Informations relatives à l’affaire 29 janvier 2004  

 AFFAIRE STANKOVIC (IT-96-23/2)
L'accusé
Radovan STANKOVIC
alias «Rasa», né le 10 mars 1969 ŕ Trebica, municipalité de Foca en Bosnie-Herzégovine

Appréhendé par la SFOR: 9 juillet 2002
Transféré au TPIY: 10 juillet 2002
Comparution initiale: 12 juillet 2002, a plaidé «non coupable» de tous les chefs d’accusation
Comparution ultérieure : 6 mars 2003, n’a pas entré de plaidoyer
Comparution ultérieure: 4 avril 2003, a plaidé «non coupable» de tous les chefs d’accusation de l’acte d’accusation modifié

Gojko JANKOVIC
voir affaire IT- 98-23/2
Dragan ZELENOVIC
voir affaire IT- 98-23/2
Voir aussi affaire Kunarac et consorts IT-96-23&23/1
 
L’acte d'accusation ("Foca")

L’acte d'accusation, confirmé le 26 juin 1996, comprenait à l’origine quatre autres accusés, dont Dragan Gagovic et Janko Janjic, lesquels sont décédés. Le Procureur a ensuite autorisé le retrait de l’acte d'accusation déposé à l’encontre de Gagovic le 30 juillet 1999.
L’acte d'accusation, confirmé le 19 août 1998, a été déposé à l’encontre de Kunarac, le dissociant de ce fait de ses coaccusés d’origine. Le 3 septembre 1999, un second acte d'accusation modifié a été confirmé, donnant lieu à une jonction d’instance des affaires concernant Dragoljub Kunarac et Radomir Kovac (IT-96-23).
A la suite de l’arrestation de Zoran Vukovic, un acte d'accusation modifié a été déposé le 21 février 2000 (IT-96-23/1), contenant uniquement les faits et les accusations retenus à son encontre.
Dragoljub Kunarac, Radomir Kovac et Zoran Vukovic ont été jugés conjointement. Leur procès a commencé le 20 mars 2000. La Chambre de première instance a rendu son jugement le 22 février 2001. Dragoljub Kunarac été condamné à 28 ans d’emprisonnement, Radomir Kovac été condamné à 20 ans d’emprisonnement et Zoran Vukovic été condamné à 12 ans d’emprisonnement. Le 12 juin 2002, la Chambre d’Appel a confirmé les peines des trois co-accusés.
L’acte d'accusation modifié contre Radovan Stankovic été déposé le 5 octobre 1999. Le 20 novembre 2002, le Procureur a déposé une requête pour modifier l’acte d’accusation. La Chambre de première instance a confirmé l’acte d’accusation modifié le 28 février 2003.

Les faits reprochés
Deuxième acte d'accusation modifié contre Radovan Stankovic été déposé le 3 mars 2003 en vertu de la Décision du 28 février 2003 de la Chambre de première instance. L’acte d’accusation allègue que le 8 avril 1992, les forces serbes ont lancé une attaque de grande envergure contre la population non serbes, en s’en prenant d’abord à la ville de Foca. Le 16 ou 17 avril 1992, la ville était entièrement occupée. Le siège des villages environnants s’est poursuivi jusqu’ à la mi-juillet 1992.
Après s’être emparés des villes et des villages, les militaires, la police, les paramilitaires et parfois même les villageois serbes ont commencé à piller ou brûler les maisons et appartements des Musulmans et à effectuer des rafles et arrêter ces derniers. Des Musulmans ont été battus ou tués au cours de cette opération.
Selon l’acte d'accusation, les forces serbes ont séparé les hommes et les femmes non serbes. Les hommes étaient principalement détenus au Kazneno-Popravni Dom de Foca («KP Dom»). Les femmes, les enfants et les personnes âgées musulmans ont été détenus dans des maisons, des appartements et des motels de la ville de Foca ou des villages environnants, ou dans des centres de détention à court ou à long terme tels que Buk Bijela, le lycée de Foca et le centre sportif Partizan. Ces femmes et ces jeunes filles étaient forcées de vivre dans des conditions d’hygiène intolérables: elles étaient en butte à de multiples exactions et nombre d’entre elles ont subi des viols à répétition.
Il est allégué que certaines de ces femmes et de ces jeunes filles ont été transférées de ces grands centres de détention dans les appartements et des maisons privés, comme la maison de Karaman au numéro 16 de la rue Osmana Ðikica ou la maison de Trnovace. Elles étaient forcées de faire la cuisine, le ménage et de servir les occupants qui étaient les soldats serbes. Ces femmes et ces jeunes filles ont également été victimes de violences sexuelles répétées.
Il est allégué que Radovan Stankovic était un soldat du bataillon Miljevina qui dépendait de la brigade tactique de Foca. Le bataillon Miljevina était commandé par Pero Elez pendant la période de référence.

Les chefs d’accusation
Radovan Stankovic est poursuivi sur la base de sa responsabilité pénale individuelle (article 7 1) du Statut) pour :

quatre chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (Article 3: viol et atteinte à la dignité des personnes)
quatre chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (Article 5: réduction en esclavage et viol).

Chambre de Première Instance
Juge Patrick Robinson (Président), Jamaïque
Juge O-Gon Kwon, Corée du Sud
Juge Albertus Swart, Pays-Bas

Le Bureau du Procureur :
Carla Del Ponte
Dermot Groome

Les Conseils de la Défense:
Gerardus G. J. Knoops pour Stanisic
Zoran Jovanovic pour Simatovic