Nebojsa
PAVKOVIC né
le 10 avril 1946 dans le village de Senjski Rudnik, actuelle
Serbie et Monténégro |
| Fugitif |
Vladimir
LAZAREVIC,
né le 23
mars 1949 dans la ville de Gricar. |
| Fugitif |
Vlastimir
DJORDJEVIC
né en 1948
à Koznica dans la municipalité de Vladicin
Han |
| Fugitif |
Sreten
LUKIC
né le 28
mars 1955 dans la municipalité de Visegrad sur
le territoire de l’actuelle Bosnie-Herzégovine |
| Fugitif |
|
L’acte d’accusation
Le 2 octobre 2003 Juge Kwon a confirmé l’acte d’accusation
à l’encontre de Nebojsa Pavkovic, Vladimir Lazarevic,
Vlastimer Djordevic et Sreten Lukic et a ordonné que l’acte
d’accusation reste confidentiel. Le 20 octobre 2003 Juge Kwon
a ordonné que l’ordre soit levé. Les
faits reprochés: L’acte d’accusation
déposé à titre confidentiel et ex parte le
25 septembre 2003, allègue que les Accusés auraient
planifié, incité à commettre, ordonné,
commis ou de toute autre manière aidé et encouragé
à planifier, préparer ou exécuter ces crimes.
Dans le présent acte d’accusation, on entend par «commettre»
la participation, en qualité de coauteur, à une entreprise
criminelle commune. Selon l’acte d’accusation celle-ci
visait, entre autres objectifs, à expulser une partie importante
de la population albanaise du Kosovo hors du territoire de cette
province, afin de maintenir celle-ci sous contrôle serbe.
Cette entreprise criminelle commune aurait vu le jour au plus tard
en octobre 1998 et se serait poursuivie pendant toute la durée
des faits rapportés aux chefs 1 à 5 du présent
acte d’accusation, c’est-à-dire du 1er janvier
1999 ou vers cette date jusqu’au 20 juin 1999. Pour atteindre
ce but criminel, les Accusés, agissant seuls ou ensemble,
ou de concert avec d’autres, connus ou inconnus, auraient
tous pris une large part à l’entreprise criminelle
commune en usant des pouvoirs qu’ils détenaient en
droit et en fait.
D’après l’acte d’accusation, les forces
de la République Fédérale de Yougoslavie («RFY»)
et de la Serbie auraient, dans tout le Kosovo, délibérément
et sur une grande échelle ou systématiquement, expulsé
par la force de la province et déplacé à l’intérieur
de celle-ci des centaines de milliers d’Albanais du Kosovo.
Afin de faciliter ces expulsions et ces déplacements, les
forces de la RFY et de la Serbie auraient délibérément
créé un climat de peur et d’oppression en faisant
usage de la force ou en menaçant de le faire, ou encore en
se livrant à des violences. Selon l’acte d’accusation,
partout au Kosovo, les forces de la RFY et de la Serbie auraient
entrepris une campagne délibérée et généralisée
ou systématique de destruction de biens appartenant aux civils
albanais du Kosovo. Ces actions orchestrées auraient eu pour
effet de rendre inhabitables pour les Albanais du Kosovo des villages,
des villes et des régions entières. De nombreux Albanais
du Kosovo qui n’avaient pas été directement
expulsés par la force de leur communauté auraient
fui en raison du climat de terreur créé dans toute
la province par la campagne généralisée ou
systématique d’agressions physiques, de harcèlement,
de violences sexuelles, d’arrestations illégales, de
meurtres, de bombardements et de pillage.
Le général Nebojsa Pavkovic aurait été
nommé commandant de la 3e armée des Forces armées
de la République fédérale de Yougoslavie («VJ»)
le 25 décembre 1998 et aurait pris ses fonctions le 13 janvier
1999. Il aurait commandé la 3e armée de la VJ durant
les événements qui se sont déroulés
au Kosovo de janvier 1999 à juin 1999 compris. Aux termes
de la Loi de la RFY sur la défense, Nebojsa Pavkovic,
en sa qualité de commandant de la 3e armée de la VJ,
aurait également eu autorité ou exercé un contrôle,
par le biais de structures et de mécanismes de coordination
et de commandement conjoints, sur les unités de police républicaines
subordonnées à la 3e armée de la VJ ou menant
des actions en coopération ou en coordination avec celle-ci,
ainsi que sur les unités militaires territoriales, les unités
de la défense civile, membres du Ministère de l’intérieur
serbe («MUP») et d’autres groupes armés.
Le général Vladimir Lazarevic aurait été
nommé à la tête du corps de Pristina de la 3e
armée de la VJ en décembre 1998 et aurait pris ses
fonctions au plus tard le 6 janvier 1999. Il aurait commandé
le corps de Pristina durant les événements qui se
sont déroulés au Kosovo de janvier à juin 1999
compris. Aux termes de la Loi de la RFY sur la défense Vladimir
Lazarevic, en sa qualité de commandant du corps de Pristina
de la 3e armée de la VJ, aurait également eu autorité
ou exercé un contrôle, par le biais de structures et
de mécanismes de coordination et de commandement conjoints,
sur les unités de police républicaines subordonnées
au corps de Pristina de la 3e armée de la VJ ou menant des
actions en coopération ou en coordination avec celui-ci,
ainsi que sur les unités militaires territoriales, les unités
de la défense civile, membres du MUP et d’autres groupes
armés.
Le général Vlastimer Djordevic aurait été
ministre adjoint au MUP et chef de la sécurité publique
(«RJB») au 1er juin 1997. Selon l’acte d’accusation
il devait veiller à ce que tous les fonctionnaires et unités
du RJB en Serbie (y compris au Kosovo) agissent en conformité
avec les décisions prises par d’autres membres de l’entreprise
criminelle commune et les lois et règlements de la fédération
et de la république. Ces subordonnés comprenaient,
sans s’y limiter, les membres du MUP, des unités militaires
territoriales, des unités de la défense civile et
d’autres groupes armés.
Le général Sreten Lukic serait devenu chef d’état-major
du MUP chargé du Kosovo le 1er juin 1998. À ce poste,
il aurait planifié, organisé, orienté, coordonné
et contrôlé les activités du MUP au Kosovo,
et aurait été tenu d’assurer la protection et
la sécurité des personnes et des biens, de prévenir
et de découvrir les crimes, d’arrêter leurs auteurs
et d’assurer le maintien de l’ordre public. Selon l’acte
d’accusation, Sreten Lukic devait, du 1er janvier au 20 juin
1999, en sa qualité de supérieur hiérarchique
au sein du MUP, veiller à ce que les unités du MUP
au Kosovo agissent en conformité avec les décisions
prises par d’autres membres de l’entreprise criminelle
commune et les lois et règlements de la fédération
et de la république. Ces subordonnés comprenaient,
sans s’y limiter, les membres du MUP, des unités militaires
territoriales, des unités de la défense civile et
d’autres groupes armés.
Les chefs d’accusation
Dans l’acte d’accusation
Nebojsa Pavkovic, Vladimir Lazarevic, Vlastimer Djordevic
et Sreten Lukic sont poursuivis sur le fondement de leur responsabilité
pénale individuelle (Article 7 (1) du Statut) et, ou alternativement,
sur le fondement de leur responsabilité pénale de
supérieur hiérarchique (Article 7 (3) du Statut) pour:
quatre
chefs d’accusation de crimes contre l’humanité
(Article 5 du Statut: expulsion, autres actes inhumains (transfert
forcé), assassinat et persécutions pour des raisons
politiques, raciales et religieuses);
un chef
d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre
(Article 3 du Statut: meurtre).
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