Informations relatives à l’affaire 26 novembre 2003  

 AFFAIRE MLADIC (IT-95-5/18)
L'accusé
Ratko MLADIC
né le 12 mars 1942 dans la municipalité de Kalinovik en Bosnie-Herzégovine

Fugitif

Voir affaire Karadzic IT-95-5/18 (en anglais)

 
L’acte d'accusation

L’acte d’accusation amendé a été confirmé le 8 novembre 2002. Le Procureur a demandé l’autorisation d’amender les deux actes d’accusations contre Ratko Mladic et a demandé la confirmation de l’acte d’accusation amendé. Ces requêtes ont été soumises au Juge Orie pour examen.
L’acte d’accusation initial contre Radovan Karadžic et Ratko Mladic a été déposé le 24 juillet 1995 et été confirmé par le Juge Jorda le 25 juillet 1995. Le deuxième acte d’accusation a été déposé le 14 novembre 1995 et a été confirmé par le Juge Riad le 16 novembre 1995.

Les faits reprochés
L’acte d’accusation amendé allègue que Ratko Mladic a été affecté à Knin en tant que chef du 9ème corps de la JNA, lors des combats qui opposaient la JNA et les forces croates. Le 4 octobre 1991, Ratko Mladic a été promu général de brigade. Le 24 avril 1992, Ratko Mladic a été élevé au rang de général de division et le 25 avril 1992 il a été nommé chef d’état-major/commandant adjoint du quartier général du deuxième district militaire de la JNA à Sarajevo. Le 10 mai 1992, Ratko Mladic a pris le commandement du quartier général du deuxième district militaire de la JNA.
Selon l’acte d’accusation, Ratko Mladic a été nommé le 12 mai 1992 chef de l’état-major principal de l’Armée de la République serbe de Bosnie-Herzégovine («VRS»), fonction qu’il a occupée jusqu’au 22 décembre 1996 au moins. Le 24 juin 1994, Ratko Mladic a été promu général de corps d’armée.
L’acte d’accusation allègue qu’à partir de mai 1992 les forces serbes de Bosnie placées sous la direction et le commandement du général Ratko Mladic ont mené une campagne de bombardements et de tirs isolés contre des zones civiles de Sarajevo, sa population et ses édifices civils, tuant et blessant des civils, répandant ainsi la terreur au sein de la population civile. Les forces serbes de Bosnie placées sous la direction et le commandement du général Ratko Mladic ont pris le contrôle des municipalités dans la région de Bosanska Krajina et en Bosnie orientale. Des milliers de non Serbes ont été expulsés ou transférés de force de ces municipalités et beaucoup ont été tués ou emprisonnés dans des centres de détention.
Selon l’acte d’accusation, les forces serbes de Bosnie placées sous la direction et le commandement du général Ratko Mladic ont, de janvier à mars 1993, attaqué la région de Cerska en Bosnie orientale. Des milliers de Musulmans se sont réfugiés dans les territoires contrôlés par les autorités de la République de Bosnie-Herzégovine, dont Srebrenica et Žepa. Par la suite, les forces serbes de Bosnie placées sous la direction et le commandement du général Ratko Mladic ont concentré leurs efforts sur Srebrenica afin de prendre contrôle de cet endroit stratégique et d’en chasser la population musulmane de Bosnie qui s’y était réfugiée au lendemain des campagnes de «nettoyage ethnique» menées en Bosnie orientale en 1992 et 1993.
Dans l’acte d’accusation il est allégué que plus de 7000 prisonniers musulmans de Bosnie capturés aux environs de Srebrenica ont été exécutés sommairement du 13 juillet au 19 juillet 1995. Du 1er août 1995 environ au 1er novembre 1995 environ, des unités de la VRS placées sous la direction et le commandement du général Ratko Mladic ont entrepris de manière organisée et systématique de dissimuler les meurtres et les exécutions de Musulmans de Bosnie perpétrés à Srebrenica en exhumant des charniers les corps des victimes pour les enterrer dans des lieux isolés.

Les chefs d’accusation
Dans l’acte d’accusation Ratko Mladic est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (article 7 1) du Statut) et, ou alternativement, sur le fondement de sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (article 7 3) du Statut) pour :

deux chef d’accusation de génocide (article 4 du Statut: génocide, complicité dans le génocide) ;
sept chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (article 5:persécutions pour des raisons politiques, raciales ou religieuses, extermination, assassinat, expulsion et actes inhumains (transfert forcé)) ;
six chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (article 3: meurtre, terrification illégale des civils, traitements cruels, attaques contre des civils et prise d’otages).