Slobodan MILOSEVIC ,
né le 20 août
1941 à Pozarevac, Serbie, République
de Yougoslavie (ci-après «RFY»)
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Arrestation par les autorités
locales: 1er avril 2001 à Belgrade
Transféré au TPIY :
29 juin 2001
Comparutions initiales:
3 juillet 2001, plaidoyer de non-culpabilité
pris note en son nom pour tous les chefs d’accusation
décrits dans l’acte d’accusation
«Kosovo»
29 octobre 2001, plaidoyer de non-culpabilité
pris note en son nom pour tous les chefs d’accusation
décrits dans l’acte d’accusation
«Croatie»
11 décembre 2001, plaidoyer de non-culpabilité
pris note en son nom pour tous les chefs d’accusation
décrits dans l’acte d’accusation
«Bosnie»
M. Slobodan Milosevic (assure sa propre défense,
voir Supplément
Judiciaire n°41)
Décédé en détention
: 11 March 2006
Fin du procès: 14 March 2006 |
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L’acte d’accusation («Kosovo»)

Les faits reprochés
Dans le deuxième Acte d’accusation modifié, confirmé
le 29 octobre 2001, il est allégué qu’entre le
1er janvier 1999 et le 20 juin 1999, les forces militaires de La République
fédérale de Yougoslavie («RFY») connues
sous l’appellation «JNA» puis «VJ»,
et les forces de police de Serbie, agissant sous la direction et bénéficiant
des encouragements ou du soutien de l’Accusé, auraient
mené une campagne de terreur et de violence dirigée
contre les civils albanais du Kosovo.
Il est allégué que les opérations visant les
Albanais du Kosovo auraient eu pour objectif l’expulsion d’une
partie importante de la population albanaise hors du territoire de
cette province, afin de la maintenir sous le contrôle serbe.
L’Acte d’accusation poursuit en relatant une série
d’opérations minutieusement planifiées et coordonnées,
lancées par les forces de la RFY et de Serbie.
Environ 800 000 civils albanais du Kosovo auraient été
expulsés de la province des suites de leur transfert forcé
et des pillages et destruction de leurs maisons, ou encore des bombardements
de leurs villages. Les habitants qui ont survécu auraient été
envoyés aux frontières des pays voisins. En route, beaucoup
auraient été tués, maltraités et se seraient
vus privés de leurs biens et papiers d’identité.
Par ailleurs des massacres auraient eu lieu, en particulier dans des
endroits tels que Djakovica/Gjakovë, Suva Reka/Suharekë,
Racak/Reçak, Bela Crkva/Bellacërke, Mala Krusa/Krushe
e Vogel, Velika Krusa/Krushe e Mahde, Padaliste/Padalishte, Izbica/Izbicë,
Vucitrn/Vushtrri, Dubrava/ la prison de Dubrave , Meja/Mejë et
Kacani/Kacanik.
Les Accusés sont poursuivis comme suit:
Slobodan
Milosevic en qualité de Président de la RFY, commandant
suprême des Forces armées de la RFY («VJ»
), Président du Conseil suprême de la défense
de la RFY et donc en vertu de son autorité de facto;
Milan Milutinovic
en qualité de Président de Serbie, membre du Conseil
suprême de la défense de la RFY et donc en vertu de
son autorité de facto;
Dragoljub
Ojdanic en qualité de chef de l'état-major général
de la VJ;
Nikola [ainovic
en qualité de Vice-Premier Ministre de Serbie;
Vlajko Stojiljkovic
en qualité de Ministre de l'intérieur de Serbie.
Les chefs d’accusation
L’acte d’accusation incrimine Slobodan Milosevic
sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle
(Article 7 1) du Statut) et de sa responsabilité pénale
de supérieur hiérarchique (Article 7 3)) pour :
Un chef d’accusation de violation des lois ou coutumes de
la guerre (Article 3: assassinat/meurtre) ;
Quatre chefs d’accusation de crimes contre l’humanité
(Article 5 : expulsion ; assassinat ; persécutions pour
des raisons politiques, raciales et religieuses ; autres actes
inhumains (transfert forcé)) .
L’acte d’accusation («Croatie»)

Les faits reprochés
Le deuxième Acte d’accusation modifié
a été déposé par le Procureur le 26
juillet 2004 et déclaré en vigueur par la Chambre
de première instance le 28 juillet 2004. Selon cet Acte d’accusation,
Slobodan Milosevic aurait participé à une entreprise
criminelle commune ayant vu le jour avant le 1er août 1991
et s’étant poursuivie au moins jusqu’en juin
1992. Le but de cette entreprise aurait été de contraindre
la majorité de la population croate et du reste de la population
non-serbe à évacuer environ un tiers du territoire
de la République de Croatie , une région qu’il
aurait voulu intégrer au sein d’un nouvel Etat dominé
par les Serbes. Ce territoire englobait les régions désignées
par les autorités serbes sous l’appellation «District
autonome serbe (SAO) de Krajina», «SAO de Slavonie occidentale»,
«SAO de Slavonie, de la Baranja et de Srem occidental»
(désignées collectivement par les autorités
serbes après le 19 décembre 1991 sous l’appellation
«République serbe de Krajina («RSK»)»
et «République de Dubrovnik».
Il est allégué que, durant la période susmentionnée,
les forces serbes, englobant les unités de l’Armée
populaire yougoslave («JNA »), les unités locales
de la Défense territoriale («TO») de Serbie et
du Monténégro, les unités de police du «MUP»
(Ministère de l’intérieur) et du MUP local ainsi
que les unités paramilitaires, auraient attaqué et
pris le contrôle des villes, de villages et de hameaux sur
les territoires susvisés. Une fois maîtres du terrain,
les forces serbes – en collaboration avec les autorités
locales serbes – auraient mis en place un système de
persécution destiné à chasser de ces territoires
la population civile croate et d’autres populations civiles
non-serbes.
Ce système aurait compris l’extermination, le meurtre
de centaines de Croates et autres civils non-serbes, y compris des
femmes et des personnes âgées, l’expulsion et
le transfert forcé d’au moins 170,000 Croates et autre
civils non-serbes et la détention ou l’emprisonnement
dans des conditions inhumaines de milliers de Croates et autres
civils non-serbes. En conséquence, la quasi totalité
de la population croate et non-serbe aurait été déménagée
de force, expulsée ou tuée dans les régions
du «District autonome serbe («SAO ») de Krajina»,
du «SAO de Slavonie occidentale» et du «SAO de
Slavonie, de la Baranja et de Srem occidental».
En outre, des biens publics et privés situés dans
les régions en question auraient été détruits
et pillés intentionnellement et sans motif, biens comprenant
des maisons ainsi que des édifices religieux, historiques
et culturels.
D’après l’Acte d’accusation, Slobodan Milosevic,
aurait été, à cette époque, Président
de Serbie et en cette qualité, aurait exercé un contrôle
effectif ou une influence appréciable sur les personnes qui
aurait participé à l’entreprise criminelle commune
et, soit seul soit de concert avec eux, exerçait un contrôle
effectif ou une influence appréciable sur les actions de
la Présidence fédérale de la République
socialiste de Yougoslavie («RSFY») et ensuite de la
République fédérale de Yougoslavie («RFY»),
du MUP serbe, de la JNA, des membres serbes de la TO dans les territoires
visés, ainsi que des groupes de volontaires serbes.
Les chefs d’accusation:
L’acte d’accusation incrimine Slobodan Milosevic
sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle
(Article 7 1) du Statut) et de sa responsabilité pénale
de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut)
pour :
Neuf
chefs d’accusation d’infractions graves aux Conventions
de Genève de 1949 (Article 2 du Statut : homicide intentionnel
; détention illégale ; torture ; fait de causer
intentionnellement de grandes souffrances ; expulsion ou transfert
illégal ; destruction et appropriation de biens non justifiées
par des nécessités militaires et exécutées
sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire)
;
Treize
chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de
la guerre (Article 3 du Statut : meurtre ; torture ; traitement
cruel ; destruction sans motif des villages ou dévastation
non justifiée par les exigences militaires ; destruction
ou endommagement délibéré d’édifices
consacrés à la religion et à l’éducation
; pillages de biens publics et privés ; attaques contre
des civils ; destruction ou endommagement délibéré
d’édifices consacrés à l’enseignement
ou à la religion ; attaques illicites sur des biens de
caractère civils) ;
Dix chefs
d’accusation de crimes contre l’humanité (Article
5 du Statut : persécutions pour des motifs politiques ,
raciaux et religieux ; extermination ; assassinat ; emprisonnement
; torture ; actes inhumains ; expulsion ; actes inhumains (transferts
forcés)).
L’acte d’accusation («Bosnie-Herzégovine»)

Les faits reprochés
Responsabilité pénale individuelle (Article
7 1) du Statut)
D’après l’Acte d’accusation modifié
déposé le 22 novembre 2002 et confirmé le 21
avril 2004,, Slobodan Milosevic aurait joué, de 1987 jusqu’à
la fin de l’année 2000, un rôle politique majeur
en Serbie et en RSFY/RFY. Ainsi, Milosevic, aurait agi seul et pris
part à une entreprise criminelle commune des façons
suivantes :
a) Il aurait exercé un contrôle effectif sur des éléments
de l’Armée populaire yougoslave («JNA»)
et de l’Armée yougoslave («VJ») qui auraient
participé à la planification, à l’élaboration,
à la préparation et à l’exécution
de l’opération consistant à chasser par la force
la majorité des non-serbes, principalement des Musulmans
et des Croates de Bosnie, hors de vastes portions du territoire
de la Bosnie-Herzégovine ;
b) Il aurait fourni un soutien financier, logistique et politique
à l’Armée des Serbes de Bosnie («VRS»).
Les forces de celle-ci auraient par la suite participé à
l’exécution de l’entreprise criminelle commune
en commettant des crimes sanctionnés par les articles 2,
3, 4 et 5 du Statut du Tribunal ;
c) Il aurait exercé une influence appréciable sur
les dirigeants politiques de la Republika Srpska et leur aurait
fourni son assistance pour la planification, l’élaboration,
la préparation et l’exécution de l’opération
consistant à s’emparer du pouvoir dans des municipalités
de Bosnie-Herzégovine et à en chasser ensuite par
la force la majorité des non-Serbes, principalement des Musulmans
et des Croates de Bosnie ;
d) Il aurait participé à la planification et à
la préparation de l’opération consistant à
s’emparer du pouvoir dans des municipalités de Bosnie-Herzégovine
et à en chasser ensuite par la force la majorité des
non-Serbes, principalement des Musulmans et des Croates de Bosnie.
Il aurait apporté un soutien financier, matériel et
logistique à ces prises de pouvoir ;
e) Il aurait participé à la formation, au financement
et à l’approvisionnement des forces spéciales
du Ministère de l’intérieur de la République
de Serbie, et leur aurait fourni un soutien et donné des
instructions. Ces forces spéciales auraient participé
à l’exécution de l’entreprise criminelle
commune en commettant des crimes sanctionnés par les articles
2, 3, 4 et 5 du Statut du Tribunal ;
f) Il aurait contribué à donner des instructions et
un soutien financier, logistique et politique aux forces irrégulières
ou paramilitaires serbes. Ces forces auraient participé à
l’exécution de l’entreprise criminelle commune
en commettant des crimes sanctionnés par les articles 2,
3, 4 et 5 du Statut du Tribunal ;
g) Il aurait contrôlé et manipulé les médias
publics serbes ou s’en serait servi de toute autre manière
pour répandre des informations fausses ou exagérées
faisant état d’agressions perpétrées
par des Musulmans et des Croates de Bosnie contre des Serbes en
raison de leur appartenance ethnique, de sorte à créer
un climat de crainte et de haine parmi les Serbes vivant en Serbie,
en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Cette propagande aurait
contribué au déplacement forcé de la majorité
des non-Serbes, principalement des Musulmans et des Croates de Bosnie,
hors de vastes portions du territoire de la Bosnie-Herzégovine.
Responsabilité pénale de supérieur hiérarchique
(Article 7 3) du Statut)
En outre, Slobodan Milosevic, en tant que supérieur hiérarchique,
serait aussi individuellement pénalement responsable, en
vertu de l’article 7 3) du Statut du Tribunal, des actes et
omissions de ses subordonnés.
D’après l’Acte d’accusation, la présidence
fédérale aurait exercé, en tant que «commandant
en chef» de la JNA, un contrôle effectif sur celle-ci,
ainsi que sur d’autres unités placées sous la
supervision de cette armée. Les généraux Veljko
Kadijevic et Blagoje Adic, qui auraient dirigé et supervisé
les forces de la JNA en Bosnie-Herzégovine, auraient été
en communication et en consultation constantes avec l’accusé.
Le 27 avril 1992, le Conseil suprême de la défense
aurait été formé. En tant que membre du Conseil
suprême de la défense et Président de la RFY,
Milosevic aurait exercé un contrôle de droit et
de fait sur la JNA et plus tard sur la VJ.
L’Acte d’accusation allègue également
que Milosevic aurait exercé son contrôle sur les
principaux responsables du MUP serbe ainsi que sur la Sûreté
d’Etat (Drzavna bezbednost, DB). Le MUP et le DB aurait dirigé
les actions des forces spéciales et des groupes paramilitaires
serbes opérant en Bosnie-Herzégovine.
Les chefs d’accusation:
L’Acte d’accusation incrimine Slobodan Milosevic
sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle
(Article 7 1) du Statut) et de sa responsabilité pénale
de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut)
pour :
Deux
chefs d’accusation de génocide et complicité
dans le génocide, (Article 4 du Statut);
Dix chefs
d’accusation de crimes contre l’humanité (Article
5 du Statut) impliquant : persécutions ; extermination
; assassinat; emprisonnement ; torture ; expulsion et actes inhumains
(transferts forcés) ;
Huit chefs
d’accusation d’infractions graves aux Conventions
de Genève de 1949 (Article 2 du Statut) impliquant : homicide
intentionnel ; détention illégale ; torture ; fait
de causer intentionnellement de grandes souffrances ; expulsion
ou transfert illégaux ; destruction et appropriation de
biens sur une grande échelle ;
Neuf chefs
d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre
(Article 3 du Statut) impliquant entre autres : attaques contre
des civils ; destruction illégale ; pillage de biens et
traitements cruels.
Les Amici curiae:

Le 30 août (pour l’affaire «Kosovo»),
le 30 octobre (pour l’affaire «Croatie») et le
23 novembre 2001 (pour l’affaire «Bosnie-Herzégovine»),
la Chambre de première instance a délivré des
ordonnances invitant le Greffier à nommer un conseil afin
qu’il comparaisse devant elle dans les trois affaires en qualité
d’Amicus curiae, estimant qu’il était «souhaitable
et dans l’intérêt de la justice de garantir un
procès équitable », de désigner des Amici
curiae , comme le permet l’article 74 du Règlement
de procédure et de preuve, «non par pour représenter
l’accusé, mais pour aider à la résolution
de l’affaire ». Les Amici curiae doivent aider la Chambre
de première instance en :
1) Exposant les arguments que l’accusé est dûment
fondé à présenter, sous forme d’exceptions
préjudicielle ou autres requêtes préliminaires
;
2) Exposant les arguments ou objections relatifs aux moyens de preuve
que l’accusé est dûment fondé à
présenter au cours du procès, et contre-interroger
les témoins le cas échéant ;
3) Attirant l’attention de la Chambre de première instance
sur les éléments de preuve de nature à disculper
en tout ou en partie l’accusé ;
4) Entreprenant toute action que le conseil désigné
estime judicieuse en vue d’assurer un procès équitable.
Les 6 septembre, 7 novembre et 27 novembre 2001, le Greffier du
Tribunal, M. Hans Holthuis, a nommé M. Steven Kay QC, M.
Branislav Tapuskovic et Prof. Michail Wladimiroff pour intervenir
en qualité d’ Amicus curiae.
Le 10 octobre 2002, la Chambre de première instance a instruit
le Greffier de revenir sur la nomination du Prof. Michaïl Wladimiroff
en qualité d’Amicus curiae. Le 22 novembre 2002, il
a nommé M. Timothy McCormack pour le remplacer.
Jonction d’affaires
Le 1er
février 2002, la Chambre d’appel a ordonné que
les trois Actes d’accusation relatifs aux affaires «Kosovo»,
«Croatie» et «Bosnie-Herzégovine»
soient jugés ensemble dans le cadre d’un unique procès.
Le procès

Le 26 septembre 2002, l’Accusation a commencé à
présenter ses arguments relativement aux événements
survenus en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. La présentation
des éléments de preuve de l’Accusation s’est
terminée le 25 février 2004. La présentation
des éléments de preuve de la Défense devrait
débuter le 31 août 2004 (voir Communiqué de
presse nº 870, en anglais).
Le 12 avril 2004, le Secrétaire Général des
Nations-Unies, M. Kofi Annan, a nommé Lord Bonomy Juge du
Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Lord Bonomy, dont la nomination prendra effet le 1er juin 2004,
remplace le Juge Richard May lequel a démissionné
pour raisons de santé (voir Communiqué de presse n°
838, en anglais).
Chambre de première instance III:
Juge Patrick Robinson (Président), Jamaïque
Juge O-Gon Kwon, Corée du Sud
Juge Iain Bonomy, Royaume-Uni
Le Bureau du Procureur:
Geoffrey Nice
Hildegard Uertz-Retzlaff
Dermot Groome
Dirk Ryneveld
Amici Curiae:
Steven Kay
Timothy McCormack
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