Dragoljub
KUNARAC
né le 15 mai 1960
ŕ Foca, Bosnie-Herzégovine |
Reddition
volontaire: le 4 mars 1998 Transféré
au TPIY: le 5 mars 1998 Comparutions
initiales: les 13 mars 1998, 25 août 1998,
24 septembre 1999, a plaidé «non-coupable»
de tous les chefs d’accusation Jugement
de la Chambre de première instance: le
22 février 2001, condamné à 28 ans
d’emprisonnement Arrêt:
le 12 juin 2002, la Chambre d’appel a confirmé
la peine de 28 ans d’emprisonnement
Transféré en Allemagne le 12 décembre
2002 pour purger le reste de sa peine |
Radomir
KOVAC
né le 31 mars
1961 ŕ Foca, Bosnie-Herzégovine |
Appréhendé
par SFOR: 2 août 1999 Transféré
au TPIY: 2 août 1999 Comparutions
initiales: les 4 août 1999, 24 septembre
1999, a plaidé «non-coupable» de tous
les chefs d’accusation Jugement de la
Chambre de première instance: le 22 février
2001, condamné à 20 ans d’emprisonnement
Arrêt: le 12 juin 2002, la Chambre
d’appel a confirmé la peine de 20 ans d’emprisonnement
Transféré en Norvège le 28 novembre
2002 pour purger le reste de sa peine |
Zoran
VUKOVIC
né le 6 septembre
1955 dans le village de Brusna, dans la municipalité de
Foca, Bosnie-Herzégovine |
Appréhendé
par SFOR: le 23 décembre 1999 Transféré
au TPIY: le 24 décembre 1999 Comparution
initiale: le 29 décembre 1999, a plaidé
«non-coupable» de tous les chefs d’accusation
Jugement de la Chambre de première instance:
le 22 février 2001, condamné à 12
ans d’emprisonnement Arrêt:
le 12 juin 2002, la Chambre d’appel a confirmé
la peine de 12 ans d’emprisonnement
Transféré en Norvège le 28 novembre
2002 pour purger le reste de sa peine |
Radovan STANKOVIC
voir affaire IT-96-23/2 |
Gojko
JANKOVIC
voir affaire IT-
98-23/2 |
Dragan
ZELENOVIC
voir affaire IT-
98-23/2 |
|
L’acte d’accusation («Foca»)

Les faits reprochés:
Dragoljub Kunarac, Radomir Kovac et Zoran Vukovic figuraient
initialement dans un acte d’accusation, confirmé le 26
juin 1996, comprenant 5 autres co-accusés. Après le
décès de Dragan Gagovic, le 30 juillet 1999, le Juge
de confirmation a autorisé le Procureur à retirer les
charges contre lui.
Kunarac a été enlevé de l’acte d’accusation
initial dans un acte d’accusation amendé, confirmé
le 19 août 1998. Le 3 septembre 1999, un deuxième acte
d’accusation modifié était confirmé, joignant
Kunarac et Kovac, après l’appréhension et la détention
de ce dernier. Un troisième acte d’accusation modifié
a été confirmé le 1er décembre 1999 (IT-96-23).
Un acte d’accusation modifié a été
confirmé le 7 octobre 1999 à l’encontre de Dragan
Zelenovic, Gojko Jankovic, Janko Janjic et Radovan Stankovic. Dragan
Zelenovic et Gojko Jankovic sont toujours fugitifs, Janko Janjic
est décédé, Radovan Stankovic a été
appréhendé le 9 juillet 2002 et transféré
au Tribunal le jour suivant (voir affaire Stankovic, IT-96-23/2).
Suite à la détention de Zoran Vukovic, un acte d’accusation
expurgé a été déposé le 21 février
2000, contenant seulement les faits et chefs d’accusation
le concernant (IT-96-23/1).
Kunarac, Kovac et Vukovic ont été jugés ensemble
sous les numéro d’affaire IT-96-23 & IT-96-23/1.
Les faits reprochés
IT-96-23: Radomir Kovac et Dragoljub
Kunarac
Selon le troisième l’acte d’accusation modifié,
confirmé le 1 décembre 1999, le 16 ou le 17 avril
1997, les forces militaires serbes auraient entièrement occupé
la ville de Foca (sud-est de Sarajevo) et les villages environnants.
Le siège se serait poursuivi jusqu’à la mi-juillet
1992.
Dès que les forces serbes eurent la mainmise de Foca, ils
auraient commencé à arrêter des habitants musulmans
et croates. Les autorités serbes auraient séparé
les hommes et les femmes et illégalement détenu des
milliers de Musulmans et Croates dans divers centres de détention
à court ou à long terme ou les auraient assignés
de fait à domicile. Lors des arrestations, de nombreux civils
auraient été tués, battus ou auraient subi
des violences sexuelles.
Le Foca Kazneno-Popravni Dom («KP Dom»), l’une
des plus grandes prisons de l’ex-Yougoslavie, serait devenu
le principal centre de détention pour hommes. Les femmes,
les enfants et les vieillards musulmans auraient été
détenus dans des maisons, des appartements et des motels
de la ville de Foca ou des villages environnants ou dans des centres
de détention à court ou à long terme tels que,
respectivement, Buk Bijela, le lycée de Foca et le centre
sportif Partizan («Partizan»). Bon nombre de femmes
détenues auraient connu des conditions de vie humiliantes
et dégradantes, auraient été gravement battues
et auraient été victimes de violences sexuelles, notamment
de viols collectifs.
D’après l’acte d’accusation, Partizan aurait
été utilisé comme centre de détention
de femmes, d’enfants et de vieillards à partir du mi-juillet
1992 et jusqu’au mi-août 1992 au moins. Immédiatement
après le transfert de femmes au Partizan, un système
de violences sexuelles aurait été instauré.
Il est allégué que des soldats armés entraient
au Partizan et emmenaient des femmes hors du Partizan dans des maisons,
appartements ou des hôtels pour leur faire subir des violences
sexuelles et des viols.
Selon l’acte d’accusation, à partir de la mi-mai,
les forces serbes contrôlaient la municipalité de Kalinovik.
La prise de pouvoir aurait été suivie de mesures contre
la population non serbe, dont des arrestations. Alors que les hommes
non serbes aurait été détenus dans un entrepôt
militaire appelé «Barotni», les femmes et les
enfants auraient été détenus à l’école
primaire de Kalinovik. Des femmes et les filles auraient été
victimes de violences sexuelles et de viols. Outre les lieux de
détention précités, plusieurs femmes auraient
été détenues dans des maisons et des appartements
faisant office de bordels gérés par des groupes de
soldats, essentiellement des paramilitaires.
Il est allégué que Dragoljub Kunarac commandait une
unité spéciale de reconnaissance dans l’armée
des Serbes de Bosnie de juin 1992 au moins à février
1993. En sa qualité de commandant Dragoljub Kunarac aurait
été responsable des actes des soldats qui lui étaient
subordonnés et aurait su ou aurait eu des raisons de savoir
que ses subordonnés infligeaient des violences sexuelles
à des femmes musulmanes. Selon l’acte d’accusation,
il aurait personnellement participé à des sévices
sexuels et à des viols infligés à des femmes.
L’acte d’accusation allègue que Radomir Kovac
était l’un des commandants adjoints de la police militaire
et un dirigeant paramilitaire à Foca. Il aurait participé
à l’attaque de la ville et des villages environnants
ainsi qu’à l’arrestation de civils.
IT-96-23/1: Zoran Vukovic
Selon l’acte d’accusation expurgé, confirmé
le 16 février 2000, Zoran Vukovic était l’un
des commandants adjoints de la police militaire et un dirigeant
paramilitaire à Foca. L’acte d’accusation allègue
que pendant juillet 1992, Zoran Vukovic aurait participé
aux viols collectifs et violences sexuelles infligées aux
femmes et filles détenues au lycée de Foca. En outre
il aurait infligé des violences sexuelles aux femmes y compris
une jeune fille de 16 ans et une jeune fille de 15 ans qui auraient
été détenues au Partisan. Il aurait emmené
les femmes hors du Partizan dans des maisons, des appartements ou
des hôtels pour leur faire subir des violences sexuelles ou
des viols du 13 juillet environ jusqu'au 13 août 1992.
Les chefs d’accusation
Dragoljub Kunarac est poursuivi sur le fondement
de sa responsabilité pénale individuelle (Article
7 (1) du Statut) et, ou alternativement, sur le fondement de sa
responsabilité pénale de supérieur hiérarchique
(Article 7 (3) du Statut) pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: torture,
viol et réduction en esclavage);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: viol,
atteintes à la dignité des personnes, pillage et
torture).
Radomir Kovac est poursuivi sur le fondement
de sa responsabilité pénale individuelle (Article
7(1) du Statut) pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: viol et réduction
en esclavage);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: viol et
atteintes à la dignité des personnes).
Zoran Vukovic est poursuivi sur le fondement
de sa responsabilité pénale individuelle (Article
7(1) du Statut) pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: torture et
viol);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: viol et
torture).
Le procès

Le procès pour Kunarac, Kovac & Vukovic a commencé
le 20 mars 2000. Le réquisitoire du Procureur a eu lieu le
20 22 novembre 2000. La plaidoirie de la Défense a eu lieu
les 21 et 22 novembre 2000.
Le procès a duré: 58 jours
Témoins appelés:
Accusation: 33
Défense: 29
Chambre: 1
Pièces à conviction:
Accusation: 132
Défense: 130
Chambre de première instance II
Juge Florence Mumba (Président), Zambie
Juge David Hunt, Australie
Juge Fausto Pocar, Italie
Le Bureau du Procureur:
Dirk Ryneveld
Hildegard Uertz-Retzlaff
Peggy Kuo
Daryl Mundis
Les Conseils de la Défense:
Pour Dragoljub Kunarac: Slavisa Prodanovic et Mara Pilipovic
Pour Radomir Kovac: Momir Kolesar et Vladimir Rajic
Pour Zoran Vukovic: Goran Jovanovic et Jelena Lopicic
Demande d’acquittement
Le 20 juin 2000, Kunarac, Kovac et Vukovic ont déposé
une requête conjointe aux fins d’acquittement pour certains
chefs d’accusation.
Le 3 juillet 2000, la Chambre de première instance a prononcé
l’acquittement de l’Accusé Dragoljub Kunarac
pour ce qui est du chef d’accusation 13 du troisième
acte d’accusation confirmé le 1 décembre 1999,
et a conclu que l’Accusé Zoran Vukovic n’avait
pas à répondre des allégations faites par le
témoin FWS-48 à l’appui des chefs d’accusation
numéros 33 à 36 de l’acte d’accusation
expurgé déposé le 21 février 2000. La
Chambre de première instance a rejeté toutes les autres
demandes contenues dans la requête aux fins d’acquittement.
Jugement de la Chambre de première instance

Le 22 février 2001, la Chambre de première instance
a prononcé son jugement:
Dragoljub Kunarac a été déclaré coupable
au titre de sa responsabilité pénale individuelle
pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: torture,
viol et réduction en esclavage);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: torture
et viol).
Peine: 28 ans d’emprisonnement.
Radomir Kovac a été déclaré coupable
au titre de sa responsabilité pénale individuelle
pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: réduction
en esclavage et viol);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: viol et
atteintes à la dignité des personnes).
Peine: 20 ans d’emprisonnement.
Zoran Vukovic a été déclaré coupable
au titre de sa responsabilité pénale individuelle
pour:
crimes
contre l’humanité (Article 5 du Statut: torture et
viol);
violations
des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: torture
et viol).
Peine: 12 ans d’emprisonnement.
Déduction du temps passé en détention
provisoire:
La Chambre de première instance a déduit
les périodes de détention provisoire effectuées
avant et pendant le procès. Depuis le 4 mars 1998 pour Kunarac,
depuis le 2 août 1999 pour Kovac et depuis le 23 décembre
1999 pour Vukovic.
L’Appel

Le 12 juin 2002, la Chambre d’appel a confirmé
les peines des trois co-accusés.
Le 28 novembre 2002, Radomir Kovac et Zoran Vukovic ont été
transférés en Norvège pour purger le reste
de leur peine. Le 12 décembre 2002, Dragoljub Kunarac a été
transféré en Allemagne pour purger le reste de sa
peine.
Chambre d’appel:
Juge Claude Jorda (Président), France
Juge Mohamed Shahabuddeen, Guyane
Juge Wolfgang Schomburg, Allemagne
Juge Mehmet Güney, Turquie
Juge Theodor Meron, États-Unis
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