Informations relatives à l’affaire 31 mars 2005  

 AFFAIRE JANKOVIC and ZELENOVIC (IT-96-23/2)
Les Accusés
Gojko JANKOVIC,
né le 31 octobre 1954 ŕ Trbušce, municipalité de Foca en Bosnie-Herzégovine

Transferé au TPIY : 14 mars 2005
Comparution initiale : Le 18 mars 2005,

Dragan ZELENOVIC,
né le 12 février 1961 ŕ Foca en Bosnie-Herzégovine
Fugitif

Radovan STANKOVIC,
Voir affaire IT- 98-23/2-PT

Voir aussi affaire Kunarac et consorts IT-96-23&23/1

 
L’acte d'accusation ("Foca")

L’acte d'accusation, confirmé le 26 juin 1996, comprenait à l’origine quatre autres accusés, Dragan Gagovic et Janko Janjic sont décédés. Le Procureur a ensuite autorisé le retrait de l’acte d'accusation déposé à l’encontre de Gagovic le 30 juillet 1999.
Un acte d’accusation modifié a été confirmé le 19 août 1998, à l’encontre de Dragoljub Kunarac, le dissociant de ce fait de ses coaccusés d’origine. Le 3 septembre 1999, un second acte d'accusation modifié a été confirmé, donnant lieu à une jonction d’instance des affaires concernant Dragoljub Kunarac et Radomir Kovac (IT-96-23).
A la suite de l’arrestation de Zoran Vukovic, un acte d'accusation modifié a été déposé le 21 février 2000 (IT-96-23/1), contenant uniquement les faits et les accusations retenus à son encontre.
Dragoljub Kunarac, Radomir Kovac et Zoran Vukovic sont jugés conjointement. Leur procès a commencé le 20 mars 2000. La Chambre de première instance a rendu son jugement le 22 février 2001. Dragoljub Kunarac été condamné à 28 ans d’emprisonnement, Radomir Kovac été condamné à 20 ans d’emprisonnement et Zoran Vukovic été condamné à 12 ans d’emprisonnement. Le 12 juin 2002, la Chambre d’Appel a confirmé les peines des trois co-accusés.
Le 3 mars 2003, le Procureur a déposé un acte d’accusation modifié pour Radovan Stankovic (voir fiche Stankovic).

Les faits reprochés
Il est allégué, dans l’acte d'accusation modifié contre Gojko Jankovic, Dragan Zelenovic et Radovan Stankovic du 5 octobre 1999 (version expurgée déposée 2 mai 2001), qu’en avril 1992, les forces serbes ont pris des quartiers de la ville de Foca. A cette occasion, et jusqu’à mi-juillet 1992, les habitants musulmans et croates ont été rassemblés et arrêtés. Des civils ont été battus ou tués au cours de cette opération.
Selon l’acte d'accusation, de la fin du mois de juillet 1992 au mois de février 1993, des femmes musulmanes, des enfants et des personnes âgées musulmanes ont été détenus dans des maisons, des appartements et des motels de la ville de Foca ou des villages environnants, ou dans des centres de détention tels que Buk Bijela, le lycée de Foca et le centre sportif Partizan. Bon nombre de femmes détenues ont connu des conditions de vie humiliantes et dégradantes, ont été gravement battues et ont été victimes de violences sexuelles, notamment de viols. Outre les lieux de détention précités, plusieurs femmes ont été détenues dans des maisons et des appartements faisant office de bordels gérés par des groupes de soldats, essentiellement des paramilitaires.
Il est allégué que Gojko Jankovic et Dragan Zelenovic étaient commandants-adjoints de la police militaire et les principaux dirigeants paramilitaires de Foca pendant la période de référence. Radovan Stankovic faisait partie de l’unité d’élite paramilitaire commandée par Pero Elez pendant la période de référence.
Gojko Jankovic et Dragan Zelenovic sont poursuivis particulièrement pour leur participation aux interrogatoires et aux violences sexuelles subies par les femmes au camp de détention de Buk Bijela pendant le mois de juillet 1992. De plus leur participation aux violences sexuelles, dont le viol collectif de femmes et de jeunes filles détenues au lycée de Foca pendant le mois de juillet 1992, aux mauvais traitements sexuels de femmes, dont une jeune fille de 15 ans et une jeune fille de 16 ans au centre sportif de Partizan, et au déplacement de femmes du centre sportif vers des maisons pour y faire l’objet de violences sexuelles, de juillet environ à août 1992.

Les chefs d'accusations
Les accusés sont poursuivis sur le fondement de ce qui suit :

Gojko Jankovic:
Gojko Jankovic pour sa responsabilité pénale individuelle (article 7 1) du Statut) et sa responsabilité pénale de supérieur hiérarchique (article 7 3) du Statut) pour :

sept chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (article 3 – torture ; viol) et,
sept chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (article 5 - torture ; viol).

Dragan Zelenovic pour sa responsabilité pénale individuelle article 7 1) du Statut) pour :

sept chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (article 3 – torture ; viol) et,
sept chefs d’accusation de crimes contre l’humanité (article 5 - torture ; viol).