Discours de

 

S.E.M. Mohamed BENAISSA

 

Ministre des Affaires Étrangères

et de la Coopération du Royaume du Maroc

Devant

La 55ème Session de l'Assemblée Générale

Des Nations Unies

 

New York, l3 septembre 2000

 


Monsieur Le Président,

Monsieur Le Secrétaire général,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Monsieur Le Président,

 

Permettez-moi, tout d'abord, de vous féliciter très chaleureusement pour votre accession à la présidence de la 55ème Assemblée générale des Nations Unies.

 

La délégation marocaine n'épargnera aucun effort pour vous apporter soutien et support pour assurer le succès de nos travaux.

 

Je voudrais aussi remercier votre prédécesseur et lui souhaiter bonne continuation dans ses responsabilités.

 

Je ne manquerai pas de rendre également un hommage fort et particulier à notre Secrétaire général, M. Kofi Annan qui dirige l’Organisation avec beaucoup de conviction, de ténacité et de compétence, le félicitant par la même occasion pour les efforts qu'il a déployés en vue d'assurer le succès du Sommet du Millénaire.

 

Partant des mutations profondes que connaît la scène mondiale, le Maroc vivant dans une ère nouvelle marquée par son ancrage dares les sociétés démocratiques et libres, voudrait profiter de cette occasion pour partager sa vision et ses positions sur les principales questions qui intéressent la Communauté Internationale.

 


Monsieur Le Président,

 

Le multilatéralisme devient l’approche la plus réaliste des problèmes transnationaux dans un monde en voie de globalisation. En effet, une réponse collective s'avère plus que jamais nécessaire au traitement des graves problèmes contemporains. Aucun pays ou groupe de pays ne peut prétendre avoir la capacité de gérer seul les multiples problèmes qu'affronte l'ensemble des Etats.

 

Que l’on songe à la dissémination nucléaire, aux armes de destructions massives, à la dégradation de l'environnement, à la pauvreté endémique, à la criminalité transnationale organisée, aux problèmes de la drogue - la liste n’est pas exhaustive - et l'on se rend compte de l'envergure des efforts accentués que la Communauté internationale doit déployer pour y faire face efficacement.

 

En dépit des progrès énormes réalisés ces derrières années dans tour les secteurs de l'activité humaine et malgré les potentialités que laissent présager la mondialisation des économies et les percées technologiques, la moitié de la population mondiale vit encore dans la pauvreté.

 

Le Maroc considère que les efforts pour réduire la pauvreté et assurer un développement durable doivent conjuguer une action internationale visant à intégrer les pays en développement dans l'économie mondialisée et les réformes au niveau des pays concernés pour répondre aux besoins essentiels des populations en matière de santé, d'éducation et d'emploi.

 

De même, il conviendrait de réduire les barrières commerciales pour les produits présentant un intérêt pour les exportations des pays en développement et de libérer les pays les moms avancés et les pays à revenu intermédiaire du fardeau de la dette pour qu'ils puissent consacrer ces prélèvements à des investissements en infrastructures socio-économiques.

 

Le Maroc estime, dans ce contexte, que le moment est venu pour que les institutions internationales, notamment celles de Bretton Woods et l'Organisation Mondiale du Commerce, adoptent une nouvelle approche pour accompagner les pays du Sud dans leurs efforts de développement. Ces institutions sont appelées à s'adapter au nouveau contexte international en vue d'atténuer les déséquilibres entre les Etats du Nord et ceux du Sud qui se sont aggravés depuis la crise de l'endettement extérieur.

 

La somme des indicateurs statistiques disponibles et des enseignements tirés des tendances paradoxales qui caractérisent l'architecture de l'économie mondiale démontre qu'il est impérieux de rechercher de nouvelles sources de financement et de développement durable.

 

Dans cette perspective, le Maroc fonde de grands espoirs dans la tenue en 2001 de la conférence mondiale sur le financement du développement et espère qu'en cette occasion, des initiatives audacieuses seront adoptées afin de soulager les misères du monde.

 

Monsieur Le Président,

 

Profondément ancré dans ses racines Africaines, le Maroc est très préoccupé par la multiplication des foyers de tension en Afrique et par le trafic des armes légères qui les nourrit. Notre continent bat le triste record des réfugiés de par le monde et des épidémies, notamment le SIDA. Seul un sursaut des pays africains, avec le soutien de la communauté internationale, est à même de renverser la tendance actuelle. L'Afrique, déchirée par les conflits armés donne l'image d'un continent à la dérive. Et pourtant, nous autre avons toujours été connus pour notre sagesse et notre penchant naturel pour la palabre et la conciliation.

 

Nous lançons un appel pressant à tous les protagonistes de renoncer au recours à la force comme moyen de solution des différends. L'Afrique a perdu beaucoup de temps dans ses querelles internes, laissant ainsi passer de précieuses opportunités pour son développement et son ancrage à l'économie mondiale. Les ressources financières et humaines que les belligérants dilapident pour s'entretuer peuvent servir au développement social et économique de leurs pays respectifs.

 


La détérioration de la situation dans la Corne de l'Afrique, la région des Grands Lacs, en Angola et dans certaines zones de l’Afrique de l'Ouest nous renvoie l’image d'un continent meurtri par des conflits interminables qui hypothèquent le développement économique, social et culturel de toute l’Afrique. C'est pourquoi nous appuyons toutes les initiatives que prendra l’ONU pour mettre en oeuvre une stratégie de prévention des conflits et pour améliorer les mécanismes de réaction quand ces derniers éclatent.

 

Comme à l'accoutumée, le Maroc apporte sa contribution aux efforts déployés par les Nations Unies pour assurer le maintien de la paix et sa consolidation en Afrique. Ainsi, récemment mon pays a répondu favorablement à l'appel de l’ONU pour participer au déploiement d'une mission de paix en République Démocratique du Congo, la MONUC.

 

Monsieur le Président,

 

La marginalisation de l'Afrique constitue un sérieux obstacle à son intégration au développement global. Notre continent, dont la population dépasse les 700 millions d'habitants, ne reçoit que 2% des investissements internationaux.

 

S'il est vrai que la responsabilité du développement du continent incombe en premier lieu aux Africains, il n'en reste pas moins vrai que les moyens dont disposent ces derniers ne peuvent répondre aux besoins considérables des populations dans tous les domaines. Il devient, par conséquent, de plus en plus urgent d'agir envers l'Afrique d'une manière solidaire afin d'assurer son redressement vers le chemin du progrès et de la paix, plus spécialement à travers le développement de ses ressources humaines par des politiques d'éducation adoptées aux réalités du continent.

 

Il est également nécessaire d'examiner la question de la dette des pays africains de façon à ce que son traitement devienne générateur de richesse au lieu d'être un handicap au développement. L'effort des pays africains doit être également soutenu par l’ouverture des marchés des pays développés à leurs produits.

 


Le Maroc, pour sa part, n'épargnera aucun effort pour apporter sa contribution à l’amélioration des conditions de vie des populations africaines. La décision annoncée par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI au Sommet Afrique-­Europe du Caire, qui consiste à annuler la dette des pays africains les moins avancés envers le Royaume du Maroc et à lever les barrières douanières devant leurs exportations, s'inscrit duns cette logique. Nous espérons que d'autres pays, particulièrement les pays industrialisés, accompliront un geste dans ce sens.

 

Monsieur Le Président,

 

Le Maroc considère que la paix au Moyen-Orient tant désirée et attendue, ne peut voir le jour qu'en respect des principes de la légalité internationale notamment des résolutions du Conseil de Sécurité 242 et 338, les principes issus de la conférence de Madrid, particulièrement le Principe de “la terre contre la paix”, ainsi que les engagements et les accords conclus entre les parties concernées.

 

La paix dans cette région à laquelle le Maroc est attaché, ne peut avoir lieu que lorsqu' Israël se retirera de tous les territoires palestiniens et le Golan syrien. La communauté internationale doit aider le people palestinien à recouvrer ses droits légitimes et inaliénables, en premier lieu son droit de constituer son Etat indépendant sur son territoire avec Al-Qods Acharif comme capitale.

 

Le Maroc, sous la conduite de Feu Sa Majesté Le Roi Hassan II, que Dieu ait son âme en sa Sainte miséricorde, et de son successeur Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, n'a ménagé et ne ménagera aucun effort pour l'avènement dune paix juste et globate dans la région.

 

Lors de la visite d'Etat qu'il a effectué en join dernier à Washington, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, a lancé un appel aux parties concernées afin d'engager un dialogue fécond entre les cultures et les civilisations et “ à tous les croyants, aux gens du Livre et de cette foi qui unit les enfants d'Abraham, à libérer cette ville trois fois sainte des haines et des ressentiments “.


 

Ces mêmes principes ont été réitérés par le Comité Al-Qods (lors de sa dernière réunion) tenue le 28 août dernier sous la présidence de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI.

 

A cet égard, le Maroc joint sa voix à l'ensemble des pays épris de justice et de paix afin que les efforts en cours soient couronnés de succès permettant ainsi à tous les peuples de la région de vivre dans la paix et la sécurité.

 

Monsieur Le President,

 

Le peuple marocain partage la joie du peuple frère du Liban à la suite du retrait israélien de son territoire et il continue d' apporter son soutien indéfectible au peuple frère de Syrie pour recouvrer sa souveraineté totale sur le plateau du Golan.

 

Nous suivons aussi avec préoccupation les conditions affligeantes imposées au peuple irakien par l'embargo qui prive les populations, particulièrement les enfants de nourriture et de médicaments. Le Maroc, pour sa part, ne peut qu'éprouver son inquiétude devant la dégradation de la situation alimentaire et sanitaire en Irak. Nous appuyons tous les efforts internationaux pouvant mener a la levée des sanctions contre ce pays frère. Nous considérons, par ailleurs, que la sauvegarde de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Irak constituent une condition fondamentale à la stabilité de la région.

Le Maroc se félicite de la suspension de l'embargo aérien impose à la Libye soeur. Il espère qu'une mesure de levée définitive de l'embargo intervienne, le plus tôt possible, dans ce sens.

 

Monsieur Le Président,

 

Le Maroc, conscient de ses responsabilités ne ménage aucun effort pour faire du Maghreb un espace de paix et de cohabitation pacifique entre tous les peuples de la région. Les partenaires de l’Union du Maghreb arabe doivent dépasser les problèmes conjoncturels et se convaincre que la voie du développement de la région et de sa sécurité passe par l’édification de cet espace sur lequel nos peuples fondent un grand espoir, au moment où les impératifs de la globalisation valorisent la constitution des groupements régionaux.

 

Parmi les défis qu’affronte le maghreb, il y a le problème dit du Sahara Occidental. Je voudrais tout d'abord, affirmer que le Royaume du Maroc qui a initié le référendum a apporté à sa mise en oeuvre sa coopération la plus totale et a consenti à de nombreux sacrifices pour permettre à la population de cette région de réaffirmer sa volonté.

 

Nous avons suivi avec beaucoup de patience les efforts déployés par le Secrétaire général pour permettre à ce pocessus d'aboutir.

 

Nous avons accompagné toutes les démarches entreprises, en étant convaincu qu'à la fin, le référendum, tout en assurant le respect de l’autodétermination, viendra confirmer les droits de notre pays à son intégrité territoriale.

 

Tout le monde sait que la mise en oeuvre du référendum, auquel nous demeurons attachés, contrairement à ce que peuvent prétendre certains, cette mise en oeuvre comme l’a souligné le Secrétaire général dans ses divers rapports et le Conseil de Sécurité, dans les deux dernières résolutions, connait de multiples problèmes qui risquent s'ils n'étaient pas résolus de mettre en danger l’ensemble du processus.

 


Il s'agit essentiellement de s'assurer, sans aucune partialité ou complaisance, que l'ensemble de la population sahraouie, comme cela a toujours été convenu, puisse exprimer sa volonté.

 

Le référendum , pour demeurer démocratique et équitable, doit obéir à un certain nombre de règles que nul ne peut transgresser pour accommoder telle ou telle partie.

 

Le Secrétaire général et son Représentant Spécial s'activent encore à cette tâche et nous continuerons à leur apporter notre coopération la plus totale. lls déploient des efforts ultimes pour venir à bout des nombreuses difficultés de raise en oeuvre du plan.

 

Notre pays a apporté sa contribution à ces efforts en présentant de nombreuses suggestions qu'il y aurait lieu de promouvoir si l’on veut assurer un référendum démocratique et équitable.

 

Nous répétons, quant à nous, que tout en demeurant attachés à la poursuite du processus, dans le respect des règles établies, nous apporterons notre soutien total à toute démarche que le Secrétaire général et son envoyé personnel entreprendront pour que ce différend soft enfin réglé définitivement.

 

En ce qui nous concerne, tout règlement, comme l’a déclaré Sa Majesté Le Roi Mohammed VI dans son discours du 30 juillet 2000, doit se faire dans le cadre de la souveraineté, de la légalité et de l'unanimité des marocains.

 

Ceci dit, il y a lieu d'attirer l'attention de la Communauté internationale sur la situation des dizaines de milliers de réfugiés qui ont été déplacés de force et qui vivent dans des conditions inhumaines selon les témoignages des organisations humanitaires internationales, de diplomates qui ont eu accès à ces camps et des centaines de rescapés qui ont réussi à retourner au Sahara.

 


La Communauté internationale ne peut tolérer que les souffrances de toutes ces personnes continuent en raison de retards dont ils ne sont pas responsables.

 

Monsieur le Président,

 

Les Royaumes d'Espagne et du Maroc sont unis, comme chacun le sait, par les liens indissolubles d’une histoire séculaire, dune intimité géographique et culturelle et dune communauté de destin dans l'espace euro-méditerranéen.

 

Soucieux de sauvegarder les relations excellentes d'amitié et de voisinage, le Maroc ne cesse d'appeler l'Espagne et toutes les forces politiques espagnoles à rechercher, dans un élan d'amitié, une solution qui épargne à nos enfants les crises héritées d'un passé douloureux.

 

L'Espagne, voisine et grande amie, doit comprendre que l'occupation des deux villes marocaines de Sebta et Mellilia et des îles avoisinantes nest conforme ni au regard du droit international ni du sens de l'histoire et à l'instar de situations similaires, nous sommes persuadés qu'il est possible d'imaginer un règlement qui sauvegarderait la souveraineté du Maroc tout en respectant et protégeant les intérêts économiques, sociaux et culturels espagnols.

 

Pour se faire le Royaume du Maroc a suggéré à l'initiative de Sa Majesté Feu HASSAN II à maintes reprises la création dune cellule de réflexion maroco­-espagnole dans le but d'aboutir à un règlement déîinitif de la situation qui prévaut dans les villes marocaines de Sebta et de Mellilia et dans les îles avoisinantes.

 

Nos deux pays ont l’impérieux devoir d'épargner à nos peuples et à notre région toutes les sources de mésentente et de ressentiment. Et c'est dans cet esprit que le Maroc tend une main pacifique à l'Espagne pour engager une réflexion commune et co-responsable afire de régler définitivement un contentieux territorial hérité de temps révolus.


 

Monsieur Le Président,

 

Le Maroc, de par sa position géopolitique, accorde une importance toute particulière à la stabilité et au renforcement de la coopération dans le bassin méditerranéen. Les relations entre le Maroc et les pays européens revêtent une importance stratégique compte tenu des liens multiformes historiques, politiques, économiques, culturels et humains qui les unissent et des valeurs communes qu'ils partagent.

 

L'attrait mutuel du Maroc et de l’Europe découle de l’histoire, de la géographie et des impératifs stratégiques communs, tandis que la diversité des intérêts ont naturellement hissé l’Europe Communautaire au rang de premier partenaire du Maroc dans de nombreux domaines de la coopération internationale. Les relations avec l’Union Européenne ont connu cette année un développement hautement significatif avec l’entrée en vigueur de l’Accord d'Association le 1er mars 2000. Cet Accord marque une étape décisive dans nos relations avec l’espace européen dans la mesure où il s'articule autour de quatre vecteurs fondamentaux: le dialogue politique; la coopération économique, culturelle, technique et sociale; la coopération financière renforcée et l’établissement progressif et encadré dune zone de libre échange à l’horizon 2012.

 

Le Maroc attend actuellement de l’Union Européenne d'accomplir le saut qualitatif qui permettra de réorienter notre association selon un axe stratégique novateur, gouverné selon des modalités convenues, par la responsabilité partagée et le co-développement duns tous les secteurs d'intérêt commun. Nous souhaitons en particulier que le flux d'investissements directs soft encouragé vers le Maroc et les autres pays d'Afrique du Nord, afire de contribuer à la création massive d'emplois, indispensable pour éloigner notre jeunesse des fléaux sociaux et consolider, dans la stabilité régionale, les bases de notre progrès. Nous souhaitons également que les intérêts culturels et culturels de notre Communauté marocaine en Europe soient sauvegardés et que la dignité de nos ressortissants soit constamment protégée, en conformité avec les valeurs démocratiques qui sont à la base de la construction européenne.


 

C'est dans ce cadre que nous pouvons envisager ensemble un espace de sécurité et de paix dans la région méditerranéenne et raffermir le partenariat euro­méditerranéen initié dans le cadre du processus de Barcelone.

 

Monsieur le Président,

 

En matière de désarmement, le Maroc apprécie les avancées significatives enregistrées par la Conférence des Etats parties au Traité sur la non Prolifération nucléaire qui a eu lieu à New York en mai 2000, notamment au niveau de l'application des dispositions du traité relatives au désarmement.

 

L'engagement pris par le Etats dotés de l'arme nucléaire de procéder à l'élimination de leurs arsenaux constitue un gage de bonne volonté de ces puissances de poursuivre leurs efforts afro de parvenir au désarmement nucléaire général, complet et internationalement vérifiable.

 

Le Maroc appuie sans réserve la création de zones exemptes d'armes de destruction massive, y compris au Moyen-Orient.

 

Nous espérons qu'Israël répondra positivement à l’appel de la conférence pour adhérer sans tarder au TNP et placer ses installations nucléaires sous les garanties de l'Agence Internationale de l’Energie Atomique. Nous sommes convaincus qu'une décision des autorités israéliennes dans ce sens constituera une contribution importante à l'instauration de la paix et d'un climat de confiance dans la région.


 

Mon pays soutient l'initiative du Secrétaire général d'organiser une conférence internationale qui permettrait de trouver des moyens appropriés pour mettre fin à la menace nucléaire.

 

Monsieur le Président,

 

Le Maroc demeure persuadé que l'ONU reste l'instrument le plus adéquat en matière de règlement des conflits et de consolidation de la paix. C'est pourquoi, il est temps que les Nations Unies mettent en place des mécanismes crédibles d'alerte rapide afin de réagir d'une façon appropriée avant l'éclatement des conflits, tel que recommandé dans le rapport du groupe des experts de haut niveau en matière des opérations de maintien de la paix.

 

L'Organisation des Nations Unies et ses institutions spécialisées sont plus nécessaires que jamais pour contenir et résoudre les problèmes de sécurité et de développement. L'Organisation des Nations Unies doit demeurer la pierre angulaire d'une coopération multilatérale forte.

 

Monsieur le Président,

 

La complexité des problèmes et leur interdépendance appellent à une concertation internationale accrue. Pour ce faire; une nouvelle ère dans les relations internationales requiert une réforme du Conseil de Sécurité dans le sens d'une révision de ses modalités de fonctionnement et de sa composition. Une telle réforme est de nature à conférer plus de crédibilité au Conseil de sécurité pour le rendre plus apte à assurer son mandat en matière de préservation de la paix et de la sécurité internationales.

 


En dépit des difficultés, l'enjeu principal consiste à assurer la meilleure représentativité possible des diverses composantes actuelles de (Organisation des Nations Unies, au sein du Conseil de sécurité, en particulier des pays en développement.

 

Monsieur le Président,

 

La fin de la rivalité idéologique entre les super-grands autorise de nouvelles perspectives en vue de l'érnergence d'un ordre international basé sur la justice et la paix, la loi internationale et les droits de fhomme, la démocratie et le développement, un ordre qui utilise la Charte des Nations Unies comme cadre de référence et qui prend en compte l’universalisation croissante de l’Organisation l'émergence de défis sociaux globaux et les mutations géostratégiques récentes.

 

Nous sommes persuadés que si l’Organisation des Nations Unies inscrit son action dans cette direction, elle arriverait enfin à accomplir les idéaux qui ont présidé à sa fondation.