Informations relatives à l’affaire 16 décembre 2002  

 KARADZIC Case (IT-95-5/18)
L'accusé
Radovan KARADZIC,
né le 19 juin 1945 dans la municipalité de Šanvik, actuelle République du Monténégro, République fédérale de Yougoslavie Acte d'accusation initial: gardé confidentiel jusqu'au 11 octobre 2002 Fugitif

Fugitif

 
L’acte d’accusation ("Bosnie Herzégovine" et "Srebrenica")

Les faits reprochés :
L’acte d’accusation initial contre Radovan Karadzic et Ratko Mladic a été déposé le 24 juillet 1995 et confirmé par le Juge Jorda le 25 juillet 1995. Le deuxième acte d’accusation a été déposé le 14 novembre 1995 et a été confirmé par le Juge Riad le 16 novembre 1995
L’acte d’accusation modifié, confirmé le 31 mai 2000, allégue que Radovan Karadzic, agissant seul ou de concert notamment avec Momcilo Krajišnik et Biljana Plavšic, entre le 1er juillet 1991 et le 31 décembre 1992, a participé aux crimes ci-après reprochés afin de prendre le contrôle des régions de Bosnie-Herzégovine qui avaient été déclarées partie intégrante de la République serbe («Republika Srpska»). En vue de réaliser cet objectif, les dirigeants serbes de Bosnie, parmi lesquels Radovan Karadzic, ainsi que durant la période couverte par l’acte d’accusation, Momcilo Krajišnik, Biljana Plavšic et d’autres, ont établi et mis en œuvre un plan d’action visant à la création de conditions de vie impossibles, se traduisant par des persécutions et des tactiques de terreur destinées à pousser les non-Serbes à quitter ces régions, encourageant l’expulsion des personnes peu disposées à partir et l’élimination des autres.
Les forces serbes de Bosnie, parmi lesquelles des unités militaires, paramilitaires, des unités de défense territoriale et de police (les «forces serbes de Bosnie»), le Parti démocratique serbe («SDS») et les autorités civiles sous la direction et le commandement de Radovan Karadzic, et durant la période couverte par l’acte d’accusation de Momcilo Krajišnik, Biljana Plavšic et d’autres, se sont livrés à une série d’actions pour réduire fortement le nombre de Musulmans de Bosnie, Croates de Bosnie et autres non-Serbes de ces municipalités.
Selon l’acte d’accusation, de fin mars au 31 décembre 1992, les forces serbes de Bosnie ont pris le contrôle des municipalités souvent au prix de violentes attaques. Ces attaques et prises de pouvoir se sont déroulées de manière coordonnée et planifiée. L’organisation et la direction des prises de pouvoir survenues entre fin mars et le 31 décembre 1992 et les persécutions et les expulsions auxquelles il a été procédé sans discontinuer jusqu’au 30 novembre 1995, en particulier hors des municipalités de Bijeljina, Banja Luka et de ce qu’il est convenu d’appeler la «zone de sécurité» de Srebrenica et ses environs, sont l’œuvre du SDS, des dirigeants politiques et militaires et des instances dirigeants des municipalités serbes parmi lesquelles les cellules de crise, les présidences de guerre et les commissions de guerre.

Les chefs d’accusation :
Dans l’acte d’accusation, Radovan Karadzic est poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (Article 7 1) du Statut) et, ou alternativement, sur le fondement de sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (Article 7 3) du Statut) pour:

deux chef d’accusation de génocide (article 4 du Statut: génocide, complicité dans le génocide) ;
cinq chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (Article 5 du Statut: extermination, assassinat, persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses, expulsion et autres actes inhumains) ;
trois chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 du Statut: meurtre, avoir répandu illégalement la terreur parmi la population civile et prise d’otages)
un chef d’accusation de infraction grave aux Conventions de Genève de 1949 (Article 2 du Statut: homicide intentionnel).