TUNISIE

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE

MONSIEUR HABIB BEN YAHIA

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANERES

DE LA REPUBLIQUE TUNISIENNE

DEVANT

LA 55ème SESSION

DE L'ASEMBLEE GENERALE

DES NATIONS UNIES

 

NEW YORK, LE 18 SEPTEMBRE 2000

 

 


Monsieur le président,

 

II m'est particulièrement agréable de vous exprimer mes plus chaleureuses félicitations à l'occasion de votre élection à la présidence de la 55ème session de l'Assemblée générale de l'ONU. Votre grande expérience diplomatique et votre profonde connaissance des affaires internationales sont les meilleurs garants du bon déroulement de cette session et de sa réussite. Tout en vous assurant de la disposition de notre délégation à vous apporter sa pleine coopération, nous vous souhaitons plein succès dans vos hautes charges.

 

Permettez-moi, par ailleurs, de faire part de mes vifs remerciements à votre prédecesseur, Monsieur Théo Ben Gourirab pour le rôle remarquable qu'il a joué tout au long de la précédente session de l'Assemblée Générale, ce qui a permis la réalisation de résultats positifs dans l'examen et la solution de nombreuses questions.

 

Monsieur le Président,

 

L ‘Assemblée du Millénaire se tient alors que le monde se trouve à un moment charnière entre deux ères, ce qui lui confère une extrême importance. Cette 55ème session nous offre ainsi l'opportunité de faire le bilan de ce que nous avons réalisé ensemble et de nous atteler à l'élaboration d'une stratégie prospective qui nous permette de relever les défis que nous ne saurions identifier et auxquels nous ne saurions faire face que dans le cadre d' un partenariat international multidimensionnel dans les domaines politique, économique, social et de développement.

 

Le Président Zine El-Abidine BEN ALI et ses pairs, réunis au Sommet du Millénaire, ont souligné les principaux défis auxquels la communauté internationale est confrontée et qui devraient constituer les priorités de notre action commune dans l'étape à venir afin de faire du prochain Millénaire le millénaire du partenariat international, de la concordance des grandes stratégies, de la promotion des sociétés et de la satisfaction de leurs besoins, de la lutte contre la pauvreté et les épidémies, de la prévention des conflits et de l'établissement de bases durables pour la paix et la sécurité internationales, en un mot pour que ce Millénaire que nous entamons soit véritablement celui du devenir commun de l'Humanité tout entière.


           

La déclaration adoptée par le Sommet du Millénaire est un document d'une importance historique qui éclaire la voie de l'action future de la communauté internationale, dans le cadre des principes et des objectifs de la Charte des Nations Unies, principes et objectifs que les dirigeants du monde ont réaffirmés et pour lesquels ils ont renouvelé leur engagement ainsi que leur attachement à l'ONU en tant que seule tribune au sein de laquelle la communauté internationale exprime ses choix d'avenir et qui constitue l'instrument adéquat pour la réalisation de nos aspirations collectives.

 

Les résultats des sommets et rencontres tenues à la fin du dernier millénaire, dont le Sommet du Millénaire, le Sommet du Sud et le Sommet du MNA et les deux Sessions spéciales de l'Assemblée Générale de l'ONU consacrées au développment social et à la femme et les décisions et visions que ces rencontres ont prises pour l'avenir des relations internationales, constituent une référence importante permettant d'élaborer une stratégie globale et consensuelle pour l'édification d'un partenariat effectif entre les peuples et les nations, dans le but de relever, en commun, les défis du futur.

 

Parmi les enseignements à tirer de ces rencontres historiques l'on note le consensus atteint entre tous les pays sur la nécessité d'une vision renouvelée des différentes méthodes de travail que nous avons suivies ces dernières décennies dans tous les domaines, pour nous adapter aux exigences de l'époque où les différents aspects de la vie internationale dans les domaines politique, économique et social sont solidaires.

 

Les catactéristiques de notre monde d'aujourd'hui requièrent une vision globale et une action commune qui prennent en considération le lien entre la paix, la sécurité et le développement durable, fondée sur une démarche politique qui consacre la démocratie, les droits de l'Homme et la bonne gouvernance, ainsi que des stratégies globales pour la lutte contre la pauvreté au plan international. En effet, la pauvreté a été identifiée par les grandes instances internationales et aussi dans les déclarations issues des Sommets du Millénaire et du Conseil de Sécurité ainsi que par le Secrétaire Général dans ses rapports au Sommet du Millénaire et à la 55ème session de l'Assemblée Générale comme étant l'une des principales causes des déséquilibres économiques internationaux et une source d'instabilité, de conflits et de tension dans plusieurs régions monde.

 

A notre avis, la communauté internationale est appelée aujourd'hui à concevoir d'une manière objective le concept de la paix et de la sécurité internationales ainsi que les moyens de les préserver. Elle est également appelée à adopter un concept plus large qui tienne compte non seulement des causes directes des guerres, des conflits et des foyers de tensions mais aussi de leurs racines profondes et des moyens de les régler en vue d'assurer leur prévention et garantir la paix et la sécurité.

 

La décennie écoulée a démontré l'importance des moyens requis pour résoudre les conflits et les tensions que le monde a connus. Ceci a engendré un affaiblissement de la volonté internationale en vue dune participation effective et directe dans la recherche de solutions aux nombreux conflits. L'ONU reste, en dépit de ses ressources limitées, le principal intervenant pour résoudre ces conflits.

 

Les expéreriences antérieures nous enseignent, entre autres, que le principe de prévention des conflits demeure le meilleur moyen permettant d'éviter les conflits, les tragédies humaines et les dégats économiques et sociaux qu'ils engendrent et qui sont difficiles à réparer.

 

De ce fait, il nous incombe, au sein de cette instance internationale, d'oeuvrer avec les organisations régionales et les institutions financiaires internationales à la mise en oeuvre d'un plan d'action aux dimensions renouvelées qui consacre le principe de la prévention comme moyen principal d'éviter les conflits et de traiter ses causes profondes,structurelles conjoncturelles, selon une vision globale prenant en compte les exigences pressantes du développement économique et social d'autant que l'expérience a prouvé que la stabilité et la concorde internes et entre les pays ne sauraient étre atteintes sans le développement national et l'interdépendance des intérêts.


 

II est difficile de ce fait d'imaginer comment une société donnée peut-elle s'engager dans une une violence interne ou s'impliquer dans un conflit extérieur si ses intérêts sont protégés et qu'elle jouit du bien être et de la prospérité, conditions fondamentales pour la paix et la stabilité.

 

Cette vision est conforme au processus de réformes en cours à l'ONU et au Conseil de Sécurité et des institutions financières internationales qui réalisent, elles aussi, que le coût de la pévention est de loin inférieur au coût de la reconstruction après les conflits d'autant que certaines sequelles et notamment celles qui touchent à l'humanitaire sont difficilement rémédiables.

 

Dans ce contexte, il est temps que les pays industrialisés et les institutions financières internationales honorent leurs engagements envers les pays et les régions démunis et ce par le biais de l'aide publique au développement, l'encouragement à l'investissement extérieur et le règlement du problème de la dette et de son service, de manière à subvenir aux exigences du développement et de contribuer effectivement à la consécration de la prévention basée sur l'aide internationale multiforme.

 

Monsieur le Président,

 

Avant de conclure mes observations sur le problème du maintien de la paix et de la sécurité internationales dans ce nouvel environnement mondial, je voudrais souligner ce qui suit:

 

--La nécessité d'introduire les réformes nécessaires à l'action de l'ONU dans le domaine des opérations de maintian de la paix , d'autant plus que les activités de notre organisation ne se limitent plus aux missions traditionnelles mais englobent aussi le désarmement des combattants, leur réinsertion, le déminage, la mise en place des institutions de l'Etat et l'observation des élections. Ces nouvelles missions nécessitent des moyens matériels et humains plus importants et un effort collectif. Ceci exige bien évidemment un renforcement susbstantiel des capacités dissuasives de l'ONU.


 

L'expérience montre que le succès des opérations de maintien de la paix est tributaire du consentement préalable, de la clarté du mandat et la disponibilité des ressources nécessaires.

 

Nous avons également constaté à travers notre expérience dans les opérations de maintien de la paix que des problèmes sérieux existent, notamment le retard dans le remboursement des pays contributeurs.

 

Le rapport du Groupe d'experts élaboré sous la présidence de Mr. Lakhdar BRAHIMI contient d'importantes recommandations qui appellent l'attention et méritent un examen approfondi, d'autant qu'elles portent sur tous les aspects des opérations de maintien de la paix.

 

-- Le rôle du Conseil de Sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales demeure indispensable. Le rôle assumé par cet organe tire sa force du fait qu'il est l'outil à compétence universelle dans ce domaine et concrétisant la légalité internationale.

 

Comme elle l'a fait depuis les années soixante, la Tunisie demeure prête à répondre aux appels des Nations Unies et de la communauté internationale pour participer aux opérations de maintien de la paix dans diverses régions du monde.

 

Compte tenu du.caractère prioritaire que revêt la question de la sécurité du personnel servant dans le cadre des opération de maintien de la paix, la Tunisie a ratifié en juillet dernier la convention des Nations Unies sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

 

Monsieur le président,



            La nécessité d'introduire des réformes au Conseil de sécurité est dictée aujourd'hui par les développements internationaux survenus depuis la conception et l'adoption de la Charte des Nations Unies. Dans ce contexte, l'élargissement du nombre des membres permanents et non permanents de cet organe sur la base du principe de la répartition géographique équitable constitue une revendication pressante, et nous tenons à affirmer la nécéssité de parvenir à une solution consensuelle à même de permettre d'augmenter le nombre des membres permanents. A cet égard, j'aimerais rappeler que la Tunisie soutient la candidature du Japon et de l'Allemagne ainsi que d'autres pays. La solution recherchée devrait préserver les intérêts de toutes les parties internationales et permettre notamment de satisfaire les revendications des pays en développement et en premier lieu les pays africains, qui ont droit à deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité, à répartir selon la règle de la rotation. Tout comme il est nécéssaire d'améliorer les méthodes de travail du Conseil afin d'assurer à ses travaux transparence et efficacité.

 

Depuis son accession au Conseil de Sécurité en tant que membre non permament, la Tunisie s'est employée à ce que sa contribution aux travaux de cet organe soit fondée sur la concertation avec les autres membres en vue de rapprocher les points de vue et de parvenir à des résultats à même de garantir le succès à l'action de sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales.

 

Dans ce même ordre d'idées sur le rôle du Conseil de sécurité, nous ne saurions omettre d'évoquer la question de “ l'ingérence humanitaire “, qui fait l'objet d'un débat de plus en plus nourri ces dernières années et dont l'examen appelle une attention et une précaution soutenues. Nous insistons sur la la nécessité d'une reflexion approfondie sur tous les supects de cette question. De fait, si des circonstances humanitaires particulières dictent une intervention urgente en vue de mettre fin à la détérioration de la situation, cela ne pourrait se faire en dehors du cadre du droit international, des fondements et des constantes des relations internationales et des des dispositions de la Charte des Nations Unies. A cet égard, la souveraineté des Etats demeure l'une des constantes fondamentales qu'on ne peut en aucun cas omettre ou ignorer, car toute violation de ce principe est de nature à altérer l'équilibre international et menace de répandre l'anarchie.

 


Monsieur le Président,

 

La question des sanctions est l'une des questions les plus importantes dont l'organisation des Nations Unies est saisie, y compris le Conseil de Sécurité. L'expérience de la décennie passée a montré la nécessité de modifier le recours à l'outil des sanctions afin d'alléger ses incidences sur les peuples, compte tenu de certains crtières dont notamment: le recours aux sactions en tant qu'ultime choix après l'épuisement de toutes les voies pacifiques; dans le cas ou l'imposition de sanctions s'avère nécessaire leur durée devrait être limité dans le temps; la définition de conditions claires pour leur levée ou leur suspension et ce, outre une évaluation continue de leurs répercussions humanitaires sur les populations des pays ciblés et leurs incidences directes sur les intérêts des pays tiers.

 

A ce propos et concernant la question irakienne, la Tunisie réaffirme la nécessité de conjuguer tous les efforts en vue de parvenir à un règlement pacifique permettant de mettre fin à l'embargo imposé à l'Irak, de réintégrer l'Irak au sein de la communauté des nations et de mettre un terme au drame du peuple irakien qui a longuement souffert des sanctions imposées depuis dix ans, et de contribuer ainsi à orienter les efforts des pays de la région et de leurs peuples à la réalisation du développement et à l'instauration de la stabilité. Il convient également que toutes les parties coopèrent en vue de parvenir à une solution aux autres questions humanitaires ayant trait à ce problème et en premier lieu celle des nationaux koweitiens disparus.

 

Concernant l'affaire Lockerbie, les derniers développements suite à l'application de l'accord conclu à ce sujet et suite à la suspension de l'embargo imposé à la Libye, il est temps que les sanctions soient levées entièrement et définitivement, afin de permettre à la Jamahirya de poursuivre le processus de son développement global et de conforter les asppirations de l'Union du Maghreb Arabe à l'intégration et à la complémentarité à laquelle tous ses Etats membres accordent une haute importance. La Tunisie a fait de PUMA un choix strtatégique. Elle oeuvre constamment à sa promotion, à la consolidation de ses fondements et au renforcement de ses structures. Elle s'emploie aujourd'hui, avec le concours des autres partenaires membres de l'Union, à donner à ce groupement un nouveau souffle afin qu'il puisse répondre aux aspirations historiques de ses peuples.


 

Concernant le Moyen Orient, nous exprimons notre regret face au piétinement des négociations du Sommet de Camp David tenu en juillet dernier sans parvenir à un accord à même de garantir un règlement juste de la cause palestinienne. La Tunisie, qui a soutenu dès le début le processus de paix sur tous les volets, est convaincue qu'il est temps de concrétiser les aspirations légitimes du peuple palestinien à l'édification d'un Etat indépendant avec pour capitale AI­Qods, et ce en conformité avec la légalité internationale et les termes de référence du processus de paix, basé sur le principe de “ la terre contre la paix “. La Tunisie espère voir l'Administration américaine poursuivre ses bons offices et les autres parties influentes, notamment l'Union Européenne, la Russie et le Japon, redoubler d'efforts afin de parvenir à un accord entre l'Autorité palestinienne et le Gouvernement israélien, permettant d'instaurer une paix juste et durable et de garantir les droits nationaux du peuple palestinien, conformément aux résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité, en particulier les résolutions 242 et 338.

 

L'avènement d'une paix globale, juste et durable au Moyen Orient est également tributaire de progrès dans le volet syrien. Israel est appelé à se retirer du Golan et à se conformer intégralement aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité. Par ailleurs, Israel est tenu de respecter les frontières internationales du Liban et de s'abstenir de violer les lignes tracées par les Nations Unies.

 

Monsieur le Président,

 

La mondialisation, ses conséquences et ses repercussions économiques et sociales incitent nos Etats à oeuvrer à identifier les voies et moyens à même de nous permettre de faire face à ce phénomène et de s'y adapter de manière à garantir le partage de ses dividendes et à épargner aux peuples, en particulier ceux du Sud, les retombées négatives de la mondialidsation.


 

Le continent africain figure parmi les régions qui souffrent le plus des difficultés de développement et ce malgré les profondes réformes entreprises par les pays du continent dans les divers domaines. En dépit des efforts enregistrés par certains pays africains, l'Afrique continue d'accuser un manque flagrant de ressources et d'assistance, ce qui l'empêche de se mettre au diapason du processus du développment mondial.

 

Dans ce cadre, l'un des défis qui se posent est celui d'oeuvrer à prévenir la marginalisation des économies des pays en développement et de leur assurer un environnement international propice à leur accès aux marchés internationaux et à l'accroissement de leur part dans les échanges commerciaux. Ceci nécessite un sursaut de la part de la communauté internationale en faveur de l'investissement et du financement nécessaires à l'effort de développement de ces Etats et la promotion de l'aide publique au développement qui non seulement est demeurée en deça du taux 0,7% du PNB des pays du Nord mais son volume a régressé, en même temps que persiste le problème de la dette extérieure et de son service en tant que fardeau à la charge des pays en développement. .

 

Dans ce cadre, nous rappelons l'initiative du Président Zine El­Abidine BEN ALI consistant à appeler au recyclage de la dette dans des projets de développement, ce qui permettrait de réduire le fardeau de la dette et de bénéficier aux pays concernés.

 

Je saisis également cette occasion pour rappeler à votre attention l'appel de Monsieur le Président Zine El-Abidine BEN ALI, lancé en 1995, pour la conclusion d'un contrat de partenariat et de développment solidaire entre les pays de la rive Sud et ceux de la rive Nord de la Mediterranée. Cet appel s'inscrit dans le prolongement de l'initiative lancée par le Président Ben Ali en 1989 du haut de cette tribune et portant sur un contrat mondial de paix et de progrès entre les pays du Nord et les pays du Sud et visant à renforcer les voies de la coopération et à ouvrir de nouvelles perspectives de stabilité et de progrès dans le monde.

 


  Monsieur le Président,

 

Le Millénaire que nous entamons est incontestablement celui des sciences, des technologies et des communications eu égard aux progrès énormes réalisés dans les domaines scientifique et technologique durant les dernières décades, ce qui impose inéluctablement un partage des bienfaits de ces progrès, y compris dans le domaine de l'informatique qui ouvre de larges perspectives pour un développement harmonieux et équilibré entre les pays.

 

Dans ce contexte, je voudrais rappeler l'initiative formulée par la Tunisie et relative à la tenue d'un Sommet Mondial sur la Societé de l'information, ainsi que sa proposition, présentée dans le cadre de l'Union Internationale des Télécommunications, en vue d'abriter ce Sommet en l'an 2003.

 

A cet égard, je renouvelle aujourd'hui, de cette tribune, l'appel à tous les Etats membres , ainsi qu'aux parties et institutions concernées par ce secteur, pour apporter leur soutien à cette initiative et contribuer par tous les moyens possibles à l'organisation du sommet en Tunisie.

 

Monsieur le Président,

 

La paix et la sécurité forment un concept aux facettes complémentaires et qui ne se limite plus aux conflits, à leur éclalement, leur gestion et leur solution, mais qui englobe tout ce qui contribue à la consolidation de la stabilité et offre des opportunités pour le développement et la prospérité.

 

En outre, l'exclusion et la marginalisation, sous tous leurs aspects, nourrissent inéluctablement l'extrémisme et ouvrent la voie à la tension et à la violence.

 

Par ailleurs, il est admis aujourd'hui que la lutte contre la pauvreté revêt une importance considérable. En effet, alors que de nombreuses sociétés bénéficient du bien-étre et de la prospérité, de larges franges des peuples du monde souffrent de la pauvreté et de la misère; ce que n'admettent ni les valeurs morales, ni les droits de l'Homme. En outre, l'aggravation du phénomène de la pauvreté constitue l'une des dangereuses sources de conflits et d'instabilité. La lutte contre ce fléau planétaire et la violence et les conflits internes et inter-étatiques qu'il engendre, est un devoir universel et une obligation morale dont toutes les parties internationales doivent s'acquitter.


           

Dans ce cadre, je souhaiterais réitérer l'appel lancé par Son Excellence Le Président Zine El-Abidine BEN ALI pour la création d'un Fonds Mondial de solidarité, en tant qu'instrument complétant les mécanismes internationaux existants, sans se substituer à eux. Ce fonds pourra ëtre financé par le biais de donations et d'aides volontaires de la part de la communauté internationale et son objectif sera de financer des programmes de lutte directe et urgente contre la pauvreté sur le terrain.

 

C'est partant de la réussite de l'expérience du Fonds National de Solidarité (fonds 26-26), créé en Tunisie en 1993 et qui a contribué à ramener le taux de pauvreté dans notre pays à 6%, que le Président BEN ALI a avancé cette proposition.

 

Cette proposition a enregistré un accueil favorable auprès de nombreux pays frères et amis et d'une douzaine d'organisations internationales et régionales, dont le groupe des 77, le Mouvement des Pays Non-Alignés, l'Organisation de la Conférence Islamique, le Sommet du Sud et la session extraordinaire de l'Assemblée Générale sur le Développement social.

 

Partant de la conscience de la communauté internationale de la nécessité de lutter contre la pauvreté et compte tenu du large soutien dont bénéficie cette proposition de créer un fonds mondial de solidarité, la Tunisie se propose de présenter au cours de la présente session de I Assemblée générale un projet de résolution en ce sens, en souhaitant trouver auprès des Etats membres tout l'appui et le soutien nécessaires.



Monsieur le Président,

 

Parmi les orientations auxquelles la Tunisie a accordé une grande importance, figurent la démocratie et la bonne gouvernance. Car la Tunisie est convaincue que ces valeurs font partie intégrante des bases de toute renaissance et développement. Depuis l'avènement du Changement du 7 Novembre 1987, nous avons introduit des réformes fondamentales pour consacrer ces valeurs.

 

En effet, les principes des droits de l'Homme, la culture de la tolérance et le respect du droit à la différence sont les bases du changement intervenu en Tunisie qui a enrichi ces valeurs par la solidarité nationale et la responsabilité collective à tous les niveaux, politique, économique et social.

 

L'existence d'un Fonds National de solidarité est le meilleur témoin de l'importance de cet aspect dans la vie nationale. La conscience de l'individu de sa responsabilité envers l'avenir de sa patrie passe par la solidarité et l'entraide avec toutes les composantes de la société, ce qui lui permet de contribuer à remédier aux phénomènes de l'exclusion et de la marginalisation dans la société à laqueile il appartient.

 

La démocratie, les droits de l'Homme, la bonne gouvernance et la solidarité nationale sont des valeurs indissociables qui doivent tenir compte des caractéristiques et spécificités de toute société car il n'y a pas de modèle type applicable à tous les pays et en tous temps.

 

Cette vision qui a été consacrée au cours des differents fora internationaux est prédisposée, grâce aux bons résultats enregistrés dans divers pays dont la Tunisie, à constituer l'un des concepts de base que nous sommes appelés à adopter consensuellement et à mettre oeuvre au cours du nouveau millénaire.

 

En effet, le droit des peuples à la liberté et à la démocratie qui est devenu une pratique quotidienne dans divers pays a besoin d'être consolidé, en tenant compte des exigences de la croissance et du progrès qui constituent eux-mêmes une condition fondamentale pour la stabilité et la paix. Dans ce contexte, le partenariat international constitue un dénomintaeur commun qui doit guider notre action au cours du prochain millénaire.

 

Enfin, Monsieur le Président, qu'il me soit permis d'exprimer l'espoir que cette session soit celle de l'élan de solidarité entre toutes les composantes de la communauté internationale au sein de laquelle l'organisation des Nations Unies jouera un rôle d'avant garde à travers une action de sensibilisation, continue et harmonieuse. Notre objectif étant de faire en sorte que notre action soit impégnée d'une dimension humaine globale pour établir en faveur des générations du nouveau millénaire les fondements d'une oeuvre commune ainsi que des conditions de sécurité et de stabilité, de développement et de prospérité sur la base de l'intérêt commun de tous les peuples.

 

Merci Monsieur le président.