Informations relatives à l’affaire 23 septembre 2004  

 AFFAIRE ORIC (IT-03-68)
L'Accusé
  Naser ORIC,
né le 3 mars 1967 à Potocari, municipalité de Srebrenica, République de Bosnie-Herzégovine

Appréhendé par la SFOR : 10 avril 2003
Transféré au TPIY : 11 avril 2003
Comparution initiale : 15 avril 2003, a plaidé «non-coupable» de tous les chefs d’accusations
Mise en état

 
L’Acte d’accusation

Les faits reprochés
Le premier Acte d’accusation à l’encontre de Naser Oric a été confirmé le 28 mars 2003. Suite à une décision de la chambre de première instance le 3 juillet 2003, le Procureur a déposé un acte d’accusation modifié le 16 juillet 2003. Le 25 juillet, la chambre de première instance a ordonné que l’Acte d’accusation amendé soit l’acte d’accusation valide. Dans l’Acte d’accusation amendé, il est allégué que, à l’époque des faits, en vertu de ses fonctions et de son pouvoir de commandant, Naser Oric aurait commandé toutes les unités qui opéraient dans sa zone de responsabilité. Cela comprenait toutes les unités qui auraient été engagées dans des opérations de combat dans les municipalités de Srebrenica et Bratunac en Bosnie-Herzégovine, en particulier les activités de combat à Ratkovici les 21 et 27 juin 1992, à Jesestica le 8 août 1992, à Fakovici le 5 octobre 1992, à Bjelovac entre le 14 et le 19 décembre 1992 et à Kravica les 7 et 8 janvier 1993, ainsi que toutes les unités, y compris celles de police militaire, impliquées dans le détention de Serbes à Srebrenica.

D’après l’Acte d’accusation, Naser Oric aurait, de jure et de facto, exercé dans la domaine militaire un pouvoir de direction et de commandement, et aurait exercé un contrôle effectif sur ses subordonnés.

Selon l’Acte d’accusation, entre le 24 septembre 1992 et le 20 mars 1993, les membres de la police militaire placés sous la direction et le commandement de Naser Oric, auraient gardé en détention plusieurs Serbes au poste de police de Srebrenica et dans le bâtiment situé derrière les locaux de la municipalité de Srebrenica. Il est allégué que ces détenus auraient été soumis à desservices corporels, à des grandes souffrances, et à des atteintes graves à leur intégrité physique et à leur santé. Dans certains cas, des prisonniers auraient été battus à mort.

En outre, selon l’Acte d’accusation, pendant la période comprise entre mai 1992 et février 1993, des unités musulmanes armées auraient pris part à diverses opérations militaires contre les forces de l’Armée de la République serbe de Bosnie-Herzégovine («VRS»). Il est allégué qu’au cours de ces opérations les unités musulmanes armées auraient incendié ou de toute autre manière détruit et pillé au moins 50 villages et hameaux peuplés majoritairement de Serbes dans les municipalités de Bratunac, Srebrenica et Skelani, en conséquence de quoi des milliers de Serbes auraient fui la région.

Les chefs d’accusation
Dans l’Acte d’accusation, Naser Oric est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (Article 7 1) du Statut) pour :

Deux chefs de violation des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut : destruction sans motif de villes et de villages que ne justifient pas les exigences militaires ; pillage de biens publics ou privés).

Naser Oric est également poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut) pour :

Quatre chefs de violation des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut : meurtre ; traitement cruel ; destruction sans motif de villes et de villages que ne justifient pas les exigences militaires ; pillage de biens publics ou privés).

Le début du procès est prévu pour 6 octobre 2004.

Chambre de première instance III:
Juge Carmel Agius (Président), Malte
Juge Hans Henrik Brydenholt, Danemark
Juge Albin Eser, Allemagne

Le Bureau du Procureur:
Jan Wubben

Le Conseil de la Défense:
Vasvija Vidovic
John Jones