Darko MRDJA,
alias “Dado”,
né le 28 juin 1967 à Zagreb, Croatie
|
|
Appréhendé par la SFOR :
13 Juin 2002
Transferé au TPIY : 14 juin 2002
Comparution initiale : Le 17 Juin 2002,
a plaidé « non coupable » de
tous les chefs d’accusation
Le 24 juillet 2003, il a plaidé coupable
d’un chef d’accusation de meurtre
en tant que violation des lois ou coutumes de
la guerre et d’un chef d’accusation
d’actes inhumains (tentative de meurtre)
en tant que crime contre l’humanité.
Jugement portant condamnation : le 31 mars
2004, condamné à 17 ans d’emprisonnement.
|
|
|
|
L’acte d’accusation

Les faits reprochés
Dans l’Acte d’accusation signé le 16 avril
2002 et rendu public le 14 juin 2002, Darko MRDJA était poursuivi
sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle
pour deux chefs d’accusation de crimes contre l’humanité
et un chef d’accusation de violations des lois ou coutumes de
la guerre. Aux termes d’une ordonnance orale de la Chambre de
première instance en date du 24 juillet 2003, le Procureur
a déposé un acte d’accusation modifié le
4 août 2003.
Dans l’Acte d’accusation modifié, il est allégué
qu’au printemps 1992, un conflit armé aurait éclaté
dans le nord-ouest de la Bosnie, y compris dans les municipalités
de Prijedor et de Skender Vakuf. Les forces des serbes de Bosnie,
sous la direction du SDS, se seraient livrées à des
attaques généralisées et systématiques
contre la population civile de la région. Des civils non serbes
auraient été incarcérés dans divers endroits,
y compris les camps d’Omarska, de Keraterm et de Trnopolje dans
la municipalité de Prijedor.
Selon l’Acte d’accusation, le 21 août 1992,
un groupe de prisonniers non serbes détenus au camp de Trnopolje
aurait été informé qu’il allait être
«échangé» et conduit à Travnik.
Ce même matin, plusieurs centaines, peut-être plus d’un
millier d’hommes, de femmes et d’enfants, tous civils,
se seraient rassemblés au village de Tukovi. Ils auraient
aussi été informés qu’un convoi serait
organisé ce jour-là à destination de Travnik.
Il est allégué que les deux groupes de véhicules,
partis de Tukovi et de Trnopolje, auraient finalement formé
un seul convoi au niveau de la ville de Kozarac, et auraient poursuivi
leur route en direction de Travnik. Des policiers ou des soldats,
dont Darko MRDJA, auraient escorté le convoi durant tout le
trajet.
Après la ville de Skender Vakuf, le convoi aurait franchi
le mont Vlasic où il se serait arrêté dans une
zone boisée. Darko MRDJA aurait ordonné le retrait
du convoi d’hommes non serbes en âge de porter les armes,
et aurait participé à la séparation de ces
hommes. Le reste du convoi, essentiellement composé de femmes,
d’enfants et de personnes âgées, aurait poursuivi
sa route en direction de Travnik.
On aurait ordonné aux hommes non serbes séparés
des autres de monter à bord de deux autocars ; les autocars
se seraient arrêtés dans une localité appelée
Koricanske Stijene, où la route est bordée d’un
côté par une muraille rocheuse et de l’autre
par un précipice.
Des prisonniers auraient été sommés de quitter
l’autocar en baissant la tête, et de s’agenouiller
au bord du précipice. Darko MRDJA aurait dit : «C’est
ici que nous procédons à l’échange, les
vivants pour les vivants, et les morts…».
La police se serait mise à tirer sur les hommes. Puis des
prisonniers de l’autre autocar en auraient été
sortis par petits groupes et auraient été exécutés
au bord du précipice. Des témoins estiment que plus
de deux cent hommes auraient succombé sous les balles ou
en tombant, le nombre exact des morts n’étant toutefois
pas connu. On sait que douze hommes ont survécu.
Darko MRDJA, qui aurait été à la tête
de l’unité de police et qui aurait agi de concert avec
d’autres qui partageaient son intention criminelle, aurait
planifié, incité à commettre, ordonné,
commis, ou de toute autre manière aidé et encouragé
à planifier, préparer ou exécuter le meurtre
de plus de deux cents hommes.
Les chefs d’accusation
Darko MRDJA est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité
pénale individuelle (Article 7 1) du Statut)) pour :
un
chef d’accusation de crimes contre l’humanité (actes
inhumains : tentative d’assassinat), sanctionné par les articles
5 i) et 7 1) du Statut du Tribunal);
un chef d’accusation
de violations des lois ou coutumes de la guerre (meurtre) sanctionné
par l’article 3 1) a) des Conventions de Genève de 1949 et
sanctionné par les articles 3 et 7 1) du Statut du Tribunal.
Le procès
Le 24 juillet 2003, Darko MRDA a plaidé coupable d’un
chef d’accusation de meurtre en tant que violation des lois
ou coutumes de la guerre et d’un chef d’accusation d’actes
inhumains (tentative de meurtre) en tant que crime contre l’humanité.
L’audience consacrée au prononcé de la peine
a eu lieu le 22 octobre 2003.
Jugement portant condamnation
Le 31 mars 2004, la Chambre de première instance a condamné
Darko MRDA à 17 ans d’emprisonnement (voir communiqué
de presse n° 835). Le Bureau du Procureur avait suggéré
une peine de 15 à 20 ans, alors que la Défense avait
suggéré une peine d’un maximum de 15 ans.
Chambre de première instance I
Judge Alphonse Orie (Président), Pays-Bas
Judge Amin El Mahdi, Egypte
Judge Joaquín Martín Canivell, Espagne
Le Bureau du Procureur :
Mr. Alan Tieger
Mr. Timothy Resch
Le Conseil de la Défense :
Mr. Vojislav Dimitrijevic
Mr. Otmar Wachenheim
|