
Je voudrais tout d'abord vous féliciter pour votre élection à la Présidence de notre Conférence.
Ma délégation se réjouit particulièrement de cette élection.
Je voudrais remercier le Gouvernement italien pour avoir accepté d'abriter nos travaux dans cette ville historique de Rome.
Permettez-moi également de féliciter la Commission du Droit International pour l'excellent travail accompli qui a permis la mise au point du projet soumis à notre examen.
Monsieur le Président, Honorables Délégués,
La République de Guinée se félicite de prendre part aux travaux de la présente Conférence diplomatique qui, nous le souhaitons, débouchera sur l'adoption du statut de la Cour Criminelle Internationale.
La tenue d'une telle conférence représente pour mon pays, un moment particulièrement important qui témoigne de la volonté de la Communauté Internationale pour mettre fin à l'horreur et aux atrocités dont l'humanité a tant souffert, surtout au cours des dernières années.
Est-il besoin, Monsieur le Président, de rappeler le douloureux souvenir des drames survenus récemment en Somalie, au Rwanda, au Liberia et en Yougoslavie?
En Sierra Leone, malgré la restauration de la légalité constitutionnelle dans ce pays, des bandes armées de rebelles continuent de commettre de graves atrocités contre les innocentes victimes civiles, poussant la cruauté jusqu'aux mutilations, notamment, l'amputation des membres, des seins des femmes et autres organes.
Les génocides et les graves atteintes à la conscience universelle commises en maints endroits du monde au cours de la dernière décennie, ont convaincu la Communauté Internationale de la nécessité de l'établissement d'un système judiciaire pénal international pour mettre fin à ces crimes et à l'impunité de leurs auteurs.
Pour la République de Guinée, la création d'une Cour Criminelle Internationale indépendante, efficace et fonctionnelle est un grand pas sur la voie d'une mise en oeuvre effective des droits de l'homme, au premier rang desquels se trouve le droit à la vie
Toutefois, la Cour ne pourra jouer efficacement son rôle que si elle jouit pleinement de son indépendance et de son universalité. Ma délégation tout en reconnaissant et saluant le rôle majeur du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la Sécurité internationales réaffirme son souhait de voir la Cour Criminelle Internationale, en tant qu'organe judiciaire, accomplir sa fonction en toute indépendance.
Dans ce cadre et dans un souci d'impartialité, le Procureur de la Cour devrait être habilité à ouvrir une enquête de sa propre initiative, cette aptitude étant soumise au seul contrôle de la chambre préliminaire.
Ma délégation estime que pour préserver la souveraineté des Etats, la complémentarité de la Cour par rapport aux juridictions nationales doit être un principe essentiel accepté par tous pour faciliter l'exercice des poursuites.
Sa compétence s'exercera pour les crimes majeurs tels que le crime de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et les crimes d'agression et toutes les fois que les juridictions nationales n'existent pas ou ne sont pas capables de poursuivre les auteurs de ces crimes.
J'ai parlé tantôt de l'universalité de la Cour.
C'est le lieu de le souligner avec force. Il serait de l'intérêt
de la Communauté Internationale que tous les Etats adhèrent
pleinement et sans réserve à la Convention.
Monsieur le Président,
Mon pays reste préoccupé par la question de l'agression. Comme vous le savez, la Guinée fut victime d'une agression en 1970. Cette agression d'origine étrangère a entraîné des conséquences désastreuses sur la vie de mon pays. C'est ce qui justifie l'intérêt de ma délégation pour l'examen de cette question qui met en péril la stabilité et la sécurité des Etats.
En ce qui concerne la question de la compensation des victimes, ma délégation voudrait inviter tous les participants pour trouver un compromis à cette importante question.
Monsieur le Président,
Si la création de la Cour Criminelle Internationale constitue une avancée historique dans le développement et l'application du droit international, il est de la responsabilité de la Communauté Internationale d'oeuvrer à l'éradication des causes qui engendrent la commission des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité.
C'est le lieu d'en appeler à l'intensification de la diplomatie préventive par la consolidation des mécanismes de prévention, de gestion et de règlement des conflits et la systématisation des missions d'établissement des faits pour rendre plus efficace le mécanisme d'alerte dès qu'un foyer de tension est décelé.
Un autre aspect non moins important est le traitement équitable des conflits.
Notre responsabilité collective commande d'oeuvrer à la solution des conflits qui ont mis l'humanité à une rude epreuve au cours de ces dernières années.
L'adoption de la Convention portant création de la Cour Criminelle Communauté Internationale marquera, j'en suis sur, l'aversion de la Internationale contre les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et les crimes d'agression et favorisera l'avènement d'un monde plus respectueux des droits de l'homme et des Peuples.
C'est à cette oeuvre que la délégation guinéenne
convie la Communauté internationale.