Informations relatives à l’affaire 20 décembre 2004  

 AFFAIRE KRSTIC (IT-98-33)
L'Accusé
Radislav KRSTIC
né le 15 février 1948 à Vlasenica, Bosnie-Herzégovine

Appréhendé par la SFOR: 2 décembre 1998
Transféré au TPIY: 3 décembre 1998
Comparution initiale: 7 décembre 1998; 25 novembre 1999, a plaidé «non-coupable» de tous les chefs d’accusation
Jugement : 2 août 2001, condamné à 46 ans d’emprisonnement
Arrêt : le 19 avril 2004, condamné à 35 ans d’emprisonnement
Transféré au Royaume uni pour purger sa peine le 20 décembre 2004
Purge sa peine

Radislav KRSTIC
Voir fiche d'information
 
L’acte d'accusation («Srebrenica - Corps de la Drina»)

Les faits reprochés
Selon l’Acte d’accusation du 27 octobre 1999, le 6 juillet 1995 ou vers cette date, des unités du Corps de la Drina de l’armée des Serbes de Bosnie (la «VRS») auraient bombardé Srebrenica et attaqué des postes d’observation des Nations Unies situés dans la zone protégée et tenus par des éléments néerlandais.
Entre le 11 et le 18 juillet 1995, les forces de la VRS placées sous le commandement et le contrôle de Ratko Mladic et Radislav Krstic auraient pris part à de nombreux incidents au cours desquels des hommes musulmans de Bosnie auraient été tués. Les forces de la VRS auraient soit expulsé, soit tué la plupart des membres de la population musulmane de Bosnie de l’enclave de Srebrenica. Suite à ces opérations, les forces de la VRS auraient quasiment éliminé toute présence musulmane de Bosnie dans la région de l’enclave de Srebrenica, poursuivant ainsi la campagne de nettoyage ethnique qui aurait commencé au printemps 1992.
D’octobre 1994 au 12 juillet 1995, Radislav Krstic aurait été chef d’état-major/commandant en second du Corps de la Drina de la VRS. Il aurait été promu au grade de général de brigade en juin 1995. Le 13 juillet 1995, il aurait pris le commandement du Corps de la Drina. À ce titre, Radislav Krstic aurait été chargé de la supervision de toutes les unités et des activités dans la zone de responsabilité du Corps de la Drina. En avril 1998, il aurait été promu au grade de général de division et commandait le 5eme Corps de la VRS.

Les chefs d’accusation
D’après l'Acte d’accusation, Radislav Krstic est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (article 7 (1)) du Statut) et, ou alternativement sur le fondement de sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut, en sa qualité de commandant pour les actes commis par ses subordonnés pour:

Un chef d’accusation de génocide (Article 4 3) a) du Statut) ;
Un chef d’accusation de complicité dans le génocide (Article 4 3) e) du Statut) ;
Cinq chefs d’accusation de crimes contre humanité (Article 5 du Statut : extermination, assassinat, persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses, expulsion et autres actes inhumains (transfert forcé)) ;
Un chef d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut et Article 3 1) a) des Conventions de Genève).

Le procès

Le procès de Radislav Krstic a commencé le13 mars 2000. Les réquisitoires et plaidoiries ont eu lieu du 26 au 29 juin 2001. Le procès a duré 98 jours.

Témoins appelés :
Accusation: 65
Défense: 12
Chambre de première instance: 2

Pièces à conviction :
Accusation: 910
Défense: 183

Chambre de première instance I
Juge Almiro Rodrigues, Portugal (Président)
Juge Fouad Riad, Égypte
Juge Patricia Wald, Etats Unis

Le Bureau du Procureur :
Mark Harmon
Peter McCloskey
Andrew Cayley
Magda Karagiannakis

Conseil de la Défense :
Nenad Petrusic
Tomislav Visnjic

Jugement

Le 2 août 2001, la Chambre de première instance s’est déclarée « convaincue au-delà de tout doute raisonnable qu’un crime de génocide a[vait] été commis à Srebrenica » et que le Général Radislav Krstic était coupable de génocide (voir Supplément Judiciaire n° spécial Arrêts et Jugements 2001). En outre, la Chambre de première instance a déclaré Radislav Krstic coupable au titre de sa responsabilité pénale individuelle d’un chef de crime contre humanité (persécutions ayant pris la forme de meurtres, de traitements cruels et inhumains, d’actes visant à terroriser la population civile, de transfert forcé et de destruction des biens personnels de civils musulmans de Bosnie) et d’un chef de violation des lois ou coutumes de la guerre (meurtre).
Il a été condamné à 46 ans d’emprisonnement.(voir cCommuniqué de presse n° 609)

L'Appel

La Défense et l’Accusation ont respectivement interjeté appel les 15 et 16 août 2001. Le 21 novembre 2003, une audience relative à la présentation de preuves a eu lieu. L’audience relative à l’appel s’est tenue les 26 et 27 novembre 2003.

Arrêt
Le 19 avril 2004, la Chambre d’appel a rendu son arrêt dans l’affaire Krstic (voir Judicial Supplement n° 49). . La Chambre d’appel a annulé, le Juge Shahabuddeen joignant une opinion dissidente, la déclaration de culpabilité prononcée à l’encontre de Radislav Krstic pour participation à une entreprise criminelle commune visant à commettre le génocide. Elle a déclaré, le Juge Shahabuddeen joignant une opinion dissidente, Radislav Krstic coupable de complicité de génocide (voir communiqué de presse n° 839).

Chambre d’Appel :
Juge Theodor Meron, (Président), Etats-Unis
Juge Fausto Pocar, Italie
Juge Mohamed Shahabuddeen, Guyane
Juge Mehmet Güney, Turquie
Juge Wolfgang Schomburg, Allemagne

Bureau du Procureur :
Norman Farrell
Mathias Marcussen
Magda Karagiannakis
Xavier Tracol
Dan Moylan

Conseils de la Défense :
Nenad Petrusic
Norman Sepenuk