Discours
de
S.E.M.
Mohamed BENAISSA
Ministre
des Affaires Étrangères
et de la
Coopération du Royaume du Maroc
Devant
Des
Nations Unies
Monsieur Le Président,
Monsieur Le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Monsieur Le Président,
Permettez-moi,
tout d'abord, de vous féliciter très chaleureusement pour votre accession à la
présidence de la 55ème Assemblée générale des Nations Unies.
La
délégation marocaine n'épargnera aucun effort pour vous apporter soutien et support
pour assurer le succès de nos travaux.
Je
voudrais aussi remercier votre prédécesseur et lui souhaiter bonne continuation
dans ses responsabilités.
Je ne
manquerai pas de rendre également un hommage fort et particulier à notre
Secrétaire général, M. Kofi Annan qui dirige l’Organisation avec beaucoup de
conviction, de ténacité et de compétence, le félicitant par la même occasion
pour les efforts qu'il a déployés en vue d'assurer le succès du Sommet du
Millénaire.
Partant des mutations profondes
que connaît la scène mondiale, le Maroc vivant dans une ère nouvelle marquée
par son ancrage dares les sociétés démocratiques et libres, voudrait profiter
de cette occasion pour partager sa vision et ses positions sur les principales
questions qui intéressent la Communauté Internationale.
Monsieur Le Président,
Le multilatéralisme devient l’approche
la plus réaliste des problèmes transnationaux dans un monde en voie de
globalisation. En effet, une réponse collective s'avère plus que jamais
nécessaire au traitement des graves problèmes contemporains. Aucun pays ou
groupe de pays ne peut prétendre avoir la capacité de gérer seul les multiples
problèmes qu'affronte l'ensemble des Etats.
Que l’on songe à la dissémination
nucléaire, aux armes de destructions massives, à la dégradation de
l'environnement, à la pauvreté endémique, à la criminalité transnationale
organisée, aux problèmes de la drogue - la liste n’est pas exhaustive - et l'on
se rend compte de l'envergure des efforts accentués que la Communauté
internationale doit déployer pour y faire face efficacement.
En dépit des progrès énormes réalisés
ces derrières années dans tour les secteurs de l'activité humaine et malgré les
potentialités que laissent présager la mondialisation des économies et les
percées technologiques, la moitié de la population mondiale vit encore dans la
pauvreté.
Le Maroc considère que les efforts
pour réduire la pauvreté et assurer un développement durable doivent conjuguer
une action internationale visant à intégrer les pays en développement dans
l'économie mondialisée et les réformes au niveau des pays concernés pour
répondre aux besoins essentiels des populations en matière de santé,
d'éducation et d'emploi.
De même, il conviendrait de
réduire les barrières commerciales pour les produits présentant un intérêt pour
les exportations des pays en développement et de libérer les pays les moms
avancés et les pays à revenu intermédiaire du fardeau de la dette pour qu'ils
puissent consacrer ces prélèvements à des investissements en infrastructures
socio-économiques.
Le Maroc estime, dans ce contexte,
que le moment est venu pour que les institutions internationales, notamment
celles de Bretton Woods et l'Organisation Mondiale du Commerce, adoptent une
nouvelle approche pour accompagner les pays du Sud dans leurs efforts de développement.
Ces institutions sont appelées à s'adapter au nouveau contexte international en
vue d'atténuer les déséquilibres entre les Etats du Nord et ceux du Sud qui se
sont aggravés depuis la crise de l'endettement extérieur.
La somme
des indicateurs statistiques disponibles et des enseignements tirés des
tendances paradoxales qui caractérisent l'architecture de l'économie mondiale
démontre qu'il est impérieux de rechercher de nouvelles sources de financement
et de développement durable.
Dans cette
perspective, le Maroc fonde de grands espoirs dans la tenue en 2001 de la
conférence mondiale sur le financement du développement et espère qu'en cette
occasion, des initiatives audacieuses seront adoptées afin de soulager les
misères du monde.
Monsieur
Le Président,
Profondément
ancré dans ses racines Africaines, le Maroc est très préoccupé par la
multiplication des foyers de tension en Afrique et par le trafic des armes
légères qui les nourrit. Notre continent bat le triste record des réfugiés de
par le monde et des épidémies, notamment le SIDA. Seul un sursaut des pays
africains, avec le soutien de la communauté internationale, est à même de
renverser la tendance actuelle. L'Afrique, déchirée par les conflits armés
donne l'image d'un continent à la dérive. Et pourtant, nous autre avons
toujours été connus pour notre sagesse et notre penchant naturel pour la
palabre et la conciliation.
Nous
lançons un appel pressant à tous les protagonistes de renoncer au recours à la
force comme moyen de solution des différends. L'Afrique a perdu beaucoup de
temps dans ses querelles internes, laissant ainsi passer de précieuses
opportunités pour son développement et son ancrage à l'économie mondiale. Les
ressources financières et humaines que les belligérants dilapident pour
s'entretuer peuvent servir au développement social et économique de leurs pays
respectifs.
La
détérioration de la situation dans la Corne de l'Afrique, la région des Grands
Lacs, en Angola et dans certaines zones de l’Afrique de l'Ouest nous renvoie l’image
d'un continent meurtri par des conflits interminables qui hypothèquent le
développement économique, social et culturel de toute l’Afrique. C'est pourquoi
nous appuyons toutes les initiatives que prendra l’ONU pour mettre en oeuvre
une stratégie de prévention des conflits et pour améliorer les mécanismes de
réaction quand ces derniers éclatent.
Comme à
l'accoutumée, le Maroc apporte sa contribution aux efforts déployés par les
Nations Unies pour assurer le maintien de la paix et sa consolidation en
Afrique. Ainsi, récemment mon pays a répondu favorablement à l'appel de l’ONU
pour participer au déploiement d'une mission de paix en République Démocratique
du Congo, la MONUC.
Monsieur
le Président,
La
marginalisation de l'Afrique constitue un sérieux obstacle à son intégration au
développement global. Notre continent, dont la population dépasse les 700
millions d'habitants, ne reçoit que 2% des investissements internationaux.
S'il est
vrai que la responsabilité du développement du continent incombe en premier
lieu aux Africains, il n'en reste pas moins vrai que les moyens dont disposent
ces derniers ne peuvent répondre aux besoins considérables des populations dans
tous les domaines. Il devient, par conséquent, de plus en plus urgent d'agir
envers l'Afrique d'une manière solidaire afin d'assurer son redressement vers
le chemin du progrès et de la paix, plus spécialement à travers le
développement de ses ressources humaines par des politiques d'éducation
adoptées aux réalités du continent.
Il est également nécessaire
d'examiner la question de la dette des pays africains de façon à ce que son
traitement devienne générateur de richesse au lieu d'être un handicap au
développement. L'effort des pays africains doit être également soutenu par l’ouverture
des marchés des pays développés à leurs produits.
Le Maroc,
pour sa part, n'épargnera aucun effort pour apporter sa contribution à l’amélioration
des conditions de vie des populations africaines. La décision annoncée par Sa
Majesté Le Roi Mohammed VI au Sommet Afrique-Europe du Caire, qui consiste à
annuler la dette des pays africains les moins avancés envers le Royaume du
Maroc et à lever les barrières douanières devant leurs exportations, s'inscrit
duns cette logique. Nous espérons que d'autres pays, particulièrement les pays
industrialisés, accompliront un geste dans ce sens.
Monsieur
Le Président,
Le Maroc
considère que la paix au Moyen-Orient tant désirée et attendue, ne peut
voir le jour qu'en respect des principes de la légalité internationale
notamment des résolutions du Conseil de Sécurité 242 et 338, les principes
issus de la conférence de Madrid, particulièrement le Principe de “la terre
contre la paix”, ainsi que les engagements et les accords conclus entre les
parties concernées.
La paix
dans cette région à laquelle le Maroc est attaché, ne peut avoir lieu que
lorsqu' Israël se retirera de tous les territoires palestiniens et le Golan
syrien. La communauté internationale doit aider le people palestinien à
recouvrer ses droits légitimes et inaliénables, en premier lieu son droit de
constituer son Etat indépendant sur son territoire avec Al-Qods Acharif
comme capitale.
Le Maroc,
sous la conduite de Feu Sa Majesté Le Roi Hassan II, que Dieu ait son âme en sa
Sainte miséricorde, et de son successeur Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, n'a
ménagé et ne ménagera aucun effort pour l'avènement dune paix juste et globate
dans la région.
Lors de la
visite d'Etat qu'il a effectué en join dernier à Washington, Sa Majesté Le Roi
Mohammed VI, en sa qualité de Président du Comité Al-Qods, a lancé un
appel aux parties concernées afin d'engager un dialogue fécond entre les cultures
et les civilisations et “ à tous les croyants, aux gens du Livre et de cette
foi qui unit les enfants d'Abraham, à libérer cette ville trois fois sainte des
haines et des ressentiments “.
Ces mêmes
principes ont été réitérés par le Comité Al-Qods (lors de sa dernière
réunion) tenue le 28 août dernier sous la présidence de Sa Majesté Le Roi
Mohammed VI.
A cet
égard, le Maroc joint sa voix à l'ensemble des pays épris de justice et de paix
afin que les efforts en cours soient couronnés de succès permettant ainsi à
tous les peuples de la région de vivre dans la paix et la sécurité.
Monsieur
Le President,
Le peuple
marocain partage la joie du peuple frère du Liban à la suite du retrait
israélien de son territoire et il continue d' apporter son soutien indéfectible
au peuple frère de Syrie pour recouvrer sa souveraineté totale sur le plateau
du Golan.
Nous
suivons aussi avec préoccupation les conditions affligeantes imposées au peuple
irakien par l'embargo qui prive les populations, particulièrement les enfants
de nourriture et de médicaments. Le Maroc, pour sa part, ne peut qu'éprouver
son inquiétude devant la dégradation de la situation alimentaire et sanitaire
en Irak. Nous appuyons tous les efforts internationaux pouvant mener a la levée
des sanctions contre ce pays frère. Nous considérons, par ailleurs, que la
sauvegarde de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Irak constituent
une condition fondamentale à la stabilité de la région.
Le Maroc
se félicite de la suspension de l'embargo aérien impose à la Libye soeur. Il
espère qu'une mesure de levée définitive de l'embargo intervienne, le plus tôt
possible, dans ce sens.
Monsieur Le Président,
Le Maroc,
conscient de ses responsabilités ne ménage aucun effort pour faire du Maghreb
un espace de paix et de cohabitation pacifique entre tous les peuples de la
région. Les partenaires de l’Union du Maghreb arabe doivent dépasser les
problèmes conjoncturels et se convaincre que la voie du développement de la
région et de sa sécurité passe par l’édification de cet espace sur lequel nos
peuples fondent un grand espoir, au moment où les impératifs de la
globalisation valorisent la constitution des groupements régionaux.
Parmi les défis
qu’affronte le maghreb, il y a le problème dit du Sahara Occidental. Je
voudrais tout d'abord, affirmer que le Royaume du Maroc qui a initié le
référendum a apporté à sa mise en oeuvre sa coopération la plus totale et a
consenti à de nombreux sacrifices pour permettre à la population de cette
région de réaffirmer sa volonté.
Nous avons
suivi avec beaucoup de patience les efforts
déployés par le Secrétaire
général pour permettre à ce pocessus d'aboutir.
Nous avons
accompagné toutes les démarches entreprises, en étant convaincu qu'à la fin, le
référendum, tout en assurant le respect de l’autodétermination, viendra
confirmer les droits de notre pays à son intégrité territoriale.
Tout le
monde sait que la mise en oeuvre du référendum, auquel nous demeurons attachés,
contrairement à ce que peuvent prétendre certains, cette mise en oeuvre comme l’a
souligné le Secrétaire général dans ses divers rapports et le Conseil de
Sécurité, dans les deux dernières résolutions, connait de multiples problèmes
qui risquent s'ils n'étaient pas résolus de mettre en danger l’ensemble du
processus.
Il s'agit
essentiellement de s'assurer, sans aucune partialité ou complaisance, que
l'ensemble de la population sahraouie, comme cela a toujours été convenu,
puisse exprimer sa volonté.
Le
référendum , pour demeurer démocratique et équitable, doit obéir à un certain
nombre de règles que nul ne peut transgresser pour accommoder telle ou telle
partie.
Le
Secrétaire général et son Représentant Spécial s'activent encore à cette tâche
et nous continuerons à leur apporter notre coopération la plus totale. lls
déploient des efforts ultimes pour venir à bout des nombreuses difficultés de
raise en oeuvre du plan.
Notre pays
a apporté sa contribution à ces efforts en présentant de nombreuses suggestions
qu'il y aurait lieu de promouvoir si l’on veut assurer un référendum
démocratique et équitable.
Nous
répétons, quant à nous, que tout en demeurant attachés à la poursuite du
processus, dans le respect des règles établies, nous apporterons notre soutien
total à toute démarche que le Secrétaire général et son envoyé personnel
entreprendront pour que ce différend soft enfin réglé définitivement.
En ce qui
nous concerne, tout règlement, comme l’a déclaré Sa Majesté Le Roi Mohammed VI
dans son discours du 30 juillet 2000, doit se faire dans le cadre de la
souveraineté, de la légalité et de l'unanimité des marocains.
Ceci dit,
il y a lieu d'attirer l'attention de la Communauté internationale sur la
situation des dizaines de milliers de réfugiés qui ont été déplacés de force et
qui vivent dans des conditions inhumaines selon les témoignages des
organisations humanitaires internationales, de diplomates qui ont eu accès à
ces camps et des centaines de rescapés qui ont réussi à retourner au Sahara.
La
Communauté internationale ne peut tolérer que les souffrances de toutes ces
personnes continuent en raison de retards dont ils ne sont pas responsables.
Monsieur le Président,
Les
Royaumes d'Espagne et du Maroc sont unis, comme chacun le sait, par les liens
indissolubles d’une histoire séculaire, dune intimité géographique et
culturelle et dune communauté de destin dans l'espace euro-méditerranéen.
Soucieux
de sauvegarder les relations excellentes d'amitié et de voisinage, le Maroc ne
cesse d'appeler l'Espagne et toutes les forces politiques espagnoles à
rechercher, dans un élan d'amitié, une solution qui épargne à nos enfants les
crises héritées d'un passé douloureux.
L'Espagne,
voisine et grande amie, doit comprendre que l'occupation des deux villes
marocaines de Sebta et Mellilia et des îles avoisinantes nest conforme ni au
regard du droit international ni du sens de l'histoire et à l'instar de
situations similaires, nous sommes persuadés qu'il est possible d'imaginer un
règlement qui sauvegarderait la souveraineté du Maroc tout en respectant et protégeant
les intérêts économiques, sociaux et culturels espagnols.
Pour se
faire le Royaume du Maroc a suggéré à l'initiative de Sa Majesté Feu HASSAN II
à maintes reprises la création dune cellule de réflexion maroco-espagnole dans
le but d'aboutir à un règlement déîinitif de la situation qui prévaut dans les
villes marocaines de Sebta et de Mellilia et dans les îles avoisinantes.
Nos deux pays ont l’impérieux
devoir d'épargner à nos peuples et à notre région toutes les sources de
mésentente et de ressentiment. Et c'est dans cet esprit que le Maroc tend une
main pacifique à l'Espagne pour engager une réflexion commune et co-responsable
afire de régler définitivement un contentieux territorial hérité de temps
révolus.
Monsieur
Le Président,
Le Maroc,
de par sa position géopolitique, accorde une importance toute particulière à la
stabilité et au renforcement de la coopération dans le bassin méditerranéen.
Les relations entre le Maroc et les pays européens revêtent une importance
stratégique compte tenu des liens multiformes historiques, politiques,
économiques, culturels et humains qui les unissent et des valeurs communes
qu'ils partagent.
L'attrait
mutuel du Maroc et de l’Europe découle de l’histoire, de la géographie et des
impératifs stratégiques communs, tandis que la diversité des intérêts ont
naturellement hissé l’Europe Communautaire au rang de premier partenaire du
Maroc dans de nombreux domaines de la coopération internationale. Les relations
avec l’Union Européenne ont connu cette année un développement hautement
significatif avec l’entrée en vigueur de l’Accord d'Association le 1er mars
2000. Cet Accord marque une étape décisive dans nos relations avec l’espace
européen dans la mesure où il s'articule autour de quatre vecteurs
fondamentaux: le dialogue politique; la coopération économique, culturelle,
technique et sociale; la coopération financière renforcée et l’établissement
progressif et encadré dune zone de libre échange à l’horizon 2012.
Le Maroc attend actuellement de l’Union
Européenne d'accomplir le saut qualitatif qui permettra de réorienter notre
association selon un axe stratégique novateur, gouverné selon des modalités
convenues, par la responsabilité partagée et le co-développement duns
tous les secteurs d'intérêt commun. Nous souhaitons en particulier que le flux
d'investissements directs soft encouragé vers le Maroc et les autres pays
d'Afrique du Nord, afire de contribuer à la création massive d'emplois,
indispensable pour éloigner notre jeunesse des fléaux sociaux et consolider,
dans la stabilité régionale, les bases de notre progrès. Nous souhaitons
également que les intérêts culturels et culturels de notre Communauté marocaine
en Europe soient sauvegardés et que la dignité de nos ressortissants soit
constamment protégée, en conformité avec les valeurs démocratiques qui sont à
la base de la construction européenne.
C'est dans
ce cadre que nous pouvons envisager ensemble un espace de sécurité et de paix
dans la région méditerranéenne et raffermir le partenariat euroméditerranéen
initié dans le cadre du processus de Barcelone.
Monsieur
le Président,
En matière
de désarmement, le Maroc apprécie les avancées significatives enregistrées par
la Conférence des Etats parties au Traité sur la non Prolifération nucléaire
qui a eu lieu à New York en mai 2000, notamment au niveau de l'application des
dispositions du traité relatives au désarmement.
L'engagement
pris par le Etats dotés de l'arme nucléaire de procéder à l'élimination de
leurs arsenaux constitue un gage de bonne volonté de ces puissances de
poursuivre leurs efforts afro de parvenir au désarmement nucléaire général,
complet et internationalement vérifiable.
Le Maroc
appuie sans réserve la création de zones exemptes d'armes de destruction
massive, y compris au Moyen-Orient.
Nous espérons qu'Israël répondra
positivement à l’appel de la conférence pour adhérer sans tarder au TNP et
placer ses installations nucléaires sous les garanties de l'Agence
Internationale de l’Energie Atomique. Nous sommes convaincus qu'une décision
des autorités israéliennes dans ce sens constituera une contribution importante
à l'instauration de la paix et d'un climat de confiance dans la région.
Mon pays
soutient l'initiative du Secrétaire général d'organiser une conférence
internationale qui permettrait de trouver des moyens appropriés pour mettre fin
à la menace nucléaire.
Monsieur
le Président,
Le Maroc
demeure persuadé que l'ONU reste l'instrument le plus adéquat en matière de
règlement des conflits et de consolidation de la paix. C'est pourquoi, il est
temps que les Nations Unies mettent en place des mécanismes crédibles d'alerte
rapide afin de réagir d'une façon appropriée avant l'éclatement des conflits,
tel que recommandé dans le rapport du groupe des experts de haut niveau en
matière des opérations de maintien de la paix.
L'Organisation
des Nations Unies et ses institutions spécialisées sont plus nécessaires que
jamais pour contenir et résoudre les problèmes de sécurité et de développement.
L'Organisation des Nations Unies doit demeurer la pierre angulaire d'une
coopération multilatérale forte.
Monsieur
le Président,
La
complexité des problèmes et leur interdépendance appellent à une concertation
internationale accrue. Pour ce faire; une nouvelle ère dans les relations
internationales requiert une réforme du Conseil de Sécurité dans le sens d'une
révision de ses modalités de fonctionnement et de sa composition. Une telle
réforme est de nature à conférer plus de crédibilité au Conseil de sécurité
pour le rendre plus apte à assurer son mandat en matière de préservation de la
paix et de la sécurité internationales.
En dépit
des difficultés, l'enjeu principal consiste à assurer la meilleure représentativité
possible des diverses composantes actuelles de (Organisation des Nations Unies,
au sein du Conseil de sécurité, en particulier des pays en développement.
Monsieur
le Président,
La fin de
la rivalité idéologique entre les super-grands autorise de nouvelles
perspectives en vue de l'érnergence d'un ordre international basé sur la justice
et la paix, la loi internationale et les droits de fhomme, la démocratie et le
développement, un ordre qui utilise la Charte des Nations Unies comme cadre de référence
et qui prend en compte l’universalisation croissante de l’Organisation l'émergence
de défis sociaux globaux et les mutations géostratégiques récentes.
Nous
sommes persuadés que si l’Organisation des Nations Unies inscrit son action
dans cette direction, elle arriverait enfin à accomplir les idéaux qui ont
présidé à sa fondation.