Vojislav SESELJ,
né le 11 octobre 1954 à Sarajevo, République
de Bosnie- Herzégovine |
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Reddition volontaire : 24 février
2003
Transféré au TPIY : 24 février
2003
Comparution initiale : 26 février
2003, n’a pas toute suite plaidé
coupable ou non-coupable
Comparution ultérieure : 25 mars
2003, a plaidé «non-coupable»
de tous les chefs d’accusation
Mise en état |
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L’acte d’accusation

Les faits reprochés
Dans l’Acte d’accusation, confirmé le 14 février
2003, il est allégué que, en juin 1990 Vojislav Seselj
aurait fondé le «Parti du renouveau national serbe»,
rebaptisé par la suite «Mouvement tchetnik serbe».
Après les élections de décembre 1990 le «Mouvement
tchetnik serbe» aurait été interdit par les autorités
de la «République socialiste fédérative
de Yougoslavie» («RSFY»). Le 23 février 1991,
Vojislav Seselj aurait été nommé Président
du «Parti radical serbe» (le «SRS») nouvellement
formé. En juin 1991, il aurait été élu
député à l’Assemblée de la République
de Serbie. Lors de campagnes électorales et de rassemblements
quasi-quotidiens, il aurait exhorté les Serbes à s’unir
et à combattre les «ennemis héréditaires»
de la Serbie, à savoir les populations d’origine croate,
musulmane et albanaise qui se seraient trouvées sur les territoires
de l’ex-Yougoslavie.
Vojislav Seselj aurait participé à une entreprise
criminelle commune qui aurait eu pour but de forcer, par des crimes
tombant sous le coup des articles 3 et 5 du Statut du Tribunal,
la majorité des non-Serbes, notamment des Musulmans et des
Croates, à quitter de façon définitive environ
un tiers du territoire de la République de Croatie («Croatie»),
de vastes portions du territoire de la République de Bosnie-Herzégovine,
et certaines parties de la Voïvodine, en République
de Serbie («Serbie»), afin d’intégrer ces
régions dans un nouvel Etat dominé par les Serbes.
Cette entreprise criminelle commune aurait vu le jour avant le 1er
août 1991 et se serait poursuivie au moins jusqu’en
décembre 1995. Seselj aurait participé à l’entreprise
criminelle commune jusqu’en septembre 1993. Dans l’Acte
d’accusation, il est allégué qu’il serait
individuellement pénalement responsable pour des crimes faisant
partie d’une attaque large et systématique qui aurait
visé les populations civiles non-serbes dans d’importantes
régions de Croatie, Bosnie-Herzégovine et Voïvodine
(Serbie).
Il est allégué que, en sa qualité de Président
du SRS, Vojislav Seselj aurait été une personnalité
politique de premier plan en RSFY/RFY pendant toute la période
couverte par l’acte d’accusation. Il est allégué
qu’il aurait ouvertement cautionné une politique visant
à réunir «tous les territoires serbes»
dans un Etat serbe homogène. D’après l’Acte
d’accusation, Vojislav Seselj, agissant seul et de concert
avec d’autres participants à l’entreprise criminelle
commune, aurait participé au recrutement, à la formation,
au financement, à l’approvisionnement et à l’encadrement
de volontaires serbes apparentés au Parti radical serbe,
généralement appelés «Tchetniks»
ou «Seseljevci». Il aurait participé à
la propagande de guerre et à la diffusion de la haine contre
les non-Serbes et aurait incité ses unités de volontaires
et d’autres forces serbes en Croatie et en Bosnie-Hervégovine
à commettre des crimes. Il aurait publiquement appelé
à l’expulsion des civils croates hors de certaines
parties de Voïvodine en Serbie, et aurait par là même
incité ses partisans et les autorités locales à
mener une campagne de persécution contre la population croate
locale. D’après l’Acte d’accusation, il
aurait aussi participé à la planification et à
la préparation de la prise de contrôle des villages
dans la Slavonie orientale et occidentale (dans les municipalités
de Vukovar et Vo}in), la Croatie, et les municipalités de
Bosanski Samac et de Zvornik en Bosnie-Herzégovine, et au
déplacement forcé ultérieur de la majorité
de la population non-serbe de ces régions. Il est allégué
que Vojislav Seselj aurait contribué à fournir un
soutien financier, matériel, logistique et politique nécessaire
à la prise de contrôle de ces régions. Avec
l’aide de Slobodan Milosevi}, il aurait obtenu le soutien
des autorités serbes locales et des Serbes vivant à
l’étranger. Il aurait recruté des volontaires
serbes apparentés au SRS et les aurait endoctrinés
à l’aide de propos discriminatoires à l’égard
des autres ethnies. Ces forces auraient, par la suite, procédé
au déplacement forcé de la population non-serbe hors
des territoires convoités en commettant les crimes rapportés
dans l’acte d’accusation, faisant preuve d’une
violence et d’une brutalité exceptionnelles.
Les chefs d’accusation
Dans l’Acte d’accusation Vojislav Seselj est
poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale
individuelle (Article 7 1) du Statut) pour:
Huit chefs de crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut – persécutions
pour des raisons politiques, raciales et religieuses ; extermination;
assassinat; emprisonnement; torture; actes inhumains; expulsion;
actes inhumains (transfert forcé)),
Six chefs
de violations des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du
Statut – meurtre; torture; traitement cruel; destruction
sans motif de villages ou dévastation non justifiées
par les exigences militaires; destruction ou endommagement délibéré
d’édifices consacrés à la religion
ou à l’éducation; pillage de biens publics
ou privés).
Chambre de première instance II:
Juge Carmel Agius (Président), Malte
Juge Kevin Parker, Australie
Juge Jean-Claude Antonetti, France
Bureau du Procureur:
Mme. Hildegard Uertz-Retzlaff
M. Ulrich Mussemeyer
R. Daniel Saxon
Conseil d’appoint:
Mr. Tjarda Eduard van der Spoel
M. Vojislav Seselj assure sa propre défense (voir Supplément
Judiciaire n°41) |