Informations relatives à l’affaire 9 février 2005  

 AFFAIRE KRAJISNIK (IT-00-39&40/1)

Momcilo Krajisnik figurait dans l’Acte d’accusation avec Biljana Plavsic).

Les Accusés
  Momcilo KRAJISNIK,
né le 20 janvier 1945 à Zabrdje, municipalité de Novi Grad, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
Appréhendé par la SFOR : 3 avril 2000
Transféré au TPIY : 3 avril 2000
Comparution initiale : 7 avril 2000, a plaidé «non-coupable » de tous les chefs d’accusation
Procès en cours : arguments du Procureur

Biljana PLAVSIC
Voir aussi IT-00-39&40/1

L’Acte d’accusation

Les faits reprochés:
Dans l’Acte d’accusation consolidé modifié, déposé le 7 mars 2002 en vertu de la Décision du 4 mars 2002 de la Chambre de première instance, il est généralement allégué que, entre le 1er juillet 1991 et le 30 décembre 1992, Momcilo Krajisnik, Biljana Plavsic et d’autres personnes, dont Slobodan Milosevic, Zeljko Raznatovic, alias «Arkan», et Radovan Karadzic, auraient participé à une entreprise criminelle commune. Notamment, ils auraient planifié, incité à commettre, ordonné, commis ou de toute autre manière aidé et encouragé à planifier, préparer ou exécuter la destruction partielle des groupes nationaux, ethniques, raciaux ou religieux des Musulmans et des Croates de Bosnie, sur les territoires situés en Bosnie-Herzégovine. Les objectifs de cette entreprise auraient principalement été atteints par les persécutions méthodiques, telles que décrites dans l’Acte d’accusation.

Selon l’Acte d’accusation, la destruction de ces groupes aurait été accomplie par les moyens suivants :
- Meurtre à grande échelle de Musulmans et de Croates de Bosnie, notamment de membres éminents de ces communautés, durant et après l’attaque de villes et de villages des municipalités concernées, et meurtre de Musulmans et de Croates de Bosnie en relation avec des centres de détention ;
- Atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de Musulmans et de Croates de Bosnie, notamment de membres éminents de ces communautés, durant leur internement dans des centres de détention ;
- Détention de Musulmans et de Croates de Bosnie, notamment de membres éminents de ces communautés, dans des centres de détention où les conditions de vie devaient entraîner leur destruction physique par des traitements cruels et inhumains, notamment la torture, les sévices physiques et psychologiques, les violences sexuelles, des conditions d’existence inhumaines, le travail forcé et des conditions déplorables en matière de logements et d’abris, de nourriture, d’eau, de soins médicaux ou d’installations sanitaires.

Selon l’Acte d’accusation, Momcilo Krajisnik était un membre éminent de la direction des Serbes de Bosnie. Il aurait été membre du Conseil de sécurité nationale, de la présidence élargie de la République serbe de Bosnie-Herzégovine, du Comité centrale du Parti démocratique serbe de Bosnie-Herzégovine («SDS») et de l’Assemblée des Serbes de Bosnie, qu’il aurait également présidée. Du fait de ces associations, fonctions et appartenances, il aurait exercé un contrôle de fait et une autorité sur les forces serbes de Bosnie ainsi que sur les organes politiques et gouvernementaux des Serbes de Bosnie et leurs agents, qui auraient participé aux crimes allégués dans l’Acte d’accusation.

Les chefs d’accusation
Dans l’Acte d’accusation, Momcilo Krajisnik est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (Article 7 1) du Statut) et de sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut) pour :

Deux chefs d’accusation de génocide (Article 4 du Statut : génocide et/ou complicité de génocide) ;
Cinq chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (Article 5 : persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses ; extermination ; assassinat ; expulsion; actes inhumains) ;
Un chef d’accusation de violation des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut : meurtre).

Le 2 octobre 2002, son co-accusé Biljana Plavsic a plaidé coupable d’un chef de persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses, un crime contre humanité. Le 25 novembre 2002 la Chambre de première instance a séparé l’affaire à l’encontre de Momcilo Krajisnik de celle à l’encontre de Biljana Plavsic. Le 27 février 2003, la Chambre de première instance a condamné Biljana Plavsic à 11 ans d’emprisonnement.

Le procès à l’encontre de Momcilo Krajisnik a débuté le 3 février 2004.

Chambre de première instance I:
Juge Alphons Orie (Président), Pays-Bas
Juge Amin El Mahdi, Egypte
Juge Joaquín Martín Canivell, Espagne