
Je voudrais, au nom de ma délégation, vous présenter nos plus sincères félicitations pour votre élection à la présidence de la Conférence des Nations Unies chargée d'établir la Cour Criminelle Internationale.
Nous nous confions à votre capacité notoire pour diriger les travaux complexes que la Conférence vous a confiés et nous réaffirmons notre certitude quant au succès de votre mission et de cette même Conférence.
Je profite de cette occasion pour féliciter toutes les délégations ici présentes et manifester notre reconnaissance à l'Italie, au Gouvernement italien et à la ville historique de Rome pour avoir acceptes d'abriter cette Conférence et pour l'appui qu'ils ont donne et continuent de donner.
Comme contenu dans la déclaration faite par Son Excellence Monsieur le Ministre de Justice de l'Afrique du Sud, au nom de tous les pays membres de la SADC, l'Angola appuie avec fermeté la création d'une Cour Criminelle Internationale pour juger les graves crimes qui concernent et offensent la communauté internationale.
Mais nous ne voulons pas laisser passer cette opportunité sans réaffirmer, d'une manière particulière, notre appui et procéder à l'éclaircissement complémentaire de la position que nous assumons.
L'Angola conçoit mal l'existence d'une cour
criminelle internationale avec moins de garanties d'indépendance
et
d'impartialité que celles offertes par les tribunaux nationaux,
qui ne respecte pas le principe de l'égalité, qui sélectionne
par une imposition externe et une obéissance aux critères
non juridiques, les crimes et les criminels qu'elle doit jugés et
les crimes et les criminels qui ne seront pas jugés et resteront
impunis. Une telle cour ne mérite pas de crédit ni est capable
de conquérir la confiance des victimes et, en général,
de la communauté internationale, conditions nécessaire pour
se transformer en un instrument de réalisation de la justice et
de l'objectif supérieur de compléter les juridictions nationales
et compenser leurs débilités, leurs insuffisances et leur
inefficacité.
Par conséquent, nous pensons que, en aucun
cas, l'initiative processuelle et l'activité judiciaire peuvent
être
sujets soit au veto et aux décisions indicatives du Conseil
de Sécurité, soit à la volonté ou aux intérêts
des Etats ou les
crimes ont été commis ou dont les accusés sont
des nationaux. L'imposition des critères illégaux et non
juridiques d'activité correspondrait a amoindrir la crédibilité
de la Cour Criminelle Internationale et la transformer en instrument de
manipulation politique. C'est ce risque qu"il ne faut par courir.
De la même façon, l'Angola croit que le Procureur ne peut pas, soit pendant l'investigation des crimes, soit dans l'exercice de l'action pénale, voir son initiative limitée, conditionnée ou paralysée par qui que ce soit, notamment par la Cour, au lieu d'agir en pleine indépendance et officieusement dans l'accomplissement de ses fonctions.
Selon nous, c'est nécessaire, de cela pourra
dépendre, dans la bonne mesure, le prestige et l'efficacité
de la Cour, que les Etats comprennent effectivement la tache du Procureur,
lui évitent des empêchements a son action, collaborent franchement
avec lui et lui créent les conditions nécessaires pour le
succès de ses fonctions ardues et
épineuses.
Entretemps, l'Angola comprend les préoccupations manifestées par certains pays et pense que, avec la bonne volonté et un esprit ouvert au dialogue, pourra-t-on trouver des mécanismes procedurales qui garantissent le respect pour les droits à la défense des accuses, favorisent le principe du contradictoire, évitent des abus et s'abstiennent à ce que des accusations infondées arrivent jusqu'à la phase de jugement.
Monsieur le Président,
L'Angola fut victime des agressions armées, connaît ce qu'a souffert son peuple à cause de celles-ci et pense, par conséquent, que l'agressions est un crime grave qui cause de dommages et des souffrances incalculables aux pays et aux peuples et perturbe et porte une offense à la communauté internationale. Par conséquent, l'Angola défend, comme position de principe, son inclusion, avec tous les contours bien définis, une fois atteint le consensus, dans le quadre de la juridiction et de compétence de la Cour Criminelle Internationale.
Finalement, notre Loi Constitutionnelle et les principes humanitaires qui constituent le soubassement de notre Etat interdisent la peine capitale et malgré la gravite des crimes commis, il est hors de question pour l'Angola de donner son accord à l'établissement de la peine capitale dans le Statut de la Cour Criminelle Internationale qui viendra à sortir de cette Conférence.
Monsieur le Président,
La création de la Cour Criminelle Internationale sera un événement historique de haut niveau, facteur et témoin de la civilisation et du progrès de l'homme et de l'humanité. L'espoir ne peut être frustrée de cette magnifique Conférence, ni l'espoir ni l'honneur d'y avoir participé. Ce sont les voeux sincères de l'Angola et de sa délégation.
Je vous remercie