demande d'autorisation à la Chambre.
20 Vous pouvez quitter maintenant la salle d'audience avec l'huissier et
21 être de retour demain à 9 heures.
22 LE TÉMOIN : [interprétation] Oui.
23 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Merci.
24 [Le témoin quitte la barre]
25 [La Chambre de première instance et le Juriste se concertent]
26 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Monsieur Hannis, je vous ai demandé de
27 venir à l'audience pour traiter d'une question particulière pour nous qui a
28 trait à votre requête, la deuxième, pour le versement au dossier de pièces
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1 qui seraient présentées directement à l'audience. L'une de ces pièces est
2 la pièce 1378, qui est décrite comme étant un compte rendu d'une interview
3 de PBS Frontline. Ceci a été obtenu d'un site Web. Votre demande n'indique
4 pas ce que c'est, ni quoi que ce soit concernant sa provenance. Pourriez-
5 vous nous aider à ce sujet ?
6 M. HANNIS : [interprétation] Oui, Monsieur le Président.
7 On me dit que Frontline est un programme de télévision. C'est un
8 documentaire spécial de la télévision Frontline sur le conflit au Kosovo.
9 Il y a des interviews de plusieurs protagonistes clés, mais je ne suis pas
10 sûr que vous ayez connaissance de cela. Nous avons également une interview
11 de Frontline du général Clark qui a été communiquée dans les documents.
12 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Est-ce que --
13 M. HANNIS : [interprétation] Je peux vous donner l'adresse du site Web d'où
14 on l'a téléchargé. M. Coo l'a téléchargé à partir du site Web je pense
15 qu'il y a de cela pas mal d'années, lorsqu'il a écrit son rapport.
16 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, mais est-ce que cette interview a
17 été diffusée à la télévision ?
18 M. HANNIS : [interprétation] Je ne connais pas la réponse à cela, Monsieur
19 le Président.
20 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] C'est le renseignement que nous
21 souhaiterions avoir. L'ayant examiné, il semble qu'il y ait des questions
22 et des réponses sur un site Web, ceci ne nous dit guère plus qu'il s'agit
23 de quelque chose de Frontline. Mais si cela a été placé simplement sur le
24 Web ou s'il y a eu diffusion, il nous intéresserait de le savoir.
25 M. HANNIS : [interprétation] Je vais me renseigner pour voir si l'ensemble
26 a été diffusé ou seulement des parties ont été diffusées.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, je pense qu'il est aussi
28 important de savoir dans quelle mesure il y a eu également un montage.
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1 M. HANNIS : [interprétation] Je vais obtenir tous les documents nécessaires
2 sur cela, Monsieur le Président.
3 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Pour la première heure demain matin,
4 s'il vous plaît.
5 M. HANNIS : [interprétation] Oui, Monsieur le Président, je vais le faire.
6 M. ACKERMAN : [interprétation] Monsieur le Président, très brièvement sur
7 la question.
8 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui, Maître Ackerman.
9 M. ACKERMAN : [interprétation] Vous avez déjà décidé que si nous devions
10 utiliser des documentaires de la BBC, il fallait que ce soit traduit par le
11 service du CLSS. Je pense que c'est très clair que ceci n'a pas été traduit
12 par le CLSS. Maintenant, le général Pavkovic ne parle pas anglais, de sorte
13 que ses réponses seront en serbe et qu'il faudrait qu'elles aient été
14 traduites. En fait, il a donné une interview, je pense qu'il l'a
15 probablement fait. En tout état de cause, nous n'avons aucune idée qui a
16 traduit cela et quelle est l'exactitude de cette traduction, de sorte qu'il
17 se peut que nous ayons là une autre base pour l'exclure.
18 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Oui. Je pense que ces questions
19 doivent être examinées. J'avais supposé, après l'avoir lue, qu'il
20 s'agissait d'une interview qui avait eu lieu en anglais. Mais ce n'est pas
21 le cas.
22 M. ACKERMAN : [interprétation] Cela ne peut pas avoir eu lieu parce qu'il
23 ne parle pas anglais, Monsieur le Président.
24 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Il faut qu'on se renseigne davantage
25 sur ce point.
26 M. HANNIS : [interprétation] Nous avons le faire, Monsieur le Président.
27 M. LE JUGE BONOMY : [interprétation] Je vous remercie.
28 Nous reprendrons demain matin à 9 heures.
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1 --- L'audience est levée à 3 heures 36 et reprendra le mardi 20 mars 2007,
2 à 9 heures 00.
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