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Press Release
. Communiqué de presse
(Exclusively
for the use of the media. Not an official document)
CC/PIU/334-F
La Haye,
le 23 juillet 1998
CONCLUSION
DE LENQUETE INTERNE
RELATIVE
AU DECES DE SLAVKO DOKMANOVIC
Aucune
indication dacte criminel
Le
suicide de laccusé est confirmé
Toutes
les Règles de Détention ont été respectées
Aucune
négligence na été constatée
A la suite du
décès tragique de Slavko Dokmanovic, retrouvé mort dans sa cellule peu après
minuit le lundi 29 juin 1998, la Présidente du Tribunal Pénal International
pour lex-Yougoslavie, Juge Gabrielle Kirk McDonald, avait ordonné louverture
dune enquête interne "sur les circonstances ayant entouré
le décès de laccusé".
Agissant en vertu
de larticle 32(C) des Règles de Détention (Règlement portant régime
de détention des personnes en attente de jugement ou dappel devant le
Tribunal ou détenues sur lordre du Tribunal), la Présidente McDonald
avait désigné, le mardi 30 juin, le Juge Almiro RODRIGUES pour mener cette enquête
interne.
Le mardi 21 juillet
1998, le Juge Rodrigues a présenté son rapport final au Vice-Président, Juge
Mohamed Shahabuddeen, faisant fonction de Président en labsence de celui-ci.
Le Vice-Président a ordonné que les conclusions du rapport du Juge Rodrigues
soient rendues publiques.
Finalité
de lenquête
Lenquête
avait une double finalité:
Eclairer les
circonstances ayant entouré le décès du détenu et déterminer si des responsabilités
individuelles sont engagées à la lumière des Règles de Détention en vigueur
relatives à la sécurité personnelle des détenus.
Déterminer si
des amendements doivent être apportés aux Règles de Détention de manière à
éviter la répétition dun semblable événement.
Méthodologie
de lenquête
Dès sa désignation,
le Juge Almiro Rodrigues a constitué une équipe chargée de lenquête comprenant
quatre membres (un enquêteur, deux assistants juridiques et un photographe)
assistés dune secrétaire.
Le Juge Rodrigues
a tout dabord invité lavocat de Slavko Dokmanovic, Me Toma Fila,
et le frère de Slavko Dokmanovic, M. Jovan Dokmanovic, à laccompagner
lors de sa visite au quartier pénitentiaire et à la cellule de M. Dokmanovic.
Celle-ci était restée verrouillée depuis la nuit du 29 juin.
Cette inspection
a eu lieu le 1er juillet 1998. Un représentant de lAmbassade de la République
Fédérale de Yougoslavie y a assisté.
Dans la cellule,
les objets pertinents pour lenquête ont été saisis. Des photographies
ont également été prises pour compléter le jeu de clichés pris par la police
néerlandaise, le 29 juin, peu après la découverte du corps sans vie du détenu.
Le 8 juillet,
le Juge Rodrigues a pris connaissance du Rapport sur lautopsie, effectuée
le 1er juillet.
Le Juge Rodrigues
sest enfin entretenu, au cours de son enquête, avec les personnes suivantes:
lavocat du détenu, son frère, linterprète qui a assisté aux derniers
entretiens de laccusé avec le commandant-adjoint et le chef du service
médical du quartier pénitentiaire, cinq gardiens du quartier pénitentiaire,
le commandant du quartier pénitentiaire ainsi que son adjoint, et le Chef du
service médical.
Les
résultats de lenquête
Les principaux
résultats (dont copie est jointe) peuvent être résumés de la façon suivante:
Lenquête
na révélé aucune trace de violence, que ce soit sur le lieu des faits
ou sur le corps du détenu, faisant penser à un acte criminel.
Slavko Dokmanovic
souffrait de dépression, il était sous traitement médical spécifique et faisait
lobjet dune surveillance particulière. Le niveau de cette surveillance,
dicté par létat physique et psychologique de laccusé, a fluctué
depuis larrivée du détenu au quartier pénitentiaire au mois de juin
1997. Depuis le 23 juin 1998, à la veille de la clôture de son procès, laccusé
était contrôlé toutes les demi-heures pendant les heures de repos. Cette mesure
représentait lun des niveaux de surveillance les plus élevés, après
la surveillance par circuit télévisé interne 24 h sur 24.
Dans la nuit
du 28 au 29 juin, entre deux de ces contrôles, le détenu a en vain tenté,
à deux reprises, de se suicider. Ces tentatives ne pouvaient pas être détectées
par le gardien effectuant le contrôle. Lors dune troisième tentative,
Slavko Dokmanovic est parvenu à se pendre en attachant lextrémité dune
cravate fermement nouée autour de son cou à la charnière supérieure de la
porte de larmoire de sa cellule.
Toutes les dispositions
du Règlement de Détention concernant la sécurité des détenus ont été respectées.
Aucune négligence na été constatée.
Création
dun groupe de travail
Désireux de tirer
les enseignements du décès tragique de Slavko Dokmanovic, le Juge Rodrigues
est en train de constituer un groupe de travail, incluant des experts internationaux,
qui va étudier la question des suicides en prison et passer en revue la validité
des dispositifs de prévention mis en oeuvre dans plusieurs systèmes pénitentiaires.
Si nécessaire,
ce groupe de travail sera amené à proposer une éventuelle révision du Règlement
de Détention actuellement en vigneur.
Notice
biographique du juge Almiro Rodrigues
Né en 1950 au
Portugal, le Juge Rodrigues a été élu Juge au Tribunal en mai 1997 et a prêté
serment le 17 novembre 1997. Il préside actuellement la Chambre de première
instance chargée dentendre laffaire Aleksovski. En tant que membre
de la Chambre de première instance I, il connaît également de six autres affaires
(Kordic & Cerkez; Jelisic; Simic, Tadic & Zaric; Kos; Zigic; Kvocka
& Radic). Par ailleurs, il siège à la Chambre dApeel dans les affaires
Tadic et Kovacevic.
Diplômé en droit
et en psychologie, le Juge Rodrigues a longuement travaillé pour le Ministère
Public portuguais: avant sa nomination au Tribunal International, il était Procureur
Général adjoint du Portugal. Il a également enseigné pendant treize ans au Centre
dEtudes Judiciaires du Portugal.
Le Juge Rodrigues
est membre et fondateur de lAssociation portuguaise du droit de la famille,
de lAssociation portugaise de lenfance en danger, et de lAssociation
internationale des magistrats de la famille et des mineurs.
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