Tihomir
Blaskic figurait dans l’acte d’accusation avec Dario
Kordic, Mario Cerkez, Zlatko Aleksovski, Ivan Santic et Pero Skopljak
(voir fiches d’information relatives aux affaires Kordic
& Cerkez et Aleksovski).
Tihomir BLASKIC,
né le 2 novembre 1960 à Brestovsko en Bosnie-Herzégovine
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Reddition
volontaire : 1er avril 1996
Transfert au TPIY : 1er avril 1996
Comparutions initiales : 3 avril 1996 ; le 4
décembre 1996 a plaidé “non-coupable”
de tous les chefs d’accusation
Jugement de la Chambre de première instance :
3 mars 2000, condamné à 45 ans d’emprisonnement
Arrêt : 29 juillet 2004, condamné
à 9 ans d’emprisonnement
Libération anticipée le 2 août 2004
Procès terminé
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L’acte d’accusation («Vallée de
la Lasva»)

L’Acte d’accusation d’origine, confirmé le
10 novembre 1995, comprenait cinq autres coaccusés.
Dario Kordic et Mario Cerkez ont été jugés conjointement
(affaire Kordic & Cerkez (IT-95-14/2), Zlatko Aleksovski
a été transféré en Finlande pour purger
la peine prononcée par la Chambre d'appel (affaire Aleksovski
(IT-95-14/1-A)). Les charges à l’encontre d’Ivan
Santic et de Pero Skopljak ont été retirées le
19 décembre 1997.
Les faits reprochés
Selon le second Acte d’accusation, modifié le 25 avril
1997 et corrigé le 16 mars 1999, les membres des forces armées
du Conseil de Défense Croate («HVO») auraient
commis de graves violations du droit international humanitaire à
l’encontre des Musulmans de Bosnie en Bosnie-Herzégovine,
de mai 1992 à janvier 1994.
A toutes les époques visées dans l’Acte d’accusation,
l’Accusé aurait eu le grade de colonel au sein du HVO,
dont il serait devenu Commandant du Quartier Régional des
Forces Armées en Bosnie centrale le 27 juin 1992. Au début
du mois d’août 1994, il aurait été promu
au grade de Général et nommé Commandant du
HVO.
Les chefs d’accusation
L’Accusé est poursuivi sur le fondement de
sa responsabilité pénale individuelle (article 7 1)
du Statut) et de sa responsabilité pénale de supérieur
hiérarchique (article 7 3) du Statut) pour :
Infractions graves aux Conventions de Genève de 1949 (article
2 : homicide intentionnel ; fait de causer intentionnellement ou
de porter des atteintes graves à l’intégrité
physique ou à la santé ; destruction de propriétés
sur une grande échelle ; traitements inhumains ; prises de
civils en otage) ;
Violations
des lois ou coutumes de la guerre (article 3 : destructions non
justifiées par les exigences militaires ; attaques illégales
contre les civils ; attaques illégales contre des biens à
caractère civil ; assassinat ; violations de l’intégrité
physique ; pillage de biens à caractère public ou
privé ; destruction ou endommagement délibéré
d’édifices consacrés à la religion ou
à l’éducation ; traitement cruel ; prises d’otages)
;
Crimes contre
l’humanité (article 5 : persécutions pour des
raisons politiques, raciales ou religieuses ; assassinat ; actes
inhumains).
Le procès

Le procès a commencé le 24 juin 1997. L’Accusation
a achevé la présentation de ses moyens de preuve le
29 juillet 1998. L’argumentation de la Défense a commencé
le 7 septembre 1998. Les réquisitoire et plaidoiries ont été
entendus du 26 au 30 juillet 1999. La Chambre de première instance
a prononcé son jugement le 3 mars 2000.
Témoins appelés :
Accusation : 104
Défense : 46
Chambre de première instance : 9 (1 témoin a été
appelé à la fois par la Chambre de première
instance et par la Défense)
Pièces à conviction :
Accusation : 787
Défense : 614
Chambre de première instance : 13
Chambre de première instance I :
Juge Claude Jorda, France (Président)
Juge Almiro Rodrigues, Portugal
Juge Mohammed Shahabuddeen, Guyane
Bureau du Procureur :
Mark Harmon
Andrew Cayley
Gregory Kehoe
Conseils de la Défense (procuration) :
Anto Nobilo
Russell Hayman
Jugement

Le 3 mars 2000, la Chambre de première instance a jugé
Blaskic coupable de tous les chefs d’accusation retenus à
son encontre et a prononcé une peine de 45 ans d’emprisonnement
(voir Supplément Judiciaire n° 13).
Déduction du temps passé en détention provisoire
:
La Chambre de première instance a déduit la période
de détention provisoire effectuée avant et pendant
le procès (depuis le 1er avril 1996). Cette période
ainsi que la période passée en détention pendant
l’appel seront déduites de la peine prononcée.
Appel et Arrêt

Blaskic a interjeté appel à l’encontre du jugement
et de la peine le 17 mars 2000. Le 29 juillet 2004, la Chambre d'appel
a rejeté la plupart des condamnations de la Chambre de première
instance et a condamné Tihomir Blaskic à 9 ans d'emprisonnement
(voir Communiqué de Presse n° 875,
en anglais).
Libération anticipée
Le 29 juillet 2004, suite à l’Arrêt,
la Défense de Tihomir Blaskic a déposé une
requête aux fins de libération anticipée. Cette
requête a été accordée par le Président
du Tribunal le jour même, à compter du 2 août
2004.
Chambre d'appel :
Judge Fausto Pocar (Président), Italie
Judge Wolfgang Schomburg, Allemagne
Judge Florence Mumba, Zambie
Judge Mehmet Güney, Turquie
Judge Inés Mónica Weinberg De Roca, Argentine
Bureau du Procureur :
Upawansa Yapa
Norman Farrell
Conseils de l’accusé :
Russell Hayman
Andrew Paley
Anto Nobilo
L’outrage au tribunal de M. Nobilo
Le 11 décembre 1998, M. Anto Nobilo, un des avocats
du Général Blaskic, a été reconnu
coupable d’outrage au Tribunal et s’est vu imposer une
amende de 10,000 NLG (4545 euros) pour avoir dévoilé
l’identité et l’occupation d’un témoin
protégé qui avait témoigné pour le Procureur
au cours du procès Aleksovski, pendant le procès de
Blaskic. (Un paiement de 6000 NLG (2727 euros) a été
suspendu pour une période d’un an à condition
que M. Nobilo ne soit pas à nouveau déclaré
coupable d’outrage durant cette période). M. Nobilo
a obtenu la permission de faire appel de la décision le 22
décembre 1998.
Le 30 mai 2001, La Chambre d’appel (Juges Hunt (Président),
May, Robinson, Pocar et Fassi Fihri) ont fait droit à l’appel
de M. Nobilo et ordonné au Greffier de rembourser la somme
de 4000 NLG (1818 euros) versée par M. Nobilo.
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