Discours

de

Son Excellence Monsieur Ahmed Ould Sid'Ahmed

Ministre des Affaires Etrangères

et de la Coopération

de la République Islamique de Mauritanie

devant

la 55ème Session Ordinaire de l'Assemblée Générale

de l'Organisation des Nations Unies

 

New York, le 13 septembre 2000

 

(Original en Arabe)

 

Monsieur le Président,

 

Je suis heureux, au début de mon allocution, de vous f'éliciter au nom de la délégation de la République Islamique de Mauritanie, pour votre élection comme président de l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies en sa Cinquante Cinquième Session. Nous sommes sûrs que vos qualités personnelles et votre grande expérience politique et diplomatique sont le meilleur garant de succès pour cette session, et je voudrais vous assurer que la coopération de la délégation de mon pays vous est acquise dans cette noble tâche.

 

Je saisis également cette occasion pour adresser mes remerciements à votre prédécesseur, Son Excellence Theo‑Ben Gurirab, pour la manière distinguée avec laquelle il a dirigé les travaux de la session qui vient de s'achever. Je tiens aussi à rendre un hommage bien mérité au Secrétaire Général des Nations Unies, Mr. Kofi Annan pour ses efforts soutenus en vue de faire aboutir la réforme et la restructuration de l'Organisation afin d'en améliorer le mode de fonctionnement et d'en renforcer le rôle dans tous les domaines, l'adaptant ainsi aux exigences et aux défis de l'époque. A cet égard, nous saluons l'excellent rapport qu'il a présenté au début de nos travaux.

 

Monsieur le Président,

 

Le processus de réforme et de restructuration des organes de l'ONU est devenu une nécessité pressante qu'exige l 'intérêt commun, vu que les conditions dans lesquelles l'ONUfut créée, il y a plus de cinquante ans, ont assurément changé et que de grands changements se sont produits sur tous les plans et dans tous les domaines, ce qui fait de la reconsidération de la structure de l'Organisation et de ses méthodes une nécessité impérieuse.

 

C'est dans cet esprit que mon pays appuie l 'élargissement de la réprésentation au sein du Conseil de Sécurité, conformément aux principes de la démocratie, de la transparence et de l'équité, afin d'assurer une représentation géographique équitable au sein de cet organe et de refléter le caractère universel de notre Organisation tel que le consacre Particle 24 de la Charte.


                                                             

 

Au moment où, au seuil du troisième millénaire, se tiennent nos présentes assises, une grande partie de l'humanité continue à vivre dans des conditions qui ne lui permettent pas de satisfaire son légitime espoir.

 

En dépit des indicateurs encourageants dans certains pays du Tiers­-monde, la tendance générale est vers l'élargissement du fossé qui sépare le monde développé du monde en voie de développement, ce dernier faisant face à des défis énormes au‑delà de ses capacités à savoir le fardeau de l'endettement, la détérioration des termes de l'échange, ladifficulté à accéder aux marchés internationaux et la faiblesse des investissements étrangers.

 

Cette situation exige que notre organisation oeuvre à alléger les fardeaux économiques et sociaux imposés aux pays en développement, et à les aider à accélérer le développement de manière effective, par l'augmentation de l'aide publique au développement, par l'injection de plus d'investissements étrangers, et par l'ouverture des marchés des pays developpés aux produits en provenance des pays en voie de développement. Ce qui contribuera à l'établissement d'un nouvel ordre mondial basé sur la concertation, la coopération et la solidarité entre tour les Etats. Le problème de la dette doit aussi bénéficier de l'intérêt nécessaire, vu qu'elle pèse lourdement sur les économies des pays en développement.

 

A cet égard, mon pays espère que les initiatives prises au sujet de la dette des pays pauvres très endettés contribueraient à la solution de cette problématique qui entrave actuellement les efforts de développement.

 

Monsieur le Président,

 

Notre monde actuel fait face à plusieurs problèmes et défis dont les effets dépassent les frontières nationales et dont les dangers menacent la sécurité nationale, régionale et internationale et sapent les réalisations accomplies dans tous les domaines, ce qui nous impose le devoir d'ceuvrer sans relâche à essayer de les résoudre de façon adéquate. A titre d'exemple, nous citerons le terrorisme, la pauvreté et la violation des droits de l 'homme.

 

 A cet égard, mon pays réitère sa condamnation du phénomène dangereux du terrorisme quelles qu'en soient l'origine et la forme, et appelle au renforcement de la coopération et de la concertation au niveau international afin de lutter avec détermination et fermeté contre ce phénomène.

 


Conscient de la nécessité de formuler des politiques et de prendre les mesures nécessaires à la lutte contre la pauvreté comme préambule à tout développement durable, mon pays a créé un commissariat chargé de la lutte contre la pauvreté, chargé de la conception et de la mise en oeuvre des programmes concrets qui visent essentiellement à préparer les citoyens à jouer pleinement son rôle en taut qu'outil et finalité du développement.

 

Ce commisssariat veille également à la garantie et à la promotion des droits individuels et collectifs.

 

Dans ce contexte, il convient de rappeler la Session extraordinaire de l'Assemblée Générale sur le développement social qui s'est tenue à Genève au mois de juin dernier et qui a insisté de nouveau sur le programme adopté au sommet mondial pour le développement social, tenu à Copenhague en 1995. Nous espérons que les résultats auxquels cette session a abouti contribueront à améliorer les conditions de vie de tous les peuples et à réaliser un développement durable par le renforcement des liens entre les questions sociales et le développement.

 

Monsieur le Président,

 

Nous enregistrons avec satisfaction les résultats auxquels ont abouti les travaux de la session spéciale de l'Assemblée Générale intitulée : « Les femmes en l'an 2000 et qui s'est tenue elle aussi au mois de juin 2000 et nous espérons qu'ils vont faire progresser le rôle de la femme dans tour les domaines.

 

Monsieur le Président,

 

La République Islamique de Mauritanie poursuit une politique extérieure fondée sur des bases solides, à savoir le bon voisinage, la co­existence pacifique et le renforcement de la coopération sur les plans régional et international. En vertu de ces principes, mon pays accorde une grande importance à la consolidation de la stabilité et l'élimination des conflits et des foyers de tensions qui sont de nature à menacer la paix et la sécurité internationale et à entraver le développement dans plusieurs régions du monde. Au Moyen‑Orient, mon pays, tout en réajfrmant son appui pour le processus de paix, estime qu'il ne peut y avoir de pain juste, durable et globale dans la région que sur la base du cadre de référence de Madrid, le principe de la terre contre la paix et la mise en oeuvre intégrále des résolutions du Conseil de Sécurité 242 et 338, de manière à assurer le retrait total par Israel des territoires palestiniens occupés et du Golan Syrien, la restauration des droits nationaux légitimes du peuple palestinien et en premier lieu son droit à l'autodétermination et à l'établissement de son Etat indépendant avec pour capitale la ville Sainte de Jérusalem, ce qui nécessite l 'intensification des efforts pour surmonter les obstacles qui se dressent encore sur la voie de la paix dans une région qui en a tenement besoin afin de libérer les potentialités et ouvrir une nouvelle page dans l 'histoire de ses peuples . Dans ce cadre, nous enregistrons avec satisfaction le retrait israélien du Sud du Liban.

 

Monsieur le Président,

 

Nous avons l'espoir que les efforts vont se conjuguer pour rétablir la stabilité et la Concorde dans la région du Golfe.

 

Tout en affirmant son attachement à la légalité internationale et son

engagement à y souscrire, mon pays réajf rme son refus de tout ce qui est susceptible de porter atteinte à l 'indépendance du Koweit et à son intégrité territoriale, comme il affirme également sa position de rejet, pour toute mesure mettant en péril l'unité de l'Irak et son intégrité territoriale, et demande en même temps la levée de l'embargo imposé contre le peuple Irakien frère qui a tant souffert de cet embargo, qui a, en réalité, affecté en premier lieu, les enfants, les femmes et les personnes agées.

 

Dans la région du Maghreb Arabe, mon pays oeuvre résolument, en coopération avec les pays frères au sein de l'Union du Maghreb Arabe, pour le renforcement de la coopération et de la concertation en vue de réaliser les aspirations des peuples maghrebins.

 

En ce qui concerne le Sahara Occidental, mon pays tient à réitérér sa disponibilité à tout mettre en oeuvre pour faciliter l'application du plan de règlement des Nations Unies en vue de résoudre le conflit du Sahara Occidental.


S'agissant des développements de la crise de Lockerbie, nous enregistrons avec satisfaction les avancées réalisées sur la voie d'un règlement global de la crise, y compris la suspension de l'embargo imposé à la Libye. Tout en noun félicitant du succès des démarches diplomatiques ayant abouti à un progrès substantiel dons le sens de la résolution de ce problème.

 

Tout en nous réjouissant du succès, nous estimons qu'il est temps que le Conseil de Sécurité prenne les dispositions nécessaires pour la levée de l'embargo imposé à la Jamahiriya Libyenne sceur.

 

Par ailleurs, tout en exprimant notre profonde inquiétude à l'égard de la persistance du conflit en Somalie, nous exprimons l'espoir de voir les frères somaliens engager un dialogue constructif, dans un esprit responsable et patriotique, en vue de parvenir à un règlement pacifique afin que ce pays puisse recouvrer son unité et sa souveraineté nationales et connaître à nouveau la stabilité et la Concorde.

 

Nous regrettons également la persistance de la tension en Sierra Léone et espérons que les efforts déployés produiront leurs fruits afin que ce pays qui a souffert de neuf années de guerre destructrice puisse jouir de nouveau de la stabilité et de la Concorde.

 

Concernant la situation en République Démocratique du Congo, nous réaffirmons notre appui à l'accord de Lusaka qui constitue à notre sens le seul cadre acceptable pour aboutir à une solution pacifique, globale et durable.

 

En Angola, mon pays réaffirme son appui total aux résolutions 864, 1127 et 1173 du Conseil de Sécurité et appélle le mouvement de l' UNITA à respecter ses engagements découlant des accords de Lusaka afin que la paix et la sécurité puissent être rétablies dans ce pays.

 

Concernant le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée, nous enregistrons avec satisfaction le cessez-le- feu obtenu grâce aux efforts de M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire sceur, qui était alors Président en exercice de l'Organisation de l'Unité Africaine et nous espérons que les négociations en tours entre les deux parties aboutiront à une solution définitive du conflit.



                                                        

Et en ce qui concerne Kosovo, mon pays enregistre avec satisfaction les développements positifs réalisés pour mettre fin à la violence, établir la confiance et reconstruire ce que plusieurs années de guerre auraient détruit.

 

Monsieur le Président,

 

L'Organisation des Nations Unies a été créée afin de réaliser des objectifs communs à l'ensemble de l'humanité, à savoir le maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le monde. Dans sa lettre et dans son esprit, la Charte de notre Organisation contient des dispositions qui assurent le juste équilibre entre les droits et les obligations de tous et qui visent à réaliser l'intérêt commun de la société internationale. Aussi, sommes‑nous tenus aujourd'hui, au moment où nous nous trouvons à l'aube du troisième millénaire, de consacrer nos efforts à honorer les engagements découlant de la Charte et à ceuvrer ensemble afin d'édifier un nouvel ordre mondial fondé sur l'égalité et la justice et visant à préserver la paix et la sécurité internationale.

 

Merci, Monsieur le Président.