Milan
BABIC
Milan BABIC, né
le 26 février 1956 à Kukar, municipalité
de Sinj, Croatie |
Reddition
volontaire : 26 novembre 2003
Comparution initiale : 26 novembre 2003, n'a pas
entré de plaidoyer.
27 janvier 2004 : a plaidé coupable
pour un chef de persécutions pour des raisons politiques,
raciales et religieuses, un crime contre l’humanité.
Jugement portant condamnation : le 29
juin 2004, condamné à 13 ans d’emprisonnement.
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L’Acte d’accusation

Les faits reprochés :
Selon l’Acte d’accusation, confirmé le 17 novembre
2003, Milan Babic aurait été membre de la Ligue des
communistes de Croatie et l’une des personnalités politiques
influentes du Parti démocratique serbe («SDS»)
en Croatie dès sa fondation en février 1990. Il aurait
exercé des fonctions de premier plan au comité municipal
du SDS à Knin.
En outre, d’après l’Acte d’accusation, après
le décès du Jovan Raskovic en 1992, Milan Babic serait
devenu le président du SDS, fonction qu’il aurait exercée
jusqu’en 1995. De 1990 à avril 1994 Milan Babic aurait
été le Président de l’assemblée
municipale de Knin. À partir du 31 juillet 1990, il aurait
été le Président du Conseil national serbe («SNC»).
Le 30 avril 1991, Milan Babic aurait été élu
Président du conseil exécutif de la «Région
autonome serbe (Srpska autonomna oblast ou «SAO») de Krajina».
Selon l’Acte d’accusation, Milan Babic serait devenu,
le 29 mai 1991, Premier Ministre et Président du Gouvernement
de la Région autonome serbe autoproclamée de Krajina.
Le 19 décembre 1991, la SAO de Krajina se serait proclamée
République serbe de Krajina (Republika Srpska Krajina ou «RSK»)
avec Milan Babic pour Président. Milan Babic aurait occupé
ce poste jusqu’au 15 février 1992. En avril 1994 Milan
Babic serait devenu le Ministre des affaires étrangères
du Gouvernement de la RSK. En juillet 1995 il aurait été
élu Premier Ministre du Gouvernement de la RSK, fonction qu’il
n’aurait exercée que jusqu’au début du mois
d’août 1995, quand au cours de l’offensive croate
dite «Opération Tempête», tous les dirigeants
de la RSK, y compris Milan Babic auraient fui celle-ci.
L’entreprise criminelle commune
Selon l’Acte d’accusation Milan Babic aurait
participé à une entreprise criminelle commune qui
aurait commencé au plus tard le 1er août 1991 et se
serait poursuivie au moins jusqu’en juin 1992. Elle aurait
visé à expulser définitivement la majorité
de la population croate et des autres populations non serbes d’environ
un tiers du territoire de la République de Croatie («Croatie»)
afin de l’intégrer à un nouvel État dominé
par les Serbes, par la commission de crimes contrevenant aux articles
3 et 5 du Statut du Tribunal.
De plus, l’Acte d’accusation constate que plusieurs
individus auraient pris part à cette entreprise criminelle
commune y compris Slobodan Milosevic, Milan Martic, Goran Hadic,
Jovica Stanisic, Franko Simatovic alias «Frenki»,
Vojislav Seselj, le général Blagoje Adic,
le général Ratko Mladic et d’autres membres
connus et inconnus de l’Armée populaire yougoslave
(«JNA»), la Défense territoriale serbe («TO»)
de Croatie, de Serbie et du Monténégro, les forces
de police locales et serbes («forces du MUP»), notamment
la sûreté de l’État (Drzavna bezbednost
ou «DB») de la République de Serbie et les forces
de police serbes de la SAO de Krajina et de la RSK, désignées
couramment sous les appellations «Police de Martic»,
«Marticevci», «Police de la SAO de Krajina»
ou «Milice de la SAO de Krajina». Milan Babic aurait
pris part à cette entreprise criminelle commune au moins
jusqu’en février 1992.
D’après l’Acte d’accusation Milan Babic
agissant seul ou de concert avec d’autres membres de l’entreprise
criminelle commune, aurait pris part à celle-ci de la façon
suivante:
«En sa qualité de Président du SNC, puis de
Président et Premier Ministre de la SAO de Krajina et de
la RSK, il aurait formulé, soutenu et encouragé l’élaboration
et la mise en œuvre de politiques gouvernementales du SDS et
de la SAO de Krajina puis de la RSK, visant à réaliser
l’objectif de l’entreprise criminelle commune, et y
aurait participé. Tout au long de 1991, Milan Babic aurait
participé à des réunions avec les dirigeants
de la Serbie, de la RSFY et des Serbes de Bosnie, ayant pour objet
de définir les politiques de l’entreprise criminelle
commune et les auraient défendues dans des négociations
internationales».
L’Acte d’accusation allègue que les persécutions
se seraient fondées sur des raisons politiques, raciales
et religieuses et auraient inclu «l’extermination ou
le meurtre de centaines de civils croates et d’autres civils
non serbes y compris des femmes et des personnes âgées,
à Dubica, Cerovljani, Bacin, Saborsko, Poljanak, Lipovaca
et les hameaux avoisinants, Skabrnja, Nadin et Bruska
en Croatie».
De plus, les persécutions auraient compris «l’emprisonnement
et la détention prolongés et systématiques
de plusieurs centaines de civils croates et d’autres civils
non serbes dans des conditions inhumaines, à l’ancien
hôpital et à la caserne de la JNA à Knin».
Selon l’Acte d’accusation, «presque tous les Croates,
Musulmans ou non-Serbes de la SAO de Krajina ou RSK auraient été
déplacés de force, expulsés ou tués».
Par ailleurs, l’Acte d’accusation énonce que
les persécutions auraient compris «la destruction délibérée
de logements, d’autres biens publics et privés, d’institutions
culturelles, de monuments historiques et de lieux de culte de la
population croate et des autres populations, non serbes à
Dubica, Cerovljani, Bacin, Saborsko, Poljanak, Lipovaca et les hameaux
avoisinants, Vaganac, Skabrnja, Nadin et Bruska en SAO
de Krajina ou en RSK».
Les chefs d’accusation
Dans l’Acte d’accusation, Milan Babic est poursuivi
sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle
(Article 7 1) du Statut) pour :
Un chef
d’accusation de crimes contre l’humanité (Article
5 : persécutions pour des motifs politiques, raciaux et
religieux) ;
Quatre
chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de
la guerre (Article 3 : meurtre, traitements cruels, destruction
sans motif de villages ou de dévastation que ne justifient
pas les exigences militaires et destruction ou d’endommagement
délibéré d’édifices consacrés
à l’éducation ou à la religion).
Plaidoyer de culpabilité
Le 27 janvier 2004 Milan Babic a plaidé coupable
du Chef 1 de l’Acte d’accusation, persécutions
pour des raisons politiques, raciales et religieuses, un crime contre
l’humanité (voir Communique de presse 818,
en anglais). Le 28 janvier 2004 la Chambre de première instance
a accepté l’accord sur le plaidoyer entre l’Accusation
et la Défense. Elle a déclaré Milan Babic coupable
de persécutions et a ajouté que le crime contre l’humanité
avait été commis aux fins de participer à une
entreprise criminelle commune dans laquelle Milan Babic était
co-auteur (voir Communique de presse n°819,
en anglais). L’Accusation avait recommandé une peine
n’excédant pas 11 ans d’emprisonnement et la
Défense n’avait pas fait de recommandation.
Jugement portant condamnation
Le 29 juin 2004, la Chambre de première instance
a condamné Milan Babic à 13 ans d’emprisonnement
(voir Communique de presse n° 861,
en anglais).
Chambre de première instance :
Juge Alphons Orie (Président), Pays-Bas
Juge Amin El Mahdi, Egypte
Juge Joaquín Martín Canivell, Espagne
Bureau du Procureur :
Hildegaard Uertz-Retzlaff
Alex Whiting
Sabine Bauer
Conseils de la Défense :
Peter Michael Müller
Robert Fogelnest
Chambre d’appel :
Juge Fausto Pocar, Italie
Juge Mohamed Shahabuddeen, Guyana
Juge Florence Mumba, Zambie
Juge Mehmet Güney , Turquie
Juge Wolfgang Schomburg, Allemagne
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